Annexe 2.
Les modèles de l’atome
Vers le VIIe siècle avant Jésus-Christ, les philosophes de la Grèce Antique commencent à
s’interroger sur la matière : de quoi sont faits les objets qui nous entourent?
Démocrite émet l’idée que la
matière ne se divise pas à l’infini
et que l’on se heurte finalement
à des particules indivisibles (en
grec : atomos). A cette époque,
on accorde peu de crédit à cette
théorie.
D’autres philosophes pensent que chaque objet est le mélange de 4
éléments de base : la terre, le feu, le vent et l’eau (un cinquième élément,
l’éther, est parfois considéré). Cette hypothèse est soutenue, entre autres,
par Aristote, Thalès et Platon, des philosophes de grande réputation.
C’est pourquoi cette hypothèse domine les autres jusqu’au début du XIX e
siècle.
Au début du XIXe siècle, John Dalton formule l’hypothèse atomique en se basant sur les travaux
d’autres scientifiques : toute la matière, qu’elle soit solide, liquide ou gazeuse est constituée
d’atomes. Ces atomes ne peuvent ni être créés, ni détruits. Les atomes des différents éléments
ont des propriétés différentes, mais sont constitués de manière semblable. Durant la deuxième
moitié du XIXe siècle, on a pu prouver expérimentalement l’existence des atomes notamment
grâce à plusieurs expériences.
• L’expérience de Thomson
En 1897, Sir Joseph John Thompson découvre que des particules
chargées négativement peuvent être arrachées lorsqu’on soumet
un métal à une tension électrique. Il montre que ces particules qui
constituent la matière sont identiques dans les différents métaux.
Il suppose également que, comme la matière est neutre, une
partie doit être chargée positivement.
L'hypothèse de Thomson est que l'atome ressemble à un « plum pudding », c'est-à-dire à
une sphère dont l’intérieur est rempli de particules négatives (les électrons) se déplaçant
dans une soupe positive. Les suites de ses expériences permettront la découverte des
isotopes ainsi que la mise au point du spectromètre de masse, utilisé encore aujourd'hui pour
l'identification de la masse d'éléments ou de composés.
• L’expérience de Rutherford
En 1911, Ernest Rutherford montre qu'en bombardant une feuille
de métal avec un rayonnement alpha, une part de ce
rayonnement est rejetée tandis qu'une partie traverse la feuille
avec une trajectoire plus ou moins déviée. Rutherford émet alors
l'hypothèse qu'au centre de l'atome se trouve un « noyau »
contenant presque toute la masse et toute la charge positive de
l'atome, les électrons déterminant en réalité la taille de l'atome. Ce modèle planétaire avait
été suggéré en 1904 par un Japonais, Hantaro Nagaoka, mais était passé inaperçu. Les
résultats de Rutherford montrèrent que ce modèle était sans doute le bon, puisqu'il permettait
de prévoir avec exactitude le taux de diffusion des particules alpha en fonction de l'angle de
diffusion et de la taille de l'atome. Ce nouveau modèle implique donc que la matière soit
essentiellement constituée de vide. Rutherford imagine alors l’atome comme un système
solaire avec au centre un noyau chargé positivement et autour des particules négatives.
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• Le modèle de Bohr
Pour justifier le fait que les électrons ne s'écrasent pas sur le noyau de l'atome, Niels Bohr
complète, en 1913, le modèle de Rutherford en proposant que l'électron ne peut prendre que
des niveaux d'énergie bien précis et, qu'ainsi, le passage d’une orbite (niveau d'énergie) à
l'autre ne peut se faire qu'avec une valeur d'énergie définie également, appelée « quantum ».
Ceci implique que l'électron ne rayonne ou n'absorbe de
l'énergie que lors d'un changement d'orbite (il n'y a pas de
perte comme en physique classique). Il affirme ainsi qu'il
existe un niveau d'énergie minimum, au-dessous duquel
l'électron ne peut descendre.
Les orbites possibles de l'électron sont souvent
représentées comme des cercles de diamètres quantifiés.
Ces cercles décrivent les orbites stables dans le modèle
de l'atome de Bohr.
• L'évolution du modèle quantique
Des améliorations furent proposées pour s'approcher encore plus de la réalité expérimentale.
Elles furent amenées dans les années 20 par Louis de Broglie et Max Born [Link]
définirent qu'il n'existe pas de position ni de vitesse précise d'un électron, et qu'il ne parcourt
pas un « cercle ». Seule une orbitale (zone de probabilité de présence de l'électron) peut
être définie. Le modèle montre oar ailleurs que l'électron a une dualité onde corpuscule (son
comportement est parfois similaire à la matière, et d'autres fois plus proche des ondes).
Ordres de grandeur
Afin de situer le degré de petitesse de
l'atome, (et l'ampleur du vide), agrandissons
un atome de carbone jusqu’à ce qu’il mesure
2000 kilomètres de diamètre. Son noyau
serait alors une boule de 80 mètres de
hauteur (formée de 12 sphères de 30 mètres
de diamètre, les protons et neutrons). Les six
électrons qui peupleraient l’immensité de
notre atome de 2000 kilomètres de diamètre
ne seraient pas plus gros que des fourmis
mais, leur influence se fait sentir partout.
Notons que la physique a découvert que les
particules du noyau sont elle-même
constituées de 3 « fourmis » qui font ressentir
leur présence dans toute la sphère du proton
ou du neutron, donnant ainsi une
impression de « rempli ». On les appelle des
quarks.
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Annexe 3. Spectres atomiques
1. Onde électromagnétique
Le rayonnement électromagnétique, dont la lumière est un exemple, est une forme
d’énergie, correspondant à une onde, soit un phénomène vibratoire.
Une onde peut être représentée par l’image d’une corde en train de vibrer. Voici la
schématisation du parcours, durant 1 seconde, de 2 ondes différentes :
Une onde peut être caractérisée par plusieurs paramètres :
• sa longueur d’onde : λ (distance entre 2 sommets de l’onde, mesurée en nm),
• sa fréquence : ν (nombre de vibrations par seconde, mesurée en s-1),
• son énergie : E.
Dans le vide, une onde électromagnétique se propage à la vitesse c (2,99 . 108 m/s), qui
est directement lié aux paramètres cités ci-dessus :
c = λ⋅ν et E = h. ν (avec h : constante de Planck = 6.626 . 10-34 [J . s])
Ainsi : si λ augmente, ν diminue et E diminue (et vice versa).
La longueur d’onde, et donc la fréquence, peuvent avoir des valeurs très diverses :
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2. Expérimentation
a) Manipulations :
➢ Faire passer un courant électrique dans un gaz élémentaire
➢ Observer la lumière produite à travers un prisme.
b) Observations :
On observe des raies de lumière.
c) Explication
Lorsque l’on chauffe de la matière, cette énergie est absorbée par les atomes de
celle-ci, ce qui leur permet de propulser un électron sur une couche plus
énergétique que celle qu’il occupait (voire même de l’éjecter).
Un atome se trouvant dans cette
situation est dit « excité ». De
même, l’électron ayant été
propulsé sur une couche
énergétiquement supérieure est
appelé « électron excité ».
Lorsque l’atome se désexcite,
l’électron redescend sur sa couche initiale en relâchant de l’énergie sous forme
d’onde électromagnétique, ce qui peut provoquer une émission de lumière visible
(si le photon1 émis possède une énergie correspondant
à une longueur d’onde du domaine visible).
Selon la quantité d’énergie dégagée (qui dépend de la
différence d’énergie entre les deux couches), on peut
observer différentes couleurs lumineuses.
En analysant la lumière émise avec un spectromètre,
nous pourrions donc distinguer les ondes de
fréquences différentes et obtenir pour chaque
substance un spectre d’émission (voir table CRM) :
1 Un photon est la particule élémentaire (quantum) de la lumière.
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Annexe 4. Structure électronique
Un atome possède autant d’électrons que de protons. Les protons et les neutrons constituent
un noyau autour duquel gravitent les électrons à une vitesse avoisinant les 200 [km/s]. Le
nuage électronique formé par ceux-ci n'a rien d'aléatoire et a une structure organisée en
couches. Certaines de ces couches sont elles-même organisées en différents niveaux
d'énergie.
On représente parfois l'atome par le schéma ci-à côté. Ce schéma
résume la situation de la façon suivante : la première couche est formée
d'une boîte pouvant contenir deux électrons, la seconde de quatre
boîtes pouvant contenir toujours deux électrons, tout comme la
suivante. Si ce schéma peut être suffisant pour expliquer ce qui se
passe pour les trois premières couches, il ne l'est plus pour les quatre
suivantes, c'est pourquoi nous essayerons ici d'aller un peu plus loin.
Dans les derniers modèles, les différentes couches sont constituées de différents niveaux
énergétiques :
1e couche (K) : niveau s (1 paire)
2e couche (L) : niveau s (1paire), niveau p (3 paires)
3e couche (M) : niveau s (1 paire), niveau p (3 paires), niveau d (5 paires)
4e couche (N) : niveau s (1 paire), niveau p (3 paires), niveau d (5 paires), niveau f (7 paires)
etc.
On remarque tout d'abord qu'on parle ici de paires d'électrons gravitant de concert dans un
même espace. Pourtant, les électrons sont négatifs et devraient se repousser. Il a été montré
qu'une bobine de fil électrique dans lequel on fait passer un courant électrique engendre un
champ magnétique. Si le courant est inversé, le champ magnétique sera opposé. Les deux
champs magnétiques ainsi créés s'attirent. Dans le cas des électrons, le phénomène est
similaire. En plus de se déplacer dans l'espace, les électrons tournent sur eux-même. Ainsi, ils
pourront s'apparier puisqu'ils créeront des champs magnétiques opposés. Ces champs sont
appelés spin up et spin down. Il faut savoir que, s'il a le choix, un électron préférera rester
célibataire, mais pour éviter une dépense énergétique inconsidérée (aller sur une couche
d’énergie supérieure par exemple), il peut s'apparier avec un autre électron de spin opposé.
Concernant les niveaux énergétiques, la couche la plus proche du noyau, numéro 1 (ou K), est
celle qui possède le moins d'énergie. Plus on monte dans les numéros, plus l'énergie
nécessaire pour occuper la couche est importante. De fait, les électrons s'installeront toujours
dans la couche la plus basse (s'il reste des places libres bien sûr). A un état stable, on ne verra
jamais la couche 2 remplie mais la couche 1 vide, par exemple. De même, à l'intérieur des
couches, comme celles-ci sont subdivisées en plusieurs niveaux d'énergie, c'est toujours le plus
bas qui sera rempli en premier.
Au verso du tableau
périodique, on trouve le
remplissage des différentes
couches explicité. La page
suivante explique plus en
détail ce qui se trouve
résumé sous cette forme.
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Il existe un tableau permettant de trouver la structure électronique d'un atome en y plaçant le
nombre d'électrons (Z) que celui-ci possède :
Pour remplir ce tableau, on respecte la nature
des électrons. En effet ceux-ci préféreront dans
la mesure du possible
• occuper une orbitale vide et de basse
énergie
• s'apparier plutôt que de dépenser plus
d'énergie.
Pour obtenir un résultat correspondant à la
réalité observée pratiquement, il faut
considérer les niveaux s et p comme s'ils
avaient la même énergie, car il a été démontré
que le passage entre ces deux niveaux
demande une quantité d'énergie que les
électrons sont capables de dépenser.
On remarque ainsi que le maximum d'électrons
que l'on peut mettre sur une couche avant
d'ouvrir la suivante est de 8 (niveaux s et p),
sauf dans le cas de la 1e couche qui ne
contient que 2 électrons. Les éléments
possédant cette configuration ont une stabilité
remarquable. Il s'agit des gaz rares.
Le dernier modèle quantique de l'atome utilise l'équation de Schrödinger pour préciser l'espace
occupé par l'électron ou la paire d'électrons d'une orbitale. Ainsi, les cases de la couche 2,
représentées ci-dessous, auraient les formes suivantes pour les niveaux s et p :
Pour un atome de carbone (6 électrons), on observerait donc une première couche constituée
d'une sphère (située autour du noyau) contenant deux électrons ainsi qu'une seconde couche
constituée de quatre zones de l'espace telles que dessinées ci-dessus (la sphère étant ici plus
grande que pour la 1e couche), chacune contenant un seul électron.
Il a été montré que les propriétés chimiques d'un élément
dépendent essentiellement du nombre d'électrons que celui-ci
possède sur sa dernière couche. Ainsi, nous retiendrons de ce
modèle (et ce sera suffisant pour cette année) que, sur la
couche externe d'un atome, il peut y avoir huit électrons au
maximum (seulement deux pour la 1e couche), que ces
électrons s'organisent en paires et que lorsqu'un atome possède
ce nombre maximum d'électrons, il est particulièrement stable.
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