Caractérisation vectorielle d’une droite du plan.
Représentations paramétriques. Génération des
demi-droites, des segments. Parallélisme. Orthogonalité.
Dany-Jack Mercier
IUFM de Guadeloupe, Morne Ferret,
BP399, Pointe-à-Pitre cedex 97159, France
[Link]@[Link]
7 mai 2002
On se place dans un plan a¢ne E qui sera supposé euclidien dès que l’on dé sire parler
¡!
d’orthogonalité . On note E l’espace vectoriel associé à E. On dé signe par Vect (~u1 ; :::; ~um )
le sous-espace vectoriel engendré par les vecteurs ~u1 ; :::; ~um . Des rappels sur la coliné arité
de deux vecteurs ont é té placé s en Annexe et doivent être bien acquis. Les rudiments de
calculs vectoriels et la notion de barycentre sont supposé s connus.
1 Dé … nition vectorielle d’une droite
¡!
Dé … nition 1 Soient A 2 E et ~u un vecteur non nul de E . L’ensemble
n o
¡¡!
D (A; ~u) = M 2 E = 9¸ 2 R AM = ¸ ~u
est appelé droite passant par A et de vecteur directeur ~u.
Thé orème 1 Si ¡! u et ¡! v sont deux vecteurs non nuls, les proprié té s suivantes sont é quiv-
alentes :
1) D (A; ~u) ½D (B; ~v) ;
2) A 2 D (B; ~v) et (~u; ~v) lié ,
3) D (A; ~u) = D (B; ~v).
¡!
Preuve : 1) ) 2) : Clairement A 2 D (B; ~v) et il existe ¸ tel que BA = ¸ ~v . Soit M
¡¡!
le point dé …ni par AM = ~u. On a M 2 D (A; ~u) = D (B; ~v) donc il existe ¹ tel que
¡¡! ¡¡! ¡ ! ¡¡!
BM = ¹~v . Par suite ~u = AM = AB + BM = (¹ ¡ ¸ ) ~v et les vecteurs ~u et ~v seront
coliné aires.
¡!
2) ) 1) : Il existe ¸ ; ¹ 2 R tels que BA = ¸ ~v et ~u = ¹~v . Si M 2 D (A; ~u), il existe ®
¡¡! ¡ ¡ ! ¡ ! ¡¡!
tel que AM = ® ~u, et l’on aura BM = BA + AM = (¸ + ® ¹) ~v , donc M 2 D (B; ~v).
0
[ceaa0004] v 1.00 [Link]
°c 2002, D.-J. Mercier. Vous pouvez faire une copie de ces notes pour votre usage personnel.
1
1) , 3) : En utilisant l’é quivalence entre 1) et 2), on peut é crire
½ ½
A 2 D (B; ~v ) B 2 D (A; ~u)
D (A; ~u) ½D (B; ~v) , , , D (A; ~u) ¾ D (B; ~v) :
(~u; ~v) lié (~u; ~v ) lié
Le Thé orème 1 montre que l’ensemble des vecteurs directeurs d’une droite D = D (A; ~u)
auquel on adjoint ~0 est é gal à f¡!
v / 9¸ 2 R ¡! v = ¸ ~ug. Cet ensemble, formé de tous les
¡
!
vecteurs coliné aires à u , est appelé droite vectorielle de vecteur directeur ~u. On le note
¡! ¡!
D et l’on dit que D est la direction de D.
Le Thé orème entraîne aussi :
Corollaire 1 1) Si B 2 D (A; ~u), alors D (A; ~u) = D (B; ~u).
2) Si ~v est un vecteur non nul et colinéaire à ~u, alors D (A; ~u) = D (A; ~v ).
Corollaire 2 ³Il existe
´ une et une seule droite passant par deux points distincts donné s S
¡!
et T . C’est D S; ST .
³ ´
¡!
Preuve : La droite D S; ST contient é videmment les points S et T . Si D = D (A; ~u)
est une droite quelconque passant
³ par S´ et T , le Corollaire pré cé dent montre d’abord que
¡
! ¡! ¡!
D = D (S; u ), puis que D = D S; ST car ST est coliné aire à ~u.
2 Repré sentations paramé triques d’une droite
Les é quations paramé triques d’une droite s’obtiennent en traduisant analytiquement
¡¡!
l’é galité AM = ¸ ~u. Si A (xA ; yA ) et ~u (® ; ¯),
½
¡! ¡¡! x = xA + ¸ ®
D = D (A; u ) , 9¸ 2 R AM = ¸ ~u , 9¸ 2 R
y = yA + ¸ ¯:
Supposons connues les é quations carté siennes d’une droite. Introduisons les coordonné es
polaires (r; µ) d’un point dans un repère orthonormal direct du plan. Une droite D est
l’ensemble des points M (x; y) vé ri…ant ax + by + c = 0, où (a; b) 6= (0; 0), ou encore
r (a cos µ+ b sin µ) = ¡ c. Si c 6= 0, c’est-à-dire si D ne contient pas l’origine O du repère,
une é quation polaire de D sera
¡ c
r= :
a cos µ+ b sin µ
Sinon l’é quation devient a cos µ+ b sin µ= 0 (où r est quelconque), soit sin (µ¡ ') = 0
pour un angle ' convenable. Une é quation de D sera alors µ´ ' (¼).
3 Demi-droite, segment
Soient A 2 E et ~u un vecteur non nul. La demi-droite n d’origine A et de vecteur
o
~ ¡¡!
directeur ~u est, par dé …nition, l’ensemble D+ (A; ~u) = M 2 E = 9¸ 2 R+ AM = ¸ ~u .
2
³ ´
¡!
Si A et B sont deux points distincts, on note [AB) = D+ A; AB et l’on dit que [AB)
est la demi-droite d’origine A passant par B. Si A et B dé signent deux points
distinctsnde E, on appelle segment d’extréomité s A et B, et l’on note [AB], l’ensemble
[AB] = M 2 E ~ = 9¸ 2 [0; 1] ¡¡! ¡!
AM = ¸ AB . On obtient facilement des repré sentations
paramé triques de [AB) et de [AB].
Thé orème 2 1) [AB] est l’ensemble des barycentres des points A; B a¤ecté s de coe¢ -
cients positifs,
2) [AB] = [AB) \ [BA):
Preuve : 1) provient des é quivalences
¡¡! ¡! ¡¡! ¡ ¡ ! ¡!
M 2 [AB] , 9¸ 2 [0; 1] AM = ¸ AB , 9¸ 2 [0; 1] (1 ¡ ¸ ) MA + ¸ MB = 0
et 2) est une consé quence de
¡¡! ¡! ¡¡! ¡!
AM = ¸ AB , BM = (1 ¡ ¸ ) BA:
4 Parallé lisme et orthogonalité
Etudions l’intersection de deux droites du plan en utilisant des é quations paramé triques
de droites. Cela nous permettra ensuite d’introduire la notion de parallé lisme entre deux
droites et de la caracté riser en utilisant des vecteurs directeurs.
Thé orème 3 Soient D = D (A; ¡! u ) et D0 = D (B; ¡!
v ) deux droites du plan.
¡! ¡!
1) Si ( u ; v ) est libre, alors D \ D0 est un singleton.
2) Si (¡!
u ; ¡!
v ) est lié , de deux choses l’une : si B 2 D, alors D = D0 ; sinon D \ D0 = ;.
Preuve : On montre d’abord l’é quivalence
¡!
D \ D0 6= ; , AB 2 Vect (¡!
u ; ¡!
v ): (¤)
On a
¡ ¢ ¡¡! ¡¡!
M 2 D \ D0 , 9¸ ; ¹ 2 R AM = ¸ ¡! u et BM = ¹¡! v
¡! ¡!
) 9¸ ; ¹ 2 R AB = ¸ u ¡ ¹ v , AB 2 Vect (¡!
¡
! ¡
! u ; ¡!
v ):
¡! ¡!
Ré ciproquement, si AB 2 Vect (¡!
u ; ¡!
v ) il existe deux ré els ¸ et ¹ tels que AB = ¸ ¡!u ¡ ¹¡!
v.
¡¡! ¡! ¡¡! ¡
!
Il su¢t de dé …nir le point M par AM = ¸ u pour obtenir BM = ¹ v , et conclure
à M 2 D \ D0 :
¡! ¡!
1) Par hypothèse (¡! u ; ¡!
v ) est une base du plan vectoriel E , donc AB 2 Vect (¡! u ; ¡!
v)
0 0 0 0 0
et D \ D 6= ;. Si M et M appartiennent à D \ D , il existe ¸ ; ¹; ¸ ; ¹ 2 R tels que
¡¡! ¡¡! ¡¡! ¡¡!
AM = ¸ ¡!u , BM = ¹¡! v , AM 0 = ¸ 0 ¡!
u , BM 0 = ¹0 ¡!
v , donc
¡!
AB = ¸ ¡!
u ¡ ¹¡!v = ¸ 0 ¡!
u ¡ ¹0 ¡!
v:
¡ ¢
Puisque (¡!
u ; ¡!
v ) est une base, cette dernière é galité entraîne (¸ ; ¹) = ¸ 0 ; ¹0 et M = M 0 .
2) Supposons (¡! u ; ¡!
v ) lié . Si B 2 D, alors D = D0 d’après le Thé orème 1. Si B 2 = D,
¡! ¡!
alors AB 2= Vect ( u ) et (¤ ) entraîne D \ D0 = ;.
3
Dé … nition 2 On dit que deux droites du plan sont parallè les si elles sont confondues ou
d’intersection vide.
Le Thé orème 3 permet d’é noncer la caracté risation suivante :
Thé orème 4 Deux droites du plan sont parallè les si et seulement si leurs vecteurs di-
recteurs respectifs sont colinéaires.
On remarque que la relation de parallé lisme est une relation d’é quivalence entre les droites
du plan. On note aussi que deux droites sont parallèles si et seulement si leurs directions
(vectorielles) sont confondues. Doré navant, supposons que E soit un plan a¢ne euclidien,
¡!
autrement dit supposons que l’on ait choisi un produit scalaire sur le plan vectoriel E .
Dé … nition 3 On dit que deux droites du plan sont orthogonales si leurs vecteurs di-
recteurs respectifs sont orthogonaux.
La Dé …nition pré cé dente a un sens puisque ne dé pend pas du choix des vecteurs directeurs
sur chacune des droites. Traduisons maintenant le parallé lisme et l’orthogonalité de deux
droites en utilisant des é quations paramé triques :
Thé orème 5 Soient D et D0 les droites d’équations paramé triques respectives
½ ½
x = xA + ¸ ® x = xB + ¸ °
et
y = yA + ¸ ¯ y = yB + ¸ ±:
D est parallèle à D0 si et seulement si il existe »2 R tel que
¯ ¯
¯® ° ¯
¯
(® ; ¯) = »(° ; ±) (et cela é quivaut à ¯ ¯= 0).
¯ ±¯
Si l’on suppose le plan euclidien et si l’on se place dans un repère orthonormal, alors D
est orthogonale à D0 si, et seulement si, ® ° + ¯±= 0.
5 Annexe : Rappels sur la coliné arité de deux vecteurs
Dé … nition 4 On dit que les vecteurs ¡! u et ¡!
v sont colinéaires, ou encore que le système
¡!
( u ; v ) est lié , s’il existe deux réels ® ; ¯ non simultané ment nuls, tels que ® ¡!
¡
! ¡! u +¯¡!
v = 0.
Thé orème 6 Il y a équivalence entre :
1) ¡!
u et ¡!
v sont colinéaires,
¡!
2) u = 0 ou il existe k 2 R tel que ¡!
¡! v = k¡!
u;
¡
! ¡
! ¡
!
3) 9k 2 R u = k v ou v = k u ; ¡!
4) Les coordonnées des vecteurs ¡!
u et ¡!
v sont proportionnelles.
Preuve : Montrons seulement l’implication 1) ) 2), les autres dé monstrations é tant
¡!
laissé es à titre d’exercice. Par hypothèse ® ¡!
u + ¯¡!
v = 0 avec (® ; ¯) 6= (0; 0). Si ¯ 6= 0,
alors ¡!v =¡ ® ¡! ¡! ¡! ¡! ¡!
¯ u . Si ¯ = 0, alors ® u = 0 donc u = 0 puisque ® n’est pas nul.
4
¡! ¡! ¡! ¡!
Thé orème 7 Les vecteurs ¡!
u = a i + b j et ¡!
v = c i + d j sont colinéaires si et
seulement si ad ¡ bc = 0.
Preuve : ()) Si par exemple ¡! v = k ¡!u , alors (c; d) = (ka; kb) et ad ¡ bc = akb ¡ bka = 0.
(() Supposons ad ¡ bc = 0. De trois choses l’une :
¡!
- Si (a; b) = (0; 0), alors ¡!
u = 0 est coliné aire à ¡! v.
- Si a 6= 0, d = a b entraîne (c; d) = a (a; b) d’où v = ac ¡!
c c ¡
! u.
- Si b 6= 0, c = db a entraîne (c; d) = db (a; b) d’où ¡!v = db ¡!
u.
¡! ¡! ¡! ¡!
Dé … nition 5 Soient a; b; c; d 2 R, ¡!
u = a i + b j et ¡! v = c i + d j³. Le ré´el ad ¡ bc
¡! ¡!
est appelé le dé terminant du couple de vecteurs (¡!
u ; ¡!
v ) dans la base i ; j . On note
¯ ¯
¯a c ¯
commodé ment ¯ ¯ ¯= ad ¡ bc:
b d ¯
Dé … nition 6 Le système (¡!
u ; ¡!
v ) est libre s’il n’est pas lié , c’est-à-dire si
¡!
® ¡!
u + ¯¡!
v = 0 ) ® = ¯ = 0: