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TD Cryptanalyse

Le document traite de la cryptanalyse du chiffrement par substitution en utilisant l'analyse fréquentielle des lettres dans un texte en anglais. Il présente les probabilités d'apparition des lettres, ainsi que les digrammes et trigrammes les plus fréquents, pour aider à déchiffrer un message chiffré. L'objectif est de retrouver le message clair à partir du texte chiffré donné.

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SéCrypt

Travaux dirigés : Cryptanalyse du chiffrement par substitution par analyse fréquentielle

Chiffrement par substitution : rappels


Ce procédé de chiffrement repose sur la notion de substitution. De façon générale, une
substitution d’un alphabet A est une bijection de A dans lui-même. Ainsi une subsitution
transforme chaque lettre de l’alphabet A en une autre lettre du même alphabet. Si π est
une substitution de A, alors il existe une unique substitution σ de A pour laquelle on a
quel que soit a ∈ A, π(σ(a)) = a et σ(π(a)) = a. La substitution σ est l’inverse de π,
généralement notée π −1 .

Pour le chiffrement par substitution, les messages clairs et chiffrés sont des lettres d’un
alphabet A (par exemple, l’alphabet latin usuel). Les clefs secrètes sont choisies parmi les
substitutions de A. Soient alors π une substitution de A et M ∈ A une lettre. On a alors :

Eπ (M ) := π(M ) .

Soit alors C ∈ A le chiffré correspondant, C = π(M ). Alors on a également

Dπ (C) := π −1 (C) = M .

Pour chiffrer une suite de lettres M1 M2 . . . Mn prises dans l’alphabet A, on calcule

C = Eπ (M1 )Eπ (M2 ) . . . Eπ (Mn ) .

Posons Ci := Eπ (Mi ) pour i = 1, . . . , n. Pour déchiffrer C = C1 C2 . . . Cn , on calcule

Dπ (C1 )Dπ (C2 ) . . . Dπ (Cn ) = M1 M2 . . . Mn = M .

Énoncé
Dans cet exercice, on s’intéresse à une technique de cryptanalyse permettant de cas-
ser un procédé de chiffrement par substitution. Cette technique est basée sur l’analyse
des fréquences d’occurrence des lettres dans un texte écrit dans une langue donnée (par
exemple, l’anglais ou le français). Dans le cas présent, on effectue une hypothèse sim-
plificatrice : on suppose que le texte clair est un message rédigé en anglais sans
ponctuations ni espaces.

Plusieurs personnes ont estimé la probabilité d’apparition des vingt-six lettres de l’alpha-
bet en faisant des statistiques sur de nombreux romans, magazines et journaux quotidiens
écrits en anglais. Les estimations suivantes sur la langue anglaise ont été obtenues par
Beker et Piper.

1
Fréquences d’occurrences des lettres dans les textes écrits en anglais (Beker & Piper)

lettre proba lettre proba


a 0, 082 n 0, 067
b 0, 015 o 0, 075
c 0, 028 p 0, 019
d 0, 043 q 0, 001
e 0, 127 r 0, 060
f 0, 022 s 0, 063
g 0, 020 t 0, 091
h 0, 061 u 0, 028
i 0, 070 v 0, 010
j 0, 002 w 0, 023
k 0, 008 x 0, 001
l 0, 040 y 0, 020
m 0, 024 z 0, 001

À partir de ces résultats, Beker et Piper ont classé les 26 lettres en cinq groupes :
1. ”e”, ayant pour probabilité d’environ 0,120 ;
2. ”t”, ”a”, ”o”, ”i”, ”n”, ”s”, ”h” et ”r”, ayant une probabilité entre 0,06 et 0,09 ;
3. ”d” et ”l” ayant une probabilité d’environ 0,04 ;
4. ”c”, ”u”, ”m”, ”w”, ”f”, ”g”, ”y”, ”p” et ”b” ayant une probabilité entre 0,015 et
0,028 ;
5. ”v”, ”k”, ”j”, ”x”, ”q” et ”z” ayant une probabilité inférieure à 0,01.
Il peut être utile également d’étudier la probabilité d’occurrence de deux ou trois lettres
consécutives, appelés digrammes ou trigrammes. En anglais, les trente digrammes les
plus fréquents sont (par ordre décroissant) ”th”, ”he”, ”in”, ”er”, ”an”, ”re”, ”ed”, ”on”,
”es”, ”st”, ”en”, ”at”, ”to”, ”nt”, ”ha”, ”nd”, ”ou”, ”ea”, ”ng”, ”as”, ”or”, ”ti”, ”is”, ”et”,
”it”, ”ar”, ”te”, ”se”, ”hi” et ”of”. Les douze trigrammes les plus fréquents sont (par ordre
décroissant) ”the”, ”ing”, ”and”, ”her”, ”ere”, ”ent”, ”tha”, ”nth”, ”was”, ”eth”, ”for”
et ”dth”.

Maintenant que l’on sait que les lettres n’apparaissent pas toutes avec la même fréquence,
on veut tirer profit de ce biais statistique afin de cryptanalyser le procédé de chiffrement
pas substitution.

On considère le texte chiffré suivant obtenu par substitution.

yif qf mzrwqf yvecf mdzpcvmrzwnmdzvejbtxcddumj


ndif ef mdzcdmqzkceyf cjmyrncwjcszrexchzunmxz
nzucdrjxyysmrtmeyif zwdyvzvyf zumrzcrwnzdzjj
xzwgchsmrnmdhncmf qchzjmxjzwiejyucf wdjnzdir

Question : En utilisant la fréquence d’apparition des lettres en anglais, ainsi que les
digrammes et trigrammes les plus fréquents, retrouver le message clair (écrit en anglais)
ayant produit ce message chiffré.

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