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Cours 21

Ce chapitre introduit la notion de module sur un anneau, en établissant des parallèles avec les espaces vectoriels et en explorant les propriétés des modules de type fini sur un anneau principal. Il présente des définitions clés, des exemples et des résultats fondamentaux, notamment la structure des sous-modules et des morphismes entre modules. Enfin, il aborde la classification des modules monogènes et leur relation avec les idéaux d'un anneau.

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Cours 21

Ce chapitre introduit la notion de module sur un anneau, en établissant des parallèles avec les espaces vectoriels et en explorant les propriétés des modules de type fini sur un anneau principal. Il présente des définitions clés, des exemples et des résultats fondamentaux, notamment la structure des sous-modules et des morphismes entre modules. Enfin, il aborde la classification des modules monogènes et leur relation avec les idéaux d'un anneau.

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Chapitre 8

Modules sur les anneaux principaux

Le premier but de ce chapitre est d’introduire la notion de module sur un anneau


A (une notion introduite par Dedekind 1 en 1871). Pour faire court, « les modules
sont aux anneaux ce que les espaces vectoriels sont aux corps ». L’algèbre linéaire,
dite A-linéaire, fait sens de manière intéressante dans cette généralité, et a de très
nombreuses applications.
Par exemple, un groupe abélien est strictement la même chose qu’un Z-module, et
certaines constructions étudiées au chapitre 3 sont plus naturelles de ce point de vue
“additif”. En guise d’autre exemple important, il est équivalent d’étudier les classes
d’isomorphisme de krXs-modules, disons avec k un corps, et les classes de similitudes
d’endomorphismes des k-espaces vectoriels. De plus, les idéaux d’un anneau sont ses
sous-modules, et c’est d’ailleurs pour étudier les idéaux que Dedekind a introduit
les modules. Enfin, comme nous le verrons plus tard, la notion de module fournit
un langage particulièrement adapté à la théorie des représentations.
Dans une première partie, nous développons en l’illustrant le vocabulaire de base
de la théorie des modules. Pour l’essentiel, l’anneau A n’y est pas nécessairement
commutatif. On montre par exemple que tout sous-module d’un module de type fini
sur un anneau noethérien est encore de type fini. On montre aussi que le rang d’un A-
module libre est bien défini si A est commutatif. En dépit des ressemblances avec la
théorie des espaces vectoriels, il faut prendre garde que la plupart des propriétés les
plus élémentaires des espaces vectoriels sont en défaut en général pour les modules,
comme l’existence des suppémentaires ou certaines propriétés des familles libres
et génératrices. L’exemple des Z-modules, bien qu’encore trop simple, est un bon
exemple à avoir en tête en première approche.
Dans une seconde partie, nous étudions en détail la structure des modules de
type fini sur un anneau principal. Nous suivons une approche matricielle, qui est
complémentaire à l’approche par prolongement de caractères mise en avant pour
les Z-modules au Chapitre 3. Le théorème principal, dans le cas particulier des Z-
modules, se réduit au théorème de structure des groupes abéliens finis ou de type
fini. Dans le cas des krXs-modules, il conduit à la notion d’invariants de similitude,
et contient par exemple théorie de la réduction de Jordan. Il est assez satisfaisant
d’englober dans un même énoncé deux résultats en apparence aussi différents.

1. Voir R. Dedekind, Theory of algebraic integers, Cambridge Math. Lib.


245
246 8. MODULES SUR LES ANNEAUX PRINCIPAUX

1. Modules sur un anneau

1.1. La notion de A-module.


Définition 1.1. Soit A un anneau. Un A-module est la donnée d’un groupe
abélien 2 pM, `q et d’une application A ˆ M Ñ M , pa, mq ÞÑ a.m, telle que pour
tout a, a1 P A et tout m, m1 P M on ait :
(M1) [Link] ` m1 q “ a.m ` a.m1 ,
(M2) pa ` a1 q.m “ a.m ` a1 .m,
(M3) a.pa1 .mq “ paa1 q.m,
(M4) 1.m “ m.

On n’a pas supposé A commutatif car cela n’est pas nécessaire. Étant donnés A
un anneau, M un groupe abélien et A ˆ M Ñ M, pa, mq ÞÑ a.m une application
quelconque, et comme dans le cas des actions de groupes, on peut reformuler les
axiomes (M1)–(M4) en terme des translations
La : M Ñ M, m ÞÑ a.m.
En effet, si on note pEndZ pM q, `, ˝q l’anneau des des applications Z-linéaires M Ñ
M (pour l’addition ` des fonctions et la composition ˝), on constate que la propriété
(M1) se traduit en La P EndZ pM q pour tout a P A, et que les axiomes (M2), (M3) et
(M4) disent exactement que A Ñ EndZ pM q, a ÞÑ La , est un morphisme d’anneaux.
Voici quelques exemples suffisamment intéressants pour justifier ce chapitre.
Exemple 1.2. (i) L’anneau A lui-même peut être vu comme un A-module
via l’application A ˆ A Ñ A, pa, bq ÞÑ ab.
(ii) (Espaces vectoriels) Si A “ k est un corps, un A-module est (par définition)
la même chose qu’un k-espace vectoriel.
(iii) (Z-modules) Tout groupe abélien M est muni d’une, et une seule, structure
de Z-module. En effet, Z ˆ M Ñ M, pn, mq ÞÑ nm, convient. D’autre part,
(M2) montre que pour m P M alors Z Ñ M, n ÞÑ n.m est un morphisme de
groupes, envoyant 1 sur m par (M4), et donc n sur nm pour tout n P Z.

Exemple 1.3. (Polynômes d’endomorphismes) Soient k un corps, V un k-espace


vectoriel et u un endomorphisme de V . L’application krXs ˆ V Ñ V , pP, vq ÞÑ
P puqpvq, est une structure de krXs-module sur le groupe abélien V . En effet, on a
P puq P EndpV q pour tout P P krXs, donc (M1). On a aussi
pP ` Qqpuq “ P puq ` Qpuq, pP Qqpuq “ P puq ˝ Qpuq et 1puq “ idV
dans EndpV q, et donc (M2), (M3) et (M4). On note Vu ce krXs-module.

Exemple 1.4. (Une variante entière sur un exemple) Soient d P Z non carré et
X P Mn pZq avec X 2 “ d 1n . Alors
? ?
Zr ds ˆ Zn Ñ Zn , pa ` b d, vq ÞÑ pa ` bXqv,
? n
?
est une structure
? de Zr ds-module sur Z . Elle est bien définie car 1, d est une
Z-base de Zr ds. La vérification des axiomes est encore immédiate.

2. Dans ce chapitre, tous les groupes abéliens seront notés additivement.


1. MODULES SUR UN ANNEAU 247

Exemple 1.5. (Restriction des scalaires) Soient f : A Ñ B un morphisme


d’anneaux (par exemple, l’inclusion d’un sous-anneau) et M un B-module. Alors
A ˆ M Ñ M, a ÞÑ f paq.m, est une structure de A-module sur M appelé restriction
des scalaires de M à A (ou mieux à f , pour être plus précis). Par exemple, si M
est un krXs-module, sa restriction au morphisme k Ñ krXs, λ ÞÑ λ, est un k-espace
vectoriel. Si on note V ce k-espace vectoriel, et si on pose u : V Ñ V, v ÞÑ X.v, alors
u est k-linéaire et on constate que l’on a M “ Vu .

Notation : Comme pour les groupes et les actions de groupes, on notera souvent
pa, mq ÞÑ am (plutôt que a.m) une loi de A-module.

1.2. Sous-modules. Toutes les constructions que l’on a faites en théorie des
groupes abéliens admettent un enrichissement naturel en théorie des modules.
Définition 1.6. Soient A un anneau et M un A-module. Un sous-module de
M est un sous-groupe N Ă M tel que an P N pour tout a P A et n P N . C’est un
A-module pour la loi induite pa, nq ÞÑ an.
Exemple 1.7. (i) Les sous-modules du A-module A sont ses idéaux. On parle
aussi d’idéaux à gauche, si A n’est pas commutatif.
(ii) Quand A est un corps (resp. A “ Z), un sous-module d’un A-module est
simplement un sous-espace vectoriel (resp. sous-groupe).
(iii) Les sous-modules du krXs-module Vu sont les sous-espaces vectoriels de V
stables par l’endomorphisme u de V .
(iv) Soient M un A-module et M1 , . . . , Mn des sous-modules de A. Alors la
somme M1 ` ¨ ¨ ¨ ` Mn et l’intersection Xni“1 Mi des sous-groupes Mi de M
sont des sous-A-modules de M .
ś
(v) Si les Mi , i P I, sont des A-modules, alors le groupe abélien produit iPI Mi
est un A-module pour [Link] q “ pami q. De même, la sommeś directe externe de
‘iPI Mi des groupes abéliens Mi est un sous A-module de iPI Mi (éléments
dont toutes les coordonnées sauf un nombre fini sont nulles). En particulier,
AI et ApIq sont des A-modules de manière naturelle.

1.3. Applications A-linéaires. La notion de morphisme adéquate pour les


modules est la suivante :
Définition 1.8. Soient M et N des A-modules. Un morphisme de M vers N ,
aussi appelé application A-linéaire, est une application f : M Ñ N vérifiant f pm `
m1 q “ f pmq ` f pm1 q et f pamq “ af pmq pour tout a P A et m, m1 P M .

L’observation 1.2 (ii) s’étend en disant que tout morphisme de groupes abéliens
est automatiquement un morphisme des Z-modules associés. En guise de second
exemple, regardons maintenant ce qu’est un morphisme de krXs-modules.
Exemple 1.9. Soient k un corps, V1 et V2 deux k-espaces vectoriels, ainsi que
u1 et u2 des endomorphismes de V1 et V2 . Pour i “ 1, 2 on note Mi le krXs-
module pVi qui . Vérifions qu’un morphisme M1 Ñ M2 est exactement une appli-
cation k-linéaire f : V1 Ñ V2 telle que f ˝ u1 “ u2 ˝ f . En effet, si f est un
morphisme, on a f pv ` v 1 q “ f pvq ` f pv 1 q (additivité), f pλvq “ λf pvq pour λ P k
(prendre a “ λ P krXs) et f pu1 pvqq “ u2 pf pvqq (prendre a “ X P krXs), et donc
248 8. MODULES SUR LES ANNEAUX PRINCIPAUX

f ˝ u1 “ u2 ˝ f . Réciproquement, ces deux propriétés impliquent manifestement


f pP pu1 qpvqq “ P pu2 qf pvq pour tout P P krXs (considérer les monômes X k puis
conclure par linéarité).
Isomorphismes. Un morphisme bijectif entre deux A-modules est appelé iso-
morphisme, auquel cas son inverse est aussi un morphisme. La composée de deux
(iso-)morphismes est encore un (iso-)morphisme. On dit que deux A-modules sont
isomorphes s’il existe un isomorphisme entre eux.
Exemple 1.10. Soient V un k-espace vectoriel, a et b deux endomorphismes
de V , et Va et Vb les krXs-modules associés. Alors Va et Vb sont isomorphes si, et
seulement si, les endomorphismes a et b sont semblables.

Ainsi, il est équivalent de classifier les krXs-modules à isomorphisme près, disons


de k-espace vectoriel sous-jacent de dimension finie n, et de déterminer les classes
de similitude d’éléments de Mn pkq.
À ce stade du cours, la proposition suivante est immédiate.
Proposition 1.11. (i) (Image et noyau) Si M et N sont des A-modules,
et u : M Ñ N est A-linéaire, alors les sous-groupes Im u et ker u sont des
sous-A-modules de N et M respectivement.
(ii) (Quotient par un sous-module) Si N est un sous-A-module de M , il existe
une unique structure de A-module sur le groupe quotient M {N telle que la
projection canonique π : M Ñ M {N est A-linéaire.
(iii) Pour toute application A-linéaire u : M Ñ N , et pour tout sous-A-module
K Ă ker u, l’application quotient u : M {K Ñ N est A-linéaire. Elle est
injective si K “ ker u, un isomorphisme si en outre N “ Im u.
La structure de A-module sur le groupe quotient M {N évoquée au (ii) est bien
entendu pa, m ` N q ÞÑ am ` N . Le A-module M {N ainsi définit s’appelle A-module
quotient de M par N .

1.4. Modules monogènes. Pour m P M , on pose A m “ tam | a P Au (sous-


A-module de M engendré par m) : c’est le plus petit sous-module de M contenant
m.
Définition 1.12. Un A-module M est dit monogène si on a M “ Am pour un
certain m P M .
Par exemple, un Z-module monogène est un groupe monogène, un k-espace vec-
toriel est monogène s’il est de dimension ď 1. Considérons A comme A-module
comme dans l’Exemple 1.7 (i), lui aussi est monogène (A “ A.1). Plus générale-
ment, si I est un idéal (=sous-module) de A, le A-module quotient A{I est encore
monogène, engendré par la classe de 1 : on a a.p1 ` Iq “ a ` I pour tout a P A.
Proposition 1.13. Tout A-module monogène M est isomorphe à A{I pour un
certain idéal (à gauche I) de A.

Démonstration — Soit m P M avec M “ Am. L’application f : A Ñ M, a ÞÑ am,


est manifestement A-linéaire, et par hypothèse surjective. Son noyau I est un idéal de
A (car un sous-module !) et f induit donc un isomorphisme de A-modules A{I » M .
l
1. MODULES SUR UN ANNEAU 249

Exemple 1.14. Pour A “ Z on retrouve bien sûr la classification des groupes


abéliens monogènes. Considérons maintenant k un corps et étudions les krXs-modules
M “ krXs{I, avec I idéal de krXs. Si I est nul, on a M » krXs. En particulier,
le k-espace vectoriel sous-jacent est de dimension infinie, avec pour base les X i
pour i ě 0. Si I est non nul, on a I “ pP q pour un unique polynôme unitaire
P P krXs, disons de degré n. Dans ce cas, la division euclidienne par P assure que
tout élément de M est représenté par un unique Q P krXs avec deg Q ă n. Au-
trement dit, le k-espace vectoriel sous-jacent à M possède pour base les classes des
n éléments 1, X, . . . , X n´1 . Posons P “ X n ` an´1 X n´1 ` ¨ ¨ ¨ ` a1 X ` a0 . Comme
XX n´1 ” ´an´1 X n´1 ´ ¨ ¨ ¨ ´ a1 X ´ a0 mod P , l’endomorphisme de multiplication
par X dans cette base a pour matrice
» fi
0 0 ¨ ¨ ¨ 0 ´a0
— . . . .. ffi
— 1 0 . ´a1 ffi

CpP q :“ — ... ffi
— 0 1 ffi pmatrice compagnon de P q.
0 ´a2 ffi
— . . ..
– .. . . . . . 0
ffi
. fl
0 ¨ ¨ ¨ 0 1 ´an´1

1.5. Modules de type fini. Soient e1 , . . . , en P M des éléments de M . On


dispose de l’application A-linéaire
ÿn
u : An Ñ M, pai q ÞÑ ai ei .
i“1

On dit que e “ tei u est une famille génératrice de M si u est surjective, i.e. M “
Ae1 `¨ ¨ ¨`Aen . On dit que e est libre si u est injective. On dit enfin que e est une base
si elle est libre et génératrice, ou ce qui revient au même, si u est un isomorphisme.
Définition 1.15. Un A-module est dit de type fini s’il possède une famille finie
génératrice. Un A-module est dit libre de rang n s’il possède une base à n éléments.

Par exemple, la famille d’éléments ei de An définis par pei qj “ δi,j (symbole


de Kronecker), est une base à n éléments du A-module An (“base canonique”). Par
définition, M est donc libre de rang n si, et seulement si, il est isomorphe à An . Par
conventions, le A-module nul t0u “ A0 est libre de base la famille vide.
Remarque 1.16. (i) Il est clair que si u : M Ñ N est A-linéaire
řn surjective,
et si M est deřtype fini, alors N l’est aussi. En effet, si M “ i“1 Aei alors
N “ upM q “ ni“1 A upei q. En particulier, tout quotient d’un module de type
fini est encore de type fini.
(ii) En revanche, il n’est pas vrai en général qu’un sous-module d’un module de
type fini est de type fini. Par exemple, A est toujours de type fini comme
module sur lui-même, mais ses sous-modules sont de type fini si, et seulement
si, A est noethérien.
(iii) Il n’est pas vrai en général qu’un sous-module d’un module libre : considérer
A non principal et M “ A.

La théorie des Z-modules nous a déjà mise en garde sur le fait que lorsque A
n’est pas un corps ces notions ne se comportent pas aussi bien en général que dans
le cas des espaces vectoriels. Donnons toutefois deux énoncé positifs très utiles.
250 8. MODULES SUR LES ANNEAUX PRINCIPAUX

Théorème 1.17. Soit M un module de type fini sur un anneau noethérien. Alors
tout sous-module de M est de type fini.

Démonstration — Soit N un sous-module de M . On veut montrer qu’il est de type


fini. On procède par récurrence sur le cardinal minimal r d’une famille génératrice de
M . On peut supposer M non nul. Considérons d’abord le cas r “ 1 (M monogène).
On a donc M “ Ae avec e P M . On constate que I “ tx P A |xe P N u est un idéal de
A, et aussi N “ Ie. Mais I est un idéal de A, donc il est de la forme Af1 ` ¨ ¨ ¨ ` Afr
avec fi P A. On a donc N “ Af1 e ` Af2 e ` ¨ ¨ ¨ ` Afr e : il est de type fini.
Supposons maintenant r ą 1 et écrivons M “ A m1 ` . . . ` A mr et posons
M 1 “ A m1 ` . . . ` A mr´1 . On regarde la projection canonique
π : M Ñ M {M 1 , m ÞÑ m ` M 1 ,
qui est A-linéaire de noyau M 1 . Le A-module M {M 1 est manifestement engendré par
la classe de mr , donc monogène. Par le cas r “ 1, le sous-module πpN q de M {M 1
est donc de type fini, disons engendré par les éléments πpn1 q, ¨ ¨ ¨ , πpns q avec ni P N .
On a alors s
ÿ
1
N “N XM ` A ni .
i“1
Pour l’autre, on constate que pour n P N , on
En effet, l’inclusion Ą est claire. ř
s
řs P πpN q et donc πpnq “ 1 i“1 ai πpni q pour certains
a πpnq a1 , . . . , as P A, puis
n ´ i“1 ai ni P pker πq X N “ M X N , et donc n P N 1 ` M 1 X N . Pour conclure,
on constate que M 1 est engendré par ď r ´ 1 éléments, et que N X M 1 en est un
sous-module, donc finiment engendré par récurrence. l

Théorème 1.18. Soient A un anneau commutatif non nul et m, n des entiers


ě 0. Les A-modules Am et An sont isomorphes si, et seulement si, on a m “ n. En
particulier, toutes les bases d’un A-module libre de rang fini ont même cardinal.

L’énoncé est inexact si A n’est pas commutatif : pour A “ Endk pk pNq q on a


A » A2 (voir l’Exercice 8.10).
Démonstration — (On utilise quelques résultats du Complément §9 Chap. 7). Soient
M un idéal maximal de A et k le corps quotient A{M . On regarde la projection
naturelle f : Am Ñ k m , pai q ÞÑ pai mod M q. Si e1 , . . . , en est une famille génératrice
du A-module Am , alors les f pei q forment une famille génératrice du k-espace vectoriel
k m . On a donc n ě m par la théorie des espaces vectoriels. Ainsi, le cardinal d’une
famille génératrice minimale du A-module Am est m. Cela démontre le théorème. l

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