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Devoir Surveillé N°6: I - Manipulations de Fonctions Absolument Monotones

Le devoir surveillé du Lycée Pierre de Fermat porte sur les théorèmes de Bernstein pour les fonctions absolument monotones, structuré en trois parties. Les étudiants doivent démontrer des propriétés des fonctions absolument monotones, étudier un théorème d'égalité au polynôme de Taylor, et analyser des points extrémaux dans un ensemble convexe. La notation et la qualité de la rédaction sont essentielles pour la notation.

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Devoir Surveillé N°6: I - Manipulations de Fonctions Absolument Monotones

Le devoir surveillé du Lycée Pierre de Fermat porte sur les théorèmes de Bernstein pour les fonctions absolument monotones, structuré en trois parties. Les étudiants doivent démontrer des propriétés des fonctions absolument monotones, étudier un théorème d'égalité au polynôme de Taylor, et analyser des points extrémaux dans un ensemble convexe. La notation et la qualité de la rédaction sont essentielles pour la notation.

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Lycée Pierre de Fermat 2024/2025

MPSI Devoir surveillé

Devoir Surveillé n°6


Sujet donné le mercredi 12 février 2025, 3h.
L’usage de la calculatrice n’est pas autorisé.

La notation tiendra particulièrement compte de la qualité de la rédaction, la précision des raisonnements et l’énoncé des
formules utilisées. Les réponses aux questions seront numérotées et séparées par un trait horizontal. Les résultats
essentiels devront être encadrés ou soulignés.

BON TRAVAIL
————————————————————–

Problème - Théorèmes de Bernstein pour les fonctions absolument


monotones
Ce problème est composé de 3 parties.

Objectifs :
Le but est d’étudier les fonctions absolument monotones. Nous verrons en première partie qu’elles sont suffisamment présentes pour ne
pas être anecdotiques. En seconde partie, nous verrons un premier théorème de Bernstein qui donne une égalité étendue entre les fonc-
tions absolument monotones et leur développement de Taylor. En troisième partie, nous étudierons quelques propriétés topologiques
d’un ensemble de fonctions absolument monotones.

Notations :
• Si une fonction f est indéfiniment dérivable sur un intervalle I, pour tout n ∈ N∗ , sa dérivée n-ième est notée f (n) . Par
convention, on pose f (0) = f .
• Dans tout le problème, I est un intervalle contenant au moins deux points distincts.
• Sauf mention contraire, a et b sont des éléments de la droite numérique achevée R vérifiant a < b.
• On note F(I, R), l’ensemble (espace vectoriel) des fonctions définies sur I et à valeurs dans R.

Définitions :
• Soit f une fonction définie sur l’intervalle ouvert I = ]a, b[.
f est absolument monotone sur ]a, b[ si
(i) f est de classe C ∞ sur ]a, b[,
(ii) ∀x ∈]a, b[, ∀n ∈ N, f (n) (x) ⩾ 0 .
• On note A(I) l’ensemble des fonctions absolument monotones sur l’intervalle I.

• On dit qu’une partie K de F(I, R) est convexe si elle vérifie :

∀ λ ∈ [0, 1] , ∀ f, g ∈ K , (1 − λ)f + λg ∈ K

I . Manipulations de fonctions absolument monotones


Dans cette partie, I est un intervalle ouvert que l’on pourra noter ]a, b[ si nécessaire (avec a, b ∈ R).
I.1. Montrer que x 7→ ex est absolument monotone sur R.
I.2. Soit f une fonction absolument monotone sur I. Que peut-on dire du signe de f ? de ses variations ? de sa convexité ?
I.3. Justifier qu’une fonction f est absolument monotone sur I si et seulement si elle est positive et dérivable sur I et sa
fonction dérivée est absolument monotone sur I.
I.4. Stabilité de A(I).
(a) Montrer que la somme et le produit de deux fonctions absolument monotones sur un même intervalle I sont encore
des fonctions absolument monotones sur I.
(b) Montrer que, si a ∈ R+ et f ∈ A(I), alors a · f est absolument monotone sur I.
En déduire que A(I) est un ensemble convexe.
(c) Montrer que, si f est absolument monotone sur I =]a, b[, alors, pour tout τ ∈ R, fτ : t 7→ f (t − τ ) est absolument
monotone sur ]a + τ, b + τ [.
(d) Soient φ : J → R absolument monotone sur J et f : I → R absolument monotone sur I tel que φ(J) ⊂ I.
En exploitant une récurrence bien énoncée, montrer, que pour tout n ∈ N et tout t ∈ J, (f ◦ φ)(n) (t) ⩾ 0.
En déduire que f ◦ φ est absolument monotone sur J.

1
I.5. Quelles sont parmi les fonctions suivantes celles qui sont absolument monotones sur l’intervalle donné ? (On justifiera
1 1
évidemment les réponses) : x 7→ ch(x) sur I = R ; I+ : x 7→ sur I = R∗+ et I− : x 7→ − sur I = R∗− .
x x
I.6. Condition nécessaire (et suffisante ?).
(a) Énoncer puis démontrer une condition nécessaire et suffisante sur les coefficients d’une fonction polynomiale réelle
pour qu’elle soit absolument monotone sur R∗+ .
(b) Supposons que 0 ∈ I. Montrer que si f est absolument monotone sur I, alors pour tout k ∈ N, f (k) (0) ⩾ 0.
La réciproque est-elle vraie ? (on justifiera la réponse).
I.7. Prolongement.
Soit f une fonction absolument monotone sur un intervalle ouvert I = ]a, b[ , (a, b) ∈ R2 .
(a) Montrer soigneusement que f se prolonge à [a, b[ en une fonction fe de classe C 1 sur [a, b[.
(b) Montrer que fe est de classe C ∞ sur [a, b[.
(c) Sous quelles hypothèses supplémentaires nécessaires et suffisantes sur f pourrait-on prolonger f de façon à obtenir
une fonction absolument monotone sur ]a, b[ et de classe C ∞ sur [a, b] ?

II . Théorème de Bernstein d’égalité au polynôme de Taylor sur un intervalle


Soient R ∈ R∗+ et f une fonction de classe C ∞ sur [0, R[ telle que sa restriction à ]0, R[ est une fonction absolument monotone
sur ]0, R[ : f]0,R[ ∈ A(]0, R[).
Pour tout n ∈ N et pour tout x ∈ [0, R[, on pose
n x
f (p) (0) (x − t)n (n+1)
X Z
p
Sn (x) = x et Rn (x) = f (t)dt.
p=0
p! 0 n!

II.1. (a) Montrer que ∀n ∈ N, ∀x ∈ [0, R[, f (x) = Sn (x) + Rn (x)


(on pourra effectuer une intégration par parties sur Rn (x)).
(b) Montrer, en effectuant un changement de variable à préciser en détail, que
1
(1 − s)n (n+1)
Z
n+1
∀x ∈]0, R[ , Rn (x) = x f (sx)ds.
0 n!

II.2. Soit n ∈ N fixé.


(a) En utilisant II.1(a), montrer que ∀t ∈ [0, R[, Rn (t) ⩽ f (t).
Rn (x)
(b) En étudiant la monotonie de f (n+1) , établir que la fonction x 7→ définie sur ]0, R[ est croissante.
xn+1
(c) Soient 0 < x < y < R. Montrer que
 n+1
x
0 ⩽ Rn (x) ⩽ f (y).
y
II.3. Montrer que, pour tout x ∈ [0, R[, la suite (Sn (x))n∈N converge et préciser sa limite.
II.4. Dans cette question, nous considérons f = tan .
[0, π2 [
n  
X n (p) (n−p)
(a) Rappeler l’expression de f ′ en fonction de f puis montrer que : ∀n ∈ N∗ , f (n+1) = f f .
p=0
p
h πh
(b) Montrer que : ∀n ∈ N, ∀x ∈ 0, , f (n) (x) ⩾ 0.
2
f (n) (0)
(c) Pour tout n ∈ N, on note an = . Exprimer an+1 en fonction de a0 , . . ., an . Calculer ak pour k de 1 à 7.
n!
(d) Montrer que : ∀p ∈ N, a2p = 0.
i π πh X∞
(e) Montrer que : ∀x ∈ − , , tan x = a2p+1 x2p+1 .
2 2 p=0

2
III . Etude de A(] − ∞, b[). Points extrémaux de Lax
On dit qu’un élément f d’un ensemble K convexe est un point extrémal du convexe K si K \ {f } reste convexe.

III.1. Soit K un ensemble convexe et f ∈ K. Montrer que

f est un point extrémal de K ⇐⇒ ∀λ ∈]0, 1[ , ∀f1 , f2 ∈ K , [ f = (1 − λ)f1 + λf2 =⇒ f = f1 = f2 ]

Soit b ∈ R. Pour tout h > 0, on considère Kh = {f ∈ A(] − ∞, b[) | lim− f (t) = h}.
t→b
III.2. Montrer que Kh est convexe.
III.3. Montrer que si f ∈ Kh , alors pour tout x < b :
h
f ′ (x) ⩽
b−x
] − ∞, b[ → R
III.4. Pour tout α ∈ R+ , posons fα . Montrer que, pour tout α ∈ R+ , fα appartient à Kh .
t 7→ heα(t−b)
III.5. Nous allons montrer que les fonctions fα sont les seuls éléments extrémaux de Kh possibles.
(a) Montrer que s’il existe t ∈] − ∞, b[ tel que f (t) = h, alors f est constante sur ] − ∞, b[ égale à h.
En déduire que f0 est un élément extrémal de Kh .
(b) Soit c un élément extrémal de Kh , non constant égal à h. D’après III.5(a), pour tout t < b, c(t) < h.
On fixe arbitrairement τ ∈] − ∞, b[ tel que 0 < c(τ ) < h (possible car c est continue).
c(τ ) c(t) − c(t − b + τ ) c(t − b + τ )
Et on note λ = ∈]0, 1[. Soient f : t 7→ et g : t 7→ .
h 1−λ λ
i. Montrer que f et g appartiennent à Kh .
ii. Exprimer c à l’aide de f et g puis en déduire que : ∀ t < b et ∀ τ < b tel que c(τ ) ̸= 0, c(t)c(τ ) = hc(t − b + τ ).
iii. En déduire que pour tout t < b, c(t) > 0.
R∗− → R
iv. On note ψ c(u + b) , ce qui a du sens d’après la question précédente.
u 7→ ln
h
Montrer que pour tout u, v ∈ R∗− , ψ(u) + ψ(v) = ψ(u + v).
v. En déduire qu’il existe α ⩾ 0 tel que c = fα .
(c) Conclure.
On dit qu’une suite de fonctions (fn )n∈N ∈ F(I, R)N converge simplement vers f ∈ F(I, R) sur I si, pour tout x ∈ I, la
suite réelle (fn (x))n∈N converge vers f (x).
III.6. Nous allons montrer que, si une suite de fonctions de Kh converge simplement sur ] − ∞, b[, alors la fonction limite
est continue sur ] − ∞, b[.
Considérons une suite (fn )n∈N de fonctions Kh qui converge simplement vers f :] − ∞, b[→ R sur ] − ∞, b[.
(a) Montrer que f est croissante sur ] − ∞, b[.
(b) Montrer que f admet une limite à gauche en b inférieure ou égale à h.
(c) (*) Montrer que f est continue sur ] − ∞, b[. On pourra exploiter la majoration exploitée en III.3.

3
DEVOIR SURVEILLE 6 - Correction
Problème - Théorème de Bernstein pour les fonctions absolument
monotones

I . Manipulations de fonctions absolument monotones


Dans cette partie, I est un intervalle de la forme ]a, b[.
I.1. Montrer que x 7→ ex est absolument monotone sur R.

La fonction exp est de classe C ∞ sur R et sa dérivée est elle-même.


Donc, par récurrence immédiate, ∀ n ∈ N, exp(n) = exp ⩾ 0 sur R.

Ainsi, exp ∈ A(R).

I.2. Soit f une fonction absolument monotone sur I. Que peut-on dire du signe de f ? de ses variations ? de sa convexité ?

Soit f ∈ A(I).
• Par hypothèse, ∀x ∈]a, b[, f (x) ⩾ 0 donc f est positive ou nulle sur I.
• Par hypothèse, ∀x ∈]a, b[, f ′ (x) ⩾ 0 donc f est croissante sur I.
• Pour tout x ∈]a, b[, f ′′ (x) ⩾ 0 donc f est convexe sur I.

Ainsi, si f ∈ A(I), alors f est positive ou nulle sur I, croissante et convexe sur I.

I.3. Justifier qu’une fonction f est absolument monotone sur I ssi elle est positive et dérivable sur I et sa fonction dérivée
est absolument monotone sur I.

• Supposons que f est absolument monotone sur I.


D’après la question précédente, f est positive sur I.
Puis comme f est absolument monotone sur I, elle est de classe C ∞ sur I, donc dérivable.
et ainsi f ′ est également de classe C ∞ sur I et pour tout n ∈ N,

∀ x ∈ I, (f ′ )(n) (x) = f (n+1) (x) ⩾ 0

Donc f ′ ∈ A(I).

• Réciproquement, supposons que f est positive, dérivable sur I et de dérivée absolument monotone sur I.
f ′ est absolument monotone donc de classe C ∞ sur I donc f est aussi de classe C ∞ sur I (comme primitive
d’une fonction C ∞ ).
Soit n ∈ N fixé.
⋆ Si n = 0, f est positive, donc pour tout x ∈ I, f (n) (x) = f (x) ⩾ 0.
⋆ Si n ⩾ 1, pour tout x ∈ I, f (n) (x) = (f ′ )(n−1) (x) ⩾ 0, puisque f ′ ∈ A(I).

Ainsi, f ∈ A(I).
f est absolument monotone sur I si et seulement si
elle est positive et dérivable sur I et sa fonction dérivée est absolument monotone sur I.

I.4. Stabilité de A(I).


(a) Montrer que la somme et le produit de deux fonctions absolument monotones sur un même intervalle I sont encore
des fonctions absolument monotones sur I.

Soient (f, g) ∈ A(I)2 fixées quelconques.


Cas f + g :
(i) f + g est de classe C ∞ sur I =]a, b[ comme somme de fonctions de classe C ∞ ,
(ii) pour tout n ∈ N, par linéarité de la dérivation,

∀x ∈]a, b[ , (f + g)(n) (x) = f (n) (x) + g (n) (x) ⩾ 0


2
car (f, g) ∈ A(I) .

1
Cas f × g :
(i) f × g est de classe C ∞ sur ]a, b[ comme produit de fonctions de classe C ∞ ,
(ii) pour tout n ∈ N, en utilisant la formule de Leibniz,
n  
X n
∀x ∈]a, b[ , (f × g)(n) (x) = f (k) (x) × g (n−k) (x) ⩾0
k | {z } | {z }
k=0
⩾0 ⩾0
car f ∈ A(]a, b[) car g ∈ A(]a, b[)
Ainsi
Si f, g ∈ A(I), alors f + g et f × g ∈ A(I).

(b) Montrer que, si a ∈ R+ et f ∈ A(I), alors a · f est absolument monotone sur I.


En déduire que A(I) est un ensemble convexe.

Toujours par linéarité de la dérivation, a · f est également de classe C ∞ et ∀ n ∈ N, (a · f )(n) = a · f (n) .


Puisque a ⩾ 0, alors ∀ n ∈ N, ∀ x ∈ I, (a · f )(n) (x) ⩾ 0.

Donc a · f ∈ A(I).

Soient f, g ∈ A(I) et λ ∈ [0, 1], donc 1 − λ ∈ [0, 1].


Par conséquent λ · f ∈ A(I) et (1 − λ) · g ∈ A(I) d’après la première partie de cette question.
Puis par addition (question ??) : λ · f + (1 − λ) · g ∈ A(I).

A(I) est une partie convexe de F(I, R).

(c) Montrer que si f est absolument monotone sur I =]a, b[, alors, pour tout τ ∈ R, fτ : t 7→ f (t − τ ) est absolument
monotone sur ]a + τ, b + τ [.

φ :]a + τ, b + τ [→]a, b[, t 7→ t − τ est de classe C ∞ car c’est une fonction polynomiale.
Ainsi, par composition, fτ = f ◦ φ est de classe C ∞ sur ]a + τ, b + τ [.
En outre, par récurrence, pour tout k ∈ N, fτ(k) = f (k) ◦ φ,
En effet, c’est le cas pour k = 0 (et également k = 1, puisque φ′ = 1) - Initialisation.
Et par ailleurs, si pour k ∈ N, fτ(k) = f (k) ◦ φ, alors fτ(k+1) = φ′ × f (k+1) ◦ φ = f (k+1) ◦ φ - Hérédité.
Et donc, comme f ∈ A(]a, b[), f (k) ⩾ 0 et donc f (k) ◦ φ ⩾ 0.

Pour tout τ ∈ R, fτ : t 7→ f (t − τ ) est absolument monotone sur ]a + τ, b + τ [.

(d) Soient φ : J → R absolument monotone sur J et f : I → R absolument monotone sur I tel que φ(J) ⊂ I.
En exploitant une récurrence bien énoncée, montrer, que pour tout n ∈ N et tout t ∈ J, (f ◦ φ)(n) (t) ⩾ 0.
En déduire que f ◦ φ est absolument monotone sur J.

• Posons pour tout n ∈ N, Pn : « ∀φ ∈ A(J), ∀f ∈ A(I) telle que φ(J) ⊂ I, (f ◦ φ)(n) ⩾ 0 sur J ».
Tout d’abord, notons que selon les hypothèses de Pn , par composition, f ◦ φ est de classe C ∞ sur J.
Nous faisons une récurrence forte.
⋆ Soient φ ∈ A(J) et f ∈ A(I) avec φ(J) ⊂ I fixées quelconques.
f ∈ A(I) donc f ⩾ 0 sur I, or φ(J) ⊂ I donc f ◦ φ ⩾ 0 sur I.
Par conséquent, P0 est vraie.
⋆ Soit n ∈ N fixé tel que P0 , P1 , . . . , Pn sont vraies.
Soient φ ∈ A(J), f ∈ A(I) avec φ(J) ⊂ I fixées quelconques.
Alors f ◦ φ est dérivable sur J et (f ◦ φ)′ = φ′ × f ′ (φ).
Et donc, d’après la formule de Leibniz :
n  
X n (k) (n−k)
(f ◦ φ)(n+1) = (φ′ × f ′ ◦ φ)(n) = φ′ × f ′ (φ)
k
k=0

⋆⋆ f ∈ A(I), donc f ′ ∈ A(I) d’après la question ?? donc les propositions P0 . . .Pn s’appliquent pour φ ← φ
et f ← f ′ ce qui permet d’affirmer

∀k ∈ [[0, n]] , (f ′ ◦ φ)(k) ⩾ 0 sur J.

2
⋆⋆ De même, φ ∈ A(J), donc φ′ ∈ A(J) d’après question ?? donc

∀k ∈ [[0, n]] , (φ′ )(k) ⩾ 0 sur J.


 
n (k) (n−k)
On en déduit que ∀k ∈ [[0, n]], φ′ × f ′ (φ) ⩾ 0 sur J si bien que, par addition (question ??),
k
(f ◦ φ)(n+1) ⩾ 0 sur J, donc Pn+1 est vraie.

Ainsi, pour toutes φ ∈ A(J) et f ∈ A(I) avec φ(J) ⊂ I, alors pour tout n ∈ N, (f ◦ φ)(n) ⩾ 0 sur J.

• Soient φ : J → R absolument monotone sur J et f : I → R absolument monotone sur I tel que φ(J) ⊂ I.
— D’une part, f ◦ φ est de classe C ∞ sur J par stabilité du caractère C ∞ par composition.
— D’autre part d’après le point précédent, ∀n ∈ N, (f ◦ φ)(n) ⩾ 0 sur J.
Ainsi, f ◦ φ est absolument monotone sur J.

I.5. Quelles sont parmi les fonctions suivantes celles qui sont absolument monotones sur l’intervalle donné ? (On justifiera
1 1
évidemment les réponses) : x 7→ ch(x) sur I = R ; I+ : x 7→ sur I = R∗+ et I− : x 7→ − sur I = R∗− .
x x

• La fonction cosinus hyperbolique vérifie : ch′ = sh.


e−1 − e1
Or sh(−1) = < 0 donc ch ∈/ A(R).
2
1
• Notons I+ : x 7→ sur I = R∗+ .
x
−1
Il est bien connu que cette fonction est décroissante (on peut également calculer la dérivée x 7→ 2 < 0).
x
Ainsi I+ ∈ / A(R∗+ ).
1
• Considérons la fonction I− : x 7→ − sur I = R∗− .
x
Notons pour commencer que pour x ∈ I, x < 0, donc |x| = −x, donc x = −|x|,. Puis :
(i) est de classe C ∞ sur R∗− ,
(k) (−1)k+1 k! (−1)k+1 k! k!
(ii) vérifie (récurrence immédiate) ∀k ∈ N, ∀x ∈ R∗− , I− (x) = = = >0
xk+1 (−1)k+1 |x|k+1 |x|k+1

donc I− ∈ A(R− ).
Bilan : ch ∈ / A(R∗+ ), I− ∈ A(R∗− ).
/ A(R), I+ ∈

I.6. Condition nécessaire (et suffisante).


(a) Énoncer puis démontrer une condition nécessaire et suffisante sur les coefficients d’une fonction polynomiale réelle
pour qu’elle soit absolument monotone sur R∗+ .

• Soit P une fonction polynomiale fixée quelconque absolument monotone sur R∗+ .
p
X
p+1 ∗
Il existe p ∈ N, (a0 , . . . , ap ) ∈ R : ∀x ∈ R+ , P (x) = ak xk .
k=0
Pour tout x > 0, P (x) ⩾ 0. Or P admet une limite en 0 égale à a0 .
Et donc par conservation de l’inégalité large en passant à la limite x → 0 (théorème de passage à la
limite dans une inégalité) : a0 ⩾ 0.
p
X h!
Pour tout h ∈ [[1, p]], P (h) : x 7→ ai xi−h , donc pour les mêmes raisons que précédemment
(i − h)!
i=h

h!ah = lim P (h) (x) ⩾ 0 donc ah ⩾ 0


x→0

Ainsi, tous les coefficients de P sont positifs ou nuls.


p
X
• Réciproquement soit P : x 7→ ak xk une fonction polynomiale sur R∗+ telle que ∀k ∈ [[0, p]], ak ⩾ 0.
k=0
Pour tout k ∈ N, l’application Mk : x 7→ xk est absolument monotone sur R∗+ :

⋆ Mk ∈ C ∞ (R∗+ ),
(h) k!
⋆ ∀ h ∈ [[0, k]], ∀ x ∈ R∗+ , Mk (x) = xk−h ⩾ 0,
(k − h)!

3
(h)
⋆ pour h > k, ∀ x ∈ R∗+ , Mk (0) = 0 ⩾ 0.

Puis, d’après la question ??, pour tout k ∈ [[0, n]], ak Mk ∈ A(R∗+ ) par positivité de ak .
Enfin, par récurrence sur le nombre de termes, on a : une somme de p + 1 éléments de A(R∗+ ) est un élément
de A(R∗+ ).
Donc P ∈ A(R∗+ ).
Ainsi, une fonction polynomiale est absolument monotone sur R∗+
si et seulement si tous ses coefficients sont positifs ou nuls.

(b) Supposons que 0 ∈ I. Montrer que si f est absolument monotone sur I, alors pour tout k ∈ N, f (k) (0) ⩾ 0.
La réciproque est-elle vraie (on justifiera la réponse).

Comme 0 ∈ I, il est nécessaire que -puisque f ∈ A(I)- :

∀ k ∈ N, f (k) (0) ⩾ 0

Reprenons le contre-exemple du ch sur I 


= R, non absolument monotone,
(k) ch(0) = 1 si k ≡ 0[2]
alors que pour tout k ∈ N, ch (0) = ⩾0
sh(0) = 0 si k ≡ 1[2]

Donc la réciproque est fausse.

I.7. Prolongement.
Soit f une fonction absolument monotone sur un intervalle ouvert I = ]a, b[ , (a, b) ∈ R2 .
(a) Montrer soigneusement que f se prolonge à [a, b[ en une fonction fe de classe C 1 sur [a, b[.

• Construction du prolongement.
La fonction f est croissante sur ]a, b[ (car absolument monotone voir question ??)
et minorée par 0 (car absolument monotone voir question ??). Donc f admet une limite finie à droite en a.
[a, b[ → ( R
Par conséquent la fonction f se prolonge par continuité en f : f
e e f (x) si x ∈]a, b[, .
x 7→ lim+ f (t) si x = a
t→a
• Régularité C 0 du prolongement.
fe est continue en a par construction et continue sur ]a, b[ car elle prolonge f qui est continue sur ]a, b[ (car
f ∈ A(]a, b[)) donc fe ∈ C 0 ([a, b[, R).
• Régularité C 1 du prolongement.
⋆ fe est continue sur [a, b[ donc en a.
⋆ fe est de classe C 1 sur ]a, b[ car elle coïncide sur cet intervalle ouvert avec la fonction f qui est de classe C 1 .
⋆ f est absolument monotone sur ]a, b[ donc f ′ ⩾ 0 sur ]a, b[ et f ′′ ⩾ 0 sur ]a, b[, donc fe′ (qui coïncide avec
f ′ sur ]a, b[) est croissante et minorée (car positive) sur ]a, b[ donc fe′ admet une limite finie en a,
donc le théorème de prolongement du caractère C 1 permet d’affirmer que fe ∈ C 1 ([a, b[, R).

Ainsi, fe est de classe C 1 sur [a, b[.

(b) Montrer que fe est de classe C ∞ sur [a, b[.

Considérons la propriété de récurrence P(·) définie pour tout n ∈ N∗ par

P(n) : « fe ∈ C n ([a, b[, R) » .

— P(1) est vraie d’après la question précédente.


— Soit n ∈ N fixé quelconque tel que P(n) est vraie.
On a donc que fe ∈ C n ([a, b[, R).
⋆ fe(n) est continue sur [a, b[ (car fe ∈ C n ([a, b[, R)) donc en a,
⋆ fe(n) est de classe C 1 sur ]a, b[ (car elle coïncide avec f (n) et f est absolument monotone sur ]a, b[ donc de
classe C ∞ ),
⋆ f est absolument monotone sur ]a, b[ donc f (n+2) ⩾ 0 sur ]a, b[ et f (n+1) ⩾ 0 sur ]a, b[, donc fe(n+1) (qui
coïncide avec f (n+1) sur ]a, b[) est croissante et positive sur ]a, b[ donc fe(n+1) admet une limite finie en a,

4
si bien que le théorème de prolongement du caractère C 1 permet d’affirmer que fe(n) ∈ C 1 ([a, b[, R) et donc que
fe ∈ C n+1 ([a, b[, R).
Ainsi, P(n + 1) est vraie.
Par conséquent, ∀n ∈ N∗ , fe ∈ C n ([a, b[, R).

Ainsi, fe est de classe C ∞ sur [a, b[.

(c) Sous quelles hypothèses supplémentaires nécessaires et suffisantes sur f pourrait-on prolonger f de façon à obtenir
une fonction absolument monotone sur ]a, b[ et de classe C ∞ sur [a, b] ?

• Le prolongement d’une fonction absolument monotone sur ]a, b[ en une fonction de classe C ∞ sur [a, b[ a été
automatique (voir question précédente), la propriété clé étant que les dérivées successives sont croissantes et
minorées (car positives) donc elles ont des limites finies à droite en a.

si et seulement si f est majorée sur ]a, b[.

• En revanche, pour pouvoir développer à gauche en b les mêmes arguments que ceux utilisés en a et espérer
prolonger f en une fonction de classe C ∞ sur [a, b], puisque les dérivées successives sont toutes croissantes, une
condition nécessaire et suffisante est que f ainsi que toutes ses dérivées successives soient majorées sur ]a, b[ :

∀n ∈ N , ∃Mn ∈ R : ∀x ∈]a, b[ , f (n) (x) ⩽ Mn .

Attention, l’hypothèse ci-dessus est différente de

∃M ∈ R+ : ∀n ∈ N , ∀x ∈]a, b[ , f (n) (x) ⩽ M

qui se lit « toutes les dérivées successives de f sont majorées par une même constante sur ]a, b[ ». Cette hypothèse
est plus forte que la précédente (car elle implique la précédente), elle est donc suffisante mais peut-être pas
nécessaire...

II . Théorème de Bernstein d’égalité au polynôme de Taylor sur un intervalle


Soient R ∈ R∗+ et f ∈ A([0, R[), une fonction absolument monotone sur [0, R[.
f peut alors se prolonger en fonction de classe C ∞ sur [0, R[ d’après I.7. Notons encore (abusivement) f la fonction prolongée.
Pour tout n ∈ N et pour tout x ∈ [0, R[, on pose
n x
f (p) (0) (x − t)n (n+1)
X Z
Sn (x) = xp et Rn (x) = f (t)dt.
p=0
p! 0 n!

II.1. (a) Montrer que ∀n ∈ N, ∀x ∈ [0, R[, f (x) = Sn (x) + Rn (x)


(on pourra effectuer une intégration par parties sur Rn (x)).

Considérons la propriété P(·) définie pour tout n ∈ N par

P(n) : « ∀x ∈ [0, R[ , f (x) = Sn (x) + Rn (x). »

⋆ Observons que,
0 x x
f (p) (0) (x − t)0 ′
X Z Z
∀x ∈ [0, R[ , S0 (x) + R0 (x) = xp + f (t)dt = f (0) + f ′ (t)dt = f (0) + f (x) − f (0)
p=0
p! 0 0! 0

donc
∀x ∈ [0, R[ , f (x) = S0 (x) + R0 (x)
Par conséquent, P(0) est vraie.
⋆ Soit n ∈ N fixé quelconque tel que P(n) est vraie.

5
La véracité de P(n) donne
∀x ∈ [0, R[ , f (x) = Sn (x) + Rn (x)
n Z x
X f (p) (0) p (x − t)n (n+1)
= x + f (t)dt
p=0
p! 0 n!
n x Z x
f (p) (0) p −(x − t)n+1 (n+1) −(x − t)n+1 (n+1) ′
X 
= x + f (t) − (f ) (t)dt
p=0
p! (n + 1)(n)! 0 0 (n + 1)!
n Z x
X f (p) (0) p (x − 0)n+1 (n+1) (x − t)n+1 (n+2)
= x +0+ f (0) + f (t)dt
p=0
p! (n + 1)! 0 (n + 1)!
= Sn+1 (x) + Rn+1 (x)
Par conséquent, P(n + 1) est vraie.

Ainsi, ∀n ∈ N, ∀x ∈ [0, R[, f (x) = Sn (x) + Rn (x).


n
f (p) (t)
X f (n+1) (t)
On peut aussi dériver H : t 7→ (x − t)p . On obtient t 7→ (x − t)n .
p! n!
k=0
Et donc, si on intègre ce second membre entre 0 et x, on trouve H(x) − H(0) = f (x) − Sn (x).

(b) Montrer, en effectuant un changement de variable à préciser en détail, que


Z 1
(1 − s)n (n+1)
∀x ∈]0, R[ , Rn (x) = xn+1 f (sx)ds.
0 n!

Soit x ∈]0, R[ fixé quelconque.


[0, 1] → [0, x]
Effectuons le changement de variable linéaire t = xs ce qui est autorisé car est de classe C 1 et
s 7→ xs
xds = dt :
x 1 1
(x − t)n (n+1) (x − xs)n (n+1) (1 − s)n (n+1)
Z Z Z
Rn (x) = f (t)dt = f (xs)xds = xn+1 f (sx)ds
0 n! 0 n! 0 n!

1
(1 − s)n (n+1)
Z
Ainsi, ∀x ∈]0, R[ , Rn (x) = xn+1 f (sx)ds.
0 n!

II.2. Soit n ∈ N fixé.


(a) En utilisant II.1(a), montrer que ∀t ∈ [0, R[, Rn (t) ⩽ f (t).

f étant absolument monotone, ses dérivées successives en 0 sont toutes ⩾ 0 donc


n
X f (p) (0)
∀t ∈ [0, R[ , Sn (t) = tp ⩾ 0
p=0
p!

or, d’après la question II.1(a), Sn (t) = f (t) − Rn (t) donc


∀t ∈ [0, R[ , Rn (t) ⩽ f (t).

Rn (x)
(b) En étudiant la monotonie de f (n+1) , établir que la fonction x 7→ définie sur ]0, R[ est croissante.
xn+1
f est absolument monotone sur [0, R[ donc f (n+2) ⩾ 0 sur [0, R[ donc

f (n+1) est croissante sur [0, R[.

Soient (x, y) ∈]0, R[2 fixés quelconques tels que x < y.


Z 1 Z 1
Rn (y) Rn (x) (1 − s)n (n+1) (1 − s)n (n+1)
n+1
− n+1
= f (sy)ds − f (sx)ds d’après la question précédente,
y x 0 n! 0 n!
Z 1
(1 − s)n
= (f (n+1) (sy) − f (n+1) (sx)) ds par linéarité de l’intégrale,
0 n! } | {z }
s ⩾ 0 ⇒ sx ⩽ sy
| {z
⩾0 (n+1)
car s ∈ [0, 1] donc f (sy) − f (n+1) (sx) ⩾ 0
par croissance de f (n+1)
⩾ 0 par positivité de l’intégrale.

6
Rn (x)
Ainsi, x ∈]0, R[7→ ∈ R est croissante.
xn+1

(c) Soient 0 < x < y < R. Montrer que


 n+1
x
0 ⩽ Rn (x) ⩽ f (y).
y

⋆ D’une part, par positivité de l’intégrale,


1
(1 − s)n
Z
Rn (x) = xn+1 f (n+1) (sx) ds ⩾ 0
0 n! }
| {z | {z }
⩾0 ⩾0
car f ∈ A([0, R[)

Rn (t)
⋆ D’autre part, par croissance de t ∈]0, R[7→ ∈ R,
tn+1
Rn (x) Rn (y)
0<x<y<R⇒ ⩽ n+1
xn+1 y
donc
Rn (x) Rn (y)
n+1
⩽ n+1
x y
si bien qu’en multipliant par xn+1 ce qui préserve le sens de l’inégalité car xn+1 ⩾ 0 et permet de simplifier
car xn+1 ̸= 0,
xn+1 xn+1
Rn (x) ⩽ n+1 Rn (y) ⩽ f (y)
y |{z} y n+1
Rn (y) ⩽ f (y)
d’après la question ??
 n+1
x
Ainsi, 0 ⩽ Rn (x) ⩽ f (y).
y

II.3. Montrer que, pour tout x ∈ [0, R[, la suite (Sn (x))n∈N converge et préciser sa limite.

— Si x = 0, la suite (Sn (x))n∈N est la suite constante égale à f (0) donc elle converge vers f (0).
— Soit x ∈]0, R[ fixé quelconque.
x+R x+R
Appliquons l’encadrement établit dans la question ?? pour y ← ce qui est autorisé car 0 < x < <R:
2 2
!n+1  
x x+R
∀n ∈ N, 0 ⩽ f (x) − Sn (x) = Rn (x) ⩽ x+R f .
2
2
!n+1
x+R x x
Puisque x ∈]0, [, x+R ∈] − 1, 1[ donc lim x+R
= 0.
2 2
n→+∞
2
Les deux membres extrêmes de l’encadrement ci-dessus convergent vers 0
donc le théorème d’existence de limite par encadrement permet d’affirmer que la suite (f (x) − Sn (x))n∈N
converge
et que sa limite est nulle, donc la suite (Sn (x))n∈N = (f (x) − (f (x) − Sn (x))n∈N converge vers f (x).

Ainsi, pour tout x ∈ [0, R[, la suite (Sn (x))n∈N converge vers f (x).

II.4. Dans cette question, nous considérons f = tan .


[0, π2 [
n  
X n (p) (n−p)
(a) Rappeler l’expression de f ′ en fonction de f puis montrer que : ∀n ∈ N∗ , f (n+1) = f f .
p=0
p
h πh
f est de classe C ∞ sur 0, .
2
On a f ′ = 1 + f 2 .

7
On applique ensuite la linéarité de la dérivation puis la formule de Leibniz pour dériver le produit f 2 .
Pour tout n ⩾ 1,
n  
n+1 ′ (n) (n) 2 (n)
X n (k) (n)
f = (f ) = 1 + (f ) = 0 + f f
k
k=0

h πh
(b) Montrer que : ∀n ∈ N, ∀x ∈ 0, , f (n) (x) ⩾ 0.
2

Considérons la propriété Q(·) définie pour tout n ∈ N∗ par


h πh
Q(n) : « ∀k ∈ [[0, n]] , ∀x ∈ 0, f (k) (x) ⩾ 0. »
2
h πh
⋆ f = tan ⩾ 0 et f ′ = 1 + f 2 ⩾ 0 sur 0, donc Q(1) est vraie.

2
⋆ Soit n ∈ N fixé quelconque tel que Q(n) est vraie.
La véracité de Q(n) donne h πh
∀k ∈ [[0, n]] , ∀x ∈ 0, f (k (x) ⩾ 0
2
De plus, la formule établie dans la question précédente donne
h πh n  
X n
∀x ∈ 0, , f (n+1) (x) = f (p) (x) f (n−p) (x) ⩾0
2 p
p=0 | {z }
| {z } | {z }
⩾0 ⩾0
∈ N car Q(n) vraie car Q(n) vraie

Par conséquent, Q(n + 1) est vraie.


h πh
Ainsi, ∀n ∈ N, ∀x ∈ 0, , f (n) (x) ⩾ 0.
2
On aurait aussi pu faire une récurrence forte (sans le ∀ k ∈ [[0, n]] dans la définition de la propriété Q(·).

f (n) (0)
(c) Pour tout n ∈ N, on note an = . Exprimer an+1 en fonction de a0 , . . ., an . Calculer ak pour k de 1 à 7.
n!

⋆ Pour n = 0, a0 = tan 0 = 0.
f ′ (0)
⋆ Pour n = 1, a1 = = 1 + tan2 0 = 1.
1!
⋆ Pour n ∈ N∗ , en évaluant en 0 la relation de récurrence établie précédemment (qui ne s’applique que pour
n ⩾ 1),
n  
∗ (n+1)
X n (p)
∀n ∈ N , f (0) = f (0)f (n−p) (0)
p=0
p

donc
n   n

X n X
∀n ∈ N , (n + 1)!an+1 = p!ap (n − p)!an−p = n! ap an−p
p=0
p p=0

si bien que
n
1 X
∀n ∈ N∗ , an+1 = ap an−p .
n + 1 p=0

Cette formule permet de calculer ai pour i ⩾ 2. En effet,


1X 1
⋆⋆ pour i = 2, a2 = p = 01 ap a1−p = (a0 a1 + a1 a0 ) = 0.
2 2
2
1X 1 1
⋆⋆ pour i = 3, a3 = ap a2−p = (a0 a2 + a21 + a2 a0 ) = .
3 p=0 3 3
3
1X 1
⋆⋆ pour i = 4, a4 = ap a2−p = (2a0 a3 + 2a1 a2 ) = 0
4 p=0 4
4
1X 1 2
⋆⋆ pour i = 5, a5 = ap a4−p = (a0 a4 + a1 a3 + a22 + a3 a1 + a4 a0 ) = .
5 p=0 5 15
5
1X 1
⋆⋆ pour i = 6, a6 = ap a2−p = (2a0 a5 + 2a2 a3 + 2a4 a1 ) = 0
6 p=0 6

8
⋆⋆ pour i = 7,
6
1X 1
a7 = ap a6−p = (a0 a6 + a1 a5 + a2 a4 + a23 + a4 a2 + a5 a1 + a6 a0 )
7 p=0 7
 
1 1 4 1 4×3+5 17
= (2a1 a5 + a23 ) = + = =
7 7 15 9 7 × 15 × 3 315

1 2 17
a0 = a2 = a4 = a6 = 0, a1 = 1, a3 = , a5 = , a7 =
3 15 315

(d) Montrer que : ∀p ∈ N, a2p = 0.

• Méthode 1. Utiliser l’imparité de tangente qui impose celle de toutes ses dérivées d’ordre pair et donc la
nullité de tous les coefficients a2p pour p ∈ N.
• Méthode 2. Procéder par récurrence forte à partir de la formule établie dans la question précédente en
considérant la propriété P définie pour tout p ∈ N :
P(p) : « ∀k ∈ [[0, p]] , a2k = 0 ».
⋆ P(0) est vraie car a0 = tan(0) = 0.
⋆ Soit p ∈ N fixé quelconque tel que P(p) est vraie.
La véracité de P(p) garantit que
∀k ∈ [[0, p]] , a2k = 0

a2(p+1) = tan(2p+2) (0)


2p+1
1 X
= ak a2p+1−k
2p + 2
k=0

Or pour tout k ∈ [[0, 2p + 1]], k et 2p + 1 − k sont deux entiers de [[0, 2p + 1]] et ont des parités opposées
donc l’un des indices est pair donc l’un des deux entiers ak ou a2p+1−k est nul (puisque P(p) est vraie) donc
ak a2p+1−k = 0 si bien que a2(p+1) = 0.
Par conséquent, P(p + 1) est vraie.

Ainsi, ∀p ∈ N, a2p = 0.

i π πh +∞
X
(e) Montrer que : ∀x ∈ − , , tan x = a2p+1 x2p+1 .
2 2 p=0
h π h h πh
Nous venons de prouver que f = tan π ∈ C ∞ 0, vérifie pour tout n ∈ N, f (n) ⩾ 0 sur 0,
h π h [0, 2 [ 2 2
donc tan[0, π2 [ ∈ A 0, ce qui permet de lui appliquer la conclusion de la question II.3 :
2 !
n +∞ (k)
h πh X f (k) (0) k X f (0) k
pour tout x ∈ 0, , la suite x converge et sa limite notée x vérifie
2 k! k!
k=0 n∈N k=0

+∞ (k)
X f (0)
xk = tan x
k!
k=0

Par ailleurs, la convergence de cette suite implique celle de la sous-suite des termes d’indices impairs qui,
par nullité des dérivées d’ordre pair en zéro, est
2n+1
! n
! n
!
X tan(k) (0) X tan(2p+1) (0) 2p+1 X
k 2p+1
x = x = a2p+1 x
k! p=0
(2p + 1)! p=0
k=0 n∈N n∈N n∈N

si bien que
h πh X +∞
∀x ∈ 0, : a2p+1 x2p+1 = tan x.
2 p=0
i π h
Soit x ∈ − , 0 . Observons que
2
n
X n
X h πh
2p+1
∀n ∈ N , a2p+1 x =− a2p+1 |x|2p+1 −→ − tan |x| d’après la première partie de la question car |x| ∈ 0,
p=0 p=0
n→+∞ 2

9
i π πh X+∞
Ainsi, ∀x ∈ − , : a2p+1 x2p+1 = tan x.
2 2 p=0

III . Etude de A(] − ∞, b[). Points extrémaux de Lax


On dit qu’un élément f d’un ensemble K convexe est un point extrémal du convexe K si K \ {f } reste convexe.

III.1. Soit K un ensemble convexe et f ∈ K. Montrer que

f est un point extrémal du convexe K ⇐⇒ ∀λ ∈]0, 1[ , ∀f1 , f2 ∈ K , [ f = (1 − λ)f1 + λf2 =⇒ f = f1 = f2 ]

On fixe h > 0. On considère Kh = {f ∈ A(] − ∞, b[) | lim f (t) = h}.


t→b−

• Supposons que f est un point extrémal de K.


Soient λ ∈]0, 1[ et f1 , f2 ∈ K tels que f = (1 − λ)f1 + λf2 .
Or K \ {f } est toujours convexe, donc ∀ µ ∈ [0, 1], ∀ h1 , h2 ∈ K \ {f }, (1 − µ)h1 + µh2 ∈ K \ {f },
⋆ si f1 ̸= f et f2 ̸= f , en appliquant ce qui précède pour (h1 , h2 , µ) ← (f1 , f2 , λ), on obtient une contradiction,
⋆ par conséquent, f1 ou f2 est égale à f , quitte à échanger leurs rôles, traitons le cas f1 = f : on obtient alors
f = (1 − λ)f + λf2 donc λf = λf2 , or λ ̸= 0 donc f = f2 .
• Supposons que ∀λ ∈]0, 1[ , ∀f1 , f2 ∈ K , [ f = (1 − λ)f1 + λf2 =⇒ f = f1 = f2 ].
Montrons que K \ {f } est convexe.
Soient (f1 , f2 ) ∈ (K \ {f })2 et λ ∈ [0, 1] fixés.
⋆ Si λ = 0 (resp. λ = 1), (1 − λ)f1 + λf2 = f1 ∈ K \ {f } (resp. (1 − λ)f1 + λf2 = f2 ∈ K \ {f }).
⋆ Sinon, λ ∈]0, 1[. Si (1−λ)f1 +λf2 = f , alors l’hypothèse faite sur f s’applique et permet de conclure que f1 = f
ce qui contredit l’appartenance de f1 à K\{f }. Par conséquent, (1−λ)f1 +λf2 ̸= f donc (1−λ)f1 +λf2 ∈ K\{f }.
Ainsi, K \ {f } est convexe ce qui prouve que f est un point extrémal de K.
 
f un point extrémal de K ⇐⇒ ∀λ ∈]0, 1[ , ∀f1 , f2 ∈ K , [f = (1 − λ)f1 + λf2 =⇒ f = f1 = f2 ] .

Soit b ∈ R. Pour tout h > 0, on considère Kh = {f ∈ A(] − ∞, b[) | lim f (t) = h}.
t→b−
III.2. Montrer que Kh est convexe.

Soient f1 , f2 ∈ Kh et λ ∈ [0, 1].


⋆ Nous avons que que A(I) est convexe en I.4.(b) pour tout I.
Donc (1 − λ)f1 + λf2 ∈ A(] − ∞, b[).
⋆ Puis par addition de fonctions admettant une limite en b, (1 − λ)f1 + λf2 admet une limite en b,
et lim− (1 − λ)f1 (t) + λf2 (t) = (1 − λ)h + λh = h.
t→b

Donc (1 − λ)f1 + λf2 ∈ Kh .


Kh est convexe.

III.3. Montrer que si f ∈ Kh , alors pour tout x < b :


h
f ′ (x) ⩽
b−x

Soit f ∈ Kh . Elle est convexe et dérivable sur son domaine de définition, donc la courbe est au-dessus de toutes ses
tangentes, ce qui s’écrit analytiquement :

∀ x ∈] − ∞, b[ , ∀ t ∈] − ∞, b[ , f (t) ⩾ f ′ (x)(t − x) + f (x)

Or pour tout (x, t) ∈] − ∞, b[2 , f (x) ⩾ 0 et f (t) ⩽ h, ce qui donne : h ⩾ f ′ (x)(t − x).
Les deux membres de cette dernière inégalité ont une limite finie lorsque t tend vers b donc en passant à la limite sur
l’inégalité lorsque t vers b (et en exploitant le fait que b − x > 0) :

h
∀ x < b, f ′ (x) ⩽
b−x

10
] − ∞, b[ → R
III.4. Pour tout α ∈ R+ , posons fα . Montrer que, pour tout α ∈ R+ , fα appartient à Kh .
t 7 → heα(t−b)
Soit α ∈ R+ .
Si α = 0, alors fα : x 7→ h est une constante positive ou nulle. C’est bien un élément de Kh .
Si α ̸= 0.
• fα est de classe C ∞ sur ] − ∞, b[.
• Pour tout k ∈ N, fα(k) : x 7→ hαk eα(x−b) (récurrence) et donc fα(k) ⩾ 0 sur ] − ∞, b[.
Donc fα ∈ A(] − ∞, b[).
• En tant que fonction usuelle définie et continue sur R, restreinte à ] − ∞, b[, fα admet une limite en b égale à
heα(b−b) = he0 = h.

Pour tout α ∈ R+ , fα :] − ∞, b[→ R, t 7→ h exp(α × (t − b)) ∈ Kh .

III.5. Nous allons montrer que les fonctions fα sont les seuls éléments extrémaux de Kh possibles.
(a) Montrer que s’il existe t ∈] − ∞, b[ tel que f (t) = h, alors f est constante sur ] − ∞, b[ égale à h.
En déduire que f0 est un élément extrémal de Kh .

Supposons qu’il existe t ∈] − ∞, b[ tel que f (t) = h.


Rappelons que, par croissance de f , pour tout u > t, on a f (u) ⩾ h.
S’il existe u0 ∈]t, b[ tel que f (u0 ) > h, alors par croissance de f : ∀ x ⩾ u0 , f (x) ⩾ f (u0 )(> h).
Et donc en faisant tendre x vers b− (puisque la limite existe), on aurait : lim− f (x) ⩾ f (u0 ) > h.
x→b
Ceci est impossible. Donc pour tout u ∈]t, b[, f (u) ⩽ h.
Et par double inégalité : ∀ u ∈ [t, b[, f (u) = h.

Ainsi, f est constante sur [t, b[, qui contient plus de deux points. Donc f|[t,b[ = 0.

Or f est absolument monotone sur ] − ∞, b[, donc f est positive et croissante.
Par conséquent, pour tout u ⩽ t : 0 ⩽ f ′ (u) ⩽ f ′ (t) = 0.
Ainsi, f est constante sur tout ] − ∞, b[ (avec l’égalité des accroissements finis, si besoin).

Si il existe t ∈] − ∞, b[ tel que f (t) = h, alors f est constante sur ] − ∞, b[ égale à h.

Supposons que f0 = λf + (1 − λ)g avec f, g ∈ Kh et λ ∈]0, 1[.


Pour tout t < b, f (t) ⩽ h, g(t) ⩽ h, donc puisque λ, 1 − λ ⩾ 0 :
h = f0 (t) = λf (t) + (1 − λ)g(t) ⩽ λh + (1 − λ)h = h
On a donc égalités dans ces inégalités i.e. : pour tout t < b, f (t) = h et g(t) = h et donc f = g = f0 .

f0 est donc un élément extrémal de Kh .

(b) Soit c un élément extrémal de Kh , non constant égal à h. D’après III.3., pour tout t < b, c(t) < h.
On fixe arbitrairement τ ∈] − ∞, b[ tel que 0 < c(τ ) < h (possible car c est continue).
c(τ ) c(t) − c(t − b + τ ) c(t − b + τ )
Et on note λ = ∈]0, 1[. Soient f : t 7→ et g : t 7→ .
h 1−λ λ
i. Montrer que f et g appartiennent à Kh .

• Puisque τ < b, alors pour tout t ∈] − ∞, b[, t − b + τ < t < b, donc f et g sont bien définies sur ] − ∞, b[.
c(b − b + τ ) c(τ )
• g(b) se calcule aisément : g(b) = = c(τ ) = h. Par continuité de c, on peut écrire : lim g = h.
λ b−
h
Par addition de fonctions admettant une limite en b, on trouve que f admet également une limite en b,
h − c(τ ) h − c(τ )
et lim− f (t) = c(τ )
= h = h.
t→b 1− h h − c(τ )
• D’après I.4.(c), en notant ψ : t 7→ t − b + τ , λg = c ◦ ψ est absolument monotone sur ] − ∞, b + b − τ [.
On peut restreindre sur ] − ∞, b[ (les dérivations existent bien et sont toujours positifs).
1
Et par produit par > 0, on a donc g ∈ A(] − ∞, b[).
λ
Pour f c’est plus subtil : il y a une soustraction.
c(p) (t) − c(p) (t − b + τ )
f est toujours de classe C ∞ sur ]−∞, b[ et on montre (récurrence rapide) que f (p) (t) = .
1−λ
c(p) (t) − c(p) (t − b + τ )
Puis comme c(p+1) ⩾ 0, c(p) est croissante et donc ⩾ 0.
1−λ
f ∈ Kh et g ∈ Kh .

11
ii. Exprimer c à l’aide de λ, f et g.
Puis en déduire que : ∀ t < b et ∀ τ < b tel que c(τ ) ̸= 0, c(t)c(τ ) = hc(t − b + τ ).

Il suffit de faire le calcul. Pour tout t < b :

(1 − λ)f (t) + λg(t) = c(t) − c(t − b + τ ) + c(t − b + τ ) = c(t)

Or c est point extrémal du compact Kh , donc nécessairement g = c (et f = c).


c(t − b + τ )
Cela donne donc, pour tout t ∈] − ∞, b[, c(t) = c(t)
, et donc c(t)c(τ ) = hc(t − b + τ ).
h
Enfin, τ a été fixé arbitrairement, mais n’importe quel nombre τ < b aurait fait l’affaire. La seule condition
c(τ ) ̸= 0. Donc

∀ t < b et ∀ τ < b tel que c(τ ) ̸= 0, c(t)c(τ ) = hc(t − b + τ )

iii. En déduire que pour tout t < b, c(t) > 0.

S’il existe t < b tel que c(t) = 0, alors C0 := {s ∈] − ∞, b[ | c(s) = 0} est non vide, majoré par b
donc C0 admet une borne supérieure, notée s.
Il existe une suite d’éléments de C0 qui converge vers s : (sn ) ∈ C0N → s.
Et pour tout n ∈ N, c(sn ) = 0. Par continuité de c (absolument monotone) : 0 = c(sn ) → c(s).
Donc s ∈ C0 .
Par ailleurs, c est croissante donc en considérant un nombre τ comme les questions précédentes : s < τ < b.
Et donc s < s + b − τ car b − τ > 0 et s + b − τ < b car s < τ .
Or c(s + b − τ )c(τ ) = hc((s + b − τ ) − b + τ ) = hc(s) = 0. Comme c(τ ) ̸= 0, c(s + b − τ ) = 0.
On a trouvé un élément de C0 plus grand que s. Impossible. Donc C0 est vide.

Pour tout t < b, c(t) > 0.

R∗− → R
iv. On note ψ c(u + b) , ce qui a du sens d’après la question précédente.
u 7→ ln
h
Montrer que pour tout u, v ∈ R∗− , ψ(u) + ψ(v) = ψ(u + v).

ψ est bien définie sur R∗− , puisque dans ce cas là u + b < b, donc u + b ∈ Dc .
On a ensuite, pour tout u, v < 0 :

c(u + b) c(v + b) c(u + b)c(v + b) hc((u + b) − b + (v + b))


ψ(u) + ψ(v) = ln + ln = ln = ln = ψ(u + v)
h h h2 h2
où l’on a utilisé la relation précédente, avec t ← u + b et τ ← v + b.

Ainsi, pour tout u, v ∈ R∗− , ψ(u) + ψ(v) = ψ(u + v).

v. En déduire qu’il existe α > 0 tel que c = fα .

1. Soit u < 0 fixé. Par récurrence, pour tout entier n ∈ N∗ : ψ(nu) = nψ(u).
p
2. Soit u < 0 fixé. Soit p, q ∈ N∗ . Avec u′ = u,
q
p
pψ(u)ψ(pu) = ψ(qu′ ) = qψ(u′ ) = qψ( u)
q
p p
Donc en divisant par q ̸= 0, ψ( u) = ψ(u). Et pour tout r ∈ Q+ , ψ(ru) = rψ(u)
q q
3. Soit u < 0 fixé. Soit x ∈ R+ . Il existe une suite (rn )n∈N ∈ (Q+ )N telle que (rn ) → x.
Par continuité de c (absolument monotone) puis de ln, ψ est continue et donc :

∀ u < 0, ψ(xu) = ψ(lim rn u) = lim(ψ(rn u) = lim(rn ψ(u)) = lim(rn ) × ψ(u) = xψ(u)

12
On a donc en particulier pour α = −ψ(−1) > 0, et x < 0,

ψ(x) = ψ(−x × −1) = (−x)ψ(−1) = xα

Et par conséquent, en composant par exp : pour tout x < 0, c(x+b) = h exp(αx) et donc en t < b (et x ← t−b) :

∃ α > 0 tel que ∀ t < b, c(t) = h exp(α(t − b)) = fα (t)

Une autre option est de noter que ψ est dérivable sur R∗− , puisque c est dérivable sur R∗− à valeurs dans R∗+ et
que ln est dérivable sur R∗+ .
En fait, toutes ces fonctions sont même de classe C ∞ .
Si on dérive (par rapport à u) la relation fonctionnelle, on trouve pour tout u, v < 0 : ψ ′ (u) = ψ ′ (u + v).
On a donc u 7→ ψ ′ (u) est constante, et donc ∃ A, B ∈ R tel que ψ : u 7→ Au + B et on retrouve le résultat
précédent.

(c) Conclure

Pour répondre à la question 5.(a), on a supposé que c est non constant égal à h.
Le cas c = h est également un cas extrémal acceptable, il correspond à fα pour α = 0.

Si c est un point extrémal de Kh , alors il existe α ⩾ 0 tel que c = fα :] − ∞, b[→ R+ , t 7→ h × eα(t−b) .

On dit qu’une suite de fonction fn ∈ F(I, R) converge (simplement) vers f ∈ F(I, R) si ∀ x ∈ I, fn (x) −→ f (x).
n→+∞
III.6. Nous allons montrer que dans Kh la convergence simple donne pour limite une suite continue.
Considérons une suite (fn )n∈N une suite d’éléments de Kh convergente (simplement) vers f .
(a) Montrer que f est croissante sur ] − ∞, b[.

Soient x < y(< b). Pour tout n ∈ N, par croissance de fn : fn (x) ⩽ fn (y).
Ces suites convergent et l’inégalité est conservée par passage à la limite, donc

∀ x < y(< b), f (x) ⩽ f (y)

(b) Montrer que f admet une limite à gauche en b égale à h.

Pour tout x < b, et tout n ∈ N : fn (x) ⩽ lim− fn (x) = h, par croissance de fn .


x→b
Puis en passant à la limite, qui conserve les inégalités larges : f (x) ⩽ h.
Par ailleurs, f est croissante (question précédente) et majorée, donc f admet une limite en b− .

f (x) ⩽ f (y)

On notera que l’on ne peut pas espérer obtenir mieux comme le montre l’exemple de la suite de fonctions
(θn : x 7→ xn )n∈N absolument monotones sur ]0, 1[.
Pour tout n ∈ N, θn (x) −→− 1 alors que θ = lim θn est la fonction identiquement nulle sur ]0, 1[.
x→1

(c) (*) Montrer que f est continue. On pourra exploiter la majoration exploitée en III.3.

Commençons par un lemme en  exploitant III.3.



3x + b x + b b−x
Pour tout x ∈] − ∞, b[, ∀ t ∈ , = [x − a, x + a], avec a = ,
2 2 2
2h
pour toute fonction ψ ∈ Kh , |ψ(x) − ψ(t)| ⩽ |x − t|.
b−x
 
3x + b x + b
En effet, d’après l’inégalité des accroissements finis, pour t ∈ , :
2 2
 
x+b
|ψ(x) − ψ(t)| ⩽ sup |ψ ′ (u)||x − t| ⩽ ψ ′ |x − t|
u∈]x,t[ 2

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où l’on a exploité la croissance de ψ ′ . 

x+b h 2h
Ensuite, par la majoration en III.3, on a (0 ⩽)ψ ′ ⩽ = . Ce qui donne le résultat annoncé.
2 b − x+b
2
b −x
On note le résultat important : cette majoration est indépendante de la fonction ψ considérée !

Fixons x0 < b et montrons la continuité en x0 .


Soit ϵ > 0.

2h ϵ 2h
1. Il existe a1 > 0 tel que ∀ t ∈ [x0 − a1 , x0 + a1 ], |x0 − t| ⩽ car lim |x0 − t| = 0.
b − x0 3 t→x0 b − x0
b−x
Prenons A = min(a1 , ), on a alors, pour toute fonction ψ ∈ Kh ,
2
ϵ
∀ t ∈ [x0 − A, x0 + A], |ψ(x0 ) − ψ(t)| ⩽
3
Et en particulier :
ϵ ϵ
∀ t ∈ [x0 − A, x0 + A], ψ(x0 ) − ⩽ ψ(t) ⩽ ψ(x0 ) +
3 3
2. Les applications fn (x0 ), fn (x0 + A) et fn (x0 − A) convergent respectivement vers f (x0 ), f (x0 + η) et f (x0 − η).
Ainsi, il existe N (qui à prendre un maximum) tel que
ϵ ϵ ϵ
|fN (x0 ) − f (x0 )| ⩽ & |fN (x0 + A) − f (x0 + A)| ⩽ & |fN (x0 − η) − f (x0 − η)| ⩽
3 3 3
On a donc en particulier :
ϵ ϵ
f (x0 + A) ⩽ fN (x0 + A) + & fN (x0 ) ⩽ f (x0 ) +
3 3
Et
ϵ ϵ
f (x0 − A) ⩾ fN (x0 − A) + & fN (x0 ) ⩾ f (x0 ) −
3 3
3. Soit t ∈ [x0 − A, x0 + A] :
Par croissance de f :
ϵ ϵ ϵ
f (t) ⩽ f (x0 + A) ⩽ fN (x0 + A) + ⩽ fN (x0 ) + + ⩽ f (x0 ) + ϵ
3 3 3
Et de même,
ϵ ϵ ϵ
f (t) ⩾ f (x0 − A) ⩾ fN (x0 − A) − ⩾ fN (x0 ) − − ⩾ f (x0 ) − ϵ
3 3 3
Donc, pour tout t ∈ [x0 − A, x0 + A], |f (t) − f (x)| ⩽ ϵ.

Ainsi f est continue en tout x < b.

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