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SHEMI

Ce document présente un travail pratique sur l'étude de la brucellose porcine, de la maladie de Gumboro et de la rhinotrachéite aviaire, dirigé par Ir. AMURI MTANIELWA Pùsùhémo et défendu par plusieurs étudiants de l'Institut Supérieur de Développement Rural de Fizi. Il aborde l'historique, la définition, la surveillance et les implications économiques des maladies, ainsi que les agents pathogènes impliqués. L'objectif est de fournir une vue d'ensemble des connaissances actuelles sur ces maladies animales majeures.

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Ce document présente un travail pratique sur l'étude de la brucellose porcine, de la maladie de Gumboro et de la rhinotrachéite aviaire, dirigé par Ir. AMURI MTANIELWA Pùsùhémo et défendu par plusieurs étudiants de l'Institut Supérieur de Développement Rural de Fizi. Il aborde l'historique, la définition, la surveillance et les implications économiques des maladies, ainsi que les agents pathogènes impliqués. L'objectif est de fournir une vue d'ensemble des connaissances actuelles sur ces maladies animales majeures.

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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE


INSTITUTS SUPERIEURS ET TECHNIQUES
INSTITUT SUPERIEUR DE DEVELOPPEMENT RURAL DE FIZI

ISDR-FIZI

Courier :isdrfizi2O12
@[Link]

TRAVAIL PRATIQUE D’ELEMENTS DE TECHNIQUES D’ELEVAGE

Portant sur l’étude des maladies suivantes :


1. Brucellose porcine
2. Gumboro aviaire
3. Rhinotrachéite aviaire

Dirigé par : Ir. AMURI MTANIELWA Pùsùhémo Présenté et défendu par :

1. FAMILLE MSHITA Fanny


2. MANYANGA LUBOMO Lebon
3. MLONDANI KIZA RAMAZANI SHEMI
4. MURHULA BISIMWA
5. SIMBA SAIDI Sidi boy

Promotion : L1 Développement rural

ANNEE ACADEMIQUE 2023 - 2024


Chap. I. BRUCELLOSE PORCINE
I.1. HISTORIQUE DE LA BRUCELLOSE PORCINE

La maladie a été identifié pour la première fois pendant la guerre de Crimée et en 1887, le docteur
DAVID BRUCE a isolé la bactérie. En 1897, le docteur BERNHARD BANG a isolé Brucella abortus
donnant ainsi à la maladie de Bang ainsi que celui de brucellose. La transmission à l’homme se produit le
plus souvent par ingestion de de lait cru provenant d’animaux infectés par la bactérie qui provoque une
grave et invalidante. La brucellose est une cause importante de réduction de la production d’ovins, de
caprins, de bovins, et de porcs, ce qui, dans les pays en développement, a de graves répercussions sur les
moyens de substance des éleveurs.

I.2. DEFINITION DE LA BRUCELLOSE PORCINE

La brucellose est une maladie infectieuse et contagieuse, affectant de nombreuses espèces animales et
transmissible à l'Homme (zoonose). Chez le porc, elle est causée principalement par les biovars 1, 2 ou 3 de
Brucella suis. Le biovar 1 de B. suis prédomine dans le monde. Le biovar 3 est enzootique en Amérique du
Nord et dans le Sud de la Chine. Le biovar 2 est principalement limité à l’Europe ; ce biovar reste
heureusement très peu pathogène pour l’homme. Comme chez les bovins ou les petits ruminants, cette
maladie se manifeste souvent par des avortements mais les localisations extra génitales sont assez
fréquentes.
La Brucellose porcine affecte essentiellement en France les élevages de plein-air avec une centaine de foyers
répertoriés depuis 1993. Il s’agit d’une infection par B. suis biovar 2 transmise aux porcs domestiques par
des sangliers sauvages qui en constituent le réservoir primaire. Des cas sont également détectés chez des
lièvres, mais leur rôle éventuel dans la contamination d’élevages de porcs en France n’est pas documenté.
La maladie n’avait pas été détectée sur le sol français depuis le 1er juillet 2019. Le 1er juin 2021, la présence
de la brucellose porcine a été confirmée au sein d’un élevage de porcs en plein air de la commune de
Suhescun, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, rapporte l’Organisation mondiale de la santé
animale (OIE), dans une notification publiée le 23 juin 2021. Le dépistage a été réalisé dans le cadre d’un
autocontrôle. Ont ainsi été déclarés positifs
19 porcs, sur les 471 que compte l’élevage. Aucun d’entre eux n’est mort de la maladie. Parmi les voies de
contamination envisagées par l’OIE figure le « contact avec les animaux sauvages ».
Faisant suite à la découverte de ce foyer, une mesure de « restriction des déplacements » des animaux est
d’ores et déjà appliquée. L’OIE rappelle que des mesures de traçabilité, d’inspection ante- et post-mortem,
de désinfection, de dépistage et d’abattage sanitaire seront également à appliquer.
A noté que les bilans européens confirment la présence de cette maladie dans de nombreux pays : France,
Portugal,
Espagne, Allemagne…
a. Surveillance de la Brucellose Porcine
L’objectif de la surveillance de la brucellose porcine est de détecter rapidement l’apparition d’un foyer, en
vue de prévenir sa diffusion à d’autres élevages, et, en fonction des souches concernées, de prévenir le
risque zoonotique. Pour les centres de quarantaine et les centres d’insémination (directive 90/429/CE),
l’objectif est de s’assurer du caractère indemne des verrats destinés à l’insémination artificielle.
La surveillance vise Brucella suis biovars 1, 2 et 3, Brucella melitensis et Brucella abortus
Président : M. Olivier VEDRENNE
Responsable : DV Christelle ROY
 Modalités de la surveillance
La surveillance de la brucellose porcine est évènementielle (clinique) dans tous les élevages, et programmée
(sérologique) dans les centres de quarantaine et les centres de collecte de semence. Une surveillance
programmée d’origine professionnelle est également mise en place depuis fin 2010 dans les élevages de
porcs « noirs de Bigorre » et pour les porcs de races locales exposés au Salon de l’agriculture. Les espèces
ciblées sont les Porcs domestiques et sangliers d’élevage dans l’ensemble de la France métropolitaine.
Il est à noter que la Faune sauvage est aussi surveillée via le réseau SAGIR ; en effet, les sangliers sont assez
fréquemment porteurs (séroprévalence moyenne de 39% en France en 2010) et contaminants, contrairement
aux lièvres initialement suspectés mais qui ne semblent pas jouer de rôle épidémiologique dominant.
b. Surveillance événementielle
Elle repose sur la surveillance de signes cliniques évocateurs d’une infection brucellique: avortements
précoces avec retours prématurés en chaleur (la proportion d’avortements ou de résorptions embryonnaires
peut atteindre 50 % des truies reproductrices dans l’élevage, 95 % des truies mises à la reproduction pouvant
présenter de l’infertilité), orchites aiguës, ou tout autre trouble de la reproduction à caractère enzootique.
Des arthrites et des parésies liées à une atteinte ostéoarticulaire peuvent également être observées.
c. Surveillance programmée
Ciblée sur les verrats utilisés pour l’insémination artificielle (concernés également par les dépistages de la
maladie d’Aujeszky et de la peste porcine classique), en raison du rôle potentiel de la semence dans la
diffusion d’une infection brucellique (les combinaisons d’antibiotiques ajoutés à la semence collectée ne
permettant pas d’éliminer les Brucella).
Cette surveillance sérologique n’est pas généralisée à d’autres types d’élevages qui pourraient présenter des
risques de diffusion ou d’introduction de la bactérie, en raison de la faible spécificité des tests sérologiques
et de la fréquence associée des réactions faussement positives.
Un cheptel est suspect dans l’une des trois circonstances suivantes :
✓constatation de signes cliniques épi-ou enzootiques associés à quelques sérologies positives,
✓cheptel en lien épidémiologique avec une exploitation infectée,
✓dans le cas d’un centre de collecte ou de quarantaine agréé, présence de réactions sérologiques positives,
telles que définies dans la note de service 2004/8134 du 12 mai 2004.
d. Investigation épidémiologique en cas de foyer (enquêtes amont-aval)
Lors de suspicion, prélèvements par les vétérinaires sanitaires en vue d’analyses sérologiques (sang sur tube
sec) sur tous les reproducteurs et d’analyses bactériologiques (écouvillons péri- ou endocervicaux ou récolte
de sécrétions génitales pour les truies ayant avorté ou ayant présenté un trouble de la reproduction et/ou,
après abattage diagnostique, prélèvements de nœuds lymphatiques et/ou utérus sur les truies ayant avorté, de
testicule lésé pour les verrats atteints d’orchite, d’arthrite sur tout type de porcin).
Références réglementaires
- Directive 90/429/CE fixant les exigences de police sanitaire applicables aux échanges intra-
communautaires et aux importations de sperme d’animaux de l’espèce porcine
- Arrêté ministériel du 14 novembre 2005 fixant les mesures de police sanitaire relatives à la brucellose des
suidés en élevage
- Arrêté ministériel du 7 novembre 2000 fixant les conditions de police sanitaire exigées pour la diffusion de
semence porcine
- Arrêté du 29 juillet 2013 relatif à la définition des dangers sanitaires de première et deuxième catégorie
pour les espèces animales.

Chap. II La maladie de gumboro

II.1. Présentation de la maladie de Gumboro ou bursite infectieuse

La bursite infectieuse, plus connue sous le nom de maladie de Gumboro, est une infection virale du système
immunitaire de la volaille très contagieuse. Sa distribution est cosmopolite. L'impact socio-économique de
cette maladie extrêmement contagieuse est considérable au niveau international ; en effet, elle se place en
tête de liste des maladies aviaires les plus importantes [Van der Sluis 1999].
C'est une maladie polymorphe, dont les formes cliniques sont très variables. Connue depuis 1962, elle pose
depuis quelques années des difficultés supplémentaires : la « réémergence » du virus de la bursite infectieuse
(infectious bursal disetse virus : IBDV) sous forme de variant antigéniques (1984) ou de souches hyper
virulentes (1987) est responsable de pertes très importantes [Van den Berg, Etterradossi et al. 2000].
Ces pertes sont à la fois directes par une mortalité spécifique et indirectes par les saisies d’abattoir et
l'immunodépression viro-induite, qui se traduit par des retards de croissance et des infections secondaires.
Il s'agit dans cette synthèse bibliographique de faire le point sur les connaissances actuelles concernant cette
maladie, afin d'avoir une vue globale de cette affection majeure dont la maîtrise reste complexe et difficile.

II.2. Définition, historique et distribution de la maladie de Gumboro

II.2.a. Définition
La maladie de Gumboro est une infection virale du système immunitaire de la volaille.
Cette affection virale très contagieuse du jeune poulet est caractérisée par la destruction des organes
lymphoïdes et plus particulièrement de la bourse de Fabricius, lieu de différenciation des lymphocytes B
chez les oiseaux [Van den Berg, Etterradossi et al. 2000].
La cellule cible est, en effet, le lymphocyte B à un stade immature. L'infection peut être rapidement létale,
ou bien conduire à une immunodépression. L'ampleur de cette immunodépression est difficile à mesurer.
Elle est généralement transitoire.
II.2.b. Historique
En 1962, l'existence d'une nouvelle maladie affectant la fonction rénale « néphrose aviaire » est rapportée
pour la 1 ère fois par Cosgrove. Les premiers cas furent observés dans la région de Gumboro (dans le
Delaware aux Etats-Unis d’ Amérique), ce qui expliqué-je nom d'usage de cette maladie. La présence du
virus de la bronchite infectieuse dans les prélèvements rénaux rend l'interprétation confuse. 􀣑
L'isolat Gray est obtenu par Winterfield et Hitchner sur des cas cliniques de néphrite aux lésions similaires
et avancent l'hypothèse qu'il soit à l'origine de ces différents foyers.
Des travaux d'immunisation, et d'isolement sur culture ont été conduits. L'isolat est reconnu comme l'agent
réel de la nouvelle affection. Le virus Gray se révèle être une souche de l'IBD à tendance néphrotrophique
[Lukert and Saif 1997]. Hitchner (1970) propose alors le nom de « infectious bursal disease » pour nommer
cette maladie qui entament des lésions pathognomoniques de la bourse de Fabricius. Elle est aussi nommée
« infectious bursitis » (bursite infectieuse).
L'IBDV est immunosuppressif lors d'une infection précoce [Allan, Faragher et al. 1972]. La découverte de
ce pouvoir immunosuppresseur augmente encore l'intérêt pour cette maladie. L'existence d'un second
sérotype est établi en 1980 [Mc Ferran, Mc Nulty et al. 1980]. L'émergence de souches variantes au sein du
sérotype 1 rend les perspectives de lutte encore plus complexes. Ces souches expriment leur pouvoir
pathogène chez des sujets immunisé contre les souches classiques [Rosenberg and Cloud 1986]. On ignore si
ces souches étaient déjà naturellement présentes, puis favorisées par la pression de sélection, ou sont
apparues suite à des mutations.

II.2.c. Distribution
En 1962, la découverte des premiers foyers de ce qu'on identifiera plusieurs années après comme la maladie
de Gumboro est rapportée pour la 1 ère fois par Cosgrove [Cosgrove 1962].
La plupart des régions nord-américaines ont été infectées de 1962 à 1964 [Lasher and Davis 1997] et les
pays d'Europe de 1962 à 1971 [Faragher 1972]. De 1966 à 1974, la maladie a été identifiée au Moyen-
Orient, l:n Afrique du Sud, et de l'Ouest, en Inde, en Extrême-Orient et en Australie [Faragher 1972;
Provost, Borredon et al. 1972; Firth 1974; Jones 1986; Lasher and Shane 1994; Van der Sluis 1999; Van den
Berg, Etterradossi et al. 2000].
Les premiers foyers de la maladie de Gumboro sont apparus dès 1971 au Sénégal
[Sagna 1977].
95% des soixante-cinq pays qui répondaient en 1995 à une enquête de l'Office International des Epizooties
(OIE) se déclaraient infectés. Ces observations ont fait l'objet d'une résolution spécifique du Comité
international de l'OIE lors de sa 63° Session générale en mai 1995.

II.3. L'agent étiologique: le virus de la maladie de Gumboro

II.3.a. Caractères généraux


Il fait partie du genre des Avibirnavirus (famille des Birnaviridae). Le génome est composé de deux
segments d'acide ribonucléique (ARN) bicaténaire, (d'où le nom de la famille virale : Bi-rna-viridae). C'est
un virus non enveloppé, dont la capside à une structure simple, icosahédrique et sa taille est comprise entre
58 et 60 nm [Van den Berg, Etterradossi et al. 2000]. De par sa structure, le virus dispose d'une très grande
résistance dans le milieu extérieur.
On distingue deux sérotypes : le sérotype l est pathogène pour la volaille et le sérotype 2 qui a été isolé en
tant que virus apathogène chez la poule et le dindon. On les distingue in vitro par l'absence de
séroneutralisation croisée et in vivo, par l'absence de protection croisée [Mc Ferran, Mc Nulty et al. 1980].
En fait, il existe parallèlement un classement selon la virulence, ce qui rend plus délicate la caractérisation
des souches. Ainsi, on distingue des souches apathogènes, atténuées (vaccins), virulentes classiques,
variantes ou hypervirulentes (vvIBDV). On a vu que le sérotype 2 correspond aux souches apathogènes (pas
de destruction de la bourse di Fabricius). Par contre il existe une ambiguïté dans la dénomination des
souches hypervirulentes, utilisée pour décrire à la fois les souches hypervirulentes européennes et les
souches variantes américaines provoquant moins de 5% de mortalité spécifique [Rosenberg and Cloud
1986].
II.3.b. Résistance aux désinfectants et agents physiques
Le virus de la maladie de Gumboro est très résistant aux variations de pH : en effet, il n'est pas détruit à un
pH égal à deux [Vakharia, He et al. 1994], mais il est inactivé à pH 12.
Il est sensible à l'hydroxyde de sodium, même dans des savons inversés*à 0,05% d'hydroxyde de sodium.
Les dérivés iodés, chlorés, ainsi que les aldéhydes (formaldéhyde, glutaraldéhyde) sont également actifs.
Parmi trois types de désinfectants, un complexe iodé, un dérivé phénolique, et un ammonium quaternaire,
appliqués à trois concentrations différentes pendant deux minutes à 23 °C, seul le complexe iodé avait un
effet délétère efficace. Il y a une réduction marquée du pouvoir infectieux après exposition à une solution à
0,5% de formol pendant 6h (il faut toujours prêter attention à la durée d'application et la température
nécessaires).
Le virus, toujours selon Benton, n'est pas affecté par une exposition à 0,5% de phénol et 0,125% de
thimerosal d'une heure à 30°C. Il résiste aussi à l'éther et au chloroforme. Le pouvoir infectieux est conservé
après trois ans à 20°C.
Le virus survit 30 minutes à 60°C, mais est inactivé à 70°C [Landgraf, Vielitz et al.
1967]. Il est également inactivé après une exposition de 10 minutes à 0,5% de chloramine.
Il apparaît clairement que la résistance particulière du virus aux désinfectants et aux procédés physiques de
décontamination est très problématique pour les élevages ayant connu un épisode épidémique, d'autant plus
que la prophylaxie médicale et sanitaire doivent donc être impérativement associées.

II.3.c. Propriétés antigéniques et immunologiques


Les protéines de structure VP2 et VP3 (de la capside) jouent un rôle fondamental. Les épitopes responsables
de l'induction des anticorps neutralisants et protecteurs se situent sur la protéine VP2 [Vakharia, He et al.
1994]. Plusieurs groupes en Europe, aux Etats Unis d'Amérique et en Australie ont obtenu des anticorps
monoclonaux neutralisants dirigés contre, la protéine VP2 [Snyder, Lana et al. 1988; Reddy and Silim 1991;
Etterradossi, Picault et al. 1992; Van den Berg, Gonze et al. 1996; Etterradossi, Toquin et al. 1997]. Tous les
anticorps monoclonaux neutralisants sont sérotype-spécifiques ; les anticorps monoclonaux non neutralisants
sont soit dirigés soit contre la VP2 soit contre la VP3 ; certains sont spécifiques de groupe, d'autres de type
[Jackwood, Saif et al. 1984].
C'est l'immunité humorale qui joue le rôle essentiel dans la protection contre la maladie de Gumboro. En
effet, il existe une corrélation étroite entre les titres en anticorps neutralisants et le niveau de protection [Van
den Berg and Meulemans 1991; Nakamura, Otaki et al. 1994; Van den Berg, Morales et al. 1997; Jackwood,
Sommer et al. 1999]. Ceci est démontré par l'excellente protection passive apportée par les anticorps
maternels respectivement contre l'immunosuppression, les lésions de la bourse de Fabricius ou la mortalité.
La quantité d'anticorps vitellins à la naissance du poussin est proportionnelle au titre d'anticorps maternel.
La demi-vie des anticorps passifs, dépendant du volume sanguin, se situe entre trois jours (pour les poulets
de chair) et cinq jours (pour les pondeuses) [DeWit 1999]. Il est capital de connaître le titre en anticorps des
poussins à la naissance afin de calculer le moment de sensibilité maximale au virus sauvage ou vaccinal.
Ceci est à la base de l'établissement des programmes de vaccination [Lucio and Hitcher 1979; DeWit 1999].

II.3.d. Evolution des virus de la maladie de Gumboro


Deux événements épidémiologiques majeurs ont révélé la variabilité de ce virus et les dangers qu'il
représente pour l'aviculture mondiale. Une dérive antigénique des virus du sérotype I a été mise en évidence.
En effet, à partir de 1984, plusieurs souches virales de ce sérotype ont été isolées aux Etats Unis d'Amérique,
dans des lots de poulets de chair pourtant convenablement vaccinés [Rosenberg and Cloud 1986]. Ces
nouveaux virus sont responsables d'une immunodépression sévère. Ils ont été qualifiés de « variants » à
cause de leur capacité à infecter des sujets porteurs d'anticorps à des titres normalement protecteurs. On sait
maintenant qu'ils sont porteurs d'épitopes neutralisants modifiés ; on a mis en évidence, aux
Etats Unis d'Amérique, plusieurs générations successives de ces virus, qui accumulent progressivement les
mutations antigéniques. Parmi les six sous-groupes mis en évidence entre les treize souches (par
séroneutralisation et à l'aide d'anticorps monoclonaux neutralisants [Jackwood and Saif 1987; Snyder, Lana
et al. 1988], un seul de ces variants est considéré comme un vrai variant selon les tests de protection croisée
[Rosenberg and Cloud 1986]. Ces découvertes ont été à l'origine du développement de nouveaux vaccins
spécifiques [Giambrione and Glosser 1990; Ismail and Saif 1991; Hassan, Al-Natour et al. 1996].
L'apparition des virus européens dits « hypervirulents » (vvIBDV), à partir de 1987, constitue le deuxième
événement épidémiologique majeur. Ils sont apparus dans des élevages où toutes les mesures de prophylaxie
sanitaire et médicale étaient appliquées [Van den Berg, Gonze et al. 1991; Etterradossi, Picault et al. 1992;
Tsukamoto, Tanimura et al. 1992]. Ils sont capables, comme les variants, d'infecter des individus porteurs
d'anticorps à des titres normalement protecteurs [Van den Berg, Gonze et al. 1991]. Ils sont
significativement plus pathogènes, mais aucune mutation antigénique n'a été mise e11 évidence, on les
considère donc comme des variants pathotypiques [Van den Berg, Gonze et al. 1991]. Donc, en l'absence
d'identification de marqueurs spécifiques de virulence, la classification devrait être basée sur leur virulence
(mortalité, lésions) sur poulets EOPS. L'augmentation de la virulence n'est pas mise en relation avec une
variation antigénique, des marqueurs de virulence sont donc recherchés actuellement.

II.3.e. Culture virale


Ces systèmes permettent de préparer des vaccins vivants, des virus d'épreuve, ou de caractériser les souches
selon leur virulence. Deux types de systèmes de multiplication sont utilisés : les œufs embryonnés et les
cultures cellulaires; le choix des systèmes est fait en fonction de l'objectif de la mise en culture et de la
souche en question.
En ce qui concerne les œufs embryonnés, initialement, de grandes difficultés étaient rencontrées pour
l'isolement viral, ou lors du passage en série ; de nombreuses études ont permis d'ajuster les techniques.
Ainsi, on utilise des œufs embryonnés EOPS âgés de neuf à onze jours. On préférera l'inoculation sur la
membrane chorio-allantoïdienne ou la voie
vitelline qui donnent de meilleurs rendements viraux que la voie allantoïdienne classique
[Lukert and Saif 1997].
La mortalité embryonnaire survient trois à sept jours après inoculation. Les embryons lésés sont œdématiés,
leur peau prend un aspect gélatineux, et des hémorragies sont souvent présentes au niveau des doigts et de
l'encéphale. Les annexes embryonnaires ne sont pas modifiées [Lukert and Saif 1997; Van den Berg,
Etterradossi et al. 2000].
Parmi les différents compartiments de l'œuf inoculé, l'embryon est celui qui permet de retrouver les titres
viraux les plus élevés. Le foie est parsemé de pétéchies et de foyers de nécrose ; c'est l'organe le plus riche
en particules virales [Mc Ferran 1993].
Les lésions induites par les virus variants nord-américains différent de celles induites par des isolats
standards : la splénomégalie et la nécrose hépatique marquées sont caractéristiques. On note aussi que la
mortalité embryonnaire est moindre [Van den Berg,
Etterradossi et al. 2000].
Après adaptation, certaines souches d'IBDV peuvent être multipliées à hauts titres sur culture cellulaire
primaire ou en lignées établies [Lukert and Davis 1974; Hassan, Al-Natour et al. 1996].
Cependant les cultures cellulaires sont de mauvais systèmes de multiplication pour la plupart des souches
isolées du terrain, en particulier les souches hypervirulentes : ces souches virales nécessitent soit des
passages préalables sur œufs embryonnés, soit de nombreux passages aveugles en culture cellulaire avant
l'apparition d'un effet cytopathogène. Or, cette adaptation est responsable d'une atténuation de la souche. Par
voie de conséquence, l'utilisation de poulets EOPS âgés de trois à six semaines est la seule alternative
satisfaisante pour la préparation de virus d'épreuve ou la caractérisation des souches selon la virulence.
On peut cependant retenir que la lignée continue LSCC-BK.3 permettrait la propagation des souches
hypervirulentes, mais sans effet cytopathogène [Tsukamoto, Tanirnura et al. 1995]. Il est aussi possible
d'utiliser, mais de manière limitée, des cellules primaires de bourse de Fabricius [Shakya, Joshi et al. 1999].

II.4. Pathogénie, symptômes et lésions

II.4.a. Pathogénie
La contamination est réalisée par voie orale : soit directe (d'animal à animal), soit indirecte, par tous les
vecteurs passifs contaminés par les fientes (dont les rongeurs et les insectes). L'excrétion virale persiste 2
semairtes après la contamination. Il n'y a pas de transmission par l'œuf [Lukert and Saif 1997].
La période d'incubation est très courte, de deux à trois jours. Des signes histologiques d'infection sont
détectés au niveau de la bourse de Fabricius à partir de 24 H [Helmboldt and .., Garner 1964]. Des
techniques d'immunofluorescence permettent de détecter le virus dans les macrophages (gut-associated) et
les cellules lymphoïdes des amygdales caecales 4 à 5 heures après exposition orale; une heure après, le virus
est détecté dans des cellules lymphoïdes du duodénum et du jéjunum : il y a un premier cycle de réplication
virale dans les tissus lymphoïdes associés au tube digestif [Müller, Kauffer-Weiss et al. 1979]. Le virus
atteint d'abord le foie, où il est détecté 5 h après inoculation ; il est distribué ensuite par la circulation
systémique à de nombreux tissus, dont la bourse de Fabricius, où se déroule un important cycle de
réplication secondaire; les autres organes lymphoïdes sont massivement infectés par une seconde étape
virémique faisant suite à l'infection de la bourse. Les cellules infectées sont identifiées dans la bourse de
Fabricius 11 heures après exposition orale, ou 6 heures après application directe dans la bourse [Lukert and
Saif 1997; Van den Berg, Etterradossi et al. 2000].
Bien que les autres organes lymphoïdes soient également touchés, l'organe cible principal est la bourse de
Fabricius [Sharma, Dohms et al. 1993]. Le virus, en effet, infecte les lymphocytes B au stade immature et
provoque un effet cytolytique chez ces cellules en division active [Van den Berg, Etterradossi et al. 2000].
Cette atteinte correspond à une bursectomie virale. Des études de triage cellulaire ont montré que le
lymphocyte B est sensible au stade immature où il porte des immunoglobulines M en surface [Hirai,
Funakoshi et al. 1981]. Cette donnée est très importante pour comprendre le paradoxe de la réponse
immunitaire face à l'IBDV où l'immunosuppression s'accompagne de hauts titres en Ac anti-Gumboro. Suite
à la stimulation par le virus de Gumboro, les lymphocytes matures et compétents effectuent leur expansion,
tandis que les lymphocytes immatures sont détruits par le virus.
La maladie évolue souvent vers la guérison spontanée. La première conséquence de l'infection est une
immunosuppression quasi-immédiate, ceci entraînant de graves échecs à la vaccination (Newcastle,
Bronchite Infectieuse, Marek). Les animaux atteints deviennent sensibles à de nombreuses affections
parasitaires, bactériennes et virales.
Plusieurs hypothèses sont émises pour expliquer l'origine des lésions et symptômes des formes graves
[Lukert, 1997 #33]:
- Il s'agit de la Coagulation Intravasculaire Disséminée (CIVD), suite à la libération de thromboplastine à
partir de la bourse de Fabricius lésée.
-Il a aussi été évoqué une maladie à Immuns complexes, avec vascularite, qui provoqueraient les lésions
hémorragiques et en partie l'atteinte rénale.

II.4.b. Symptômes
Le tableau clinique associé à la maladie de Gumboro varie considérablement en fonction de l'âge à
l'infection, de la protection maternelle, des antécédents d'infection dans l'élevage, de la région, des souches
sauvages circulantes, ainsi que le type génétique du poulet.
Les animaux, dans la forme aiguë, sont abattus, prostrés, déshydratés, atteints de diarrhée aqueuse et les
plumes sont ébouriffées. Le signe d'appel que l'éleveur averti remarquera précocement est le picage autour
du cloaque. La mortalité débute au 3ème jour de l'infection, atteint un pic, puis diminue rapidement et les
poulets survivants retrouvent un bon état général après cinq à sept jours [Lukert, 1 997 #33].
Une première infection dans une exploitation est en général très aiguë, avec des taux de mortalité très élevés
s'il s'agit d'une souche très virulente. Au fur et à mesure de passages successifs dans un élevage, la maladie
apparaît plus précocement, pour être remplacée par des formes subcliniques [Van den Berg, Etterradossi et
al. 2000]. Il faut signaler que la réapparition d'épisodes aigus de la maladie reste toujours possible. D'autre
part, une primo-infection peut aussi être inapparente si la souche virale est peu pathogène ou lors d'infection
en présence d'anticorps maternels.
On peut résumer la diversité des tableaux cliniques en trois catégories. La forme la plus ancienne est
désignée « forme classique » : elle est due aux souches virulentes classiques. La mortalité spécifique est
relativement faible ; la maladie apparaît généralement de manière subclinique, après la chute des anticorps
maternels [Faragher 1972].
Il existe une forme immunosuppressive, décrite principalement aux Etats-Unis d'Amérique. Elle est due à
des souches d'IBDV peu pathogènes ainsi qu'à des souches variantes d'IBDV, comme les souches Delaware
variantes E ou GLS, échappant partiellement à la séroneutralisation par les anticorps dits « classiques »
[Jackwood and Saif 1 987; Snyder 1990]. L'immunosuppression fait suite à la destruction des lymphocytes
B immatures. Elle apparaît sur des animaux jeunes jusqu'à trois semaines d'âge et se traduit par des retards
de croissance, des échecs de vaccination (l'évaluation de l'immunosuppression repose d'ailleurs sur une
épreuve virulente), et l'apparition de maladies intercurrentes [Biaou 1995]. Elle est d'autant plus importante
que l'infection est précoce ; en effet, lorsque les poussins sont infectés à un jour d'âge, on observe une
immunodépression beaucoup plus importante et plus longue. Sur le terrain, les poussins bénéficient
généralement d'une protection maternelle passive, donc les contaminations se produisent plus tard, après la
chute des titres en anticorps maternels, souvent entre deux et trois semaines. Le virus a un effet
immunodépresseur jusqu'à cinq à six semaines d'âge au moins.
Enfin, il existe une forme aiguë qui a été décrite d'abord en Europe et en Asie.
Son apparition est brutale, l'évolution aiguë s'accompagne d'une forte mortalité : elle est due aux souches
hypervirulentes d'IBDV (Cf fig. 4). Elle frappe les poulets de 3 à 6 semaines
(Infection moins précoce que la précédente). Ces mortalités peuvent atteindre 60 %.

II.4.c. Lésions

 Lésions macroscopiques
Les oiseaux qui succombent à l'infection sont déshydratés, pour un embonpoint normal (aspect sec et collant
de la carcasse) [Villate 1992]. On remarque une décoloration sombre des muscles pectoraux. Des
hémorragies et des pétéchies sont fréquentes au niveau des muscles des membres (en particulier les cuisses)
et des pectoraux, ils seraient liés à un défaut de coagulation. Des lésions semblables sont aussi décrites sur le
myocarde, à la base duproventricule et sur la masse viscérale. Une quantité anormale de mucus dans le tube
digestif est fréquente. De nombreux oiseaux présentent des reins hypertrophiés et blanchâtres contenant de
dépôts de cristaux d'urates et des débris cellulaires. Ces lésions seraient
Consécutives à une sévère déshydratation. En effet, les lésions rénales ne sont pas observées sur des
animaux tués en cours d'évolution de la maladie [Lukert and Saif 1997].
Les principales lésions macroscopiques sont bien sûr retrouvées dans la bourse de
Fabricius qui présente tous les stades de l'inflammation après une infection aiguë [Mc Ferran
1993]. Les lésions de la bourse, considérées comme pathognomoniques [Lukert and Saif
1997], varient en fonction du stade de l'infection. Il est important pour le diagnostic de bien connaître
l'évolution des lésions.
Cheville a décrit précisément l'évolution pondérale des bourses 12 jours post-infection
[Cheville 1967]. Trois jours après infection, les bourses commencent à augmenter de taille et en poids à
cause de l'œdème et de l'hyperhérnie. Au quatrième jour, le poids a doublé et la taille commence à diminuer.
Au cinquième jour, le poids est à nouveau normal, mais l'atrophie se poursuit, et les bourses ne pèsent que le
tiers de leur poids initial au huitième jour.
L'aspect des bourses est aussi très modifié selon le stade [Lukert and Saif 1997]: au deuxième ou troisième
jour après infection, on observe un transsudat jaune gélatineux à la surface de la séreuse. Des stries
longitudinales proéminentes apparaissent à la surface, et on passe de la couleur blanche normale à la couleur
crème. Lorsque la bourse revient à un poids normal, le transsudat a disparu. Elle devient grise à partir du
moment où elle s'atrophie.
Il faut signaler que certaines souches variantes amencames provoqueraient une atrophie rapide de la bourse
de Fabricius sans phase d'inflammation préalable [Lukert and Saif 1997].
Les bourses infectées montrent souvent des foyers nécrotiques, quelquefois des pétéchies et des ecchymoses
sur la muqueuse. Des bourses entièrement hémorragiques ont été observées : on retrouve alors du sang dans
les fientes.
En ce qui concerne les formes aiguës de la maladie dues aux souches hypervirulentes, on peut observer des
lésions macroscopiques dans d'autres organes lymphoïdes (thymus, rate, amygdales caecales, glandes de
Harder, plaques de Peyer et moelle osseuse).

 Lésions microscopiques
Il existe un système d'évaluation (score de 1 à 5 selon la gravité) des lésions microscopiques des organes
atteints [Henry, Brewer et al. 1980]. Les lymphocytes B sont détruits dans les follicules de la bourse de
Fabricius ainsi que dans les centres germinatifs et les manchons péri vasculaires de la rate. Des cellules
hétérophiles infiltrent la bourse de Fabricius qui subit une hyperplasie des cellules réticuloendothéliales et
du tissu inter folliculaire. L'épithélium disparaît progressivement de la surface et des cavités kystiques se
développent dans les follicules. Une sévère panleucopénie est également observée. Dans les formes aiguës
de la maladie, ces lésions microscopiques sont bien sûr exacerbées.
II.5. Importance de la maladie

La maladie de Gumboro a une importance à la fois économique et médicale.


Au plan médical, il s'agit d'une affection immunosuppressive. Elle est responsable de nombreux échecs
vaccinaux et de l'apparition de maladies opportunistes.
L'estimation de l'impact économique est rendue difficile par la nature poly factorielle des pertes. Il y a bien
sûr les pertes directes qui correspondent à la mortalité spécifique, pouvant être très élevée dans le cas des
souches hypervirulentes ; mais il faut souligner aussi le poids des pertes indirectes, conséquences de
l'immunodéficience acquise ou des multiples interactions que peut avoir l'IBDV avec d'autres pathologies
virales, bactériennes, parasitaires. On enregistre des retards de croissance jamais compensés. De plus,
l'aspect hémorragique des carcasses, d'intensité très variable, peut conduire à leur rejet.
Cette maladie est considérée comme l'une de celles qui ont le plus de répercussions économiques en
aviculture.
Une étude cas/témoins conduite en Irlande du Nord [Mc Ilroy, Goodall et al. 1989] montre que le chiffre
d'affaires des élevages non contaminés par l'IBDV est de 11 % supérieur à ceux où l'on a observé une forme
clinique de maladie de Gumboro (lésions aiguës typiques), et de 14% supérieur dans les élevages où la
maladie s'est développée de manière subclinique (lésions chroniques typiques).
L'extrême contagiosité de la maladie se traduit, à l'échelle d'un troupeau, par une morbidité très élevée et une
mortalité variable. Ainsi, le taux de séroconversion après un passage viral atteint 100%. Initialement, les
souches étaient peu virulentes et ne causaient que 1 à 2% de mortalité spécifique. A partir de 1987, une
augmentation de la mortalité spécifique a été décrite en plusieurs endroits du monde. En Europe et au Japon,
des taux de mortalité allant jusqu'à 50 à 60% sur poules pondeuses et 25 à 30% sur poulets de chair ont été
observés. Ces souches hypervirulentes isolées sur le terrain provoquèrent jusqu'à 100% de mortalité sur
poulets exempts d'organismes pathogènes spécifiés (EOPS).

II.6. Epidémiologie

II.6.a. Espèces sensibles


Seule l'espèce poule (Gallus gal/us) développe la maladie de Gumboro après infection par les virus de
sérotype 1.
La dinde (Meleagris gallopavo) héberge de façon asymptomatique le sérotype 2 et parfois des virus de
sérotype 1 au pouvoir mal caractérisé pour les dindes.
Le canard de Barbarie (Cairina moschata) héberge de manière asymptomatique des virus de sérotype 1.
Des anticorps anti-IBDV ont été détectés chez la pintade (Numida meleagris), le faisan de Colchide
(Phasinus colchicus) et l'autruche (Struthio came/us), qui héberge des virus de sérotype 2.
On suspecte l'avifaune sauvage d'avoir un rôle de réservoir ou de vecteur puisque des anticorps neutralisants
ou précipitants ont été détectés chez différentes espèces sauvages de canards, oies, sternes, puffins,
corneilles et manchots [Van den Berg, Etterradossi et al. 2000].

II.6.b. Facteurs de sensibilité


L'âge de sensibilité maximum se situe entre trois et six semaines, période correspondant au développement
maximal de la bourse de Fabricius et durant laquelle sont observés les signes cliniques aigus ; cependant des
cas cliniques peuvent y être observés jusqu'à l'âge de quinze à vingt semaines [Ley, Storm et al. 1979;
Okoye and Uzoukwu 1981].
Tous les types génétiques sont affectés, mais la race blanche leghorn semble la plus sensible [Lukert and
Saif 1997]. Plusieurs auteurs affirment que les souches légères destinées à la ponte sont plus sensibles que
les souches lourdes destinées à la production de chair.
Cependant, Meroz n'a pas trouvé de différence significative du taux de mortalité entre les souches légères et
les souches lourdes (sur 700 foyers) [Van den Berg, Gonze et al. 1996].
Seule la transmission horizontale est reconnue : les sujets sains se contaminent par voie orale (eau
nourriture, litière contaminée par les fientes ...) ou respiratoire. Les animaux infectés commencent à excréter
le virus dans leurs fientes au bout de 48h ; ils sont contaminants par contact direct pendant seize jours
[Vindevogel, Gouffaux et al. 1976]; or la contamination est réalisée par contact direct avec les individus
excréteurs ou par contact indirect avec un vecteur souillé, inanimé (matériel), ou animé (personnel
d'élevages, rongeurs, insectes). La transmission indirecte est favorisée par la grande résistance du virus dans
le milieu extérieur. Des locaux où on avait évacué les animaux infectés étaient contaminants pour d'autres
oiseaux 54 et 122 jours après l'évacuation [Benton, Cover et al. 1967]. Le virus survit jusqu'à 8 semaines sur
des ténébrions (Alphitobius diaperinus) issus de locaux contaminés [Snedeker, Wills et al. 1967]. L'IBDV a
été isolé à partir de moustiques (Aedes vexans) [Howie and Thorsen 1981] et de rats, mais aucune
conclusion n'est tirée concernant le rôle potentiel de vecteur ou de réservoir des insectes et des rats.
Cependant, on retiendra qu'il est nécessaire d'appliquer avec beaucoup de rigueur un nettoyage, une
désinfection, désinsectisation et une dératisation pour que cesse la contamination pérenne des bâtiments
infectés.

II.6.c. Transmission du virus de la maladie de Gumboro


Il n'y a pas de transmission verticale stricto sensu; cependant les possibilités de transmission via une
éventuelle contamination de surface n'ont pas été évaluées [Van den Berg, Etterradossi et al. 2000]. Dans
cette éventualité, une fumigation en vue d'une décontamination de surface des œufs à couver peut être
indiquée.
Les craintes de contamination sont plutôt tournées vers les échanges d'animaux vivants et de viande de
volaille. La maladie de Gumboro est une maladie de la liste B de l'OIE et les pays importateurs de volailles
vivantes peuvent se référer au chapitre 3.6.1 du Code zoosanitaire international [Office international des
épizooties 1999].
Seul un test sérologique renouvelé après une quarantaine suffisante pour permettre une éventuelle
séroconversion permet de garantir le statut indemne d'animaux importés.
Une contamination des viandes est possible à l'occasion de l'abattage d'animaux virérniques ou
convalescents (il faut aussi envisager les contaminations croisées sur la chaîne d'abattage) [VindevogeL
Gou:ffaux et al. 1976].
Concernant les produits dérivés de viandes de volaille, la résistance du virus aux températures extrêmes est
favorable à sa diffusion ([Benton, Cover et al. 1967] ; Cf § II.3.b).
Les données actuelles sont bien sûr insuffisantes pour une évaluation quantitative du risque. Des données
supplémentaires seraient nécessaires, concernant la prévalence réelle de la maladie, le tropisme des
différentes souches selon les organes, le risque de diffusion d'un virus importé vers un cheptel indemne, et
les techniques de choix pour la mise en évidence du virus dans les viandes.

II.7. Diagnostic

II.7.a. Diagnostic clinique


Le diagnostic de présomption est facile pour les foyers de maladie de Gumboro aiguë. L'évolution de la
morbidité (morbidité soudaine et très importante, puis guérison en cinq à sept jours après le pic de mortalité)
et de la mortalité est caractéristique de la maladie. La confirmation du diagnostic est apportée par
l'observation des lésions nécropsiques de la bourse de Fabricius, qui diffèrent selon le stade de l'affection,
mais qui sont pathognomoniques.
Les infections d'animaux. Jeunes, ou d'oiseaux encore porteurs d'anticorps maternels sont en général
subcliniques et donc le diagnostic clinique est difficile à poser. On aura recours alors à l'observation des
lésions macroscopiques et de l'atrophie histologique.

II.7.b. Diagnostic différentiel


Plusieurs affections sont susceptibles d'être confondues cliniquement avec la maladie de Gumboro.
L'évolution rapide de la morbidité peut faire penser à un épisode aiguë de coccidiose, notamment si du sang
est retrouvé dans les fientes (Cf § II.4.c). Les observations nécropsiques permettent alors de faire le
diagnostic différentiel.
Les lésions rénales sont insuffisantes pour diagnostiquer la maladie de Gumboro, car ces lésions sont
inconstantes. Il s'agit bien sûr de vérifier la présence des lésions bursales pour éliminer les autres causes de
néphrite. Il est toutefois possible qu'un manque d'eau sévère induise à la fois des lésions rénales et des
modifications de la bourse (atrophie et couleur grise de la bourse ; cependant on retrouve cette association
de lésions sur un faible nombre d'individus) : il faut donc tenir compte de l'anamnèse et des commémoratifs.
Certains variants de virus de la bronchite infectieuse, à tropisme rénal, sont ainsi responsables de néphrite
(171 b) [Lukert and Saif 1997] ; il n'y a pas dans ce cas de modifications au niveau de la bourse, et des
signes respiratoires précèdent la mort. Il ne faut pas pour autant éliminer la possibilité d'avoir les deux
affections simultanément.
Les hémorragies musculaires et de la muqueuse à la jonction proventricule-gésier ne sont pas
pathognomoniques. On s'intéresse alors aux lésions de la bourse.
Jakowski, Fredrickson et al. 1969 ont reporté des atrophies de la bourse induites expérimentalement avec
quatre isolats de la maladie de Marek [Jakowski, Fredrickson et al. 1969]. L'atrophie a été observée 12 jours
après inoculation, et les lésions histologiques microscopiques sont bien différentes.
Des poussins SPF (specific-pathogen-free) infectés à un jour par un à Jénovirus aviaire de type 8, présentent,
deux semaines après infection, des bourses de petite taille et avec des follicules atrophiés [Grimes and King
1 977]. Dans cette situation, on observe alors des lésions macroscopiques au niveau du foie, de la rate, ciu
pancréas et des reins, ainsi que des corps d'inclusion intranucléaires au niveau des tissus hépatique et
pancréatique.
Parmi les principales affections susceptibles d'être confondues cliniquement avec la maladie de Gumboro, il
faut signaler aussi la maladie de Newcastle dans certaines formes
viscérales, le syndrome de malabsorption, et certaines mycotoxicoses. Dans tous ces cas, la présence des
lésions de la bourse de Fabricius permet l'identification [Van den Berg, Morales et al. 1 997; Jackwood,
Sommer et al. 1999].
L'analyse histologique a l'avantage de permettre le diagnostic de l'affection aussi bien dans ses formes aiguës
que dans ses formes chroniques ou sub-cliniques. De plus, il est intéressant de savoir que la capacité à
induire des lésions histologiques non bursiques (thymus, rate, moelle osseuse, Cf. § II.4.c) serait une
propriété particulière des souches hypervirulentes de l'IBDV. Les infections par des souches variantes ne
seront détectées que par l'histopathologie ou l'isolement viral.

II.7.c. Diagnostic sérologique


En zone d'endémie, la plupart des lots de poulets de chair présentent des anticorps vis-à-vis de la maladie de
Gumboro en fin d'élevage. Malheureusement, les tests sérologiques actuels ne permettent pas de distinguer
les anticorps induits par les IBDV pathogènes de ceux induits par les virus atténués vaccinaux, ce qui limite
donc la portée diagnostique de la sérologie en zone d'endémie.
Par contre, la quantification des anticorps peut être très utile dans le cadre de la prophylaxie médicale ; elle
permet de mesurer les niveaux d'anticorps passifs et de déterminer les dates de vaccination [Muskett,
Hopkins et al. 1979], notamment en utilisant la formule de Kouwenhoven. Elle est aussi utile pour vérifier la
bonne prise vaccinale des poules reproductrices [Meulemans, Antoine et al. 1977]. La sérologie est
également indispensable pour garantir le statut indemne des troupeaux EOPS.
Chaque analyse sérologique doit reposer sur un nombre suffisant de sérums individuels représentatifs du lot
étudié (tirage au sort). Selon Van den Berg, au moins 20 sérums sont nécessaires [Van den Berg,
Etterradossi et al. 2000]. De plus, une étude cinétique demande au moins deux analyses sérologiques
espacées de trois semaines d'intervalle environ (sérums couplés).
Les tests quantitatifs les plus utilisés sont la détection des anticorps précipitants par immunodiffusion double
en milieu gélosé [Rirai, Shikamura et al. 1972], les tests immunoenzymatiques de type ELISA (enzyme-
linked irnmunosorbent assay) [Meulemans, Decaesstecker et al. 1987], et le test de séroneutralisation virale
révélée sur culture cellulaire [Weissman and Hitchner 1978].
L'immunodiffusion en gélose est la technique la plus simple, mais la moins sensible.
Les résultats sont obtenus après une incubation de 48 heures. La variabilité des résultats de cette technique
peut être liée au manipulateur, ainsi qu'à la souche virale utilisée comme antigène [Weissman and Hitchner
1978].
La séroneutralisation présente l'inconvénient de nécessiter des installations lourdes et un délai de cinq jours
pour l'incubation. Par contre, elle est beaucoup plus sensible que l'immunodiffusion en gélose et mieux
corrélée au niveau de protection des sujets testés [Weissman and Hitchner 1978]. Elle permet, de plus, de
discerner les variations antigéniques entre les isolats. Les résultats varient ainsi selon le virus de référence
(notons que pour un sérotype donné, il y a plusieurs sous-types antigéniques). Les sérums du terrain
présentent souvent les niveaux élevés d'anticorps neutralisants, résultat de la combinaison de l'exposition de
terrain, l'exposition vaccinale, et les phénomènes de réactivité croisée à hauts titres d'anticorps.
L'épreuve ELISA est la méthode la pltJS sensible, la plus rapide, et celle qui présente le moins ë.ie
variations liées à la souche virale utilisée comme antigène. Cependant, une variabilité intra- et inter-
laboratoire importante est possible, selon les trousses commerciales.
Bien qu'il y ait une bonne corrélation entre les titres obtenus par ELISA et par séroneutralisation (et les titres
mesurés sont bien corrélés avec la protection [Nakamura, Otaki et al. 1 994; Cziffra, Mészàros et al. 1 998;
Jackwood, Sommer et al. 1 999]), la méthode ELISA reste moins sensible (pour les titres extrêmes) et ne
peut distinguer des titres neutralisants faibles quoique suffisants pour bloquer une prise vaccinale (anticorps
d'origine maternelle).
Les tests ELISA utilisant comme seul antigène une protéine P2 recombinante seraient mieux corrélés à la
protection [Van den Berg, Morales et al. 1 997; Jackwood, Sommer et al. 1999].

II.7.d. Diagnostic virologique


Le diagnostic virologique constitue le diagnostic de certitude par excellence. Son usage est restreint du fait
de son coût, de son exigence en matériel et parce qu'il est adapté à l'examen de sujets en phase d'infection
aiguë, idéalement dans les trois premiers jours d'expression clinique. Cependant certaines méthodes
permettent d'aller plus loin dans le diagnostic, et de mieux caractériser les souches.

 L'isolement viral
Pour isoler le virus, on inocule un broyât de bourse de Fabricius filtré (le foie est rarement utilisé) à des œufs
embryonnés de neuf à onze jours et issus de poules dépourvues d'anticorps anti-IBDV, selon les méthodes
abordées au paragraphe « systèmes de culture du virus ». Cette méthode est utilisable pour toutes les
souches, elle ne nécessite pas d'adaptation virale par passages sériés, même pour les vvIBDV. La spécificité
des lésions doivent être démontrées en neutralisant l'effet viral avec un sérum monospécifique anti-IBDV.
En l'absence de lésions, il convient de broyer stérilement et de clarifier les embryons récoltés après un
premier passage, puis de procéder à deux passages sériés supplémentaires [Lukert and Saif 1 997].

 Détection des antigènes viraux


De nombreuses méthodes permettent de détecter des antigènes viraux, soit à partir de coupes minces de la
bourse de Fabricius, soit à partir de suspensions de celle-ci.

 Dans les coupes minces de la bourse de Fabricius


Les antigènes viraux spécifiques de l'IBDV peuvent être mis en évidence par immunofluorescence directe et
indirecte [Meulemans, Antoine et al. 1 977; Allan, Mc Nulty et al. 1 984] ou par coloration à
l'immunoperoxydase dans les follicules de la bourse de Fabricius des poulets infectés entre le quatrième et le
sixième jour après inoculation [Van den Berg, Etterradossi et al. 2000]. A partir du dixième jour après
inoculation, plus aucun antigène viral n'est détectable. Par contre l'isolement du virus est possible sur une
plus grande période, entre deux et dix jours post inoculation. On peut améliorer la spécificité de la détection
virale par l'utilisation d'anticorps monoclonaux [Van den Berg, Etterradossi et al.
2000].

 Dans des suspensions de la bourse de Fabricius


L'immunodiffusion en gélose est basée sur la confrontation de la suspension à tester avec un antisérum
spécifique ou avec un anticorps monoclonal. La présence des antigènes antiviraux est matérialisée par des
lignes de précipité [Snyder, Yancey et al. 1992].
Les tests d'agglutination utilisent des billes de latex sensibilisées avec un anticorps monoclonal anti-IBDV
[Nakamura, Kato et al. 1 993] ou des globules rouges de mouton couplées à des immunoglobulines anti-
IBDV [Nachimutu, Dhinakar Raj et al. 1995].
Un test très pratique est la capture antigénique révélée par ELISA (AC-ELISA) ; elle consiste à capturer les
antigènes viraux en suspension grâce à des anticorps anti-IBDV (monopolyclonaux) fixés à un support
polystyrène. Cette technique est appelée ELISA « Sandwich» : les anticorps anti-IBDV libres se fixent sur
les antigènes capturés par les anticorps anti-IBDV fixés au support. Les anticorps qui viennent se fixer sont
conjugués préalablement à une peroxydase [Tsukamoto, Tanimura et al. 1 992], sinon ils sont suivis par des
conjugués anti-espèce adaptés, permettant ainsi la révélation indirecte de l'antigène [Hassan, Al-Natour et al.
1996; Etterradossi, Toquin et al. 1997]. L'utilisation d'un sérum polyclonal pour la capture améliore la
sensibilité de test. A l'opposé, on utilisera des anticorps monoclonaux pour la capture ou la détection de
l'antigène si on recherche une caractérisation antigénique fine. Ainsi différentes séries d'anticorps
monoclonaux permettent l'identification présomptive des virus variants nord-américains [Snyder, Lana et al.
1988] ou des IBDV [Etterradossi, Toquin et al. 1 997; Etterradossi, Arnaud et al. 1998; Etterradossi, Arnaud
et al. 1999].

 Détection du génome viral


Deux méthodes existent : la détection par sondes nucléiques et la transcription inverse suivie d'une
amplification en chaîne par polymérase (RT-PCR), dont les applications diffèrent : en effet, la RT-PCR
permet d'identifier les souches virales alors qu'il n'existe pas de sonde génomique adaptée à la
différenciation des virus variants ou des wlBDV (parenté génétique très forte au sein du sérotype 1).

a) Sondes nucléiques
Des sondes nucléiques marquées au 32 P, à la biotine [Jackwood, Kibenge et al. 1 990], ou à la digoxigénine
[Hatchcock and Giambrione 1992] ont été employées sur des empreintes de tissus infectés pour détecter de
multiples souches virales des sérotypes 1 et 2 (pas d'identification fine).

b) Transcription inverse et amplification en chaîne par polymérase (RT-PCR)


La R T -PCR est une méthode qui présente de nombreux avantages, elle permet ainsi de détecter l'ARN viral
dans des broyats d'organes ou d'embryons infectés, ainsi que dans des cultures de cellules, sans dépendre de
la viabilité du virus présent. Elle permet aussi l'identification des souches. Le choix des zones génomiques
amplifiées dépend de l'objectif choisi. On choisira des amorces dans des zones conservées lorsque seule la
détection de multiples souches virales est recherchée [Wu, Lin et al. 1992; Stram, Meir et al. 1 994]. Si on
cherche à identifier les souches grâce à la caractérisation du segment amplifié, on optera plutôt pour la
portion centrale de VP2, dite variable. On caractérise ensuite le fragment amplifié par séquençage direct
[Lin, Kato et al. 1993], puis la séquence arninopeptidique encodée est analysée.

II.7.e. Evaluation du pouvoir pathogène


Nous avons vu précédemment que l'augmentation de la virulence semble indépendante de la variation
antigénique et que la recherche de marqueurs de virulence est en cours actuellement. Cependant, la plupart
des souches très pathogènes d'IBDV isolées depuis 1987 présentent des caractéristiques génétiques et
antigéniques communes (Cf Diagnostic
virologique). Différents tests de caractérisation sont particulièrement discriminants (tests sérologiques,
d'épreuve virulente, RT-PCR ...), et on utilise des « marqueurs présomptifs».
Se reporter au tableau « Informations apportées par les différents tests de caractérisation applicables au virus
de la maladie de Gumboro »).
L'épreuve du pouvoir pathogène la plus formelle reste bien sûr l'épreuve virulente expérimentale sur poulets
EOPS sensibles. Le problème reste la standardisation de ce test, non défini officiellement, et le recours à ce
test limité à un nombre restreint de laboratoires.

II.8. Méthodes de lutte

II.8.a. Traitement
Aucun traitement spécifique de la maladie de Gumboro n'est officiellement reconnu efficace [Lukert and
Saif 1 997]. Certains virucides (ex : VirkonND) sont pourtant utilisés et considérés comme efficaces sur le
terrain, mais aucune étude scientifique ne vérifie ces hypothèses. Il est nécessaire de travailler avec des
individus témoins dans les lots traités si on veut analyser les résultats de terrain, car la phase clinique étant
très courte, l'appréciation de l'effet du traitement est difficile.

II.8.b Prophylaxie

II.8.b.1 Prophylaxie sanitaire


La très grande résistance du virus de la maladie de Gumboro aux agents physiques et chimiques explique sa
persistance dans les élevages, malgré les procédures de décontamination. Par conséquence, à l'échelle d'une
région, l'éradication du virus est pratiquement impossible.
Ainsi, la prophylaxie sanitaire doit s'accompagner d'une prophylaxie médicale tout aussi rigoureuse;
Réciproquement, la prophylaxie médicale, dont l'efficacité est difficile à assurer, ne pourra être efficace
qu'associée à des mesures hygiéniques strictes.
Les précautions sanitaires sont : la pratique d'élevage en bande unique (« ail-in / ail-out »), le nettoyage et la
désinfection des locaux, le respect d'un vide sanitaire, l'élimination des vecteurs mécaniques.
Les étapes de nettoyage et de désinfection doivent être bien étudiées afin de permettre l'élimination de ce
virus particulièrement résistant. En premier lieu, il s'agit d'éliminer les insectes et les rongeurs des locaux
d'élevages dès le début du vide sanitaire. L'ancienne litière et le fumier sont éliminés du site. Le matériel
d'élevage doit être entièrement démonté. On procède à un nettoyage à sec des locaux, du matériel, et des
abords, afin de retirer résidus et poussières ; ils sont ensuite nettoyés à l'eau chaude (60°C) contenant un
détergent sous pression de 80 à 150 bars. L'étape de désinfection peut être entreprise seulement lorsque tous
les bâtiments sont nettoyés. Après séchage, une première désinfection est pratiquée avec un désinfectant
adéquat (Cf §3.3 .2). Le séchage doit être complet. Une deuxième désinfection est effectuée après le
remplissage en matériel des locaux mais avant la mise en place des poussins. Les silos de nourriture doivent
subir les mêmes étapes de nettoyage et de désinfection, aussi bien extérieurement qu'intérieurement.
L'aliment stocké pendant la période d'élevage de la bande précédente est éliminé.
Les désinfectants sont plus actifs à une température supérieure à 20°C ce qui est favorable à la réalisation de
la désinfection en pays chauds. Il faut cependant veiller à ne pas les exposer à une température supérieure à
43°C. La quantité de solution désinfectante est de 4 litres pour 15 m2 [Van den Berg, Etterradossi et al.
2000].

II.8.b.2 Résistance génétique


Différentes lignées consanguines de volailles ont été exposées expérimentalement à des souches identiques
de virus. Une différence significative de sensibilité a été établie (sur le terrain, des différences de sensibilités
entre races légères et lourdes ont aussi été observées (Cf §3.6.2).
Les résultats des croisements entre lignées résistantes et sensibles démontrent que la résistance est un
caractère héréditaire dominant, ce qui est un facteur favorable ; cependant les gènes responsables de la
résistance n'ont pu être mis en évidence, et il n'existe encore aucune application de sélection génétique
[Bumstead 1998].

II.8.b.3 Prophylaxie médicale


L'immunisation vaccinale des volailles est primordiale, bien qu'elle ne soit pas suffisante à elle seule, car il
est nécessaire de diminuer simultanément le plus possible la pression virale sauvage. La vaccination relève
d'une stratégie en relation avec la catégorie des oiseaux (reproducteurs, pondeuses, poulets de chair ...), la
protection immunitaire passive, les souches en circulation, la pression virale effective, l'hétérogénéité du
lot ... C'est pour cette raison, qu'il n'existe pas de programme universel, et que la stratégie doit être adaptée à
chaque situation.
L'immunisation des reproducteurs est particulièrement importante, elle permet de..., protéger les poussins
vis-à-vis des infections précoces immunodépressives [Lukert and Saif 1997]. La protection maternelle
passive protège généralement les poussins pendant une à trois semaines ; ces résultats peuvent être
grandement améliorés en stimulant l'immunité maternelle par des rappels avec des vaccins adjuvés huileux,
et étendre ainsi la protection de la descendance jusqu'à 4 à 5 semaines. L'hyper-immunisation parentale
permet donc de protéger les poussins pendant une longue durée, qui peut même couvrir la période d'élevage
des poulets de chair. Par contre, concernant les poulettes, on s'attachera à obtenir une immunisation active de
longue durée, puisque la protection doit couvrir toute la période de ponte.
Il s'agit de bien cibler la période critique où l'inhibition maternelle disparaît car les poulets sont alors
susceptibles de développer la maladie. Lorsque les titres sont inférieurs à 1 / L 00 (séroneutralisation), l00%
des poulets sont susceptibles d'être infectés ; pour des titres de 1 / l 00 à 1 / 1 600, on obtient 40% de
protection [Lucio and Hitcher 1 979] ; or, si on s'intéresse au seuil d'inhibition, les titres doivent être
inférieur à 1/64 pour que la vaccination soit efficace avec une souche atténuée [Skeeles, Lukert et al. 1979].
Il apparaît clairement que la bande de poulets passe par une période critique avant d'être« vaccinable». De
plus, un lot de poussins, ceci est d'autant plus vrai qu'il est grand, est toujours hétérogène. En considérant ces
deux derniers éléments de réflexion, on arrive à la conclusion qu'il faut vacciner deux fois (au moins) dans
l'intervalle critique pour que tous les poussins fassent leur séroconversion à temps.
L'enjeu majeur est la détermination du plan de vaccination. En effet, les anticorps maternels inhibent le virus
vaccinal (vivant), à des titres variables selon le vaccin, qui doit parallèlement, intervenir avant le virus
sauvage. Le monitoring, ou suivi sérologique, consiste à connaître le niveau de protection passive du lot de
poussin en début de bande, pour en déduire la date à laquelle le niveau d'anticorps passera en dessous du
seuil incubateur (Cf. formule de Kouwenhoven) ; ce seuil d'inhibition varie selon la souche vaccinale.
En résumé, la réussite de la vaccination repose sur des mesures hygiéniques strictes qui abaissent au
maximum la pression virale sauvage, le choix de la souche vaccinale (notamment en fonction des
pathotypes, des variantes antigéniques en présence ...), et celui du schéma vaccinal.

II.8.b.4 Choix des vaccins utilisés


Il existe deux grandes catégories de vaccins utilisés : les vaccins vivants atténués, aux modes
d'administration variées, et les vaccins à virus inactivé, en adjuvant huileux, injectables [Thornton and
Pattison 1975]. Les principes généraux gouvernant le choix et l'utilisation de ces vaccins restent ceux
développés par Thornton en 1 977 [Thornton 1977].
Le vaccin vivant idéal doit présenter un bon équilibre entre son efficacité et son innocuité ; c'est-à-dire qu'il
ne doit provoquer ni maladie ni lésions, n'être immunosuppresseur ni excrété, et qu'il doit induire une
immunité de longue durée même chez les oiseaux possédant un haut niveau d'immunité maternelle. Un tel
vaccin n'existe pas [Mc Ferran 1 993].
Concernant la protection croisée, il a été suggéré que tous les sous-tests du sérotype partagent un antigène
mineur qui est responsable de la production d'anticorps protecteurs. En effet, dans une étude récente, cinq
sous-types différents du sérotype 1 ont été testés comme vaccins inactivés contre une souche variante d'un
sous-type différent. Les vaccins réalisés à partir de 108 doses infectieuses issues de cultures cellulaires ont
été protecteurs pour 50% d'entre eux contre une dose d'épreuve de 1 01 EID50. Les vaccins préparés à partir
de 105 doses infectieuses issues de cultures cellulaires ne sont pas protecteurs. Aucun vaccin n'est
protecteur, même à la dose la plus élevée, contre une dose d'épreuve de 103·5 EID50. Donc on peut avoir
une protection croisée entre différents sous-types, mais celle-ci est partielle.
Il est intéressant de constater que les virus variants ont été isolés initialement à partir de volailles qui
possédaient des anticorps neutralisants le sérotype 1 [Reddy and Silim 1991].
Les vaccins inactivés et un vaccin vivant réalisé à partir des souches variantes protègent les oiseaux aussi
bien contre les souches variantes ou classiques, alors que les vaccins inactivés fabriqués à partir des souches
classiques ne protègent pas, ou faiblement, contre les souches variantes [Inoue, Fukuda et al. 1 994; Shakya,
Joshi et al. 1 999].

II.8.b.5 Vaccins à virus vivants


Les vaccins à virus vivants sont très largement utilisés, car si on a le choix entre vaccin vivant et inactivé
pour le rappel de vaccination, il convient d'induire la réaction primaire avec un vaccin vivant [Lukert and
Saif 1 997]. Ils sont préparés à partir de souches virales atténuées par passages en série sur œufs
embryonnés. Selon leur degré d'atténuation, les souches vaccinales causent des lésions histologiques plus ou
moins importantes de la bourse de Fabricius sur poulets EOPS et sont classées en douces, intermédiaires, ou
chaudes (hot) [Office International des épizooties 2000]. Les souches chaudes induisent, chez des poulets
EOPS, des lésions histologiques comparables à celles causées par les souches pathogènes dont elles se
différencient uniquement par le fait qu'elles n'induisent pas de mortalité [Van den Berg, Etterradossi et al.
2000]. Moins les souches vaccinales sont atténuées, plus tôt il est possible de vacciner malgré la protection
maternelle. Ainsi, le seuil d'inhibition par les anticorps maternels est de 1500 (titre observé en
séroneutralisation) pour les souches chaudes, de 1250 pour les souches intermédiaires et de moins de l100
pour les souches douces [Lucio and Hitcher 1979; Skeeles, Lukert et al. 1979].
Les souches douces sont utilisées principalement pour la vaccination des parentales.
Elles sont très sensibles à l'interférence des anticorps homologues d'origine maternelle, et ne sont donc
utilisées qu'après disparition de ceux-ci, soit entre la quatrième et la huitième semaine d'âge selon la
protection conférée par les grand-parentales.
Les vaccins intermédiaires sont très utilisés pour la vaccination des poulets de chair et des poulettes
[Mazariegos, Lukert et al. l990]. Lorsque les poussins des troupeaux parentaux sont exposés au risque de
contamination précoce par des souches très pathogènes, ils sont alors utilisés. Bien que les souches
vaccinales intermédiaires soient également sensibles à la neutralisation par les anticorps passifs, elles
peuvent être administrées dès l'âge d'un jour afin de protéger les poussins qui ne disposerait pas d'une
protection maternelle suffisante. Cette vaccination précoce a aussi l'avantage de permettre la réplication du
virus chez ces poussins et sa dissémination au sein de l'élevage, ce qui assure, en partie, la vaccination
indirecte des autres poussins au moment où ceux-ci deviennent sensibles à l'infection. Dans les exploitations
particulièrement exposées, on pratiquera deux à trois vaccinations en cours d'élevage.
Les vaccins vivants peuvent être administrés de manière collective, c'est-à-dire par eau de boisson ou
nébulisation, ou bien par une méthode individuelle : instillation oculaire ou trempage du bec. La méthode de
vaccination par l'eau de boisson est la plus fréquemment utilisée.
Les vaccins vivants contre la maladie de Gumboro sont compatibles avec les autres vaccins aviaires.
Cependant ces souches atténuées ne sont pas totalement apathogènes, en particulier celles qui sont
responsables de lésions importantes de la bourse de Fabricius ; certaines sont susceptibles d'exercer un effet
immunosuppresseur, compromettant ainsi l'efficacité des autres vaccinations réalisées, ou de potentialiser le
pouvoir pathogène d'autres virus immunosuppresseurs (virus de la maladie de Marek, virus de l'anémie
infectieuse du poulet) [Lukert and Saif 1997].
La procédure d'enregistrement de ces vaccins doit nécessairement prévoir des épreuves destinées à
démontrer l'absence d'interférence avec les autres vaccinations, ainsi que l'absence de réversion de virulence
de ces souches lors de passages en série sur volailles EOPS de trois à six semaines.
Un vaccin innovant, combinant un vaccin inactivé (souche 2512) à des immunoglobulines dirigées contre les
immunoglobulines anti-IBDV (bursal disease antisérum ou BDA), destiné à la vaccination à un jour d'âge a
été étudié [Haddad, Whitfill et al. 1997].
Ce complexe vaccinal IBDV-BDA a été injecté en sous-cutané à des poussins de chair d'un jour et a induit
une immunité active. Les oiseaux, dont l'immunité passive était variable, ont été protégés lors d'une épreuve
virulente standard (souche STC) à 28 ou 32 jours. Cette innovation contourne donc le problème de
l'interférence des anticorps maternels avec la vaccination.
La même année, un modèle expérimental a été développé afin d'étudier l'immunité passive de poulets SPF,
augmentée par injection in ovo d'immunoglobulines neutralisantes concentrées [Etterradossi, Toquin et al.
1997]. Ces immunoglobulines vitellines concentrées sont injectées par la voie intra-vitelline à des embryons
SPF de 7 jours. Si est donc possible de prolonger l'immunité passive sur toute la durée d'élevage des poulets
de chair (mais c'est aussi possible lorsque les parentales sont hyperimmunisées), mais l'application de ce
modèle reste les essais vaccinaux.
Différents vaccins à virus recombinants exprimant la protéine VP2 ont été décrits et se sont montrés
efficaces en laboratoire. Les avantages de ces vaccins sont leur absence de la pathogénicité résiduelle, de
sensibilité aux anticorps maternels, de risque de sélection de mutants ainsi que la possibilité d'être utilisés in
ovo et de différencier les animaux infectés et vaccinés [Bayliss, Peters et al. 1991; Heine and Boyle 1993 ;
Thirty, Paarni et al. 1994; Darteil, Bublot et al. 1995; Tsukamoto, Kojima et al. 1 999]. Actuellement, aucun
de ces vaccins n'est commercialisé.

II.8.b.6 Vaccins à virus inactivés


Les vaccins inactivés sont utilisés essentiellement dans le but de produire des taux d'anticorps élevés,
uniformes et persistants avant la ponte chez les volailles reproductrices vaccinées au moyen de virus vivant
ou exposées au virus naturellement [Cullen and Wyeth 1976; Wyeth and Cullen 1978; Wyeth and Cullen
1979; Guittet, Le Coq et al. 1992].
On a vu précédemment que les poussins dont les parentales sont vaccinées selon ce schéma bénéficient d'une
protection passive jusqu'à l'âge de 4 à 5 semaines [Wyeth and Cullen 1976; Box 1989; Wyeth and Chettle
1990; Van den Berg and Meulemans 1991; Wyeth and Chettle 1992]. Ces poussins sont donc protégés
contre la forme immunosuppressive de la maladie de Gumboro. Par contre, ils ne sont pas protégés contre
les souches hautement pathogènes susceptibles de causer une mortalité importante après un mois [Wyeth
and Cullen 1979; Van den Berg and Meulemans 1991].
Donc, il est nécessaire de bien connaître le contexte épidémiologique, car, en présence de souches hautement
pathogènes, les poulets de chair doivent être impérativement vaccinés à l'aide de vaccins vivants. Une
attitude possible serait, dans ce cas-là, de ne plus utiliser de vaccin à virus inactivé chez les reproductrices et
ainsi pouvoir vacciner plus précocement les poussins (dont les taux d'anticorps maternels sont moindres)
avec des vaccins vivants [Eterradossi 1995]. Les épisodes cliniques éventuels surviendraient aussi plus tôt,
donc avec des conséquences financières moindres.
Des variations de la durée et de l'uniformité de l'immunité conférée aux poussins existent au sein des vaccins
inactivés selon la concentration et la spécificité antigénique du
virus vaccinal. Les vaccins sont préparés soit à partir de broyats de bourses de Fabricius de poussins
infectés, soit de cultures de virus sur oeufs embryonnés ou fibroblastes puis inactivés par le formol et
présentés sous forme d'émulsion huileuse.
Des vaccins sous-unitaires efficaces produits en levure [Fahey, Erny et al. 1989; Macreadie, Vaughan et al.
1990] ou en cellules d'insectes ont également été décrits mais n'ont pas trouvé d'application à l'heure actuelle
[Vakharia, Snyder et al. 1993].

II.8.b.7 Causes possibles d'échec des vaccinations


L'inhibition de la vaccination (avec un virus atténué) par les anticorps maternels est une contrainte majeure.
Si l'évaluation de la protection passive n'est pas renouvelée pour chaque lot de poussins, la pertinence des
dates de vaccination devient aléatoire. De plus, ces dates sont déduites à partir d'un modèle de décroissance
des titres d'anticorps, et non à partir des données propres à l'élevage (or, certains facteurs zootechniques,
comme la vitesse de croissance des poussins, ont une très grande influence sur cette décroissance du titre en
anticorps maternels). On devine aisément, qu'en pratique, l'inhibition de la vaccination par les anticorps
maternels est une des causes les plus fréquentes d'échec vaccinal.
Certains échecs de vaccination sont liés à des erreurs triviales. Les défauts de conservation du vaccin vivant
sont incriminés : stockage non approprié, non-respect de la date de péremption, temps d'administration trop
long, mauvaise qualité de l'eau (contenant des matières organiques, des ions métalliques, des traces de
désinfectant ...), matériel inadapté à la conservation du vaccin (présence de métal, de souillures ... etc.). Un
vaccin vivant lyophilisé doit être mis en solution de manière extemporanée, dans une eau distillée fraîche.
Dans le cas, de l'eau de boisson, l'adjonction de poudre de lait, à raison de 2g par litre d'eau, permet de ·
stabiliser le virus vaccinal, il permet de neutraliser le chlore en cas de contamination éventuelle.
Alors que les éleveurs concentrent souvent leurs efforts sur le choix du vaccin et du schéma vaccinal, il
apparaît que la maîtrise des techniques d'administration représente aussi un élément crucial. Concernant le
choix de la technique, il est recommandé de vacciner par la voie oculo-nasale avant 10 jours d'âge, puis eau
de boisson après (la prise de boisson est trop variable les premiers jours) ; la voie injectable donne
d'excellents résultats. L'administration individuelle assure une prise vaccinale à tous les individus ;
cependant il faut préférer une technique bien maîtrisée et correctement réalisable (en fonction du matériel,
de l'effectif et du personnel disponible.
L'administration par eau de boisson, technique collective la plus simple, demande la connaissance de
quelques règles : l'administration doit être précédée d'un assoiffement de 2 à
3 h (1 à 2 h sous climat tropical) afin de stimuler la prise de boisson [Comte 2000; Van den
Berg, Etterradossi et al. 2000]. Un assoiffement trop court conduit à une prise vaccinal insuffisante (ou un
abreuvement trop long qui dégrade la conservation du vaccin), tandis qu'un assoiffement trop long est
responsable d'une demande en boisson soudaine et trop importante, donc une prise vaccinale hétérogène au
sein du lot. Le système de distribution d'eau doit être contrôlé pendant l'assoiffement : il doit permettre une
distribution accessible à l'ensemble des animaux, de manière simultanée, grâce à un matériel propre, mais
dépourvu de résidus de détergents ou de désinfectants. Le volume d'eau utilisé pour la solution vaccinale est
calculé en fonction de l'âge et de l'effectif, l'idéal étant de mesurer la consommation moyenne des animaux.
L'éleveur doit s'assurer que l'intégralité peut être distribuée dans le temps imparti (entre une e1 deux heures)
ou que le nombre d'abreuvoirs est suffisant.
La vaccination par« goutte dans l'œil », voie très efficace, est souvent mal réalisée sur le terrain, en raison de
la fatigue des manipulateurs en particulier face aux grands effectifs. La dilution .est importante : il faut
contrôler le compte-goutte, c'est à dire qu'il faut évaluer le nombre de gouttes délivrées pour un volume
d'eau donnée, et en déduire le volume à utiliser en fonction du nombre de doses.
La difficulté de la méthode du « trempage du bec » réside dans la détermination du volume nécessaire. Il
existe des références empiriques.
L'administration de vaccins à virus inactivés est d'un usage beaucoup plus sûr, les échecs sont rares.
Néanmoins, ceux-ci peuvent être dus soit à l'absence de primovaccination avec un vaccin vivant (ou de
contact avec un virus sauvage), soit à l'existence de variants antigéniques non présents dans le vaccin. Toute
suspicion de variation antigénique sur le terrain devrait donner lieu à une épreuve virulente sur animaux
EOPS vaccinés par des souches classiques.
II.8.b.8 Distinction entre les souches vaccinales et les souches sauvages
Les souches vaccinales ne possèdent pas de marqueurs spécifiques permettant de les distinguer des souches
sauvages. La sérologie ne permet donc pas de différencier la réponse à une vaccination de celle après le
passage d'un virus pathogène.
Comme nous l'avons avons vu, la RT-PCR basée sur le domaine variable de la protéine VP2 permet de
différencier toutes les souches (vaccinales ou pathogènes) et constituerait une méthode de choix. Elle n'est
cependant pas accessible en routine.
Il existe une méthode simple pour mettre en évidence les souches hautement pathogènes (quoique réservée à
certains laboratoires bien équipés) : il s'agit de la culture sur fibroblastes de poulets. Les souches vaccinales,
à l'exception des souches chaudes, sont cytopathogènes sur ces cellules alors que les souches hautement
pathogènes ne le sont pas.

II.9 Conclusion
La maladie de Gumboro est une affection polymorphe, complexe et le typage reste confus (on utilise des
critères antigéniques et pathotypiques de manière non standardisée).
Il faut souligner aussi l'impossibilité d'établir des mesures de contrôle standardisées et les difficultés
rencontrées sur le terrain, en l'absence de marqueurs viraux fiables, pour identifier les souches et mettre ainsi
en œuvre des mesures de prophylaxies spécifiques en vue d'une action globale et coordonnée.

Chap. III. RHINOTRACHEITE AVIAIRE

III.1. Résumé
Le métapneumovirus aviaire (aMPV) est l’agent causal d’une maladie contagieuse et aiguë qui touche
principalement le tractus respiratoire avec différentes expressions cliniques. Il s’agit de la rhinotrachéite
infectieuse chez la dinde, d’infection insidieuse et de syndrome infectieux de la grosse tête en association
avec d’autres pathogènes chez le poulet de chair, ou encore de baisses de production avec altération de la
qualité de l’œuf et associées à des gênes respiratoires chez les poules pondeuses et les reproductrices. Afin
de mieux comprendre le comportement du virus dans les élevages de dinde de chair au Maroc, une enquête
sérologique a été menée sur 23 sites présentant des symptômes respiratoires, avec parfois des mortalités. Il
s’agit, outre la mise en évidence d’anticorps témoins d’une infection naturelle par aMPV, de déterminer les
possibles co-infections chez la dinde, particulièrement en association avec Ornithobacterium rhinotracheale
(ORT), à travers une analyse de corrélation des titres d’anticorps dirigés contre les agents des deux maladies.
Les résultats obtenus montrent une corrélation forte et positive des anticorps produits contre aMPV et ORT
chez la dinde (R = 0,806). Il en découle que le métapneumovirus aviaire peut être très souvent présent en
association avec d’autres virus ou bactéries pathogènes respiratoires, tout en étant un agent primaire
d’infection.
III.2. INTRODUCTION

Le métapneumovirus aviaire (aMPV: Avian Metapneumovirus) ou encore anciennement dénommé virus de


la rhinotrachéite aviaire (ART: Avian Rhinotracheitis) est tout comme le Paramyxovirus-1, un membre de la
famille des Paramyxoviridae. Tous deux sont des virus à ARN monocaténaires et à polarité négative, et se
caractérisent par la présence de glycoprotéine F de fusion (Yu et al. 1991). Le métapneumovirus se distingue
toutefois par l’absence de l’hémagglutinine H et de la neuraminidase N, faisant que le virus ne présente pas
de pouvoir hémagglutinant.
Il possède cependant, et contrairement au virus de la Maladie de Newcastle, une protéine G qui permet de
subdiviser le métapneumovirus en quatre sous-types dits A, B, C et D, sur la base des séquences
nucléotidiques (Cook et Cavanagh, 2002). Les deux premiers sous-types sont les plus importants en
production avicole, avec des études d’évidence de dominance mondiale du sous-type B par rapport au A
(Banet-Noach et al. 2005, Jones, 2010). Les protéines F et G ensemble, permettent non seulement la
régulation de l’adhésion et la pénétration du virus dans la cellule hôte, éléments-clés de la pathogénie de
aMPV, mais interviennent aussi dans la présentation antigénique en indiquant une immunité protective
(Juhasz et Easton, 1994, Tanaka et al. 1996).

La métapneumovirose aviaire est une maladie virale aigue et hautement contagieuse du tractus respiratoire
supérieur. Selon l’espèce aviaire concernée, la maladie se présentera cliniquement sous différentes formes
(Gough, 2003).

• Chez la dinde, la maladie est appelée rhinotrachéite infectieuse. Il s’agit de l’espèce aviaire la plus sensible
à aMPV par l’action des mécanismes de la réponse immunitaire innée, notamment la production d’oxyde
nitrique ARNm synthase qui s’exprime plus sévèrement que chez l’espèce Gallus (Hartmann et al. 2015). Il
est à souligner que malgré les différents isolements de virus apparentés d’origine «poule» ou «dinde», des
études ont démontré avec des anticorps monoclonaux et polyclonaux que la structure antigénique des deux
virus est similaire, stipulant ainsi une protection croisée (Cook et al. 1993, Collins et al. 1993). Le problème
du métapneumovirus chez la dinde réside également dans les co-infections, où expérimentalement
l’introduction d’aMPV par aérosol ou par inoculation intra-sac aérien cinq jours avant O. rhinotracheale
aggraverait le tableau clinique engendré par la bactérie (Van Empel, 1996). Ces deux infections sont
d’ailleurs à apparitions très fréquentes en élevage de dinde entre le début de la phase de production et
l’abattage, d’après une étude longitudinale (Van Loock et al. 2005).
• Chez le poulet de chair, l’infection par le métapneumovirus aviaire n’est pas aussi bien définie que chez la
dinde, avec même une possibilité d’absence des symptômes cliniques (Cook, 2000). Des chercheurs ont
toutefois été capables, en inoculant le virus chez des jeunes sujets, d’induire expérimentalement une maladie
respiratoire à symptômes modérés, afin de démontrer la réplication du virus dans le tractus respiratoire par
immunofluorescence (Jones et al. 1987). Cette expression de la maladie est d’autant plus évidente lors de
l’infection simultanée du poulet avec aMPV et E. coli (El Houadfi et Nassik, communication personnelle,
2014). La maladie est sous-diagnostiquée et se présente tout comme chez la dinde en co-infections avec
d’autres agents pathogènes, car les lésions de l’épithélium des cornets augmenteraient la sensibilité des
cellules épithéliales aux infections bactériennes secondaires (Majó et al. 1996), ce qui lui donne dans sa
forme la plus compliquée cet aspect typique de «grosse tête», ou mieux dit le Syndrome Infectieux de la
Grosse Tête (SIGT).
• Chez les poules pondeuses et les reproductrices, en plus de l’atteinte respiratoire, la maladie se manifeste
par une baisse de production ainsi qu’une dépréciation de la qualité externe de l’œuf, puisque le virus cible
au moins deux sites de réplication, à savoir l’appareil respiratoire et le tractus génital (Hess et al. 2004). La
maladie peut être également accompagnée de symptômes nerveux et d’opisthotonos consécutifs à une ostéite
crânienne (Hafez, 1993). Même en utilisant un vaccin huileux homologue pour la protection de l’appareil
reproducteur, en l’occurrence l’oviducte, le métapneumovirus peut toujours infecter les voies respiratoires et
induire des chutes de pontes et à des âges avancés, mais moins sévères, consécutives à la baisse de
consommation d’eau et d’aliment (Mouahid, communication personnelle, 2019). Ainsi, pour assurer une
protection complète, il est important d’utiliser des vaccins vivants atténués suivis d’une administration d’un
inactivé (Cook et al. 2000).
L’étude de cas suivante sera détaillée et discutée afin de mieux comprendre de la maladie avec ses aspects
précédemment rapportés chez la dinde au Maroc.

III.3. MATÉRIEL ET MÉTHODES

Des prélèvements de sang ont été réalisés dans des élevages de dindes de chair entre 2013 et 2015 (n = 23)
répartis sur différentes régions du Royaume: Fès, Gharb, Casablanca-Settat et Beni Mellal, à la suite de
manifestation de symptômes respiratoires. Ces prélèvements ont fait l’objet d’analyses sérologiques de type
ELISA (Enzyme-Linked Immunosorbent Assay).
Le tableau 1 décrit la distribution géographique de ces fermes, les âges au moment des prélèvements ainsi
que les agents pathogènes recherchés dans ce sens.
Tous ces lots ont présenté des symptômes respiratoires à l’issue des prélèvements à des âges différents
compris entre 40 et 108 jours, variant entre dyspnées avec jetages clairs et gonflements des sinus infra-
orbitaires et orientant les suspicions (consécutivement donc, les prélèvements aussi) essentiellement vers la
rhinotrachéite infectieuse, ainsi que parfois des suspicions d’ORT (infection par Ornithobacterium
rhinotracheale avec un dépôt de fibrine sur la face costale des poumons, caractéristique (Photo 1).
Les échantillons ont pour finalité la mise en évidence de séroconversions pour les anticorps dirigés contre le
métapneumovirus aviaire, les titres élevés et homogènes recherchés témoignant plus d’une infection que de
simple vaccination ainsi que ceux dirigés contre O. rhinotrachéale.
Tableau 1: Répartition géographiques des fermes, âges des prélèvements et maladies recherchées
(aMPV: Métapneumovirus aviaire; ORT: Ornithobacterium rhinotracheale; NDV: Paramyxovirus-1,
MG: Mycoplasma gallisepticum)
Ferme Région Age (j) Agents
recherché
es
Bir Jdid Casablanca-Settat 92 AMPV,
1* ORT,
NDV, MG
Bensliman Casablanca-Settat 56 AMPV,
e1 ORT,
NDV, MG
Had Casablanca-Settat 49 AMPV,
Soualem 1 ORT,
NDV, MG
Had Casablanca-Settat 53 AMPV,
Soualem 2 ORT,
NDV, MG
Bensliman Casablanca-Settat 84 AMPV,
e 2* ORT,
NDV, MG
Imouzzer Fès 42 AMPV,
1 ORT,
NDV, MG
Imouzzer Fès 47 AMPV,
2 ORT,
NDV, MG
Bir Jdid 2 Casablanca-Settat 53 AMPV,
ORT,
NDV, MG
Bir Jdid 3 Casablanca-Settat 49 AMPV,
ORT,
NDV, MG
Berrechid Casablanca-Settat 48 AMPV,
1 ORT,
NDV, MG
Settat Casablanca-Settat 76 AMPV,
ORT,
NDV
Kénitra Gharb 106 AMPV,
ORT
Kamouni Gharb 97 AMPV,
1 ORT,
NDV
Berrechid Casablanca-Settat 60 AMPV,
2 ORT
Saïss 1 Fès 83 AMPV,
ORT
Imouzzer Fès 108 AMPV,
3 ORT
Imouzzer Fès 104 AMPV,
4 ORT
Bensliman Casablanca-Settat 70 AMPV,
e3 ORT
Sidi Gharb 40 AMPV,
Yahya 1 ORT
Beni Beni Mellal 60 AMPV,
Mellal 1 ORT,
NDV
Beni Beni Mellal 60 AMPV,
Mellal 2 ORT,
NDV
Bensliman Casablanca-Settat 45 AMPV,
e 4* ORT,
NDV
Beni Beni Mellal 53 AMPV,
Mellal 3* ORT,
NDV
Beni Beni Méllal 49 AMPV,
Mellal 4* ORT,
NDV

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