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Rabat
Concentration de
décembre
Mathématiques
Rédigé par M. Taïbi
7 décembre 2025
problème 2
p
Espaces ℓ n
Notations
Dans tout le problème, le corps des scalaires est Ò et les espaces vectoriels sont de
dimension finie. Si X et Y sont deux espaces vectoriels normés, on note L (X ,Y )
l’espace des applications linéaires de X dans Y et on note ∥∥f ∥∥ la norme subor-
donnée (ou norme opérateur ou norme triple) usuelle de toute application continue
f ∈ L (X ,Y ) . On note E ∗ = L (E , Ò) muni de la norme duale, c’est-à-dire de la
norme subordonnée comme précédemment, où Ò est muni de la valeur absolue.
Si X et Y sont deux espaces vectoriels, G L (X ,Y ) désigne comme d’habitude l’en-
semble des isomorphismes de X sur Y .
On rappelle qu’une isométrie entre deux espaces vectoriels normés ( X , ∥ · ∥ X )
et ( Y , ∥ · ∥Y ) est une application linéaire f de X dans Y qui conserve la norme :
pour tout x ∈ X , ∥f (x )∥Y = ∥x ∥ X . On dit que deux espaces vectoriels normés de
dimension finie sont isométriques s’il existe une isométrie de l’un sur l’autre.
Soit β une base d’un espace vectoriel E de dimension n ⩾ 1 ; on notera detβ (x 1, . . . , x n )
le déterminant dans la base β de x 1, . . . , x n ∈ E .
p
1 : Espaces ℓ N et leur dual.
Dans cette partie, p et q sont deux réels strictement supérieurs à 1 vérifiant p1 + q1 = 1.
Soit N un entier naturel supérieur ou égal à 1 .
|a n | p = |b n | q = 1.
PN PN
On pourra d’abord envisager le cas où n=1 n=1
2 : Hahn-Banach fini-dimensionnel
Soit ( E , ∥ · ∥ ) un espace vectoriel normé de dimension finie. Soient F un sous-espace
vectoriel de E , distinct de E , et f une forme linéaire sur F .
2.6.2 En déduire qu’il existe un réel α tel que pour tout v ∈ F , on ait :
f (v ) + α ⩽ |||f ||| · ∥v + x 0 ∥ et f (v ) − α ⩽ |||f ||| · ∥v − x 0 ∥ .
2.7 Montrer qu’il existe une forme linéaire continue g sur E , dont la restriction à
F est f , telle que |||f ||| = |||g ||| .
2.8 Soit x ∈ E . Montrer que ∥x ∥ = sup {|f (x )| ; f ∈ E ∗ avec |||f ||| = 1}.
d (E , G ) ⩽ d (E , F ) + f (F , G )
2.11 2.11.1Soit u ∈ L (E , F ) . On définit u ∗ (ζ) = ζ ◦ u , pour ζ ∈ F ∗ . Montrer que
u ∗ ∈ L (F ∗, E ∗ ) et que |||u ||| = |||u ∗ ||| .
2.11.2 En déduire que d (E , F ) = d (E ∗, F ∗ ) .
p
4 : Distance de Banach-Mazur entre espaces ℓ n .
On note E = ℓ n (qui est Òn muni de la norme ∥ · ∥ p ), où p ⩾ 1 et F = ℓ n2 . On note
p
2.12 2.12.1 Soit m un entier supérieur ou égal à 1. Montrer que pour tous x 1, . . . , x m ∈
F , on a :
m 2 m
2
2−m =
X X X
ϕ(i )x i xi 2
ϕ∈ωm i =1 2 i =1
et
n 2
A(u) =
X X
ϕ(i )u (e i )
ϕ∈ωn i =1 2
1
5 : Distance de Banach-Mazur à ℓ N .
Soit n un entier supérieur ou égal à 1 et ( E , ∥ · ∥ ) un espace vectoriel normé de
dimension n . On note S E la sphère unité de E .
6 : Compact de Minkowski.
Soit n un entier supérieur ou égal à 1 , on note M n l’ensemble des normes sur Òn .
On considère l’ensemble En des espaces vectoriels normés (Òn , ∥ · ∥) , où ∥ · ∥ ∈ M n .
Pour X et Y dans En , on définit la relation X R Y si X et Y sont isométriques.
2.18 Montrer que R est une relation d’équivalence sur En . Justifier la notation
d ( X , Y ) = d (X ,Y ) (où X
b b b b, resp. Yb, est la classe de X , resp. de Y ) est cohé-
rente.
On note E
bn l’ensemble des classes d’équivalence pour cette relation d’équiva-
lence.
On note B 1 la boule unité (fermée) de l’espace ℓ n1 et C (B 1 ) est l’espace des
fonctions continues sur B 1 , à valeurs réelles, muni de la norme N ∞ (f ) =
sup {|f (x )| ; x ∈ B 1 }. On note Φn l’ensemble des fonctions continues sur B 1
qui sont la restriction à B 1 d’une norme ∥ · ∥ sur Òn vérifiant pour tout x ∈
Òn , ∥x ∥ ⩽ ∥x ∥ 1 et ∥x ∥ 1 ⩽ n ∥x ∥ .
2.19 2.19.1 Montrer que Φn est une partie fermée bornée de C (B 1 ) .
2.19.2 Montrer que pour tout ε > 0, il existe δ > 0 tel que pour tout
x, y ∈ B 1 :
∥x − y ∥ 1 ⩽ δ ⇒ sup {|f (x ) − f (y )| ; f ∈ Φn } ⩽ ε
On admet dans la suite que ces deux résultats impliquent que Φn est une
partie compacte de C (B 1 ) (Th. d’Ascoli).
2.20 On considère l’application τ de Φn dans E bn qui à f associe la classe de (
Ò , ∥ · ∥ ), où ∥ · ∥ est la norme associée à f par définition de Φn .
n
lim db τ fj , τ (f ) = 0
j →∞
2.21 En déduire que En , d est un espace métrique compact.
b b
corrigé du problème 2
p
Espaces ℓ n
! 1/p
N
X N
X
an bn ⩽ |a n | p (1)
n=1 n=1
Cas d’égalité :
— on suppose, comme à la question précédente, que A = 1. On a dit dans le I.1 qu’il
y avait égalité lorsque x p = y q d’où l’idée de poser b n = εn |a n | p/q où εn est du
signe de a n . On obtient alors a n b n = |a n | 1+p/q = |a n | p ce qui donne égalité dans
(1).
— Cas général : on pose a n′ = aAn et on utilise ce que l’on vient de faire (on pose
p/q
b n = εn a n′ ′ = 1 ce qui donne
PN
) d’où n=1 a n b n
! 1/p
N N
an bn =
X X
|a n | p
n=1 n=1
1/p
n=1 a n b n , n=1 |b n | = 1 =
q p
PN PN PN
d’où sup n=1 |a n | .
1/p
Inégalité de Minkowski. Ici on pose ∥a ∥ p = |a n | p
PN
2.4 .
n=1
! 1/q
N N
|a n + b n | (p−1)q
X p−1
X
|a n | · |a n + b n | ⩽ ∥a ∥ p
n=1 | {z } n=1
=b n′
! 1/q
N
X
⩽ ∥a ∥ p |a n + b n | p
n=1
N p 1/q
n=1 |a n + b n |
P
On divise alors les deux membres par (que l’on suppose non
nul, le cas de nullité étant trivial) pour obtenir l’inégalité de Minkowski : ∥a + b ∥ p ⩽
∥a ∥ p + ∥b ∥ p .
Deuxième partie
2.6.2 On prend alors α dans l’intervalle (non vide) entre le sup et l’inf d’où, pour
tout vecteur v de F :
f (v ) − |||f ||| · ∥v − x 0 ∥ ⩽ α ⩽ ∥|||f ||| · ∥v + x 0 ∥ − f (v )
2.6.3 f˜ est bien une forme linéaire (continue car on est en dimension finie).
Soit x = v + t x 0 , on suppose t , 0 en appliquant l’inégalité précédente on a
f (v /t + x 0 ) = f (v /t ) + α ⩽ |||f ||| · ∥v /t + x 0 ∥
f (−v /t − x 0 ) = f (−v /t ) − α ⩽ ∥ | f ∥ · ∥−v /t − x 0 ∥
d’où, en combinant ces 2 inégalités : |f (v /t + x 0 )| ⩽ |||f |||. ∥v /t + x 0 ∥ et finalement
|f (v + t x 0 )| = |t |. |f (v /t + x 0 )| ⩽ |t |.|||f |||. ∥v /t + x 0 ∥ = |||f |||. ∥v + t x 0 ∥
relation encore valable si t = 0.
On obtient dans un premier temps |||f˜ ||| ⩽ |||f ||| puis, comme f˜|F = f on en déduit
finalement que |||fe||| = |||f ||| .
Troisième partie
On pose dans toute cette partie ρ (E , F ) = inf |||u ||| · |||u −1 |||, u ∈ GL (E , F ) et, grâce
Par caractérisation de la borne inférieure on sait qu’il existe une suite ( u n ) d’applica-
tions de GL (E , F ) , de norme 1 , telle que u n−1 ∥ → ρ (E , F ) . Comme la sphère unité
S (0, 1) en dimension finie est compacte on peut en extraire une suite convergente
dans S (0, 1) que l’on note encore ( u n ). Soit u la limite de cette suite.
De même la suite |||u n−1 ||| de Ò∗+ ayant une limite non nulle se situe dans un segment
[a, b] de Ò∗+ donc la suite ( u n−1 ) est dans un compact (fermé borné), là encore on
peut extraire de la suite ( u n−1 ) une suite convergeant vers v . Par continuité de la loi
de composition on a u ◦ v = IdF et v ◦ u = IdE , on a bien u ∈ GL (E , F ), |||u ||| = 1 et
|||u −1 ||| = ρ (E , F ) , la borne inférieure est bien atteinte.
Remarque : {u ∈ GL (E , F ) | |||u ||| = 1} n’est pas fermé dans L (E , F ) donc n’est pas
compact d’où la démonstration que l’on vient de faire.
2.11.2
∗ Vu la 2.a il existe u dans GL (E , F ) tel que ∥u ∥ = 1 et |||u −1 ||| = ρ (E , F ) . Or
u −1 = (u ∗ ) −1
∗
En effet u −1 (ξ) = ξ ◦ u −1 et u ∗ (u ∗ ) −1 (ξ) = ξ = (u ∗ ) −1 (ξ) ◦ u donc
∗
(u ∗ ) −1 (ξ) = ξ ◦ u −1 = u −1 (ξ).
Conclusion : d (E ∗, F ∗ ) = d (F ∗, E ∗ ) = d (E , F ) .
Quatrième partie
m 2 m
= 2m ∥x i ∥ 22
X X X
en conséquence ϕ(i )x i
ϕ∈ωn i =1 2 i =1
2.13.1 Grâce au 1 on a
n
A(u) = 2 ∥u (e i )∥ 22 ⩽ n2n |||u ||| 2
n
X
i =1
car ∥u (e i ) ∥ 2 ⩽ |||u ||| .
2
= 2n n 2/p car = n 1/p . Or
Pn Pn
i =1 ϕ(i )e i p i =1 ϕ(i )e i p
P
2.13.2 On a ϕ∈ωm
!! 2 ! 2
n
X n
X
u −1 u ϕ(i )e i ⩽ |||u −1 ||| · u ϕ(i )e i
i =1 p i =1 2
2
n
n 2/p
2 n = ⩽ |||u −1 ||| 2 A(u)
X X
d’où ϕ(i )e i
ϕ∈ωm i =1 p
1 1
ℓ n2 , ℓ n
p
par conséquent d ⩾ − ln n
p 2
∗
— Si p > 2 on sait que ℓ n2 et ℓ n2 sont isométriques (I.5.a) et si p > 2 alors
1 1
q <2 p + q = 1 d’où
∗
2 p ∗ 2 p
d ℓn , ℓn = d ℓn , ℓn
1 1
2 q
= d ℓn , ℓn ⩾ − ln n
q 2
| {z }
1 1
= 2−p ln n
Cinquième partie
Si x =
Pn
i =1 ϕi (x )b i
2.18 alors
n
X
∥x ∥ ⩽ |ϕi (x )| · ∥b i ∥ ⩽ ν(x )
i =1 |{z}
=1
et ν (x ) = i =1 |ϕi (x )| ⩽ n ∥x ∥ ce qui donne ||| Id |||||| Id−1 ||| ⩽ n (où Id est l’application
Pn
identique de E 1 dans E ).
Conclusion : d (E , E 1 ) ⩽ ln n et comme E 1 et ℓ n1 sont isométrique alors d E , ℓ n1 ⩽
ln n .
Sixième partie
d (X 1,Y ) ⩽ d (X 1, X 2 ) +d (X 2,Y )
| {z }
=0
et par symétrie d (X 2,Y ) ⩽ d (X 1,Y ) d’où d (X 1,Y ) = d (X 2,Y ) .
b alors d (X1,Y1 ) = d (X2,Y2 ) i.e. db( X
De même, si Y1 et Y2 sont dans Y b, Yb) = d (X ,Y )
ne dépend pas des représentants choisis.
|||u ||||||u −1 ||| ⩽ n . On peut normaliser u en le divisant par sa norme, sans changer
de notation, on peut donc supposer que |||u ||| = 1 et dans ce cas |||u −1 ||| ⩽ n .
— On définit alors ν(x ) = ∥u (x )∥ pour tout x ∈ l n1 . Comme u est bijective, ν est une
norme sur Òn . ( Òn , ν ) et ( E , ∥ · ∥ ) sont isométriques vu que |||u ||| = 1. −[x ∈
l n1, ν (x ) = ∥u (x )∥ ⩽ |||u ||| · ∥x ∥ 1 = ∥x ∥ 1 et ∥x ∥ 1 = |||u −1 ||| 1 ⩽ |||u −1 ||| ∥u (x )∥ ⩽
n ∥u (x ) ∥ .
Conclusion : on a construit une norme ν sur Òn qui vérifie ν(x ) ⩽ ∥x ∥ 1 et
∥x ∥ 1 ⩽ nν (x ) pour tout x de Òn . Il existe donc f ∈ Φn associée à ν et telle que
τ (f ) =
(Òn , ν) = Eb donc τ est surjective.
Remarque : un grand merci à Martin Clochard, auteur de cette démonstration.
2.21 Montrons tout d’abord que :
(i) \a > 0 tel que inf y ∈B 1 f (y ) = a > 0,
(ii) \b > 0 tel que inf j ∈Î inf y ∈B 1 fj (y ) = b > 0.
(i) f est continue sur le compact B 1 donc f atteint sa borne inférieure a > 0.
(ii) fj → f donc, pour ε = a2 , \J ∈ Î tel que [x ∈ B 1, fj (x ) − f (x ) ⩽ a/2
donc fj (x ) ⩾ a/2 et inf x ∈B 1 fj (x ) = b j ⩾ a/2 ce qui donne inf j ⩾J b j ⩾ a/2. Soit
β = inf j <J b j alors inf j ∈Î inf x ∈B 1 fj (x ) = b ⩾
min (a/2, β ) > 0.
On pose ensuite E = (Òn , ∥ · ∥) , E j = Òn , νj (où νj est la norme associée à fj ).
On a
νj (x ) fj (x ) fj x j
IdE ,E j ∥ = sup = sup =
x ∈E \{0} ∥x ∥ x ∈B 1 f (x ) f (x )
f ( yj )
car la borne supérieure est atteinte sur le compact B 1 . De même ∥ IdE j ,E = fj ( y j )
.
Traduisons maintenant le fait que fj → f i.e.
ε min (a, b)
[ε > 0, \J ∈ Î [j ⩾ J , [x ∈ B 1, fj (x ) − f (x ) ⩽
2
alors
fj x j ε min (a, b) ε f yj ε min (a, b) ε
−1 ⩽ ⩽ et −1 ⩽ ⩽
f xj 2f x j 2 fj y j 2fj y j 2
On a ainsi ∥ IdE ,E j || ⩽ 1 + ε
2 et IdE j ,E ⩽ 1+ ε
2 soit
d E , E j ⩽ 2 ln (1 + ε/2) ⩽ ε
db τ fj , τ (f ) → 0.