0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues9 pages

Cours Révolution

La Révolution française et l'Empire ont profondément transformé la monarchie française, marquant une rupture définitive avec l'Ancien Régime. La souveraineté nationale a été instaurée, remplaçant le pouvoir royal par celui du peuple, et des principes tels que l'égalité devant la loi et la liberté d'expression ont été établis. Cependant, cette transformation a également engendré une période d'instabilité politique et sociale, avec des tensions internes et des menaces extérieures.

Transféré par

bradac.chloe
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues9 pages

Cours Révolution

La Révolution française et l'Empire ont profondément transformé la monarchie française, marquant une rupture définitive avec l'Ancien Régime. La souveraineté nationale a été instaurée, remplaçant le pouvoir royal par celui du peuple, et des principes tels que l'égalité devant la loi et la liberté d'expression ont été établis. Cependant, cette transformation a également engendré une période d'instabilité politique et sociale, avec des tensions internes et des menaces extérieures.

Transféré par

bradac.chloe
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre 1 - La Révolution française et l'Empire : vers une

conception moderne de la nation


Comment 26 ans de Révolution et d’Empire ont-ils bouleversé une
monarchie vieille de plus de 1300 ans, au point d’empêcher tout retour
en arrière ?

La monarchie en France a duré plus de 1300 ans (481 - 1792), avec 66 rois et trois
grandes dynasties : les Mérovingiens, les Carolingiens et les Capétiens.
Pourtant, en seulement 26 ans, la Révolution française et l’Empire ont bouleversé ce
système millénaire.
Même si la monarchie a été restaurée après 1815, elle n’a jamais retrouvé la force et la
stabilité d’antan.
La Révolution et l’Empire marquent donc une rupture définitive : ils transforment la
France en profondeur et rendent impossible le retour à l’Ancien Régime.

I. La Révolution française : un bouleversement politique et social radical


(1789-1792)

1) La fin de l’Ancien Régime


Quelles sont les crises qui traversent l’ancien régime ?
En 1788, l’Ancien Régime traverse de nombreuses crises qui affaiblissent la monarchie
absolue :
- Les idées des Lumières mettent en cause le pouvoir du roi et proposent de
nouveaux principes politiques.
- Le modèle britannique est présenté comme un exemple de monarchie
parlementaire.
- La Révolution américaine montre qu’un peuple peut se libérer de la domination et
fonder une République.
- Le régime français peine à se réformer et perd en légitimité,
- décrédibilisation culturelle et politique

Ces tensions intellectuelles, sociales et politiques rendent la monarchie vulnérable :


l’Ancien Régime apparaît affaibli à la veille de 1789.
Les ministres de Louis XVI tentent de réformer le système fiscal pour faire contribuer
également la noblesse et le clergé.
Cependant, les Parlements, dominés par les nobles, bloquent ces réformes afin de
défendre leurs privilèges.
Face à ce blocage qui affaiblit son autorité, le roi est contraint de convoquer les États
généraux en mai 1789.

1/ La France traverse une grave crise financière : l’État est surendetté à cause des
guerres (notamment la guerre d’Indépendance américaine 1775-1783) et des dépenses
excessives de la cour.
Les ministres du roi tentent de réformer le système fiscal pour faire contribuer la
noblesse et le clergé.
Ces réformes sont bloquées par les Parlements et les ordres privilégiés.
Pour sortir de cette impasse, Louis XVI décide de convoquer les États généraux.
Son objectif est d’obtenir le soutien des trois ordres afin de voter de nouveaux impôts et
rétablir la situation financière du Royaume.

2/ Le 17 juin 1789, les députés du tiers état, rejoints par quelques membres du clergé et
de la noblesse se proclament Assemblée nationale le 20 juin
Ils jurent de ne pas se séparer avant d’avoir rédigé une Constitution pour la France.
C’est le Serment du Jeu de Paume.
Cet événement marque la fin de la monarchie absolue, car désormais la souveraineté ne
réside plus seulement dans les mains du roi.
La légitimité politique passe désormais du roi au peuple, ce qui constitue une rupture
radicale

3/ Ces deux événements montrent que le peuple joue un rôle décisif dans le
déclenchement de la Révolution.
À Paris, le 14 juillet 1789, les Parisiens s’emparent de la Bastille, forteresse et prison
royale, symbole de l’arbitraire monarchique.
Cette attaque, précédée de rumeurs, révèle la volonté du peuple de s’opposer
directement à l’autorité royale.
Dans les campagnes, durant l’été 1789, la rumeur d’une répression aristocratique
déclenche la Grande Peur.
Les paysans se soulèvent, attaquent les châteaux et brûlent les titres seigneuriaux
Ils rejettent aussi la domination seigneuriale et l’oppression de la société d’ordres.
Ces mouvements populaires montrent que la Révolution ne se limite pas à Versailles, elle
est également portée par le peuple des villes et des campagnes.
L’omniprésence des rumeurs, au préalable des violences, sous-entend une atmosphère
de tension.

4/ Dans la nuit du 4 août 1789, les députés de l’Assemblée nationale constituante votent
l’abolition des privilèges.
Sont supprimés les privilèges fiscaux du clergé et de la noblesse, les droits seigneuriaux,
ainsi que la dîme ecclésiastique.
Au départ, certains droits peuvent encore être achetés par les paysans, mais l’essentiel
est posé.
Désormais, tous les citoyens sont égaux devant l’impôt.
Les nobles et le clergé acceptent cette décision en partie pour calmer les violences
paysannes de la Grande Peur et pour préserver l’unité nationale.
Cette abolition marque la fin de la société d’ordres qui structurait l’Ancien Régime depuis
des siècles.

BILAN
À la fin du XVIIIᵉ siècle, la monarchie française traverse une grave crise. L'État est
presque en faillite à cause des guerres coûteuses et des dépenses de la cour. Les
ministres de Louis XVI (Calonne, Loménie de Brienne, puis Necker) proposent alors des
réformes fiscales pour faire contribuer aussi la noblesse et le clergé, jusque-là largement
exemptés d'impôts.
Mais ces réformes se heurtent à l'opposition des parlements, tribunaux dominés par les
magistrats nobles. Ceux-ci se présentent comme défenseurs des « libertés », mais ils
protègent surtout les privilèges des ordres privilégiés. Le refus d'accepter de nouveaux
impôts provoque un blocage politique qui affaiblit le roi et alimente la colère du Tiers
état.
Pour sortir de l'impasse, Louis XVI convoque les États généraux en mai 1789. Très vite,
les députés du Tiers état, qui représentent l'immense majorité du peuple, s'estiment
exclus du pouvoir et décident d'agir (cahiers de doléances). Le 17 juin 1789, ils se
proclament Assemblée nationale, affirmant que la souveraineté n'appartient plus
seulement au roi mais au peuple. Trois jours plus tard (le 20 juin), lors du Serment du Jeu
de Paume, ils jurent de donner à la France une Constitution, c'est-à-dire des lois
fondamentales qui limitent le pouvoir royal et organisent celui de la nation.
Ainsi, une crise financière se transforme en crise politique : en quelques semaines, la
monarchie absolue, vieille de plusieurs siècles, est profondément remise en cause par
l'affirmation de la souveraineté nationale.

Souveraineté : pouvoir politique suprême, exercé par l'État.


Constitution : lois fondamentales qui fixent l'organisation et l'exercice du pouvoir
politique
2) La naissance d’une nouvelle souveraineté : Déclaration des droits de
l’homme de 1791
Comment est construite cette nouvelle souveraineté ?

La nouvelle souveraineté nationale repose sur de nouveaux principes politiques, dans la


continuité de l’esprit des Lumières, incarné par des philosophes comme Rousseau et son
œuvre Du contrat social.
Ces principes prennent d’abord forme le 26 août 1789 avec la Déclaration des droits de
l’homme et du citoyen : affirmation de droits naturels et universels (liberté, égalité en
droit, sûreté et propriété)
La souveraineté réside désormais dans la Nation (article 3),et la loi est l’expression de la
volonté générale (article 6).
La liberté d’opinion et de presse, ainsi que l’égalité devant l’impôt, marquent la fin des
privilèges.
Ils sont définitivement ancrés dans la Nation avec la Constitution du 3 septembre 1791,
première constitution française, qui instaure une monarchie constitutionnelle.
Elle établit une séparation des pouvoirs :
• Législatif : l’Assemblée, élue au suffrage censitaire par les citoyens actifs ;
• Exécutif : le roi dispose d’un veto suspensif, nomme les ministres, mais n’est plus la
source de la loi
• Judiciaire : les juges sont indépendants.
En parallèle, l’État est réorganisé entre 1790 et 1791 :
création des départements et des communes, formation de la Garde nationale, adoption
de la Constitution civile du clergé qui tente d’intégrer l’Église à la Nation.

BILAN
En 2 ans, la France passe d’une monarchie absolue à un État de droit fondé sur la
souveraineté nationale.
Les principes sont nouveaux et puissants, mais leurs limites apparaissent (exclusion des
femmes et des citoyens passifs, tensions religieuses)

3) une société bouleversée


Comment la société civile est-elle bouleversée par la révolution en cours ?

1/ On passe à une monarchie constitutionnelle : la nation est souveraine, les pouvoirs


sont séparés, le roi n’a plus le pouvoir de faire la loi.
Assemblée législative : 745 membres (mandat de deux ans) élu par les citoyens actives
au suffrage censitaire (homme d’au moins 25 ans payant un impôt)

2/ Le rayon de 40 km est choisi pour que tout citoyen atteigne facilement l’administration
départementale

3/ on observe la saisie des biens du clergé par des représentants de la nation. Le sens est
le suivant : nationalisation des biens de l’église pour renflouer les caisses de l’État et
réduire l’influence du clergé.

4/ les évêques écurie sont élus et rémunéré par l’État. Les diocèses sont redécoupées :
un diocèse par département, avec siège fixé dans les villes principales

5/ les lois sur l’entreprise respecte en partie les principes des droits de l’homme car elles
affirment la liberté d’entreprendre. Cependant, elles interdisent les corporations et
coalitions (pas de droit de syndicat) ce qui limite la liberté collective des travailleurs

6/ la nouvelle devise est : la nation–la loi–le roi = équilibre des pouvoirs et souveraineté
de la loi.
Les dangers de la monarchie absolue sous le despotisme et l’aristocratie et les risques
attribuées à la république, selon les partisans de l’équilibre, selon l’anarchie, le désordre,
si la loi n’est plus respectée

Les girondins : groupe de députés, modéré, souvent issus du sud-ouest (région de la


Gironde). Il défend la liberté économique et veulent limiter la violence révolutionnaire
(marais/plaine)
Les montagnards : groupe de députés, radicaux, proche du peuple de Paris (les sans-
culottes). Il siège en haut de l’assemblée, d’où leur nom et sont favorable à des mesures
plus dures comme la terreur.

Pour résoudre la crise financière, l’Assemblée nationale, décide de confiner les biens du
clergé. La constitution civile du clergé (1790) place les I évêques écurie sous l’autorité de
l’État : ils sont élus et rémunérés par la nation
La monarchie constitutionnelle instaure un partage des pouvoirs.
La nouvelle devise devient « la nation, la loi le roi ». La souveraineté réside désormais
dans la nation. La France connaît également un bouleversement économique : en 1791,
la liberté d’entreprendre et proclamée cependant les associations de travailleurs
(syndicats) sont interdites ce qui limite les droits collectifs.
Enfin, la place des femmes s’affirme dans la société car bien exclu du vote certaines
participe activement à la révolution à titre d’exemple, mme Rolland, proche des
Girondins, joue un rôle politique majeur par ses écrits et salon ou se discute, idée et
stratégie.
Cela montre que la révolution n’est pas un bouleversement politique, mais aussi social et
culturel, impliquant toute la société civile.

BILAN
La Révolution française marque une rupture politique et sociale radicale, surgissant dans
un Ancien Régime miné par les crises économiques et bloqué politiquement par les
privilèges et les inégalités.
Les transformations indispensables sont portées par l'élite du Tiers État (bourgeoisie
éclairée), soutenue par les mouvements populaires dont la mobilisation - parfois violente,
comme lors de la prise de la Bastille - contraint noblesse et clergé à céder.
Une nouvelle souveraineté se met en place : la monarchie constitutionnelle, inspirée des
principes des Lumières et de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (1789).
Pour la première fois, le pouvoir repose sur la Nation et non plus sur la personne du roi.
Cela transforme radicalement le rapport du peuple à la politique: en théorie, chaque
citoyen peut exprimer ses opinions et participer à l'avenir collectif.
La société civile est, elle aussi, bouleversée. Une effervescence intellectuelle et politique
s'épanouit à travers la presse, les clubs et les salons, qui deviennent de nouveaux lieux
de débat et de sociabilité.
Ainsi, la Révolution introduit des principes (souveraineté nationale, égalité civile, liberté
d'expression) qui rendent impossible le retour à l'Ancien Régime.

TRANSITION
En 1791, Louis XVI semble accepter son rôle de roi constitutionnel, mais sa fuite puis son
arrestation à Varennes, entre parenthèses 20-21 juin, révèle son refus réel de la
révolution.
Son arrestation provoque une rupture majeure : l’opinion publique, jusqu’à la modérée,
perd confiance en lui. Désormais, son rôle apparaît ambigu à la fois chef de l’État
constitutionnel et suspect de trahison.
Cette méfiance fragilise le nouveau régime et alimente les divisions politiques,
notamment sur la question de la guerre et du maintien du roi.
Ainsi, la révolution a détruit les fondements de l’ancien régime et posé les bases d’une
nouvelle souveraineté, fondée sur la nation et l’égalité civile.
Mais cette rupture radicale ouvre aussi une période d’instabilité et d’expérimentation
politique : la monarchie constitutionnelle ne survit pas et la France doit inventer de
nouvelles formes de gouvernement.
C’est dans ce contexte d’incertitude qu’émerge l’expression républicaine.

II. La République et l’expérience révolutionnaire : une France en quête


de stabilité (1792-1799)

1) la république face à la guerre et aux menaces intérieures(1792-1793)


Comment est la république et quelle menace doit-elle faire face ?

2/ le duc de Brunswick, menace de livrer Paris à une exécution militaire si le roi et sa


famille sont attaqués. Ce manifeste renforce la colère et la peur des parisiens car il
confirme leurs soupçons de trahison et leur donne le sentiment que le roi complot avec
l’ennemi.

4/ les sans-culottes reprochent au roi de trahir la révolution en s’alliant aux puissances


étrangères et en utilisant de manière quasi systématique son droit de Veto. Le 10 août
1792, les sans-culottes prennent le palais des Tuileries et la famille royale est arrêtée
puis emprisonnée au Temple

BILAN
Depuis avril 1792, la France est en guerre contre l’Autriche et la Prusse. Les défaites
s’accumulent : l’armée est désorganisée (désertion des officiers nobles, recrues mal
formées, méfiance, mauvaise logistique).
Le 10 août 1792, le peuple prend le palais des Tuileries : le roi est arrêté avec sa famille.
La monarchie est suspendue et un régime provisoire s’installe, en attendant de décider
du futur régime.
Le 20 septembre 1792, les Français remportent la victoire de Valmy face aux Prussiens :
c’est un tournant. Le lendemain, la Convention proclame la fin de la monarchie et, le 22
septembre, la République est officiellement proclamée.
Pourtant, les menaces restent fortes :
 À l’extérieur, la guerre continue malgré un répit temporaire.
 À l’intérieur, des insurrections éclatent, notamment en Vendée et en Bretagne,
contre la Révolution.
La situation devient explosive après l’exécution de Louis XVI (janvier 1793) : l’Europe
monarchique s’unit contre la France (Première Coalition) et les divisions internes
s’aggravent
Ce climat mènera à la Terreur.

2) la radicalisation et la Terreur : égalité, citoyenneté, mais violences


politiques (1793-1794)
LA TERREUR

2/ Sont considérés comme suspect, tous ceux qui critiquent la révolution ou la république,
mais aussi les nobles, les prêtres réfractaires, les émigrés et les anciens partisans de la
monarchie

3/ la levée en masse concerne tous les hommes célibataire de 18 à 25 ans. Les femmes,
enfants et vieillard participent à l’effort de guerre par le travail ou les soins

4/ les vendéens se révoltent contre la république car ils sont attachés à la monarchie et à
la religion catholique. Ils refusent la conscription et les réquisitions. Le conflit est d’une
grande violence : massacre, incendie, fusillade et répression sanglante par les troupes
républicaines

La Terreur (1793-1794) c’est une période de grande répression mise en place par les
Montagnards, dirigée par Robespierre pour faire face à une situation d’urgence. En 1793,
la République est menacée de tous points : les armées étrangères envahissent le pays,
tandis que des révoltes éclatent à l’intérieur, notamment en Vendée. Pour sauver la
Révolution, la Convention confie les pleins pouvoirs au comité de salut public, qui
instaure un gouvernement d’exception. La loi des suspects permet d’arrêter tous ceux
jugés dangereux pour la République. Des tribunaux révolutionnaires jugent rapidement
les accusés, souvent condamnés à mort. Dans le même temps, la levée en masse
mobilise toute la population : les hommes partent combattre, tandis que les femmes et
les enfants travaillent dans les ateliers ou soignent les blessés. La guerre civile en
Vendée est d’une violence extrême : villages incendiés, populations massacrées.

Pour autant, la Terreur n’est pas qu’une période de répression. Elle s’accompagne d’un
projet politique et social ambitieux. La Constitution de 1793, adoptée par la Convention
montagnarde, instaure le suffrage universel masculin et reconnaît le droit au travail, à
l’éducation et à l’assistance. Cependant, cette Constitution n’a jamais été appliquée,
parce que la France est en guerre et que la Terreur impose un pouvoir centralisé.
Lors de la première coalition (1793-1797), la France dispose de plusieurs atouts
militaires. Son système d’artillerie Gribeauval, plus léger et plus mobile, rend les armées
républicaines redoutables sur le terrain. Les généraux privilégient désormais la guerre de
mouvement à celle de position, ce qui leur permet d’agir vite et de surprendre l’ennemi.
Grâce aux levées en masse, la France aligne un nombre impressionnant de soldats
motivés par la défense de la patrie. Enfin, une nouvelle génération d’officiers issus de la
méritocratie émerge, à l’image de Napoléon Bonaparte, promu général de brigade après
le siège de Toulon.

En 1794, la situation militaire s’est améliorée, avec de nombreuses victoires


républicaines. Pourtant, les excès du régime continuent et provoquent le rejet de
Robespierre, arrêté et exécuté le 27 juillet 1794. La Terreur prend fin, laissant place à
une période de retour à l’ordre avec la mise en place du Directoire.

3) le Directoire : essor de nouvelles élites, instabilité et désir d’ordre

1/ Boissy d’Anglas estime que seul les citoyens possédant une propriété peuvent voter
car ils sont attachés à la paix et à la stabilité du pays. Selon lui, les pauvres sont trop
instables et influençable pour exercer des droits politiques : il défend donc un
gouvernement réservé aux « meilleurs », au propriétaire, au bourgeois.

2/ la constitution de 1795 est en accord avec les idées de Boissy. Elle rétablis un suffrage
censitaire, supprimant le suffrage universel, proclamé en 1793. Le pouvoir revient donc
aux riches propriétaires, exclusifs détenteurs des droits politiques
3/Le Directoire permet aux fournisseurs des armées, aux membres du gouvernement et
aux grands propriétaires de s’enrichir. En effet, grâce à la suppression de la loi du
Maximum, chaque commerçant peut fixer le prix qu’il souhaite, au détriment de la
population.

4/L’égalité selon Babeuf est sociale et économique : il veut abolir la propriété privée et
partager les richesses entre tous. La Déclaration de 1789 défend seulement l’égalité des
droits, et non celle des conditions.

5/ Le Directoire fait face à deux types d’opposition :


•les royalistes, qui souhaitent le retour de la monarchie ;
•les jacobins, nostalgiques de la République montagnarde et favorables à
davantage d’égalité sociale.

6/ Le Directoire prend fin le 9 novembre 1799 lorsque Bonaparte réalise un coup d’État
avec le soutien de l’armée. Il met en place un nouveau régime : le Consulat.

Le Directoire (1795-1799) est mis en place après la chute de Robespierre et la fin de la


Terreur. La Constitution de 1795 crée un régime plus modéré. Le pouvoir est partagé
entre un Directoire exécutif de cinq membres et 2 assemblées législatives (le Conseil des
Cinq-Cents et le Conseil des Anciens)
L’objectif est d’éviter le retour à la dictature, mais aussi de se protéger d’une nouvelle
poussée révolutionnaire. Le suffrage censitaire est rétabli, excluant une grande partie du
peuple de la vie politique.
L’instabilité est forte : corruption, crise économique, révoltes royalistes qui fragilisent le
pouvoir.
Les directeurs s’appuient de plus en plus sur l’armée pour se maintenir, comme lors de
l’attaque de la Convention nationale par des insurgés royalistes le 5 octobre 1795, ce qui
renforce l’influence des généraux.
Sur le plan extérieur, la France poursuit la guerre contre les puissances européennes. Les
victoires militaires, notamment celles du général Bonaparte en Italie (1796-1797),
redonnent du prestige au pays et font de Napoléon un héros national.
En 1799, la France est en crise : le Directoire est affaibli, contesté, incapable de rétablir la
stabilité malgré les victoires militaires.
Revenu d’Égypte, Napoléon Bonaparte profite de la situation et s’allie au directeur Sieyès
pour préparer un coup d’État. Le 18 Brumaire An VIII (c’est-à-dire le 9 novembre 1799),
Napoléon fait transférer les assemblées à Saint-Cloud sous prétexte d’un danger à Paris.
Il entre avec son armée, dissout les Conseils et met fin au Directoire.
Un nouveau régime, le Consulat, est alors instauré.
Napoléon proclame :« Citoyens, la Révolution est fixée aux principes qui l’ont
commencée. Elle est finie. »
Cette phrase marque la fin de la Révolution française et le début du pouvoir personnel de
Napoléon.

BILAN
Entre 1792 et 1799, la France rompt définitivement avec la monarchie millénaire pour
tenter de construire un nouvel ordre politique fondé sur la souveraineté du peuple. La
République, proclamée après la prise des Tuileries et la victoire de Valmy, marque une
rupture profonde : désormais, le pouvoir n'émane plus d'un roi, mais de la Nation.
Pourtant, la jeune République doit affronter d'immenses défis : guerres extérieures,
divisions internes et instabilité politique.
Face à ces crises multiples, les Montagnards instaurent en 1793 un gouvernement
d'exception, la Terreur, afin de sauver la Révolution. Ce régime autoritaire, dirigé par le
Comité de Salut public, s'appuie sur la répression pour éliminer les menaces, mais aussi
sur un projet politique et social ambitieux: la Constitution de 1793 (jamais appliquée)
proclame le suffrage universel masculin, le droit au travail et à l'éducation, affirmant la
souveraineté populaire. Ainsi, la Terreur naît autant du besoin de défendre la République
que de celui d'en refonder les principes.
Après la chute de Robespierre en 1794, le Directoire tente de rétablir l'ordre par un
régime plus modéré, fondé sur le suffrage censitaire. Mais la corruption, les inégalités et
la dépendance croissante envers l'armée accentuent l'instabilité. Dans ce contexte,
Napoléon Bonaparte s'impose comme l'homme fort du moment : son coup d'État du 18
brumaire an VIII (9 novembre 1799) met fin au Directoire et ouvre le Consulat, une
nouvelle étape de la Révolution.
Avec le Consulat, la Révolution prend fin et la France entre dans une nouvelle phase :
celle de la consolidation des acquis de la Révolution et de leur diffusion en Europe sous
l'autorité d'un seul homme - Napoléon Bonaparte.

III. L’empire : consolidation et diffusion des acquis révolutionnaires


(1799-1815)

1) Bonaparte, du consulat à l’empire : autorité et centralisation


Quel est le nouveau pouvoir politique mis en place ?

1/ la constitution de l’an VII donne tous les pouvoirs à Napoléon, d’abord comme premier
consul, puis comme empereur. Il nomme les ministres, les juges, les fonctionnaires, les
sénateurs et les membres du conseil d’État. Il peut également proposer et promulguer
ses propres lois. Le peuple ne choisit pas directement ses représentants, il vote
seulement pour des listes de candidats elle-même choisit par le Sénat. Le suffrage
universel masculin est donc conservé mais il n’a plus de réel pouvoir. De plus, Napoléon
fait approuver ses décisions par des plébiscites, c’est-à-dire des votes du dessin à
confirmer son autorité. Ainsi il garde l’apparence d’un régime républicain avec une
constitution et des élections, mais en réalité, tout le pouvoir se concentre en ses mains.

2/ la première image, montre Napoléon et les deux autres consul du lors du consulat. On
on y voit un dirigeant encore entouré de conseillers, dans une attitude de travail et
discussion. La scène se déroule dans un cadre sobre ce qui donne l’image d’un chef
républicain au service de l’État et de la loi. Cette représentation cherche à montrer un
gouvernement collectif et raisonnable dans la continuité de la révolution française. En
revanche, la deuxième image, celle du sacre de Napoléon, montre un tout autre visage
du pouvoir. Le costume de Napoléon indique qu’il s’est fait représenter comme un
souverain absolu. Il porte un manteau d’hermine un spectre orné d’un aigle impérial, et
se trouve à proximité de la main de justice, Globe impérial et du trône. Ces symboles
rappellent ceux des rois de l’ancien régime, mais aussi des empereurs romains dont il
veut imiter la grandeur et la puissance. L’image montre donc un souverain au pouvoir
absolu, concentrant tous les pouvoirs bien loin du dirigeant républicain.

3/ napoléon, exerce un contrôle très fort sur la population pour maintenir son pouvoir et
éviter toute opposition. Il surveille l’opinion publique grâce à une police très développé et
un réseau d’informateur qui observe les citoyens, les lettres et les discussions. Il censure
la presse et contrôlent les journaux pour les diffuser que les informations favorables à son
régime ainsi, le contrôle de Napoléon repose à la fois sur une surveillance, une
propagande et une adhésion forcée, ce qui fait de son régime un pouvoir autoritaire et
centralisé

2) les grandes réformes napoléonienne : école, administration, économie

Napoléon renforce et stabilise la France en menant de nombreuses réformes durables.


 Le Code civil (1804) unifie les lois dans un texte unique éclair pour tous mettant
fin au des ordres juridiques de l’ancien régime. Il affirme plusieurs acquis de la
révolution : égalité devant la loi, droit du sol et divorce
 Le concordat (1801) ; napoléon rétabli la paix religieuse ( pape pie VI) : le
catholicisme est reconnu comme religion de la majorité des Français, mais l’État
garde le contrôle sur l’église (nomme les évêques)
 Renforcement de l’autorité de l’État ; il crée le poste de préfet, c’est-à-dire des
représentants direct de l’État au sein des départements, garant de l’ordre et de
l’application des lois. Il fonde également des lycées d’état pour former les élites
administratifs et militaires. Enfin, il crée la Légion d’honneur qui récompense les
services rendus à la nation et fidélise les élites.

3) influences européennes : diffusion des idées révolutionnaires mais dictature


militaires et résistance

Dans les territoires qu’il domine, Napoléon diffuse les acquis de la révolution française. Il
impose l’égalité devant la loi, la fin des privilèges et le Code civil, qui garantit la propriété
privée. Il renforce l’État grâce a des institutions efficaces ( préfet, fiscalité unifié).
À partir de 1808, il crée une noblesse impériale, très différente de celle de l’ancien
régime : privilège fondé sur le mérite et non sur la naissance, elle ne remet pas en
cause les principes révolutionnaires
Il transforme dur le Europe, on y diffusant un modèle politique et social, inspiré de 1789.
Face a ce pouvoir, autoritaire, certains personnages, comme madame de Staël qui mène
une résistance intellectuel : elle dénonce la suppression de liberté, ce qui provoque un
exil ordonné.

Conclusion
En un peu plus de 25 ans, la Révolution française et l’Empire ont bouleversé une
monarchie vieille de plus de 1300 ans et rendu impossible le retour à l’Ancien Régime.
La Révolution abat d’abord les fondements de la société d’ordres : abolition des
privilèges, souveraineté nationale, Déclaration des droits de l’homme et du citoyen,
monarchie limitée puis République, mobilisation du peuple en armes.
Elle invente une nouvelle manière de faire de la politique, fondée sur la Nation, la loi et
l’égalité civile, mais au prix de fortes violences et d’une grande instabilité, de la Terreur
au Directoire.
Napoléon Bonaparte met ensuite fin à cette instabilité en imposant un ordre autoritaire :
il concentre le pouvoir entre ses mains tout en consolidant plusieurs acquis
révolutionnaires (Code civil, État centralisé, préfets, lycées, égalité devant la loi).
En même temps, il diffuse ces principes dans une grande partie de l’Europe, où ils se
heurtent à la résistance des monarchies et à l’émergence de nouveaux sentiments
nationaux.
Au total, si la monarchie revient après 1815, elle ne peut plus être absolue ni ignorer les
principes nés de 1789. C’est en ce sens que la Révolution et l’Empire marquent une
rupture définitive : ils ont transformé durablement la France et l’Europe, en ouvrant la
voie à une conception moderne de la nation et de la citoyenneté.

Vous aimerez peut-être aussi