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Compte Rendu 2

Ce compte rendu relate l'intervention de Youssouf Sangaré lors d'un atelier sur le hadith dans l'islam contemporain, où il aborde la sacralité des recueils de hadiths en Afrique de l'Ouest. Sangaré souligne l'importance des débats théologiques récents, notamment ceux initiés par des figures comme Chérif O. Madani Haïdara, qui réinterprètent les textes islamiques pour les adapter aux réalités africaines. Le document met en lumière comment ces discussions redéfinissent l'islam en Afrique de l'Ouest, en mettant l'accent sur la morale et l'accessibilité des enseignements religieux.

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Compte Rendu 2

Ce compte rendu relate l'intervention de Youssouf Sangaré lors d'un atelier sur le hadith dans l'islam contemporain, où il aborde la sacralité des recueils de hadiths en Afrique de l'Ouest. Sangaré souligne l'importance des débats théologiques récents, notamment ceux initiés par des figures comme Chérif O. Madani Haïdara, qui réinterprètent les textes islamiques pour les adapter aux réalités africaines. Le document met en lumière comment ces discussions redéfinissent l'islam en Afrique de l'Ouest, en mettant l'accent sur la morale et l'accessibilité des enseignements religieux.

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Compte rendu

Ce compte rendu aborde l’intervention de Youssouf Sangaré lors de l’atelier organisé par
Nadjet Zouggar intitulé « Le hadith en débat dans l’islam contemporain » qui a eu lieu à la
MMSH à Aix en Provence, le 12 novembre 2025. L’objectif de son intervention était celle
d’évoquer les débats autour de la sacralité de Bukhārī et de son recueil précisément en
Afrique de l’Ouest. Youssouf Sangaré est un maître de conférences en civilisation et monde
arabe à l’université de Clermont-Auvergne. Né à Kayes, dans l’ouest du Mali, dans une
famille imprégnée d’Islam soufi. Chargé de cours en histoire de l’islam et en langue arabe des
médias (Université de Strasbourg) de 2013 à 2015. Il est le cofondateur de la revue
académique Les Cahiers de l’Islam (revue avec comité de lecture) éditée à Paris et il a publié
deux ouvrages : « Repenser le Coran et la tradition islamique. Une introduction à la pensée de
Fazlur Rahman » en 2017 aux éditions Al Bouraq et « Le scellement de la prophétie en Islam
» en 2018 chez l’éditeur parisien Geuthner.

Pour ce compte rendu sur la présentation orale de Sangaré j’ai voulu apporter un autre source
qui est le compte rendu académique de Seydi Diamil Niane (un doctorant en islamologie) sur
l’ouvrage Penser l’Islam depuis l’Afrique. La doctrine de Chérif O. Madani Haïdara dans la
revue d’histoire et de civilisation du livre. Ce texte nous montreraiit comment Youssouf
Sangaré positionne l’Afrique de l’Ouest comme un champ de débats théologiques
contemporains où la critique des hadiths remet en question la sacralisations traditionnelle de
certains recueils comme par exemple les recueils Sahih. Ces critiques ont été initiée par des
figures comme Haidara. Sangaré explique que les études sur l’islam en France et ailleurs
ignorent souvent l’Afrique de l’Ouest. On parle beaucoup des confréries soufies comme si
c’était tout ou on voit cet islam comme une version moins pure par rapport à l’islam arabe.

Dans son livre Sangaré montre que ce n’est pas vrai. Par exemple Haïdara a créé de vraie
idées nouvelles. Il a réinterprèté le Coran et les hadithss pour répondre au wahhabisme qui
est arrivé après la colonisation avec des étudiants qui dans les années 1960 sont rentrés
d’Arabie saoudite.​ Pendant son intervention à la MMSH d’Aix Sangaré donne des exemples
concrets pour illustrer ça.
Il raconte comment les débats sur Bukhari et Muslim ont évolué. D’abord au début des
années 80 c’était sunnites locaux contre chiites ou wahhabites mais depuis les années 2000
ça devient des critiques internes chez les sunnites eux-mêmes avec des figures comme Jaafar
Ouattara au Burkina et Haïdara au Mali. Ces débats touchent maintenant plusieurs pays
comme par exemple la Côte d'Ivoire, le Mali et la Guinée et notamment ils passent à la télé
et sur les réseaux.​
Dans son compte rendu Seydi Diamil Niane dit que l’approche de Sangaré est bonne pour
l’islamologie française. Avant on voyait Haïdara juste comme un chef charismatique
populaire maintenant son image a changé on le prend au sérieux comme un vrai penseur
théologique. Le livre de Sangaré commence par expliquer le contexte religieux à Bamako.
Là-bas depuis des générations ce sont toujours les mêmes familles d’imams qui contrôlent
les mosquées, les fêtes religieuses et l’autoritée. C’est un islam des imams basé sur la
naissance et les liens familiaux. Haïdara va changer complètement ça. Il veut un islam direct
tiré de l’exemple du Prophète Muhammad lui-même sans passer par ces élites. Du coup il
attire beaucoup de gens simpls qui ne se sentent pas à l’aise avec les notables religieux
traditionnels.​​ À l’atelier Sangaré insiste sur la force d’Haïdara aujourd’hui, c’est le
vice-président du Haut Conseil islamique du Mali, la plus grande autorité sunnite là-bas. Il a
créé un réseau énorme : des écoles coraniques, des éditions de livres, des prêches qui passent
les frontière. Ses idées touchent le Mali, la Côte d’Ivoire et la Guinée. Il s’oppose
directement aux wahhabites ces gens formés en Arabie saoudite qui reviennent critiquer les
traditions locales depuis les années 60 post-coloniales.​
Diamil Niane voit quand même des problèmes dans le compte rendu. Haïdara utilise parfois
sa propre famille il est chérif, descendant du Prophète pour se légitimer, comme les imams
qu’il critique et il reste conservateur sur des sujets comme l’excision ce qui montre des
limites dans sa rupture.​Un point clé chez Haïdara, bien expliqué dans le livre, c’est comment
il mélange la foi et la culture locale. Silamaya, c’est être musulman et Mogoya, c’est les
valeurs bambara comme l’humanisme, le respect des liens sociaux et rester fidèle à sa culture.
Haïdara dit qu’on peut être les deux en même temps on n’a pas besoin d’oublier ses racines
africaines pour être un bon musulman. Ça répond directement au wahhabisme qui veut tout
arabiser et rejeter les pratiques locales comme des bid‘a des innovations mauvaises.​Sangaré
lors de son intervention à l’atelier il donne un exemple clair que les prêches ne doivent pas
être seulement en arabe. Le Coran est un message moral pour la vie quotidienne pas juste un
texte à réciter en arabe pour le rituel. Il faut le traduire dans les langues locales pour que tout
le monde puisse comprendre et appliquer. Ça rend l’islam accessible à tous et pas qu’aux
élites qui parlent arabe.​
Le compte rendu de Diamil Niane montre bien l’intérêt qui est cette idée défennd un islam
africain authentique contre les salafistes. Cela démocratise les sources sacrées pour les gens
qui ne maîtrisent pas l’arabe.​ Un grand changement chez Haïdara c’est sa façon de voir les
hadiths, avant on se basait surtout sur la chaîne de transmission qui est l’isnâd. Si elle est
solide le hadith est bon. Haïdara n’est pas d’accord il dit qu’il faut regarder le contenu le
matn et si ça apporte un bien moral. S’il n’y a pas de bénéfice ou si ça contredit le Coran on
rejette même si c’est dans Bukhari ou dans Muslim.​​
Haïdara respecte Bukhari comme personne il en fait même l’éloge mais il dit que ses livres
ne sont pas parfaits car ils sont faits par un homme. À l’atelier Sangaré donne des exemples
précis que des hadiths qui entrent dans la chambre à coucher du Prophète. Le Coran protège
son intimité donc pourquoi les exposer ? Ou un hadith où Aïcha est jalouse d’une autre
épouse ça la salit et fait une sunna négative à imiter. Pour Haïdara cela est inacceptable ça
manque de respect pour le Prophète et sa famille.​​ Niane dit que c’est nouveau en Afrique de
l’Ouest mais Haïdara reste sunnite en introduisant un sunnisme basé sur la morale pas juste
sur les chaînes de transmission.​
Sangaré raconte l’histoire de ces débats à l’atelieer. Ça commence avec Jaafar Ouattara au
Burkina Faso en 2021. Dans un prêche sur le verset du Trône il dit :“ Dieu ne dort pas et ne
somnole pas. Bukhari était humain il pouvait dormir et laisser passer des erreurs” Ouattara
veut revenir au Coran seul et rejeter Bukhari en bloc.​
Tandis que Haïdara est plus nuancé il cible des hadiths précis. Par exemple : le jeûne des 6
jours de chawwal chez Muslim. Certains calculent 30 jours de ramadan ×10 + 6×10 = 360,
comme un an de jeûne. Mais un hadith Qudsi dit que seul Dieu sait la récompense du jeûne.
Donc la chaîne est faible avec un transmetteur comme Sa‘ad est pas fiable. Pendant le
Ramadan 2024 des débats à la télé explosent ce qui crée des polémiques en Côte d’Ivoire,
Mali et Guinée. Même les fidèles ordinaires vont en parlerr.​ Le livre montre comment
Haïdara diffuse ces idées via ses écoles et réseaux en transformant une critique en
mouvement réel.​
En conclusion ces deux sources se complètent bien.. Diamil Niane arésume la théorie de
Sangaré. L’atelier apporte les exemples vivants et actuels des débats. Au final Sangaré prouve
que l’Afrique de l’Ouest pense réinvente l’islam aujourd’hui, avec la morale au centre et des
critiques des hadiths qui changent tout.​​

Bibliographie

●​ Diamil Niane, S. (2023). Compte rendu dans Revue d’histoire et de civilisation du


[Link]://[Link]/journals/rhca/article/view/1617/1495
●​ Notes atelier « Le hadith en débat », MMSH Aix en Provence, 12/11/2025.

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