Poly
Poly
2015-2016
Enseignant : Nicolas
Mallick
Chapitre 1
Introduction à la physique des
milieux continus par une étude de
cas
1
L'idée de ce chapitre est de motiver l'étude qui suivra dans les trois sui-
vants, à savoir l'introduction des concepts de la physique des milieux continus,
en particulier ceux liés aux transformations et aux contraintes mécaniques.
L'étude du réacteur nucléaire faite en cours ne sera pas reprise ici mais elle
a permis, avec le TD1, de rencontrer un certain nombre de phénomènes phy-
siques, et de poser le cadre qui sera le notre dans ce cours.
∂f
+ div~j = σ
∂t
Où f représente la densité volumique d'une grandeur extensive (c'est donc
un paramètre intensif), ~j la densité surfacique de ux de la quantité et σ un
terme source.
Ceci montre bien la généralité de l'approche développée dans ce chapitre
et nous conduit à préciser les hypothèses de la physique des milieux continus.
Essentiellement, celles-ci consistent à "oublier" la structure microscopique
des matériaux dans la formulation des lois générales 2 .
2
Z
F (t) = f (~x, t)dV
V
dF
f (~x, t) =
dV
Ces densités volumiques (intensives par construction), ainsi que les
autres paramètres intensifs (pression, température, etc) varient conti-
nûment avec l'espace et le temps, et sont dérivables par rapport à ces
variables autant de fois que nécessaire. En outre, l'échelle caractéris-
tique des variations de ces grandeurs est petite devant l'échelle méso-
scopique.
Dans certains cas, en particulier lorsqu'il existe des frontières maté-
rielles au sein du système (par exemple entre deux matériaux, ou avec
l'extérieur), on admettra des discontinuités localisées des grandeurs in-
tensives, qui deviennent continues et dérivables par morceaux.
Validité des hypothèses
Comme toujours en physique 4 , c'est la confrontation avec l'expérience,
avec la nature (φνσιζ , phisis, en grec ancien), qui permet de valider les
hypothèses.
3
Chapitre 2
Cinématique des milieux continus
4
2.1 Cadre de l'étude, outils mathématiques et
notations
2.1.3 Tenseurs
Dans ce chapitre, on introduira les éléments mathématiques à même de
décrire les transformations géométriques du milieu continu. On distinguera
essentiellement deux types de transformation : les transformations "rigidi-
antes", correspondant aux mouvements du solide indéformable et qui se
ramènent à des rotations, et les déformations. Cela nous conduira à intro-
duire de nouvelles notions mathématiques, les tenseurs. Pour aller au dela
de ce qui a été vu en cours sur les tenseurs, le lecteur est prié de consulter
le chapitre 2 du poly de Centrale Nantes, donné sur le site Edunao, ou de
consulter un ouvrage d'analyse tensorielle.
5
champ électrique E(x, t) est un champ tensoriel d'ordre 1, et on introduira
des champs tensoriels d'ordre 2, 3, 4, ...
On notera par . le produit simplement contracté et par : le produit dou-
blement contracté.
continu
6
Fixer un point immatériel et faire la mesure : il jette l'ancre à un endroit
donné et fait sa mesure au cours du temps. Les points matériels délent
sous son canoë à cette position et il mesure dans ce cas à l'instant t la
température du point matériel qui passe à sa position à l'instant t. La
variable d'espace correspond donc à la position du canoë, immatérielle
pour le uide et xe, notée x. Il obtient donc un champ de température
T (x, t) 2 . On parle de description eulérienne.
7
Figure 2.1 Illustration des congurations de référence et actuelle. Une
particule matérielle se trouve au point M0 dans la conguration de réfence,
et dans la transformation au cours du temps se retrouve au point M dans la
conguration actuelle à l'instant t.
∀M ∈ Ω0 , x(M, t) = Φ(X, t)
Les hypothèses de la physique des milieux continus impliquent que Φ est
une fonction continue et dérivable autant que nécessaire par rapport à toutes
ses variables, spatiales et temporelles. De plus Φ est une bijection de Ω0 dans
Ω, et on dénit son application réciproque, ψ :
∀M ∈ Ω, X(M, t) = ψ(x, t)
qui possède les mêmes propriétés de continuité que φ.
∂Φ(X, t)
V (X, t) =
∂t
On prendra généralement cette convention : les grandeurs lagrangiennes
où les grandeurs exprimées en fonctions des coordonnées lagrangiennes seront
8
notées en majuscule. Ainsi si l'on cherche à mesurer une grandeur physique
B , on aura : B = B(X, t) en description lagrangienne.
9
On voit qu'il est facile de passer d'une description à l'autre à partir des
fonction Φ et ψ . De même une grandeur physique en description eulérienne
s'écrira : B = b(x, t) = B(ψ(x, t), t) en description eulérienne.
Les lignes en tout point tangentes au champ de vitesse eulérien sont appe-
lées lignes de courant. Elles sont en général diérentes des lignes d'émission 3 .
Dans une telle transformation, il est facile de se convaincre que les lignes
droites du marquage restent des lignes droites. Rien n'empêche par contre
l'angle entre deux lignes droites de varier. Pour un point matériel M, il est
3. Sauf dans le cas, par exemple, des écoulements stationnaires.
10
facile de se convraincre qu'il faut écrire les xi , composantes du vecteur po-
sition x de la conguration actuelle, en fonction des composantes Xi de X
dans la conguration de référence, comme des fonctions anes. En utilisant
la somation d'Einstein, on a donc :
Ω = det(a, b, c)
= det(F .a, F .b, F .c)
= det(F .(A, B, C))
= det(F ) × det(A, B, C)
4. En eet, dans tous les cas, Ω peut s'écrire comme l'addition de tels volumes, éventuel-
lement innitésimaux, et le résultat que nous allons trouver restera vrai car les equations
sont linéaires avec le volume.
11
Et ainsi :
Ω = Ω0 det F
J(t) = det F n'est autre que le jacobien de Φ et mesure ainsi la dilatation
volumique. Du fait de la bijectivité de Φ, J 6= 0, et on voit directement que
J(0) = 1. Comme J est aussi continu (continuité de Φ et de ses dérivées), on
a donc J(0) ≥ 0.
s = det F t F −1 .S
v.w = (F .V ).(F .W ) = V .t F .F .W
On dénit le tenseur de Cauchy des déformations ou tenseur des
dilations : C = t F .F . Par construction ce tenseur est symétrique, et de plus
son déterminant est strictement positif.
12
Figure 2.5 Transport du produit scalaire entre les congurations de réfé-
rence et actuelle
Glissement
On dénit le glissement θ comme l'opposé de la variation de l'angle formé
entre deux vecteurs orthogonaux dans la conguration de référence. Comme
montré dans le TD2 pour V et W deux tels :
V .C.W
sinθ = q
(V .C.V )(W .C.W )
Dans le cas particulier où V et W sont dirigés selon e1 et e2 respective-
ment :
C12
sinθ = √
C11 C22
Ainsi, on obtient une interprétation géométrique des composantes Cij du
tenseur de Cauchy : les termes diagonaux correspondent à des dilatations
dans les directions des vecteurs de base tandis que les termes non-diagonaux
correspondent à des glissements entre ces directions.
13
Directions principales
Le tenseur de Cauchy étant symétrique, il est diagonalisable et il existe
une base orthonormée, de même orientation que la base de travail initiale 5
dans laquelle C est diagonal. Les directions formées par cette base sont ap-
pelées directions principales du tenseur de dilatations. Dans le cas général,
les directions principales de C dépendent du temps.
Une propriété fondamentale est que les directions principales prises dans
la conguration de départ ne subissent pas de glissement au cours de la trans-
formation, même si elles-mêmes évoluent. C'est-à-dire qu'on A et B sont selon
deux directions principales orthogonales dans la conguration de départ, a
et b leurs vecteurs correspondant dans la conguration actuelle seront eux-
mêmes orthogonaux.
e(t) = t F .F − 1 = C − 1
Ce tenseur correspond géométriquement à une mesure des déformation.
Ainsi, une transformation rigidiante, laissant invariant le produit scalaire,
aura un tenseur de Green-Lagrange nul. En eet :
v.w − V .W = 2V .e.W
On peut montrer que la réciproque est vraie également. C'est le cas par
exemple des rotations. Le tenseur de Green-Lagrange est bien sur symétrique
et possède les même directions principales que le tenseur de Cauchy, et ses
valeurs propres (dites principales) ei s'écrivent :
1
ei = (λ2i − 1)
2
5. C'est à dire qui se déduit de la base de travail par une rotation.
14
2.3.6 Décomposition polaire
La décomposition polaire de la transformation est une façon de décom-
poser celle-ci en deux étapes, une rotation pure et une déformation pure.
On trouvera cette notion traitée dans le paragraphe 3.5 du poly de Centrale
Nantes.
2.4.2 Déplacement
On dénit le champ de déplacement comme :
ξ =x−X
On peut exprimer le gradient de la transformation à partir de celui des
déplacements :
F (X, t) = 1 + ∇X ξ(X, t)
On en déduit le tenseur de Green-Lagrange :
1
e(X, t) = (t ∇X ξ(X, t) + ∇X ξ(X, t) + t ∇X ξ(X, t).∇X ξ(X, t))
2
15
2.4.3 Gradient d'une grandeur physique sur la congu-
ration actuelle
Il peut être intéressant d'exprimer le gradient calculé à partir des coor-
données de M dans la conguration actuelle (coordonnées eulériennes) en
fonction de celui calculé sur la conguration de référence (coordonnées lagra-
giennes). En notant T une grandeur tensorielle, on a :
∇x T = ∇X T .∇x X = ∇X T .∇x ψ
16
Tenseur des déformations linéarisé
Dans le cas des petites déformations, le tenseur des déformation de Green-
Lagrange est appelé tenseur des déformations linéarisé et est noté . Il s'ex-
prime en eet linéairement en fonction du gradient de Φ au premier ordre en
déplacement :
1
e(X, t) = (X, t) w (T ∇X ξ + ∇X ξ)
2
Comme ∇X ξ)(X, t) w ∇x ξ(x, t), on peut indiéremment l'écrire à partir
du gradient dans la conguration actuelle :
1
(X, t) = (t ∇x ξ(x, t) + ∇x ξ(x, t))
2
C'est ce tenseur qui est utilisé en pratique dans les exercices d'élasticité. Il
faut noté ici qu'en dehors de l'hypothèse des petits déplacements le tenseur
de Green-Lagrange est une fonction non-linéaire de ξ : cela conduit à des
problèmes bien plus riches, mais impossibles à résoudre analytiquement.
Propriétés de
Le tenseur des déformations linéarisé est bien évidemment symètrique et
correspond d'ailleurs à la partie symétrique du gradient de la transformation.
Ses valeurs propres i s'expriment en fonction des dilatations principales :
i w λi − 1
De même si l'on prend un petit vecteur dans le voisinage du point M
repéré par X et dirigé selon e1 dans la conguration de référence, dont la
longueur passe de dL à dl dans la conguration actuelle :
dl − dL
w 11
dL
Considérons un parallélépipède innitésimal caractérisé par les longueurs
Li au voisinage de X , qui deviennent li . Au cours de la transformation son
volume passe de dΩ0 à dΩ. La dilatation volumique relative s'écrit, en se
limitant au premier ordre en ij :
17
dΩ − dΩ0 l1 l2 l3 − L1 L2 L3
=
dΩ0 L1 L2 L3
L1 (1 + 11 )L2 (1 + 22 )L3 (1 + 33 ) − L1 L2 L3
=
L1 L2 L3
L1 L2 L3 (1 + 11 + 22 + 33 ) − L1 L2 L3
w
L1 L2 L3
= 11 + 22 + 33
= Tr
Ainsi la trace du tenseur des déformations linéarisé caractérise la dilata-
tion volumique.
Conditions de compatibilité
On peut aussi dénir w(X, t) = 12 (T ∇x ξ − T ∇x ξ). Ainsi w et appa-
raissent respectivement comme les parties antisymétriques et symétriques du
gradient des déplacements.
18
physique considérée que l'on obtient en suivant la particule. Cela donne donc
pour une grandeur physique B = B(X, t) (tenseur de rang quelconque) :
dB ∂B(X, t)
(X, t) = Ḃ(X, t) =
dt ∂t X=constante
dB db
(X, t) = (x, t)
dt dt
∂b ∂x
= (x, t) + (∇x b).
∂t ∂t
∂b
= (x, t) + (∇x b).v(x, t)
∂t
Ce dernier résultat, déjà croisé dans le premier chapitre en TD, a été écrit
pour une grandeur physique B scalaire, mais se généralise pour des grandeurs
tensorielles d'ordre n.
∂v
a(x, t) = (x, t) + (∇x v).v(x, t)
∂t
Cette formule apparaît dans l'équation de Navier-Stokes, qui sera étudié
à fond au cours du prochain semestre.
˙ = Ḟ (X, t)dM
dM 0
∂
Ḟ = ∇X Φ(X, t) = ∇X V (X, t)
∂t
Où V est le champ de vitesse lagrangien.
19
On trouve aussi le taux de dilatation volumique, dénit comme suit, à
partir de la formule analogue vue au paragraphe précédent :
˙
dΩ ˙
= J(X, t)
dΩ0
d
(dM .dM 0 ) = 2dM 0 .ė(X, t).dM 0 0
dt
On a, d'après la dénition de e :
1 T
∇X U (X, t) × ∇X Φ(X, t) + T ∇X Φ(X, t) × ∇X U (X, t)
ė(X, t) =
2
˙ = ∇x v(x, t).dM
dM
Ceci nous conduit à introduire le taux de déformation (eulérien) :
1 T
d(x, t) =∇x v(x, t) + ∇x v(x, t)
2
Qui n'est autre que la partie symétrique du gradient des vitesse. On peut
vérier qu'on a :
d
(dM .dM 0 ) = 2dM .d(x, t).dM 0
dt
d(x, t) et ė(X, t) sont liés par :
20
2.5.5 Propriétés du tenseur taux de déformation
:
Taux d'extension
On considère un vecteur dM de longueur dl(t) à l'instant t. On dénit
l'alongement unitaire ou taux d'extension par dl1 d(dl)
dt
. En dérivant par rapport
au temps dl = dM .dM , et en supposant que dM est selon e1 :
2
1 d(dl)
= d11 (x, t)
dl dt
Taux de glissement
Pour le taux de glissement entre e1 et e2 , θ̇, on obtient :
θ̇ = 2d12 (x, t)
Taux de rotation
On dénit le taux de rotation comme la partie antisymétrique du tenseur
des gradients de vitesse eulérien :
1
∇x v(x, t) − T ∇x v(x, t)
ω(x, t) =
2
Ce tenseur étant antisymétrique, on peut lui associer un vecteur appelé
vecteur tourbillon tel que pour tout vecteur dM du voisinage de x :
ω(x, t)dM = ω ∧ dM
1
ω(x, t) = rot v(x, t)
2
On a donc avec les formules précédentes :
˙ = d(x, t)dM + ω ∧ dM
dM
21
˙
dΩ 1 d
= dM1 , dM2 , dM3
dΩ dΩ dt
1 ˙
˙
˙
= dM1 , dM2 , dM3 + dM1 , dM2 , dM3 + dM1 , dM2 , dM3
dΩ
Or :
Et donc :
˙
dΩ
= d11 + d22 + d33 = Tr(d(x, t)) = div v(x, t)
dΩ
Ceci permet d'interpréter la trace du tenseur taux de déformation cor-
respondant à la divergence du champ de vitesse eulérien comme le taux de
dilatation volumique.
22
Chapitre 3
Tenseur des contraintes
23
3.1 Equations de bilans
ρ dΩ0
=
ρ0 dΩ
Ce qui implique :
dΩ0
ρ(x, t) = ρ0
dΩ
Et donc :
dΩ0 ˙
ρ̇(x, t) = −ρ0 dΩ
dΩ2
dΩ0
= −ρ0 div v(x, t)
dΩ
= −ρ div v(x, t)
dρ
+ ρ div v = 0
dt
En explicitant la dérivée particulaire :
∂ρ
+ v.∇x ρ + ρ div v = 0
∂t
Soit nalement l'équation vue dans le début du cours :
∂ρ
+ div ρv = 0
∂t
Qui est bien de la forme d'une équation de conservation. Cette équation
traduit que la masse totale, M = Ω ρdΩ est une constante et donc que sa
R
24
3.1.2 Dérivée temporelle d'une intégrale sur Ω
On peut s'intéresser maintenant à la dérivée d'autres grandeurs de ce
type par rapport au temps. Soit g(x, t) une densité volumique d'une grandeur
extensive Q (masse, énergie, moment cinétique...). On notera G(X, t) cette
densité dans la conguration de référence. Lors de la transformation, g peut
changer, mais Ω aussi ainsi que sa surface Σ, qui sont implicitement des
fonctions du temps. On cherche à calculer la variation de Q dénit sur tout
le domaine matériel, au cours du temps. On passer aà une intégrale sur les
coordonnées lagrangiennes, et on notera J = det F le jacobien de Φ(X, t)
Z Z
dQ d d
= g(x, t)dΩ = G(X, t)dΩ
dt dt Ω dt Ω0
Z
d
= G(X, t)dΩ
dt Ω0
Z
d
= G(X, t) det F dΩ0
dt Ω0
Z
d(G(X, t)J(X, t))
= dΩ0
Ω0 dt
Z
= ˙
(ĠJ + GJ)dΩ 0
Ω0
Z
= (ĠJ + G div(v)J)dΩ0
Ω0
Z
= (ġ + g div(v))dΩ
ZΩ
∂g
= ( + v.∇x (g) + g div(v))dΩ
∂t
ZΩ
∂g
= ( + div(gv))dΩ
∂t
ZΩ Z
∂g
= dΩ + [Link]
Ω ∂t Σ
25
Z Z Z
d ∂ρf
ρf dΩ = dΩ + ρf [Link]
dt Ω ∂t
ZΩ Σ
∂ρ ∂f
= (f +ρ + f div(ρv) + ρv.∇x (f ))dΩ
Ω ∂t ∂t
Z
df
= ρ dΩ
Ω dt
On peut s'assurer que cette équation reste valable lorsque f est une gran-
deur tensorielle d'ordre n. Cette relation nous sera extrêmement utile dans
les paragraphes suivant, où on va s'intéresser au bilan d'autres quantités :
Z
dP dv
(t) = ρ(x, t) (x, t)dΩ
dt dt
ZΩ
= ρ(x, t)a(x, t)dΩ
Ω
26
3.1.4 Conservation du moment cinétique
De la même façon, on peut écrire la dérivée du moment cinétique par
rapport à un point quelconque repéré par x0 :
Z
d
(x − x0 ) ∧ ρ(x, t)v(x, t)dΩ
dt Ω Z
= (v ∧ ρ(x, t)v(x, t) + (x − x0 ) ∧ ρ(x, t)a(x, t))dΩ
ZΩ
= (x − x0 ) ∧ ρ(x, t)a(x, t)dΩ
Ω
Z Z Z
(x − x0 ) ∧ ρ(x, t)a(x, t)dΩ = (x − x0 ) ∧ ρ(x, t)f dΩ + (x − x0 ) ∧ tds
Ω Ω Σ
Dans certains cas on peut être amener à ajouter des moments purs mas-
siques m mais c'est un cas très particulier que nous ne traiterons pas. Ces
deux équations, PFD et TMC, correspondent aux équations d'Euler du mou-
vement.
27
ne permet même pas d'expliquer les frottements solides ou uides, ou le
simple équilibre d'un objet solide posée sur une table. En eet, on se rappelle
qu'une telle représentation des eorts conduit à l'équation d'équilibre de la
forme :
−∇x (p) + ρg = 0
Ce qui s'intègre en p = pa + ρgz où pa est la pression atmosphérique et g
l'accélération de la pesanteur. A la frontière du solide, à une cote z 6= 0, la
pression est donc distincte de la pression appliquée pa . Le principe d'action-
réaction n'est donc pas vériée, et cette situation devrait donc être instable.
L'expérience indique le contraire. Dans le cas d'un récipient contenant de
l'eau, le champ de pression trouvé précédemment est certainement pertinent
dans le liquide mais c'est alors l'équilibre du récipient qui pose problème...
L'objet de cette section est de proposer une représentation simple des ef-
forts de contact autorisant l'application de forces normales et tangentielles
et permettant de justier l'équilibre des solides pesants où l'existence de
frottements.
t(x, Σ, t) = t(x, n, t)
On suppose donc que le vecteurcontrainte ne dépend pas de la courbure.
Cela ne permet pas par exemple de décrire les eets de tension supercielle.
Il s'agit toutefois d'une simplication dont l'ecacité ne s'est pas démentie
dans la plupart des applications en mécanique des uides et des structures.
Renoncer à cette dépendance simple conduit à la théorie dite du second gra-
dient, dont le champ d'application reste limité en ce qui concerne les corps
massifs (uides et eets de capillarité par exemple, écoulement du sang dans
un vaisseau étroit...).
28
Cette expression montre que l'intégrale de surface doit être réductible
à une intégrale de volume, ce qui n'est a priori pas vrai pour n'importe
quelle forme du champ t(x, n). Le théorème de Wien-Ostrogradski permet
un tel transfert de la surface au volume, à condition toutefois que la densité
surfacique soit linéaire en n. Si t(x, n) est linéaire en n, autrement dit si t
est un ?ux, alors une réduction de la résultante des eorts de contact à une
intégrale de volume est possible. Le théorème de Cauchy indique en fait que
cette condition susante est aussi nécessaire. C'est ce que nous allons établir,
après avoir tout d'abord établi le lemme du même nom :
On en déduit que :
29
Z
(t(x, n) − t(x, −n))ds = 0
S
Ceci implique, puisqu'on a établit ce résultat pour une surface S quel-
conque, que :
n = ni ei
On considère comme sous-domaine d'étude un tétraèdre innitésimale
M P1 P2 P3 contenant le point M et le point P de coordonnées (hn1 , hn2 , hn3 )
et dont les quatre faces S1 , S2 , S3 , S ont pour normales respectives :
30
Z Z
ρ(a1 − f1 )dΩ = t1 (n)ds
D ZΣ Z Z Z
= t1 (−e1 )ds + t1 (−e2 )ds + t1 (−e3 )ds + t1 (n)ds
S1 S2 S3 S
Z Z Z Z
=− t1 (e1 )ds + t1 (e2 )ds + t1 (e3 )ds + t1 (n)ds
S1 S2 S3 S
= −(S1 t1 (e1 ) + S2 t1 (e2 ) + S3 t1 (e3 )) + St1 (n) (3.1)
Z
1
ρ(a1 − f1 )dΩ = −(n1 t1 (e1 ) + n2 t1 (e2 ) + n3 t1 (e3 )) + t1 (n)
S D
Ceci est bien sur valable aussi pour t2 et t3 et montre la linéarité de t(n)
par rapport à n. Ceci nous conduit à la :
31
Z Z
t(x, n, t)ds = σ(x, t).nds
Σ Σ
En projetant cette équation sur l'axe e1 et en utilisant le théorème de
Wien-Ostrogradski 2 :
Z Z
t1 (x, n, t)ds = σ1j (x, t).nj ds
Σ Σ
Z
∂σ1j
= (x, t)dΩ
D ∂xj
ρ(f − a) + div σ
Cette équation est fondamentale, et peut s'interpréter comme une équa-
tion de conservation de la quantité de mouvement. On voit que σ y joue le
rôle d'un ux généralisé de la quantité de mouvement, et permet de décrire
comme la quantité de mouvement "diuse" à l'intérieur du domaine, lorsque
des forces sont appliquées.
32
Z Z
(x2 ρ(a3 − f3 ) − x3 (a2 − f2 ))dΩ = (x2 σ3j − x3 σ2j )nj ds
D Σ
Z
∂
= (x2 σ3j − x3 σ2j )dΩ
D ∂xj
Z
∂σ3j ∂σ2j
= (x2 − x3 + δ2j σ3j − δ3j σ2j )dΩ
D ∂xj ∂xj
∂σ3j ∂σ2j
x2 ρ(a3 − f3 ) − x3 (a2 − f2 ) = x2 − x3
∂xj ∂xj
Et donc nalement :
Z
(δ2j σ3j − δ3j σ2j )dΩ = 0
D
Ce qui fait que :
σ32 = σ23
Les autres composante de la deuxième loi de Cauchy vont donner des
résultats analogues et nalement il apparait que :
σij = σji
Le tenseur de Cauchy des contraintes est donc symétrique, ce qui constitue
la deuxième loi de Cauchy.
ρ(f − a) + div σ
σij = σji
33
3.2.9 Discontinuité au niveau d'une frontière matérielle
Le tenseur des contraintes de Cauchy est bien évidemment continu au
sein du corps matériel. Toutefois, lorsque celui-ci est constitué de deux ma-
tériaux collés l'un à l'autre, où au niveau de sa frontière où il est en contact
avec l'atmosphère par exemple, il peut apparaître des discontinuités interfa-
ciales du tenseur des contraintes. Toutefois ces discontinuités ne peuvent pas
prendre n'importe quelle forme. On a alors des relations de passage. Ainsi
deux matériaux distincts, en notant n le vecteur normal
à la frontière entre
à l'interface et σ = σ 2 − σ 1] la diérence entre les deux tenseurs de par et
d'autre de l'interface, on aura :
σ .n = 0
Dans le cas d'une frontière matérielle, si seule une contrainte tf est appli-
quée au niveau de la surface, on a directement pour le champ de contraintes
σ au niveau d'un point x de cette surface :
σ(x).n = tf (x)
t = tn n + tt τ
Où tn et tt représentent les forces surfaciques normales et tangentielles à
la surface.
34
Equations des cercles
On choisit le repère de travail comme celui formé par les directions propres
de σ . Dans ce repère, σ est donc diagonale, avec pour valeurs propres σi , i =
1, 2, 3. On a donc :
t = σ1 n1 + σ2 n2 + σ3 n3 = σi ni
En utilisant le fait que n.n = 1, tn = t.n et t2t + t2n = t.t, on peut écrire :
35
Propriétés
La contrainte tangentielle, appelée aussi cisaillement, possède une va-
leur maxiamle τmax égale à (σ1 − σ3 )/2.
Le vecteur contrainte t parcourt un cercle de Mohr si le vecteur surface
n se situe dans un plan formé par deux directions principales.
Comme montré dans le TD5, lorsqu'on se place dans le plan déni
par deux vecteur principaux de contraintes, si le vecteur n tourne d'un
angle φ dans ce plan, il tournera d'un angle 2φ dans le cercle de Mohr
correspondant.
La contrainte de cisaillement maximale est atteinte lorsque n est selon
une bissectrice des directions principales possédant les deux contraintes
principales extrêmes (grand cercle de Mohr).
Intéret
L'intéret de ces cercles est d'orir en deux dimensions une représentation
d'un tenseur symétrique (6 coecients indépendants) dépendant de l'espace
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(3 variables). Il peuvent sembler compliqués à tracer mais cela reste plus
facile qu'un graphique en 9 dimensions. Les cercles de Mohr contiennent
toute l'information physique véhiculée par le tenseur des contraintes.
f (σ) = sup(σi − σj ), i, j = 1, 2, 3
Selon ce critère, on aura une rupture si la fonction f (σ) dépasse une cer-
taine valeur σ0 . Il est facile de voir qu'ici f (σ) = 2τmax . D'autres critère, avec
des f diérents, existent également. Tous sont bien evidemment empiriques.
Traction simple :
σ1 0 0
σ= 0 0 0
0 0 0
Cisaillement simple :
0 σ12 0
σ = σ12 0 0
0 0 0
Contrainte plane :
σ1 0 0
σ = 0 σ2 0
0 0 0
37
On pourra aussi caractérisé la contrainte de cisaillement maximale pour
chaque cas.
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Chapitre 4
Lois de comportement
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4.1 Nécessité des lois de comportement
Il est donc nécessaire de rajouter des lois, celles liant σ aux tenseurs de
déformation de Green-Lagrange e et au taux de déformation d. Ces lois sont
phénoménologique, et selon le type de loi, on aura un solide élastique, un
uide visqueux ou non, des phénomènes de plasticité, ou un mélange de ces
diérents modèles.
On ne reproduira pas ici les développements vus en cours, nous rappelle-
rons simplement les deux lois de comportement que nous avons croisées :
le solide isotrope élastique dans la limite des petits déplacements
le uide visqueux newtonien.
petits déplacements
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νE
λ=
(1 + ν)(1 − 2ν)
νE
λ=
2(1 + ν)
Et réciproquement :
µ(3λ + 2µ)
E=
λ+µ
λ
ν=
2(λ + µ)
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4.3 Fluides visqueux newtoniens
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