Internet - Wikipédia
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système mondial d'interconnexion de réseaux informatiques basé sur les protocoles d'adressage et de routage IP
Internet
Type Réseau de
télécommunications
Invention
Utilisateur Internaute
Utilise Internet Protocol
Nombre d'abonnements à Internet par
accès fixe rapporté à la population,
exprimé en pourcentage, par pays, en
2021.
Il est constitué de millions de réseaux tant publics que privés, universitaires, commerciaux et
gouvernementaux, à commutation de paquets, sans centre névralgique. Ceux-ci sont regroupés
en réseaux autonomes. Il existe plus de 91 000 réseaux distincts en 20191.
Les données échangées sont retransmises par Internet grâce à un ensemble standardisé de
protocoles de transfert de données, lesquels permettent différentes applications comme le
courrier électronique, le World Wide Web, la messagerie instantanée, le partage de fichiers en
pair-à-pair, le streaming, etc.
Dans les années 1990, l'apparition du Web contribue à rendre Internet accessible au grand
public. Depuis les années 2000, un nombre croissant de types d'objets divers y sont connectés,
formant l'Internet des objets.
Un internaute est un individu qui utilise un accès à Internet, lequel peut être obtenu grâce un
fournisseur d'accès, généralement par souscription à un abonnement, à travers divers modes de
communication électronique : soit filaire (réseau téléphonique commuté à bas débit, ADSL, fibre
optique jusqu'au domicile), soit sans fil (WiMAX, par satellite, GPRS, EDGE, 3G, 3G+, 4G, 5G).
Terminologie
Le terme américain Internet est dérivé du concept d'internetting, en français : « interconnecter des
réseaux », dont la première utilisation documentée remonte à octobre 1972 par Robert Elliot
Kahn2, dans le cadre de la première International Conference on Computer Communications
(ICCC) à Washington.
Les origines exactes du terme sont incertaines. Le 1er janvier 1983, le nom « Internet », déjà en
usage pour désigner l'ensemble d'ARPANET et de plusieurs réseaux informatiques, devient
officiel3.
En anglais, « un internet » (nom commun, sans majuscule) est un terme technique désignant un
réseau constitué de l'interconnexion de plusieurs réseaux informatiques au moyen de routeurs4.
Écrire « Internet » avec une majuscule permet alors de distinguer le réseau global d'un
quelconque autre réseau de réseaux. L'usage de la minuscule devient toutefois majoritaire vers
20155. En 2016, l'agence Associated Press adopte la minuscule dans son Stylebook, qui fait
office de « bible orthotypographique » de la presse anglophone6.
En français, l'usage ou non d'une majuscule (« Internet » ou « internet ») et d'un article défini
(« l'Internet » ou « Internet ») est flottant7. Dans l'usage courant, l'article est très peu employé.
En France
Dans son dictionnaire, l'Académie française donne un exemple utilisant la forme « l'internet »9.
Au Québec
L'Office québécois de la langue française recommande d'utiliser une majuscule, car le terme « est
considéré comme un nom propre qui désigne une réalité unique »10. De nombreux correcteurs
orthographiques intégrés aux logiciels francophones utilisent la majuscule (Microsoft Office,
Mozilla Firefox…).
Historique
En 1934, Paul Otlet décrit dans son Traité de documentation11 une vision prémonitoire de
l'avènement d'Internet.
Années 1960
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mai 2017). [Développer]
Au début des années 1960, J.C.R. Licklider du Massachusetts Institute of Technology (MIT)
décrivit pour la première fois les interactions sociales possibles grâce à un réseau d'ordinateurs
reliés entre eux12,13. En 1961, Leonard Kleinrock, également membre du MIT, publia le premier
texte théorique sur la commutation de paquets14.
Entre 1962 et 1965, le groupe de la RAND avait étudié la transmission par paquets pour l'armée
américaine. Son but était de pouvoir maintenir les échanges de télécommunications en cas
d'attaque (notamment nucléaire), ce que permet une transmission par paquets dans un réseau
non centralisé. Ce projet faisait partie d'un développement indépendant d'ARPANET. Bien que
probablement robuste face à une telle attaque, ARPANET n'avait toutefois pas été initialement
conçu pour faciliter les télécommunications entre chercheurs. Le rapport de Paul Baran resta
purement théorique et il tomba rapidement dans l'oubli. En revanche, le mythe de l'« ARPANET
comme dernier rempart à une attaque atomique » trouve dans cet épisode son origine.
Parallèlement, au National Physical Laboratory, l'équipe de Donald Davies progressait sur le NPL
Network, premier réseau « maillé » fonctionnel, fondé sur la transmission de datagrammes
(packets). L'histoire d'Internet ne retint pourtant pas d'origine européenne. ARPANET serait
reconnu dès lors comme origine officielle du réseau Internet15.
En août 1968, la DARPA accepta de financer le développement des équipements de routage des
paquets d'ARPANET. Ce développement fut confié en décembre de la même année à un groupe
de la société Bolt, Beranek and Newman (BBN) de Boston. Celui-ci travailla avec Bob Kahn sur
l'architecture du réseau. De son côté, Roberts améliora les aspects topologiques et économiques
du réseau. Kleinrock prépara plusieurs systèmes de mesure du réseau. Le 20 septembre 1969,
BBN installa le premier équipement à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA), où
travaillait Kleinrock. Le second nœud du réseau fut installé au Stanford Research Institute (SRI),
où Douglas Engelbart travaillait sur un projet d'hypertexte. Deux nœuds supplémentaires furent
ajoutés à l'université de Santa Barbara et à l'université de l'Utah. Fin 1969, ARPANET comptait
ainsi quatre nœuds.
Années 1970
Le Network Working Group (NWG) conduit par Steve Crocker acheva le protocole de
communication poste-à-poste Network Control Program (NCP) en décembre 1970. Ce protocole
fut adopté entre 1971 et 1972 par les sites branchés à ARPANET. Ceci permit le développement
d'applications par les utilisateurs du réseau. La perspective d'une informatique plus
décentralisée commence à intéresser les constructeurs souhaitant rivaliser avec le géant IBM.
En 1972, Ray Tomlinson mit au point la première application importante : le courrier électronique.
En octobre 1972, Kahn organisa la première démonstration à grande échelle d'ARPANET à
l'International Computer Communication Conference (ICCC). C'était la première démonstration
publique du réseau.
Le concept d'Internet est né d'ARPANET. L'idée était de permettre la connexion entre des réseaux
divers : ARPANET, des communications avec les satellites, des communications par radio. Cette
idée fut introduite par Kahn en 1972 sous le nom de Internetting. Le protocole NCP d'ARPANET
ne permettait pas d'adresser des hôtes hors d'ARPANET ni de corriger d'éventuelles erreurs de
transmission. Kahn décida donc de développer un nouveau protocole, qui devint finalement
TCP/IP.
En parallèle, un projet inspiré par ARPANET était dirigé en France par Louis Pouzin : le projet
Cyclades. De nombreuses propriétés de TCP/IP furent ainsi développées, plus tôt, pour Cyclades.
Pouzin et Kahn indiquent que TCP/IP était inspiré par le réseau Cyclades français, poussé par la
CII et sa distributed system architecture. On commença à parler de calcul distribué. Aux États-
Unis, IBM et Digital Equipment Corporation (DEC) créèrent les architectures SNA et DECnet, en
profitant de la numérisation du réseau d'AT&T (Réseau téléphonique commuté)16.
En 1973, Kahn demanda à Vint Cerf (parfois appelé le « père d'Internet ») de travailler avec lui, car
Cerf connaissait les détails de mise en œuvre de NCP. Le premier document faisant référence au
Transmission Control Protocol (TCP) fut écrit en 1973 par Cerf : A Partial Specification of an
International Transmission Protocol. La première spécification formelle de TCP, publiée en
décembre 1974, fut le RFC 67517.
Années 1980
En septembre 1981, le protocole de communication TCP/IP version 4 est décrit dans les Request
for comments (RFC) 79118, 79219 et 79320. Il est installé en 1983 sur ARPANET. En 1983, les
spécifications du système de noms de domaine sont publiées dans les RFC 88221 et 88322. En
1986, la National Science Foundation (NSF) crée NSFNET avec une dorsale Internet de 56
kilobits par seconde, qui passe à 1,5 mégabit par seconde en 1988.
Dans les années 1980, la guerre des protocoles de communication n'est pas éteinte et l'Europe
préfère le modèle OSI23, ce qui freine l'adoption de TCP/IP pour les connexions distantes. Le
CERN participe à l'introduction des techniques liées à Internet en Europe, par la mise en service
de deux routeurs Cisco en 1987, qui sont vraisemblablement les premiers introduits sur le
continent européen. Le CERN n'est connecté à Internet qu'en 1989.
Années 1990
Le début des années 1990 marque la naissance de l'application la plus connue d'Internet
aujourd'hui : le World Wide Web, un ensemble de pages codées en HTML qui mélangent du texte,
des hyperliens, des images, sont adressables par une URL (ou adresse web) et sont accessibles
au moyen du protocole HTTP. Ces standards, développés au CERN par Tim Berners-Lee et Robert
Cailliau, deviennent rapidement populaires grâce au développement au NCSA par Marc
Andreessen et Eric Bina du navigateur web NCSA Mosaic.
Le premier site web est mis en service en 1991 et le 30 avril 1993 marque le passage officiel du
World Wide Web dans le domaine public25.
En janvier 1992, l’Internet Society (ISOC) voit le jour, dans le but de promouvoir et de coordonner
les développements sur Internet. En 1993, la National Science Foundation (NSF) mandate une
compagnie pour enregistrer les noms de domaine. À la fin des années 1990, des sociétés
pionnières comme Yahoo!, Amazon, eBay, Netscape Communications et AOL voient leur valeur
en bourse monter en flèche, ce qui se finit par le krach boursier de 2001-2002.
Depuis 2000
En septembre 2014, l'espace Web connecté à Internet dépasse un milliard de sites en ligne26,
pour près de trois milliards d'internautes27. Le nombre de sites, d'internautes, de courriels
envoyés, de recherches effectuées sur le moteur de recherche Google, est en augmentation
permanente28.
Gouvernance
Selon la définition du groupe de travail sur la gouvernance d'Internet, il faut entendre par
« gouvernance de l’internet » l’élaboration et l’application par les États, le secteur privé et la
société civile, dans le cadre de leurs rôles respectifs, de principes, normes, règles, procédures de
prise de décisions et programmes communs propres à modeler l’évolution et l’usage de
l’Internet.
Certains organismes sont chargés de la gestion d'internet et ont des attributions spécifiques. Ils
participent à l'élaboration des standards techniques, l'attribution des noms de domaine, des
adresses IP, etc. :
Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN), qui était sous la tutelle du
département du Commerce des États-Unis jusqu'en 2016 ;
Internet Engineering Task Force (IETF), qui s'occupe des aspects architecturaux et techniques ;
Dans un but de maintenir ou d'élargir la neutralité du réseau, mais aussi d'engager les diverses
parties globales dans un dialogue sur le sujet de la gouvernance, les Nations unies ont
convoqué :
La neutralité du Net ou la neutralité du réseau est un principe fondateur d'Internet qui exclut
toute discrimination à l'égard de la source, de la destination ou du contenu de l'information
transmise sur le réseau.
Aspects juridiques
Internet trouve son fondement juridique dans l'existence d'un principe de libre-circulation de
l'information qui remonte au xixe siècle, lors de l'émergence du télégraphe. Depuis, ce principe a
émergé graduellement de la rencontre progressive puis de la symbiose entre la libre-circulation
internationale des services et la liberté d'expression32.
Tout au long du xxe siècle, ce qui était à l'origine une problématique technique encadrée par
l'Union internationale des télécommunications (UIT) a été progressivement captée, reprise et
amplifiée par l'accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) puis l'Organisation
mondiale du commerce (OMC), dans le cadre de la libéralisation internationale du commerce des
services.
Aujourd'hui, que l'on observe la jurisprudence du Conseil constitutionnel français ou des Cours
européennes, le principe de libre circulation de l'information est consacré dans sa triple
dimension : technique (en tant que support indissociable d'Internet), économique (en tant que
préalable nécessaire à la libre-circulation mondiale des services) et éthique (en tant
qu'instrument venant compléter et élargir le traditionnel principe de liberté d'expression). Porter
atteinte à ce principe revient dans le même temps (potentiellement) à porter atteinte à la liberté
d'utiliser Internet, à la liberté d'expression et à la liberté de prestation de services.
Il n'existe pas de droit spécifique à Internet, mais plutôt une application du droit commun au
réseau Internet. Certaines législations nationales sont modifiées afin de prendre en compte ces
particularités ; par exemple, en France, la Loi pour la confiance dans l'économie numérique
(LCEN) du 21 juin 2004 et son article 6 sur la procédure de notification de contenu illicite sur
internet.
L'application du droit sur internet est rendue difficile pour deux raisons principales :
sous le couvert du réseau, il est souvent difficile d'identifier les utilisateurs, donc les
responsables d'infractions.
La protection de données personnelles des pays membres de l’Union européenne (UE) était,
jusqu'au 25 mai 2018, communément fondée sur la directive européenne du 24 octobre 1995, qui
n’était plus en accord avec les avancées technologiques des 20 années précédentes. Cette
dernière couvre la liberté de circulation des données personnelles en limitant les divergences
entre les législations nationales.
Les données à caractère personnel sont concernées par le RGPD, elles concernent les
informations basiques telles que les noms et prénoms, coordonnées postales et téléphoniques,
mais aussi l’adresse IP, les informations sur la santé et les loisirs ainsi que les données
personnelles sous pseudonyme, qui sont considérées comme des informations personnellement
identifiables et soumises au nouveau règlement34.
Technique
Internet est constitué de la multitude de réseaux répartis dans le monde entier et interconnectés.
Chaque réseau est rattaché à une entité propre (université, fournisseur d'accès à Internet, armée)
et est associé à un identifiant unique appelé Autonomous System (AS) utilisé par le protocole de
routage Border Gateway Protocol (BGP). Afin de pouvoir communiquer entre eux, les réseaux
s'échangent des données, soit en établissant une liaison directe, soit en se rattachant à un nœud
d'échange (point de peering). Ces échanges peuvent se limiter au trafic entre leurs utilisateurs
respectifs (on parle alors de peering) ou bien inclure le trafic de tiers (il s'agit alors d'accord de
transit). Un opérateur qui fournit un service de transit Internet à d'autres fournisseurs d'accès est
appelé carrier. Ces accords d'échange de trafic sont libres, ils ne font pas l'objet d'une régulation
par une autorité centrale.
Chaque réseau est connecté à un ou plusieurs autres réseaux. Lorsque des données doivent être
transmises d'un ordinateur vers un autre appartenant à un AS différent, il faut déterminer le
chemin à effectuer parmi les réseaux. Les routeurs chargés du trafic entre les AS disposent
généralement d'une table de routage complète (Full routing table)35, de plus de 440 000 routes en
201336 et transmettent le trafic à un routeur voisin et plus proche de la destination après
consultation de leur table de routage.
Des chercheurs israéliens de l'université Bar-Ilan ont déclaré, après avoir analysé les nœuds
reliant l'ensemble des sites, qu'internet est un réseau méduse. Ils la définissent comme ayant un
cœur dense connecté à une multitude d'autres sites, qui ne sont reliés entre eux que par ce cœur,
semblable à un maillage à structure fractale. Cette zone permet à 70 % du réseau de rester
connecté sans passer par le cœur. Les chercheurs indiquent donc cette zone comme piste pour
désengorger le trafic, en répartissant mieux les sites de cette zone37.
En pratique, ces connexions sont réalisées par des infrastructures matérielles et des protocoles
informatiques.
Ces connexions permettent notamment de relier des connexions grand public à des Centre de
traitement de données.
L'accès à internet est souvent vendu sous la forme d'offre commerciale de services, avec un
abonnement fixe ou un paiement aux données consommées. Certaines organisations,
notamment les universités européennes, disposent de leurs propres réseaux (ex. : Renater).
Pour accéder à Internet, il faut disposer d'un équipement IP ainsi que d'une connexion à un
fournisseur d'accès. Pour cela, l'utilisateur emploie les matériel et logiciel suivants :
un téléphone mobile ou tout autre équipement terminal d'un réseau : ordinateur personnel,
tablette tactile, console de jeux vidéo ;
un canal de communication vers le fournisseur d'accès : fibre optique, ligne téléphonique fixe
analogique, xDSL, ligne téléphonique mobile en 5G, 4G, LTE, 3G+, 3G, Edge, GPRS, GSM (CSD),
Internet par satellite ;
un système (logiciel/matériel) client pour le protocole réseau utilisé (PPP, PPPoX, Ethernet,
ATM, etc.) ;
un fournisseur d'accès à Internet (FAI) (en anglais ISP pour Internet Service Provider).
Cette section doit être actualisée. (mai 2020)
Il manque des informations récentes pertinentes et vérifiables, et certains passages peuvent
annoncer des événements désormais passés, ou des faits anciens sont présentés comme
actuels. Mettez à jour ou discutez-en.
Des logiciels sont, eux, nécessaires pour exploiter Internet suivant les usages :
pour le courrier électronique : un client SMTP et POP (ou POP3) ou IMAP (ou IMAP4) ;
pour des transferts de fichiers : un client ou un serveur FTP (File Transfert Protocol) ;
Centre de données
Article détaillé : Centre de données.
Les centres de données sont des lieux occupés par des serveurs, des équipements de stockage
et de réseau (commutateurs, routeurs, pare-feux, etc.).
Avant la bulle Internet, des millions de mètres carrés destinés à abriter de tels centres furent
construits dans l'espoir de les voir occupés par des serveurs. Depuis, la concentration des
centres s'est poursuivie, avec le développement de centres spécialisés pour lesquels les défis les
plus importants sont la maîtrise de la climatisation et surtout de la consommation électrique. Ce
mouvement a été intégré dans le green computing (informatique durable) et vise à aboutir à des
centres de traitement de données dits écologiques pour lesquels sont apparus des outils
spécialisés38.
Infrastructures matérielles
Article détaillé : Maillage de l'infrastructure Internet en France.
Internet repose sur la transmission d'informations d'un point à un autre. Cette transmission se
fait généralement au moyen d'ondes électromagnétiques. Les différents points sont donc
connectés soit physiquement, soit indirectement à travers d'autres points.
Ces ondes peuvent être transmises dans l'air (technologies sans fil), dans une fibre optique ou
dans un câble métallique (technologies filaires). Lorsque l'information doit passer d'une voie vers
une autre, elle est aiguillée au moyen de matériels dédiés (commutateurs, routeurs).
Protocoles logiciels
Les protocoles logiciels utilisés sur internet sont les conventions structurant les échanges
d'informations nécessaires au transfert des contenus applicatifs pour l'usager final. Ils
permettent notamment d'identifier les interfaces (donc les machines), de s'assurer de la
réception des données envoyées et de l'interopérabilité.
Internet fonctionne suivant un modèle en couches, similaire au modèle OSI. Les éléments
appartenant aux mêmes couches utilisent un protocole de communication pour s'échanger des
informations.
Un protocole est un ensemble de règles qui définissent un langage afin de faire communiquer
plusieurs ordinateurs. Ils sont définis par des normes ouvertes, les RFC (RFC 79139, RFC 100040,
RFC 146241 et RFC 158042).
Chaque protocole a des fonctions propres et, ensemble, ils fournissent un éventail de moyens
permettant de répondre à la multiplicité et à la diversité des besoins sur internet.
Les principaux sont les suivants, classés selon leur couche (IP, TCP et UDP) ; couches
applicatives [Quoi ?].
IP (Internet Protocol) aussi appelé IPv4 : protocole réseau qui définit le mode d'échange
élémentaire entre les ordinateurs participant au réseau en leur donnant une adresse unique
sur celui-ci. Cependant, en raison de l'épuisement des adresses IPv4, une nouvelle norme voit
le jour ; nommée IPv6, elle permet d'accueillir un plus grand nombre d'utilisateurs.
TCP : responsable de l'établissement de la connexion et du contrôle de la transmission.
C'est un protocole de remise fiable. Il s'assure que le destinataire a bien reçu les données,
au contraire d'UDP.
HTTP (HyperText Transfer Protocol) : protocole mis en œuvre pour le chargement des
pages web.
FTP (File Transfer Protocol) : protocole utilisé pour le transfert de fichiers sur Internet.
SFTP (SSH File Transfer Protocol) : protocole bâti sur SSH pour le transfert de fichiers
sécurisé.
UDP : permet de communiquer, de façon non fiable, mais légère, par petits datagrammes.
DNS (Domain Name System) : système de résolution de noms Internet.
ICMP (Internet Control Message Protocol) : protocole de contrôle du protocole IP.
Indépendamment du transfert entre deux points, les routeurs doivent pouvoir s'échanger des
informations de routage. Un IGP (Interior Gateway Protocol) et un EGP (Exterior gateway protocol)
comme BGP (Border Gateway Protocol) satisfont ce besoin.
Internet aurait une empreinte carbone extrêmement importante ; plus de 200 milliards de
courriels seraient envoyés chaque jour47,48, sachant que chaque courriel est lié à l'émission de
quelques grammes à quelques dizaines de grammes de CO2, en fonction du nombre de
destinataires et de la taille des pièces jointes49,50,49. Ces conséquences écologiques sont
principalement dues à la fabrication des terminaux (ordinateur, smartphone, tablette, etc.) ayant
servi à envoyer et recevoir le courriel51. Si Internet était un pays, ce serait le troisième plus gros
consommateur d'électricité en 2018, après la Chine et les États-Unisc,43. Selon plusieurs études,
en 2018, Internet correspond à 6 à 10 % de la consommation mondiale d'électricité et pèserait
près de 5 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales43, soit plus que le transport aérien.
La construction des centres de traitement de données des principaux acteurs d'Internet, Google,
Apple et Facebook, dans l'État de Caroline du Nord aux États-Unis, est intimement liée au bas
coût de l'énergie dans cet État44. Ce coût bas s'explique par le fonctionnement de centrales
thermiques utilisant le charbon des Appalaches, dont l'exploitation à ciel ouvert détruit des
montagnes entières44.
Considérations sociales
Statistiques
Article détaillé : Internet dans le monde.
En 2008, le monde compte 1,574 milliard d'internautes52. En juin 2012, 2,4 milliards d'internautes
sont recensés53.
Asie 37,6
Europe 27,1
Afrique 3,6
Moyen-Orient 3,0
Océanie/Australie 1,4
Un bouleversement social
La mise à disposition constante d'images et d'idées et leur transmission rapide ont des
conséquences sur le développement psychologique, moral et social des personnes, la structure
et le fonctionnement des sociétés, les échanges culturels, la perception des valeurs et les
convictions religieuses. Tout cela n'est pas sans poser des questions éthiques sur le
développement de la personne humaine et la chance que peuvent avoir les personnes et les
peuples de percevoir une transcendance59. Internet est un espace paradoxal : il se détache de la
conception spatiale ou matérialiste de l'espace que l'histoire a mise en place. « Internet est un
espace qui fait gagner de l'espace-temps. Il se révèle plus efficient que d'autres espaces dès lors
que l'étendue est vaste, que le nombre de réalités considérées est important et que l'interaction
n'exige pas de contact matériel », selon Boris Beaude57.
Internet a bouleversé les rôles et les structures sociales jusqu'alors bien établis. Alors que le
géant Google a transformé l'accès à l'information de différentes façons (accessibilité, rapidité et
réseautage), les réseaux sociaux sont devenus les principaux moyens de médiation et de relation
entre les individus, pour ne nommer que ceux-là57. Internet s'est donc immiscé dans l'ordre
social pour le remanier. « La capacité d'Internet à créer du contact réticulaire en dépit de la
distance territoriale offre aussi une opportunité considérable d'organisation, de production et de
coordination »57, souligne Boris Beaude.
Autant Internet peut être une occasion d'enrichissement personnel ainsi que culturel et
contribuer à un développement humain authentique, autant il risque de constituer une menace
pour le lien social, s'il en vient à dispenser les hommes de toute communication directe. Le
sociologue Philippe Breton met en garde contre une conception de la « société mondiale de
l'information », où les liens sociaux seraient fondés sur la séparation des corps et la
collectivisation des consciences. Selon lui, cette vision du tout-internet découle de l'héritage de
Teilhard de Chardin, du bouddhisme zen et des croyances New Age60.
Outil de mobilisation
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !
Comment faire ?
Alors même que certains experts dénoncent de mauvaises hypothèses sur le rôle des
technologies de l'information et de la communication par rapport aux problèmes
d'environnement, les mêmes experts soulignent qu'internet peut jouer un rôle très important pour
la mobilisation des citoyens sur les questions de responsabilité sociale et de développement
durable. Internet est en effet un réseau de vigilance, alimenté par les associations, les ONG et les
gouvernements, accessible à tous les citoyens (au moins dans les pays les plus développés) et
qui peuvent en outre servir de source d'information pour les médias. La convention d'Aarhus,
signée en 1998 par trente-neuf États, porte sur l'accès à l'information et la participation du public
au processus décisionnel. Le web de deuxième génération (web 2.0), fournit des plateformes
d'échange entre utilisateurs grâce à des services collaboratifs tels que les wikis. L'encyclopédie
Wikipédia en est d'ailleurs un excellent exemple61.
Internet est souvent employé comme outil de mobilisation par les organisations non
gouvernementales et altermondialistes, comme Attac62. Il représente également un canal
d'information63, d'expression et de mobilisation pour des groupes stigmatisés comme la
communauté LGBT64,65. Par ailleurs, des groupuscules politiques utilisent Internet comme un
canal de sensibilisation et de propagande [réf. souhaitée].
Un phénomène nouveau apparu dans les années 2000 est la collecte de signatures pour des
pétitions en ligne [réf. nécessaire].
La tendance apparue depuis 2012 environ en France est à une articulation entre l'usage offensif
d'Internet par le biais des réseaux sociaux et l'expression publique dans la rue. Elle introduit des
combinaisons innovantes entre les manifestations de rue et les techniques de prise de parole
(sites internet, blogs, web social) ou les terminaux mobiles (SMS, prise d'images et de vidéos)66.
Fracture numérique
Article détaillé : Fracture numérique.
La fracture numérique est la disparité d'accès aux technologies informatiques, mise en évidence
par la disponibilité inégale du réseau Internet. Elle recouvre parfois le clivage entre « les info-
émetteurs et les info-récepteurs »67.
Cette disparité est fortement marquée d'une part entre les pays riches et les pays pauvres,
d'autre part entre les zones urbaines denses et les zones rurales. Elle existe également à
l'intérieur des zones moyennement denses.
Arts et littérature
La période 1971-1975, qui a vu les prémices d'Internet, est évoquée sur le ton de l'humour dans
Comédies françaises, un roman d’Éric Reinhardt publié en 2020. Le livre interroge les liens entre
culture, politique et technologie lors de l'arrêt du réseau Cyclades, reposant sur le datagramme et
qui inspirera la conception d'Internet68 [réf. à confirmer]. L'auteur décrit, via l'enquête d'un jeune
journaliste de l'Agence France-Presse, comment Ambroise Roux, patron de la CGE, a obtenu du
président Valéry Giscard d'Estaing, au début des surfacturations aux PTT, l'abandon du plan
Calcul, d'Unidata, de la Délégation générale à l'informatique et du réseau Cyclades.
Notes et références
Notes
a. À l'occasion de l'examen de la Loi Création et Internet.
b. Chaque routeur oriente le trafic vers un routeur voisin plus proche de la destination.
Références
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Voir aussi
Filmographie
« Internet les origines du web », épisode de la saison 1 de la série d'animation documentaire
Points de repères diffusée sur Arte.
Bibliographie
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Michel Béra et Éric Méchoulan, La machine Internet, Odile Jacob, coll. « Sciences », 1999,
318 p. (ISBN 978-2-7381-0691-9, lire en ligne ([Link]
ntcover) [archive])
Jean-Samuel Beuscart, Éric Dagiral, Sylvain Parasie, Sociologie d'internet, Armand Colin, 2016,
224 p.
Philippe Breton, Le culte de l’Internet. Une menace pour le lien social ?, Paris, La Découverte,
2000, réédité en 2012 (ISBN 978-2-7071-7274-7)
Alain Finkielkraut et Paul Soriano, Internet, l'inquiétante extase, Mille et une nuits, 11 avril 2001,
93 p. (ISBN 978-2-84205-563-9)
Christian Huitema, Et Dieu créa l'Internet…, Eyrolles, février 1996 (ISBN 978-2-212-07508-3)
Sébastien Rouquette, L'analyse des sites internet, INA/De Boeck, 2009, 300 p.
Félix Tréguer, L'Utopie déchue. Une contre-histoire d'Internet xve – xxie siècle, Fayard, 2019, 350
p.
Jacques Vallé, Au cœur d'Internet : un pionnier français du réseau examine son histoire et
s'interroge sur l'avenir, Éditions Balland, 2004 (lire en ligne ([Link]
iUC&printsec=frontcover&dq=au+coeur+d%27internet) [archive])
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Liens externes
avril 2010.
Le monde en réseau: article de synthèse paru dans Textes et Documents pour la Classe (htt
p://[Link]/2013/06/14/la-revolution-internet-2/) [archive],
octobre 2012.