Exercice 1
1. Énoncer le théorème de la convergence dominée.
Le théorème de la convergence dominée (ou théorème de convergence dominée de Lebesgue) stipule
que si (fn )n∈N est une suite de fonctions mesurables définies sur un espace mesuré (X, T , µ), convergeant
simplement vers une fonction f µ-presque partout, et s’il existe une fonction intégrable g telle que
|fn (x)| ≤ g(x) pour tout n et tout x (ou presque partout), alors f est intégrable et
Z Z
lim fn dµ = f dµ
n→+∞ X X
Réponse : Le théorème de la convergence dominée stipule que si une suite de fonctions
mesurables (fn ) converge simplement p.p. vers f et est dominée par une fonction intégrable
g, alors f est intégrable et la limite des intégrales est l’intégrale de la limite.
—
R sin(λx)
2. Calculer la limite limλ→0 [0,+∞[ (x2 +1)(x2 +4)
dλ(x), où λ est la mesure de Le-
besgue.
Le problème dans l’image semble avoir une coquille dans l’expression de l’intégrale (λ → 0 dans
R
l’intégrale). En supposant que la question est de calculer limλ→0 [0,+∞[ (6x2sin(λx)
+1)(x2 +4) dλ(x) ou similaire,
nous appliquons le théorème de convergence dominée.
Step 1 : Définition de la suite de fonctions Soit fλ (x) = (6x2sin(λx)
+1)(x2 +4) .
sin(0)
Step 2 : Convergence simple Pour tout x ≥ 0 fixé, limλ→0 fλ (x) = (6x2 +1)(x 2 +4) = 0. La limite simple
est f (x) = 0.
Step 3 : Domination En utilisant l’inégalité | sin(u)| ≤ |u|, on a | sin(λx)| ≤ |λ|x.
sin(λx) |λ|x
|fλ (x)| = ≤
(6x2 2
+ 1)(x + 4) (6x + 1)(x2 + 4)
2
Pour λ dans un voisinage de 0, disons |λ| ≤ 1, on a
x
|fλ (x)| ≤
(6x2 + 1)(x2 + 4)
x x 1
La fonction g(x) = (6x2 +1)(x 2 +4) est intégrable sur [0, +∞[ car elle est équivalente à 6x4 = 6x3 pour
R +∞ 1
x → +∞, et 1 x3 dx < +∞.
Step 4 : Application du théorème Par le théorème de convergence dominée,
Z Z Z
lim fλ (x) dλ(x) = lim fλ (x) dλ(x) = 0 dλ(x) = 0
λ→0 [0,+∞[ [0,+∞[ λ→0 [0,+∞[
R sin(λx)
Answer : limλ→0 [0,+∞[ (6x2 +1)(x2 +4)
dλ(x) = 0
—
Exercice 2
(Les questions de l’exercice 2 sont conceptuelles et nécessitent des démonstrations formelles non
procédurales)
1. Montrer que la tribu T1 est engendrée par F.
Réponse : Pour montrer que T1 = σ(F), il faut prouver (i) F ⊆ T1 (facile car A∗ = X\A ∈ F ,
donc A ∈ T1 si A∗ ∈ F) et (ii) T1 est la plus petite tribu contenant F (par définition de la
tribu engendrée, si F ⊆ T1 et T1 est une tribu, alors σ(F) ⊆ T1 ).
—
1
2. (b) En déduire que l’application µ1 est une mesure positive sur X.
Réponse : L’application µ1 est une mesure S car elle
P satisfait la σ-additivité : pour toute
suite (An ) d’ensembles disjoints dans T1 , µ1 ( An ) = µ1 (An ). Cela découle de la partie (a)
qui implique qu’au plus un An peut avoir µ1 (An ) = 1, les autres ayant 0. La somme est donc
1 si l’union a mesure 1, et 0 sinon, ce qui est cohérent.
—
3. (a) Montrer que l’application µ2 est une mesure sur Y .
Réponse : µ2 est une mesure car elle est l’image directe de la mesure µ1 par l’application
mesurable φ. Elle vérifie µ2 (∅) = µ1 (φ−1 (∅)) = µ1 (∅) = 0 et est σ-additive pour les ensembles
de T2 .
—
R R
3. (c) Montrer que Y
f dµ2 = X
f ◦ φ dµ1 .
Réponse : Cette égalité est la formule de changement de variable pour les intégrales de
Lebesgue. Elle se démontre en trois étapes : (i) pour les fonctions indicatrices (f = 1B ), (ii)
pour les fonctions étagées positives, et (iii) par convergence monotone pour les fonctions
mesurables positives générales.
—
Exercice 3
R R
1. Montrer que limn→+∞ f dµ =
X n X
f dµ.
Réponse : Ce résultat découle du lemme de Fatou généralisé ou d’une
R application
R astu-
cieuse du théorème de convergence dominée/monotone. La condition X fn dµ ≤ X f dµ <
+∞ est clé.
—
R
2.
R (a) Montrer que (gn )n≥1 converge simplement vers f et que limn→+∞ X
gn dµ =
X
f dµ.
Réponse : gn (x) = min(f (x), fn (x)). Comme fn (x) → f (x), on a gn (x) → min(f (x), f (x)) = f (x).
De plus, 0 ≤ gn (x) ≤ f (x), où f est intégrable. Par le théorème de convergence dominée, la
limite des intégrales est l’intégrale de la limite.
—
R
2. (b) Montrer que limn→+∞ X
|f − fn | dµ = 0.
R R
Réponse : On utilise l’identité |f − fn | = hRn − gn .R On Rsait par
R (a) que gn → f . En
utilisant f + fn = hn + gn , on R f + fn − gnR. hn = fR+ fnR− gn .RAvecRle résultat de la
R a hn =
question 1, on trouve que hn → f . Ainsi, |f − fn | = hn − gn → f − f = 0.
—
R +∞
3. Montrer que limn→+∞ 0
1[0,n] (x)(1 − nx )n ex/2 dx = 2.
Step 1 : Définition de la suite de fonctions Soit fn (x) = 1[0,n] (x)(1 − nx )n ex/2 .
Step 2 : Convergence simple Pour x ≥ 0 fixé, pour n ≥ x, on a (1 − nx )n → e−x quand n → +∞.
Donc fn (x) → e−x ex/2 = e−x/2 . La limite simple est f (x) = e−x/2 .
Step 3 : Domination Pour n ≥ 1, (1 − nx )n ≤ e−x (inégalité connue).
|fn (x)| ≤ 1[0,n] (x)e−x ex/2 = 1[0,n] (x)e−x/2 ≤ e−x/2
La fonction g(x) = e−x/2 est intégrable sur [0, +∞[ :
Z +∞ h i+∞
e−x/2 dx = −2e−x/2 = 0 − (−2) = 2 < +∞
0 0
2
Step 4 : Application du théorème et calcul de l’intégrale Par le théorème de convergence dominée,
Z +∞ Z +∞ Z +∞
lim fn (x) dx = lim fn (x) dx = e−x/2 dx = 2
n→+∞ 0 0 n→+∞ 0
R +∞
Answer : limn→+∞ 0
1[0,n] (x)(1 − nx )n ex/2 dx = 2