Extrait d’un message Sa Majesté le Roi Mohamed SIX adresse aux participants
aux Assises nationales sur ”la politique foncière de l’Etat et son rôle dans le
développement économique et social”
Mesdames, Messieurs,
Il ne vous échappe pas que le foncier est considéré comme un facteur de production
stratégique et un levier fondamental pour le développement durable dans toutes ses
dimensions. Par conséquent, il constitue l’assise principale pour stimuler l’investissement
productif, générateur de revenu, créateur d’emplois, et aussi pour lancer des projets
d’investissement dans les différents domaines de l’industrie, de l’agriculture, du tourisme,
des services et d’autres encore.
C’est un moteur indispensable pour l’économie nationale, car il fournit la plate-forme de
base pour la mise en place des différentes infrastructures et des équipements publics. C’est
aussi sur lui que repose la politique de l’Etat dans le domaine de l’urbanisme et de la
planification urbaine. Et c’est par lui fondamentalement qu’est garanti le droit du citoyen au
logement.
Compte tenu de la transversalité du secteur foncier, les contraintes et les enjeux auxquels il
est confronté sont le lot commun des différents opérateurs et acteurs concernés. Il est donc
nécessaire pour le prendre en charge, d’adopter une vision globale intégrant toutes les
dimensions juridiques, institutionnelles, organisationnelles et procédurales, et tenant
compte des spécificités de ce secteur ainsi que de la nature complexe et imbriquée de sa
structure, qui est due à l’interpénétration d’une multitude de facteurs historiques et socio-
économiques.
Le volet législatif pose également un défi majeur qui doit être relevé pour assurer la mise à
niveau du secteur foncier, notamment en raison de la diversité de ses régimes et de l’absence
ou l’obsolescence des textes juridiques le régissant, outre la multiplicité des opérateurs
institutionnels qui en supervisent la gestion.
Nous appelons donc à une révision et une modernisation du dispositif juridique encadrant le
foncier, public et privé, dans un sens garantissant la protection et la valorisation du capital
foncier, ainsi qu’une efficacité accrue de son organisation, outre la simplification des
procédures de sa gestion, de sorte qu’il puisse jouer le rôle qui lui revient dans le
renforcement du dynamisme économique et social de notre pays.
Il faudra, de surcroît, adopter les mécanismes appropriés pour rationaliser les interventions
des différents acteurs concernés, dans le cadre juridique et institutionnel actuel, et ce, en
vue d’assurer toute l’efficacité requise, aux niveaux national et territorial, tant pour ce qui est
de la planification de la politique foncière de l’Etat, que pour ce qui concerne le suivi de sa
mise en œuvre et l’évaluation de son impact.
Afin de renforcer la sécurité du foncier, de protéger la propriété immobilière et d’en accroitre
la valeur économique et fiduciaire, il est impératif de multiplier les efforts pour accélérer la
cadence des enregistrements à la conservation foncière, dans la perspective de les
généraliser sur l’ensemble du territoire national. Il importe également de mettre à
contribution la technologie numérique qui est en plein essor dans le monde, pour assurer la
maîtrise, la stabilisation et l’échangeabilité de la structure foncière.
Compte tenu de l’importance du facteur humain, auquel Nous réservons notre constante
sollicitude, il faut continuer à œuvrer pour rehausser le niveau de formation fondamentale et
continue des ressources humaines ayant en charge la gestion du secteur foncier, notamment
en favorisant la spécialisation et l’ouverture sur les innovations qui s’opèrent en la matière
aux niveaux national et international.