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Dissertation

La dissertation analyse 'Le Dernier Jour d’un condamné' de Victor Hugo, mettant en lumière la critique de la peine de mort à travers le récit d'un condamné, ses souffrances, et les injustices du système judiciaire. Hugo argumente contre la peine capitale en dénonçant ses effets déshumanisants et en plaidant pour une approche corrective plutôt que punitive. Le texte évoque également la douleur morale et physique du narrateur, ainsi que l'indifférence du peuple face aux exécutions, suscitant indignation et empathie chez le lecteur.

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La dissertation analyse 'Le Dernier Jour d’un condamné' de Victor Hugo, mettant en lumière la critique de la peine de mort à travers le récit d'un condamné, ses souffrances, et les injustices du système judiciaire. Hugo argumente contre la peine capitale en dénonçant ses effets déshumanisants et en plaidant pour une approche corrective plutôt que punitive. Le texte évoque également la douleur morale et physique du narrateur, ainsi que l'indifférence du peuple face aux exécutions, suscitant indignation et empathie chez le lecteur.

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Dissertation sur « Le Dernier Jour d’un condamné » de Victor Hugo

Swaly Collin
2GT3

Le narrateur nous procure des informations réalistes sur la


situation d’un condamné à la peine capitale telles que des
informations sur la justice grâce à la description du déroulement
du procès qui a lieu au chapitre II où l’on peut assister à l’attente
du verdict et à l’annonce de ce dernier. Le narrateur nous fait
également part du fait qu’il a fait une demande à la juridiction
suprême de casser son jugement : « Je m’étais pourvu en
cassation » (chapitre V). Le condamné nous explique comment,
dans la majorité des cas la cour de cassation prend sa décision au
chapitre VIII. Par ailleurs, au chapitre XV, plusieurs citations nous
montrent que le narrateur n’est absolument pas optimiste au vu de
sa demande de pourvoi : « Plus d’espérance ! » mais encore « Il
est impossible qu’on me fasse grâce ». Dans ce récit, nous
trouvons également de nombreuses informations sur
l’incarcération telles que les lieux dans lesquels se trouve au fur et
à mesure le détenu (Bicêtre, la Conciergerie, la Place de Grève)
mais également celles sur les conditions de détention qui sont
décrites par exemple lors du chapitre V où l’on découvre comment
le détenu est traité par les gardiens, les pauses dans le préau, les
récréations où il discute avec les autres détenus, les promenades
mais également comment se présente le cachot du condamné au
chapitre X « Voici ce que c’est que mon cachot ». Le condamné
nous partage pour finir les informations sur son exécution : de la
rencontre avec les gendarmes et le prêtre, le transfert de
l’établissement carcéral de Bicêtre jusqu’à la Conciergerie suivi
du rituel de la toilette du condamné à l’Hôtel de Ville de Paris
jusqu’au moment de l’exécution. Tous ces moments sont
extrêmement détaillés.
Le récit, plus particulièrement l’auteur lui même nous fournit
plusieurs arguments contre la peine de mort dans la préface de son
œuvre. Victor Hugo contre-argumente les trois arguments des
partisans de la peine capitale : le risque de récidive, le fait que la
société doit se venger et punir et la théorie de l’exemple.
Concernant le risque de récidive, l’auteur de cette œuvre pense
effectivement que la peine à perpétuité suffirait amplement, que
les gardiens de prison n’ont qu’à mieux faire leur ronde et que l’on
ne peut en aucun cas oser tenir des ménageries si l’on n’est pas en
capacité de tenir des prisons et de croire en la solidité des cachots.
A propos du deuxième argument, il pense que la société ne peut ni
se permettre de se venger, ni de punir : son unique rôle est de
corriger afin d’améliorer les détenus. Punir relève uniquement de
Dieu et la vengeance quant à elle, appartient à l’individu. Au sujet
du troisième et ultime argument, Victor Hugo affirme que ce
macabre spectacle qu’est la peine de mort démoralise le peuple et
le rend insensible : l’effet produit n’est au final rien d’autre que
l’opposé le plus extrême de l’effet attendu qui est celui d’effrayer
celles et ceux qui seraient tentés à leur tour d’enfreindre la loi.

Cette première partie a pu nous montrer que le récit cherche


réellement à convaincre le lecteur de l’atrocité de la peine de mort.
Pour ce faire, « Le Dernier Jour d’un condamné » regorge
d’informations concernant le lieu, le déroulement du procès et de
l’exécution. L’auteur a tout a fait justifié son désaccord vis-à-vis
des partisans de la peine de mort. Dans cette seconde partie, nous
examinerons comment ce récit émeut le lecteur grâce au registre
pathétique.

Le narrateur souhaite tout d’abord provoquer de l’indignation


auprès du lecteur. En effet, le lecteur peut trouver la peine de mort
injuste, cruelle, les condamnés sont, selon Hugo, souvent pauvres
(préface). Condamner à mort une personne la punit non seulement
elle mais également sa famille : en l’occurrence Marie, la fille du
narrateur qui va malheureusement devoir grandir sans la présence
et l’amour d’un père, aura probablement honte de ce dernier et
sera certainement méprisée plus tard étant donné que son propre
père sera connu dans tout Paris en tant que criminel ayant été
guillotiné suite à sa condamnation (chapitre XXVI) « Ils auraient
compris qu’il ne faut pas tuer le père d’un enfant de trois ans. »
(chapitre XXVI). Le lecteur est censé ressentir de la colère, de
l’horreur face à l’inhumanité et aux conditions d’incarcération : la
prison de manière générale mais en plus particulier le ferrement
des condamnés aux travaux forcés à perpétuité, la honte et surtout
la douleur subie par les forçats partant pour le bagne. Le narrateur
a d’ailleurs assisté à cette hideuse mise aux fers lors du XIIIème
chapitre. Le lecteur peut de la même manière éprouver de
l’indignation face à la réaction immature du peuple envers les
exécutions publiques : le peuple est insensible, s’amuse, se moque,
fête ce genre d’événement. Nous pouvons le voir grâce à ces
citations qui figurent dans le chapitre XLVIII : « Le voilà ! Le
voilà ! Il sort ! Enfin ! » « La place a éclaté en bruit » « Les
marchands ont quitté leurs bouquets pour moi » « Spectateurs
heureux ».
Ce récit peut provoquer un sentiment de pitié à l’égard des
souffrances éprouvées par le narrateur, sans oublier que ce dernier
est anonyme, on ne connaît ni son identité ni son crime, ce qui
permet d’autant plus au lecteur de se rendre compte que, peu
importe la personne, peu importe son crime, la peine de mort reste
monstrueuse. Le condamné souffre moralement et se soulage
l’esprit en écrivant ses souffrances dans son journal. En effet, tout
le long du récit, le narrateur, qui est enfermé, exprime sa peur de
la peine de mort, de la guillotine mais aussi d’abandonner, de
laisser seule son enfant âgée de trois ans ; « Mais ma fille, […]
c’est celle-là qui me fait mal ! » (chapitre IX) « Ô ma pauvre
petite fille ! Encore six heures ; et je serai mort ! » « Comment te
déshabitueras-tu, mon enfant, du jour de l’an, […] ? des bonbons
et des baisers ? » (chapitre XXVI). Concernant les autres membres
de sa famille, sa mère et sa femme qui sont gravement malades, il
ne s’inquiète pas vraiment, il se sent réconforté car il sait
pertinemment qu’elles ne souffriront pas très longtemps et
mourront sûrement de chagrin (chapitre IX). Le condamné
éprouve non seulement des souffrances morales mais également
physiques : par exemple, pendant les chapitres XXXVIII et
XXXIX, trois heures avant son exécution, le narrateur se mit à
avoir une violente douleur dans la tête, de la fièvre, convulse par
moments, se sent étourdi et tremblant. Il explique avoir vécu ces
six longues semaines d’attente comme une agonie. Cette dernière
journée qui cause en lui un débordement d’angoisse paraît
s’écouler très lentement mais en même temps très rapidement.
« Ils disent que ce n’est rien, qu’on ne souffre pas, que c’est une
fin douce, que la mort de cette façon est bien simplifiée » (chapitre
XXXIX) Dans cette citation, le narrateur dénonce l’ignorance de
la société, de la justice face aux souffrances éprouvées par les
condamnés à mort, ces derniers sont absolument torturés. Voici
une autre citation nous permettant de démontrer cela : « On ne
souffre pas, en sont-ils sûrs ? Qui le leur a dit ? » (chapitre
XXXIX). Une seconde chose permet au lecteur d’avoir de
l’empathie, de la pitié : le contraste entre la vie passée du narrateur
qui semblait être une vie paisible, heureuse , avec une famille et sa
vie actuelle où tout s’est effondré. Nous pouvons l’observer lors
de la scène du chapitre XLIII des retrouvailles avec sa très chère
petite Marie qu’il aime tant qui ne parvient même plus à le
reconnaître ; « Mon papa était bien plus beau. » et le croit décédé
« Ah, vous ne savez donc pas ? Il est mort » « Je prie le bon Dieu
pour lui matin et soir sur les genoux de maman. ». Dés à présent,
le narrateur, désespéré, se sent fin prêt pour son exécution, il a
définitivement tout perdu, plus rien ne peut le retenir ; « A
présent, ils devraient venir ; je ne tiens plus à rien ; la dernière
fibre de mon cœur est brisée. Je suis bon pour ce qu’il vont faire »
(chapitre XLIII).
En lisant ce récit, la terreur peut être éprouvée. Dans le
chapitre I, le narrateur décrit la pensée « Condamné à mort ! » qui
le hante jour et nuit en utilisant du registre fantastique ; nous
pouvons observer le champ lexical de la monstruosité grâce aux
mots « hideuses » « sommeil convulsif » « couteau ». Sa pensée
est personnifiée, a des membres humains «ses deux mains de
glace »( « de glace » faisant référence au registre fantastique),
ressent des sentiments « seule et jalouse », hante les rêves du
narrateur. le suit de partout même lorsqu’il tente de « détourner la
tête ou fermer les yeux » ; Il semble même entendre une voix
murmurer : « Condamné à mort ! ». L’homme est victime
d’hallucinations durant le chapitre XII. Après avoir observé les
noms des condamnés à mort ayant occupé cette cellule avant lui,
le narrateur a l’impression que les écritures s’enflamment « Il m‘a
semblé tout à coup que ces noms fatals étaient écrits avec du feu ».
Il a également l’impression de voir son cachot rempli d’hommes
tenant leur tête par la bouche de la main gauche tout en lui
montrant le poing de la main droite. « C’était une fumée, une
imagination de mon cerveau vide et convulsif » Le narrateur
devient fou, est victime d’hallucinations à l’idée de rejoindre ces
autres criminels, cela le terrifie.

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