MP1 Janson de Sailly DM n°16 - Thermodynamique - Physique statistique
1 MACHINES A ÉCOULEMENT PERMANENT
Ce sujet traite d’un problème relatif à des écoulements permanents de fluides, sous les
aspects thermodynamique.
I. - Dimensionnement d’une installation de liquéfaction
On se propose de dimensionner une installation de production en continu de diazote N2
liquide, fonctionnant en régime permanent (procédé LINDE). Le schéma de principe de l’ins-
tallation est proposé sur la figure 1. Le problème débute par une description complète de
l’installation ; les réponses aux questions exigent la prise en compte de l’ensemble des données
décrivant l’installation ainsi que du diagramme enthalpique du diazote fourni en annexe.
Du diazote gazeux entre en continu dans la machine avec un débit massique Dm , dans les
conditions pE = 1 bar, TE = 300 K. Il atteint un mélangeur où on le mélange avec du diazote
gazeux de débit D0 dans les mêmes conditions pE , TE . En sortie du mélangeur (M ), le débit
massique de diazote gazeux est donc D = Dm + D0 , toujours dans les conditions (pE , TE ).
Après passage par le mélangeur, le diazote traverse une série d’étages de compression ;
chacun de ces étages est constitué d’un compresseur adiabatique (C) suivi d’un réfrigérant
isobare (R) à circulation d’eau froide ; en sortie du réfrigérant, le diazote gazeux est ramené à
une température de sortie égale à TE .
Les N étages compresseur-réfrigérant sont identiques ; ainsi le rapport de compression r =
psortie
est le même pour chacun des N compresseurs. Après la traversée du dispositif, le diazote
pentree
atteint donc le point A à la pression pA = rN pE = 100 bar, à la température TA = TE = 300
K.
Figure 1 - Schéma de principe d’une installation de liquéfaction de diazote
L’eau liquide utilisée dans chacun des réfrigérants circule à la pression constante de 1 bar ;
la température de l’eau à l’entrée du dispositif de refroidissement est Te = 280 K. On note
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ce = 4,19 [Link]−1 .K−1 la capacité thermique massique de l’eau liquide, considérée comme une
constante.
Le diazote gazeux aborde entre A et B un échangeur thermique à contre-courant le long
duquel il subit un refroidissement isobare ; à sa sortie, le fluide est dans l’état pB = pA = 100
bar, TB . Ce refroidissement est suivi d’une détente isenthalpique dans une vanne de détente
(V ).
A la sortie du robinet, le diazote est au point C : c’est un mélange liquide-vapeur dont la
fraction massique de liquide est notée x, à la pression atmosphérique pC = pE = 1 bar, et à
la température TC = Teb (pC ) = 77 K. A cette température, la densité du diazote liquide (par
rapport à l’eau liquide) est d = 0,81.
La fraction massique x de diazote liquéfié est faible, on extrait seulement du réservoir un
débit massique modeste Dm de diazote liquide dans les conditions (pC , TC ) ; le diazote gazeux
recyclé est renvoyé, avec un débit massique D0 vers l’échangeur (E). Ce courant du diazote
gazeux entre dans (E) aux conditions pD = 1 bar, TD = 77 K.
Dans l’échangeur (E), le diazote se réchauffe à pression constante et arrive au point E dans
les conditions pE = 1 bar, TE = 300 K, avant d’être renvoyé vers le mélangeur.
Pour des raisons techniques, on impose deux limites de fonctionnement :
• la température du diazote ne doit, en aucun point du dispositif, dépasser Tmax = 400 K ;
• la température de l’eau de refroidissement ne doit pas dépasser Tmax
0 = 350 K en sortie
des réfrigérants (R).
Le diazote gazeux est diatomique, sa masse molaire vaut M = 28,0 ×10−3 [Link]−1 . On
notera hK son enthalpie massique en un point K du schéma de la figure 1.
La constante molaire des gaz parfaits est R = 8,31 J.K−1 .mol−1 .
I.A. - Dimensionnement des étages de compression
Dans cette seule partie I.A le diazote est assimilé à un gaz parfait.
Q1 Que vaut le rapport γ = Cp /Cv des capacités thermiques du diazote ? On admet que
les compresseurs fonctionnent de manière réversible. Déterminer et calculer la valeur
minimale de N compatible avec les exigences décrites ci-dessus. On adoptera cette valeur
dans la suite.
Q2 Si on prenait en compte le caractère irréversible du fonctionnement des compresseurs sans
changer la valeur de r, faudrait-il augmenter ou diminuer N ? On justifiera la réponse.
Q3 On note Deau le débit massique du courant d’eau liquide circulant dans chaque réfrigérant
(R). Déterminer l’expression et calculer la valeur minimale du rapport Deau
D compatible
avec les exigences ci-dessus.
I.B. - Diagramme enthalpique du diazote
Dans cette partie I.B et la suivante I.C, le diazote n’est plus assimilé à un gaz parfait. Vous
trouverez en annexe de ce sujet le diagramme enthalpique du diazote sous la forme d’un réseau
de courbes.
Q4 Identifier la grandeur conservée le long de la courbe C1 . En justifiant votre réponse,
déterminer l’asymptote de cette courbe à basse pression.
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Q5 Identifier la grandeur conservée le long de la courbe C2 . Justifier le sens de variation de
cette courbe.
Q6 Identifier et nommer les états possibles du diazote sur la courbe C3 .
Q7 Identifier la grandeur conservée le long de la courbe C4 . On considère la transformation
amenant le diazote de l’état représenté par le point M1 à celui représenté par le point M2
suivant le segment [M1 M2 ]. Décrire l’état du diazote en M .
I.C. - Dimensionnement de l’échangeur (E)
Q8 Exprimer hC en fonction de x et des enthalpies massiques du diazote liquide et gazeux,
notées hliq et hvap , dans le réservoir.
Q9 Le réservoir utilisé en sortie de l’appareil fonctionne aussi en régime permanent ; relier x,
D et Dm puis x, D0 et D.
Q10 Par un premier principe industriel pour le fonctionnement de (E), déterminer x en fonc-
tion de hA , hE et hliq .
Q11 En exploitant le diagramme enthalpique du diazote fourni en annexe, déterminer les
valeurs de hA , hE , hliq et hvap . Évaluer x avec 2 chiffres significatifs. Quelle valeur aurait-
on obtenue en considérant que le diazote gazeux vérifie la loi des gaz parfaits ?
Q12 Reproduire sommairement le diagramme enthalpique du diazote en y faisant figurer la
courbe C3 et l’isobare à la pression du point B du dispositif. En déduire la valeur de la
température et l’état du diazote en ce point.
Q13 La production de diazote liquide s’effectue avec un débit Dm = 3,0×10−2 kg.s−1 . Dans
le cadre du modèle du gaz parfait, évaluer la puissance mécanique qui est nécessaire au
fonctionnement de l’ensemble des N compresseurs (C).
Comparer votre résultat à la citation suivante, publiée lors de l’exposition universelle
de 1900 : Nous avons immédiatement décrit le principe de l’appareil de M. le Dr. Carl
Linde ; quelques mois plus tard, M. le Dr. d’Arsonval faisait installer dans son laboratoire
du Collège de France une petite machine de 3 chevaux destinée à fournir un litre d’air
liquide par heure. L’illustration ci-dessus accompagnait l’article cité.
On notera que 3,0 hp ' 2,2 kW ; hp est le symbole de l’unité ”cheval-vapeur”.
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2 Problème 2 (Centrale MP)
Figure 1
L’essentiel du rayonnement visible du Soleil provient de sa photosphère, que l’on désignera
par ”surface solaire”. Elle est entourée de la couronne, laquelle est observable en particulier lors
des éclipses. La figure 1 (photographie de Luc Viatour https ://[Link]) montre la couronne
solaire observée en France lors de l’éclipse totale de 1999.
La couronne est un milieu fortement variable et inhomogène. Sa structure est profondément
influencée par le champ magnétique solaire. Dans tout ce problème, on ignore ces aspects et on
étudie, sauf mention contraire, une ”couronne moyenne”, idéalisée et à symétrie sphérique.
Les données numériques sont regroupées en fin d’énoncé.
I. Température dans la couronne solaire
Le spectre de raies d’émission est la signature des éléments chimiques présents dans le corps
qui émet. Il permet d’obtenir des informations sur la température, par la largeur de ces raies,
mais renseigne aussi par la présence de formes ionisées. Cette propriété est utilisée pour étudier
la couronne solaire et accéder à la température du plasma dans cette région.
L’analyse des raies émises par la couronne met en évidence l’existence d’atomes ionisés un
grand nombre de fois. Par exemple le FeX est un atome de fer ionisé 10 fois qui existe dans la
couronne. Or, l’étude en laboratoire de la réaction de passage du FeIX à FeX a montré que cette
réaction nécessite une température d’au moins 1 × 106 K et que légèrement au-dessus apparaît
l’ion FeXI . L’observation des raies de cet ion dans la couronne prouve donc d’une part qu’il y
a du fer à cet endroit, mais aussi que la température qui y règne est d’environ 1 × 106 K.
I. A - Une atmosphère très étendue
Observée en lumière blanche, la couronne s’étend assez loin de la surface solaire (figure
1). La couronne est constituée d’un plasma assimilé à un gaz parfait de masse molaire Mp .
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La masse moyenne d’une particule du milieu est notée m = Mp /NA , où NA est la constante
d’Avogadro. On modélise la couronne par une atmosphère isotherme à la température T et à
l’équilibre sous l’effet du champ de pesanteur solaire.
Dans un premier temps, le champ de pesanteur est supposé uniforme, de norme gs . La den-
sité volumique de particules n1 (z) à l’altitude
Ä −E (z) äz, mesurée par rapport à la base de la couronne, a
alors pour expression n1 (z) = n0 exp kBpT où Ep (z) est l’énergie potentielle d’une particule
de masse m dans le champ de pesanteur et n0 la densité volumique de particules à l’altitude
z = 0.
Q1 Donner l’expression de Ep (z) et en déduire que n1 (z) = n0 exp(−z/H) où H est la hauteur
d’échelle, dont on donnera l’expression en fonction de m, kB , T et gs .
Q2 Le milieu est localement neutre et on le suppose constitué uniquement d’hydrogène to-
talement ionisé. Exprimer m en fonction de la masse d’un proton (mp ) et de celle d’un
électron (me ).
Q3 Des mesures d’intensité lumineuse de la couronne conduisent à estimer une densité vo-
lumique de particules à l’altitude z2 = Rs , où Rs est le rayon du Soleil, environ 103 fois
plus faible qu’ l’altitude z1 = 0. En déduire la valeur numérique de H, puis évaluer la
température de la couronne.
On adopte un modèle à symétrie sphérique et on néglige l’effet de rotation du soleil. La
densité volumique de particules n2 (r) ne dépend que de la distance r au centre du Soleil.
dp
A l’équilibre, la pression p vérifie l’équation = −ρ(r)g(r) où g(r) désigne la norme
dr
du champ gravitationnel solaire et ρ(r) la masse volumique.
Q4 En négligeant la masse de la couronne et en supposant la distribution de masse du Soleil
à symétrie sphérique, déterminer g(r) pour r > Rs , en fonction de gs , r et Rs .
Q5 En déduire l’expression de n2 (r). On notera n00 = n2 (Rs ).
Q6 Des observations ont permis de déterminer en fonction de r la densité volumique d’élec-
trons dans la couronne (tableau 1). Vérifier la pertinence du modèle précédent à l’aide de
ces données puis estimer la température de la couronne.
r/Rs 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5
ne m−3 3, 5 × 1014 2 × 1014 9 × 1013 5 × 1013 3 × 1013
Tableau 1
I.B - Présence de fer hautement ionisé
Le spectre de la lumière provenant de la couronne solaire inclut une raie d’émission assez
intense de longueur d’onde λ0 = 530,3 nm. Cette raie a été attribuée à l’ion FeXIV , c’est-à-dire
au fer ayant perdu 14 électrons. L’énergie d’ionisation permettant de passer de FeXIII à FeXIV
est E1 = 355 eV.
Q7 Quelle est la condition sur la longueur d’onde d’un photon incident pour qu’il puisse
provoquer l’ionisation de FeXIII en FeXIV ? À quel domaine du spectre électromagnétique
appartient-il ?
Le rayonnement provenant de la surface solaire est insuffisant dans ce domaine spectral.
On explique l’ionisation par des chocs entre ions FeXIII et électrons libres du milieu.
Chacune de ces particules est assimilée à un point matériel obéissant à la statistique
classique de Maxwell-Boltzmann. En dehors des chocs, les différentes particules sont sans
interaction : leur énergie mécanique se réduit donc à leur énergie cinétique.
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Q8 En utilisant le théorème d’équipartition de l’énergie, donner l’expression de l’énergie ci-
nétique moyenne d’un électron libre en fonction de la température T , ainsi que celle d’un
ion FeXIV
Q9 En considérant que l’ionisation est probable si la somme des énergies cinétiques moyennes
des deux particules est supérieure à E1 , estimer la température de la couronne.
I.C - Des raies d’émission très larges
Un ion FeXIV excité rayonne une onde électromagnétique de fréquence ν0 dans son référentiel
propre (c’est à dire celui où il est au repos). S’il aãune vitesse ~v par rapport à un observateur,
~v .→
−
Å
ex
ce dernier perçoit une fréquence ν ≈ 1 − ν0 où →−
ex désigne le vecteur unitaire de la
c
direction observateur - source orienté dans le sens observateur vers source et désigne la célérité
de la lumière dans le vide.
Q10 Nommer l’effet décrit ci-dessus.
Le rayonnement observé dans la direction définie par le vecteur → −ex provient d’un grand
nombre d’ions FeXIV . La probabilité pour qu’un de ces atomes ait sa composante selon Ox de
son vecteur vitesse comprise entre vx et vx + dvx est donnée par la loi de Maxwell-Boltzmann :
βmvx2
Å ã
δP = C exp − dvx
2
avec β = 1
kB T et où C est une constante.
On note hXi la valeur moyenne (espérance) d’une grandeur X associé à un ion FeXIV donné.
Q11 Calculer C.
¨ ∂
Q12 Établir la relation entre (∆ν)2 = (ν − ν0 )2 et hvx2 i.
Q13 En déduire ∆ν en fonction de mFe , T , c, kB et ν0 , puis en fonction de mFe , T, c, kB et λ0
longueur d’onde de l’onde de fréquence ν0 .
Pour la raie verte de FeXIV , centrée sur la longueur d’onde λ0 = 530,3 nm, on observe
∆ν ≈ 3,20×1010 Hz.
Q14 En déduire la température du milieu dans lequel cette raie se forme.
Données numériques
Constantes
Constante des gaz parfaits : R = 8,314 J · K−1 · mol−1
Constante de Boltzmann : kB = 1,381 ×10−23 J · K−1
Constante d’Avogadro : NA = 6,02 ×1023 mol−1
Célérité de la lumière dans le vide : c = 299 792 458 m · s−1
Constante de la gravitation universelle : G = 6,67408 ×10−11 m3 · kg−1 · s−2
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Soleil
Rayon : Rs = 6,96 ×108 m
Masse : Ms = 1,99 ×1030 kg
Champ de pesanteur à la surface solaire : gs = 274 m · s−2
Données diverses
Électron-volt : 1 eV = 1, 602 × 10−19 J
Masse du proton : mp = 1,673 ×10−27 kg
Masse de l’électron : me = 9,109 ×10−31 kg
Charge de élémentaire : e = 1,602 ×10−19 C
Masse molaire atomique du fer : MFe = 55,8 g · mol−1
Intégrales
1
Z +∞ … Z +∞ …
−αu2 π 2 −αu2 π
e du = et u e du =
−∞ α −∞ 2 α3
où α est un nombre réel strictement positif.
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