Introduction
Le choix d’un régime politique conditionne la stabilité institutionnelle et l’efficacité de l’action publique. À la suite de son
accession à l’indépendance le 1er août 1960, le Bénin (anciennement Dahomey) a mis en place un régime d’assemblée,
caractérisé par la prééminence du pouvoir législatif sur l’exécutif.
Cette expérience institutionnelle, bien que fondée sur la souveraineté parlementaire, a révélé de profondes insuffisances.
Il convient dès lors d’analyser les fondements du régime d’assemblée, son application concrète au Bénin et les
enseignements tirés de cette expérience.
PLAN
I. Les fondements théoriques du régime d’assemblée
II. La mise en œuvre du régime d’assemblée au Bénin
III. Les conséquences institutionnelles et politiques du régime d’assemblée au Bénin
I. Les fondements théoriques du régime d’assemblée
A. Définition du régime d’assemblée
VI
Le régime d’assemblée est un régime politique dans lequel le Parlement concentre l’essentiel des pouvoirs, notamment
le pouvoir de direction politique. L’exécutif est issu de l’Assemblée et demeure placé sous sa dépendance constante.
B. Les caractéristiques essentielles
LA
Le régime d’assemblée se distingue par :
A
1. La suprématie du pouvoir législatif
C
L’Assemblée nationale est l’organe central de décision politique.
2. La subordination de l’exécutif
Le gouvernement est responsable devant l’Assemblée et peut être révoqué à tout moment.
M
3. La confusion des pouvoirs
L’absence de séparation stricte entre législatif et exécutif favorise la concentration du pouvoir.
EC
4. L’instabilité gouvernementale structurelle
La fragilité de l’exécutif entraîne des changements fréquents de gouvernements.
H
II. La mise en œuvre du régime d’assemblée au Bénin
A. Le contexte politique et constitutionnel
À l’indépendance, le Dahomey adopte des institutions dominées par l’Assemblée nationale. Entre 1960 et 1972, le pays
fonctionne dans un cadre institutionnel proche du régime d’assemblée, marqué par une forte influence parlementaire et
des coalitions politiques instables.
B. L’organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics
1. Le pouvoir législatif
L’Assemblée nationale disposait d’un pouvoir étendu :
élaboration et adoption des lois ;
contrôle rigoureux de l’action gouvernementale ;
influence déterminante sur la composition et la survie du gouvernement.
2. Le pouvoir exécutif
Le gouvernement, dépourvu d’autonomie réelle, était soumis aux décisions de l’Assemblée. Cette dépendance
affaiblissait sa capacité d’action et sa continuité.
C. Les dysfonctionnements institutionnels
La domination parlementaire a favorisé :
des crises politiques répétées ;
des rivalités partisanes et régionales ;
une paralysie de l’action gouvernementale ;
l’intervention récurrente de l’armée dans la vie politique.
III. Les conséquences institutionnelles et politiques du régime d’assemblée au Bénin
A. Les effets sur la stabilité de l’État
Le régime d’assemblée a conduit à une instabilité chronique, marquée par la succession rapide de gouvernements et
plusieurs coups d’État militaires entre 1963 et 1972, compromettant la continuité de l’État.
B. Les enseignements institutionnels
L’expérience béninoise du régime d’assemblée a mis en évidence :
la nécessité d’un exécutif fort et stable ;
l’importance de l’équilibre entre les pouvoirs ;
les limites d’une souveraineté parlementaire excessive dans un jeune État.
C. L’abandon du régime d’assemblée
VI
Face à ses échecs, le régime d’assemblée a été abandonné. La Constitution du 11 décembre 1990 consacre un régime
présidentiel démocratique, garantissant une séparation plus équilibrée des pouvoirs et une plus grande stabilité
institutionnelle.
LA
Conclusion
A
Le régime d’assemblée du Bénin, expérimenté au lendemain de l’indépendance, a constitué une tentative de valorisation
C
du pouvoir parlementaire. Toutefois, la concentration du pouvoir législatif et la faiblesse de l’exécutif ont engendré une
instabilité politique durable.
Cette expérience a permis au Bénin de tirer des enseignements majeurs ayant conduit à l’adoption d’un régime plus
M
équilibré, mieux adapté aux exigences de gouvernance et de stabilité démocratique.
EC
H