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DM20

Le devoir maison 20 de MP2I propose deux problèmes sur les matrices et les endomorphismes, avec un accent sur les matrices nilpotentes et les matrices semblables à leur transposée. Le premier problème traite des endomorphismes nilpotents en dimension 3 et des propriétés de matrices unipotentes, tandis que le second problème explore les classes de similitude des matrices nilpotentes. Les étudiants doivent démontrer divers résultats mathématiques et effectuer des calculs liés aux matrices dans des espaces vectoriels.

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Le devoir maison 20 de MP2I propose deux problèmes sur les matrices et les endomorphismes, avec un accent sur les matrices nilpotentes et les matrices semblables à leur transposée. Le premier problème traite des endomorphismes nilpotents en dimension 3 et des propriétés de matrices unipotentes, tandis que le second problème explore les classes de similitude des matrices nilpotentes. Les étudiants doivent démontrer divers résultats mathématiques et effectuer des calculs liés aux matrices dans des espaces vectoriels.

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MP2I À RENDRE LE 05.05.

25

DEVOIR MAISON 20
Vous traiterez au choix l’un des deux problèmes suivants, le second étant plus difficile que le premier.
▶ Problème 1 : matrices 3 × 3 semblables à leur transposée

Dans tout le problème, 𝐸 désigne un R-espace vectoriel de dimension 3.


On notera avec la même notation 0 à la fois la matrice nulle, l’endomorphisme nul et le vecteur nul de R3 , le
contexte ne prêtant normalement pas à confusion.

Partie I. Endomorphismes nilpotents en dimension 3.


1. Soit 𝑢 ∈ L(𝐸), et soient 𝑖, 𝑗 deux entiers naturels.
Soit alors 𝑤 : Ker 𝑢 𝑖+𝑗 → 𝐸 définie par 𝑤 (𝑥) = 𝑢 𝑗 (𝑥).
a. Montrer que Im 𝑤 ⊂ Ker 𝑢 𝑖 .
b. En déduire que dim(Ker 𝑢 𝑖+𝑗 ) ⩽ dim(Ker 𝑢 𝑖 ) + dim(Ker 𝑢 𝑗 ).
2. Soit 𝑢 un endomorphisme de 𝐸 vérifiant 𝑢 3 = 0 et rg(𝑢) = 2.
a. Montrer à l’aide de la question 1.b que dim Ker 𝑢 2 = 2.
b. Prouver qu’il existe 𝑥 ∈ 𝐸 tel que (𝑢 2 (𝑥), 𝑢 (𝑥), 𝑥) forme une base de 𝐸.
c. Écrire alors dans cette base la matrice 𝑈 de 𝑢 et la matrice 𝑉 de 𝑢 2 − 𝑢.
3. Soit 𝑢 ∈ L(𝐸) vérifiant 𝑢 2 = 0 et rg(𝑢) = 1.
a. Montrer que l’on peut trouver un vecteur 𝑏 non nul de 𝐸 tel que 𝑢 (𝑏) ≠ 0.
b. Justifier l’existence d’un vecteur 𝑐 de Ker 𝑢 tel que la famille (𝑢 (𝑏), 𝑐) soit libre, puis prouver que
(𝑏, 𝑢 (𝑏), 𝑐) est une base de 𝐸.
c. Écrire alors la matrice 𝑈 ′ de 𝑢 et la matrice 𝑉 ′ de 𝑢 2 − 𝑢 dans cette base.

Partie II : une matrice unipotente 3 × 3 est semblable à sa transposée


© 1 𝛼 𝛽ª
Dans cette partie, on considère 𝐴 ∈ M3 (R) semblable à une matrice de la forme 𝑇 = ­­ 0 1 𝛾 ®®, avec
« 0 0 1¬
3
(𝛼, 𝛽, 𝛾) ∈ R .
© 0 𝛼 𝛽ª
On pose alors 𝑁 = ­­ 0 0 𝛾 ®®, et soit 𝑃 ∈ 𝐺𝐿3 (R) telle que 𝑃 −1𝐴𝑃 = 𝐼 3 + 𝑁 = 𝑇 .
« 0 0 0¬
4. Justifier que 𝐴 est inversible.
5. Calculer 𝑁 3 et montrer que 𝑃 −1𝐴 −1 𝑃 = 𝐼 3 − 𝑁 + 𝑁 2 .
6. On suppose dans cette question que 𝑁 = 0. Montrer alors que les matrices 𝐴 et 𝐴 −1 sont semblables.
7. On suppose dans cette question que rg(𝑁 ) = 2. On pose 𝑀 = 𝑁 2 − 𝑁 .

© 0 1 0ª
a. En utilisant la question 2, montrer que la matrice 𝑁 est semblable à la matrice ­­ 0 0 1®®, et en
« 0 0 0¬
déduire une matrice semblable à 𝑀.
b. Calculer 𝑀 3 et déterminer rg(𝑀).
c. Montrer que les matrices 𝑀 et 𝑁 sont semblables.
d. Montrer alors que 𝐴 et 𝐴 −1 sont semblables.

MP2I LYCÉE CHAMPOLLION 2024-2025


8. On suppose dans cette question que rg(𝑁 ) = 1. On pose 𝑀 = 𝑁 2 − 𝑁 .
Montrer que les matrices 𝐴 et 𝐴 −1 sont semblables.

©1 0 0ª
9. Exemple : soit la matrice 𝐴 = ­­ 0 0 −1®®
«0 1 2¬
On note (𝑎, 𝑏, 𝑐) une base de 𝐸 et 𝑢 ∈ L(𝐸) de matrice 𝐴 dans cette base.
a. Montrer que Ker(𝑢 − id𝐸 ) est un sous-espace vectoriel de 𝐸 de dimension 2 dont on donnera une
base (𝑒 1, 𝑒 2 ).
b. Justifier que la famille (𝑒 1, 𝑒 2, 𝑐) est une base de 𝐸, et écrire la matrice de 𝑢 dans cette base.
c. Montrer que les matrices 𝐴 et 𝐴 −1 sont semblables.
10. Est-ce qu’inversement, toute matrice de M3 (R) semblable à son inverse est semblable à une matrice de la
© 1 𝛼 𝛽ª
forme 𝑇 = ­­ 0 1 𝛾 ®® ?
« 0 0 1¬

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▶ Problème 2 : classes de similitude de matrices nilpotentes (d’après un sujet de Centrale)

Dans tout le problème, 𝑛 est un élément de N∗ , et 𝐸 est un C-espace vectoriel de dimension 𝑛.


Une matrice 𝑀 ∈ M𝑛 (C) est dite nilpotente s’il existe un entier naturel 𝑘 ⩾ 1 tel que 𝑀 𝑘 = 0. Dans ce cas, le
plus petit entier naturel 𝑘 ⩾ 1 tel que 𝑀 𝑘 = 0 s’appelle l’indice de nilpotence de 𝑀.
Soit B une base de 𝐸, un endomorphisme 𝑢 de 𝐸 est nilpotent d’indice 𝑝 si sa matrice dans B est nilpotente
d’indice 𝑝, ce qui revient à dire que 𝑢 𝑝 = 0 et 𝑢 𝑝 −1 ≠ 0.
On appelle classe de similitude d’une matrice 𝐴 ∈ M𝑛 (C) la classe d’équivalence de 𝐴 pour la relation d’équiva-
lence donnée par la similitude, c’est-à-dire l’ensemble des {𝑃 −1𝐴𝑃, 𝑃 ∈ 𝐺𝐿𝑛 (C)}.

0 ··· ··· ··· 0


©
­1 . . . .. ª®
­ .®
On pose 𝐽1 = (0) (la matrice nulle de M1 (C) et, pour un entier 𝛼 ⩾ 2, 𝐽𝛼 = ­­0 . . . . .. ®® ∈ M𝛼 (C).
­ . . . ®
­. .
. . . . . . . . ... ®®
®
­ ..
­
«0 · · · 0 1 0¬
Si 𝐴 ∈ M𝑛 (C) et 𝐵 ∈ M𝑚 (C), on note Diag(𝐴, 𝐵), la matrice (dite diagonale par blocs)
!
𝐴 0𝑛,𝑚
Diag(𝐴, 𝐵) = ∈ M𝑛+𝑚 (C).
0𝑚,𝑛 𝐵

Plus généralement, pour 𝐴1 ∈ M𝑛1 (C), 𝐴2 ∈ M𝑛2 (C), · · · , 𝐴𝑘 ∈ M𝑛𝑘 (C), on note

𝐴1 0𝑛1,𝑛2 ··· 0𝑛1,𝑛𝑘


©
­0 .. ª®
𝐴2 . ®
Diag(𝐴1, 𝐴2, . . . , 𝐴𝑘 ) = ­ 2. 1 ® ∈ M𝑛1 +𝑛2 +···+𝑛𝑘 (C).
­ 𝑛 ,𝑛
..
­ ..
­ . 0𝑛𝑘 −1,𝑛𝑘 ®®
«0𝑛𝑘 ,𝑛1 ··· 0𝑛𝑘 ,𝑛𝑘 −1 𝐴𝑘 ¬

Partie I. Étude d’un cas particulier


On suppose que 𝑛 ⩾ 3. Soit 𝑢 un endomorphisme de 𝐸 nilpotent d’indice 2 et de rang 𝑟 .
1. Montrer que Im(𝑢) ⊂ Ker(𝑢) et que 2𝑟 ⩽ 𝑛.
2. On suppose que Im(𝑢) = Ker(𝑢). Montrer qu’il existe des vecteurs 𝑒 1 , 𝑒 2, . . . , 𝑒𝑟 de 𝐸 tels que la famille
(𝑒 1, 𝑢 (𝑒 1 ), 𝑒 2, 𝑢 (𝑒 2 ), . . . , 𝑒𝑟 , 𝑢 (𝑒𝑟 )) est une base de 𝐸.
3. Donner la matrice de 𝑢 dans cette base.
4. On suppose Im(𝑢) ≠ Ker(𝑢). Montrer qu’il existe des vecteurs 𝑒 1 , 𝑒 2, . . . , 𝑒𝑟 de 𝐸 et des vecteurs 𝑣 1, 𝑣 2, . . . , 𝑣𝑛−2𝑟

appartenant à Ker(𝑢) tels que 𝑒 1, 𝑢 (𝑒 1 ), 𝑒 2, 𝑢 (𝑒 2 ), . . . , 𝑒𝑟 , 𝑢 (𝑒𝑟 ), 𝑣 1, 𝑣 2, . . . , 𝑣𝑛−2𝑟 est une base de 𝐸.
5. Quelle est la matrice de 𝑢 dans cette base ?

Partie II. Réduction des matrices nilpotentes


On suppose 𝑛 ⩾ 2. Soit 𝑢 un endomorphisme de 𝐸 nilpotent d’indice 𝑝 ⩾ 2.
6. Démontrer que Im(𝑢) est stable par 𝑢 et que l’endomorphisme induit par 𝑢 sur Im(𝑢) est encore nilpotent,
et préciser son indice de nilpotence.

7. Pour tout vecteur 𝑥 non nul de 𝐸, on note 𝐶𝑢 (𝑥) l’espace vectoriel engendré par les 𝑢 𝑘 (𝑥) 𝑘 ∈N .
Démontrer que 𝐶𝑢 (𝑥) est stable par 𝑢 et qu’il existe un plus petit entier 𝑠 (𝑥) ⩾ 1 tel que 𝑢 𝑠 (𝑥 ) (𝑥) = 0.
8. Démontrer que 𝑥, 𝑢 (𝑥), . . . , 𝑢 𝑠 (𝑥 ) −1 (𝑥) est une base de 𝐶𝑢 (𝑥) et donner la matrice, dans cette base, de


l’endomorphisme induit par 𝑢 sur 𝐶𝑢 (𝑥).


Ê𝑡
9. Prouver par récurrence sur 𝑝 qu’il existe des vecteurs 𝑥 1, . . . , 𝑥𝑡 de 𝐸 tels que 𝐸 = 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ).
𝑖=1
Indication : on pourra appliquer l’hypothèse de récurrence à l’endomorphisme induit par 𝑢 sur Im(𝑢).

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𝑡
Ê
10. Donner la matrice de 𝑢 dans une base adaptée à la décomposition 𝐸 = 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ) (c’est-à-dire une base
𝑖=1
de 𝐸 obtenue par concaténation de bases des 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ).

Partie III. Partitions d’entiers


On appelle partition de l’entier 𝑛 toute suite finie (𝛼 1, . . . , 𝛼𝑘 ) ∈ (N∗ )𝑘 telle que

𝛼 1 ⩾ · · · ⩾ 𝛼𝑘 et 𝛼 1 + · · · + 𝛼𝑘 = 𝑛.

On note Γ𝑛 l’ensemble des partitions de l’entier 𝑛.


Ainsi, Γ1 = {(1)}, Γ2 = {(2), (1, 1)}, Γ3 = {(3), (2, 1), (1, 1, 1)}.
Soit 𝑢 un endomorphisme de 𝐸 nilpotent d’indice 𝑝 et de rang 𝑟 .
11. Montrer qu’il existe une partition 𝜎 = (𝛼 1, . . . , 𝛼𝑘 ) de 𝑛 et une base B de 𝐸 dans laquelle la matrice de 𝑢
est égale à la matrice 𝑁𝜎 = Diag(𝐽𝛼 1 , . . . , 𝐽𝛼𝑘 ).
12. Soit 𝛼 un entier naturel non nul. Calculer le rang de 𝐽𝛼𝑗 pour tout entier naturel 𝑗. En déduire que 𝐽𝛼 est
nilpotente et préciser son indice de nilpotence.
13. En déduire la valeur de 𝛼 1 .
  ∑︁
14. Pour 𝑗 ∈ N, on note Λ 𝑗 = {𝑖 ∈ ⟦1, 𝑘⟧ | 𝛼𝑖 ⩾ 𝑗 }. Démontrer que rg 𝑁𝜎𝑗 = (𝛼𝑖 − 𝑗).
𝑖 ∈Λ 𝑗

15. Démontrer que, pour tout 𝑗 ∈ N∗ , l’entier 𝑑 𝑗 = rg 𝑢 𝑗 −1


 
− rg 𝑢 𝑗 est égal au nombre de blocs 𝐽𝛼𝑖 dont la
taille 𝛼𝑖 est supérieure ou égale à 𝑗.
16. Donner la valeur de l’entier 𝑘, nombre de blocs 𝐽𝛼𝑖 intervenant dans 𝑁𝜎 .
17. Pour tout entier 𝑗 compris entre 1 et 𝑛, exprimer le nombre de blocs 𝐽𝛼𝑖 de taille exactement égale à 𝑗.
18. On suppose qu’il existe une partition 𝜎 ′ de l’entier 𝑛 et une base B′ de 𝐸 telles que la matrice de 𝑢 dans
B′ soit égale à 𝑁𝜎 ′ . Montrer que 𝜎 = 𝜎 ′ .
0 −1 2 −2 −1
­0 0 0 0 0 ®®
© ª

0 ®® et 𝑢 l’endomorphisme de C5 canoniquement associé à 𝐴.


­
19. Soient 𝐴 la matrice ­­0 1 0 0
­0 1 0 0 0 ®®
­
«0 1 −1 1 0¬
Déterminer la partition 𝜎 de l’entier 5 associée à 𝑢 et donner la matrice 𝑁𝜎 .
20. Prouver que si 𝑀 ∈ M𝑛 (C) est nilpotente, alors sa classe de similitude ne contient que des matrices
nilpotentes, et qu’elle contient 𝑀 ⊤ .
21. Prouver que les classes de similitude de matrices nilpotentes de M𝑛 (C) sont en nombre fini, et préciser
leur nombre.

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CORRECTION 1

CORRECTION DU DEVOIR MAISON 20

▶ Problème 1 : matrices 3 × 3 semblables à leur transposée

Partie I. Endomorphismes nilpotents en dimension 3.


1.a. Soit 𝑦 ∈ Im 𝑤. Alors il existe 𝑥 ∈ Ker 𝑢 𝑖+𝑗 tel que 𝑦 = 𝑤 (𝑥) = 𝑢 𝑗 (𝑥).
Et donc 𝑢 𝑖 (𝑦) = 𝑢 𝑖 (𝑢 𝑗 (𝑥)) = 𝑢 𝑖+𝑗 (𝑥) = 0.
Donc 𝑦 ∈ Ker 𝑢 𝑖 , et donc on a bien l’inclusion annoncée : Im 𝑤 ⊂ Ker 𝑢 𝑖 .
1 Nous sommes en dimension
1.b. Par le théorème du rang1 appliqué à 𝑤
finie, donc son usage est
dim Ker 𝑢 𝑖+𝑗 = dim Im 𝑤 + dim Ker 𝑤 . légitime.

Mais Im 𝑤 ⊂ Ker 𝑢 𝑖 , de sorte que dim Im 𝑤 ⩽ dim Ker 𝑢 𝑖 .


Et par ailleurs, Ker 𝑤 ⊂ Ker 𝑢 𝑗 , et donc dim Ker 𝑤 ⩽ dim Ker 𝑢 𝑗 . Détails
Si on le souhaite, on peut
Et donc il vient bien dim Ker 𝑢 𝑖+𝑗 ⩽ dim Ker 𝑢 𝑖 + dim Ker 𝑢 𝑗 . caractériser plus précisément
le noyau de 𝑤, qui rappelons-
2.a. Par le théorème du rang, dim Ker 𝑢 = dim 𝐸 − rg(𝑢) = 3 − 2 = 1. le est la restriction de 𝑢 𝑗 à
Et donc par la question 1.b appliquée avec 𝑖 = 1 et 𝑗 = 2, il vient Ker 𝑢 𝑖+𝑗 : c’est
Ker 𝑤 = Ker 𝑢 𝑗 ∩ Ker 𝑢 𝑖+𝑗 .
3 = dim 𝐸 = dim Ker 𝑢 3 ⩽ dim Ker 𝑢 + dim Ker 𝑢 2 .
En fait, mais c’est inutile ici,
Donc dim Ker 𝑢 2 ⩾ 2. Puisque Ker 𝑢 2 ⊂ 𝐸, et que 𝐸 est de dimension 3, on a donc on a Ker 𝑢 𝑗 ⊂ Ker 𝑢 𝑖+𝑗 , et
dim Ker 𝑢 2 = 2 ou dim Ker 𝑢 2 = 3. donc Ker 𝑤 = Ker 𝑢 𝑗 .
2 Très grand classique, déjà
Si on avait dim Ker 𝑢 2 = 3, il viendrait 𝑢 2 = 0. Et alors2 Im 𝑢 ⊂ Ker 𝑢.
Mais dim Im 𝑢 = 2, donc dim Ker 𝑢 = 1, ce qui vient contredire l’inclusion ci-dessus. rencontré plusieurs fois et à
connaître :
On en déduit donc que dim Ker 𝑢 2 = 2.
𝑣 ◦ 𝑢 = 0 ⇔ Im 𝑢 ⊂ Ker 𝑣.
2.b. Encore un grand classique : 𝑢 2 est non nul (car son noyau n’est pas 𝐸 tout entier), donc il
existe 𝑥 ∈ 𝐸 tel que 𝑢 2 (𝑥) ≠ 0.
Soient alors 𝜆0, 𝜆1, 𝜆2 des réels tels que 𝜆0𝑥 + 𝜆1𝑢 (𝑥) + 𝜆2𝑢 2 (𝑥) = 0 (★).
En appliquant 𝑢 2 aux deux membres de cette égalité, il vient

𝜆0𝑢 2 (𝑥) + 𝜆1 𝑢 3 (𝑥) +𝜆2 𝑢 4 (𝑥) = 0 ⇔ 𝜆0𝑢 2 (𝑥) = 0.


|{z} |{z}
=0 =0

Mais 𝑢 2 (𝑥) ≠ 0, donc nécessairement, 𝜆0 = 0.


Donc dans la relation (★), il ne reste que 𝜆1𝑢 (𝑥) + 𝜆2𝑢 2 (𝑥) = 0.
Appliquons alors 𝑢, de sorte que 𝜆1𝑢 2 (𝑥) = 0. De même, on en déduit 𝜆1 = 0.
Il ne reste donc plus que 𝜆2𝑢 2 (𝑥) = 0, et donc 𝜆2 = 0.
Ainsi, la famille (𝑥, 𝑢 (𝑥), 𝑢 2 (𝑥)) est libre. Et étant de cardinal 3 = dim 𝐸, c’est une base de 𝐸.
2.c. On a 𝑢 (𝑢 2 (𝑥)) = 0, 𝑢 (𝑢 (𝑥)) = 𝑢 2 (𝑥) et 𝑢 (𝑥) = 𝑢 (𝑥) (sic !), et donc la matrice de 𝑓 dans la
base (𝑢 2 (𝑥), 𝑢 (𝑥), 𝑥) est

𝑢 (𝑢 2 (𝑥 ) ) 𝑢 (𝑢 (𝑥 ) ) 𝑢 (𝑥 )
0 1 0 ! 𝑢 2 (𝑥 )
𝑈 = 0 0 1 𝑢 (𝑥 ) .
0 0 0 𝑥

0 0 1 0 −1 1
On a alors 𝑈 2 = ­ 0 0 0®, et donc 𝑉 = 𝑈 2 − 𝑈 = ­ 0 0 −1®.
© ª © ª

«0 0 0¬ «0 0 0¬
3.a. Puisque Im 𝑢 ≠ {0}, 𝑢 n’est pas l’endomorphisme nul, et donc il existe 𝑏 ≠ 0 tel que
𝑢 (𝑏) ≠ 0.
3.b. Par le théorème du rang, Ker 𝑢 est de dimension 2.
Par ailleurs, 𝑢 (𝑢 (𝑏)) = 𝑢 2 (𝑏) = 0, donc 𝑢 (𝑏) ∈ Ker 𝑢.
3 Car formée d’un seul vec-
Ainsi, la famille formée du seul vecteur 𝑢 (𝑏) est une famille libre3 de Ker 𝑢.
teur non nul.
MP2I LYCÉE CHAMPOLLION 2024-2025 M. VIENNEY
2 DEVOIR MAISON 20

Par le théorème de la base incomplète, il est possible de la compléter en une base (𝑢 (𝑏), 𝑐)
de Ker 𝑢, qui est donc une famille libre.
Soient alors 𝜆, 𝜇, 𝜈 des réels tels que 𝜆𝑏 + 𝜇𝑢 (𝑏) + 𝜈𝑐 = 0.
En appliquant 𝑢, il vient 𝜆𝑢 (𝑏) + 𝜇 𝑢 2 (𝑏) +𝜈 𝑢 (𝑐) = 0.
|{z} |{z}
=0 =0 car 𝑐 ∈Ker 𝑢
Donc 𝜆𝑢 (𝑏) = 0, et puisque 𝑢 (𝑏) ≠ 0, 𝜆 = 0.
Il reste alors 𝜇𝑢 (𝑏) + 𝜈𝑐 = 0, et (𝑢 (𝑏), 𝑐) étant une famille libre, 𝜇 = 𝜈 = 0.
Donc (𝑏, 𝑢 (𝑏), 𝑐) est une famille libre de 𝐸, et étant de cardinal 3 = dim 𝐸, c’est une base de 𝐸.
3.c. On a alors
𝑢 (𝑏 ) 𝑢 (𝑢 (𝑏 ) ) 𝑢 (𝑐 )
0 0 0 ! 𝑏

𝑈 = 1 0 0 𝑢 (𝑏 ) .
0 0 0 𝑐

Et donc 𝑉 ′ = 𝑈 ′2 − 𝑈 ′ = −𝑈 ′ .

Partie II : une matrice unipotente 3 × 3 est semblable à sa transposée.


4. La matrice 𝑇 est inversible car diagonale à coefficients diagonaux non nuls. Donc 𝐴 = 𝑃𝑇 𝑃 −1
est inversible car produit de matrices inversibles.
0 0 𝛼𝛾
On a 𝑁 2 = ­ 0 0 0 ®, puis 𝑁 3 = 0.
© ª
5.
«0 0 0 ¬
4 Après multiplication à
Pour prouver la relation demandée, il suffit4 de prouver que 𝐴 −1 = 𝑃 (𝐼 3 − 𝑁 + 𝑁 2 )𝑃 −1 .
Mais gauche par 𝑃 et à droite par
𝑃 −1 .
𝐴𝑃 (𝐼 3 − 𝑁 + 𝑁 2 )𝑃 −1 = 𝐴𝐼 3 − 𝐴𝑃𝑁 𝑃 −1 + 𝐴𝑃𝑁 2 𝑃 −1
= 𝐴 − 𝑃 (𝐼 3 + 𝑁 )𝑁 𝑃 −1 + 𝑃 (𝐼 3 + 𝑁 )𝑁 2 𝑃 −1 Détails
Puisque
= 𝐴 − 𝑃𝑁 𝑃 −1 − 𝑃 𝑁 2 𝑃 −1 + 𝑃 𝑁 2 𝑃 −1 + 𝑃 𝑁 3 𝑃 −1
|{z} 𝑃 −1 𝐴𝑃 = 𝐼 3 + 𝑁
=0
par multiplication à gauche
= 𝑃𝑇 𝑃 −1 − 𝑃 𝑁 𝑃 −1 = 𝑃 (𝑇 − 𝑁 )𝑃 −1 = 𝑃𝐼 3 𝑃 −1
= 𝐼3 . par 𝑃 ,

𝐴𝑃 = 𝑃 (𝐼 3 + 𝑁 ).
Donc on a bien 𝐴 −1 = 𝑃 (𝐼 3 − 𝑁 + 𝑁 2 )𝑃 −1 , et donc la relation annoncée.
6. Si 𝑁 = 0, 𝑇 = 𝐼 3 , et donc la seule matrice semblable à 𝑇 est 𝐼 3 .
Ainsi, 𝐴 = 𝐼 3 , et donc 𝐴 −1 = 𝐼 3 est semblable à 𝐴.
7.a. Soit B une base de 𝐸, et soit 𝑢 l’unique endomorphisme de 𝐸 dont la matrice dans la base
B est 𝑁 .
Alors 𝑢 3 = 0, et rg(𝑢) = rg(𝑁 ) = 2. Donc par la question 2.b, il existe une base de 𝐸 dans
0 1 0
laquelle la matrice de 𝑢 est 𝑈 = ­ 0 0 1®.
© ª

« 0 0 0¬
5 C’est une conséquence de
Mais alors 𝑈 et 𝑁 sont semblables5 , puisqu’elles représentent le même endomorphisme de
𝐸 dans deux bases. la formule de changement de
base.
Et alors la matrice 𝑉 de la question 2, qui représente 𝑢 2 −𝑢 est semblable à 𝑀, qui représente
aussi 𝑢 2 − 𝑢, mais cette fois dans la base B.
7.b. Puisque 𝑁 2 et 𝑁 commutent, par la formule du binôme,

𝑀 3 = (𝑁 2 − 𝑁 ) 3 = 𝑁 6 − 3𝑁 5 + 3𝑁 4 − 𝑁 3 = 0.

Par ailleurs 𝑉 est de rang 2, et deux matrices semblables sont de même rang, donc
rg(𝑀) = 2.

0 1 0
7.c. Par le même raisonnement qu’à la question précédente, 𝑀 est semblable à ­ 0 0 1® et
© ª

« 0 0 0¬
donc par transitivité de la relation de similitude, 𝑀 et 𝑁 sont semblables.

MP2I LYCÉE CHAMPOLLION 2024-2025 M. VIENNEY


CORRECTION 3

7.d. Par la question 5, 𝐴 −1 est semblable à 𝐼 3 − 𝑁 + 𝑁 2 = 𝐼 3 + 𝑀. Remarque


Mais 𝐴 est semblable à 𝐼 3 + 𝑁 . Une telle matrice existe
Considérons alors une matrice 𝑄 telle que 𝑀 = 𝑄 −1 𝑁 𝑄. Alors puisque nous venons de
prouver que 𝑁 et 𝑀 sont
semblables.
𝐼 3 + 𝑀 = 𝐼 3 + 𝑄 −1 𝑁 𝑄 = 𝑄 −1 𝐼 3𝑄 + 𝑄 −1 𝑁 𝑄 = 𝑄 −1 (𝐼 3 + 𝑁 )𝑄.

Donc 𝐼 3 + 𝑀 et 𝐼 3 + 𝑁 sont semblables, et par conséquent, 𝐴 et 𝐴 −1 aussi.


8. Sur le même principe qu’à la question 7, mais en utilisant cette fois la question 3, on prouve
0 0 0 Similitude
que 𝑁 est semblable à 𝑈 ′ = ­ 1 0 0®.
© ª
Nous ne sommes sûrement
« 0 0 0¬ pas en train de dire que deux
Et alors 𝑀 est semblable à 𝑉 ′ = −𝑈 ′ , qui est encore nilpotente de rang 1, et donc elle-même matrices de même rang sont
toujours semblables.
semblable à 𝑈 ′ . En revanche, ce qu’a prouvé
Et donc comme précédemment, on prouve que 𝐴, semblable à 𝐼 3 + 𝑁 et 𝐴 −1 semblable à la partie I, c’est que deux
𝐼 3 + 𝑀 sont semblables. matrices nilpotentes de
taille 3 de même rang sont
9. Exemple semblables.
0 0 0
9.a. On a 𝐴 − 𝐼 3 = ­ 0 −1 −1®, qui est clairement de rang 1 car toutes ses colonnes sont
© ª

«0 1 1¬
proportionnelles.
Donc par le théorème du rang, dim Ker(𝐴 − 𝐼 3 ) = 3 − 1 = 2.
1
6 Le produit d’une matrice
Or, la première colonne de 𝐴 − 𝐼 3 étant nulle, on a6 ­ 0® ∈ Ker(𝐴 − 𝐼 3 ).
© ª
𝑀 ∈ M𝑛 (K) par le 𝑖 ème vec-
«0¬ teur de la base canonique de
0 M𝑛,1 (K) est la 𝑖 ème colonne
Et puisque les colonnes sont liées par la relation 0𝐶 1 + 1𝐶 2 − 1𝐶 3 = 0, ­ 1 ® ∈ Ker(𝐴 − 𝐼 3 ).
© ª
de 𝑀.
«−1¬
1 1 0
Puisque ce vecteur n’est pas colinéaire à ­ 0®, la famille ­0® , ­ 1 ® est libre, et donc est une
© ª © ª © ª

«0¬ «0¬ «−1¬


base de Ker(𝐴 − 𝐼 3 ).
Remarque : si on ne pense pas à chercher des relations sur les colonnes de 𝐴 − 𝐼 3 , il «suffit» de
résoudre le système (𝐴 − 𝐼 3 )𝑋 = 0, on trouve bien évidemment le même résultat.

N’oublions pas de répondre à la question posée : il est demandé une base de Ker(𝑢 − id𝐸 ),
pas une base de Ker(𝐴 − 𝐼 3 ).
Autrement dit, il faut «retraduire» les vecteurs colonnes obtenus en vecteurs de 𝐸, en se
rappelant que les vecteurs colonnes sont les coordonnées dans la base (𝑎, 𝑏, 𝑐) de vecteurs
de 𝐸. Donc une base de Ker(𝑢 − id𝐸 ) est (𝑎, 𝑏 − 𝑐).
𝑒1 𝑒2 𝑐
1 0 0! 𝑎
9.b. La matrice de la famille (𝑒 1, 𝑒 2, 𝑐) dans la base (𝑎, 𝑏, 𝑐) est 𝑃 = 0 1 0 𝑏 qui est
0 −1 1 𝑐
Rappel
inversible car triangulaire à diagonale non nulle. Une famille de dim 𝐸 vec-
teurs de 𝐸 est une base de 𝐸
Et donc (𝑒 1, 𝑒 2, 𝑐) est une base de 𝐸.
si et seulement si sa matrice
Pour obtenir la matrice de 𝑢 dans cette base, une option serait de faire appel à la formule dans n’importe quelle base est
de changement de base, en notant que 𝑃 est la matrice de passage de (𝑎, 𝑏, 𝑐) à (𝑒 1, 𝑒 2, 𝑐). inversible.
Mais comme nous savons que 𝑒 1 ∈ Ker(𝑢 − id𝐸 ), alors (𝑢 − id𝐸 ) (𝑒 1 ) = 0 ⇔ 𝑢 (𝑒 1 ) = 𝑒 1 , et
de même 𝑢 (𝑒 2 ) = 𝑒 2 .
0 0
Reste donc seulement à calculer 𝑢 (𝑐). Mais 𝐴 ­0® = ­−1®, donc 𝑢 (𝑐) = −𝑏 + 𝑐 = −𝑒 2 + 𝑐.
© ª © ª

«1¬ « 2 ¬
𝑢 (𝑒 1 ) 𝑢 (𝑒 2 ) 𝑢 (𝑐 )
1 0 0 ! 𝑒1
Et donc la matrice de 𝑢 dans la base (𝑒 1, 𝑒 2, 𝑐) est 𝑇 = 0 1 −1 𝑒2
0 0 1 𝑒3

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4 DEVOIR MAISON 20

9.c. On a bien 𝐴 qui est semblable à une matrice 𝑇 de la forme indiquée au début de la partie II.
0 0 0
Ici, on a 𝑇 = 𝐼 3 + 𝑁 , avec 𝑁 = ­ 0 0 −1®, qui est de rang 1.
© ª

«0 0 0 ¬
Donc le résultat de la question 8 s’applique, 𝐴 est semblable à 𝐴 −1 .
1 0 0 1 0 0
La matrice 𝐷 = ­ 0 2 0 ® a pour inverse 𝐷 −1 = ­ 0 12 0®.
© ª © ª
10.
1
« 0 0 2¬ « 0 0 2¬
Ces deux matrices sont semblables car si 𝐷 est la matrice de 𝑓 dans une base (𝑒 1, 𝑒 2, 𝑒 3 ),
alors 𝐷 −1 est la matrice du même 𝑓 dans la base (𝑒 1, 𝑒 3, 𝑒 2 ).
Pourtant, 𝐷 n’est pas semblable à une matrice de la forme 𝑇 car sa trace vaut 3 + 21 , alors
que la trace de toutes les matrices 𝑇 de la forme précitée est égale à 3.

▶ Problème 2 : classes de similitude de matrices nilpotentes (d’après Centrale PSI 2019)

Rappel
Partie I. Étude d’un cas particulier Un grand classique : 𝑔 ◦ 𝑓 = 0
1. Puisque 𝑢 2 = 𝑢 ◦ 𝑢 = 0, on a Im 𝑢 ⊂ Ker 𝑢. si et seulement si
On a donc dim Ker 𝑢 ⩾ dim Im 𝑢 = 𝑟 . Mais par le théorème du rang, 𝑛 = 𝑟 + dim Ker 𝑢, et Im 𝑓 ⊂ Ker 𝑔.
donc 𝑛 ⩾ 2𝑟 .
2. Notons dès à présent que l’hypothèse que Im 𝑢 = Ker 𝑢 implique que 𝑛 = dim 𝐸 = 2𝑟 .
Soit (𝑥 1, . . . , 𝑥𝑟 ) une base de Ker 𝑢. Alors pour tout 𝑖 ∈ ⟦1, 𝑟 ⟧, 𝑥𝑖 étant dans Im 𝑢, il existe
𝑒𝑖 ∈ 𝐸 tel que 𝑥𝑖 = 𝑢 (𝑒𝑖 ).
Prouvons qu’alors la famille (𝑒 1, 𝑢 (𝑒 1 ), . . . , 𝑒𝑟 , 𝑢 (𝑒𝑟 )) est libre.
Soient donc (𝜆1, 𝜇1, . . . , 𝜆𝑟 , 𝜇𝑟 ) ∈ C2𝑟 tels que

𝜆1𝑒 1 + 𝜇1𝑢 (𝑒 1 ) + · · · + 𝜆𝑟 𝑒𝑟 + 𝜇𝑟 𝑢 (𝑒𝑟 ) = 0𝐸 .

Alors en appliquant 𝑢 aux deux membres de l’égalité, il vient

𝜆1 𝑢 (𝑒 1 ) +𝜇1 𝑢 2 (𝑒 1 ) + · · · + 𝜆𝑟 𝑢 (𝑒𝑟 ) +𝜇𝑟 𝑢 2 (𝑒𝑟 ) = 0𝐸 ⇔ 𝜆1𝑥 1 + · · · + 𝜆𝑟 𝑥𝑟 = 0𝐸 .


|{z} | {z } |{z} |{z}
=𝑥 1 =0𝐸 =𝑥𝑟 =0𝐸

Mais (𝑥 1, . . . , 𝑥𝑟 ) est une base de Ker 𝑢, et donc en particulier est libre, de sorte que 𝜆1 =
· · · = 𝜆𝑟 = 0.
Ne reste alors que 𝜇1𝑢 (𝑒 1 ) + · · · + 𝜇𝑟 𝑢 (𝑒𝑟 ) = 0𝐸 , et pour les mêmes raisons, 𝜇1 = · · · = 𝜇𝑟 = 0.
Donc la famille (𝑒 1, 𝑢 (𝑒 1 ), . . . , 𝑒𝑟 , 𝑢 (𝑒𝑟 )) est libre, et étant de cardinal 2𝑟 = 𝑛, c’est une base
de 𝐸.
3. La matrice de 𝑢 dans cette base est donnée par

𝑢 (𝑒 1 ) 𝑢 (𝑢 (𝑒 1 ) ) ... ... 𝑢 (𝑒𝑟 ) 𝑢 (𝑢 (𝑒𝑟 ) )


0 0 ... ... 0 0 𝑒1
©
­ 1 0 ... ... 0 0 ª
® 𝑢 (𝑒 1 )
­ .. .. .. .. .. .. ® .
.
. . . . . . .
= Diag(𝐽2, 𝐽2, . . . , 𝐽2 ).
­ ®
­ ®
­ .. .. .. .. .. .. ® .
. | {z }
­ . . . . . . ® .
­ ® 𝑟 fois
­ 0 0 ... ... 0 0 ® 𝑒𝑟
« 0 0 ... ... 1 0 ¬ 𝑢 (𝑒𝑟 )

4. Cette fois, on doit se contenter d’affirmer dim Ker 𝑢 = 𝑛 − 𝑟 .


7 C’est le théorème de la base
Considérons (𝑥 1, . . . , 𝑥𝑟 ) une base de Im 𝑢. Alors elle peut être complétée7 en une base
(𝑥 1, . . . , 𝑥𝑟 , 𝑣 1, 𝑣 2, . . . , 𝑣𝑛−2𝑟 ) de Ker 𝑢. incomplète.
Et alors comme à la question 2, pour 𝑖 ∈ ⟦1, 𝑟 ⟧, notons 𝑒𝑖 un antécédent de 𝑥𝑖 par 𝑢.
Soient alors 𝛼 1, . . . , 𝛼𝑟 , 𝛽 1, . . . , 𝛽𝑟 , 𝛾 1, . . . , 𝛾𝑛−2𝑟 des complexes tels que

𝛼 1𝑒 1 + 𝛽 1𝑢 (𝑒 1 ) + · · · + 𝛼𝑟 𝑒𝑟 + 𝛽𝑟 𝑢 (𝑒𝑟 ) + 𝛾 1𝑣 1 + . . . 𝛾𝑛−2𝑟 𝑣𝑛−2𝑟 = 0𝐸 .


8 Rappelons que les 𝑣 sont
En appliquant 𝑢, il vient8 donc 𝛼 1𝑢 (𝑒 1 ) + · · · + 𝛼𝑟 𝑢 (𝑒𝑟 ) = 0𝐸 . 𝑖
Donc comme précédemment, 𝛼 1 = · · · = 𝛼𝑟 = 0. dans Ker 𝑢.

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CORRECTION 5

Et alors 𝛽 1 𝑢 (𝑒 1 ) + · · · + 𝛽𝑟 𝑢 (𝑒𝑟 ) +𝛾 1𝑣 1 + · · · + 𝛾𝑛−2𝑟 𝑣𝑛−2𝑟 = 0𝐸 .


|{z} |{z}
=𝑥 1 =𝑥𝑟
On conclut alors par liberté de (𝑥 1, . . . , 𝑥𝑟 , 𝑣 1, . . . , 𝑣𝑛−2𝑟 ), que (𝑒 1, 𝑢 (𝑒 1 ), . . . , 𝑣𝑛−2𝑟 ) est libre,
et étant de cardinal 2𝑟 + 𝑛 − 2𝑟 = 𝑛, c’est une base de 𝐸.
5. Le principe est le même qu’à la question 3, mais les 𝑛 − 2𝑟 derniers vecteurs de la base sont
dans Ker 𝑢, donc la matrice de 𝑢 dans cette base est Diag(𝐽2, . . . , 𝐽2, 0𝑛−2𝑟 ).
| {z }
𝑟 fois

Partie II. Réduction des matrices nilpotentes


6. C’est un fait général, qui ne nécessite pas la nilpotence : si 𝑥 ∈ Im 𝑢, alors 𝑢 (𝑥) ∈ Im 𝑢,
donc Im 𝑢 est stable par 𝑢.
Il est donc légitime de parler de la restriction de 𝑢 à Im 𝑢, qui est bien un endomorphisme
de Im 𝑢.
Soit 𝑦 ∈ Im 𝑢. Alors il existe 𝑥 ∈ 𝐸 tel que 𝑦 = 𝑢 (𝑥), et donc 𝑢 𝑝 −1 (𝑦) = 𝑢 𝑝 (𝑥) = 0𝐸 , donc
non seulement 𝑢 |Im 𝑢 est nilpotent, mais en plus son indice de nilpotence est inférieur ou
égal à 𝑝 − 1.
Par ailleurs, 𝑢 étant d’indice de nilpotence 𝑝, il existe 𝑥 ∈ 𝐸 tel que 𝑢 𝑝 −1 (𝑥) ≠ 0𝐸 . Et donc
𝑢 (𝑥) est un élément de Im 𝑢, pour lequel 𝑢 𝑝 −2 (𝑢 (𝑥)) = 0𝐸 .
Par conséquent, l’indice de nilpotence de 𝑢 |Im 𝑢 est supérieur ou égal à 𝑝 − 1. Et donc
est égal à 𝑝 − 1.
7. Notons tout de suite que 𝑢 étant nilpotent d’indice 𝑝, 𝐶𝑢 (𝑥) = Vect(𝑥, 𝑢 (𝑥), . . . , 𝑢 𝑝 −1 (𝑥)),
et donc est de dimension inférieure ou égale à 𝑝.
𝑝
∑︁−1 𝑝
∑︁−1
La stabilité est assez évidente : si 𝑦 = 𝜆𝑘 𝑢 (𝑥), alors 𝑢 (𝑦) =
𝑘
𝜆𝑘 𝑢 𝑘+1 (𝑥) ∈ 𝐶𝑢 (𝑥).
𝑘=0 𝑘=0
Donc 𝐶𝑢 (𝑥) est stable par 𝑢.
9 Elle contient 𝑝.
Et puisque {𝑘 ∈ N∗ | 𝑢 𝑘 (𝑥) = 0𝐸 } est une partie non vide9 de N∗ , elle contient donc un
plus petit élément 𝑠 (𝑥) ∈ ⟦1, 𝑝⟧.
𝑠 (𝑥
∑︁ ) −1
8. C’est très classique : soient 𝜆0, 𝜆1, . . . , 𝜆𝑠 (𝑥 ) −1 des complexes tels que 𝜆𝑖 𝑢 𝑖 (𝑥) = 0𝐸 .
𝑖=0
Alors en appliquant 𝑢 𝑠 (𝑥 ) −1 , il vient
Remarque
𝑠 (𝑥 ) −1
∑︁ Pour 𝑘 ⩾ 𝑠 (𝑥 ),
𝜆𝑖 𝑢 𝑠 (𝑥 ) −1+𝑖 (𝑥) = 𝑢 𝑠 (𝑥 ) −1 (0𝐸 ) = 0𝐸 ⇔ 𝜆0𝑢 𝑠 (𝑥 ) −1 (𝑥) = 0𝐸 .
𝑖=0 𝑢 𝑘 (𝑥 ) = 𝑢 𝑘 −𝑠 (𝑥 ) (𝑢 𝑠 (𝑥 ) (𝑥 ) ) = 0𝐸 .

Mais 𝑢 𝑠 (𝑥 ) −1 (𝑥) ≠ 0𝐸 , donc 𝜆0 = 0.


𝑠 (𝑥
∑︁ ) −1
Ne reste donc que 𝜆𝑖 𝑢 𝑖 (𝑥) = 0𝐸 .
𝑖=1
En appliquant 𝑢 𝑠 (𝑥 ) −2 , il vient 𝜆1𝑢 𝑠 (𝑥 ) −1 (𝑥) = 0𝐸 , donc 𝜆1 = 0.
De proche en proche, on prouve donc que 𝜆0 = 𝜆1 = · · · = 𝜆𝑠 (𝑥 ) −1 = 0, et donc la famille
(𝑥, 𝑢 (𝑥), . . . , 𝑢 𝑠 (𝑥 ) −1 (𝑥)) est libre.
10 Voir la question précé-
Étant évidemment10 génératrice de 𝐶𝑥 (𝑢), c’est une base de 𝐶𝑥 (𝑢).
dente.
Dans cette base, la matrice de 𝑢 |𝐶𝑥 (𝑢 ) est

𝑢 (𝑥 ) 𝑢 (𝑢 (𝑥 ) ) 𝑢 (𝑢 2 (𝑥 ) ) ... 𝑢 (𝑢 𝑠 (𝑥 ) −2 (𝑥 ) ) 𝑢 (𝑢 𝑠 (𝑥 ) −1 (𝑥 ) )
0 ... ... ... 0 0 𝑥
© .. .. ª
­
­ 1 0 . . ®
® 𝑢 (𝑥 )
­ .. .. .. ®
­
­ 0 1 . . . ®
® 𝑢 2 (𝑥 )
= 𝐽𝑠 (𝑥 ) .
­ .. .. .. .. .. .. ® .
.
­
­ . . . . . . ®
® .
­ .. .. ®
­ 0 . . 0 0 ® 𝑢 𝑠 (𝑥 ) −2 (𝑥 )
« 0 ... ... 0 1 0 ¬ 𝑢 𝑠 (𝑥 ) −1 (𝑥 )

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Et 𝑝 = 1 ?
6 DEVOIR MAISON 20
Un endomorphisme d’indice
de nilpotence 1 ne peut être
9. Comme indiqué, prouvons le résultat par récurrence sur 𝑝 ⩾ 2. que l’endomorphisme nul...
L’hypothèse de récurrence étant P(𝑝) : «pour tout endomorphisme 𝑢 un espace vec-
toriel 𝐸 de dimension 𝑛 ⩾ 2, nilpotent d’indice 𝑝, il existe 𝑡 ∈ N∗ et 𝑥 1, . . . , 𝑥𝑡 tels que
𝑡
Ê 𝑛⩾2 ?
𝐸= 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 )».
Un endomorphisme d’un
𝑖=1
espace de dimension 1 est
▶ Initialisation : la partie I prouve le résultat si 𝑛 ⩾ 3, où 𝑡 = 𝑛 − 𝑟 et où les 𝑥𝑖 sont
soit bijectif (et donc non
𝑒 1, . . . , 𝑒𝑟 et (le cas échéant) 𝑣 1, . . . , 𝑣𝑛−2𝑟 . nilpotent) soit nul.
Bizarrement, cette partie ne disait rien du cas 𝑛 = 2, mais dans ce cas, Im 𝑢 = Ker 𝑢 et la
question 2 s’applique encore.
▶ Hérédité : supposons à présent P(𝑝 − 1) vérifiée, et soit 𝑢 un endomorphisme d’un
espace vectoriel 𝐸 de dimension 𝑛, nilpotent d’indice 𝑝.
Par la question 6, 𝑣 = 𝑢 |Im 𝑢 est nilpotent d’indice 𝑝 − 1.
𝑡
Ê
Donc par hypothèse de récurrence, il existe 𝑦1, . . . , 𝑦𝑡 tels que Im 𝑢 = 𝐶 𝑣 (𝑦𝑖 ).
𝑖=1
11 Par définition.
Notons alors que 𝐶 𝑣 (𝑦𝑖 ) = 𝐶𝑢 (𝑦𝑖 ), puisque 𝑢 et 𝑣 coïncident11 sur Im 𝑢.
Puisque 𝑦𝑖 ∈ Im 𝑢, il possède au moins un antécédent 𝑥𝑖 , et on a clairement 𝑠 (𝑥𝑖 ) = 𝑠 (𝑦𝑖 ) + 1
car 𝑢 𝑠 (𝑦𝑖 ) (𝑥𝑖 ) = 𝑢 𝑠 (𝑦𝑖 ) −1 (𝑦𝑖 ) ≠ 0𝐸 et 𝑢 𝑠 (𝑦𝑖 )+1 (𝑥𝑖 ) = 𝑢 𝑠 (𝑦𝑖 ) (𝑦𝑖 ) = 0𝐸 .
Donc 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ) a pour base (𝑥𝑖 , 𝑢 (𝑥𝑖 ), . . . , 𝑢 𝑠 (𝑦𝑖 ) ) (𝑥𝑖 ).
𝑡
∑︁ 𝑡
∑︁
Remarquons que 𝑟 = rg 𝑢 = dim Im 𝑢 = dim 𝐶𝑢 (𝑦𝑖 ) = 𝑠 (𝑦𝑖 ).
𝑖=1 𝑖=1
Par ailleurs, les 𝑢 𝑠 (𝑥𝑖 ) −1 (𝑥𝑖 ) sont tous dans Ker 𝑢, et forment une famille libre puisque les
𝐶𝑢 (𝑦𝑖 ) sont en somme directe.
Par le théorème de la base incomplète, il est alors possible de compléter cette famille à
l’aide de vecteurs 𝑧 1, . . . , 𝑧𝑛−𝑟 −𝑡 de Ker 𝑢 afin d’obtenir une base de Ker 𝑢. Autrement dit
Il est alors évident que 𝐶𝑢 (𝑧 𝑗 ) = Vect(𝑧 𝑗 ), et ce pour tout 𝑗 ∈ ⟦1, 𝑛 − 𝑟 − 𝑡⟧. 𝑠 (𝑧 𝑗 ) = 1.
Ê 𝑡 𝑛−𝑟
Ê −𝑡
Prouvons alors que 𝐸 = 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ) ⊕ 𝐶𝑢 (𝑧 𝑗 ).
𝑖=1 𝑗=1
Il suffit de prouver que la famille 𝑥 1, 𝑢 (𝑥 1 ), . . . , 𝑢 𝑠 (𝑥 1 ) −1 (𝑥 1 ), . . . , 𝑥𝑡 , . . . , 𝑢 𝑠 (𝑥𝑡 ) −1 (𝑥𝑡 ), 𝑧 1, 𝑧 2, . . . , 𝑧𝑛−𝑟 −𝑡 ,

obtenue par concaténation de bases, est une base de 𝐸.
Déjà, elle est de cardinal
𝑡
∑︁ 𝑡
∑︁ 𝑡
∑︁
𝑠 (𝑥𝑖 ) + 𝑛 − 𝑟 − 𝑡 = (𝑠 (𝑦𝑖 ) + 1) + 𝑛 − 𝑟 − 𝑡 = 𝑠 (𝑦𝑖 ) + 𝑛 − 𝑟 = 𝑛 = dim 𝐸.
𝑖=1 𝑖=1 𝑖=1

Soient donc des complexes 𝜆1,0, . . . , 𝜆1,𝑠 (𝑥 1 ) −1, . . . , 𝜆𝑡,0, . . . , 𝜆𝑡,𝑠 (𝑥𝑡 ) −1, 𝜇1, . . . , 𝜇𝑛−𝑟 −𝑡 tels que

𝑡 𝑠 (𝑥
∑︁ ∑︁𝑖 ) −1 ∑︁−𝑡
𝑛−𝑟
𝜆𝑖,𝑘 𝑢 𝑘 (𝑥𝑖 ) + 𝜇 𝑗 𝑧 𝑗 = 0𝐸 . (★)
𝑖=1 𝑘=0 𝑗=1

12 Rappelons que les 𝑧 sont


En appliquant 𝑢 à cette relation, il reste12 𝑗
dans Ker 𝑢.
𝑡 𝑠 (𝑥 𝑖 ) −1 𝑡 𝑠 (𝑦𝑖 ) −1
Détails
∑︁ ∑︁ ∑︁ ∑︁
𝜆𝑖,𝑘 𝑢 𝑘+1 (𝑥𝑖 ) = 0𝐸 ⇔ 𝜆𝑖,𝑘+1𝑢 𝑘 (𝑦𝑖 ) = 0𝐸 .
Par définition de 𝑥𝑖 ,
𝑖=1 𝑘=0 𝑖=1 𝑘=0
𝑢 𝑘+1 (𝑥𝑖 ) = 𝑢 𝑘 (𝑦𝑖 ).
Mais la famille 𝑦1, . . . , 𝑢 𝑠 (𝑦1 ) −1 (𝑦1 ), . . . , 𝑦𝑡 , . . . , 𝑢 𝑠 (𝑦𝑡 ) −1 (𝑦𝑡 ) , est obtenue par concaténation

Ê 𝑡
de bases des 𝐶𝑢 (𝑦𝑖 ), donc est une base de 𝐶𝑢 (𝑦𝑖 ) = Im 𝑢, et en particulier est libre.
𝑖=1
Donc les 𝜆𝑖,𝑘 , 1 ⩽ 𝑘 ⩽ 𝑠 (𝑥𝑖 ) − 1 sont tous nuls.
Dans la relation (★) ne reste plus que

𝜆1,0𝑥 1 + · · · + 𝜆𝑡,0𝑥𝑡 + 𝜇1𝑧 1 + · · · + 𝜇𝑛−𝑟 −𝑡 𝑧𝑛−𝑟 −𝑡 = 0𝐸 .

Et alors, la famille (𝑥 1, . . . , 𝑥𝑡 , 𝑧 1, . . . , 𝑧𝑛−𝑟 −𝑡 ) étant une base de Ker 𝑢, elle est libre, et donc
𝜆1,0 = · · · = 𝜆𝑡,0 = 𝜇1 = · · · = 𝜇𝑛−𝑟 −𝑡 = 0.
Ê 𝑡 𝑛−𝑟
Ê −𝑡
Ceci achève donc de prouver que 𝐸 = 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ) ⊕ 𝐶𝑢 (𝑧 𝑗 ).
𝑖=1 𝑗=1

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CORRECTION 7

Et donc P(𝑝) est vraie, donc par principe de récurrence, pour tout endomorphisme
𝑡
Ê
nilpotent 𝑢 d’un espace 𝐸 de dimension finie, il existe 𝑥 1, . . . , 𝑥𝑡 ∈ 𝐸 tels que 𝐸 = 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ).
𝑖=1
13 Et elle était ainsi formulée
10. La question est ambiguë13
et laisse entendre que la matrice serait la même dans toute base
adaptée, ce qui n’est pas vrai. dans le sujet de Centrale.
En revanche, à la question 8 nous avons décrit des bases privilégiées des 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ), et c’est par
concaténation de ces bases que nous allons obtenir une base adaptée à la somme directe
dans laquelle la matrice de 𝑢 sera facile à décrire.

Pour cela, établissons un fait général sur la matrice d’une application linéaire dans une base
adaptée à une somme directe de sous-espaces stables.
Pour simplifier les notations, supposons que 𝐸 = 𝐹 1 ⊕ 𝐹 2 , où 𝐹 1 et 𝐹 2 sont deux sous-espaces
stables par 𝑢.
Notons alors (𝑒 1, . . . , 𝑒𝑝 ) une base de 𝐹 1 et (𝑓1, . . . , 𝑓𝑚 ) une base de 𝐹 2 , de sorte que
B = (𝑒 1, . . . , 𝑒𝑝 , 𝑓1, . . . , 𝑓𝑚 ) est une base de 𝐸 adaptée à la somme directe 𝐸 = 𝐹 1 ⊕ 𝐹 2 .
Puisque 𝐹 1 est stable par 𝑢, pour tout 𝑗 ∈ ⟦1, 𝑝⟧, 𝑢 (𝑒 𝑗 ) ∈ 𝐹 1 = Vect(𝑒 1, . . . , 𝑒𝑝 ).
Et de même, pour tout 𝑗 ∈ ⟦1, 𝑚⟧, 𝑢 (𝑓 𝑗 ) ∈ Vect(𝑓1, . . . , 𝑓𝑚 ).
Pour le dire autrement, il existe des scalaires 𝑎𝑖,𝑗 , 1 ⩽ 𝑖, 𝑗 ⩽ 𝑝 tels que
𝑝
∑︁ 𝑝
∑︁
∀𝑗 ∈ ⟦1, 𝑝⟧, 𝑢 (𝑒 𝑗 ) = 𝑎𝑖,𝑗 𝑒𝑖 = 𝑎𝑖,𝑗 𝑒𝑖 + 0 · 𝑓1 + · · · + 0 · 𝑓𝑚 .
𝑖=1 𝑖=1

Et de même, il existe des scalaires 𝑏𝑖,𝑗 , 1 ⩽ 𝑖, 𝑗 ⩽ 𝑚 tels que


𝑚
∑︁ 𝑚
∑︁
∀𝑗 ∈ ⟦1, 𝑚⟧, 𝑢 (𝑓 𝑗 ) = 𝑏𝑖,𝑗 𝑓𝑖 = 0 · 𝑒 1 + · · · + 0 · 𝑒𝑝 + 𝑏𝑖,𝑗 𝑓𝑖 .
𝑖=1 𝑖=1

Donc la matrice de 𝑢 dans la base B est


𝑢 (𝑒 1 ) ... 𝑢 (𝑒𝑝 ) 𝑢 (𝑓1 ) ... 𝑢 (𝑓𝑚 )
𝑎 1,1 ... 𝑎 1,𝑝 0 ... 0 𝑒1
© .. .. .. .. ª .
.
­ . . . . ®® . 
0𝑝,𝑚
­  
MatB (𝑢) = ­­ 𝑎𝑝,1
­ ... 𝑎𝑝,𝑝 0 ... 0 ®® 𝑒𝑝
=
𝑎𝑖,𝑗 1⩽𝑖,𝑗 ⩽𝑝  .
­ 0 ... 0 𝑏 1,1 ... 𝑏 1,𝑚 ®® 𝑓1 0𝑚,𝑝 𝑏𝑖,𝑗 1⩽𝑖,𝑗 ⩽𝑚
­ .. .. .. .. ® .
.
­ . . . . ® .
« 0 ... 0 𝑏𝑚,1 ... 𝑏𝑚,𝑚 ¬ 𝑓𝑚

𝑝
∑︁
Et puisque 𝑢 (𝑒 𝑗 ) = 𝑎𝑖,𝑗 𝑒𝑖 , la matrice (𝑎𝑖,𝑗 )1⩽𝑖,𝑗 ⩽𝑝 ∈ M𝑝 (C) n’est rien d’autre que la
𝑖=1
matrice dans la base (𝑒 1, . . . , 𝑒𝑝 ) de la restriction de 𝑢 à 𝐹 1 .
14 Mais c’est en fait assez
Et de même, (𝑏𝑖,𝑗 )1⩽𝑖,𝑗 ⩽𝑚 est la matrice dans la base (𝑓1, . . . , 𝑓𝑚 ) de la restriction de 𝑢 à 𝐹 2 .
désagréable à écrire propre-
Sur le même principe14 , on prouve que si 𝐸 = 𝐹 1 ⊕· · ·⊕𝐹𝑝 est somme directe de sous-espaces ment, et pas plus convaincant
stables par 𝑢, alors la matrice de 𝑢 dans une base B obtenue par concaténation de bases que si l’on a compris le cas où
B1, . . . , B𝑝 des 𝐹𝑖 est diagonale par blocs : 𝑝 = 2.
  Remarque
MatB (𝑢) = Diag MatB1 (𝑢 |𝐹1 ), . . . , MatB𝑝 (𝑢 |𝐹𝑝 ) .
Ce résultat figure (plus ou
moins explicitement) au pro-
Enfin, dans le cas qui nous intéresse, nous savons que dans une bonne base, à savoir gramme de seconde année,
(𝑥𝑖 , 𝑢 (𝑥𝑖 ), . . . , 𝑢 𝑠 (𝑥𝑖 ) −1 (𝑥𝑖 )), la matrice de 𝑢 |𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ) est 𝐽𝑠 (𝑥𝑖 ) . et donc la réponse attendue
Et donc dans la base 𝑥 1, 𝑢 (𝑥 1 ), . . . , 𝑢 𝑠 (𝑥 1 ) −1 (𝑥 1 ), . . . , 𝑥𝑡 , 𝑢 (𝑥𝑡 ), . . . , 𝑢 𝑠 (𝑥𝑡 ) −1 (𝑥𝑡 ) , la matrice dans le sujet d’origine était

 bien plus concise.
de 𝑢 est la matrice diagonale par blocs Diag 𝐽𝑠 (𝑥 1 ) , . . . , 𝐽𝑠 (𝑥𝑡 ) .

Partie III. Partitions d’entiers


𝑡
Ê
11. Il s’agit de reprendre la décomposition obtenue précédemment 𝐸 = 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ).
𝑖=1
Quitte à renuméroter les 𝑥𝑖 , on peut supposer dim 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ) ⩾ dim 𝐶𝑢 (𝑥𝑖+1 ) (autrement dit,

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8 DEVOIR MAISON 20

que 𝑠 (𝑥𝑖 ) ⩾ 𝑠 (𝑥𝑖+1 ).


Posons alors 𝑘 = 𝑡, 𝛼𝑖 = 𝑠 (𝑥𝑖 ) = dim 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ) et B la base 𝑥 1, 𝑢 (𝑥 1 ), . . . , 𝑢 𝛼 1 −1 (𝑥 1 ), . . . , 𝑥𝑘 , . . . , 𝑢 𝛼𝑘 −1 (𝑥𝑘 ) .

Alors 𝜎 = (𝛼 1, . . . , 𝛼𝑘 ) est bien une partition de 𝑛 car
𝑘 𝑘
!
∑︁ Ê
𝛼 1 + · · · + 𝛼𝑘 = dim 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ) = dim 𝐶𝑢 (𝑥𝑖 ) = dim 𝐸 = 𝑛,
𝑖=1 𝑖=1

et par la question 10, la matrice de 𝑢 dans la base B est Diag(𝐽𝛼 1 , . . . , 𝐽𝛼𝑘 ).


12. On peut répondre de plusieurs manières à cette question. La première est purement
matricielle, et consiste à calculer les premières puissances de 𝐽𝛼 , pour constater que la
«sous-diagonale» de 1 descend à chaque fois d’un «cran» sous la diagonale. Elle est alors
toujours échelonnée, avec à chaque fois un 1 de moins, donc on prouve ainsi que 𝐽𝛼𝑗 est de
rang 𝛼 − 𝑗.
Si tout ceci est correct, ce n’est pas facile à écrire proprement et pas forcément complète-
15 Même si personnellement
ment convaincant15 .
ça me convainc.

Une autre méthode consiste à passer par des endomorphismes : notons (𝑒 1, . . . , 𝑒𝛼 ) la base
canonique de C𝛼 , et ( soit 𝑓 ∈ L(C ) dont la matrice dans la base (𝑒 1, . . . , 𝑒𝛼 ) est 𝐽𝛼 .
𝛼

𝑒𝑖+1 si 1 ⩽ 𝑖 ⩽ 𝛼 − 1
On a alors 𝑓 (𝑒𝑖 ) = .
0 si 𝑖 = 𝛼
On prouve alors facilement, par récurrence sur 𝑗, que pour tout 𝑗 ⩽ 𝛼 − 1,
(
𝑗 𝑒𝑖+𝑗 si 𝑖 + 𝑗 ⩽ 𝛼 ⇔ 𝑖 ⩽ 𝛼 − 𝑗
𝑓 (𝑒𝑖 ) = .
0 sinon

En particulier, on a 𝑓 𝛼 = 0, et donc pour 𝑗 ⩾ 𝛼, 𝐽𝛼𝑗 = 0, et donc rg(𝐽𝛼𝑗 ) = 0.


Pour 1 ⩽ 𝑗 ⩽ 𝛼 − 1 on a

rg 𝐽𝛼𝑗 = rg 𝑓 𝑗 = dim Im 𝑓 𝑗 = dim Vect 𝑓 𝑗 (𝑒 1 ), . . . , 𝑓 𝑗 (𝑒𝛼 ) = dim Vect(𝑒 𝑗+1, . . . , 𝑒𝛼 , 0𝐸 , . . . , 0𝐸 ) = 𝛼−𝑗 .
16 Car de rang 1.
En particulier, 𝐽𝛼 est nilpotente d’indice de nilpotence 𝛼 puisque 𝐽𝛼𝛼 −1 est non nulle16 et
𝐽𝛼𝛼 = 0.
13. Notons que 𝑁𝜎 représentant 𝑢 dans une certaine base, elle est nilpotente, de même indice
de nilpotence que 𝑢, à savoir 𝑝.  
Or, pour tout 𝑗 ∈ N, par produit par blocs, 𝑁𝜎𝑗 = Diag 𝐽𝛼𝑗 1 , . . . , 𝐽𝛼𝑗𝑘 .
 
𝑝 −1 𝑝 −1 𝑝 −1
Ainsi, 𝑁𝜎 ≠ 0 ⇔ Diag 𝐽𝛼 1 , . . . , 𝐽𝛼𝑘 ≠ 0.
On ne peut pas avoir 𝑝 − 1 ⩾ 𝛼 1 , faute de quoi 𝑝 − 1 serait supérieur à tous les 𝛼𝑖 , et donc,
𝑝 −1
par la question précédente, tous les 𝐽𝛼𝑖 seraient nuls. Donc 𝑝 − 1 < 𝛼 1 ⇔ 𝑝 ⩽ 𝛼 1 .
𝑝 𝑝
Par ailleurs, 𝑁𝜎 = 0 et donc 𝐽𝛼 1 = 0, de sorte que 𝑝 ⩾ 𝛼 1 .
Et donc 𝛼 1 = 𝑝, l’indice de nilpotence de 𝑢.
14. La formule proposée n’aura vraiment d’intérêt que pour 𝑗 ∈ ⟦0, 𝛼 1 ⟧, puisque pour 𝑗 > 𝛼 1 , Rang
𝑁𝜎𝑗 = 0 et Γ𝑗 = ∅. On a donc On a en fait ici utilisé un
résultat non prouvé : le rang
   𝑘
 ∑︁ ∑︁ ∑︁ d’une matrice diagonale par
rg 𝑁𝜎𝑗 = rg Diag 𝐽𝛼𝑗 1 , . . . , 𝐽𝛼𝑗𝑘 = rg 𝐽𝛼𝑗𝑖 = rg 𝐽𝛼𝑗𝑖 = (𝛼𝑖 − 𝑗). blocs est la somme des rangs
𝑖=1 𝑖 ∈Λ 𝑗 𝑖 ∈Λ 𝑗 des blocs.
Essayez de vous en
convaincre (et venez me
15. Par la question précédente, voir si vous n’y arrivez pas) !
   
𝑑 𝑗 = rg 𝑁𝜎𝑗 −1 − rg 𝑁𝜎𝑗
∑︁ ∑︁
= (𝛼𝑖 − ( 𝑗 − 1)) − (𝛼𝑖 − 𝑗)
Détails
𝑖 ∈Λ 𝑗 −1 𝑖 ∈Λ 𝑗
∑︁ ∑︁ ∑︁ On a scindé la somme en
= (𝛼𝑖 − ( 𝑗 − 1)) + (𝛼𝑖 − ( 𝑗 − 1)) − (𝛼𝑖 − 𝑗) deux : dans Λ 𝑗 −1 il y a les
𝑖 ∈Λ 𝑗 𝑖 |𝛼𝑖 =𝑗 −1
| {z } 𝑖 ∈Λ 𝑗 éléments de Λ 𝑗 et ceux tels
=0 que 𝛼𝑖 = 𝑗 − 1.
∑︁
= 1 = Card(Λ 𝑗 ).
𝑖 ∈Λ 𝑗

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CORRECTION 9

Et par définition, Card(Λ 𝑗 ) est bien le nombre de blocs 𝐽𝛼𝑖 dont la taille est supérieure ou
égale à 𝑗. Intuition
16. Le nombre 𝑘 de blocs est donc Ce résultat n’est en fait pas
surprenant si l’on se dit que
𝑑 1 = rg(𝑢 0 ) − rg(𝑢 1 ) = rg(id𝐸 ) − rg(𝑢) = dim 𝐸 − rg(𝑢) = dim Ker 𝑢. chaque bloc contribue pour 1
à la dimension du noyau, au
17. Le nombre de blocs de taille exactement 𝑗 est donc sens où le noyau de chaque
𝐽𝛼 est une droite.
𝑑 𝑗 − 𝑑 𝑗+1 = rg(𝑢 𝑗 −1 ) + rg(𝑢 𝑗+1 ) − 2 rg(𝑢 𝑗 ).

18. Notons 𝜎 ′ = (𝛽 1, . . . , 𝛽 ℓ ).
Alors par la question la question 16, ℓ = dim Ker 𝑢 = 𝑘.
Par ailleurs, par la question 13, 𝛼 1 = 𝑝 = 𝛽 1 .
Et plus généralement, pour tout 𝑗 ∈ ⟦1, 𝑛⟧, le nombre de termes égaux à 𝑗 dans 𝜎 ′ est 𝑑 𝑗 ,
qui est donc égal au nombre de termes égaux à 𝑗 dans 𝜎, donc 𝜎 = 𝜎 ′ .
19. Puisque les colonnes 3 et 4 de 𝐴 sont proportionnelles, que la première est nulle et que la
seconde n’est pas combinaison linéaire des colonnes 3 et 5, rg 𝐴 = 3.
Donc 𝜎 comporte 5 − 3 = 2 éléments, et est donc soit égale à (3, 2), soit à (4, 1).
0 −1 1 −1 0
­ 0 0 0 0 0®
© ª
Par ailleurs, 𝐴 = ­ 0 0 0 0 0® ≠ 0 et 𝐴3 = 0.
2 ­ ®
­ 0 0 0 0 0®
­ ®

« 0 0 0 0 0¬
Donc l’indice de nilpotence 𝑝 de 𝐴 vaut 3, et donc 𝛼 1 = 3.
Donc 𝜎 = (3, 2), de sorte que

0 0 0 0 0
­ 1 0 0 0 0®
© ª
𝑁𝜎 = Diag(𝐽3, 𝐽2 ) = ­ 0 1 0 0 0® .
­ ®
­ 0 0 0 0 0®
­ ®

« 0 0 0 1 0¬

20. Soit 𝑀 nilpotente, et soit 𝑁 ∈ M𝑛 (C) semblable à 𝑀.


Alors il existe 𝑃 ∈ 𝐺𝐿𝑛 (C) telle que 𝑁 = 𝑃 −1 𝑀𝑃.
En notant 𝑝 l’indice de nilpotence de 𝑀, on a donc
Remarque
𝑁 𝑝 = (𝑃 −1 𝑀𝑃) 𝑝 = 𝑃 −1 𝑀𝑃𝑃 −1 𝑀𝑃 · · · 𝑃 −1 𝑀𝑃 = 𝑃 −1 𝑀𝐼𝑛 𝑀𝐼𝑛 · · · 𝐼𝑛 𝑀𝑃 = 𝑃 −1 𝑀 𝑝 𝑃 = 0. Sur le même principe, on
| {z }
𝑝 fois
prouverait que 𝑁 𝑝 −1 ≠ 0 et
donc que 𝑁 est nilpotente
d’indice 𝑝.
Donc 𝑁 est nilpotente. Ce n’est pas une surprise : si
𝑁 et 𝑀 représentent le même
Notons 𝑢 l’endomorphisme de C𝑛 canoniquement associé à 𝑀 et soit 𝑣 l’endomorphisme endomorphisme nilpotent 𝑢
de C𝑛 canoniquement associé à 𝑀 ⊤ . dans deux bases, leur indice
de nilpotence est celui de 𝑢.
Notons alors 𝜎𝑢 et 𝜎𝑣 les partitions de 𝑛 associées.
Alors pour tout 𝑗 ∈ ⟦1, 𝑛⟧, Rang
 𝑗
⊤ Rappelons qu’une matrice a
rg(𝑢 𝑗 ) = rg 𝑀 𝑗 = rg 𝑀 𝑗 = rg 𝑀 ⊤

= rg(𝑣 𝑗 ).
même rang que sa transpo-
sée.
Et donc le même raisonnement qu’à la question 18 prouve que 𝜎𝑢 = 𝜎𝑣 .
Mais 𝑀 est semblable à 𝑁𝜎𝑢 et 𝑀 ⊤ est semblable à 𝑁𝜎𝑣 = 𝑁𝜎𝑢 .
Et donc 𝑀 et 𝑀 ⊤ sont semblables, ce qui signifie bien que la classe de similitude de 𝑀
contient 𝑀 ⊤ .
21. Toute matrice nilpotente est semblable à une matrice 𝑁𝜎 , avec 𝜎 ∈ Γ𝑛 . Puisque Γ𝑛 est
évidemment fini, les classes de similitude de matrices nilpotentes sont en nombre fini, et
leur nombre est borné par Card(Γ𝑛 ).
De plus, la question 18 prouve que pour deux éléments 𝜎, 𝜎 ′ de Γ𝑛 , 𝑁𝜎 et 𝑁𝜎 ′ sont dans la
même classe de similitude si et seulement si 𝜎 = 𝜎 ′ .
Donc il y a au moins autant de classes de similitude de matrices nilpotentes qu’il y a de
partitions de 𝑛.
Et donc le nombre de classes de similitude de matrices nilpotentes vaut exactement
Card(Γ𝑛 ).

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