INTRODUCTION
D'après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS, 2014), l’automédication
se définit comme l’utilisation, par une personne, de médicaments pour
traiter des symptômes ou des maladies qu’elle a elle-même identifiés, sans
passer au préalable par un professionnel de santé compétent. Ce
phénomène existe un peu partout à travers le monde, même si son ampleur
change en fonction des réalités socio-économiques ou culturelles.
L’automédication pose en fait un vrai souci de santé publique, car elle
s’accompagne fréquemment de complications cliniques, d’effets
indésirables, de risques d’interactions entre médicaments et d’un retard
dans la consultation médicale, ce qui peut finalement aggraver l’état de
santé des personnes concernées.
Au niveau mondial, la proportion de personnes ayant recours à
l’automédication oscille entre 50 % et 75 %, selon l’accès aux soins ou le
niveau socio-économique. Pour prendre un exemple, aux États-Unis,
certaines études ont montré qu’à peu près 65 % des adultes pratiquent
l’automédication au moins une fois par an, le plus souvent pour des petits
maux comme des douleurs, de la fièvre ou des troubles digestifs. Ces chiffres
en disent long sur l’étendue du phénomène et montrent qu’il est vraiment
nécessaire de mieux comprendre les raisons qui poussent à
l’automédication.
D’ailleurs, pendant nos stages cliniques, on a pu observer pas mal de cas
d’automédication chez les patients admis au service des urgences de
l’Hôpital de District de Mora. En feuilletant les registres et en discutant avec
le personnel soignant, on s’est rendu compte que la plupart des patients
avaient déjà pris un ou plusieurs médicaments avant d’arriver,
principalement des antalgiques, des antipaludiques ou des antibiotiques, le
tout sans qu’aucun médecin ne leur en ait prescrit. Dans beaucoup de cas,
cette habitude a retardé la prise en charge adéquate et allongé la durée de
l’hospitalisation.
Du coup, il nous semble essentiel de creuser les facteurs qui encouragent
l’automédication chez les patients admis aux urgences, histoire de mieux
saisir les causes de ce comportement. C’est dans ce cadre qu’a été choisi le
thème suivant : « Facteurs favorisant l’automédication chez les patients
admis au service d’urgence de l’Hôpital de District de Mora ». Pour répondre
à cette problématique, notre travail s’organisera ainsi :
• CHAPITRE I : REVUE DE LA LITTÉRATURE
• CHAPITRE II : MÉTHODOLOGIE
• CHAPITRE III : RÉSULTATS
• CHAPITRE IV : DISCUSSION