Annales de la Société Géologique de Belgique, T. 93, 1970, pp.
397-406 1970
INCLUSIONS FLUIDES DANS LA DOLOMITE
DU GISEMENT STRATIFORME DE KAMOTO
(KATANGA OCCIDENTAL) (*)
par J. PIRMOLIN (**)
(4 figures dans le texte)
ABSTRACT
In the dolostones and shales of the « Mines Serie » at Kamoto, two strata-bound
orebodies are found. Between them, there is a thick bed of unmineralized cherty
dolostone, with locally large dolomite crystals. In these crystals, fluid inclusions have
been observed which contain a bubble and three daughter crystals.
RÉSUMÉ
Dans les dolomies et shales de la ((Série des Mines» à Kamoto, on trouve deux corps
minéralisés liés aux strates. Ils sont séparés par une épaisse couche stérile de dolomie
silicieuse à gros cristaux de dolomite. Dans ces cristaux, on observe des inclusions fluides
qui contiennent une bulle et trois (( daughter-crystals ».
1. GÉOLOGIE ET STRATIGRAPHIE
Au Katanga, il existe des couches sédimentaires qui contiennent de grandes
quantités de cuivre et de cobalt sous forme de sulfures. L'abondance et la distri-
bution des métaux y sont en relation étroite avec la stratigraphie. Ces couches
sédimentaires appartiennent à une unité lithostratigraphique que l'on appelle la
Série des Mines et dont l'âge est Précambrien selon Cahen (1954).
La Série des Mines est située à la base du Groupe du Katanga, succession puis-
sante de couches sédimentaires qui repose en discordance sur un socle et est sur-
monté par un manteau de sédiments plus jeunes.
Selon Demesmaecker, François et Oosterbosch (1964) le socle est constitué
par un ensemble sédimentaire plissé et métamorphisé, envahi par des granites et
coupé par des dykes.
Les sédiments du Groupe du Katanga présentent dans leur ensemble des carac-
tères d'eau peu profonde. Ce sont des grès parfois grossiers, à stratification croisée,
avec des dolomies et des shales.
Les assises les plus anciennes du Groupe sont des grès dolomitiques à hématite;
ces grès sont à grains parfois grossiers et contiennent localement des lits poudingui-
formes.
La Série des Mines comprend une succession caractéristique de couches et
(*) Communication présentée durant la séance du 3 février 1970. Manuscrit déposé
le 12 mai 1970.
(**) Mission des Nations Unies à Ouagadougou, Haute Volta.
398 ;J. PIRMOLIN
constitue une séquence grès chloriteux - dolomies en partie algaires - schistes -
dolomies - grès chloriteux. Au sein de cet ensemble peuvent apparaître des cycles
mineurs, soulignés par la recurrence des barres de grès. Dans les dolomies et les
shales, se trouvent les deux corps minéralisés. Ceux-ci sont séparés par un chert
dolomitique stérile que l'on appelle communément les « R.S.C. ». Cet ensemble
minéralisé est surmonté de roches détritiques à grains fins contenant de la pyrite.
Vient ensuite le Système du K undelungu constitué de shales et de shales gréseux
plus ou moins carbonatés.
Les plissements et l'orogenèse qui ont fait pénétrer le Katanga dans le domaine
continental sont d'âge Kundelungu. Des mouvements précurseurs de peu d'ampleur
se signalent localement par des coulées basiques, des lacunes stratigraphiques de
faible discordance ou des poudingues contenant des éléments arrachés aux terrains
plus anciens.
2. ÉTUDES PÉTROGRAPHIQUES
Les «roches siliceuses cellulaires» ou « R.S.C. » sont constituées d'une pâte
blanche aphanitique dans laquelle sont irrégulièrement répartis de gros cristaux
de dolomite. Ces cristaux peuvent atteindre des dimensions de plusieurs centimètres
et sont partiellement idiomorphes; en bordure, le minéral perd sa couleur foncée
et devient transparent. Des fractures, dont certaines sont minéralisées, traversent
la roche en tous sens.
Les tests à !'Alizarine rouge (Friedman, 1959) ont permis d'y mettre la calcite
en évidence; elle se présente en petites plages ou en veinules noyées dans la masse.
L'assemblage quartz-dolomite peut se présenter sous différentes formes :
grandes plages de dolomite bien cristallisée avec inclusions de quartz crypto-
cristallin ou inclusions de quartz soit en monocristal, soit en agrégat polycristallin,
assemblages de cristaux hypidiomorphes de quartz et cristaux de dolomite de
même grandeur (50 à 100 microns). Le quartz représente alors 60 à 70 % de
l'ensemble,
assemblages microcristallins de quartz et de dolomite, l'ensemble faisant penser
à une désagrégation de la dolomite par injection de quartz.
L'assemblage quartz-dolomite-calcite se présente dans des textures microgrenues
comprenant localement des cristaux de quartz et de dolomite idiomorphes. Les
fractures et leur remplissage sont intéressants : en effet, dans le quartz, on rencontre
des fractures remplies de quartz et de dolomite ou de dolomite seule ; parfois
avec de la calcite. Dans la dolomite, on observe des fractures remplies de quartz
et de dolomite, ou de quartz seul.
Tous ces éléments semblent indiquer un ordre de cristallisation à la fois simple
et complexe; complexe en ce sens que la dolomite paraît soit antérieure, soit
postérieure au quartz, alors que la calcite paraît toujours postérieure aux deux autres
minéraux.
Il semble donc vraisemblable d'admettre une cristallisation du type «cristal-
lisation fractionnée » dolomite, quartz, calcite, avec possibilité de variation dans les
conditions de précipitation et retour à un stade antérieur.
Outre ces différents minéraux, on observe également des plages de calcédoine.
INCLUSIONS FLUIDES DANS LA DOLOMITE DU GISEMENT STRATIFORME DE KAMOTO 399
3. DESCRIPTION DES CAVITÉS INTRACRISTALLINES
L'étude des inclusions fluides a été faite en utilisant un microscope à lumière
transmise. Elle a porté sur une centaine de cavités réparties dans des échantillons
de dolomite orientés de différentes manières. Certaines sections provenaient d'un
cristal idiomorphe présentant une zone d'accroissement, d'autres étaient orientés
parallèlement à deux plans de clivages, d'autres enfin avaient été prises d'une
manière quelconque dans la dolomite.
La grandeur des inclusions est très variable et leur section est généralement
rectangulaire ou pentagonale. Il est cependant possible de distinguer assez nettement
trois grandes familles de cavités en se basant sur la position relative des inclusions,
sur leur forme et sur leur composition :
- des inclusions à deux phases (une liquide et une gazeuse), de dimensions géné-
ralement réduites, et réparties d'une manière quelconque dans la masse.
des inclusions minéralisées (une phase liquide, une phase gazeuse, une ou plu-
sieurs phases solides) de dimensions généralement grandes, et réparties d'une
manière quelconque dans le cristal.
- des inclusions minéralisées allongées suivant une direction de clivage et parfois
alignées suivant cette direction ou une direction perpendiculaire.
Les cristaux de quartz renferment également des inclusions en tout point
semblables à celles de la dolomite, tant du point de vue forme que du point de
vue cristallisation interne. Il semble donc que le quartz ait cristallisé dans les mêmes
conditions que la dolomite. Cependant il n'a pas été possible d'établir les caracté-
ristiques de ces inclusions étant donné leurs dimensions réduites.
Quelle que soit la cristallisation interne, le volume des inclusions varie de
1500 à 25.000 microns cubes avec une concentration plus importante entre 1500 et
10.000 microns cubes. On peut réunir ces valeurs en différentes classes comme pour
les analyses granulométriques, on obtient alors l'histogramme de distribution
suivant (fig 1).
Ce diagramme montre très clairement que la moitié des inclusions étudiées ont
des dimensions moyennes comprises entre 17 et 24 microns, soit des volumes moyens
compris entre 5000 et 14.000 microns cubes. Il suggère également, par la distribution
unimodale, que tous les cristaux étudiés appartiennent à la même génération.
Le remplissage des cavités est constitué d'une phase liquide, d'une phase gazeuse
et, en général, d'une ou plusieurs phases solides. Ces phases solides appartiennent
à trois espèces, dont deux donnent naissance à des cristaux presque sphériques et
la troisième à des cristaux tabulaires. La distinction a été faite en se servant de la
forme et de l'indice de réfraction de ces cristaux par rapport au liquide. En effet
l'indice de certains cristaux sphéroïdes est sensiblement plus grand que celui du
liquide, l'indice des cristaux parallélépipédique est un peu plus grand que celui
du liquide. Les résultats obtenus par la comparaison des indices sont cependant sujet
à caution étant donné la forte biréfringence de la dolomite.
Si l'on compare le volume de la bulle gazeuse et le volume de l'inclusion, on
s'aperçoit qu'il n'y a pas de corrélation entre le nombre de cristaux inclus et
la quantité de gaz : la phase gazeuse est tout simplement proportionnelle au volume
de la cavité, elle occupe en moyenne 2 % du volume total. De même, si l'on
compare le volume de la phase cristalline à celui de l'inclusion, on ne trouve
aucune corrélation avec le nombre de cristaux inclus. Par contre, le nuage de
400 J. PIRMOLIN
points est plus diffus; il est donc moins aisé d'établir une relation entre le
volume de la phase cristalline et celui de l'inclusion. On peut néanmoins considérer
que la phase cristalline occupe en moyenne 5 % du volume de la cavité.
...-
n.
' --
3n
2in
10
-
-
5
- -
4,25 6 ~.5 12 17 34 48 d.
Fig. 1. - Histogramme.
d est le diamètre moyen de l'inclusion c'est-à-dire la racine cubique du volume estimé.
n est le nombre d'inclusions observées.
Enfin, si l'on compare le nombre de cristaux inclus et la fréquence de telles
inclusions, on voit que 50 % des inclusions possèdent un cristal de chaque forme.
Outre ce cristal type, on observe des inclusions avec cristallisation complexe : plu-
sieurs cristaux sphéroïdes et éventuellement un cristal parallélépipèdique.
Remarque.
Si l'on considère que la phase solide n'est constituée que de NaCl, on peut
facilement calculer le pourcentage total de sel contenu dans les inclusions. En
effet, en admettant que la phase liquide saturée occupe 95 % du volume et que
la phase solide occupe les 5 % restants, la quantité équivalente de NaCl est de
40 % en poids. Ceci correspond à une salinité 11 fois plus importante que celle de
l'eau de mer (Rankama et Sahama, 1949.)
4. COMPORTEMENT DES INCLUSIONS FLUIDES A HAUTE TEMPÉRATURE
Les cristaux inclus se dissolvent au chauffage. La température à laquelle ils
disparaissent doit être considérée comme égale ou inférieure à la température
règnant lors de la formation de l'inclusion.
On appelle température de remplissage celle où prend place l'homogénéisation
des phases gazeuses et liquides. C'est à nouveau une limite inférieure de la tempé-
INCLUSIONS FLUIDES DANS LA DOLOMITE DU GISEMENT STRATIFORME DE KAMOTO 401
rature à laquelle s'est formée l'inclusion, à condition que le liquide ne se soit pas
alors trouvé en ébullition. L'augmentation de pression induite par le chauffage
dans les inclusions fluides provoque la décrépitation du minéral.
Les résultats obtenus lors du chauffage d'inclusions types sont regroupés dans
tableau ci-après
Échantillons
1 2 3 4 5 6 17 ++ 8 9 10 11 12
1 1 1 1 1 1 1
Température 1
de remplissage + + 150 145 + 1 T
1
+ 145 + 140 + 13 5
Dissolution p 1 55 - 55 - - - - 60 - - - 60
P2 120 127 125 125 135 133 - 130 132 127 130 12 0
Pa 130 - - - - - - - - - - 14 5
81 240 235 240 235 240 220 230 220 220 240 230 20 0
82 - - - 125 135 - - - - - - --
Décrépitation 225 170 205 210 190 190 130 190 200 170 205 18 0
++ cristal plus petit.
+ légère ouverture des clivages vers 130° C.
p cristaux de forme parallélépipèdique.
8 cristaux de forme sphéoroide.
Si ce tableau ne rend compte que des mesures effectuées sur des inclusions
contenant au moins deux cristaux inclus, les mesures effectuées sur des inclusions
à trois phases nous donnent des résultats similaires :
- température d'homogénéisation comprise entre 140 et 150° C,
- température de dissolution de la phase solide comprise entre 225 et 240° C.
Il n'a pas été possible d'effectuer des mesures précises sur les inclusions à deux
phases. Les dimensions réduites de ces inclusions empêchent d'observer exactement
l'homogénéisation. Tout ce que l'on peut dire, c'est que la phase gazeuse est
toujours présente à 70° Cet qu'à cette température son volume a diminué de 75 %·
L'expérience 12 a été menée d'une manière différente; on a effectué trois
chauffages très lents, de la température ambiante jusque 100, 150 et 200° C, avec
chaque fois un refroidissement également lent.
1e chauffage : disparition puis réapparition du cristal p 1 à 60° C,
2e chauffage : dissolution des cristaux p 1 et p 2 , respectivement à 60 et 121° C et
homogénéisation à 135° C. Lors du refroidissement est apparu un
cristal de néoformation p au détriment des cristaux p 1 et p2,
3e chauffage : homogénéisation à 135° C et dissolution du cristal p à 1450 C, puis
du cristal s1 à 200° C.
402 J. PIRMOLIN
Les résultats de ces essais tendent à montrer
1° qu'il existe un cristal pouvant se retrouver soit sous une forme sphéroïde,
soit sous une forme parallélépipèdique (voir expériences 4, 5, 7 et 9). Cette conclusion
n'est pas en contradiction avec les résultats obtenus lors de l'examen des indices,
étant donné la forte biréfringence de la dolomite et son indice élevé.
2° que la décrépitation s'effectue en deux temps :
une légère ouverture d es fissures vers 130° C. Celle-ci correspond à une légère
augmentation du volume de la c:wité qui se m'1nifeste p'1r une brusque augmen-
tation du volume de la phase gazeuse ssi,ns que la csi,vité se soit fissurée de
manière perceptible,
une fracturation des parois de l'inclusion ver::; 195° C.
Fig. 2. - Inclusion minéralisée présentant les trois types
de cristaux (deux d e forme sph éroïde et un de forme
parallélipipédique ) et une bulle gazeuse. (Gr = 400 X ).
Ce fait a pu être confirmé en utilisant un décrépitographe électronique. En
effet, en utilisant une poudre fine, la décrépitation s'est produite à une température
de l'ordre de 214° C.
3° qu'il existe trois cristaux différents
un premier de forme parallélépipèdique et dont la température de dissolution
est d'au moins 55° C,
un deuxième, de forme parallélépipèdique ou sphéroïde, se dissolvant à une
température égale ou supérieure à 120° C,
- un troisième de forme sphéroïde et dont la température de dissolution est au
moins de 2000 C.
4° que la croissance des cristaux s'est effectuée dans une solution saturée en
sel. En effet, la température de disparition des cristaux ne peut être interprétée que
si l'on admet soit une forte sursaturation en sel de la solution m ère, soit une pression
de formation élevée, soit une combinaison de ces deux effets. Dans ce dernier cas,
pour obtenir une solution saturée en sel à 235° C, il faut une pression de 1200 bars
(Smith F., 1963), pression normale dans la formation des roches.
INCLUSIONS FLUIDES DANS LA DOLOMITE DU GISEMENT STRATIFORME DE KAMOTO 403
Fig. 3 a et b. - Inclusion minéralisée contenant un cristal cubique.
a. sur pointe. (Gr = 750 X).
b. sur côté. (Gr = 750 X).
404 J. PIRMOLIN
5° qu'il peut se produire une dissolution partielle des parois du cristal hôte
lors d'une augmentation de température. En effet, le cristal de néoformation p se
dissout à une température supérieure à la température de dissolution des cristaux
qui lui ont donné naissance. Il est donc possible que ce cristal soit formé des
éléments constitutifs des cristaux p1 et p2, et d'un élément supplémentaire.
5. COMPORTEMENT DES INCLUSIONS FLUIDES A BASSE TEMPÉRATURE
Le traitement à basse température, effectué à Nancy par M. Poty, a permis
de distinguer deux types d'inclusions. Il est apparu, en effet, que les inclusions
ne contenant que deux phases avaient une salinité modérée (7 %) et ne contenait
pas de C0 2 discernable à - 3° C, tandis que les inclusions contenant des cristaux
avaient une forte salinité (pas de congélation à - 100° C) et montraient, lors du
réchauffement à 5° C, la formation de quelques bulles de C02 dues à la dissolution
du clathrate (Bartholomé, 1966).
6. ANALYSE CHIMIQUE
Un échantillon de dolomite, taillé dans un porphyroblaste, a été analysé quali-
tativement par spectrométrie de fluorescence de rayons X. Cette méthode permet
de déceler, sous une épaisseur de 25 à 30 microns, les éléments chimiques dont la
concentration est supérieure à 50 ppm. Elle peut donc être utilisée en vue de
déterminer les constituants des inclusions fluides, pour autant que leur nombre
atomique soit supérieur à 10.
En utilisant une anticathode de Cr, il a été possible de déterminer d'une
manière certaine les éléments Ca, K, Si, Cl et Cu, éventuellement Fe et S. D'autre
part, avec une anticathode de W, il a été possible de déterminer d'une manière
certaine les éléments Pb, Mn, Fe, Sn, Co et Cu, avec éventuellement Ti.
On peut considérer que la dolomite contient, outre Ca et Mg, des éléments
métalliques tels que Fe, Mn, Pb, Zn, et Ti. On peut également expliquer la présence
de Cu et Co du fait de la minéralisation. La présence de Si semble montrer que
les porphyroblastes ne sont en fait que des éléments de roches où la concentration
en dolomite est très élevée par rapport à celle du quartz.
Les éléments K, Cl et S, qui généralement ne participent pas à la constitution
de la dolomite, tendent à prouver qu'ils font partie des éléments constitutifs des
inclusions fluides. On peut donc penser que les cristaux inclus sont en fait NaCl,
KCl et CaS04.
7. THÉORIES MÉTALLOGÉNIQUES
D'après Bartholomé (1963), certaines observations permettent de montrer que
certains des éléments chimiques qui constituent la minéralisation ont été apportées,
après la sédimentation, par des solutions souterraines. Une partie du cuivre
ne se trouvait pas dans la roche au moment de la sédimentation, mais a été
introduit par des solutions circulant dans les lits perméables, pendant une période
postérieure à la cristallisation des prophyrobbstes, m'.1is antérieure à la cimentation.
Le rôle des solutions souterraines aurait été d'apporter le cuivre et d'enlever
le fer. Les matières organiques contenues dans les sédiments auraient joué le rôle
de réducteur.
Des observations de Bartholomé (1962 a et b), il est possible d'obtenir des indi-
INCLUSIONS FLUIDES DANS LA DOLOMITE DU GISEMENT STRATIFORME DE KAMOTO 405
cations relatives à la température de formation des minerais; plus exactement, il
est possible d'obtenir une température limite que les roches n'ont pas pu dépasser
au cours de leur évolution géologique.
Le géothermomètre bornite-digénite indique que la température de 2000 C
paraît être le maximum auquel les sulfures de Kamoto ont été soumis. Cette tempé-
rature est comparable à la température règnant lors de la formation des inclusions
fluides.
Ces considérations nous amène à penser que l'histoire géologique des R.S.C.
peut se résumer de la manière suivante : lors de la sédimentation, il y a eu
précipitation de dolomite et de quartz en eaux salines, les sédiments contenant
également un peu de pyrite (et de chalcopyrite); ces sédiments se sont ensuite
trouvés en présence de solutions chaudes et saturées en sel.
Ces solutions originaires des roches sous-jacentes, se sont peut-être échauffées
lors de la mise en place des intrusions basiques et ont alors migré vers la surface
en s'infiltrant dans les sédiments non consolidés. L'augmentation de la température
a permis une certaine mobilisation du quartz et de la dolomite.
Ces solutions se seraient ensuite enrichies en cuivre sous forme de CuCh par
infiltration et diffusion (Brown A. C., 1968). Et la précipitation de ce dernier aurait
eu lieu dans des roches relativement imperméables où la présence de matières
organiques permettait une activité bactérienne intense en conservant un milieu
réducteur.
8. CONCLUSION
Dans l'état actuel de nos connaissances, il semble que les cristalloblastes de dolo-
mite des R.S.C. soient le résultat d'une remobilisation de sédiments quartzo-
dolomitique par les solutions minéralisatrices.
Cette explication rend compte de tous les faits d'observation :
- présence de cristalloblastes de dolomite contenant un peu de quartz,
- assemblage quartz-dolomite « syngénétique »,
- salinité différente dans les deux types d'inclusions : inclusions primaires lors de
la précipitation et inclusions secondaires lors de la remobilisation,
- température.
Cependant, l'étude d'échantillons prélevés dans l'ensemble de la région per-
mettrait seule de confirmer cette hypothèse génétique.
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