REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
INSTITUT NATIONAL SUPERIEUR DE SAGE FEMME DE TLEMCEN
LE TRANSIT
GASTRO-ŒSOPHAGIEN
Présenté par : Dérigé par:
GOURARI Sara M
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[Link] :
Le transit
gastro- Année universitaire : 2024 / 2025
œsophagien (TGO) désigne le trajet physiologique des aliments depuis la cavité
buccale jusqu’à l’estomac, en passant par le pharynx et l’œsophage. Ce
processus complexe implique une coordination fine entre les structures
anatomiques et les mécanismes neuro-musculaires :
Phase oropharyngée : propulsion volontaire initiée par la langue.
Phase œsophagienne : péristaltisme involontaire assurant le transport du
bol alimentaire.
Ouverture du cardia : relâchement du sphincter œsophagien inférieur
(SOI) permettant le passage dans l’estomac.
Toute altération de ce transit peut entraîner des symptômes cliniques variés
(dysphagie, régurgitations, douleurs thoraciques), nécessitant une exploration
radiologique précise. L’examen de référence reste le transit œso-gastro-
duodénal (TOGD) au sulfate de baryum.
2 .Anatomie et Physiologie du Transit Gastro-Œsophagien :
[Link] :
Œsophage : tube musculo-membraneux long de 25 cm, reliant le pharynx
à l’estomac.
-Divisé en tiers cervical, thoracique et abdominal.
-Présence de deux sphincters :
Supérieur (strié, sous contrôle volontaire).
Inférieur (lisse, involontaire = cardia).
Jonction œsogastrique : zone critique située au niveau du diaphragme,
traversant le hiatus œsophagien.
Estomac : réservoir recevant le bol alimentaire, avec des régions
anatomiques (fundus, corps, antre) et des mouvements propulsifs pour la
digestion.
[Link] :
Péristaltisme primaire : onde motrice coordonnée déclenchée par la
déglutition.
Péristaltisme secondaire : réponse locale à la distension œsophagienne.
Relâchement du SOI : médié par le nerf vague et les neurotransmetteurs
inhibiteurs.
Fonction anti-reflux : pression tonique du SOI + angle d’His + cloupin
diaphragmatique.
3. Technique d'examen du TGO (Transit œso-gastro-duodénal —
TOGD) :
3.1. Indications principales :
Dysphagie, reflux gastro-œsophagien (RGO), douleur thoracique ou
digestive inexpliquée.
Suspicion de sténose, diverticule, fistule, hernie hiatale.
Bilan préopératoire avant chirurgie digestive.
Recherche d'ulcérations, masses, polypes, anomalies muqueuses ou
troubles moteurs.
3.2. Positionnement et déroulement :
Examen principalement réalisé en position debout pour reproduire le
transit physiologique et visualiser la progression du produit de contraste.
Selon le besoin, patient en décubitus dorsal ou latéral ; inclinaisons de la
table peuvent aider la progression du contraste (antérieure ou postérieure).
Acquisition en fluoroscopie pour visualiser la dynamique (péristaltisme,
passage au niveau du cardia, régurgitations).
Interprétation : recherche d'altérations du calibre, d'anomalies de la
muqueuse, de signes de reflux, d'obstacles ou de modifications de la
motricité.
3.3. Interprétation :
L’examen permet d’évaluer :
Le calibre et la continuité de la lumière œsophagienne.
La présence de rétrécissements, ulcérations, masses ou diverticules.
La motricité œsophagienne (péristaltisme, spasmes).
Le reflux gastro-œsophagien (remontée du baryum).
La position et la morphologie de l’estomac.
4. Pathologies et leur impact sur le transit :
4.1. Troubles moteurs de l'œsophage
[Link] :
Trouble moteur où le sphincter inférieur de l'œsophage ne se relâche pas et le
péristaltisme œsophagien est absent. Au transit baryté, on observe une dilatation
marquée de l'œsophage avec un rétrécissement en « bec d'oiseau » au niveau du
sphincter inférieur, sans contractions péristaltiques normales, expliquant la
dysphagie et les régurgitations.
[Link] œsophagien diffus :
Un trouble de la motricité de l'œsophage, caractérisé par des contractions
musculaires anormales, simultanées et hyperdynamiques. Cela peut provoquer
une douleur thoracique intense et des difficultés à avaler (dysphagie). Lors d'une
fluoroscopie, ce spasme peut se manifester par un aspect en tire-bouchon de
l'œsophage, en raison de contractions simultanées et non coordonnées du muscle
lisse.
4.2. Pathologies inflammatoires et dégénératives et tumorales :
4.2.1. Diverticules de Zenker :
Herniation de la muqueuse à travers la couche musculaire, visible au transit
œsophagien par une image de poche de contraste en dehors du trajet normal de
l'œsophage, pouvant entraîner des régurgitations et risques d'aspiration.
4.2.2. Carcinome de l'œsophage :
Un cancer qui prend naissance dans les cellules qui tapissent l'œsophage. Visible
en transit baryté par un rétrécissement irrégulier voire une obstruction du calibre
œsophagien. Le contraste met en évidence une surface muqueuse irrégulière et
un ralentissement du transit.
4.2.3. Polypes gastriques :
Formations tissulaires visibles par transit baryté comme des masses sessiles ou
pédiculées projetant dans la lumière gastrique. Ils peuvent entraîner une
obstruction partielle du transit s'ils sont volumineux.
4.2.4. Adénocarcinome gastrique :
Désigne une tumeur maligne primitive se développant à partir de l'épithélium
gastrique. Il s'agit de la tumeur maligne gastrique la plus fréquente et de la
troisième tumeur maligne gastro-intestinale la plus fréquente après le cancer du
côlon et le cancer du pancréas.
4.3. Pathologies obstructives non tumorales :
4.3.1.Bézoard :
Masse intragastrique formée de matière concrétée, observable à l'imagerie
comme une opacité bourgeonnante non mobile dans la lumière gastrique,
responsable d'une obstruction partielle du transit.
4.3.2. Le volvulus gastrique :
Une pathologie rare, souvent méconnue, définie par une rotation de tout ou d'une
partie de l'estomac par rapport à l'un de ses axes, créant des conditions
favorables à une occlusion digestive haute, avec pour conséquence un risque
d'étranglement, d'ischémie et de nécrose gastrique.
4.4. Reflux et hernie :
4.4.1. Hernie hiatale :
Le passage anormal d'une partie de l'estomac à travers le hiatus œsophagien vers
le médiastin.
4.4.2. Reflux gastro-œsophagien (RGO) :
Le transit peut montrer une régurgitation de produit de contraste dans
l'œsophage ou des signes d'œsophagite (irrégularité et œdème de la muqueuse).
4.5. Anomalies morphologiques et positionnelles de l'estomac :
4.5.1. Estomac en cascade :
L'estomac en cascade, également appelé configuration en coupe et déversement,
est une variante anatomique de l'estomac impliquant une angulation séparant le
fundus et le corps de l'estomac sans torsion autour des mésentères gastriques.
4.5.2. Estomac intrathoracique :
Migration partielle ou complète de l'estomac dans le thorax visible sur
radiographies thoraciques et transit gastro-duodénal, lié soit à une hernie hiatale
majeure (glissement ou para-œsophagienne) ou une rupture diaphragmatique
chronique.
5. Innovations dans l'imagerie digestive :
Tomodensitométrie (TDM) :
coupes 3D axiales et reconstructions sagittales/frontales de l'estomac
distendu, utile pour évaluer la paroi, l'extension tumorale et les rapports
anatomiques.
Endomicroscopie :
imagerie histologique en temps réel de la muqueuse œsophagienne,
permettant détection de cellules anormales et dysplasies à haute
résolution.
Vidéocapsule œsophagienne (ex. PillCam Oeso3) :
capsule embarquant caméras, capture d'images pour évaluer motilité et
muqueuse de façon non invasive.
TEP-TDM (fusion métabolique-anatomique) :
combine imagerie métabolique et anatomique pour une évaluation précise
des tumeurs œsophagiennes et gastriques.
IRM haute résolution :
visualisation détaillée en 3D des parois digestives et structures adjacentes
sans irradiation.
6. Conclusion :
Les manipulateurs en imagerie médicale jouent un rôle essentiel dans le
diagnostic des troubles gastro-œsophagiens : préparation et réalisation des
examens, garantie de la qualité des acquisitions et respect des protocoles de
sécurité. Leur expertise assure des images exploitables pour le radiologue,
contribuant à un diagnostic fiable et à une orientation thérapeutique adaptée.