LOGIQUE ET RAISONNEMENTS MATHEMATIQUES
Terminale Scientifique
Essaid A. OUTOULBOUN © 2020
SOMMAIRE
INTRODUCTION……………………………………………………………………… 03
PROPOSITIONS……………………………………………………………………… 05
FONCTIONS PROPOSITIONNELLES………………………………………………….
05
QUANTIFICATEURS – PROPOSITIONS
QUANTIFIEES……………………………… 06
OPERATIONS LOGIQUES…………………………………………………………….
08
NEGATION LOGIQUE……………………………………… ……09
DISJONCTION LOGIQUE………………………………………… 10
CONJONCTION LOGIQUE………………………………………… 11
EQUIVALENCE LOGIQUE………………………………………… 12
LOIS LOGIQUES - LOIS DE MORGAN………………………………………………
14
RAISONNEMENTS………………………………………………………
39
CONTRAPOSE………………………………………………………… 40
IMPLICATION…………………………………………………………57
EQUIVALENCE…………………………………………………………75
ABSURD……………………………………………………………… 80
RECURRENCE………………………………………………………… 87
EXERCICES……………………………………………………………………………90
INTRODUCTION
La logique est souvent associée à « l’art de raisonner ». En
mathématiques on traite d’objets : les nombres, les points, les
droites, les ensembles, etc. On énonce des propriétés de ces objets
— les énoncés mathématiques — de façon organisée. Certains
énoncés initiaux, les axiomes sont admis, considérés évidents sur
des domaines connus (arithmétique, géométrie...), ou définissant
implicitement une certaine théorie (algèbre). On en déduit d’autres
énoncés, les théorèmes en utilisant certaines règles de raisonnement
la plupart du temps implicites mais que toute personne pratiquant
les mathématiques admet. Les théorèmes décrivent des propriétés de
moins en moins évidentes des objets considérés. Une preuve d’un
énoncé est une construction qui permet de convaincre que l’on a
bien utilisé pour déduire l’énoncé les règles de raisonnement
communément admises. Au fondement d'une théorie mathématique,
nous disposons de notions primitives appelées axiomes. Les
axiomes sont des propositions primitives que l'on déclare vraies, a
priori. En effet, ce sont des propositions indémontrables considérées
comme évident en soi.
A partir des fondements d'une théorie mathématique, nous pouvons
définir une assertion comme étant un énoncé (mathématique)
susceptible de prendre deux valeurs logiques, le vrai ( �� en
abrégé) ou le faux ( �� en abrégé). Pour qu'une assertion soit
vraie, il est nécessaire d'avoir une démonstration. Ainsi, nous
pouvons définir les notions suivantes permettant de constituer une
théorie mathématique :
Les définitions sont des descriptions d'objet ou de mot
mathématiques.
Les démonstrations sont des arguments justifiant la véracité
d'une assertion.
Les différentes assertions vraies sont les suivantes :
Les propositions sont des assertions démontrées, dont
certaines sont nommées propriétés.
Les théorèmes sont des propositions importantes dans une
théorie mathématique.
Un lemme est une proposition moins importante qui va
servir à démontrer des propositions plus importantes.
Un corollaire est une proposition simple dont la
démonstration est une application rapide d'un résultat plus
conséquent.
Un exemple est un cas particulier qui permet d'illustrer une
proposition.
Une conjecture est assertion qui semble vrai mais dont on n'a
pas de démonstration.
Exemple : (Assertion vraie). La somme de deux nombres pairs est
paire.
Ce cours ne sera pas non plus un apprentissage de « l’art de
raisonner » en mathématique. La logique des mathématiques repose
sur le présupposé d’une aptitude commune à raisonner qui nous
permet de communiquer et de convaincre qu’un raisonnement est
correct. S’il existe bien un raisonnement mathématique, il s’élabore
sur une spécialisation du raisonnement commun dans le contexte
des mathématiques. Ses spécificités s’acquièrent d’abord ... par la
pratique des mathématiques (y compris bien-sûr la pratique de la
logique mathématique), même si nous espérons que la formalisation
de la logique que nous allons donner permettra de clarifier et de
préciser cette pratique.
On rappelle qu’une proposition est un énoncé pouvant être vrai ou
faux. On dit alors que les deux valeurs de vérité d’une proposition
sont « vraies » et « fausses ». A partir d’une ou plusieurs
propositions, on peut en construire d’autres. C’est l’objet des
paragraphes suivants.
Vous rencontrerez de nombreux énoncés mathématiques comme :
1) Soit un entier naturel.
2) Il existe un réel tel que
3)
4) Pour tout entier naturel , on a
5) Pour tout réel , on a
6) Si est un réel, on appelle valeur absolue de le plus
grand des nombres et .
7) Si est un entier naturel pair, alors est pair.
Ces énoncés sont de types différents : l’énoncé 1) introduit une
notation. L’énoncé 6) est une définition. Les énoncés 2), 3), 4), 5) et
7) affirment qu’une certaine propriété est vraie. Ce sont des
propositions.
: une proposition est un énoncé mathématique qui affirme
Définition
une propriété.
Une proposition est soit vraie soit fausse. Elle ne peut pas être à la
fois vraie et fausse. Parmi les propositions ci-dessus, les
propositions 2), 3), 4) et 7) sont vraies. La proposition 5) est fausse
(en effet, est un réel et on n’a pas ). On distingue deux
types de propositions vraies : les axiomes et les théorèmes. Un
axiome est une proposition dont on décide a priori qu’elle est vraie :
elle ne se démontre donc pas. Un théorème est une proposition dont
on démontre qu’elle est vraie.
Une proposition mathématique est un énoncé qui est vrai ou faux, il
n’y a pas d’autre alternative. Ce n’est pas le cas de toutes les
propositions en langage courant, par exemple : « Bonjour » ou «
Dis-le-moi ! » ne sont ni vraies ni fausses mais « il pleut » ou « je
suis en cours de maths » sont des propositions qui peuvent être
vraies ou fausses. Le langage courant est souvent ambigu : la phrase
: « Tous les musées sont fermés certains jours » signifie-t-elle «
certains jours, tous les musées sont fermés » ou signifie-t-elle «
chaque musée est fermé certains jours », ce qui est tout à fait
différent ? En mathématiques, pour pouvoir affirmer avec certitude
qu’une propriété est vraie ou fausse, il ne peut pas y avoir
d’ambigüité. C’est pourquoi il est nécessaire d’adopter un langage
précis spécifique aux mathématiques. Les quantificateurs servent à
indiquer pour quels objets (certains, tous) une propriété est vraie.
Quantificateur universel :
Il signifie « Quel que soit », « pour tout » « pour n’importe quel ».
Quantificateur existentiel :
Il signifie : « Il existe au moins un » et se lit « il existe ».
L’ordre d’écriture des quantificateurs est fondamental. Quand on
inverse l’ordre de deux quantificateurs, le sens change. Par exemple
dans les phrases « Pour toutes les salles, il existe une clé qui en
ouvre la porte » et « Il existe une clé qui, pour toutes les salles,
ouvre la porte », parle-t-on de la même clé ?
Exercice 1 : Ecrire en langage courant :
I. Ecrire les propositions suivantes en langage courant :
Par exemple : : Pour tout réel positif , il existe un
réel positif tel que
1)
2)
3)
4)
II. Associer chacune des propositions précédentes à l’une des
propriétés ci-dessous :
a) La suite est positive,
b) La suite est négative,
c) La suite n’est pas positive,
d) La suite est croissante,
e) La suite est strictement croissante,
f) La suite est décroissante,
g) La suite n’est pas décroissante
Définition :Nier une proposition, c’est passer de la définition d’une partie d’un
ensemble à la définition de son complémentaire. Son symbole est : qui se
place devant la proposition. C’est le seul connecteur qui porte sur une seule
proposition.
Exemples :
Du fait du principe de dualité, c’est à dire qu’une proposition est soit vraie soit
fausse, on a donc : soit la proposition est vraie soit la proposition : est
vraie. Pour analyser les différents cas possibles, on a l’habitude de présenter
les connecteurs logiques à l’aide de tables appelées « tables de vérité » . La
table de vérité du connecteur NON sera donc :
Vrai Faux
Faux Vrai
Si on utilise une notation informatique on remplaçant Vrai par 1 et Faux par 0
on obtient alors :
1 0
0 1
Définition Le connecteur logique ET porte sur deux propositions. La
:
proposition (P et Q) notée P ^ Q est vrai si les deux propositions P et Q sont
simultanément vraies, la proposition P ^ Q est fausse dans tous les autres cas.
Exemples :
On a la table de vérité suivante :
1 1 1
1 0 0
0 1 0
0 0 0
Définition : Le connecteur logique OU porte sur deux propositions. La
proposition (P ou Q) notée est fausse si les deux propositions sont
simultanément fausses, la proposition est vraie dans tous les autres cas.
Exemples :
On a la table de vérité suivante :
1 1 1
1 0 1
0 1 1
0 0 0
Remarque :
On peut exprimer le connecteur OU à l’aide des connecteurs ET et NON :
Démonstration :
1 1 0 0 0 1
1 0 0 1 0 1
0 1 1 0 0 1
0 0 1 1 1 0
Le connecteur logique Si . . . alors, porte sur deux propositions. La
Définition :
proposition
Si P alors Q) notée est fausse lorsque l’on a simultanément la
proposition P vraie et la proposition Q fausse, la proposition est vraie
dans tous les autres cas.
Exemples :
On a la table de vérité suivante :
1 1 1
1 0 0
0 1 1
0 0 1
Remarque :
On peut exprimer le connecteur logique : Si . . . alors, à l’aide des connecteurs
OU et NON :
Démonstration :
1 1 0 1
1 0 0 0
0 1 1 1
0 0 1 1
Définition Le connecteur logique Si et seulement si porte sur deux
:
propositions. La proposition (P si et seulement si Q) notée est vrai
lorsque l’on a simultanément P et Q vraies ou fausses. La proposition est
fausse dans les autres cas.
Exemples :
On a la table de vérité suivante :
1 1 1
1 0 0
0 1 0
0 0 1
Remarques :
1. Lorsque l’on a , on dit que P est une condition nécessaire et
suffisante de Q et inversement.
2. Pour qu’une équivalence soit vraie, il faut avoir : et
Définition :
Identités logiques utilisées en logique propositionnelle et dans la théorie des
ensembles, formulées par le mathématicien britannique Augustus De
Morgan.
En logique propositionnelle, ces identités s’énoncent comme suit :
La négation de la conjonction de deux propositions est
équivalente à la disjonction des négations des deux propositions,
ce qui signifie « non (P et Q) » est « (non P) ou (non Q) » :
La négation de la disjonction de deux propositions est
équivalente à la conjonction des négations des deux propositions,
ce qui signifie que « non (P ou Q) » est « (non P) et (non Q) » :
En théorie des ensembles, ces identités s’énoncent comme suit :
Soit l’ensemble et les sous-ensembles «
et .
Puisque alors et puisque
et alors . Alors,
on voit que : .
De même puisque ,
Alors et
On peut aussi observer que .
Propriétés :
Soit et deux propositions.
• et
• Lois De Morgan : et
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