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As 22

Ce mémoire présente une étude comparative des sources de motivation à la pratique des activités physiques et sportives chez des enfants musulmans en Tunisie et au Québec. Il explore divers facteurs influençant la participation des enfants, y compris des éléments socioculturels, climatiques, religieux et de santé. L'objectif est de mieux comprendre les motivations et les obstacles rencontrés par ces enfants dans leurs pratiques sportives.

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Ce mémoire présente une étude comparative des sources de motivation à la pratique des activités physiques et sportives chez des enfants musulmans en Tunisie et au Québec. Il explore divers facteurs influençant la participation des enfants, y compris des éléments socioculturels, climatiques, religieux et de santé. L'objectif est de mieux comprendre les motivations et les obstacles rencontrés par ces enfants dans leurs pratiques sportives.

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UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL

ÉTUDE COMPARATIVE DES SOURCES DE MOTIVATION À LA PRATIQUE DES ACTIVITÉS


PHYSIQUES ET SPORTIVES CHEZ DES ENFANTS MUSULMANS EN TUNISIE ET AU QUÉBEC

MÉMOIRE

PRÉSENTÉ

COMME EXIGENCE PARTIELLE

DE LA MAÎTRISE EN SCIENCES DE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE

PAR

HANNACHI OUSSAMA

FÉVRIER 2024
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL
Service des bibliothèques

Avertissement

La diffusion de ce mémoire se fait dans le respect des droits de son auteur, qui a signé
le formulaire Autorisation de reproduire et de diffuser un travail de recherche de cycles
supérieurs (SDU-522 – Rév.12-2023). Cette autorisation stipule que «conformément à
l’article 11 du Règlement no 8 des études de cycles supérieurs, [l’auteur] concède à
l’Université du Québec à Montréal une licence non exclusive d’utilisation et de
publication de la totalité ou d’une partie importante de [son] travail de recherche pour
des fins pédagogiques et non commerciales. Plus précisément, [l’auteur] autorise
l’Université du Québec à Montréal à reproduire, diffuser, prêter, distribuer ou vendre des
copies de [son] travail de recherche à des fins non commerciales sur quelque support
que ce soit, y compris l’Internet. Cette licence et cette autorisation n’entraînent pas une
renonciation de [la] part [de l’auteur] à [ses] droits moraux ni à [ses] droits de propriété
intellectuelle. Sauf entente contraire, [l’auteur] conserve la liberté de diffuser et de
commercialiser ou non ce travail dont [il] possède un exemplaire.»
REMERCIEMENTS

Je suis profondément reconnaissant à mon directeur de recherche, le professeur Pierre Sercia, pour son
soutien spécial, ses conseils précieux, sa générosité inestimable et surtout sa patience sur la longue
période que j’ai consacré à la rédaction de ce modeste travail. Dès les premiers pas de ma demande
d’admission à l’université du Québec à Montréal, Monsieur Pierre m’a énormément soutenu et ne cesse
de m’éclaircir concernant toutes les démarches nécessaires pour réussir mon cheminement.

Je suis particulièrement reconnaissant à mon ancienne professeure en premier cycle universitaire,


Madame Mejda Jradi, qui fut la première à me faire découvrir le monde de la physiothérapie et qui m'a
incité à aller plus loin dans mes études académiques (paix à son âme).

Je suis très reconnaissant envers la faculté des Sciences de m’avoir généreusement accordé une bourse
d’exemption des frais de scolarité supplémentaires, ce qui a conforté ma motivation à réussir ma maîtrise.

Je tiens à exprimer ma gratitude envers tous les enseignants et le personnel du département des sciences
de l'activité physique de l’UQAM, qui ont mis tout en œuvre pour que ma formation soit couronnée de
succès.

Je voudrais exprimer ma reconnaissance envers mes parents, Madame Hannachi Zohra et Monsieur
Hannachi Mohamed, pour leur confiance sans faille, pour leur appui financier et moral de tous les instants
et pour leurs encouragements inlassables.

Je voudrais remercier ma chère jumelle, Hannachi Asma, et mon frère Hannachi Houssem, pour leur
soutien et pour l’intérêt qu’ils ont manifesté pour mes travaux.

Le moment me semble opportun pour exprimer ma gratitude envers ma grand-mère, Khadija Rouag, qui
m'a pris sous son aile dès ma naissance et qui m'a donné tout son amour.

Merci à toi, mon cher Jonathan Tougas-Ouellette. Grâce à ton soutien quotidien et à ton enthousiasme,
j’ai réussi ma maîtrise. Merci pour le partenaire que tu as été tout au long de cette longue période.

ii
J’adresse aussi mes remerciements à ma famille canadienne : Tante Christine Dolbec, Tonton Jean
Ouellette, mes belles sœurs Julie Ouellette & Kyrianne Ouellette, et à ma chère amie Magali De Marre
pour leur soutien indéfectible auquel les mots ne sauraient rendre justice. Grâce à vous, je n’ai jamais senti
que je suis un étranger, au contraire, je me suis senti toujours comme si je faisais partie de la famille.

Pour terminer, je remercie tous mes amis et mes collègues en Tunisie et au Canada, ainsi que toutes les
personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à la réalisation de ce travail.

J’ai toujours à cœur de trouver les mots justes, mais je n’en connais aucun qui soit suffisamment fort pour
remercier tout le monde.

HANNACHI OUSSAMA

iii
DÉDICACE

Louange à ALLAH pour ses bienfaits


innombrables, pour ses dons abondants dont il
m’a comblé, du plus profond de moi, je remercie
notre grand seigneur Allah, exalté soit-il, qui
m’aide à avancer dans ma vie. Je dédie ce travail
à ma chère tante, madame Hannachi Fathia, qui
nous a quittés en mars 2022 après une longue
lutte contre le cancer.

Je ne t’oublie jamais. Repose-toi en paix.

iv
TABLE DES MATIÈRES

REMERCIEMENTS........................................................................................................................................... ii

DÉDICACE...................................................................................................................................................... iv

LISTE DES FIGURES ......................................................................................................................................... x

LISTE DES TABLEAUX ..................................................................................................................................... xi

LISTE DES ABRÉVIATIONS, DES SIGLES ET DES ACRONYMES ....................................................................... xii

RÉSUMÉ ...................................................................................................................................................... xiii

ABSTRACT ................................................................................................................................................... xiv

INTRODUCTION ............................................................................................................................................ 1

CHAPITRE 1 LA PROBLÉMATIQUE ................................................................................................................. 3


1.1 Activités physiques et sportives ........................................................................................................... 3
1.2 Enfants et APS ...................................................................................................................................... 4
1.3 Éducation physique au Québec ............................................................................................................ 4
1.4 Santé et APS ......................................................................................................................................... 5
1.5 Questions et intérêt de recherche ....................................................................................................... 5
1.6 Objectifs de la recherche ...................................................................................................................... 5
1.7 Hypothèse ............................................................................................................................................ 6

CHAPITRE 2 REVUE DE LITTÉRATURE ............................................................................................................ 7


2.1 L’enfant ................................................................................................................................................ 7
2.2 L’activité physique ................................................................................................................................ 7
2.3 Le sport et l’exercice physique ............................................................................................................. 8
2.3.1 L’exercice physique ...................................................................................................................... 8
2.3.2 Le sport......................................................................................................................................... 8
2.4 La pratique sportive au Québec ........................................................................................................... 9
2.5 Concept de la motivation ..................................................................................................................... 9
2.5.1 Définition...................................................................................................................................... 9
2.6 Théories générales de la motivation .................................................................................................. 10
2.6.1 Approche béhavioriste ............................................................................................................... 10
2.6.2 Approche anticipative ................................................................................................................ 11
2.6.3 Approche humaniste .................................................................................................................. 12
2.6.4 L’approche cognitiviste .............................................................................................................. 13

v
2.6.5 L’approche organismique ........................................................................................................... 13
2.6.6 L’approche néobéhavioriste....................................................................................................... 13
2.6.7 L’approche sociale cognitive ...................................................................................................... 13
2.7 Théorie de l’autodétermination ......................................................................................................... 14
2.7.1 La motivation intrinsèque .......................................................................................................... 14
2.7.2 La motivation extrinsèque.......................................................................................................... 14
2.8 L’amotivation...................................................................................................................................... 15
2.9 Continuum d’autodétermination et questions de recherche ............................................................ 16
2.10 La sédentarité ..................................................................................................................................... 16
2.10.1 Définition.................................................................................................................................... 16
2.11 Le comportement sédentaire ............................................................................................................. 16
2.12 Sédentarité et statistiques ................................................................................................................. 17
2.12.1 La sédentarité à l’échelle mondiale............................................................................................ 17
[Link] Chez les adultes ................................................................................................................ 17
[Link] Chez les enfants ................................................................................................................ 17
2.12.2 Activité sédentaire à l’échelle canadienne ................................................................................. 17
[Link] Chez les adultes ................................................................................................................ 17
[Link] Chez les enfants au Canada .............................................................................................. 18
[Link] Chez les enfants immigrants ............................................................................................. 19
2.13 Pratique d’activités physiques ............................................................................................................ 20
2.13.1 Niveaux d’activité physique à l’échelle mondiale ...................................................................... 20
[Link] Chez les adultes ................................................................................................................ 20
[Link] Chez les enfants ................................................................................................................ 20
2.13.2 Niveaux d’activité physique à l’échelle canadienne ................................................................... 20
[Link] Chez les adultes ................................................................................................................ 20
[Link] Chez les enfants ................................................................................................................ 21
[Link] Chez les enfants immigrants ............................................................................................. 22
2.13.3 Niveau d’activité physique à l’échelle tunisienne ...................................................................... 22
[Link] Chez les adultes ................................................................................................................ 22
[Link] Chez l’enfant ..................................................................................................................... 23
2.14 L’inactivité physique ........................................................................................................................... 23
2.14.1 Définition.................................................................................................................................... 23
2.14.2 Inactivité physique et statistique ............................................................................................... 23
2.14.3 Inactivité physique à l’échelle mondiale .................................................................................... 23
2.14.4 Inactivité physique à l’échelle canadienne................................................................................. 24
[Link] Chez les adultes ................................................................................................................ 24
[Link] Chez les enfants ................................................................................................................ 25
2.15 La pratique des activités physiques et la COVID-19 ........................................................................... 26
2.15.1 Impact de la pandémie à l’échelle mondiale.............................................................................. 26
2.15.2 Impact de la pandémie à l’échelle canadienne .......................................................................... 27
[Link] Impact sur les adultes ....................................................................................................... 27
[Link] Impact sur les enfants....................................................................................................... 27

vi
2.16 Recommandations mondiales sur pratique des AP ............................................................................ 27
2.17 Recommandations canadiennes sur la pratique des AP .................................................................... 28
2.17.1 Pour les adultes .......................................................................................................................... 28
2.17.2 Pour les enfants.......................................................................................................................... 29
2.18 Bienfaits de la pratique à des APS ...................................................................................................... 29
2.19 L’islam ................................................................................................................................................ 30
2.19.1 Définition.................................................................................................................................... 30
2.19.2 La foi en Islam ............................................................................................................................ 30
2.19.3 Sources de législation dans l’islam ............................................................................................. 31
[Link] Le Coran ............................................................................................................................ 31
[Link] La Sunnah ......................................................................................................................... 31
[Link] Le Hadith........................................................................................................................... 31
2.19.4 Activités physiques et sportives du point de vue islamique....................................................... 32
2.19.5 Tenue vestimentaire dans l’islam............................................................................................... 33
[Link] Notion de la Awra ............................................................................................................. 33
2.20 La compétition sportive...................................................................................................................... 34
2.20.1 Définition.................................................................................................................................... 34
2.20.2 La compétition sportive dans l’islam.......................................................................................... 34
2.21 Consignes de l’islam pour la pratique des APS ................................................................................... 35

CHAPITRE 3 MÉTHODOLOGIE ..................................................................................................................... 37


3.1 Approche méthodologique ................................................................................................................ 37
3.2 Population de l’étude ......................................................................................................................... 38
3.2.1 Critères d’inclusion : ................................................................................................................... 38
3.2.2 Critères d’exclusion : .................................................................................................................. 39
3.3 Instrument de mesure et collecte des données ................................................................................. 39
3.4 Déroulement ...................................................................................................................................... 41
3.5 Étapes à suivre pour la collecte et l’analyse des données.................................................................. 41
3.6 Analyse des données .......................................................................................................................... 42

CHAPITRE 4 RÉSULTATS .............................................................................................................................. 47


4.1 Perceptions des enfants ..................................................................................................................... 48
4.1.1 APS et enfants en Tunisie ........................................................................................................... 48
[Link] Facteurs socioculturels ............................................................................................................ 48
[Link] Facteurs climatiques ............................................................................................................... 50
[Link] Facteurs religieux .................................................................................................................... 50
[Link] Facteurs de santé .................................................................................................................... 50
[Link] Facteurs pédagogiques ........................................................................................................... 51
[Link] Autres Facteurs ....................................................................................................................... 51
4.1.2 APS et enfants au Québec .......................................................................................................... 51
[Link] Facteurs socioculturels ............................................................................................................ 52
[Link] Facteurs climatiques ............................................................................................................... 53

vii
[Link] Facteurs religieux .................................................................................................................... 53
[Link] Facteurs de santé .................................................................................................................... 54
[Link] Facteurs pédagogiques ........................................................................................................... 54
[Link] Autres Facteurs ....................................................................................................................... 55
4.2 Perceptions des parents ..................................................................................................................... 55
4.2.1 APS et parents en Tunisie ........................................................................................................... 55
[Link] Facteurs socioculturels ............................................................................................................ 55
[Link] Facteurs socioéconomiques .................................................................................................... 57
[Link] Facteurs climatiques ............................................................................................................... 57
[Link] Facteurs religieux .................................................................................................................... 58
[Link] Facteurs de santé .................................................................................................................... 58
[Link] Autres Facteurs ....................................................................................................................... 58
4.2.2 APS et parents au Québec .......................................................................................................... 59
[Link] Facteurs socioculturels ............................................................................................................ 59
[Link] Facteurs socioéconomiques .................................................................................................... 60
[Link] Facteurs climatiques ............................................................................................................... 61
[Link] Facteurs religieux .................................................................................................................... 61
[Link] Facteurs de santé .................................................................................................................... 62
[Link] Autres Facteurs ....................................................................................................................... 62
4.2.3 Autodétermination et facteurs impactant ................................................................................. 63

CHAPITRE 5 DISCUSSION ............................................................................................................................ 67


5.1 Perceptions des enfants ..................................................................................................................... 67
5.1.1 Facteurs socioculturels ............................................................................................................... 68
5.1.2 Facteurs climatiques .................................................................................................................. 70
5.1.3 Facteurs religieux ....................................................................................................................... 70
5.1.4 Facteurs de santé ....................................................................................................................... 71
5.1.5 Facteurs pédagogiques .............................................................................................................. 72
5.1.6 Autres facteurs ........................................................................................................................... 72
5.2 Perceptions des parents ..................................................................................................................... 73
5.2.1 Facteurs socioculturels ............................................................................................................... 73
5.2.2 Facteurs socioéconomiques ....................................................................................................... 74
5.2.3 Facteurs climatiques .................................................................................................................. 74
5.2.4 Facteurs religieux ....................................................................................................................... 75
5.2.5 Facteurs de santé ....................................................................................................................... 75
5.2.6 Autres facteurs ........................................................................................................................... 76
5.3 Limites, forces et retombées .............................................................................................................. 76

CONCLUSION .............................................................................................................................................. 78

ANNEXE A GRILLE DE CODAGE DES ENFANTS............................................................................................. 83

ANNEXE B GRILLE DE CODAGE DES PARENTS ............................................................................................. 88

ANNEXE C GUIDE D’ENTREVUES AVEC LES PARTICIPANTS EN FRANÇAIS................................................... 95

viii
ANNEXE D GUIDE D’ENTREVUES AVEC LES PARTICIPANTS EN ARABE........................................................ 96

ANNEXE E FORMULAIRE DE CONSENTEMENT DES PARENTS ..................................................................... 97

ANNEXE F FORMULAIRE DE CONSENTEMENT DES ENFANTS ................................................................... 102

ANNEXE G CERTIFICAT ÉTHIQUE EPTC 2 : FER .......................................................................................... 107

ANNEXE H CERTIFICAT D’APPROBATION ÉTHIQUE................................................................................... 108

RÉFÉRENCES.............................................................................................................................................. 109

ix
LISTE DES FIGURES

Figure 2.1 Les sous-domaines de l’activité physique .................................................................................... 9

Figure 2.2 Classification des forces du processus de changement ............................................................. 11

Figure 2.3 La classification des besoins de Maslow .................................................................................... 12

Figure 2.4 La motivation et l’amotivation(Ryan & Deci, 2000a, p. 72) ....................................................... 15

Figure 2.5 Temps sédentaire des adultes au Canada ................................................................................. 18

Figure 2.6 Temps sédentaire des enfants au Canada ................................................................................. 19

Figure 2.7 Enfants immigrants et comportement sédentaire .................................................................... 19

Figure 2.8 Les adultes et la pratique des AP au Canada ............................................................................. 21

Figure 2.9 Les enfants et la pratique des AP Canada .................................................................................. 21

Figure 2.10 Les enfants immigrants et la pratique des AP au Canada ........................................................ 22

Figure 2.11 Activité physique et adultes au Canada ................................................................................... 24

Figure 2.12 Activité physique au Canada selon le sexe .............................................................................. 24

Figure 2.13 Niveau d’activité physique des adultes au Canada.................................................................. 25

Figure 2.14 Niveau d’activité physique des enfants au Canada ................................................................. 26

Figure 2.15 Recommandations canadiennes sur l’activité physique pour les adultes ............................... 28

Figure 2.16 Recommandations canadiennes sur l’activité physique pour les enfants ............................... 29

x
LISTE DES TABLEAUX

Tableau 3.1 Liens entre les guides d’entrevues et les variables à mesurer de notre étude ....................... 40

Tableau 4.1 Caractéristiques des participants de l’étude........................................................................... 47

Tableau 4.2 Perceptions des enfants tunisiens en Tunisie sur la pratique des activités physiques et
sportives ..................................................................................................................................................... 64

Tableau 4.3 Perceptions des enfants tunisiens au Québec sur la pratique des activités physiques et
sportives ..................................................................................................................................................... 65

Tableau 4.4 Perceptions des parents tunisiens en Tunisie et au Québec sur la pratique des activités
physiques et sportives ................................................................................................................................ 66

xi
LISTE DES ABRÉVIATIONS, DES SIGLES ET DES ACRONYMES

AP : Activité(s) physique(s).
CS : Comportement(s) sédentaire(s).
APS : Activité(s) physique(s) et sportive(s).
HAS : Haute Autorité de Santé.
MET : Équivalent métabolique de la tâche.
OMS : Organisation mondiale de la Santé.

xii
RÉSUMÉ

La sédentarité est un phénomène très répandu, d’où l’importance de documenter les facilitateurs et les
obstacles à la pratique de l’activité physique. La catégorie de la population canadienne constituée
d’enfants immigrants est sans cesse croissante et représente un objet de recherche fort intéressant, leur
santé tout particulièrement. Notre étude s’intéresse particulièrement aux enfants tunisiens musulmans
vivant dans leur pays d’origine et au Québec. Étant donné notre intérêt pour leur santé, nous avons choisi
d’identifier différents facteurs motivants et démotivants à la pratique de l’activité physique chez ces
enfants dans une perspective comparative. Notre hypothèse était que ces facteurs dépendraient
largement de l’environnement, et que, par conséquent, nous obtiendrions des éléments différents entre
les deux pays. Pour cette étude, nous avons utilisé la méthode de recherche qualitative et avons effectué
des entrevues semi-dirigées avec des enfants âgés de 9 à 10 ans, ainsi qu’avec leurs parents, afin de mieux
comprendre le lien entre parents, enfants et religion. Les résultats des perceptions des enfants en Tunisie
et au Québec au sujet de la pratique d’activités physiques révèlent plusieurs points. D’abord, les enfants
musulmans d’origine tunisienne vivant au Québec pratiquent plus d’activité physique que ceux vivant en
Tunisie. Ensuite, que les garçons sont plus actifs que les filles, que ce soit en Tunisie ou au Québec. L’étude
a également montré que la religion a un impact très important chez les enfants et chez leurs parents
puisque, selon ces derniers, les devoirs religieux sont prioritaires à l’activité physique. En effet, les activités
physiques pratiquées doivent être conformes aux normes de l’Islam. Les résultats révèlent aussi que la
situation financière de la famille influe sur l’intérêt des parents et des enfants à l’activité physique et que
l’absence d’infrastructures sportives en Tunisie empêche les enfants d’être physiquement actifs.
Finalement, sans surprise, la pandémie de la COVID-19 a été un obstacle majeur quant à cette pratique
dans les deux pays.

Mots clés : Activités physiques et sportives, motivation, intrinsèque, extrinsèque, enfants, parents,
amotivation, obstacles, facilitateurs, religion, islam, Coran, nudité.

xiii
ABSTRACT

Sedentary lifestyle has become increasingly prevalent, hence the importance of documenting facilitators
and barriers to physical activity. Canada’s immigrant child population is growing constantly and represents
a very interesting research object, particularly in relation to their health. Our study focuses on Tunisian
Muslim children living in their country of origin and in Quebec. Given our interest in their health, we chose
to identify different facilitators and barriers to physical activity in these children from a comparative
perspective. Our hypothesis was that these factors would depend largely on the environment, and
therefore we would get different elements from one country to another. For this study, we used the
qualitative research method and conducted semi-structured interviews with children aged 9 and 10, as
well as their parents, to better understand the relationship between parents, children, and religion. The
results of children’s perceptions of physical activity in Tunisia and Quebec reveal several points. First,
Muslim children of Tunisian origin living in Quebec are more physically active than those living in Tunisia.
Second, boys are more active than girls, whether in Tunisia or Quebec. The study also showed that religion
has a very important impact on children and their parents since, according to the latter, religious duties
are a priority over physical activity. Physical activities must conform to the norms of Islam. Results also
show that a family’s financial situation influences the interests of parents and children regarding physical
activities. In addition, the lack of sports facilities in Tunisia prevents children from being physically active.
Finally, not surprisingly, the COVID-19 pandemic has been a major obstacle to this practice in both
countries.

Keywords : Physical and sports activities, motivation, intrinsic, extrinsic, children, parents, motivation,
obstacles, facilitators, religion, Islam, Quran, nudity.

xiv
INTRODUCTION

Être physiquement actif est primordial pour maintenir un bon état de santé et pour avoir une meilleure
qualité de vie par la prévention des maladies chroniques. Or, chez les Canadiens, on observe un niveau de
sédentarité et d’inactivité physique très important, un problème qui préoccupe le système de santé au
Canada. En 2016, 9,6 % des enfants canadiens âgés de 6 à 11 ans ont été considérés comme obèses (Rao
et al., 2016). Selon Colley et al., 33 % des jeunes âgés de 6 à 17 ans n’atteignent pas les recommandations
mondiales de pratique des activités physiques (AP) (60 minutes d’activités physiques d’intensité moyenne
à élevée par jour) (Colley et al., 2017). Selon Boukthir et al. (2011), le pourcentage d’enfants tunisiens âgés
de 6 à 12 ans en surpoids est de 19,7 % et celui d’enfants obèses est de 5,7 %.

Plus d’une étude démontre que les facteurs motivants et démotivants, intrinsèques et extrinsèques à la
pratique de l’activité physique et sportive (APS) dépendent du milieu socioculturel (Dupont et al., 2009;
Kelso et al., 2020; Millstein et al., 1994). Les APS contribuent à améliorer la santé de telle sorte que les
dépenses en soins de santé peuvent être réduites dans l’avenir. De plus, elles aident à créer une routine
de vie durable qui prévient l’obésité chez les enfants (Tremblay & Willms, 2003).

Par ailleurs, avec l’augmentation constante du taux d’immigration depuis le milieu des années 90, la
société québécoise devient progressivement diversifiée et il en est de même pour les habitudes
socioculturelles de ses habitants (Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, 2015, p. 11),
surtout à Montréal (Sercia & Girard, 2009). Ainsi, selon le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de
l’Inclusion, l’immigration est la composante principale qui contribuera pour les prochaines années à la
croissance démographique du Québec et nous en savons encore très peu sur les habitudes de ces groupes
culturels, particulièrement au sujet des enfants tunisiens (Ministère de l’Immigration de la Francisation et
de l’Intégration, 2021, p. 13).

Chez l’enfant, l’identité et l’estime de soi commencent à se développer dans le milieu familial qui aide à
découvrir et à adopter un mode de vie (Millstein et al., 1994). Plusieurs études ont démontré l’importance
du rôle des parents quant à la participation des enfants à des APS (Côté & Hay, 2002; Guinhouya, 2010;
Tremblay et al., 2012). Si nous avons une bonne idée des habitudes de nos familles québécoises,
soulignons une fois de plus que la situation est tout autre chez les familles immigrantes.

1
De même, le ministère de l’Immigration a déclaré en 2006 que 7 870 personnes d’origine tunisienne
résidaient au Québec. En fait, 68,4 % de ces Tunisiens sont d’origine unique, contre 31,6 % d’origine
tunisienne avec au moins une autre origine ethnique (Ministère de l’Immigration, 2006). Ceci dit, il est
intéressant de se demander s’il existe des facteurs d’ordre socioculturel, religieux ou économique qui
pourraient interférer sur les comportements des enfants tunisiens en matière de pratique d’APS. Ensuite,
se demander si ces facteurs seraient différents pour les enfants résident au Québec par rapport à leurs
pairs en Tunisie.

2
CHAPITRE 1
LA PROBLÉMATIQUE

L’intérêt du rôle de l’activité physique et sportive dans le domaine de la santé a été largement démontré
dans les années 80 (Duda et al., 1992). Depuis, les changements dans les modes de vie familiale, le travail
et les nouvelles technologies ont développé chez les gens un style de vie plus sédentaire et ont diminué
toutes sortes de motivation à pratiquer des AP pendant leurs temps libres ou dans leur routine journalière.

Les recherches empiriques concernant les habitudes de pratiques d’AP chez les enfants nous permettent
de mieux saisir la problématique depuis les années 90, mais plusieurs limites subsistent quant à
l’exactitude des statistiques pour les plus jeunes, entre autres à cause des techniques de collecte de
données souvent mal adaptées à ce groupe (Duda et al., 1992). La littérature scientifique qui est devenue
plus abondante récemment en matière d’influence des AP sur la santé, qu’elle soit physique (Duclos et al.,
2010) ou psychologique (Costes, 2021). Mais une fois de plus, la majorité des travaux concernant les
enfants semblent moins complets si on les compare à ceux qui concernent les adultes (Biddle, 1993).
D’ailleurs, le National Institute of Mental Health (Institut national de la santé mentale) américain avance
que la pratique d’AP est bénéfique pour toutes les tranches d’âges (Morgan & Goldston, 2013).

La littérature s’est aussi intéressée aux facilitateurs et aux obstacles à la pratique des AP (Weatherson et
al., 2017). Actuellement, nous pouvons supposer que le contexte entourant la pandémie de la COVID-19 a
fait en sorte que l’on s’y intéresse davantage.

1.1 Activités physiques et sportives

L’AP est définie par Powell et Christenson, comme l’ensemble des mouvements produits par le corps qui
donnent par la suite des contractions musculaires dont les dépenses énergétiques augmentent par rapport
à celles au repos (Caspersen et al., 1985).

Ces mouvements peuvent se dérouler dans différents contextes comme les activités de loisirs (jeux, sport,
etc.), le travail d’agriculture (jardinage), les tâches domestiques (ménage), le transport (marche, vélo, etc.)
(Grélot, 2016). Par ailleurs, les activités sportives (AS) présentent en plus des modalités de pratique
souvent codifiées et dont l’organisation est majoritairement institutionnalisée par des fédérations (Grélot,
2016). Nous retiendrons dès lors deux niveaux de définitions des APS : un, l’ensemble des pratiques

3
physiques codifiées et institutionnalisées, réalisées pour développer des performances, pour une
préparation à une compétition ou dans un but fonctionnel. Deux, les pratiques physiques avec un cadre
règlementaire simple à des fins récréatives ou compétitives.

1.2 Enfants et APS

L’AP est très importante pour un bon développement mental et physique. Selon LeBlanc et Dickson (1997),
l’enfant doit s’habituer à pratiquer des AP dès l’enfance pour prévenir toutes sortes de problèmes de santé
(maladies cardiovasculaires, troubles du système endocrinien, obésité, etc.). Ces dernières affirment
également que les enfants moins actifs sont à risque, à l’âge adulte, de souffrir des maladies telles que
l’obésité, le cancer du côlon et les maladies cardiaques (LeBlanc & Dickson, 1997).

En plus, tout genre d’AP et sportive, quelle que soit son intensité, aide l’enfant à améliorer ses capacités
en lecture, en mathématique et même en mémorisation (LeBlanc & Dickson, 1997). D’ailleurs, l’AP agit sur
les aspects psychosociaux de l’enfant. En effet, elle développe son estime de soi et sa confiance en soi
(LeBlanc & Dickson, 1997). De plus, selon LeBlanc et Dickson (1997), le sport favorise l’intégration de
l’enfant dans les groupes et son acceptation par les personnes qui l’entourent. Des recherches affirment
que les enfants préfèrent les AP de nature sportive. À titre d’exemple, il a été démontré, d’après une étude
faite aux États-Unis, qu’exceller dans le sport était préférable au fait d’exceller dans d’autres matières chez
les jeunes garçons et les jeunes filles (LeBlanc & Dickson, 1997). En outre, la pratique du sport est basée
sur l’encouragement des parents et des entraineurs, ce qui motive l’enfant à être plus actif.

Par conséquent, l’enfant devient plus sociable à travers la pratique du sport en groupe, ce qui facilite par
la suite son intégration sociale et sa valorisation. Ainsi, grandir harmonieusement est un des bienfaits du
sport. Ce dernier aide l’enfant à acquérir un bon esprit d’équipe, une bonne communication et la capacité
à résoudre des problèmes. Enfin, l’AS aide l’enfant à diriger son énergie et sa compétitivité vers un sens
bénéfique sur le plan social (Bloom et al., 2005).

1.3 Éducation physique au Québec

Afin de favoriser les AS dans l’éducation nationale, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du
Québec a mis en place, en 2018, un nouveau programme scolaire au primaire et au secondaire pour
sensibiliser à l’importance de l’éducation physique. Ce programme recommande 120 minutes d’éducation
physique par semaine pour diminuer la sédentarité (Ministre de l'Éducation du Loisir et du Sport, 2018).

4
1.4 Santé et APS

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) donne une grande priorité au développement et à la


préservation de la santé de la population mondiale (enfants, adultes, personnes âgées). Afin d’atteindre
cet objectif, cette dernière a émis des directives mondiales sur la pratique des APS pour chaque tranche
d’âge.

En effet, pour les enfants, l’OMS recommande 60 minutes par jour d’AP d’intensité modérée à élevée.
Pour les adultes, les directives sont de faire 150 minutes par semaine d’AP d’intensité modérée ou
75 minutes d’activités de haute intensité (Organisation mondiale de la Santé, 2010). Curieusement, l’OMS
ne fournit pas de protocole d’AP par tranches d’âge, ce qui aiderait à en développer la pratique, surtout
chez les enfants et les adolescents. Une des raisons qui expliquent cette recommandation est que l’APS
est un élément indispensable du développement physiologique, psychologique et social des enfants et
des adolescents. Une deuxième raison est que le manque d’AP est devenu aujourd’hui un facteur causal
de morbidité et de mortalité précoce chez l’adulte (Grélot, 2016).

L’OMS avance dans son rapport mondial de la santé de 2002 que l’inactivité physique est parmi les
principales causes de mortalité, puisque celle-ci est responsable d’environ 1,9 million de morts par an
(Organisation mondiale de la santé, 2002b).

1.5 Questions et intérêt de recherche

Considérant ce qui précède, notre question de recherche est la suivante : quels sont les obstacles et les
facilitateurs à la pratique des AP et sportives chez des enfants musulmans en Tunisie et au Québec ?
Quelles sont les différences et les similarités entre ces deux réalités ?

Y aurait-il d’autres facteurs qui pourraient être révélés en matière d’obstacles et de facilitateurs, mis à
part la pandémie de COVID-19 que nous venons de traverser ?

1.6 Objectifs de la recherche

Notre objectif principal est de comparer les sources de motivation chez les enfants musulmans d’origine
tunisienne quant à la pratique des APS en Tunisie et au Québec. En effet, on cherche à comprendre
l'influence de la religion musulmane sur leur vie physique et sportive en se basant sur leurs perceptions

5
tout en tenant compte de la nature conservatrice et très croyante de la culture tunisienne qui respecte les
règles du Coran.

Un autre objectif est de mieux comprendre les perceptions des parents face à la pratique des APS et si ces
perceptions dirigent les choix des enfants quant à ces pratiques. Finalement, un dernier objectif consiste
non seulement à observer les différences entre les facilitateurs et les obstacles dans les deux pays, mais
également, nous nous intéressons aux autres facteurs qui influencent la vie physique et sportive des
enfants et de leurs parents (les facteurs socioculturels, les facteurs socioéconomiques, les facteurs de
santé et les facteurs pédagogiques, etc…).

1.7 Hypothèse

Notre hypothèse de départ consiste d’abord à considérer que la pratique des APS dans la culture
musulmane est soumise à certaines notions et coutumes, comme la notion de la nudité ou encore la
coutume de concevoir certaines APS comme étant destinées aux filles alors que d’autres sont pour les
garçons. En effet, nous supposons qu’il y a des facteurs motivants à la pratique des APS dans la culture
musulmane et, au contraire, d’autres limitent cette pratique.

En outre, nous supposons aussi que les enfants musulmans d’origine tunisienne vivant au Québec sont
beaucoup plus actifs que les enfants musulmans en Tunisie, étant donné que la société québécoise est
davantage ouverte aux autres cultures et que, par le fait même, les notions et les coutumes propres à la
culture musulmane y sont atténuées. Par contre, nous supposons que les enfants musulmans d’origine
tunisienne vivant au Québec sont davantage sédentaires en hiver à cause du froid. De même, en Tunisie,
la tendance à être physiquement actif chez les enfants est moins importante à cause de la société
traditionnelle qui observe beaucoup les normes du Coran, ce qui limite la participation aux APS.

6
CHAPITRE 2
REVUE DE LITTÉRATURE

Pour une meilleure compréhension, nous présenterons les définitions de certaines notions, des exemples
et les modèles conceptuels en rapport avec notre problématique. Aussi, nous mettrons l’accent sur les
points importants permettant de structurer une méthodologie et sur les limites rencontrées. Pour cela,
nous devrons présenter les termes principaux comme l’enfant, la motivation, le sport, l’exercice physique,
la sédentarité et la religion musulmane en lien avec la pratique des APS chez l’enfant.

2.1 L’enfant

Selon l’UNICEF « tout être humain âgé de moins de 18 ans est considéré comme un enfant, sauf si la
majorité est atteinte plutôt en vertu de la législation nationale qui lui est applicable » (UNICEF, 1989).

2.2 L’activité physique

Selon Caspersen et al., l’activité physique (AP) se définit comme suit : « L’activité physique est définie
comme tout mouvement corporel produit par les muscles squelettiques qui entrainent une dépense
d’énergie. La dépense énergétique peut être mesurée en kilocalories. » [Traduction libre] (Caspersen et
al., 1985). Cependant, l’AP n’est pas l’exercice physique, car chacun des termes définit un concept bien
précis malgré les liens de similarités. En fait, l’exercice est une sorte d’AP dont le rôle est d’améliorer ou
de maintenir un capital physique. Cette dernière, aussi appelée condition physique, permet à un individu
d’accomplir les tâches de la vie quotidienne (Caspersen et al., 1985).

Les AP ont plusieurs classifications selon leurs contextes. En milieu professionnel, on parle d’AP
professionnelles et pendant le temps libre, on parle d’AP de loisir. Ces activités sont subdivisées en sous-
catégories qui dépendent de leur nature ou de leur fonction. À titre d’exemple, les exercices
d’entrainement physique peuvent prendre la forme d’exercices de musculation, d’étirement, etc. Les AP
peuvent également prendre la forme d’activités ménagères, de transport, etc. (Ainsworth et al., 2000;
Caspersen et al., 1985).

Pour les enfants et les jeunes, les AS sont généralement réparties dans les catégories suivantes : les
activités scolaires (l’éducation physique), les activités de loisirs (les AS parascolaires ou les sports organisés)
et les activités de déplacement (le transport actif) (Barnes et al., 2016; Beighle et al., 2006).

7
Pour la plupart des enfants, le temps libre est le moment privilégié pour profiter des diverses AS (Arundell
et al., 2016; Gidlow et al., 2008). L’intensité de l’AP peut également être un facteur de classification. En
effet, certaines AP sont classées selon leur coût énergétique calculé en unités métaboliques (MET :
Équivalent métabolique de la tâche). La littérature avance qu’une AP d’intensité faible correspond à un
coût énergétique de 2,9 MET au maximum. Pour une AP d’intensité moyenne, les dépenses énergétiques
se situent entre 3 et 5,9 MET, et pour une AP de haute intensité, les dépenses énergétiques sont de
5,9 MET ou plus (Pate et al., 2008; Troiano et al., 2008; Trost et al., 2002). La marche, l’écriture ou les
travaux ménagers sont quelques exemples d’activités à faible intensité, tandis que la course à pied, par
exemple, est une activité d’intensité moyenne à haute. Dans ce contexte, Howley (2001) a avancé que les
AP peuvent être classées selon d’autres indicateurs comme le type, la méthode, la durée et la fréquence
(Howley, 2001).

2.3 Le sport et l’exercice physique

2.3.1 L’exercice physique

Selon l’organisation française Haute Autorité de santé (HAS), l’exercice physique est une AP qui n’exige
pas d’équipements spécifiques, basée sur un plan, une structure et une répétition et dont le but principal
est d’améliorer ou de maintenir le capital physique (Haute Autorité de santé, 2022).

2.3.2 Le sport

Le sport est « un ensemble d’exercices physiques ou mentaux se pratiquant sous forme de jeux individuels
ou collectifs pouvant donner lieu à des compétitions. » (Kuldachova N. B., 2018) Quand on parle du sport,
on parle de la performance et aussi de l’entrainement qui est une AP basée sur un plan bien structuré
(Grélot, 2016).

Selon la HAS, le sport, appelé aussi activité sportive, est défini comme « une forme particulière d’AP où les
participants adhèrent à un ensemble commun de règles (ou d’attentes), et dans laquelle un objectif, le
plus souvent de performance, est clairement défini » (Haute Autorité de santé, 2022). D’ailleurs, d'après
les études de Caspersen et al. (1985) et Khan et ses collaborateurs, il existe une sorte de points de
croisement entre l'AP, le sport et l'exercice physique. (Khan et al., 2012) (Figure 2.1).

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Figure 2.1 Les sous-domaines de l’activité physique

Source : Langlois (2017)

2.4 La pratique sportive au Québec

Au Québec, la pratique des APS est définie selon cinq piliers (Ministère de l’Éducation, 2019) :

• La découverte : premier contact avec la discipline sportive.


• L’initiation : programme pédagogique qui facilite la compréhension du jeu.
• La récréation : expérimentation de l’univers du jeu plutôt que de l’univers de la performance.
• La compétition : expérimentation de l’univers de performance.
• Le haut niveau : recherche de l’amélioration des performances dans une discipline sportive.

2.5 Concept de la motivation

2.5.1 Définition

Dans la littérature de la psychologie sociale, le concept de la motivation est l’un des concepts les plus ciblés.
Grâce à cela, plusieurs définitions de ce terme ont été proposées. En effet, pour une meilleure
compréhension de la définition du terme motivation, il est indispensable de partir de son étymologie. Le
mot motivation vient du terme motivus qui est un mot d’origine latine et qui signifie mobile.

9
Il existe plusieurs définitions du concept de la motivation dans la littérature. Archambault et Chouinard
ont défini la motivation comme l’ensemble des facteurs, intrinsèques ou extrinsèques, qui poussent
l’enfant à être plus actif dans son apprentissage scolaire (Archambault & Chouinard, 2006). Selon Pritchard
et Payne, « la motivation est un processus psychologique résultant de l’interaction entre l’individu et
l’environnement » [Traduction libre] (Imam Hafiz Abu Dawud Sulaiman bin Ash'ath, 2008, p. 245).

Dans le même contexte, Laming a avancé que « la motivation signifie l’activation d’un certain modèle de
comportement, d’un programme d’action spécifié au sein de l’individu » [Traduction libre] (Laming, 2003).
D’après Vallerand et Thill (1993), « la motivation représente le construit hypothétique utilisé afin de
décrire les forces internes et/ou externes produisant le déclenchement, la direction, l’intensité et la
persistance du comportement dirigé vers un but » (p. 3-39).

À la lumière des caractéristiques précisées ci-dessus, nous définirons la motivation comme une force
intrinsèque (psychique) qui donne à l’individu une énergie qui le pousse pour atteindre un objectif bien
déterminé.

2.6 Théories générales de la motivation

Depuis plusieurs années, les chercheurs en psychologie portent un grand intérêt à la motivation des
individus, ce qui a mené au développement de plusieurs théories pour comprendre son processus.

Pour mieux comprendre la motivation, il faut tout d’abord passer par les théories de base à son sujet qui
ont été regroupées sous forme d’approches qui sont les suivantes : béhavioriste, humaniste, cognitive,
anticipative, organismique et sociocognitive.

2.6.1 Approche béhavioriste

Le béhaviorisme est défini comme un courant de la psychologie scientifique qui considère l’apprenant
comme un élément passif qui dépend d’un stimulus externe. Cette approche ne prend pas en
considération ce qui se passe dans la tête d’un individu ; ce dernier est vu comme une boite noire (Richelle,
1976).

10
2.6.2 Approche anticipative

Cette approche adopte l’idée que les gens agissent en fonction de ce qu’ils prévoient pour atteindre un
objectif bien précis. En effet, deux théories sont regroupées sous cette approche : la théorie de
l’accomplissement d’Atkinson (1958) et la théorie du champ de force de Lewin (1951).

L’activité du groupe dépend des forces existantes dans son propre environnement, forces qui peuvent être
des éléments motivants ou des freins au changement voulu. Grâce à l’intensité opposée et égale de ces
forces, le groupe se trouve dans un état d’équilibre (Lewin, 1951). Autissier et ses collaborateurs (2010)
ont décrit ces forces dans un schéma qui les classifie en forces restrictives (en orange) et forces propulsives
(en vert) (Figure 2.2).

Figure 2.2 Classification des forces du processus de changement

Source : Le GRAINE Auvergne-Rhône-Alpes (s. d.)

La théorie de l’accomplissement d’Atkinson est basée sur la tendance ou la volonté à atteindre un but bien
précis et sur la peur de l’échec, ce qui peut donner lieu à une sensation de fierté en cas de réussite de
l’individu ou à une sensation de honte en cas d’échec (Atkinson, 1958).

11
2.6.3 Approche humaniste

Cette approche a été développée grâce à Maslow (1970) et Nuttin (1980), des chercheurs qui
appartiennent au courant humaniste en psychologie. Maslow (1970) a développé cette approche pour une
meilleure compréhension de la motivation par sa théorie hiérarchique des besoins (Figure 2.3).

Selon Kaslow, Papalia et ses collaboratrices se sont référées à l’étude de Maslow pour qui les besoins sont
classés selon un ordre hiérarchique. En effet, quatre besoins sont classés comme étant fondamentaux : les
besoins physiologiques, de sécurité, d’estime de soi et d’affection et d’appartenance. D’autres besoins
sont également considérés, comme des besoins d’actualisation de soi, les besoins cognitifs et les besoins
esthétiques. Ce modèle hiérarchique considère que la situation de l’individu définit ses besoins. Par
exemple, une personne qui n’a pas mangé depuis des jours mettrait fort probablement sa vie en danger
juste pour se nourrir. Dans ce cas-ci, on parle d’un besoin physiologique qui est plus important que les
autres besoins. Également, cette théorie considère que la progression de l’être humain se fait selon ce
modèle hiérarchique en procédant du bas vers le haut de la pyramide. Ainsi, la satisfaction des besoins qui
sont au sommet de la pyramide repose sur la satisfaction des besoins qui les précèdent. Puis, en cas
d’insatisfaction de ses besoins, l’individu peut revenir à un niveau initial (bas) de la pyramide (Figure 2.3)
(Papalia et al., 2010).

Figure 2.3 La classification des besoins de Maslow

Source : Papalia et Olds (2019) cité dans Bouzelata (2013), p. 28.

12
2.6.4 L’approche cognitiviste

Cette approche considère que l’action de l’organisme est dirigée par les processus cognitifs. Pour
comprendre le fonctionnement cognitif, Irwin (1971) et son élève Festinger (1959) ont développé deux
théories.

La première théorie, développée par Leon A. Festinger, s’appelle la théorie de la discordance. Selon cette
théorie basée sur la consonance et la dissonance, les actions de l’individu sont dirigées par les
contradictions cognitives. Ainsi, lorsqu’il y a un lien entre les connaissances de l’individu et la réalité, on
parle d’une consonance cognitive, mais dans le cas contraire, il s’agit d’une dissonance cognitive (Festinger
& Carlsmith, 1959). La deuxième théorie, la théorie du comportement intentionnel, a été développée par
Irwin (1971). Elle affirme que les décisions résultent du choix d’une action et de son résultat attendu. En
fonction du résultat souhaité, les individus choisissent d’agir de telle ou telle manière. Ses choix
comportementaux sont intentionnels.

2.6.5 L’approche organismique

Cette approche adopte l’idée que l’individu est poussé à agir grâce à la motivation intrinsèque. Elle est
basée sur des facteurs motivationnels qui sont : l’autonomie de soi, l’image et l’actualisation de soi ainsi
que le besoin de se développer. Dans le même sens, Deci et Ryan (1985) postulent que l’autodétermination
de la motivation dépend du type de la motivation elle-même. En effet, une motivation intrinsèque est plus
autodéterminée alors qu’une motivation extrinsèque l’est moins (Deci & Ryan, 1985).

2.6.6 L’approche néobéhavioriste

La théorie pulsionnelle avance que le besoin est le créateur de la motivation. Le modèle Stimulus-
Variables-Réponses traduit cette théorie qui considère que la tension créée sur l’individu par un besoin
est un stimulus qui le pousse à retrouver son équilibre par différents moyens (Hull, 1943; Miller, 1959).

2.6.7 L’approche sociale cognitive

Cette approche comporte trois théories principales : la théorie de l’auto-efficacité, la théorie de


l’attribution causale et la théorie des buts.

D’abord, la théorie des buts est souvent utilisée dans le domaine de la recherche scolaire ou sportive.
Selon elle, l'individu accomplit ses tâches en fonction de ses buts. Dans cette théorie, il est possible de

13
distinguer deux types de buts : les buts de maîtrise et les buts de performance (Dweck, 1986). Ensuite,
Bernard Weiner et ses collaborateurs (1992) avancent dans leur théorie de l’attribution causale qu’après
un succès ou un échec, l’attribution qu’un individu fait influence sa motivation, ses réactions cognitives et
affectives. En d'autres mots, la motivation de l'individu dépend principalement de sa perception des
facteurs de succès ou d’échec. Enfin, la théorie de l’auto-efficacité stipule que la motivation de l’individu
dépend de ses croyances pour réaliser ses activités(Bandura, 2001).

2.7 Théorie de l’autodétermination

Cette théorie sert à mieux comprendre le dynamisme de la motivation. Cette dernière avance que
l’individu a toujours une tendance à trouver un équilibre psychologique. Cet équilibre peut être établi
quand ses besoins sont satisfaits. Cette théorie admet aussi qu’il y a plusieurs facteurs qui influent sur la
motivation de l’individu quant à la pratique d’une activité (Ryan & Deci, 2000c, 2002).

Entre les années 2000 et 2002, Ryan et Deci ont postulé qu’il y a trois sortes de besoins psychologiques :
le besoin de compétence, d’appartenance sociale et d’autonomie. Selon ces mêmes auteurs, il y a trois
sortes de motivation (Ryan & Deci, 2000c, 2002) : la motivation extrinsèque, la motivation intrinsèque et
l’amotivation. Les trois besoins sont différenciés par leur degré d’autodétermination (Figure 2.4).

2.7.1 La motivation intrinsèque

La motivation intrinsèque signifie la réalisation des activités recherchées par un individu qui répondent à
ses besoins. Autrement dit, « le sujet pratique une activité parce qu’il en retire du plaisir et une certaine
satisfaction » (Ryan & Deci, 2000b). Elle contient trois sous-groupes (Vallerand, 1997) : la motivation
intrinsèque à la connaissance, la motivation intrinsèque à la stimulation et la motivation intrinsèque à
l’accomplissement. En outre, selon Ryan et Deci (2000a, 2007), il n’existe pas seulement la motivation
intrinsèque, puisqu’il y a des facteurs externes qui agissent sur l’individu au niveau de son besoin de
pratique d’une activité.

2.7.2 La motivation extrinsèque

La motivation extrinsèque signifie que plusieurs facteurs externes agissent sur l’individu pour réaliser une
activité, tels que la pression sociale, le stress, la santé, la compétition, etc. Il existe quatre formes de
motivation extrinsèques qui sont classées en ordre décroissant selon leur degré de motivation
autodéterminée (Figure 2.4) :

14
1. La motivation extrinsèque à régulation intégrée où l’individu choisit lui-même de réaliser une
activité sans aucune pression.
2. La motivation extrinsèque à régulation identifiée où l’individu croit qu’il est important de réaliser
cette activité.
3. La motivation à régulation introjectée où l’individu, pour prévenir les sentiments négatifs, réalise
certaines activités.
4. La motivation extrinsèque à régulation externe où l’individu cherche à réaliser une activité pour
un objectif matériel ou bien pour éviter une perte (Ryan & Deci, 2000a).

Figure 2.4 La motivation et l’amotivation(Ryan & Deci, 2000a, p. 72)

Source : Van Hoye (2010)

2.8 L’amotivation

L’amotivation est définie comme « l’absence de toutes motivations chez l’individu » (Ryan & Deci, 2000a).
En d’autres mots, c’est l’absence de la motivation à réaliser une activité.

À la lumière des caractéristiques précisées ci-dessus et dans le cadre de la pratique des APS chez l’enfant,
nous pouvons dire que l’amotivation peut développer un état de sédentarité, de comportement
sédentaire et d’inactivité physique en parallèle. Pour mieux comprendre la différence entre ces trois
grands termes, nous allons présenter la définition de chaque phénomène et les statistiques qui y sont
associées.

15
2.9 Continuum d’autodétermination et questions de recherche

Selon le modèle d’autodétermination et nos questions de recherche, nous prévoyons des liens qui se
traduisent par les points suivants :

• Au sujet de la motivation intrinsèque, des connaissances comme les coutumes, les traditions et
les lois de l’Islam peuvent être un stimulus ou pas à la pratique des AP.
• Au sujet de la motivation extrinsèque, selon la conscience de l’importance de l’AP, les parents vont
stimuler ou pas leurs enfants à pratiquer des AP.

2.10 La sédentarité

2.10.1 Définition

Selon l’OMS, en 2010, on entend par la sédentarité toutes activités que l’individu exécute avec une
dépense énergétique qui ne dépasse pas 1,5 MET en position assise, allongée, voire couchée (Organisation
mondiale de la Santé, 2021). De même, la sédentarité est aussi définie comme toute AP de faible intensité
(Must & Tybor, 2005).

2.11 Le comportement sédentaire

Le terme comportement sédentaire (CS) est d’origine latine et vient du mot sedere qui signifie assis. Il
existe plusieurs définitions de ce terme, puisque cette définition a évolué à travers le temps. En effet, le
CS peut être identifié par la quantité d’énergie nécessaire pour les exécuter (Owen et al., 2000). De même,
la sédentarité a été définie comme un genre de comportement où les dépenses énergétiques sont faibles
(Biddle et al., 2004). Également, le CS est défini par une dépense énergétique équivalente à celle au repos
où l’individu ne fait pas d’activités qui augmentent cette dépense (Pate et al., 2008).

D’ailleurs, ce comportement englobe certaines activités quotidiennes comme s’assoir, dormir, s’allonger
et inclut même le temps passé devant l’écran (Pate et al., 2008). De plus, la sédentarité est toute activité
qui nécessite une dépense énergétique entre 1 et 1,5 METs (Throp et al., 2011).

Dans le même sens, Chevance et ses collaborateurs ont défini le comportement sédentaire comme une
situation d’éveil, que ce soit en position assise ou allongée, où l’individu a une dépense d’énergie
métabolique très faible (Chevance et al., 2016). D’ailleurs, l’OMS (2021) a défini le comportement
sédentaire comme étant le temps que l’individu passe en éveil, en position assise ou couchée, avec une

16
dépense énergétique faible. En effet, cette dépense peut être dans un contexte professionnel, éducatif ou
dans un contexte de la vie quotidienne comme le transport (Organisation mondiale de la Santé, 2021).

2.12 Sédentarité et statistiques

2.12.1 La sédentarité à l’échelle mondiale

[Link] Chez les adultes

Selon l’OMS, le mode de vie de la population mondiale a radicalement changé. En effet, la tendance vers
un mode de vie sédentaire touche 60 % à 85 % des peuples, surtout dans les zones urbanisées
(Organisation mondiale de la Santé, 2002a). L’OMS indique qu’en 2016, presque le tiers des adultes de
18 ans et plus sont insuffisamment actifs, plus précisément 23 % des hommes et 32 % des femmes
(Organisation mondiale de la santé, 2020).

Selon la même source, on constate que 26 % des hommes et 35 % des femmes ne font pas d’AP de façon
suffisante dans les pays riches. Au contraire, dans les pays en développement, les pourcentages sont de
12 % pour les hommes et de 24 % pour les femmes. Ainsi, le niveau de sédentarité est moins important
dans les pays en développement par rapport aux pays riches (Organisation mondiale de la santé, 2020).

[Link] Chez les enfants

À l’échelle mondiale, peu de statistiques précises pour le groupe d’âge de 5 à 11 ans ont été publiées. En
France, le temps considéré comme sédentaire pour les enfants est jugé comme étant excessif. En effet,
45 % des enfants de 6 à 10 ans consacrent plus de trois heures devant un écran (Duclos, 2021). Une étude
faite en Tunisie en 2015 sur des enfants âgés de 15 à 18 ans rapporte que 71,3 % des enfants passent plus
de quatre heures de temps sédentaire (Regaieg et al., 2015).

2.12.2 Activité sédentaire à l’échelle canadienne

[Link] Chez les adultes

Selon le Centre de surveillance et de recherche appliquée (2023), en 20016-2017, les adultes canadiens
âgés de 18 à 79 ans sont sédentaires neuf heures et demie par jour (Figure 2.5).

17
Figure 2.5 Temps sédentaire des adultes au Canada

Source : Centre de surveillance et de recherche appliquée (2023)

[Link] Chez les enfants au Canada

Selon Derome et al., en 2004, il y a 26,5 % des garçons et 49,2 % des filles qui consacrent moins de
sept heures par semaine à des AP. Selon la même source, pour un enfant d’âge entre 6 et 11 ans, il y a au
moins de sept heures par semaine consacrées aux AP.

Entre 2007 et 2008, chez les enfants âgés de 12 à 17 ans, 47,5 % des garçons ont consacré moins de
sept heures par semaine à des AP (Derome, et al., 2012). Le taux est supérieur chez les filles, avec un
pourcentage de 64,7 %, ce qui est très peu (Figure 2.6) (Kino-Québec, 2011). Dans le même contexte, le
Centre de surveillance et de recherche appliquée, (2023), en 2016-2017, avance que les enfants canadiens
âgés de 5 à 11 ans ont consacré 7,7 heures par semaine à des activités sédentaires (Figure 2.6).

18
Figure 2.6 Temps sédentaire des enfants au Canada

Source : Centre de surveillance et de recherche appliquée (2023)

[Link] Chez les enfants immigrants

Selon le Centre de surveillance et de recherche appliquée (2023), en 20016-2017, les enfants immigrants
âgés de 5 à 17 ans passent près de huit heures et demie par semaine à des activités sédentaires (Figure 2.7).

Figure 2.7 Enfants immigrants et comportement sédentaire

Source : Centre de surveillance et de recherche appliquée (2023)

19
2.13 Pratique d’activités physiques

2.13.1 Niveaux d’activité physique à l’échelle mondiale

[Link] Chez les adultes

Selon l’OMS, à l’échelle mondiale, 25 % des adultes ne sont pas suffisamment actifs physiquement. En
effet, une seule femme sur 3 est physiquement active alors que pour les hommes, on parle de 1 sur 4
(Organisation mondiale de la santé, 2020). Aucune amélioration n’a été remarquée pour 2001 en lien avec
la pratique des AP. D’ailleurs, selon la même source, entre 2001 et 2006, le niveau d’inactivité physique a
augmenté de 31,6 % à 35,8 % dans les pays riches. Il s’agit d’une augmentation de 5,2 % à l’échelle
mondiale pour l’insuffisance de pratique d’AP (Organisation mondiale de la santé, 2020).

[Link] Chez les enfants

Comme mentionné plus haut, peu de statistiques précises sont disponibles pour le groupe des 5 à 11 ans
à l’échelle mondiale et de façon générale. Cependant, des statistiques sont disponibles pour certains pays
d’Europe (Belgique, France). Selon Verdot et ses collaborateurs, en France, plus de 68 % des garçons âgés
de 6 à 10 ans suivent les recommandations mondiales contre 56 % des filles (Verdot et al., 2020). En
Belgique, dans le groupe d’âge de 6 à 9 ans, les garçons suivent les recommandations de l’OMS avec une
pratique de 66 minutes par jour en moyenne versus 54 minutes par jour pour les filles (Bel et al., 2014).

Selon l’OMS (2019), à l’échelle mondiale, une légère baisse du manque de pratique d’AP pour les garçons
de 11 à 17 ans a été observée entre 2001 et 2016, passant de 80 % à 78 %. Par contre, aucune amélioration
n’a été constatée chez les filles pendant la même période, dont le pourcentage a été constant à 85 %.

2.13.2 Niveaux d’activité physique à l’échelle canadienne

[Link] Chez les adultes

Selon le Centre de surveillance et de recherche appliquée (2023), en 20016-2017, les adultes d’âge entre
18 et 79 ans consacrent 26 minutes par jour à des AP d’intensité modérée à élevée (Figure 2.8).

20
Figure 2.8 Les adultes et la pratique des AP au Canada

Source : Centre de surveillance et de recherche appliquée (2023)

[Link] Chez les enfants

À Montréal, les garçons semblent plus actifs si on les compare aux filles. En effet, le respect du nombre de
minutes recommandées en APS est inférieur de 26 % chez les filles par rapport aux garçons (Centre de
surveillance et de recherche appliquée, 2021). Selon la même source, entre 2016 et 2017, 39,2 % des
jeunes ont atteint les recommandations canadiennes de pratique d’AP (Statistique Canada, 2020)
(Figure 2.9).

Figure 2.9 Les enfants et la pratique des AP Canada

Source : Centre de surveillance et de recherche appliquée (2021)

21
[Link] Chez les enfants immigrants

Selon Clark (2014), en 2005, 32 % des enfants immigrants faisaient des APS par rapport à 55 % pour
l’ensemble des enfants canadiens. De plus, même pour les sports populaires, les enfants immigrants
participent moins que les enfants canadiens. À titre d’exemple, pour le soccer, les enfants immigrants
participent avec un pourcentage de 10 % contre 23 % de participation pour les enfants canadiens (Clark,
2014). Pendant 2016-2017, les enfants entre 5 et 17 ans consacrent par jour une moyenne de 60 à
65 minutes pour une pratique d’AP d’intensité moyenne à élevée (Statistique Canada, 2020) (Figure 2.10).

Figure 2.10 Les enfants immigrants et la pratique des AP au Canada

Source : Centre de surveillance et de recherche appliquée (2023)

Selon une étude de Sercia et de ses collaborateurs, à Montréal, la pratique régulière de l’AP chez la
population immigrante non européenne et récente passe de 51 % avant l’immigration à 19 % après
l’immigration (Sercia et al., 2018).

2.13.3 Niveau d’activité physique à l’échelle tunisienne

[Link] Chez les adultes

Selon une étude réalisée en 2015, 5 % des élèves de poids normal ne font pas d’AP au lycée, contre 8 %
des élèves considérés comme en surpoids ou obèses. Par contre, en prenant les statistiques dans l’autre
sens, on voit que 7 % des élèves de poids normal font de l’AP contre 1,5 % des élèves en surpoids ou obèses
(Regaieg et al., 2015).

22
[Link] Chez l’enfant

À l’échelle tunisienne, trop peu d’études nous donnent des statistiques claires sur l’enfant et la pratique
des APS. On sait par contre que 17 % des enfants tunisiens âgés d’environ cinq ans sont considérés comme
obèses à cause du manque d’AP (UNICEF, 2021, p. 18).

Selon la même source, l’association tunisienne de défense des droits de l’enfant a révélé qu’il y avait une
diminution importante des pratiques et des licences sportives, surtout chez les filles dans les dernières
années. De ce fait, les filles ne sont pas obligées de suivre les cours de l’éducation physique et sportive à
l’école (UNICEF, 2021, p. 64).

2.14 L’inactivité physique

2.14.1 Définition

Selon l’Institut national de santé publique du Québec (2022), l’inactivité physique est « un niveau
insuffisant d’activité physique n’atteignant pas le seuil d’activité physique recommandé ».

Selon l’OMS, en 2010, l’inactivité physique est l’une des causes majeures de l’obésité, des maladies
chroniques et des maladies non transmissibles. On estime que l’inactivité physique est la quatrième cause
de mortalité à l’échelle mondiale avec un pourcentage de 6 %. Elle serait également en cause dans 21 à
25 % des décès par cancer du côlon et du sein. De plus, l’inactivité physique est considérée comme la cause
principale des maladies cardio-ischémiques (30 %) et du diabète (27 %) (Organisation mondiale de la Santé,
2008).

2.14.2 Inactivité physique et statistique

2.14.3 Inactivité physique à l’échelle mondiale

Selon un communiqué de presse fait par l’OMS, à l’échelle mondiale, la majorité des adolescents scolarisés
sont loin du minimum de minutes recommandées par cette dernière, 60 minutes par jour, en matière de
pratique d’AP. En effet, 85 % des filles ne respectent pas ces recommandations par rapport à 87 % des
garçons (Organisation mondiale de la santé, 2019).

23
2.14.4 Inactivité physique à l’échelle canadienne

[Link] Chez les adultes

Selon l’enquête québécoise sur la santé de la population 2014-2015, au Québec, les adultes de 15 ans et
plus qui atteignent les recommandations mondiales d’AP sont de 41 %. Finalement, 30 % sont sédentaires
(Camirand et al., 2016) (Figure 2.11).

Figure 2.11 Activité physique et adultes au Canada

Source : Institut de la statistique du Québec (2020a)

Selon la même enquête, les hommes suivent beaucoup plus les recommandations mondiales d’AP que les
femmes. En effet, il y a 44 % des hommes qui atteignent les recommandations et 38 % des femmes. Ceci
se traduit par un taux élevé de sédentarité chez elles par rapport aux hommes, avec un pourcentage de
31 % de femmes sédentaires et de 29 % d’hommes sédentaires (Camirand et al., 2016) (Figure 2.12).

Figure 2.12 Activité physique au Canada selon le sexe

Source : Institut de la statistique du Québec (2020a)

24
Selon l’enquête québécoise sur l’AP et le sport (2018-2019), 48 % des adultes ont été actifs ou
moyennement actifs durant les 3-4 saisons qui précédaient l’enquête ; 15 % sont un peu actifs, 8 % sont
actifs ou moyennement actifs durant 1 à 2 saisons, 6 % sont un peu actifs et 23 % sont avec une pratique
occasionnelle d’AP (Contreras et Joubert, 2022). D’après la même enquête, les hommes semblent toujours
plus actifs que les femmes. En effet, les hommes sont actifs ou moyennement actifs durant 3 à 4 saisons à
49 %, alors que le pourcentage est de 46 % pour les femmes (Figure 2.13).

Figure 2.13 Niveau d’activité physique des adultes au Canada

Source : Institut de la statistique du Québec (2020a)

[Link] Chez les enfants

Selon l’enquête québécoise sur la santé de la population (2018-2019), 19 % des enfants entre 6 et 11 ans
sont actifs, 37 % plus ou moins actifs, 8 % peu actifs, 32 % très peu actifs et 4 % ne pratiquent des AP
qu’occasionnellement (Contreras et Joubert, 2022).

Selon la variable sexe, les garçons semblent plus actifs que les filles avec un pourcentage de 23 %. Les filles
sont moins actives avec un pourcentage de 14 %. Les résultats pour la catégorie moyennement active sont
de 38 % pour les garçons et 37 % pour les filles. Aussi, 7 % des garçons sont physiquement actifs par
rapport à 10 % des filles. De plus, 28 % des garçons pratiquent occasionnellement les AP contre 35 % des
filles (Contreras et Joubert, 2022) (Figure 2.14).

25
Figure 2.14 Niveau d’activité physique des enfants au Canada

Source : Institut de la statistique du Québec (2020 b)

2.15 La pratique des activités physiques et la COVID-19

2.15.1 Impact de la pandémie à l’échelle mondiale

La pandémie de la COVID-19 a obligé le monde entier à mettre en place des mesures restrictives en entrant
dans un confinement sévère dès le début de 2020. Les restrictions de confinement ont limité les
déplacements hors domicile voire hors chambre pour les cas testés positifs. Les écoles, les universités, les
sociétés industrielles, et toutes sortes de services publics ont été fermés.

Le travail est devenu à distance, les cours également. Cela a eu un impact psychologique et physiologique
sur toutes les tranches d’âges, qu’il s’agisse des enfants, des adultes ou même des personnes âgées. Selon
une étude faite en Tunisie par Bourgou et ses collaborateurs (2022), 87,2 % des pères et 79,8 % des mères
ont changé leurs modalités de travail. Selon le même auteur, dans 13 % des cas étudiés, on constate que
le père ou la mère n’habite pas avec la famille. Hormis cela, 60 % des enfants de 12 ans et plus ont eu une
modification de leur comportement (Bourgou et al., 2022).

Cette situation est fortement favorable à la sédentarité, avec une tendance à passer des heures et des
heures en position assise ou allongée. Selon Martinez et ses collaborateurs, la pandémie a des
conséquences métaboliques énormes comme l’accumulation de graisse abdominale et de la graisse
corporelle et le développement du syndrome métabolique, ce qui augmente par le fait même les risques

26
de maladies chroniques (Martinez-Ferran et al., 2020). Selon Weinstein et ses collaborateurs (2017), les
comportements sédentaires peuvent donner des troubles psychologiques graves comme la dépression et
l’anxiété.

2.15.2 Impact de la pandémie à l’échelle canadienne

En 2020, les statistiques montrent que la pandémie a eu un impact sur l’APS chez les Canadiens (Statistique
Canada, 2020b).

[Link] Impact sur les adultes

Selon l’institut Vanier de la famille, au Canada, 33 % des hommes et 38 % des femmes ont déclaré avoir
fait moins d’AP depuis le début de la pandémie. Le Québec rapporte une diminution plus importante par
rapport aux autres provinces (Institut Vanier de la famille, 2020). De plus, pendant le confinement, 75 %
des Canadiens âgés de 15 à 49 ans passaient plus de temps sur Internet qu’auparavant. Également, pour
la même tranche d’âge, 66 % des Canadiens passaient la majorité de leur temps devant la télévision.
Hormis cela, 35 % des Canadiens consacraient la majorité de leur temps aux jeux vidéo et 20 % ont affirmé
avoir augmenté leur consommation d’alcool (Statistique Canada, 2020a).

[Link] Impact sur les enfants

Selon une étude menée par Moore et ses collaborateurs, seulement 23,8 % des enfants au Canada âgés
de 5 à 11 ans ont respecté les recommandations mondiales. Ces derniers ont constaté une diminution du
temps consacré à la pratique d’AP pendant le confinement ainsi qu’un pourcentage de temps consacré
aux écrans de 79 %. Le même auteur a révélé que les filles ont pratiqué moins d’APS que les garçons.
(Moore et al., 2020).

2.16 Recommandations mondiales sur pratique des AP

L’OMS a émis des recommandations mondiales sur la pratique des APS qui sont classées selon la tranche
d’âge (Organisation mondiale de la santé, 2020). En effet, pour les personnes âgées de 5 à 17 ans, il faut
faire 60 minutes par jour d’AP d’intensité modérée à élevée et trois fois par semaine des AP de
renforcement avec une limitation du temps de sédentarité.

Puis, pour les personnes de 18 à 64 ans, il est recommandé de faire 150 à 300 minutes d’AP d’intensité
modérée à élevée par semaine et 75 à 150 minutes d’AP de forte intensité.

27
Ainsi, pratiquer des activités de renforcement musculaire trois fois par semaine, en évitant les habitudes
sédentaires ou faire au moins une activité de faible intensité par semaine (Organisation mondiale de la
santé, 2020). Pour les personnes âgées de 65 ans et plus, il faut les mêmes recommandations que pour les
adultes, avec une pratique régulière trois fois ou plus par semaine d’exercices physiques de renforcement
musculaire et d’équilibre pour prévenir les chutes et les effets négatifs associés à l’âge (Organisation
mondiale de la santé, 2020).

2.17 Recommandations canadiennes sur la pratique des AP

Les recommandations canadiennes sur l’AP selon la Société canadienne de physiologie de l’exercice (2020,
2021) sont présentées dans les paragraphes qui suivent, que ce soit pour les adultes ou les enfants.

2.17.1 Pour les adultes

Pour les adultes, la Société canadienne de physiologie de l’exercice (2020) a recommandé de faire au
moins 150 minutes par semaine d’AP d’intensité modérée à élevée et au moins deux fois par semaine des
activités de renforcement musculaire. En plus, 7 à 9 heures de sommeil, huit heures d’activités sédentaires
par jour et trois heures comme un maximum de temps devant un écran (Figure 2.15).

Figure 2.15 Recommandations canadiennes sur l’activité physique pour les adultes

Source : Société canadienne de physiologie de l’exercice (2020)

28
2.17.2 Pour les enfants

La Société canadienne de physiologie (2021) a recommandé de faire 60 minutes par jour d’AP d’intensité
modérée à forte, 9 à 11 heures de sommeil et deux heures d’activités sédentaires par jour (Figure 2.16).

Figure 2.16 Recommandations canadiennes sur l’activité physique pour les enfants

Source : Société canadienne de physiologie de l’exercice (2021)

2.18 Bienfaits de la pratique à des APS

Selon l’OMS, la pratique régulière des AP améliore la santé, puisque la sédentarité présente un risque
majeur de mortalité. Selon l’organisation, les personnes qui font des AP de façon insuffisante sont
associées à un risque de décès allant jusqu’à 30 % de plus quand on les compare aux personnes qui
atteignent les recommandations mondiales de pratique d’AP (Organisation mondiale de la santé, 2020).

L’OMS (2020) a avancé que la sédentarité a plusieurs effets néfastes sur la santé, comme : réduire la
qualité du sommeil, provoquer certaines pathologies cardiovasculaires, du système endocrinien, etc. et
provoquer l’obésité. De plus, elle génère un déséquilibre cardiométabolique. Toujours selon l’OMS (2020),
une pratique régulière d’AP améliore les fonctions cardiorespiratoires et les fonctions musculo-
squelettiques (le capital musculaire, fonctionnel et osseux). De plus, elle aide à réduire le risque d’atteinte
par les pathologies cardiaques, neurologiques, du système endocrinien, ainsi que par certains types de
tumeurs.

29
De surcroit, l’amélioration de l’état mental et la diminution du risque des maladies psychologiques comme
l’anxiété et la dépression. En outre, l’amélioration de la qualité du sommeil et la diminution des facteurs
de risque de décès comme la fracture du col de fémur pour les personnes âgées.

La pratique des APS est reconnue comme un moyen efficace pour l’amélioration du bien-être et la
prévention des maladies mentales (Mandolesi et al., 2018). Elles sont aussi un moyen permettant de
diminuer les effets négatifs liés à l’âge et à la sédentarité associés à la pandémie de la COVID-19 (Dean et
al., 2020). Selon l’OMS, la pratique des AP diminue le risque d’obésité. Inversement, les activités
sédentaires augmentent le risque de prise de poids (OMS, 2003).

Une étude a également démontré que la pratique d’une AP régulière de 30 minutes par jour, trois fois par
semaine, assure l’équilibre des paramètres métaboliques et diminue les risques de maladies
cardiovasculaires (Chelbi et al., 2018).

2.19 L’islam

2.19.1 Définition

Selon Al-Hamad, dans son livre L’Islam traduit par Abdelhak Boussaboune, le mot islam signifie « le fait de
se soumettre à Allah, de se plier aux prescriptions des prophètes et d’exprimer cette obéissance par ses
actes » (Al-Hamad, 2015, p. 22). L’auteur Mawlânâ Khâlid al-Baghdâdî, dans son livre Foi et Islam traduit
par Hüseyn Hilmi Işık, présente l’islam comme étant l’ensemble des devoirs humains qu’Allah
ordonne(Mawlânâ Khâlid al-Baghdâdî, 2012, p. 23).

2.19.2 La foi en Islam

Selon Mawlânâ Khâlid al-Baghdâdî, la foi, aussi appelée « Iman » consiste à croire à tout ce qu’Allah
ordonne aux humains à travers son prophète Mohamed (Mawlânâ Khâlid al-Baghdâdî, 2012, p. 146). Imam
AL Nawawi dans son livre Les 40 hadiths, traduit par Rachid Maach, rapporte que le prophète Mohamed a
dit « Il s’agit de croire en Allah, ses anges, ses livres, ses messagers, au jour dernier et de croire au destin,
que ses conséquences soient favorables ou défavorables » (Imam An Nawawi, 2021).

Selon Foi et Islam, la foi est basée sur cinq piliers qui sont : l’attestation qu’il y a une seule divinité, faire la
prière à l’heure, donner l’aumône, faire le jeûne et le pèlerinage (Mawlânâ Khâlid al-Baghdâdî, 2012, pp.
23-26).

30
2.19.3 Sources de législation dans l’islam

Les sources de législation dans l’islam sont le Coran et la Sunnah (traditions prophétiques) (Al-Hamad,
2015, p. 59).

[Link] Le Coran

Dans son livre Foi et islam, Mawlânâ Khâlid al-Baghdâdî (2012) avance que « Le Qur’ân-al karîm (le Saint
Coran) est la parole divine. » Le même auteur rapporte que le Coran présente les paroles divines formées
par des lettres et des mots en langue arabe sous forme de versets coraniques (Mawlânâ Khâlid al-Baghdâdî,
2012, p. 13).

[Link] La Sunnah

Selon le Pr Mahmoud Ismail Saleh, toutes les pratiques du prophète Mohamed représentent la Sunnah
(Mahmoud Ismail Saleh, 2011, p. 224). Hassan Amdouni (2003), avance pour sa part que la Sunnah « chez
les juristes (“al fouqaha’ou”), ce terme désigne la qualification légale : le recommandé (“al mandoubou”
ou “al moustahabbou”).

Certains disent qu’elle est l’équivalent de tout acte surérogatoire ou volontaire par lequel l’individu est
loué (Hassan Amdouni, 2003, p. 161). L’auteur Muhammad Ibrâhîm Al-Hamad prétend plutôt que le mot
Sunnah signifie les ordres du prophète Mohamed, qu’il s’agisse de paroles ou d’actes (Al-Hamad, 2015, p.
67).

[Link] Le Hadith

Djevdet Pacha (2018), dans son livre L’islam et la voie de sunna, avance que le terme hadith et le terme
Sunnah sont très similaires, mais ils n’ont pas la même définition. Selon ce dernier, le mot hadith désigne
les paroles et les actes du prophète Mohamed. Toujours selon le même auteur, les paroles du prophète
Mohamed sont appelées Hadith Sharif (p. 134). Il existe, toujours selon le même auteur, une sorte de
hadith qui s’appelle Hadith sacré , elle « concerne les hadiths dont le sens est à Allah et la parole est au
prophète Mohamed » (Mawlânâ Khâlid al-Baghdâdî, 2012, p. 13).

Il existe plusieurs livres de hadith dont les deux les plus connus sont Sahih al Bukhari et Sahih Muslim
(Mawlânâ Khâlid al-Baghdâdî, 2012, p. 14).

31
Mais plusieurs autres livres de hadith existent, soit : Sunans d’Abu Dawud, Sunans d’al Nasa’i, Sunans d’al
Tarmidhi et Sunans d’Ibn Madja (Guessoum Abderrazak, 1998, pp. 41-42).

2.19.4 Activités physiques et sportives du point de vue islamique

Dans la culture musulmane, peu d’espace et peu de références sont consacrés au sport (Abu-Sahlieh, 2004,
p. 94). À partir des livres de hadith, on peut constater qu’aux premiers temps de l’islam, certaines AS que
nous connaissons aujourd’hui n’existaient pas, c’est le cas du football, du tennis, etc. Dans la vie du
prophète Mohamed et de son entourage (famille, compagnons, auxiliaires, etc.), les AP les plus connues
et les plus pratiquées étaient le tir à l’arc, les courses hippiques, la course à pied, etc.

Pour bien comprendre la place des APS dans l’islam, il faut s’arrêter sur un point clé qui est la classification
des actes chez les musulmans. En effet, les actes de la vie courante ont plusieurs classifications dans l’Islam.
Ils peuvent être permis, interdits, obligatoires, recommandés, etc. D’ailleurs, cette classification est la base
du choix d’actes pour que chaque musulman se réfère aux sources de législation dans l’islam qui sont le
Coran et la Sunnah (Abu-Sahlieh, 2004, p. 93).

Dans ce passage de Surate Joseph, on lit : « Ils dirent à leur père : Nous avons fait une compétition de
course après avoir laissé Joseph à côté de nos affaires. C’est alors que le loup l’a dévoré. Tu ne nous croiras
pas même si nous disons la vérité. » (Chebel, 2009, 12 :17). D’après ce verset, on constate que la course
était permise, même avant la naissance de l’islam, et qu’elle fut une activité pratiquée par Joseph et ses
frères (Abu-Sahlieh, 2004). De plus, l’islam impose de prendre soin de soi, qu’il soit question du corps ou
de l’âme, pour les rendre plus forts et plus sains. AL Imam AL Bukhari rapporte dans son livre Sahih
Al Bukhari, cité par Abu-Sahlieh que le prophète Mohamed a dit : « Le croyant fort est meilleur et plus
aimé d’Allah que le croyant faible, mais dans les deux il y a un bien » (Abu-Sahlieh, 2004).

Selon un hadith dans le livre Sahih Al Bukhari d’Imam Al Bukhari, cité par Abu-Sahlieh, le prophète
Mohamed a dit « Enseignez à vos enfants à nager, à lancer des flèches et à monter à cheval » (Abu-Sahlieh,
2004). Donc, d’après ce passage, il semble que l’islam encourage les musulmans à enseigner à leurs enfants
différents types de sports pour les rendre physiquement forts et actifs.

32
2.19.5 Tenue vestimentaire dans l’islam

Le comportement vestimentaire dans l’islam est défini selon la notion de la Awra, c’est-à-dire la nudité, et
cette notion diffère en fonction du sexe.

[Link] Notion de la Awra

Selon Chaumont, la notion de la Awra « désigne de manière générale les parties de son corps qu’elle ne
peut dévoiler, qu’elle ne peut laisser apparaitre et qu’autrui ne peut regarder » (Éric Chaumont, 2006).
Selon Amdouni, la notion de la Awra concerne « toute chose que la personne cache par pudeur, mais ce
terme désigne plus spécialement les parties intimes du corps » (Hassan Amdouni, 2003, p. 204).

Étant donné que nous nous intéressons à l’exercice physique chez des groupes de population provenant
de milieux à croyances religieuses islamiques dans deux pays différents, et ce, pour une tranche d’âge
précise, il est intéressant d’évoquer l’habillement dans l’Islam. En effet, pour en analyser la compatibilité
avec les règles des différents types de sport et l’habillement qui leur est associé et le rôle de ces croyances
par rapport à la pratique des AP.

Le concept de la Awra (nudité) pour l’homme doit être respecté à partir de la puberté ; l’impubère n’y est
pas soumis. Pour le sexe masculin, on considère que la nudité s’étend de l’ombilic jusqu’aux genoux. De
ce fait, l’homme a le droit de laisser apparaitre ce qui est au-dessus du nombril et en dessous des genoux
(Éric Chaumont, 2006).

Pour la femme, on considère que la nudité concerne son corps en entier, sauf pour son visage, ses mains
et ses pieds. Comme pour l’homme, la notion de la Awra ne s’applique pas aux filles avant la puberté. Par
contre, elles doivent être éduquées petit à petit à la notion du Hijab (la voile). (Éric Chaumont, 2006).

À ce propos, on cite le verset coranique suivant :

Dis aux croyantes de baisser leurs regards, d’être chastes, de ne montrer de leurs atours que
ce qui peut être vu, de rabattre leurs voiles sur leurs poitrines, de ne montrer leurs atours
qu’à leurs époux, ou à leurs pères, aux pères de leurs époux, à leurs fils, aux fils de leurs époux,
à leurs frères et aux fils de ces derniers, aux fils de leurs sœurs, à leurs suivantes, aux
eunuques ou aux garçons impubères. Il n’est pas permis aux croyantes de frapper le sol de
leurs pieds pour dévoiler leurs ornements cachés. Ô vous tous, croyants, revenez à Dieu, peut-
être saurez-vous être des bienheureux (Chebel, 2009, 24:31).

33
2.20 La compétition sportive

2.20.1 Définition

Le mot compétition est défini comme une « rencontre officielle où des sportifs entrent en concurrence au
cours d’une ou de plusieurs épreuves afin d’accomplir les meilleures performances conformément aux
règles explicites des différents sports, et dont l’objectif est de reconnaître les gagnants tout en
homologuant leurs résultats et les records éventuels. » (Office québécois de la langue française, 2023)
Pour Stigler, la compétition est définie comme étant une sorte de concurrence entre des individus ou des
groupes dans un but qui ne peut pas être obtenu par tous (Stigler, 1987, cité dans Berta et al. 2012)
(Palgrave et al., 1998)

Selon le livre Lisan Al Arab de Ibn Manzur et cité par Ashraf bin Hashim, la compétition désigne le fait
d’être en tête d’une situation de concurrence comme la course (Ibn Manzur dans Hashim, 2003).

2.20.2 La compétition sportive dans l’islam

La définition du terme compétition varie d’un domaine à un autre, mais nous nous intéresserons ici au
sens de ce mot dans le contexte des APS, et ce, du point de vue islamique, une religion qui a sa propre
vision des compétitions sportives. Comme nous le verrons, tout dépend de la possibilité d’y gagner des
prix ou non.

• La compétition avec prix à gagner

Dans ce contexte, Ibn Dawud, dans son livre Sunans Ibn Dawud, traduit par Nasiruddin al-Khattab (2008),
a rapporté : « Il a été rapporté par Nãfi' bin Abi Näfi', d’AbU Hurairah qui a dit : Le Messager d’Allah a dit :
Les enjeux ne sont autorisés que dans les courses entre chameaux, chevaux et dans les tirs de flèches »
[Traduction libre] (Imam Hafiz Abu Dawud Sulaiman bin Ash'ath, 2008, p. 245). Donc, d’après ce hadith,
on constate que la Sunnah considère que les prix sont permis pour seulement trois catégories de sport.

Dans le même contexte, Al Tarmidhi a rapporté dans son livre Sunans Al Tarmidhi, cité par Hashim, que le
prophète Mohamed a dit : « Ce qui amène un musulman à devenir inconscient est interdit, sauf lorsqu’il
pratique son tir à l’arc ou entraine son cheval, ou joue (jeux) avec sa famille. Tout cela fait partie de la
justice » [Traduction libre] (Hashim, 2003).

34
Ce passage permet de constater que l’islam est ouvert à certains types d’APS, les activités ayant pour but
de préparer le musulman en cas de guerre, mais pas très ouvert aux activités de loisir, sauf pour les trois
activités ci-haut mentionnées. Selon Al Hattab dans son livre Mawahib AL-Jalil, cité par Hashim (2003), les
quarts imams sunnites ne sont pas d’accord sur les types de compétitions permises. En effet, les juristes
Hanafites et Maliki considèrent que les compétitions avec prix ne sont autorisées que dans les courses de
chevaux, de chameaux et dans le tir à l’arc (Hashim, 2003).

• La compétition sans prix à gagner

La Sunnah permet de clarifier que tous les types de sports compétitifs sans aucun prix à gagner sont permis.
Selon un hadith rapporté par Ibn Dawud et jugé authentique :

Il a été rapporté d’Aishah, qu’elle était avec le Prophète en voyage, elle a dit : et j’ai fait une
course à pied contre lui et je l’ai battu. Quand j’ai pris du poids, nous avons (re)fait une course,
et il m’a battue. Il a dit : Cette (victoire) est pour cette course [Traduction libre] (Imam Hafiz
Abu Dawud Sulaiman bin Ash'ath, 2008, p. 246).

D’après ce hadith, il est clair que le prophète avait fait une course à pied avec sa femme, ce qui prouve
que l’Islam permet plusieurs types d’APS et que le prophète a eu une vie active avec sa femme.

2.21 Consignes de l’islam pour la pratique des APS

L’Islam interdit aux musulmans de faire toute activité qui leur nuise. Dans ce contexte, Allah dit :
« Dépensez dans la voie d’Allah ce que vous pouvez, mais ne vous mettez pas en situation de péril. Faites
le bien, Dieu aime ceux qui font le bien » (Chebel, 2009, 2:195).

Al Qurtubi a avancé dans son livre Tafsir Al Qurtubi, traduit par Aisha Bewley, que ce verset indique que
chaque musulman doit éviter de se mettre dans toute situation ou de faire des activités qui lui nuiraient
(Qurtubi, 2003, 230).

L’Islam n’accepte pas le fait d’avoir une dépendance au sport et de négliger ses obligations religieuses
comme la prière et le jeûne. Dans ce contexte, Allah dit :

Après avoir prié, pensez à Allah de toutes les manières possibles, debout, assis ou sur le côté.
Mais si vous avez le sentiment d’être de nouveau en sécurité, observez le rite en vous tenant
debout, car la prière est une prescription déterminée pour tous les croyants (Chebel, 2009,
4:103).

35
Ibn Kathir, dans son livre Tafsir du Saint Coran, traduit par Harkat Abdou, avance que ce verset signifie que
la priorité est toujours de mentionner le nom d’Allah après chaque prière et que la prière elle-même doit
être faite dans ces moments bien déterminés (Ismail Ibn Kathir, 2013, p. 301).

L’Islam n’accepte pas la séparation entre les frères musulmans et la création des communautés séparées
qui perturbent l’unité. Il encourage l’unité et déteste la dispersion et la discorde. Dans ce contexte, Allah
dit :

Tenez tous fermement la corde d’Allah et ne vous divisez pas. Rappelez-vous les bienfaits
qu’Allah vous a accordés. Vous étiez des ennemis, Il a établi la concorde entre vos cœurs au
point que, par sa grâce, vous deveniez des frères. Vous étiez sur le bord d’un gouffre de feu
et il vous a sauvés (Chebel, 2009, 3:103).

Ibn Kathir avance que par ce verset, Allah ordonne aux musulmans de rester unis et interdit de se séparer
(Ismail Ibn Kathir, 2013, 217).

36
CHAPITRE 3
MÉTHODOLOGIE

Afin d’atteindre les objectifs de notre étude, nous utiliserons une démarche méthodologique bien précise.
Pour ce faire, nous présentons dans ce chapitre l’approche méthodologique, la population d’étude,
l’instrument de mesure, la collecte et l’analyse de données.

3.1 Approche méthodologique

Pour atteindre ces objectifs, des entretiens semi-dirigés ont été réalisés dans le but de comprendre les
points de vue des enfants et de leurs parents au sujet de l’AP. Dans ce chapitre, nous définirons d’abord
la méthode de recherche qualitative, puis nous exposerons les raisons pour lesquelles nous l’avons choisie
comme un moyen efficace pour comprendre l’impact des multiples facteurs (socioéconomiques, religieux,
pandémiques [COVID-19], socioculturels, etc.) sur la pratique des AP. Par la suite, nous décrirons la
population d’étude ainsi que la méthode utilisée pour effectuer la collecte des données et l’analyse de ces
données. Enfin, nous terminerons par une description des grilles d’analyses, qui comportera les termes
clés servant à comprendre la question de recherche de notre étude.

Voyons d’abord la définition du concept de recherche qualitative selon Creswell et ses collaborateurs
(2007) :

La recherche qualitative est un processus d’enquête visant la compréhension fondée sur une
tradition méthodologique d’enquête distincte qui explore une problématique sociale ou
humaine. Le chercheur construit une image complexe et holistique, analyse les mots,
rapporte les points de vue détaillés des sources et mène l’étude dans un cadre naturel
[Traduction libre].

Conformément à cette définition, il est essentiel de souligner l’importance de deux points : l’existence
d’actions d’exploration et l’expression d’une problématique psychosociale.

Plusieurs facteurs ont un impact sur la motivation des enfants en matière de pratique des APS. D’ailleurs,
pour mieux comprendre le phénomène, il est primordial de mettre en lumière ces facteurs et de trouver
des moyens d'intervenir (Clark, 2014).

37
Dans le cadre de cette recherche exploratoire, le phénomène social abordé est celui des sources de
motivation et des obstacles à la pratique des APS chez les enfants tunisiens musulmans âgés de 9 à 10 ans
en Tunisie et au Québec. L’utilisation de termes définis a pour but de décrire ce phénomène
qualitativement. D’ailleurs, dans cette étude, nous cherchons à comprendre ce qui facilite ou empêche la
pratique de l’AP chez les enfants. Selon nous, la meilleure façon d’y parvenir est de laisser les enfants
exprimer leurs opinions et de récolter également les points de vue de leurs parents, étant donné qu’il
s’agit de personnes mineures.

3.2 Population de l’étude

Le recrutement de nos participants a été fait à travers une publication sur le réseau social Facebook, plus
précisément dans des pages et des groupes de Tunisiens, tant en Tunisie qu’au Québec. Le recrutement
de nos participants se fait à travers une publication sur le réseau social Facebook, plus précisément dans
des pages et des groupes de Tunisiens, tant en Tunisie qu’au Québec.

En effet, nous visons le recrutement de trois groupes d’enfants en Tunisie et de trois groupes d’enfants au
Québec, chaque groupe étant formé de deux garçons et de deux filles, ainsi que quatre couples parmi leurs
parents en Tunisie ainsi qu’au Québec, pour un total de huit couples de parents. Nous recruterons
également deux groupes supplémentaires d’enfants en Tunisie et 2 au Québec pour nous assurer de la
saturation empirique.

3.2.1 Critères d’inclusion :

Notre étude tient compte de certains critères d’inclusion et d’exclusion en lien avec le recrutement.

Les enfants :
• Être âgé de 9 à 10 ans lors du recrutement (c’est-à-dire des élèves du primaire).
• Être d’origine tunisienne.
• Habiter en Tunisie (pour les participants représentant la Tunisie).
• Habiter au Québec (pour les participants représentant le Québec).
• Avoir un bon état de santé physique et mental.

38
Les parents :
• Être d’origine tunisienne.
• Habiter en Tunisie (pour les participants représentant la Tunisie).
• Habiter au Québec (pour les participants représentant le Québec).
• Avoir un bon état de santé physique et mental.
• Être capable de comprendre le français (pour les parents en Tunisie).

3.2.2 Critères d’exclusion :

Nous avons choisi d’exclure les enfants et les parents anxieux.

3.3 Instrument de mesure et collecte des données

La méthode de recherche qualitative nous aide à mieux comprendre les facilitateurs et les obstacles à la
pratique des APS chez les enfants et les parents (Foster et al., 2007).

Dans ce contexte, nous utilisons des entrevues semi-dirigées comme outil de mesure dans notre étude.
Ces entrevues sont basées sur des guides d’entrevues préparés au préalable afin d’atteindre les objectifs
spécifiques de notre étude.

Nous les commençons d’abord par les entrevues avec les enfants, puis nous procédons aux entrevues avec
les parents. Nos entrevues, d’une durée de 30 minutes maximum, se déroulent en arabe avec les enfants
et les parents tunisiens qui résident en Tunisie et en français pour les enfants et les parents tunisiens vivant
au Québec. Conformément à ce que l’on trouve dans la littérature, les entrevues sont réalisées par un
chercheur à travers une prise de notes ou des enregistrements vocaux, après avoir reçu le consentement
des participants (Jamshed, 2014). Pour notre étude, les entrevues se dérouleront en ligne via la plateforme
ZOOM et l’audio de ces dernières sera enregistré à l’aide d’une application sur un téléphone cellulaire.

Le tableau 3.1 présente les variables à mesurer faisant partie des questions des guides d’entrevues des
participants :

39
Tableau 3.1 Liens entre les guides d’entrevues et les variables à mesurer de notre étude
Catégorie
des Questions des guides d’entrevues Variable à mesurer
participants
Pouvez-vous vous présenter : nom, prénom, âge, niveau
Facteurs socioculturels.
académique, travailleur ou en chômage, état de santé,
Facteurs socioéconomiques
situation familiale et situation financière ?
Selon vous, quelle est l’importance de la pratique
Connaissances en APS
d’APS ?
Quels sont les APS que vous pratiquez ? Si ce n’est pas
Pratiques en APS
votre cas, pourquoi pas ?
Que faites-vous et que font vos enfants en hiver par
Facteurs climatiques
rapport aux APS ?
Parents Comment choisissez-vous le type de sport de votre
Autres facteurs
enfant ?
Selon quelles mesures pouvez-vous respecter les
normes sociales et religieuses en matière de pratique Facteurs religieux
d’APS ?
Comment les notions de la Awra, du Ramadan et du
Hijab (la voile) contribuent-elles à votre choix d’APS Facteurs religieux
pour vous ou pour votre enfant ?
Comment était le rythme de vie, vos pratiques des APS
Facteurs de santé
pendant la pandémie de COVID-19 ?
Pouvez-vous vous présenter : nom, prénom, âge, niveau
Facteurs socioculturels
d’étude ?
Quels sont les APS que vous pratiquez et pourquoi ce
Pratiques en APS
choix ?
Comment la pratique des APS contribue-t-elle dans
Connaissances en APS
votre vie ?
Que faites-vous comme APS en hiver ? Si vous n’en faites
Facteurs climatiques
Enfants pas, pourquoi ?
Si on vous donne le choix entre pratiquer le football, le
Facteurs religieux
rugby, la gymnastique ou la danse que choisissez-vous
Autres facteurs
et pourquoi ?
Parlez-nous de vos cours d’éducation physique et
Facteurs pédagogiques
sportive à l’école ?
Comment était la vie, vos pratiques des APS pendant la
Facteurs de santé
pandémie de COVID-19 ?

40
3.4 Déroulement

La première étape consiste à rencontrer les parents des participants. Dans un premier lieu, nous leur
expliquons la procédure, la nature et le déroulement des entrevues. Dans un deuxième temps, nous leur
demandons leur consentement pour faire les entrevues avec eux et avec leurs enfants.

Il faut rappeler que le formulaire de consentement et les guides d’entrevues distribués aux parents et aux
enfants contiennent un langage très simple. Pour les participants au Québec, les formulaires et les guides
d’entrevues sont distribués en français. Pour les participants en Tunisie, le formulaire de consentement
est traduit verbalement vers l’arabe au moment de la signature, et le guide d’entrevue est traduit par écrit
en arabe pour s’assurer de la compréhension des questions.

Les participants et leurs parents seront informés verbalement et par écrit de leur droit de participation ou
de retrait à l’étude et de la confidentialité des informations personnelles et des résultats recueillis. Ainsi,
des risques de la recherche (moraux ou physiques). En plus, nous les rassurons que l’utilisation des
résultats serve exclusivement à la présente en spécifiant que les documents associés à la recherche seront
détruits à la fin de l’étude.

3.5 Étapes à suivre pour la collecte et l’analyse des données

Étape 1 : demande et obtention du certificat d’éthique du Comité d’éthique de la recherche avec des êtres
humains.

Étape 2 : lancer une publication sur les réseaux sociaux pour recruter des participants.

Étape 3 : demander l’accord des parents et de leurs enfants en faisant signer les formulaires de
consentement.

Étape 4 : réaliser les entrevues semi-dirigées en ligne avec les participants de la Tunisie et du Québec et
enregistrer l’audio à l’aide de l’application Dictaphone sur un téléphone cellulaire.

Étape 6 : transcrire les entrevues en verbatims.

41
Étape 7 : identification et catégorisation des unités de sens dans les grilles de codage des participants,
selon les composantes, les catégories et les sous-catégories préconstruites.

Étape 8 : synthétiser les propos des participants pour repérer les composantes, les catégories et les sous-
catégories préconstruites.

3.6 Analyse des données

La méthode des catégories conceptualisantes est effectuée pour l’analyse des données selon trois étapes.
En effet, cette méthode est basée sur un ensemble de catégories, de propriétés et de relations qui permet
de comprendre les conduites (Paillé & Mucchielli, 2012).

Étape 1 : Codifier et définir des composantes, des catégories et des sous-catégories préconstruites

Afin de mener efficacement notre collecte de données, nous avons identifié les composantes, les
catégories et les sous-catégories qui correspondent aux deux catégories de participants.

En nous basant sur notre cadre conceptuel, nous avons déterminé deux grandes composantes
préconstruites, une pour les parents et une pour les enfants, puis huit catégories et six sous-catégories.

Les composantes et les catégories sont classées comme suit :

Composante 1 : Activités physiques et sportives et parents


Catégorie 1 : Les facteurs socioculturels
Þ Sous-catégorie 1 : Informations personnelles
Cette sous-catégorie vise à comprendre le lien entre la pratique des APS et les variables dépendantes
comme l’âge, le sexe, etc., afin de déterminer si ces variables peuvent influencer leur pratique ou leur
choix d’activités.

Þ Sous-catégorie 2 : Connaissances et pratiques sportives


Cette sous-catégorie vise à comprendre l’importance de la présence ou de l’absence de connaissances et
de pratiques sportives chez les parents pour encourager leurs enfants à être physiquement actifs afin de
déterminer si les participants ont un minimum de culture et de connaissances sur les APS et comment cela
peut affecter leur participation.

42
Catégorie 2 : Facteurs socioéconomiques
Cette catégorie vise à comprendre le lien entre la situation financière des parents et leur intérêt envers la
pratique des APS. En effet, notre objectif était de mieux comprendre l'influence de la situation
socioéconomique de la famille sur ces pratiques et quel rôle peut jouer quant à la motivation de la famille
à être physiquement active.

Catégorie 3 : Facteurs climatiques


Cette catégorie vise à comprendre l’impact du climat du pays sur la pratique et le choix des APS selon la
saison. En effet, nous avons voulu prendre connaissance de l’impact du climat, qui est à la base très
différent entre les deux pays, sur la motivation de la famille à être physiquement active.

Catégorie 4 : Facteurs religieux


Nous avons choisi de mettre l’accent sur ce point sensible, car on suppose que la religion a un grand impact
sur la pratique des APS des parents et sur l’orientation que donnent ces derniers à leurs enfants quant au
choix de sport à pratiquer. En effet, notre population d’étude est considérée comme très croyante au
niveau religieux, c’est la raison pour laquelle nous avons voulu avoir plus d’idée sur l’impact de l’héritage
religieux sur l’intérêt de la famille envers les APS.

Catégorie 5 : Facteurs de santé


Cette catégorie vise à comprendre l’état de la santé des parents comme facteur qui motive ou limite la
compréhension de l’importance de la pratique des APS et de la sensibilisation de leurs enfants. Nous avons
mis un accent particulier sur la pandémie de COVID-19 et son effet sur la vie active pour savoir s’il a été
un facteur motivant ou un obstacle majeur à la pratique des APS pour la famille.

Catégorie 6 : Autres facteurs


Cette catégorie vise à comprendre s’il y a d’autres facteurs qui ont un impact sur le phénomène de la
pratique des APS chez les parents et leurs enfants.

Composante 2 : Activités physiques et sportives et enfants


Catégorie 1 : Facteurs socioculturels
Cette catégorie vise à comprendre l’héritage culturel familial et son effet sur la vie active des enfants.

43
Þ Sous-catégorie 1 : Informations personnelles
Cette sous-catégorie vise à comprendre le lien entre la pratique des APS et les variables dépendantes
comme l’âge, le sexe, etc. dans le but de déterminer si ces variables peuvent influencer leur pratique ou
leur choix d’activités.

Þ Sous-catégorie 2 : Connaissances et pratiques sportives


Cette sous-catégorie vise à comprendre non seulement le lien entre le niveau de connaissances chez
l’enfant et sa tendance à être physiquement actif, mais encore d’identifier si ce facteur joue le rôle d’un
obstacle ou d’un facteur motivant quant à la pratique des APS.

Catégorie 4 : Facteurs religieux


Nous avons fait le choix de mettre en avant ce point sensible, car nous supposons que la religion à un
impact majeur dans la pratique des APS chez les parents et sur l'influence que ces derniers ont sur leurs
enfants lorsqu'il s'agit de choisir un sport à pratiquer. Dans ce contexte, nous avons voulu prendre
connaissance du niveau de connaissances religieuses de l’enfant. Et plus particulièrement, l'influence de
cet héritage socioculturel sur leur vie physique et sportive, le rôle qu’il joue face à leur motivation et à leur
choix de type de sport.

Catégorie 2 : Facteurs de santé


Cette catégorie vise à comprendre l’effet de l’état de santé de l’enfant sur le choix d’être physiquement
actif ou non tout en mettant l’accent sur la période de la pandémie de la COVID-19 afin de déterminer si
la pandémie a impacté positivement ou négativement leur vie physique et sportive.

Catégorie 3 : Facteurs pédagogiques


Cette catégorie vise à comprendre s’il y a un lien entre l’éducation physique et sportive et la tendance d’un
enfant à être actif ou sédentaire. En effet, nous avons cherché à en savoir plus sur l'éducation physique et
sportive de nos participants et son influence sur leur propension à être physiquement actifs ou non.

Catégorie 4 : Autres facteurs


Cette catégorie vise à comprendre s’il y a d’autres facteurs motivants ou d’autres obstacles qui touchent
le phénomène de la pratique des APS.

44
En résumé, notre étude se fonde sur la théorie de l'autodétermination qui classe tous ces facteurs en
facteurs motivants intrinsèques, extrinsèques et obstacles afin de mieux comprendre le rôle joué par ces
facteurs et le degré de sévérité, ainsi que les points de similitude et de différence entre eux dans chaque
pays.

Étape 2 : Identifier et catégoriser les unités de sens sur les grilles de codage

L’étape qui suit les entrevues avec les participants est celle de la transcription. D’ailleurs, plusieurs
méthodes de recherche qualitative utilisent la transcription (interprétation textuelle). C’est le cas des
entretiens individuels (Trout & Graber, 2009), des focus groups (Lee et al., 2009) et des observations
(Jamshed, 2014). Les transcriptions peuvent se faire manuellement ou à l’aide d’un logiciel. Il s’agit des
verbatims des témoignages des participants (Lejeune, 2014).

Dans notre étude, les entrevues des participants en Tunisie sont transcrites en arabe, puis elles sont
traduites en français. Ensuite, conformément à la théorie ancrée, des grilles d’analyses sont créées pour
chaque participant afin d’organiser les composantes, les catégories, et les sous-catégories préconstruites.
À cet effet, l’encodage peut être mot à mot ou reformulé par le chercheur pour les organiser par la suite
en catégories et sous-catégories (Lejeune, 2014).

Les grilles d’analyse classifient les thèmes ou les questions ayant un contexte ou une structure relative aux
objectifs des entrevues (Dicicco-Bloom & Crabtree, 2006). Elles ont comme utilité de recueillir de données
systématiques auprès d’un nombre précis de participants (Dicicco-Bloom & Crabtree, 2006). Par la suite,
les unités de sens sont extraites à partir des propos codés des participants.

Finalement, ces unités de sens sont classées dans les composantes, les catégories et les sous-catégories
construites préalablement et sont mentionnées dans les grilles de codage préconstruites des deux
catégories de participants, chaque participant ayant sa propre grille de codage.

Les définitions préétablies des composantes, des catégories et des sous-catégories basées sur la revue de
la littérature liée à notre cadre conceptuel aident à bien repérer les unités de sens.

45
Étape 3 : Synthèse des témoignages des participants

Après le tri et le repérage des unités de sens dans les grilles de codage préparées préalablement, l’étape
suivante consiste à synthétiser les propos des participants en tenant compte de chaque groupe
individuellement. Cette synthèse contribue à observer les perceptions des participants et de leurs parents
sur la pratique de l’AP et sportive dans les deux pays.

Finalement, la synthèse offre une meilleure compréhension de la vision des deux différentes catégories
des participants ayant le même contexte religieux et social au sujet de la pratique de l’AP et sportive. La
synthèse aide à faire la comparaison entre les groupes des deux pays.

46
CHAPITRE 4
RÉSULTATS

Cette étude qualitative a comme objectif principal de comparer les sources de motivation chez les enfants
tunisiens musulmans qui résident dans deux pays différents quant au concept principal de l’impact de la
religion musulmane dans leur vie. Cela ne concerne pas seulement les enfants, mais aussi les parents qui
font partie des facteurs qui influencent les choix des enfants en matière de pratique d’APS. Il faut tenir
compte du fait qu’il existe d’autres facteurs influençant la vie physique et sportive des enfants et de leurs
parents, comme les facteurs socioculturels, les facteurs socioéconomiques, les facteurs de santé et les
facteurs pédagogiques.

Les résultats de notre étude ont été cueillis auprès d’un nombre de participants bien précis, représenté
dans le tableau ci-dessous :

Tableau 4.1 Caractéristiques des participants de l’étude


Nombre de participants Âges

Enfants Parents Enfants Parents


Filles : 6
Tunisie 4 couples De 9 à 10 ans De 40 à 49 ans
Garçons : 6
Filles : 6
Québec 4 couples De 9 à 10 ans De 43 à 51 ans
Garçons : 6

Nous avons effectué l’analyse des données des propos des deux catégories de participants à notre étude
afin d’atteindre l’objectif principal. De façon plus précise, des unités de sens ont été identifiées,
catégorisées et synthétisées à partir des données analysées. En effet, ces unités extraites des verbatims
ont été classées dans des grilles de codage préconstruites d’après leur correspondance aux composantes,
catégories et sous-catégories construites au préalable auxquelles des codes et des définitions, basés sur la
revue de la littérature et le cadre conceptuel de notre étude, ont déjà été attribués.

Dans ce chapitre, nous présentons les résultats obtenus en matière d’objectifs spécifiques, cités dans le
premier chapitre, pour mettre en valeur l’aspect comparatif de notre étude.

47
En premier lieu, nous présentons les résultats des sources de motivation à la pratique des APS chez les
enfants en Tunisie et au Québec selon les facteurs présentés plus haut (les facteurs socioculturels,
socioéconomiques, de santé et pédagogiques). En deuxième lieu, nous présentons les résultats des
perceptions des parents quant aux sources de motivation à la pratique des APS chez leurs enfants.

4.1 Perceptions des enfants

Cette partie est constituée de deux sections : la première section présente les résultats des entrevues avec
les enfants en Tunisie quant à la pratique des APS, et la deuxième section présente les résultats des
entrevues avec les enfants au Québec quant au même point.

4.1.1 APS et enfants en Tunisie

Cette section présente les facteurs influençant les pratiques physiques et sportives des enfants en Tunisie
et leurs composants.

[Link] Facteurs socioculturels

Nos groupes de participants sont au nombre de trois formés de deux filles et deux garçons chacun.

Informations personnelles

Nous avons constaté que tous les garçons qui ont participé à notre étude pratiquent des AP de façon
régulière. Au contraire, 4 des 6 filles participantes à l’étude disent qu’elles ne pratiquent aucun type de
sport. Selon la variable sexe, nous avons conclu que les garçons sont beaucoup plus actifs que les filles.
« Chaque weekend, on se rassemble, moi et mes amis, pour jouer au stade qui est à côté de notre maison »
(G2G3T).

De plus, tous les enfants en Tunisie ont mentionné qu’ils habitent loin du centre-ville, ce qui peut être un
facteur ayant un impact sur leurs pratiques des APS. « J’habite loin de l’école » (G2G2T). « Notre maison
est loin du centre-ville, c’est pour ça que je ne peux pas aller à la maison des jeunes » (F2G1T).

Connaissances et pratiques physiques et sportives

Nous avons remarqué que les garçons des trois groupes pratiquent le même sport : le football. « Moi, je
joue chaque jour après l’école au football » (G1G1T). Par contre, les filles sont moins actives que les

48
garçons, car seulement 2 filles ont mentionné faire du karaté. « Je fais du karaté avec mon amie (…) ça fait
un an » (F2G3T). « Je ne fais pas de sport (…) je ne sais pas pourquoi » (F1G2T). « Je n’aime pas le sport (…)
j’aime jouer avec ma poupée, sa maison et ses vêtements » (F1G1T).

Au sujet des connaissances sportives, nous avons remarqué que les garçons n’ont mentionné que trois
types de sport qu’ils connaissent, soit le football, le tennis et le karaté. « Je connais le football, le karaté et
le tennis » (G2G3T). Dans ce sens, nous avons remarqué que les filles mentionnent connaitre peu de types
de sport : la natation et le football. « Je connais le football, la natation (…) et le karaté, c’est tout » (F1G3T).

Raisons de la pratique sportive

Lorsqu’on s’adresse aux garçons des trois groupes pour leur demander les raisons qui motivent leur choix
de pratiquer le football, ils répondent qu’il n’y a pas de raison spécifique à part le fait que leurs amis jouent
au football et qu’ils ont une idole pratiquant ce sport. « Quand je rentre chez moi après l’école, je trouve
mes amis en train de jouer au football, donc je joue avec eux » (G2G3T). « J’aime le football, car j’aime
Cristiano Ronaldo et je rêve de devenir un excellent joueur comme lui » (G2G2T).

Concernant les filles et le karaté, l’une d’elles a dit que son frère faisait du karaté et l’autre a indiqué que
ses parents souhaitaient qu’elle pratique ce sport. « Mon frère fait du karaté et je le regarde toujours pour
voir comment il joue, donc j’ai voulu faire de même » (F1G3T).

Le choix entre football/rugby ou gymnastique/danse et pourquoi

En ce qui concerne le choix de sport et les raisons expliquant ce choix, les réponses étaient les mêmes
pour les garçons et les filles. En effet, tous les garçons ont choisi le football en justifiant qu’il s’agissait d’un
sport pour les garçons. « Je choisis le football, car je l’aime (…). Non, la danse, c’est pour les filles » (G2G3T).
Toutes les filles, ont répondu qu’elles avaient choisi la gymnastique ou la danse, puisqu’il s’agit d’un sport
pour les filles contrairement au football et au rugby qui sont des sports pour les garçons. « Je choisis la
danse (…). Je ne peux pas jouer au football, c’est pour les garçons » (F1G3T).

49
[Link] Facteurs climatiques

APS et hiver

Presque tous les garçons ont répondu que l’hiver est froid et qu’ils ne jouent au football que la fin de la
semaine ou pendant les vacances. « Je ne peux pas jouer en hiver, car c’est très froid et il y a du vent et de
la pluie. Je joue la fin de la semaine s’il fait beau » (G1G2T). De leur côté, les deux filles pratiquant le karaté
affirment qu’elles se rendent ensemble à la salle de sport chaque fin de semaine, que ce soit l’hiver ou
l’été. « J’ai deux séances de karaté par semaine, le samedi et le dimanche le matin. J’y vais toujours avec
mon amie (…) et s’il y a de la pluie, je reste chez moi » (F2G3T).

[Link] Facteurs religieux

Normes religieuses et APS

Dans cette partie de nos entrevues, nous avons remarqué que les enfants de cette tranche d’âge font le
jeûne de demi-journée pour s’habituer et pour qu’ils deviennent prêts à jeûner toute une journée à
l’adolescence. Ils indiquent qu’ils ne pratiquent pas de sports pendant le mois du Ramadan, car ils se
sentent fatigués et ils préfèrent faire le jeûne que jouer au football ou au karaté. « Je jeûne une demi-
journée (…). Je me sens fatigué après l’école, donc je ne peux pas jouer au football » (G2G3T). Même
réponse pour les deux filles qui font du karaté : « Je dois manger pour faire du sport (…). C’est interdit de
manger pendant le Ramadan » (F2G3T).

Au sujet de la pratique de la natation, les garçons et les filles ont presque les mêmes réponses : ils n’aiment
pas porter les vêtements de natation puisqu’ils sont interdits dans la religion. « Je ne peux pas porter un
maillot (…) mes parents ne me le permettent pas (…) c’est interdit » (G2G1T). « C’est interdit (…) les gens
vont rire en me voyant en maillot (…) Dieu n’accepte pas ça » (F1G1T).

[Link] Facteurs de santé

La pratique des APS pendant la pandémie de COVID-19

Dans cette section, les réponses des garçons étaient presque les mêmes. En effet, 5 garçons parmi 6 qui
ont participé à l’étude ont dit qu’ils ne sont pas sortis du tout de chez eux pendant la période de la COVID-
19, puisque leurs parents ne leur permettaient pas.

50
« Je ne suis pas sorti, car mes parents m’ont dit que si je sortais, j’allais mourir à cause de la pandémie »
(G2G2T). Un seul garçon a dit qu’il sortait presque chaque jour, qu’il jouait à côté de sa maison avec son
ami. « Moi, je sors chaque jour pour jouer avec mon ami au ballon (…). Mes parents m’ont laissé jouer
juste à côté de notre maison » (G1G3T).

Les filles ont toutes les mêmes réponses à ce sujet. En effet, elles disent qu’elles ne sont pas sorties à cause
de la pandémie et que leurs parents ne leur ont pas permis de sortir. « Je ne suis pas sortie du tout, car
mes parents ne veulent pas que je tombe malade et ils m’ont dit de ne m’approcher de personne » (F2G2T).

[Link] Facteurs pédagogiques

Les cours d’éducation physique et sportive à l’école

En ce qui concerne cette question, toutes les réponses étaient les mêmes chez tous les enfants, garçons
ou filles. En effet, tous les enfants, même les filles qui ne font pas de sport à l’extérieur de l’école ont dit
qu’ils aiment la séance d’éducation physique et sportive à l’école et qu’ils s’amusent bien parce que ça
leur paraît moins lourd que les autres cours. « Je me sens très contente quand on fait du sport à l’école
pendant la séance d’éducation physique, car le professeur est très gentil, il fait des blagues et nous montre
comment faire les mouvements sportifs » (F2G2T). Au sujet de l’importance du sport et de l’AP, les
réponses étaient les mêmes, au sens où les APS sont importantes pour maintenir une bonne santé. « Mon
professeur dit toujours que le sport est bénéfique pour notre corps » (G2G3T).

[Link] Autres Facteurs

En allant plus loin dans nos questions avec les enfants, nous avons constaté que le lieu où ils habitaient
avait une influence, surtout pour les 4 filles qui ne pratiquaient aucun type de sport. « La maison des jeunes
est très loin de chez nous ; je ne peux pas y aller » (F1G1T). Un autre facteur ayant été révélé par l’étude
est le manque d’infrastructures sportives où les enfants habitent. « J’aime jouer au tennis, mais dans la
salle de sport, on n’a pas de terrain ou d’entraineur » (G2G2T).

4.1.2 APS et enfants au Québec

Cette section présente les facteurs et leurs composantes influençant la vie physique et sportive des enfants
au Québec.

51
[Link] Facteurs socioculturels

Comme en Tunisie, nos groupes de participants sont au nombre de trois, chacun étant formé de deux filles
et de deux garçons, ce qui donne au total 12 participants : 6 filles et 6 garçons.

Informations personnelles

Par la collecte des informations personnelles de nos participants, nous avons remarqué que presque tous
les enfants pratiquaient des AP de façon régulière, tant les filles que les garçons. « Je fais de la natation au
centre sportif de Dorval avec des amis » (G2G1Q). En plus, nous avons constaté que tous nos participants
au Québec habitaient dans des centres urbains. « J’habite au centre-ville de Montréal » (F2G1Q). « J’habite
à Dorval » (G2G1Q).

Connaissances et pratiques physiques et sportives

Nous avons remarqué que les garçons participants au Québec pratiquaient différents types de sport
comme le soccer, le karaté, la gymnastique, la danse, la natation, etc. « Moi je joue au soccer et je regarde
souvent les matchs de l’équipe de l’Espérance sportive de Tunisie avec papa » (G1G3Q). La majorité des
filles font du sport, sauf une seule. « Je fais de la natation avec mes deux frères » (F1G2Q). « Je fais de la
danse avec mes amis dans le centre sportif de la Petite-Bourgogne » (F2G2Q). « Je ne fais pas de sport.
Même quand je rentre en Tunisie pendant les vacances, je reste avec mes parents (…). Je n’ai pas d’amis
en Tunisie » (F1G3Q).

Au plan des connaissances sportives, nous avons constaté que les garçons ont mentionné qu’ils
connaissaient différents types de sport : le soccer, le tennis, le karaté, le taekwondo, le skateboard, le
hockey et la natation. « Je connais le soccer, le taekwondo et le tennis » (G1G3Q). « Les sports que je
connais sont le soccer, la natation et le basketball » (G2G1Q). Dans le même sens, nous avons remarqué
que les filles connaissaient aussi plusieurs types de sport : la danse, le karaté, le hockey et la gymnastique.
« Je connais la danse et la gymnastique (…). Je fais de la gymnastique chaque fin de semaine » (F2G1Q).

Raisons de la pratique sportive

Au sujet du choix du sport pratiqué, chez les garçons, les réponses étaient en général basées sur deux
raisons principales. La première raison, présente dans la majorité des réponses, est le simple fait qu’ils

52
aiment faire ça. « Je fais du karaté, car j’aime ça (…). Je me sens très fort quand je fais ce sport » (G2G3Q).
La deuxième raison est associée aux encouragements de leurs parents à faire un sport spécifique. « Mes
parents m’ont montré des vidéos de danse et moi j’ai aimé (…) et ma mère me dit toujours que je suis
belle quand je danse » (F1G1Q).

Choix entre football/rugby ou gymnastique/danse et pourquoi

Pour cette question qui concerne le choix du sport et la raison de ce choix, les réponses étaient les mêmes
pour les garçons que pour les filles. En effet, tous les garçons ont choisi le football et la seule raison
évoquée était que le football est un sport pour les garçons. « Je préfère le soccer, car je suis un garçon »
(G1G3Q). Toutes les filles ont choisi la danse ou la gymnastique, car, selon elles, c’est un sport beaucoup
plus féminin que le football ou le rugby qui sont, toujours selon elles, des sports réservés aux garçons. « Je
choisis la gymnastique et la danse (…). Je ne peux pas jouer au football, ce n’est pas pour les filles » (F2G1Q).

[Link] Facteurs climatiques

APS et hiver

Dans cette partie de nos entrevues, la majorité des enfants ont indiqué qu’ils restaient souvent à la maison
à cause du froid et de la neige. « Pendant l’hiver, je ne joue pas. Je reste à la maison à regarder la télévision.
(…) Je n’aime pas le froid et la neige. Je n’aime pas sortir » (G2G2Q).

Par contre, deux garçons et deux filles disent que leurs parents les emmènent la fin de la semaine au centre
sportif pour s’entraîner. « Chaque semaine, papa m’amène avec sa voiture pour m’entraîner » (F1G1Q).

[Link] Facteurs religieux

Normes religieuses et APS

Dans cette étape de nos entrevues, nous avons posé une question sur la possibilité de faire la natation,
puisque la pratique de ce sport touche à l’une des normes de la religion musulmane, qui est la notion de
la nudité. En effet, cette notion est directement impliquée dans les sports aquatiques. Ceci dit, la majorité
des enfants dans nos entrevues n’ont montré aucun problème avec ce sport aquatique. « Je préfère le
soccer et j’aime aussi la natation (…), mais je n’ai pas d’amis qui font ce sport » (G1G3Q).

53
Par contre, deux filles ont dit qu’elles ne pouvaient pas faire de la natation, car elles se sentaient honteuses
avec un maillot de bain. « Je ne peux pas faire ça, car je me sens honteuse d’être en maillot » (F2G1Q).

Pour explorer les connaissances religieuses, nous avons questionné la pratique des APS pendant le mois
du Ramadan. La majorité des enfants ont dit qu’ils pratiquent le jeûne pendant une demi-journée et que
leurs parents leur demandent de le faire, étant donné que ce mois est très important pour les musulmans.
Ainsi, les enfants ont mentionné qu’ils ne faisaient pas d’APS pendant le mois du Ramadan, sauf les jours
où ils prennent une pose du jeûne. « Je fais le jeûne avec mes parents et j’ai toujours un cadeau si je le fais
toute une journée » (F2G3Q). « Je m’entraine la fin de la semaine, car je ne fais pas le jeûne de demi-
journée le weekend » (G2G2Q).

[Link] Facteurs de santé

Pratique des APS pendant la pandémie de COVID-19

Dans cette partie de nos entrevues, les réponses étaient communes pour tous les enfants. En effet, tous
les enfants ont mentionné qu’ils sont restés tout le temps à la maison pendant la période de la COVID-19,
car leurs parents ne leur permettaient pas de sortir. « On reste toujours à la maison, moi, mes parents et
mes frères, pour ne pas tomber malades » (G1G2Q). « Pendant la COVID-19, je ne suis pas sorti de la
maison, car mes parents m’ont dit de ne pas sortir » (F1G3Q).

[Link] Facteurs pédagogiques

Cours d’éducation physique et sportive à l’école

Dans la partie des cours d’éducation physique et sportive à l’école, les réponses tournent autour de deux
points. Le premier point est qu’ils aiment le cours d’éducation physique parce qu’ils aiment l’enseignant.
« J’aime beaucoup mon professeur, car il nous montre comment sauter et courir » (G2G3Q). Le deuxième
point est qu’ils s’y amusent. « Je me sens content quand on fait du sport à l’école » (F1G1Q).

De plus, en lien avec la question de l’importance du sport et de l’AP, les enfants ont mentionné que les
APS sont importantes pour rester fort et en bonne santé. « Le sport est bon pour la santé. (…) Je deviens
fort quand je fais du sport » (G1G1Q).

54
[Link] Autres Facteurs

Nous avons remarqué d’autres facteurs importants qui ont un impact sur la vie physique et sportive des
enfants. D’abord, l’encouragement des parents à faire du sport. « Ma mère me dit que je suis un champion
(…). C’est pour ça que je dois faire du karaté » (G2G3Q). La présence d’infrastructures sportives de bonne
qualité au Québec a également joué un rôle important comme facteur de motivation.

4.2 Perceptions des parents

Cette partie est constituée de deux sections : la première section présente les résultats des entrevues avec
4 couples de parents en Tunisie à propos de la pratique des APS, et la deuxième section présente les
résultats des entrevues avec les 4 couples de parents au Québec sur le même sujet.

4.2.1 APS et parents en Tunisie

Cette partie de nos résultats présente les facteurs et leurs composantes ayant un impact sur la pratique
des APS des enfants, en partant du fait que nos participants principaux sont des mineurs et qu’on suppose
que les parents jouent un rôle très important dans la vie de leurs enfants en matière de pratique des APS.

[Link] Facteurs socioculturels

Les participants sont majeurs, sont au nombre de 8 (4 couples) et résident en Tunisie.

Informations personnelles

Lors du premier contact avec les parents en Tunisie, nous avons constaté qu’aucun parent, homme ou
femme, ne pratique de sport. « On n’a jamais pratiqué de sport. (…) Les gens bien font ça. (…) Nous, on
n’est pas riche pour faire du sport » (P1T). « On n’a pas le temps pour faire du sport. (…) On doit travailler
pour vivre, surtout avec l’augmentation des frais de subsistance en Tunisie après la révolution » (P3T).

Connaissances et pratiques physiques et sportives

Dans cette partie de nos entrevues, nous avons cherché à savoir si les parents avaient des connaissances
au sujet des APS, de l’intérêt envers celles-ci, et s’ils pratiquaient eux-mêmes un sport précis.

Les résultats montrent que trois couples avaient des connaissances superficielles sur les APS. « On connait
le football et le handball, c’est tout. (…) On regarde ça à la télévision quand l’équipe nationale joue, pas

55
plus » (P2T). Dans un couple d’enseignants, les deux membres ont démontré une bonne connaissance du
domaine sportif, allant jusqu’à mentionner les noms de certains joueurs de football, de tennis et de
natation. « On regarde souvent les compétitions de football, de natation et de tennis. (…) On connait Ons
Jabeur qui est classée 5e à l’échelle mondiale. On aime aussi Lionel Messi, le joueur de l’équipe de
Barcelone, et Ayoub Hafnaoui qui a gagné une médaille d’or dernièrement aux États-Unis » (P4T). En ce
qui concerne la pratique des APS, dès le début des entrevues, les quatre couples ont mentionné qu’ils ne
faisaient pas de sport.

Nous avons aussi trouvé que les parents ont de bonnes connaissances de l’importance des APS en
mentionnant que c’est bénéfique pour le corps humain et sa santé. « Le sport est très important pour le
corps et pour la santé de l’être humain » (P3T). Pour les parents qui travaillent comme enseignants, la
réponse était un peu plus développée. En effet, ces derniers voient que le sport peut offrir un meilleur
avenir pour l’enfant s’il devient un athlète professionnel, comme c’est le cas de certains athlètes en Tunisie.
« Le sport est très important pour maintenir une bonne santé avec un corps athlétique et une vie saine.
(…) L’enfant peut développer ses compétences dans un sport qu’il aime, ce qui peut l’aider à voir un
excellent avenir. (…) les raisons pour lesquelles on consacre la fin de la semaine à notre fille pour la
ramener faire du Karaté » (P4T).

Choix de sport pour l’enfant et pourquoi

Au niveau du choix de sport pour leurs enfants, les parents nous ont offert des réponses très courtes. Les
parents dont les enfants ne faisaient pas de sport, mais jouaient seulement avec leurs amis la fin de
semaine ont dit qu’il n’y avait pas de choix disponibles, qu’il n’y avait que le football pour les garçons et
les jeux traditionnels pour les filles comme la balançoire et les poupées. « Ce n’est pas nous qui choisissons
ce que notre enfant veut faire comme sport. C’est souvent lui qui choisit de jouer au football au stade à
côté de la maison, car il aime ça » (P3T). « Il n’existe pas de choix pour le sport dans la région. (…) On habite
loin du centre-ville. (…) On sait tous que les garçons préfèrent jouer au football et que les filles préfèrent
les poupées et la balançoire » (P2T).

Au contraire, les parents qui enseignent dans un lycée secondaire ont mentionné que l’enfant doit faire
ses propres choix d’AP selon les infrastructures sportives disponibles. Ils ont aussi confirmé l’idée que le
football est une discipline désirée plus souvent par les garçons que les filles.

56
« Le choix du sport dépend toujours des types d’activités physiques disponibles dans la région. (…) On croit
bien que l’enfant doit choisir lui-même le sport à pratiquer, mais on croit aussi que les garçons ont toujours
une tendance à choisir le football, car c’est un sport plutôt masculin » (P4T).

[Link] Facteurs socioéconomiques

Dans cette partie, nous avons demandé aux parents de nous parler de leur profession et de leur situation
financière pour vérifier l’impact des facteurs socioéconomiques sur la pratique des APS des parents et de
leurs enfants. Trois couples n’avaient pas un travail stable ; ils étaient plutôt des travailleurs journaliers.
Parmi ceux-ci, deux couples se trouvaient à être les parents des deux filles qui affirmaient ne pas faire
d’APS. « On n’a pas un métier stable. (…) Je fais parfois du jardinage, parfois des livraisons, et ma femme
fait du ménage à la demande » (P2T). Au contraire, les membres du quatrième couple, les enseignants
dont l’enfant jouait au football, semblaient plus stables financièrement. Nous considérons qu’il s’agit d’un
facteur important qui motive les parents à investir dans cet intérêt. « Le coût de vie est cher en Tunisie,
mais ça n’empêche pas qu’on a les moyens financiers pour que notre fille fasse ses entrainements de
Karaté » (P4T).

[Link] Facteurs climatiques

APS en hiver

Pour cet élément, trois couples de parents ont mentionné que le froid, la longueur des journées et les
études de leurs enfants sont des thèmes qui font partie des préoccupations des parents. « Nos enfants ne
font pas de sport en hiver ni en été. (…) Le froid en hiver est très sec et la journée est très courte. (…) Aussi,
les enfants doivent étudier, donc il n’y a pas assez de temps pour faire des activités physiques » (P2T). Au
contraire, le couple d’enseignants fait plus d’efforts pour que leur enfant soit physiquement actif.

« Comme vous le savez, le froid en hiver est insupportable et comme enseignants, on préfère que notre
fille se concentre sur ses études au cours de la semaine, sachant qu’on l’amène s’entraîner avec ses amis
la fin de semaine, sauf dans les périodes des examens » (P4T).

57
[Link] Facteurs religieux

Normes religieuses et APS

Dans cette partie des entrevues qui traite de la religion, un sujet sensible pour les sociétés musulmanes,
les réponses étaient pratiquement les mêmes pour tous les répondants. En effet, tous les couples ont
démontré une grande considération pour les normes de la religion musulmane en matière de nudité, de
jeûne lors du Ramadan ainsi que pour la notion du voile en lien avec la pratique et le choix des APS. « Les
normes de la religion sont très sacrées pour nous et sont plus importantes que tout. (…) Le sport n’est pas
une priorité par rapport à la prière et au jeûne lors du Ramadan » (P3T). De plus, tous les couples ont
insisté sur l’importance du respect de la notion de la Awra, sur le fait qu’ils apprennent ce concept à leurs
enfants.

« Le respect de la Awra est indispensable. (…) On a hérité ça de nos parents. (…) Le prophète Mohamed
nous a dit que l’homme doit toujours couvrir la partie de l’ombilic aux genoux et que la femme, après
l’adolescence, doit se voiler et ne pas porter de vêtements courts » (P1T).

[Link] Facteurs de santé

Pratique des APS pendant la pandémie de COVID-19

Les réponses des parents à ce sujet étaient les mêmes. Ils ont confirmé qu’aucune AP ou sportive n’a été
permise tant pour eux que pour leurs enfants. De plus, avec les restrictions gouvernementales, aucun
contact n’était permis. « La COVID-19 est une maladie très grave, on souffre jusqu’à présent de ses
séquelles et avec les restrictions du gouvernement, on était toujours coincé à la maison pour notre
sécurité » (P1T). « On ne joue pas avec la COVID-19, c’était obligatoire de rester à la maison, donc rien à
faire, c’est plutôt bouger moins pour se protéger » (P4T).

[Link] Autres Facteurs

L’ouverture des parents à nous parler nous a donné des informations supplémentaires sur les autres
facteurs ayant eu un impact sur la pratique des APS de leurs enfants (rappelons qu’aucun parent parmi les
participants ne pratiquait de sport).

58
Nous avons remarqué que le niveau d’éducation des parents agissait fortement sur leur conscience de
l’importance de la pratique des APS pour eux et pour leurs enfants. « Nous sommes des ouvriers et notre
vie n’est pas si simple, donc on a d’autres préoccupations que l’AP, honnêtement » (P1T).

En effet, il y avait une différence de point de vue entre les parents qui travaillent comme enseignants et
les parents qui sont des travailleurs journaliers, surtout qu’ils ont mentionné que la priorité est pour les
études et le travail pour maintenir une vie stable. « On fait ce qu’on peut pour que notre fille soit
physiquement active » (P4T).

Les parents ont également mentionné que l’infrastructure sportive était presque absente. « On n’a pas
d’infrastructures sportives dans notre région (…) on a seulement une maison de jeunesse » (P1T). De ce
fait, on remarque que l’absence d’infrastructures sportives peut être une raison pour laquelle les enfants
ne sont pas pratiquement actifs.

4.2.2 APS et parents au Québec

Dans cette partie, nous allons présenter les différents facteurs et leurs composantes ayant un impact sur
la pratique des APS des enfants selon les entrevues faites avec les parents de nos participants principaux
pour mieux comprendre si les parents ont un effet direct ou indirect sur leurs enfants en matière de
pratique des APS.

[Link] Facteurs socioculturels

Les participants sont majeurs, sont au nombre de 8 (4 couples) et résident au Québec.

Informations personnelles

Nous avons constaté qu’aucun parent, femme ou homme, ne pratique de sport. « On travaille entre 35 et
40 heures par semaine et, sincèrement, on n’a pas de temps pour faire du sport, mais parfois, on fait des
marches » (P2Q). « On préfère aller souper en famille ou fêter quelque chose dans un restaurant qu’aller
à une salle de sport. (…) On n’est pas des jeunes pour faire ça » (P1Q).

59
Connaissances et pratiques physiques et sportives

Les résultats montrent que les couples ont des connaissances sportives. « On connait pas mal de types de
sport comme la marche, le tennis, le football, le basket et le handball, mais ce n’est pas un intérêt
prioritaire dans notre vie puisque la vie au Québec n’est pas facile » (P1Q). « On regarde le tennis quand
Ons Jabeur joue dans les tournois parfois » (P3Q).

En ce qui concerne la pratique des APS, un seul couple au Québec a mentionné faire occasionnellement
des marches ou des courses. « On fait des marches ou des courses quand il fait beau, mais seulement
quand on a le temps, pas d’une façon régulière » (P4Q).

Le choix de sport d’enfant et pourquoi

Pour la majorité des parents, le choix du sport qu’ils veulent que leur enfant pratique fût basé sur la
mentalité orientale masculine. En effet, leur point de vue tenait compte de l’idée selon laquelle certains
sports sont destinés aux filles alors que d’autres sont destinés aux garçons. « Généralement, les garçons
font du football, du handball, du tennis ou du judo et les filles font de la danse, de la gymnastique ou des
sports aquatiques » (P1Q). Un seul couple a énoncé l’idée selon laquelle l’enfant doit choisir lui-même le
sport qu’il veut pratiquer. « Il est important de prendre en considération le choix de l’enfant et de le
respecter, car ça va l’aider peut-être à développer un talent » (P3Q).

[Link] Facteurs socioéconomiques

L’information sur la profession et le salaire mensuel approximatif des parents nous a aidé à faire un lien
entre la situation financière de la famille et la pratique des APS. Nous avons remarqué que tous les parents
de ce groupe ont des métiers stables et que leur situation financière est plus ou moins stable. Ils ont tous
indiqué que, malgré les horaires chargés de travail, ils trouvaient important pour leur enfant de faire le
sport. « On a un budget bien précis pour les cours de natation de notre enfant » (P2Q).

L’information sur la profession et leur salaire mensuel approximatif des parents nous a aidé à faire un lien
entre la situation financière de la famille et la pratique des activités physique et sportive. Nous avons
remarqué que tous les parents de ce groupe ont des métiers stables et que leur situation financière est
plus ou moins stable.

60
Ils ont tous indiqué que, malgré les heures de travail chargées, ils trouvaient important pour leur enfant
de faire du sport. « On considère un budget mensuel bien précis pour l’entrainement de soccer de
notre enfant » (P3Q).

[Link] Facteurs climatiques

APS en hiver

Les réponses des participants étaient semblables et se référaient à la sévérité des hivers au Québec.
« L’hiver ici est insupportable par rapport à la Tunisie et, sincèrement, si on en avait la possibilité, on ne
travaillerait qu’à distance. (…) On préfère que nos enfants jouent avec les jeux vidéo ou regardent la
télévision, car on n’a pas de voiture pour se déplacer. On se déplace seulement pour aller travailler ou
pour ramener les enfants de l’école » (P4Q). Cependant, un couple des parents a dit qu’ils se rendent à
Québec, l’hiver, pour faire du ski de fond. « Pendant les vacances, on voyage à Québec pour s’amuser avec
notre fils en faisant du ski de fond » (P3Q).

[Link] Facteurs religieux

Normes religieuses et APS

La religion peut être un sujet sensible à aborder avec nos participants, car elle est associée à la question
de l’identité. Aussi, les réponses des parents de ce groupe à ce propos étaient claires et directes. Tous les
parents ont indiqué accorder une très grande considération aux normes du Coran et à la Sunnah telles que
les prières et le jeûne. « Le respect des normes de l’islam est très important, surtout les prières et le jeûne.
(…) Nos enfants sont à un âge où ils doivent apprendre à prier et à faire le jeûne de temps en temps, car
après la puberté, ces pratiques deviennent des devoirs religieux » (P1Q).

Tout en cherchant un l’équilibre entre une vie saine et active et le respect des normes religieuses, les
parents ont montré une grande priorité à l’apprentissage des normes de l’Islam par rapport au fait d’être
physiquement actif, qu’il soit question d’eux ou de leurs enfants. « Apprendre à nos enfants comment
faire les prières et s’adapter à faire le jeûne avant la puberté est plus important qu’aller s’entraîner. (…)
C’est un héritage et c’est une responsabilité devant le bon Dieu » (P4Q). De plus, tous les parents ont
mentionné que pour respecter les normes de la religion quant à la pratique des APS, il suffit de respecter
et de prioriser les normes et les devoirs religieux comme les prières, la nudité, etc. « Notre prophète

61
Mohamed nous a conseillé d’être polis et respectueux avec les autres, de faire les prières à temps, de
respecter les limites de nudités, car c’est primordial dans notre vie en tant que musulmans, même au
sport » (P2Q).

Par ailleurs, au sujet de la notion de nudité, tous les parents du groupe ont montré une tolérance à ce
niveau tout en soulignant que le monde a changé et que la génération d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier.
« On ne peut pas obliger une fille à cet âge-là ou plus à porter le voile. C’est un choix. Et même pour le
comportement vestimentaire, on est en 2023. C’est différent des années 90 » (P3Q).

[Link] Facteurs de santé

Pratique des APS pendant la pandémie de COVID-19

À ce sujet, nous avons constaté que les parents ont pris la pandémie au sérieux. En effet, ils sont restés
confinés pour se protéger eux-mêmes, et pour protéger leurs enfants et leurs proches. Par ailleurs, cette
pandémie les a empêchés de sortir à l’extérieur. « Selon les restrictions du gouvernement, on est resté
confiné pour se protéger de la propagation du virus » (P1Q).

Deux couples ont ajouté que la pandémie les a affectés psychologiquement, ce qui les a rendus aujourd’hui
beaucoup moins actifs qu’auparavant. « On a vécu des moments difficiles pendant la pandémie et on se
trouve aujourd’hui avec une tendance à rester à la maison souvent » (P2Q).

[Link] Autres Facteurs

Les parents ont parlé de la disponibilité des infrastructures sportives près de chez eux, ce qui représente
un facteur important qui facilite la pratique des APS. « Ce qu’on trouve efficace au Québec, c’est la
disponibilité de plusieurs centres sportifs dans la ville. Ça nous évite, à nous et à notre enfant, de nous
déplacer loin » (P3Q). « Au Québec, il existe des dizaines de clubs sportifs par rapport à la Tunisie, ce qui
rend les pratiques sportives plus accessibles aux enfants et aux parents » (P4Q).

De plus, selon le niveau académique des parents, nous avons conclu que ce dernier a un impact majeur
sur leur conscience et leur culture de l’importance des d’AP. « On nous a toujours appris à l’école, au
secondaire, à l’université que l’AP maintient la bonne santé » (P2Q). « Souvent, les articles scientifiques
parlent du rapport morbidité et inactivité physique » (P3Q).

62
4.2.3 Autodétermination et facteurs impactant

Comme mentionné dans le chapitre 2 sur la revue de la littérature, la théorie de l’autodétermination


consiste en la présence des facteurs qui poussent la personne à s’engager dans une activité.

Ces facteurs peuvent être externes (motivation extrinsèque) ou internes (motivation intrinsèque). On peut
aussi être devant une absence de motivation quand la personne ne fait pas le lien entre l’activité et son
résultat.

Dans ce cadre et à partir de notre analyse qualitative des entrevues semi dirigées avec nos participants,
nous avons souligné plusieurs facteurs intrinsèques et extrinsèques qui ont affecté leur motivation à être
physiquement actif. Ceci dit, nous avons regroupé ces facteurs externes et internes et on les a classifiés
soit comme un obstacle ou une source de motivations à la pratique de l’AP. Cela nous a donné une idée
claire sur les points de similitude et les points de différence pour chaque facteur entre les deux pays.

Les tableaux 4.2, 4.3 et 4.4 présentent les différentes sortes de motivation chez nos participants
interviewés.

63
Tableau 4.2 Perceptions des enfants tunisiens en Tunisie sur la pratique des activités physiques et sportives
Enfants en Tunisie
Garçons Filles
Facteurs
Nature de Nature de
Type de motivation Type de motivation
facteur facteur
Âge
Motivation intrinsèque : motive sa Facilitateur Motivation extrinsèque : impact de la Obstacle
Sexe confiance en soi-même à cause de la mentalité masculine sociale.
mentalité masculine.
Motivation extrinsèque : loin des Obstacle Motivation extrinsèque : loin des Obstacle
Milieu de vie
infrastructures sportives. infrastructures sportives.
Connaissances Amotivation : manque de connaissances Obstacle Amotivation : manque de connaissances Obstacle
sportives sportives. sportives.
Pratiques Amotivation : manque de pratiques Obstacle Amotivation : manque de pratiques Obstacle
sportives sportives. sportives.
Climat Motivation extrinsèque : hiver froid. Obstacle Motivation extrinsèque : hiver froid. Obstacle
Motivation intrinsèque : la recherche de la Obstacle Motivation intrinsèque : la recherche de la
Religion satisfaction de soi-même, ses parents et sa satisfaction de soi-même, ses parents et sa Obstacle
religion. religion.
Amotivation : se protéger contre la COVID Obstacle Amotivation : se protéger contre la COVID Obstacle
La COVID-19
et respecter les lois gouvernementales. et respecter les lois gouvernementales.
Motivation extrinsèque : effet de la Facilitateur Motivation extrinsèque : effet de la Facilitateur
Cours d’éducation
pédagogie sur l’intérêt et le plaisir pédagogie sur l’intérêt et le plaisir
physique d’apprentissage. d’apprentissage.
Infrastructures Amotivation : manque d’infrastructures Obstacle Amotivation : manque d’infrastructures Obstacle
sportives sportives. sportives.
Encouragement des Amotivation : absence d’encouragement. Obstacle Amotivation : absence d’encouragement Obstacle
parents

64
Tableau 4.3 Perceptions des enfants tunisiens au Québec sur la pratique des activités physiques et sportives
Facteurs Enfants au Québec
Garçons Filles
Type de motivation Nature de Type de motivation Nature de
facteurs facteurs
Âge
Sexe Motivation intrinsèque : confiance en soi- Facilitateur Motivation intrinsèque : confiance en soi- Facilitateur
même. même.
Milieu de vie Motivation extrinsèque : proche des Facilitateur Motivation extrinsèque : proche des Facilitateur
infrastructures sportives. infrastructures sportives.
Connaissances Amotivation : bonnes connaissances Facilitateur Motivation extrinsèque : pratique Facilitateur
sportives sportives. modérée d’activités sportives.
Pratiques sportives Motivation extrinsèque : pratique Facilitateur Amotivation : manque de pratiques Facilitateur
importante d’activités sportives. sportives.
Climat Motivation extrinsèque : hiver Obstacle Motivation extrinsèque : hiver Obstacle
insupportable. majeur insupportable. majeur
Religion Motivation intrinsèque : la recherche de Obstacle Motivation intrinsèque : la recherche de
la satisfaction de soi-même, ses parents la satisfaction de soi-même, ses parents Obstacle
et sa religion. et sa religion.
La COVID-19 Amotivation : se protéger contre la Obstacle Amotivation : se protéger contre la Obstacle
COVID et respecter les lois majeur COVID et respecter les lois majeur
gouvernementales. gouvernementales.
Cours d’éducation Motivation extrinsèque : effet de la Facilitateur Motivation extrinsèque : effet de la Facilitateur
physique pédagogie sur l’intérêt et le plaisir pédagogie sur l’intérêt et le plaisir
d’apprentissage. d’apprentissage.
Infrastructures Motivation extrinsèque : excellentes Facilitateur Motivation extrinsèque : excellentes Facilitateur
sportives infrastructures sportives. infrastructures sportives.
Encouragement des Motivation extrinsèque : absence Obstacle Motivation extrinsèque : présence Facilitateur
parents d’encouragement. d’encouragement.

65
Tableau 4.4 Perceptions des parents tunisiens en Tunisie et au Québec sur la pratique des activités physiques et sportives
Parents en Tunisie Parents au Québec
Facteurs Nature de Nature de
Type de motivation Type de motivation
facteur facteur
Âge
Motivation intrinsèque : prédominance Obstacle Motivation intrinsèque : pas de Facilitateur
Sexe
de la mentalité masculine. prédominance de la mentalité masculine.
Motivation extrinsèque : loin des Obstacle Motivation extrinsèque : proche des Obstacle
Milieu de vie
infrastructures sportives. infrastructures sportives.
Connaissances Amotivation : manque de connaissances Obstacle Motivation intrinsèque : bonnes Obstacle
sportives sportives connaissances sportives.
Amotivation : manque de pratiques Obstacle Amotivation : manque de pratiques Obstacle
Pratiques sportives
sportives. sportives.
Motivation extrinsèque : hiver froid. Obstacle Motivation extrinsèque : hiver très froid. Obstacle
Climat
majeur
Motivation intrinsèque : la recherche de Obstacle Motivation intrinsèque : la recherche de
Religion
la satisfaction de soi-même et sa religion. la satisfaction de soi-même et sa religion. Obstacle
Amotivation : se protéger contre la Obstacle Amotivation : se protéger contre la Obstacle
La COVID-19 COVID et respecter les lois COVID et respecter les lois majeur
gouvernementales. gouvernementales.
Motivation extrinsèque : effet de la Facilitateur Motivation extrinsèque : effet de la Facilitateur
Situation financière pédagogie sur l’intérêt et le plaisir pédagogie sur l’intérêt et le plaisir
d’apprentissage. d’apprentissage.
Infrastructures Motivation extrinsèque : manque Obstacle Motivation extrinsèque : excellentes Facilitateur
sportives d’infrastructures sportives. infrastructures sportives.
Niveau d’étude des Motivation intrinsèque : niveau modeste. Obstacle Motivation intrinsèque : niveau avancé. Facilitateur
parents

66
CHAPITRE 5
DISCUSSION

Notre travail de recherche est parti de l’hypothèse que la religion a un impact très important sur la pratique
des APS chez les enfants tunisiens musulmans. On croyait cet impact plus accentué en Tunisie qu’au
Québec, étant donnée la différence de mentalité et d’ouverture des deux sociétés. Notre objectif principal
était de comparer les perceptions des enfants et des parents tunisiens musulmans en Tunisie et au Québec
au sujet de la pratique des APS, en prenant en considération le fait que nos participants sont musulmans.

Rappelons les objectifs spécifiques de notre étude qualitative :

• Identifier les facteurs qui motivent la pratique des APS chez des enfants musulmans en Tunisie et
au Québec.
• Identifier les obstacles à cette pratique.
• Comparer les différences pour ces facteurs entre la Tunisie et le Québec chez les enfants et chez
les parents.
• Comparer les différences pour ces facteurs entre les filles et les garçons, et avec les parents, en
Tunisie et au Québec.

Dans le chapitre précédent, nous avons présenté les résultats de la comparaison des perceptions des
enfants et des parents en Tunisie et au Québec selon plusieurs catégories. Nous discuterons, dans le
présent chapitre, des résultats de notre travail de recherche en faisant des liens avec le cadre conceptuel
et de la revue de la littérature présentés au chapitre 2.

Comme première étape, nous comparerons les résultats des perceptions des enfants tunisiens musulmans
en Tunisie et au Québec. Ensuite, nous continuerons avec les résultats permettant de comparer les
perceptions des parents dans les deux pays.

5.1 Perceptions des enfants

Nous avons pris en considération l’importance des différents facteurs ayant un impact sur la tendance des
enfants à être physiquement actifs ou sédentaires. Certains de ces facteurs ont été des sources de
motivation tandis que d'autres ont été des obstacles à la pratique des APS.

67
5.1.1 Facteurs socioculturels

Le sexe a été identifié comme une variable influant sur la pratique des APS. Dans ce sens, nous avons
remarqué que, de façon générale, les garçons, tant en Tunisie qu’au Québec, soient plus actifs que les filles,
bien que parmi ces dernières, celles vivant au Québec sont un peu plus actives que celles vivant en Tunisie.

Nos résultats correspondent aux résultats de l’étude de Sakli et de ses collaborateurs qui révèlent que les
associations sportives civiles offrent plus d’opportunités d’accueil pour les garçons que pour les filles, ce
qui explique pourquoi les garçons sont physiquement plus actifs que les filles (Mourad sakli, 2021, p. 41).

Au Canada, les statistiques de l’année 2016/2017 attestent aussi que les filles sont moins actives que les
garçons. En effet, elles n’atteignaient pas les recommandations de l’OMS pour la pratique des APS, alors
qu’au contraire, les garçons ont dépassé le nombre de minutes recommandées par jour (Statistique
Canada, 2020).

Nos résultats suggèrent qu’une autre variable a joué un rôle important, soit le milieu de vie, puisque ce
dernier influence l’accès aux infrastructures sportives. Nous avons remarqué que tous les enfants
participants en Tunisie habitaient loin des centres urbains, contrairement à ceux du Québec. À ce sujet,
nos résultats sont conformes aux résultats de Clark (2014) qui attestent que le nombre d’enfants
participant à des pratiques physiques et sportives venant d’un milieu rural est inférieur à celui des enfants
issus de régions métropolitaines. Cela explique pourquoi les enfants tunisiens vivant au Québec participent
beaucoup plus à des APS que ceux vivant en Tunisie (Statistique Canada, 2014).

Connaissances en activité physique et sportive

Au moment de comparer les niveaux de connaissances des enfants des deux pays au sujet des APS, nous
avons remarqué que les enfants vivant au Québec connaissaient un plus grand nombre de disciplines
sportives que ceux vivant en Tunisie.

Effectivement, en Tunisie, les enfants connaissaient les sports les plus classiques comme le football et le
karaté, alors qu’au Québec, les enfants étaient beaucoup plus cultivés en termes de connaissances
sportives puisqu’ils ont mentionné une variété de disciplines sportives.

68
Si l’on considère les résultats de l’étude de l’observatoire national du sport de Tunisie qui révèle que 55 %
des écoles en Tunisie ne bénéficient pas de l’enseignement de l’éducation physique et sportive (Mourad
sakli, 2021, p. 54), on comprend bien la raison pour laquelle les enfants en Tunisie sont limités à certaines
disciplines sportives classiques en matière de connaissance. Au contraire, les enfants tunisiens vivant au
Québec ont des connaissances sur plusieurs disciplines et cela est lié à l’importance que le gouvernement
du Québec donne à l’éducation physique et à la santé (Ministre de l'Éducation du Loisir et du Sport, 2018).

Pratiques physiques et sportives

Les deux groupes d’enfants étudiés sont loin de présenter des résultats similaires au sujet de leur pratique
d’APS. En effet, les enfants musulmans vivant en Tunisie sont moins actifs que les enfants musulmans
d’origine tunisienne vivant au Québec. À cet effet, nos résultats corroborent ceux d’Amorri et de ses
collaborateurs (2023) qui révèlent une absence de plus de 90 % des AP chez les enfants de 9 ans et plus
dans le milieu extrascolaire. En contrepartie, au Québec, 39 % des enfants atteignent les
recommandations canadiennes de pratique d’AP (Statistique Canada, 2020). Dans le même sens, Cogérino
et ses collaborateurs (2009) ont révélé que les filles maghrébines pratiquent moins d’AP que les garçons
maghrébins.

Raisons de la pratique sportive

La comparaison des perceptions des enfants aboutit à une similarité quant aux raisons qui guident leurs
choix de sport à pratiquer dans les deux pays. En effet, ils pratiquent un sport pour devenir un champion,
suivre une idole, pour jouer avec ses amis. Notre conclusion n’est pas différente de celle présente dans la
littérature. Selon l’étude de Benchehida, l’enfant se motive aux pratiques physiques et sportives, car il
veut devenir un champion, réaliser des rêves et être en forme (Benchehida, 2018). Dans le même sens,
une autre étude a révélé que l’enfant pratique un sport pour s’amuser, être avec ses amis, se sentir bien
dans sa peau, etc. (Centres canadiens multisports, 2007, p. 5).

Le choix entre football/rugby ou gymnastique/danse et pourquoi

Les résultats pour cette catégorie aussi étaient similaires. On peut observer une prédominance de la
mentalité masculine chez les enfants des deux sexes dans les deux pays, qui a eu un impact direct sur leur
choix de sport et sur leur manière de classifier les disciplines sportives.

69
Nos résultats pour cette catégorie sont cohérents avec ceux énoncés dans une étude réalisée en Tunisie
qui révèlent que, pendant des années, le football a été médiatisé comme étant un sport exclusivement
masculin, ce qui a empêché l’intégration féminine à ce sport. De ce fait, on comprend bien la tendance des
enfants à classifier le football comme un sport destiné au sexe masculin (Sakli et al., 2021, p. 11).

Selon une étude de Cogérino et ses collaborateurs, le choix d’une pratique physique et sportive chez les
hommes et les femmes se base sur sa congruence avec leur sexe (Cogérino & Longchamp, 2009). En effet,
nous avons remarqué la similarité de son énoncé avec les réponses de nos participants qui considèrent
que la danse et la gymnastique sont des sports féminins versus le football et le rugby comme des sports
masculins.

D’un autre côté, nos résultats ne corroborent pas les statistiques canadiennes qui ont révélé une
augmentation du nombre des filles qui participent à des sports considérés comme masculins (Clark, 2014).

5.1.2 Facteurs climatiques

APS en hiver

La comparaison des résultats semble similaire entre les deux groupes d’enfants. Nos résultats corroborent
ceux de Sercia et de ses collaborateurs (2018) qui révèlent un pourcentage de 70 % des personnes
immigrantes qui sont moins actives en hiver au Québec. Cela explique l’impact de cette saison froide sur
la pratique d’APS chez les enfants, que ce soit en Tunisie ou au Québec.

5.1.3 Facteurs religieux

Le respect des normes de la religion musulmane semble primordial chez nos participants, même pour les
mineurs. En effet, nos résultats concernant les pratiques physiques et sportives en lien avec certaines
normes islamiques comme le Ramadan et la nudité sont similaires dans les deux groupes d’enfants. On
constate que les enfants musulmans d’origine tunisienne, en Tunisie et au Québec, sont moins actifs
pendant le mois du Ramadan, cette réalité s’expliquant par la pratique du jeûne de demi-journée.

Bien que les recherches sur le lien entre les pratiques religieuses musulmanes et la pratique d’AP soient
rares, une étude menée par Bencharif et ses collaborateurs (2017) affirme que le jeûne lors du Ramadan
ne diminue pas la pratique d’APS, mais a plutôt un impact sur l’intensité de ces activités.

70
Les résultats de tous les groupes de participants sont également similaires en ce qui concerne le respect
de la nudité dans les pratiques physiques et sportives. En effet, tous les enfants se sentent gênés d’être
moins habillés ou de porter des vêtements de sport qui ne sont pas compatibles avec les normes de la
religion. Les raisons évoquées par les participants des deux pays étaient surtout liées aux interdictions
religieuses, considérées comme étant très sérieuses, encore plus pour les parents que pour les enfants, en
particulier pour la priorité accordée aux prières et au jeûne.

Une autre étude montre des résultats similaires aux nôtres quant à la perception des filles tunisiennes sur
les pratiques des AP en lien avec les normes religieuses (Maltby et al., 1995, cité dans Cogérino et
Longchamp, 2009). En effet, l’étude en question a démontré que les femmes semblent beaucoup plus
soumises aux normes religieuses que les hommes, particulièrement au sein de l’Islam.

Les croyances religieuses peuvent avoir un impact important sur l’éducation physique et sportive, puisque
les normes religieuses dirigent le choix et les limites pour chaque sexe quant aux pratiques sportives. On
exige donc des filles musulmanes de se comporter de manière traditionnelle. Et, en lien avec le fait que le
choix des pratiques physiques et sportives chez les hommes et les femmes se base sur la congruence des
activités avec leur sexe, les parents ont tendance à limiter la participation des filles aux AP et à l’éducation
physique en classe et aux AS scolaires (Knop et al., 1996, cité dans Cogérino et Longchamp, 2009). Pourtant,
nos résultats n’ont pas démontré que les parents participants limitaient le choix des pratiques de leurs
enfants.

5.1.4 Facteurs de santé

Dans les deux groupes, les enfants ont été confinés pendant la pandémie de la COVID-19 et cela a mené à
une diminution du temps consacré à pratiquer des AP. À ce sujet, nos résultats corroborent ceux de
Bourgou et de ses collaborateurs (2022) qui révèlent qu’en Tunisie, pendant la pandémie, 41 % des enfants
n’ont fait que regarder la télévision ou des activités ludiques.

Notre étude renforce également les résultats d’autres études, comme celle de Moore et de ses associés,
puisque selon ce dernier, plus de 60 % des enfants âgés de 5 à 11 ans sont devenus plus sédentaires
pendant la pandémie, ce qui se traduit par une augmentation du temps passé devant des écrans (Moore
et al., 2020).

71
Nos résultats corroborent également l’étude menée par Cogérino et Longchamp (2009). Plus précisément,
cette étude révélait que les garçons musulmans pratiquent beaucoup plus d’AP que les filles, musulmanes
ou non. L’étude spécifie également que les garçons musulmans sont plus actifs que les garçons non
musulmans. L’étude montrait aussi que les filles musulmanes semblaient moins actives que les filles non
musulmanes.

5.1.5 Facteurs pédagogiques

Cours d’éducation physique et sportive à l’école

Quand on compare les résultats des perceptions des enfants en Tunisie et au Québec au sujet des cours
d’éducation physique, on constate une similitude. En effet, tous les enfants, qu’ils soient physiquement
actifs ou non, ont montré un intérêt remarquable envers les séances de sports à l’école.

Nos résultats sont en contradiction avec les résultats de l’observatoire national du sport de Tunisie, qui
révèle que plus de la moitié des écoles n’offrent pas de l’éducation physique et sportive. Les enfants
musulmans vivant en Tunisie qui ont participé à notre étude n’ont pas mentionné qu’ils n’avaient pas de
cours d’éducation physique. Par contre, nos résultats avec les enfants tunisiens vivant au Québec sont
cohérents avec la stratégie du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport qui consiste à consacrer
beaucoup plus de temps à l’éducation physique et à la santé au niveau scolaire (Ministre de l'Éducation
du Loisir et du Sport, 2018). En effet, ces enfants ont bien démontré un intérêt envers les AP, une bonne
connaissance de différentes disciplines sportives et une tendance à être toujours actifs, ce qu’on considère
être le résultat de ce projet pilote mis en place par le ministère.

5.1.6 Autres facteurs

D’autres facteurs ont affecté les pratiques physiques et actives chez les enfants participant à notre étude,
notamment la qualité des infrastructures sportives dans le pays, un facteur dont les données différaient
entre les deux pays.

À ce sujet, les résultats qui concernent les enfants musulmans d’origine tunisienne résidant au Québec
sont similaires à ceux de l’Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie.
Cet institut mentionnait qu’en 2010-2011, plus de 90 % des parents confirmaient la disponibilité des parcs,
des piscines et des espaces extérieurs à proximité de leur résidence (Canadian Fitness and Lifestyle

72
Research Institute, 2013). Dans le même sens, plus de 90 % des directeurs d’établissements scolaires au
Canada affirment que les infrastructures sportives sont accessibles aux élèves (Bulletin de l’activité
physique et chez les jeunes, 2012, p. 53).

5.2 Perceptions des parents

5.2.1 Facteurs socioculturels

Les résultats pour les deux groupes de parents étaient similaires : tous les parents ont affirmé qu’ils ne
pratiquaient presque pas d’APS. Ainsi, nos résultats corroborent les résultats de l’observatoire national du
sport de Tunisie, qui atteste que les femmes en Tunisie pratiquent moins d’APS que les hommes. Cette
réalité serait en lien avec la reproduction des valeurs sociales dominantes dans le domaine des sports
(Pocciello et al., 1995, cité dans l’étude de l’observatoire national du sport de Tunisie, 2021, p. 41), c’est-
à-dire que la domination de la mentalité masculine sur les pratiques sportives donne plus de liberté à
l’homme qu’à la femme.

Du côté du Canada, nos résultats sur les pratiques sportives des parents tunisiens vivant au Québec sont
similaires à ceux de l’Agence de la santé publique du Canada (2023) qui révèle qu’en 2018, les femmes au
Canada respectaient moins les recommandations mondiales pour l’AP que les hommes, avec un
pourcentage de respect des recommandations de 46 % pour les femmes et de 52 % pour les hommes.

Connaissances et pratiques physiques et sportives

Nous considérons que l’alphabétisation est un facteur impactant les connaissances des parents dans
différents domaines, dont le domaine des APS. Les résultats pour les deux groupes de parents étaient
similaires, c'est-à-dire qu'ils ne disposaient pas de connaissances très approfondies sur les disciplines
sportives. Dans ce sens, nos résultats sur les parents résidants en Tunisie ne corroborent pas ceux de
l’étude de Catin et Hazem (2012), qui révèlent que le taux d’alphabétisation en Tunisie, en 2004, était très
important chez les hommes. En effet, le taux de ces derniers dépassait les 80 % tandis que celui des
femmes se situait à 61 %. En réalité, bien que ce taux d'alphabétisation soit élevé, notre échantillon de
population ne possédait pas beaucoup de connaissances dans le domaine sportif.

Pour les parents vivant au Québec, nos résultats corroborent les résultats de l’étude du ministère de
l’Immigration du Canada qui révèlent qu’en 2016, 44 % des parents tunisiens au Canada possédaient un

73
diplôme de baccalauréat et que 15 % possédaient l’équivalent d’un diplôme d’études collégiales
(Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, 2019). Ces statistiques permettent de
comprendre la raison pour laquelle nous avons trouvé une différence entre la perception des
connaissances des pratiques physiques et sportives chez les parents en Tunisie et au Québec.

Au niveau de la pratique des APS chez les parents, nos résultats corroborent ceux de l’observatoire
national du sport de Tunisie qui révèlent que moins d’un quart de la population tunisienne est active (Sakli
et al, 2021). Par contre, pour les parents vivant au Québec, nos résultats contredisent ceux de l’Agence de
la santé publique du Canada (2023). En effet, cette dernière révélait qu’en 2018, près de la moitié des
adultes étaient physiquement actifs, les hommes étant plus actifs que les femmes.

5.2.2 Facteurs socioéconomiques

La situation financière des parents des deux groupes ne présentait pas de similitude. La situation financière
des parents vivant au Québec semblait plus stable que celle des parents vivant en Tunisie, ce qui peut
représenter un facteur ayant un impact sur l’AP des parents et de leurs enfants. À ce sujet, nos résultats
sont similaires à ceux du ministère de l’Immigration du Canada qui révélait qu’en 2016, 64 % des Tunisiens
vivant au Canada avaient un revenu d’emploi, alors que 12 % étaient au chômage (Ministère de
l’Immigration, 2019). La situation socioéconomique était tout autre en Tunisie alors qu’au quatrième
trimestre de l’année 2022, le taux de chômage était de 31 % (Institut national de statistique de Tunisie,
2022). Cela représente un impact important, sachant que les parents ayant une situation financière stable
participent beaucoup plus dans des APS avec leurs enfants (Clark, 2014).

5.2.3 Facteurs climatiques

APS et hiver

Au sujet des facteurs climatiques et de leur impact sur la pratique des AP des parents et de leurs enfants,
on peut dire qu’il y a une certaine similarité dans les perceptions des participants à ce propos en Tunisie
et au Québec. C’est un fait, les gens sont moins actifs en hiver au Québec (Institut national de santé
publique du Québec 2020) et nos résultats vont aussi en ce sens. La météo affecte beaucoup l’AP chez les
adultes et même chez les enfants (Tucker & Gilliland, 2007).

74
Dans ce sens, nous avons remarqué que les participants au Québec, que ce soit les parents ou les enfants,
n’ont pas parlé des sports d’hiver, mis à part un seul couple de parents au Québec. En effet, selon nos
résultats, nous considérons que cette catégorie de la population québécoise d’origine nord-africaine n’a
aucun intérêt envers les sports d’hiver.

5.2.4 Facteurs religieux

Normes de l’Islam et APS

Les résultats des deux groupes sont similaires quant aux pratiques physiques et sportives en rapport avec
le respect des normes de l’Islam, en Tunisie et au Québec. En effet, les parents tunisiens semblent très
conservateurs dans les deux pays. Nos résultats corroborent ceux de Tlili qui révèlent que la notion de
nudité chez la femme est prédominante dans sa présentation traditionnelle dans la société, ce qui
l’empêche de pratiquer des sports qui ne sont pas conformes aux normes concernant les vêtements
féminins dans l’Islam (Tlili, 2002).

Les résultats de l’étude de Carroll et Hollinshead sont également similaires aux nôtres. En effet, les parents
tunisiens en Tunisie et au Québec sont stricts en matière de pratique des devoirs religieux, notamment en
ce qui concerne le jeûne du Ramadan, que les enfants trouvent lourd et qui diminue leurs performances
physiques. Cela explique pourquoi les enfants respectent les normes religieuses. Toujours selon les mêmes
auteurs, les parents insistent sur le fait que la priorité doit être accordée à l’apprentissage et à la pratique
des devoirs religieux (Carroll & Hollinshead, 1993).

5.2.5 Facteurs de santé

Pratique des APS pendant la pandémie de COVID-19

Les perceptions des deux groupes de parents au sujet des pratiques physiques et sportives pendant la
période de COVID-19 sont similaires. En effet, les parents des deux pays ont mentionné que leur pratique
d’APS a diminué pendant la pandémie. Ainsi, nos résultats corroborent ceux de l’institut Vanier de la
famille (2020) qui montrent une diminution de la pratique des pratiques d’APS au Québec pendant la
pandémie. Hormis cela, Bourgou et ses collaborateurs (2022) ont démontré que pendant la pandémie,
plus des trois quarts des parents en Tunisie avaient adopté la modalité de travail en ligne, ce qui implique
moins de déplacements, donc potentiellement moins d’AP. Le confinement, bien que nécessaire pour faire
face à la pandémie, a participé à l’augmentation de la sédentarité pour la population des deux pays.

75
Nous considérons donc que la pandémie de COVID-19 a été un obstacle important à la pratique d’APS, ce
que les résultats de notre étude montrent bien pour les deux populations.

5.2.6 Autres facteurs

Influence du niveau académique des parents

Nous considérons que les parents ayant un bon niveau académique sont plus conscients de l’importance
des pratiques sportives et que, de ce fait, ils encouragent leurs enfants à être physiquement actifs.
Effectivement, nous avons remarqué que les parents ayant un niveau académique plus avancé ont
démontré plus d’intérêt pour les disciplines sportives que les parents non diplômés. Ainsi, les parents en
Tunisie n’ont pas démontré d’intérêt remarquable à ces pratiques sportives ni pour eux ni pour leurs
enfants. Mais pour ce qui est du Québec, nos résultats sont comparables aux données statistiques pour le
Canada. Ces dernières révèlent que les enfants ayant l’un des parents avec un baccalauréat sont plus actifs
que ceux ayant des parents avec un diplôme de secondaire (Clark, 2014).

5.3 Limites, forces et retombées

Il est important de mentionner que cette étude possède des limites. D’abord, le nombre réduit de parents
participants, qui se traduit par un manque de diversité des participants dans les deux pays. En effet, nos
participants en Tunisie vivent tous dans la même région, au contraire des Tunisiens au Québec qui sont
issus de différentes régions de la Tunisie. Une autre limite est associée au fait que les parents recrutés
étaient volontaires. Par ailleurs, il faut prendre en considération que notre question de recherche était
intéressante pour eux, ce qui peut avoir un impact sur leurs réponses par rapport à d’autres participants
potentiels qui n’auraient pas eu cet intérêt pour notre question. De plus, les réponses dépendent de la
perception qu’ont les participants de la question. De ce fait, on ne peut pas généraliser les résultats de
cette étude à l’ensemble de la population tunisienne musulmane, qu’il soit question des enfants ou des
parents.

Par ailleurs, comme il y a peu de données dans la littérature actuelle qui traitent les facteurs motivants et
les obstacles à la pratique des APS chez la population maghrébo-musulmane, on peut dire que la force de
notre étude est que nous jetons les premières pierres sur cette question de recherche.

76
En conclusion, à la lueur des résultats de notre étude, une piste a été évoquée pour explorer davantage
cette question de recherche pour mieux appréhender l'impact des facteurs socioculturels, socio-
économiques, pédagogiques, climatiques et religieux… etc. sur la vie physique et active de cette tranche
d’âge des participants venant d’un milieu croyant aux normes du Coran. En effet, des études futures
pourraient investiguer avec d’autres pays maghrébins pour en savoir plus sur la perception de cette
communauté maghrébo-musulmane envers les pratiques des APS. De plus, l’utilisation de la méthode
mixte de recherche et de collecte de données en utilisant la méthode quantitative et qualitative ensemble.
À titre d’exemple, l’utilisation de l’échelle de motivation dans le sport (EMS-28) avec la méthode de
recherche qualitative.

77
CONCLUSION

Notre étude porte sur les sources de motivation et les obstacles à la pratique des APS chez les enfants
musulmans résidants au Québec et en Tunisie. Notre objectif principal était la comparaison des
perceptions des enfants et des parents quant à ces pratiques.

Pour atteindre cet objectif, nous avons utilisé la méthode de recherche qualitative basée sur des entrevues
semi-dirigées avec les enfants et avec les parents dans le but de mieux comprendre les facilitateurs et les
obstacles à la pratique d’AP chez une population musulmane qui respecte les normes du Coran.

Au moment de la comparaison des perceptions des groupes d’enfants et des groupes de parents, nous
avons trouvé des similitudes et des différences. En effet, plusieurs facteurs ayant un impact sur la pratique
des APS ont été révélés. Ces facteurs sont les suivants : facteurs socioculturels, facteurs socioéconomiques,
facteurs climatiques, facteurs religieux, facteurs de santé, facteurs pédagogiques avec d’autres facteurs.

Les perceptions des enfants tunisiens vivant en Tunisie et au Québec sont similaires dans certains points
et différentes dans d’autres. En effet, sur le plan socioculturel, nous avons remarqué une similitude quant
à la prédominance masculine dans la pratique des APS dans les deux pays. De tous les groupes, c’est le
groupe des filles vivant en Tunisie qui était le moins actif. D’autre part, le milieu de vie a joué un rôle
primordial comme obstacle à la pratique des AP chez les enfants en Tunisie, ce qui n’était pas le cas pour
ceux vivant au Québec puisqu’ils habitaient dans des centres urbains, près de toutes les infrastructures
sportives. De plus, les connaissances et les acquis dans le domaine sportif ne sont pas les mêmes d’un pays
à l’autre ; les enfants tunisiens en Tunisie vivent selon des normes plus traditionnelles que ceux au Québec.
Ce manque de connaissances pourrait être lié au manque d’encadrement des enfants dans le milieu
scolaire en Tunisie en matière d’éducation physique et sportive. Ce manque d’encadrement et de
sensibilisation en Tunisie a engendré une pratique sportive moins importante chez les enfants vivant en
Tunisie par rapport aux enfants tunisiens résidant au Québec.

Malgré ces différences, les enfants en Tunisie et au Québec se ressemblent sur un point : les raisons pour
lesquelles les enfants pratiquent des AP. En effet, la majorité des enfants aiment faire des AP et
considèrent cette pratique comme une source de force, de bonheur et une occasion pour rencontrer leurs
amis.

78
Sur le plan climatique, les perceptions des enfants en Tunisie et au Québec étaient semblables pour les
deux sexes. Ils se sont entendus sur le fait que la sévérité de l’hiver empêchait les enfants de pratiquer des
AP autres que celles où leurs parents les emmènent. L’hiver présente un obstacle réel à la pratique d’APS,
d’autant plus que le froid est beaucoup plus accentué au Québec qu’en Tunisie. Par contre, nous n’avons
pas constaté de différence concernant l’impact de l’hiver pour les participants en Tunisie et au Québec.
Pourtant, l’hiver au Canada, les températures sont largement inférieures à celles qu’on retrouve en hiver
en Tunisie. Et bien qu’il existe plusieurs sports d’hiver se pratiquant à l’extérieur du Québec, un seul couple
vivant au Québec a mentionné faire un sport d’hiver. Ce fait ne nous a pas étonné, étant donné que la
population à l’étude est d’origine nord-africaine et qu’elle n’est pas très familiarisée avec le climat ou les
sports d’hiver.

Pour ce qui est du respect des normes religieuses, les participants en Tunisie et au Québec ont eu des
perceptions similaires. Tous les enfants ont montré une considération très importante au jeûne et aux
normes de nudité en lien avec la pratique des AP. En effet, leur mode de vie est moins actif pendant le
mois du Ramadan, ce qui peut être un obstacle à la régularité quant aux pratiques physiques et sportives.

Sur le plan santé, les résultats des perceptions des enfants tunisiens dans les deux pays étaient les mêmes
face à la pratique des AP pendant la période de la COVID-19, sans aucune prédominance d’un sexe par
rapport à l’autre. En effet, tous les enfants tunisiens ont décrit un état de sédentarité plus accentué
pendant la pandémie qu’auparavant, ce qui nous permet de considérer ce facteur comme étant un grand
obstacle qui a favorisé la sédentarisation.

En ce qui concerne l’aspect pédagogique, nous avons remarqué que les perceptions des enfants des deux
groupes se ressemblaient, puisqu’ils démontraient un intérêt et un plaisir face aux séances d’éducation
physique, ce qui traduit une pédagogie adéquate. Cependant, les stratégies d’enseignement des deux pays
diffèrent, puisqu’au Québec, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport fournit plus d’efforts que le
gouvernement tunisien pour améliorer le niveau d’AP dans le milieu scolaire, ce qui présente un facteur
aidant et motivant pour les enfants au Québec. À l’opposé, l’absence d’une stratégie semblable en Tunisie
représente un obstacle majeur à la pratique d’APS pour les enfants.

Sur le plan des infrastructures sportives, les perceptions des enfants tunisiens diffèrent entre les deux pays.
Les enfants musulmans vivant en Tunisie ont révélé deux obstacles importants : l’insuffisance
d’infrastructures sportives, comme des clubs sportifs ou des maisons de jeunesse ; et le fait qu’ils

79
habitaient loin des infrastructures existantes. À l’opposé, les enfants vivant au Québec n’ont pas
mentionné de problème en matière d’accessibilité à ce genre d’infrastructures. De ce fait, on considère
que l’accessibilité aux centres sportifs pour les enfants représente une source de motivation à la pratique
d’AP.

Les perceptions des parents ont montré des éléments similaires et des différences dans les facteurs.

Sur le plan socioculturel, les perceptions des parents dans les deux pays sont similaires. En effet, ils n’ont
pas de véritable intérêt face à la pratique des APS, ce qui peut être un obstacle à être physiquement actif.

Pour ce qui est des connaissances sportives, l’ensemble des parents au Québec semblaient plus cultivés,
même s’ils présentaient une absence d’intérêt à la pratique des AP pour eux-mêmes. Nous considérons
tout de même qu’il s’agit d’un facteur motivant, puisque plus les parents sont conscients de l’importance
de cette pratique, plus ils encourageront leurs enfants à être physiquement actifs. À l’inverse, l’ensemble
des parents en Tunisie présentaient des connaissances superficielles au sujet du sport, et nous considérons
que ce degré de connaissances sportives représente un obstacle majeur à la pratique des AP.

En ce qui concerne la pratique d’APS, les perceptions des parents dans les deux pays sont parfaitement
similaires : ils ne pratiquent pas d’AP. Cela découle probablement du facteur précédent (l’absence
d’intérêt et le manque de connaissances sportives).

Sur le plan socioéconomique, la situation financière des parents dans les deux pays est très différente. En
Tunisie, les parents ont une profession modeste ou instable, ce qui affecte les préoccupations des parents
et place l’aspect financier comme une priorité. Au contraire, au Québec, la situation financière des parents
est plus stable, ce qui est corroboré avec la littérature qui a démontré que les enfants des parents ayant
une situation socioéconomique stable sont plus actifs que ceux ayant des problèmes financiers.

Au sujet de l’influence du climat, les perceptions des parents en Tunisie et au Québec sont similaires,
même si l’hiver est plus sévère au Canada. Les parents en hiver sont plus sédentaires, ce qu’on considère
comme un facteur qui participe à la sédentarisation des enfants.

Sur le plan religieux, nous avons remarqué que les parents dans les deux pays respectent beaucoup les
normes du Coran et enseignent ce respect à leurs enfants, ce qui montre l’importance de la religion dans

80
leur vie. Ils considèrent certaines normes comme la nudité, le jeûne et la pratique des prières comme des
lignes rouges à respecter avant tout, ce qui représente une condition imposée par les parents à leurs
enfants.

Concernant le facteur santé, nous avons constaté une similitude entre les perceptions des parents résidant
en Tunisie et ceux résidant au Québec. En effet, tous les couples ont indiqué qu’ils considéraient que la
pandémie était grave et qu’ils respectaient de façon rigoureuse les restrictions du gouvernement quant
au confinement et à la limitation des contacts avec autrui, peu importe leur pays de résidence. Dans les
deux cas, nous avons noté une plus grande sédentarisation pendant la période de la COVID-19, tant pour
les enfants que pour les parents. Nous considérons donc que la pandémie était un véritable obstacle à la
pratique d’AP.

Nous avons conclu que l’influence du niveau académique des parents sur la pratique d’AP de leurs enfants
semble un facteur important selon les résultats de notre étude.

Nous concluons donc que les résultats comparatifs des perceptions des enfants et des parents musulmans
d’origine tunisienne vivant en Tunisie et au Québec sur la pratique des APS révélaient des similarités et
des différences. En effet, ces échantillons de la population tunisienne résidant en Tunisie et au Québec
nous ont montré qu’il existe plusieurs facteurs qui ont joué le rôle d’obstacles et de facilitateurs à la
pratique d’APS. Nous considérons tout de même que le facteur le plus important est associé aux normes
religieuses, puisqu’il a un impact sur la nature et la qualité des pratiques physiques de la population
étudiée. Un deuxième facteur très important est le facteur socioéconomique, puisqu’il peut aider ou
empêcher la famille tunisienne d’être plus active, que ce soit en Tunisie ou au Québec. Finalement, sans
surprise, le facteur de la pandémie a eu un impact important sur la pratique d’APS pendant la période de
l’étude.

En bref, nous espérons que notre étude contribuera au développement des connaissances sur les sources
de motivation et les obstacles à la pratique des APS chez les enfants musulmans tunisiens en Tunisie et au
Québec. À ce propos, notre étude permet de mieux comprendre les facteurs qui peuvent diminuer la
sédentarisation des enfants et de leurs parents et permet aussi de proposer des recommandations qui
peuvent améliorer le niveau d’AP chez les enfants.

81
Ainsi, nous recommandons le développement du programme d’éducation physique et sportive en Tunisie
et sa généralisation à toute la Tunisie. Nous recommandons également un programme de sensibilisation
sur l’importance des APS qui viserait à améliorer le niveau d’AP dans le milieu scolaire et même ailleurs.
Ensuite, il serait intéressant que le ministère de la Jeunesse et des Sports en Tunisie développe et améliore
les infrastructures sportives pour faciliter l’accès des enfants aux centres sportifs et ainsi diminuer la
sédentarité chez cette tranche d’âge. Finalement, il serait souhaitable que les parents évitent d’obliger
leur enfant aux pratiques religieuses à un âge précoce. Notons qu’il ne s’agit pas ici d’un avis de type pour
ou contre la religion musulmane, mais d’un aménagement souhaitable à l’intérieur de la religion pour ceux
qui la pratiquent.

Enfin, nous espérons que notre travail de recherche motivera d’autres chercheurs à développer le sujet
de la pratique des APS dans la communauté musulmane en utilisant d’autres méthodes de collecte de
données comme la méthode mixte (qualitative et quantitative).

82
ANNEXE A
GRILLE DE CODAGE DES ENFANTS

Cette grille de codage contient des unités de sens des enfants sur la pratique des APS et est présentée à titre d’exemple, sachant que dans l’analyse
des données, nous avons attribué à chaque enfant sa propre grille.

Composantes/catégories/sous- Code Définition Exemples d’unités de sens


catégories Enfants en Tunisie Enfants au Québec
C’est l’ensemble des
valeurs ayant un impact sur
Facteurs socioculturels FaSc les structures, les
perceptions et les normes
sociales d’une culture.
C’est la durée qui sépare la « Chaque weekend, on se
naissance d’un individu ou rassemble, moi et mes amis, pour
Âge AG d’un être vivant et une date jouer au stade qui est à côté de
donnée. notre maison » (G2G3T).
« Je choisis le football, car je l’aime « Je fais de la natation au centre
(…), non, la danse, c’est pour les sportif de Dorval avec des amis »
filles » (G2G3T). (G2G1Q).
C’est un caractère physique
« Je choisis la danse (…). Je ne peux « Je préfère le soccer, car je suis
permanent selon lequel on
Sexe SX pas jouer au football, c’est pour les un garçon » (G1G3Q).
différencie le mâle et la
garçons » (F1G3T).
femelle. « Je choisis la gymnastique et la
danse (…). Je ne peux pas jouer
au football, ce n’est pas pour les
filles » (F2G1Q).

83
« J’habite loin de l’école » (G2G2T). « J’habite à Dorval » (G2G1Q).
C’est la partie « Notre maison est loin du centre- « J’habite au centre-ville de
Milieu de vie MiVi géographique où l’homme ville. C’est pour cela que je ne peux Montréal » (F2G1Q).
habite. pas aller à la maison des jeunes »
(F2G1T).
« Je connais le football, le karaté et « Je connais le soccer, le
le tennis » (G2G3T). taekwondo et le tennis »
(G1G3Q).
« Je connais le football, la natation
C’est l’ensemble des (…) et le karaté, c’est tout » « Je connais la danse et la
informations et des normes (F1G3T). gymnastique (…). Je fais de la
Connaissances sportives CoSp que la personne a acquises gymnastique chaque fin de
dans le domaine du sport. semaine » (F2G1Q).
« Les sports que je connais sont
le soccer, la natation et le
basketball » (G2G1Q).
« Moi, je joue chaque jour après « Moi je joue au soccer et je
l’école le football » (G1G1T). regarde souvent les matchs de
l’équipe de l’Espérance sportive
« Je fais le karaté moi et mon amie
de Tunisie avec papa » (G1G3Q).
(…) ça fait un an » (F2G3T).
« Je fais de la natation avec mes
C’est l’ensemble des « Je ne fais pas de sport (…) je ne
deux frères » (F1G2Q).
mouvements et des sais pas pourquoi » (F1G2T).
exercices qui se font en « Je fais de la danse avec mes
Pratiques sportives PrSp « Je n’aime pas le sport (…) j’aime
groupe ou amis dans le centre sportif de la
jouer avec ma poupée, sa maison et
individuellement. Petite-Bourgogne » (F2G2Q).
ses vêtements » (F1G1T)
« Je ne fais pas de sport. Même
quand je rentre en Tunisie
pendant les vacances, je reste
avec mes parents (…). Je n’ai pas
d’amis en Tunisie » (F1G3Q).

84
« Quand je rentre chez moi après « Je fais du karaté, car j’aime ça
l’école, je trouve mes amis en train (…). Je me sens très fort quand je
de jouer au football, donc je joue fais ce sport » (G2G3Q).
avec eux » (G2G3T).
« Mes parents m’ont montré des
C’est la décision par « J’aime le football, car j’aime vidéos de danse et moi, j’ai aimé
laquelle on exprime une Cristiano Ronaldo et je rêve de (…) et ma mère me dit toujours
Raisons de la pratique sportive RaPs préférence à faire quelque devenir un excellent joueur comme que je suis belle quand je danse »
chose. lui » (G2G2T). (F1G1Q).
« Mon frère fait du karaté et je le
regarde toujours pour voir
comment il joue, donc j’ai voulu
faire de même » (F1G3T).
C’est l’ensemble des
éléments de l’atmosphère
Facteurs climatiques FaCli qui agissent sur la météo
comme la température et
l’humidité.
« Je ne peux pas jouer en hiver, car « Pendant l’hiver, je ne joue pas.
c’est très froid et il y a du vent et de Je reste à la maison à regarder la
la pluie. Je joue la fin de la semaine télévision. (…) Je n’aime pas le
C’est la saison la plus froide s’il fait beau » (G1G2T). froid et la neige. Je n’aime pas
de l’année qui s’étend de « J’ai deux séances de karaté par sortir » (G2G2Q).
APS en hiver HVr
décembre à mars. semaine le samedi et le dimanche le « Chaque semaine, papa
matin. J’y vais toujours avec mon m’amène avec sa voiture pour
amie (…) et s’il y a de la pluie, je m’entraîner » (F1G1Q).
reste chez moi ». (F2G3T)
C’est l’ensemble des
Facteurs religieux FaRel croyances liées à la foi
spirituelle.
C’est l’ensemble des règles « Je jeûne une demi-journée (…). Je « Je préfère le soccer et j’aime
Normes religieuses et APS NoR
liées à la foi spirituelle qui me sens fatigué après l’école, donc aussi la natation (…), mais je n’ai

85
organise ce qui est permis je ne peux pas jouer au football » pas d’amis qui font ce sport »
ou interdit et auquel se (G2G3T). (G1G3Q).
réfèrent les jugements.
« Je dois manger pour faire du sport « Je ne peux pas faire ça, car je
(…). C’est interdit de manger me sens honteuse d’être en
pendant le Ramadan » (F2G3T). maillot » (F2G1Q).
« Je ne peux pas porter un maillot « Je fais le jeûne avec mes
(…) mes parents ne me le parents et j’ai toujours un
permettent pas (…) c’est interdit » cadeau si je le fais toute une
(G2G1T). journée » (F2G3Q).
« C’est interdit (…) les gens vont rire « Je m’entraine la fin de la
en me voyant en maillot (…) Dieu semaine, car je ne fais pas le
n’accepte pas ça » (F1G1T). jeûne de demi-journée le
weekend » (G2G2Q).
C’est l’ensemble des
déterminants qui
Facteurs de santé FaSa définissent l’état physique
et moral des individus.

« Je ne suis pas sorti, car mes « On reste toujours à la maison,


parents m’ont dit que si je sortais, moi, mes parents et mes frères,
j’allais mourir à cause de la pour ne pas tomber malades »
pandémie » (G2G2T). (G1G2Q).
Une maladie infectieuse « Moi, je sors chaque jour pour « Pendant la COVID-19, je ne suis
qui ressemble à la grippe jouer avec mon ami au ballon (…). pas sorti de la maison, car mes
COVID-19 CoV causée par un virus qui Mes parents m’ont laissé jouer parents m’ont dit de ne pas
s’appelle SARS-CoV-2 juste à côté de notre maison » sortir » (F1G3Q).
(G1G3T).
« Je ne suis pas sortie du tout, car
mes parents ne veulent pas que je
tombe malade et ils m’ont dit de ne

86
m’approcher de personne »
(F2G2T).
C’est l’ensemble de
stratégies et de méthodes
Facteurs pédagogiques FaPe d’enseignement que
l’enseignant utilise dans
ses cours.
« Je me sens très contente quand « J’aime beaucoup mon
on fait du sport à l’école pendant la professeur, car il nous montre
Une stratégie séance d’éducation physique, car le comment sauter et courir »
d’enseignement qui vise à professeur est très gentil, il fait des (G2G3Q).
développer les blagues et nous montre comment
Cours d’éducation physique et « Je me sens content quand on
EpSp connaissances et les faire les mouvements sportifs »
sportive fait du sport à l’école » (F1G1Q).
compétences physiques et (F2G2T).
sportives. « Le sport est bon pour la santé.
« Mon professeur dit toujours que
(…) Je deviens fort quand je fais
le sport est bénéfique pour notre
du sport » (G1G1Q).
corps » (G2G3T).

Autres facteurs AuFa


« La maison des jeunes est très loin
C’est l’ensemble des de chez nous ; je ne peux pas y
objets, équipements et aller » (F1G1T).
Infrastructures sportives InSt installations qui facilitent la
pratique des activités « J’aime jouer au tennis, mais dans
physiques et sportives. la salle de sport, on n’a pas de
terrain ou d’entraineur » (G2G2T).
« Ma mère me dit que je suis un
Encouragement des parents EnPa champion (…). C’est pour ça que
je dois faire du karaté » (G2G3Q).

87
ANNEXE B
GRILLE DE CODAGE DES PARENTS

Cette grille de codage contient des unités de sens des parents sur la pratique des APS et est présentée à titre d’exemple, sachant que dans l’analyse
des données, nous avons attribué à chaque enfant sa propre grille.

Composantes/catégories/sous- Code Définition Exemples d’unités de sens


catégories Parents en Tunisie Parents au Québec
Facteurs socioculturels FaSc C’est l’ensemble des « On préfère aller souper en
valeurs ayant un impact sur famille ou fêter quelque chose
les structures, les dans un restaurant que d’aller à
perceptions et les normes une salle de sport. (…) On n’est
sociales d’une culture. pas des jeunes pour faire ça »
(P1Q).
« On travaille entre 35 et 40
heures par semaine et,
sincèrement, on n’a pas le temps
pour faire du sport, mais parfois,
on fait des marches » (P2Q).
Âge AG C’est la durée qui sépare la
naissance d’un individu ou
d’un être vivant et une date
donnée.
Sexe SX C’est un caractère physique
permanent selon lequel on
différencie le mâle et la
femelle.

88
Milieu de vie MiVi C’est la partie
géographique où l’homme
habite.
Connaissances sportives CoSp C’est l’ensemble des « On connait le football et le « On connait pas mal de types de
informations et des normes handball, c’est tout. (…) On regardesport comme la marche, le
que la personne a acquises ça à la télévision quand l’équipe tennis, le football, le basket et le
dans le domaine du sport. nationale joue, pas plus » (P2T). handball, mais ce n’est pas un
intérêt prioritaire dans notre vie
« On regarde souvent les
puisque la vie, au Québec n’est
compétitions de football, de
pas facile » (P1Q).
natation et de tennis. (…) On
connait Ons Jabeur qui est classée « On regarde le tennis quand Ons
5e à l’échelle mondiale. On aime Jabeur joue dans les tournois
aussi Lionel Messi, le joueur de parfois » (P3Q).
l’équipe de Barcelone, et Ayoub
Hafnaoui qui a gagné une médaille
d’or dernièrement aux États-Unis »
(P4T).
« Le sport est très important pour
le corps et pour la santé de l’être
humain » (P3T).
Pratiques sportives PrSp C’est l’ensemble des « On n’a jamais pratiqué de sport. « On fait des marches ou des
mouvements et des (…) Les gens bien font ça. (…) Nous, courses quand il fait beau, mais
exercices qui se font en on n’est pas riche pour faire du seulement quand on a le temps,
groupe ou sport » (P1T). pas d’une façon régulière »
individuellement. (P4Q).
« On n’a pas le temps pour faire du
sport. (…) On doit travailler pour
vivre, surtout avec l’augmentation
des frais de subsistance en Tunisie
après la révolution » (P3T).
Raisons de la pratique sportive RaPs C’est la décision par « Il n’existe pas de choix pour le « Généralement, les garçons font
laquelle on exprime une sport dans la région. (…) On habite du football, du handball, du
loin du centre-ville. (…) On sait tous tennis ou du judo et les filles font

89
préférence à faire quelque que les garçons préfèrent jouer au de la danse, de la gymnastique
chose. football et que les filles préfèrent ou des sports aquatiques »
les poupées et la balançoire » (P1Q).
(P2T).
« Il est important de prendre en
« Le choix du sport dépend considération le choix de l’enfant
toujours des types d’activités et de le respecter, car ça va
physiques disponibles dans la l’aider peut-être à développer un
région. (…) On croit bien que talent » (P3Q).
l’enfant doit choisir lui-même le
sport à pratiquer, mais on croit
aussi que les garçons ont toujours
une tendance à choisir le football,
car c’est un sport plutôt masculin »
(P4T).
« Nous consacrons la fin de la
semaine à notre fille pour
l’emmener faire du karaté, car on
croit toujours à l’importance du
sport » (P4).
« Ce n’est pas nous qui choisissons
ce que notre enfant veut faire
comme sport. C’est souvent lui qui
choisit de jouer au football au stade
à côté de la maison, car il aime ça »
(P3T).
Facteurs socioéconomiques FaSe C’est l’ensemble des
normes économiques ayant
un impact sur la société.
Situation financière SiFin C’est l’ensemble de l’état et « On n’a pas un métier stable. (…) « On a un budget bien précis
des performances Je fais parfois du jardinage, parfois pour les cours de natation de
matérielles d’une personne des livraisons, et ma femme fait du notre enfant » (P2Q).
ou d’une entreprise. ménage à la demande » (P2T).

90
Facteurs climatiques FaCli C’est l’ensemble des
éléments de l’atmosphère
qui agissent sur la météo
comme la température et
l’humidité.
C’est la saison la plus froide « Nos enfants ne font pas de sport « L’hiver ici est insupportable par
de l’année qui s’étend de en hiver ni en été. (…) Le froid en rapport à la Tunisie et,
décembre à mars. hiver est très sec et la journée est sincèrement, si on en avait la
très courte. (…) Aussi, les enfants possibilité, on ne travaillerait
doivent étudier, donc il n’y a pas qu’à distance. (…) On préfère que
assez de temps pour faire des nos enfants jouent avec les jeux
activités physiques » (P2T). vidéo ou regardent la télévision,
car on n’a pas déjà de voiture
« Comme vous le savez, le froid en
APS en hiver HvR pour se déplacer. On ne se
hiver est insupportable et comme
déplace que pour aller travailler
enseignants, on préfère que notre
ou pour ramener les enfants à
fille se concentre sur ses études au
l’école » (P4Q).
cours de la semaine, sachant qu’on
l’amène s’entraîner avec ses amis la « Pendant les vacances, on
fin de semaine, sauf dans les voyage à Québec pour s’amuser
périodes des examens » (P4T). avec notre fils en faisant le ski de
fond » (P3Q).
C’est l’ensemble des
Facteurs religieux FaRel croyances liées à la foi
spirituelle.
C’est l’ensemble des règles « Les normes de la religion sont très « Le respect des normes de
liées à la foi spirituelle qui sacrées pour nous et sont plus l’islam est très important,
organise ce qui est permis importantes que tout. (…) Le sport surtout les prières et le jeûne. (…)
ou interdit, et auquel se n’est pas une priorité par rapport à Nos enfants sont à un âge où ils
Normes religieuses et APS NoR réfèrent les jugements. la prière et le jeûne lors du doivent apprendre à prier et à
Ramadan » (P3T). faire le jeûne de temps en temps,
car après la puberté, ces
« Le respect de la Awra est
indispensable. (…) On a hérité ça de

91
nos parents. (…) Le prophète pratiques deviennent des devoirs
Mohamed nous a dit que l’homme religieux » (P1Q).
doit toujours couvrir la partie de
« Apprendre à nos enfants
l’ombilic aux genoux et que la
comment faire les prières et
femme, après l’adolescence, doit
s’adapter à faire le jeûne avant la
se voiler et ne pas porter de
puberté est plus important
vêtements courts » (P1T).
qu’aller s’entraîner. (…) C’est un
héritage et c’est une
responsabilité devant le bon
Dieu » (P4Q).
« Notre prophète Mohamed
nous a conseillé d’être polis et
respectueux avec les autres, de
faire les prières à temps, de
respecter les limites de nudités,
car c’est primordial dans notre
vie en tant que musulmans,
même au sport » (P2Q).
« On ne peut pas obliger une fille
à cet âge-là ou plus à porter le
voile. C’est un choix. Et même
pour le comportement
vestimentaire, on est en 2023.
C’est différent des années 90 »
(P3Q).
C’est l’ensemble des
déterminants qui
Facteurs de santé FaSa définissent l’état physique
et moral des individus.
Une maladie infectieuse qui « La COVID-19 est une maladie très « Selon les restrictions du
COVID-19 CoV ressemble à la grippe grave, on souffre jusqu’à présent gouvernement, on est resté
de ses séquelles et avec les

92
causée par un virus qui restrictions du gouvernement, on confiné pour se protéger de la
s’appelle SARS-CoV-2 était toujours coincé à la maison propagation du virus » (P1Q).
pour notre sécurité » (P1T)
« On a vécu des moments
« On ne joue pas avec la COVID-19 difficiles pendant la pandémie et
c’était obligatoire de rester à la on se trouve aujourd’hui avec
maison, donc rien à faire, c’est une tendance à rester à la
plutôt bouger moins pour se maison souvent » (P2Q).
protéger » (P4T).

Autres facteurs AuFa


C’est l’ensemble des objets, « On n’a pas d’infrastructures « Ce qu’on trouve efficace au
équipements et sportives dans notre région (…) on Québec, c’est la disponibilité de
installations qui facilitent la a seulement une maison de plusieurs centres sportifs dans la
pratique des activités jeunesse » (P1T). ville. Ça nous évite, à nous et à
physiques et sportives. notre enfant, de nous déplacer
loin » (P3Q).
« Ce qu’on trouve efficace au
Québec c’est la disponibilité de
Infrastructures sportives InSt plusieurs centres sportifs dans la
ville ce qui nous évite à l’enfant
de façon générale de se déplacer
loin » (P3Q).
« Au Québec, il existe de dizaines
des clubs sportifs par rapport à la
Tunisie, ce qui rend les pratiques
sportives plus accessibles aux
enfants et aux parents » (P4Q).
C’est le niveau de scolarité « Nous sommes des ouvriers et « On nous a toujours appris à
qu’une personne atteint. notre vie n’est pas simple, donc on l’école, au secondaire, à
Niveau académique des a d’autres préoccupations que l’université que l’activité
NiAcP
parents l’activité physique, honnêtement » physique maintient la bonne
(P1T). santé » (P2Q).

93
« On fait ce qu’on peut pour que « Souvent, les articles
notre fille soit physiquement scientifiques parlent du rapport
active » (P4T) morbidité et inactivité
physique » (P3Q).

94
ANNEXE C
GUIDE D’ENTREVUES AVEC LES PARTICIPANTS EN FRANÇAIS

95
ANNEXE D
GUIDE D’ENTREVUES AVEC LES PARTICIPANTS EN ARABE

96
ANNEXE E
FORMULAIRE DE CONSENTEMENT DES PARENTS

97
98
99
100
101
ANNEXE F
FORMULAIRE DE CONSENTEMENT DES ENFANTS

102
103
104
105
106
ANNEXE G
CERTIFICAT ÉTHIQUE EPTC 2 : FER

107
ANNEXE H
CERTIFICAT D’APPROBATION ÉTHIQUE

108
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