Pau - Wikipédia
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Pau (prononcé [ˈpo] en français et [ˈpaw] en béarnais) est une commune du sud-ouest de la France,
préfecture du département des Pyrénées-Atlantiques en région Nouvelle-Aquitaine.
Pau
Logo
Blason
Administration
Pays France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
(préfecture)
Arrondissement Pau
(chef-lieu)
Démographie
Gentilé Palois
Population
78 620 hab. (2022 )
municipale
Densité 2 494 hab./km2
Population
206 230 hab. (2022)
agglomération
Géographie
Élections
Localisation
Pau
Liens
Site web [Link]
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La ville se situe au cœur de l'ancienne principauté souveraine du Béarn, dont elle est la capitale depuis
1464. La cité occupe une position d'interface entre plaine et montagne, un carrefour où se rejoignent la
vallée du gave de Pau, la plaine du Pont-Long et les chemins transpyrénéens. Jusqu'à la période romaine,
cette zone conserve une fonction de lande exploitée extensivement par des occupants transhumants.
C'est au xiie siècle que les plus anciennes traces de la cité paloise apparaissent, les seigneurs de Béarn
faisant construire un château pour surveiller un gué stratégique sur le gave. Déterminés à contrôler une
terre vitale pour leurs activités pastorales, les premiers Palois sont en grande partie originaires d'Ossau.
La ville et son château prennent une nouvelle dimension comme siège des souverains de Navarre au
xvie siècle, devenant un centre politique et intellectuel de premier plan. L'histoire de Pau est durablement
marquée par la naissance du futur Henri IV en 1553 dans le château royal. Avec la fin de l'indépendance
béarnaise en 1620, Pau perd de son influence mais reste à la tête d'une province largement autonome
jusqu'à la Révolution. C'est au xviiie siècle que naît le palois Jean-Baptiste Bernadotte, roi de Suède et de
Norvège de 1818 à 1844. La Belle Époque marque un nouvel essor pour Pau avec l'afflux de riches
touristes étrangers (dont britanniques), venant y passer l'hiver, notamment pour les bienfaits du climat
palois décrits par Alexander Taylor. Pau se transforme avec la construction de villas, palaces et
équipements publics (bains, casino, funiculaire). À cette période, Pau devient l'une des capitales
mondiales de l'aéronautique naissante sous l'influence des frères Wright.
Avec la fin du tourisme de villégiature au cours du xxe siècle, l'économie paloise — et celle de son
agglomération — s'oriente peu à peu vers les industries aéronautiques et pétrochimique, avec la
découverte du gisement de gaz de Lacq en 1951. Pau est en 2022 une commune de 78 620 habitants,
ville-centre d'une agglomération de plus de 200 000 habitants. Principale commune de l'aire d'attraction de
Pau et de la communauté d'agglomération Pau Béarn Pyrénées, Pau joue un rôle moteur pour le Béarn
mais également pour une grande partie du bassin de l'Adour, dont fait partie le gave de Pau. Capitale
administrative, elle bénéficie d'un tissu économique dense en matière d'activités de services. Pau joue
également le rôle de capitale culturelle avec de nombreux événements, notamment sportifs. Ville d'art et
d'histoire depuis 2011, le panorama remarquable sur la chaîne des Pyrénées — en particulier depuis le
boulevard des Pyrénées — est protégé par l'appellation des Horizons palois.
Géographie
Localisation
Pau se situe sur l'axe Atlantique - Toulouse - Méditerranée, à 25 kilomètres des premiers contreforts des
PyrénéesNote 1. Elle est éloignée de plus de 110 km de Bayonne et de l'océan Atlantique (la plage de
Capbreton se situe à 112 km par la route et l'autorouteNote 2) ; au nord, elle est à 216 km de Bordeaux et, à
l'est, dans la région voisine d'Occitanie, elle est distante de 40 km de Tarbes, 46 km de Lourdes et 196 km
de Toulouse. L'Espagne — éloignée de cinquante kilomètres à vol d'oiseauNote 3 — est accessible via Gan
puis Oloron-Sainte-Marie, par le col du Somport (1 631 mètres), et via Gan puis Laruns, par le col du
Pourtalet (1 794 mètres). Sa localisation au pied des Pyrénées lui confère un vaste panorama sur la
chaîne des Pyrénées en particulier depuis le boulevard des Pyrénées. Ce panorama unique a fait dire à
Alphonse de Lamartine : « Pau est la plus belle vue de terre comme Naples est la plus belle vue de
mer »RP 1.
Communes limitrophes
Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de dix autres communes dont l'une par un quadripoint :
Wikimedia | © OpenStreetMap
Montardon,
Lons Morlaàs
Buros
Billère Idron
Bizanos,
Jurançon Gelos Mazères-Lezons
(par un quadripoint)
Relief et géologie
La capitale béarnaise se situe au cœur de la vallée du gave de Pau ; celle-ci est encadrée par de
puissantes collines sur environ 75 km, de Montaut à l'est jusqu'à Orthez à l'ouest. Entre le gave de Pau et
le gave d'Oloron plus au sud, les collines qui forment l'entre deux gaves n'excèdent pas 400 mètres
d'altitudeM 1. Au sud de Pau, l'orientation nord-sud est imposée par les vallées étroites et profondes des
différents affluents du gave de Pau (le Soust, le Neez, les Hiès, la Juscle, etc.). Au nord de la commune, les
collines des landes du Pont-Long sont plus douces et tournées vers la Gascogne avec plusieurs affluents
directs ou indirects de l'Adour (l'Ayguelongue, le Luy de Béarn, le Luy de France, le Gabas, etc.). À
l'approche de Pau par l'est, la vallée du gave se resserre progressivement entre le Pont-Long et les coteaux
de JurançonNote 4. L'agriculture cède également sa place à l'urbanisation de l'agglomération paloise.
Pau occupe la position d'un gué au-dessus du gave, celui-ci étant un torrent pyrénéen qui peut s'avérer être
difficile à traverser lors de ses nombreuses crues violentes. Ces dernières sont l'occasion de
l'accumulation sur ses berges de galets ainsi que de la création d'îlots temporaires couverts d'une
végétation fournie. Au-dessus de la plaine alluviale se dresse un abrupt presque vertical, le rebord de ce
plateau prend la forme d'un éperon à l'ouest car la rivière du Hédas découpe une lanière en pointe avant de
se jeter dans le gave. Le rebord méridional est lui creusé par un étroit ravin appelé bie cabe (« la rue en
creux » en béarnais).
Le lit actuel du gave de Pau s’inscrit dans le vaste synclinal dit de « Morlaàs »M 2. Les formations
rencontrées sous les dépôts quaternaires sont constituées de couches sédimentaires de la période
tertiaire : molasse et flyschM 2. Ces terrains ont été recouverts au quaternaire par des formations alluviales
provenant de la divagation des différents glaciers et cours d’eau de la chaîne pyrénéenne. La ville de Pau
s’est installée sur les terrasses du gave qui a établi son cours actuel au cours des périodes quaternaires,
en taillant son lit dans les dépôts continentaux du tertiaire supérieurM 2. Le gave et les anciens glaciers qui
lui ont donné naissance ont déposé plusieurs séries sédimentaires formant un système de terrasses. La
terrasse alluviale sur laquelle se situe Pau (dite nappe de Pont LongM 2) est l’une des plus importantes du
piémont béarnais. Elle est constituée de galets altérés entourés d’une gangue argileuse ocre.
Hydrographie
La commune est drainée par le gave de Pau, le Luy de Béarn, l'Ousse des Bois, le ruisseau de l'Ousse,
l'Aïgue Longue, le Soust, le Lata, le Lau, le ruisseau Merdé, la Herrère, et par divers petits cours d'eau,
constituant un réseau hydrographique de 26 km de longueur totale2,3.
Le gave de Pau, d'une longueur totale de 192,8 km, prend sa source dans la commune de Gavarnie-Gèdre
et s'écoule du sud-est vers le nord-ouest. Il traverse la commune et se jette dans l'Adour à Saint-Laurent-
de-Gosse, après avoir traversé 88 communes4.
Le Luy de Béarn, d'une longueur totale de 76,6 km, prend sa source dans la commune d'Andoins et
s'écoule du sud-est vers le nord-ouest. Il traverse la commune et se jette dans le Luy à Gaujacq, après
avoir traversé 30 communes5.
L'Ousse des Bois, d'une longueur totale de 32,3 km, prend sa source dans la commune de Limendous et
s'écoule d'est en ouest. Il traverse la commune et se jette dans le gave de Pau à Denguin, après avoir
traversé 13 communes6.
L’Ousse, d'une longueur totale de 42,4 km, prend sa source dans la commune de Bartrès et s'écoule du
sud-est vers le nord-ouest. Il traverse la commune et se jette dans le gave de Pau à Gelos, après avoir
traversé 19 communes7.
L'Aïgue Longue, d'une longueur totale de 24,4 km, prend sa source dans la commune de Pau et s'écoule du
sud-est vers le nord-ouest. Il traverse la commune et se jette dans le Luy de Béarn à Momas, après avoir
traversé 13 communes8.
Le Soust, d'une longueur totale de 24,4 km, prend sa source dans la commune de Sévignacq-Meyracq et
s'écoule du sud vers le nord. Il traverse la commune et se jette dans le gave de Pau à Pau, après avoir
traversé 7 communes9.
Au nord de l'A64, le bassin du Luy de Béarn est représenté par le réseau hydrographique du Luy de Béarn
constitué par le cours d'eau du Luy de Béam et de ses affluents : le Larlas, l'Ayguelongue et ses affluents
(le Bruscos et le Lata) et l'UzanPPRI 1. Le Luy de Béarn est un ruisseau de plaine à pente faible et peu
encaissé qui prend sa source à Andoins à 330 m d'altitude, à environ 15 km de Pau, parcourt 63 km avant
de confluer avec le Luy. Il constitue la limite communale nordPPRI 2. Le Larlas, quant à lui, traverse la partie
extrême nord de la commune avant de confluer avec le Luy de Béarn dans la commune limitrophe Serres-
Castet. Ce cours d'eau, comme les autres affluents du Luy de Béarn, à savoir l'Ayguelongue (7 200 m à
Pau), le Lata (1 300 m à Pau), le Bruscos (1 500 m) et l'Uzan (4 500 m), traversent principalement des
parcelles agricoles destinées à la culture du maïs et des zones boiséesPPRI 2.
L'Ousse des Bois traverse le nord du territoire de la commune d'est en ouest, entre la rocade est en amont
et la RD 834 à l'aval. Sur l'ensemble de ce tronçon, ce cours d'eau est à ciel ouvert et comporte
11 ouvrages de franchissement des voies routières. Il recueille les eaux des terrains compris globalement
entre le chemin Cami Salié au nord et le boulevard de la Paix au sudPPRI 3. Concernant le réseau du
Lescourre, le Laü est situé, en aval de la RD 943, entièrement en zone urbanisée. Il présente deux tronçons
distincts : à l'amont de l'avenue des Lilas, il est en grande partie à ciel ouvert, puis il est entièrement busé
jusqu'à l'aval de PauPPRI 4.
Le gave de Pau10 — gave est le nom donné à un torrent dans les Pyrénées — prend sa source au cirque de
Gavarnie (Hautes-Pyrénées) et est le principal affluent de l'Adour, dans lequel il se jette après avoir
parcouru 190,7 kilomètres. Il traverse la commune au sud de la zone urbanisée. Le Laherrère, qui prend sa
source au niveau de l'avenue des Lilas dans la commune de Pau à environ 208 m d'altitude et se jette dans
le gave de Pau à Lons, est busé dans la commune de Pau dans sa quasi-totalité. L'Ousse, affluent rive
droite du gave de Pau qui prend sa source dans la commune de Bartrès à 570 m d'altitude, au pied de
l'agglomération lourdaise, et conflue avec le gave de Pau dans la commune de Pau à 170 m d'altitude,
traverse une zone entièrement urbanisée de la commune, comme d'ailleurs le canal Heïd et le SoustPPRI 5.
Climat
Pour des articles plus généraux, voir Climat de la Nouvelle-Aquitaine et Climat des Pyrénées-
Atlantiques.
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le
territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des
paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le
climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la
recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de
milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-200011. En 2020,
le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017,
à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche12. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une
nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un
climat de montagne ou de marges de montagne13 et est dans la région climatique Pyrénées atlantiques,
caractérisée par une pluviométrie élevée (>1 200 mm/an) en toutes saisons, des hivers très doux (7,5 °C
en plaine) et des vents faibles14. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation
environnementale 2020 des constructions neuves15,16.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 12,9 °C, avec une amplitude
thermique annuelle de 14 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 250 mm, avec 11,5 jours
de précipitations en janvier et 8,4 jours en juillet11. Pour la période 1991-2020, la température moyenne
annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Uzein
à 12 km à vol d'oiseau17, est de 13,7 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 093,8 mm18,19.
La température maximale relevée sur cette station est de 39,9 °C, atteinte le 1er août 1947 ; la température
minimale est de −15 °C, atteinte le 13 février 1956Note 5.
Paysages
Entités paysagères
Quatre entités paysagères peuvent être distinguées dans la commune20 : le gave et sa vallée visible
depuis les différents ponts menant à Pau ; la zone urbaine au sud et au nord du gave ; le plateau agricole
au nord de l’autoroute A64, rural et forestier ; les coteaux de Morlaàs et des communes voisines. Pour
protéger le patrimoine architectural, urbain et paysager de Pau, la ville s'est dotée d'une Zone de protection
du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) le 20 mars 2007M 3. Cette ZPPAUP introduit,
entre autres, des prescriptions relatives au paysage en prenant en compte la loi paysage du
8 janvier 1993M 4.
Sites classés
L’ensemble du boulevard des Pyrénées — balcon construit entre 1869 et 1899 en rive droite du gave de
Pau — est classé en 1924 par le Ministère de l’instruction publique et des Beaux arts « parmi les sites et
monuments naturels de caractère artistique ». Plusieurs fois étendu, le site paysager aujourd'hui classé
comprend la terrasse sud du château de Pau, prolongée par le boulevard des Pyrénées21. La notion
d'Horizons palois fait elle référence à la volonté de protection des éléments majeurs qui structurent la vue
si particulière depuis Pau sur son environnement naturel. La vue depuis les hauteurs de Pau englobe les
saliguesNote 6 du gave de Pau, puis les coteaux de Jurançon et enfin la chaîne des Pyrénées. Dix-sept sites
sont ainsi inscrits en 1944 au titre des Horizons palois, afin de les protéger de toute construction ou
altération pouvant détériorer le panorama qui est notamment visible depuis le boulevard des Pyrénées et
le château22.
Huit autres sites et paysages sont eux inscrits, il s'agit de la promenade publique autour de la place de
Verdun depuis 1942, des immeubles bordant le boulevard des Pyrénées, du jardin du château, des jardins
de la gare et belvédère (square d'Aragon), du parc du lycée ainsi qu'une partie du parc Beaumont depuis
1944, des allées de Morlaàs depuis 1945, de la place Gramont depuis 1958 et enfin l'espace appelé
« Zones urbaines à Pau » depuis 1974. Cette dernière zone est voulue par le nouveau maire de l'époque,
André Labarrère, pour protéger des zones situées entre des parties classées ou inscrites pouvant évoluer
anarchiquement23.
Zonages réglementaires
Le territoire communal de Pau compte deux sites Natura 2000 : le gave de Pau, classé Site d'importance
communautaire (SIC) en 2003 et Zones Spéciales de Conservation (ZSC) en 2014, et le parc boisé du
château de Pau, classé SIC en 2004 et ZSC en 200624. D'une superficie de 8 212 ha, le site Natura 2000 du
gave de Pau s'étend sur 107 communes dont Pau, il est constitué à 60 % d'eaux douces intérieures (eaux
stagnantes, eaux courantes), 20 % de marais, bas-marais et tourbières et 10 % de landes, broussailles,
maquis et garrigues, phrygana. Il est de qualité du fait du vaste réseau hydrographique qui le constitue
avec un système de saligues encore vivace, des boisements humides où abondent les saules25. La faune
aquatique est caractérisée par la mulette (Margaritifera margaritifera), la cordulie à corps fin (Oxygastra
curtisii), le gomphe de Graslin (Gomphus graslinii), l'écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius
pallipes), la lamproie de Planer (Lampetra planeri), le saumon atlantique (Salmo salar) et le chabot
commun (Cottus gobio)26. Le site du parc boisé du château de Pau est plus petit puisqu'il concerne 19 ha
et s'étend sur deux communes dont Pau. Il est de qualité du fait de la présence d'un grand nombre de
vieux arbres. Il s'agit en outre du seul site du scarabée pique-prune (Osmoderma eremita) connu en
Pyrénées-Atlantiques, une espèce en régression, menacée et protégée27.
Le réseau hydrographique du gave de Pau est également inscrit à l’inventaire des zones naturelles d'intérêt
écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF)28. Il s'agit d'une ZNIEFF de type IINote 7 d'une surface de
3 000 hectares. Son territoire est en partie couvert par la zone Natura 2000 du gave de Pau. Aussi, le
corridor de l'Ousse-des-Bois est un espace acquis par le conservatoire régional d'espaces naturels
d'Aquitaine à des fins de protection29. Depuis une forte pollution en 2010, le site est sous étroite
surveillanceRP 2.
Parcs et jardins
Différents parcs et jardins sont aménagés dans la cité, avec notamment le parc Beaumont qui compte un
lac, une rivière et une cascade, de nombreux massifs de fleurs et une roseraie. Les 12 hectares du parc
abritent 110 essences d'arbres. Certains sujets sont « remarquables » par leur taille, leur âge ou leur
rareté : cyprès chauve de Louisiane, plaqueminier de Virginie ou Séquoia géantM 6. Le parc Lawrence, parc
aux arbres centenaires, abrite lui une des nombreuses villas anglaises du xixe siècle de Pau. Le domaine
national du château de Pau est composé d'un jardin Renaissance avec plantes médicinales et d'un parc. Il
est le lointain héritier des vastes jardins du château développés au cours du xvie siècle sous Antoine de
Bourbon et Jeanne d'Albret, des jardins vus comme « parmi les plus beaux d'Europe » par des visiteurs
contemporains31.
Urbanisme
Typologie
Au 1er janvier 2024, Pau est catégorisée grand centre urbain, selon la nouvelle grille communale de densité
à sept niveaux définie par l'Insee en 202232. Elle appartient à l'unité urbaine de PauNote 8, une
agglomération intra-départementale regroupant 55 communes, dont elle est ville-centreNote 9,33,34. Par
ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Pau, dont elle est la commune-centreNote 10,34. Cette
aire, qui regroupe 227 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de
700 000 habitants35,36.
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de
l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont
accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (xviiie siècle), la carte d'état-
major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)Carte 1.
Développement urbain
La mairie de Pau distingue vingt-six quartiers et six secteurs dans la communeM 7 : Foirail - Triangle/Les
Anglais - Hypercentre ; Haute-Plante/Trianon - Basse-Plante/Etigny/Quartier du Hédas - XIV-Juillet - Rives
du Gave ; Lartigue/Hippodrome - Lilas - Université - Saragosse - Saint-Joseph/Fouchet ; Pouguet/Hôpital -
Copernic - Hameau ; Peyroulet - Allées de Morlaas - Peboue - Indusnort/Stade du Hameau ; Trespoey - Le
Buisson. Le centre-ville de Pau est notamment délimité par le boulevard d'Alsace-Lorraine au nord, par
l'avenue Édouard-VII à l'est, l'Ousse et le gave au sud, puis l'avenue Gaston-Phœbus à l'ouest.
Centre-ville
Le développement du castelnau
Rue du château. Immeuble du borg Une porte Rue du Hôtel de Peyré face au
vielh. du borg Moulin. château.
vielh.
Maison à
colombages
.
L'urbanisation du centre-ville de Pau s'étend principalement du xie siècle à la première moitié du
xxe siècle ; ce mouvement est façonné par des contraintes topographiques très caractéristiques de la
commune qui ont largement affecté, voire freiné, son développement au cours des siècles. Le château est
implanté à l'angle sud-ouest d'un éperon rocheux délimité en contrebas par le gave (au sud) et par le
Hédas (au nord). Cet éperon s'élargit ensuite vers l'est au sein d'un plateau, permettant l'implantation d'un
village protégé par le château et ces frontières naturelles. Cette configuration explique que le
développement urbain de la ville se soit dans un premier temps déroulé vers l'est, puis vers le nord lorsque
le Hédas est franchi avec la construction de différents ponts au xviie siècle.
Le castelnau médiéval s'installe au sein d'un triangle dont la base atteint 250 mètresM 8 à l'endroit où est
implanté le premier mur de protection du faubourg à l'est à partir de 1384B 1. Les lourds travaux entrepris
au xive siècle par Fébus pour renforcer les défenses du château permettent un large essor du castelnau
primitif qui est désormais nommé borg major puis borg vielh. Deux portes sont aménagées au sein du mur
d'enceinte : la porte du Moulin (toujours existante) en contrebas côté gave et la porte deu MieyNote 11 (« du
milieu » en béarnais) qui est détruite en 1793 mais qui est déjà insérée dans le tissu urbain en 1468M 8. Au
xive siècle, la future capitale béarnaise est composée de quatre ruesNote 12 et de 128 foyers. Le bourg nau
(bourg neufB 3 ou borguetB 4) se développe ensuite au xve siècle puisque le mur d'enceinte est déplacé
plus à l'est, la porte d'ArribèreNote 13 remplaçant dans sa fonction la porte deu Miey comme extrémité est
de la cité.
La résidence royale
À partir du début xvie siècle, le mouvement de croissance de la cité vers l'est s'accentue. Désormais
capitale du Béarn, la ville fait construire un hôpital à l'est de la jonction de la porte d' Arribère et de la côte
de la FontaineNote 14 et fait déplacer les boucheries ainsi que le cimetière à l'est des mursM 8. Un faubourg
se constitue également au sud de la porte de la Monnaie, à la place du camp Batalher célèbre pour la
pratique des duels judiciaires. Ce même xvie siècle offre à Pau le titre de résidence royale, les souverains
de Navarre achèvent la transformation du château forteresse en un palais Renaissance avec de grands
parcs et des jardins. La présence de la cour entraîne également des transformations dans l'aspect de la
ville avec les constructions successives d'un nouveau pontNote 15 sur le gave, d'un hôtel de villeNote 16 et
d'un palais de justiceNote 17. L'hygiène devient une nouvelle préoccupation pour les jurats palois, avec la
rédaction d'un premier règlement visant à imposer le nettoyage des rues, l'arrêt du déversement des
latrines dans la rue et l'interdiction de l'élevage d'animaux à l'intérieur de l'enceinteM 8. En 1568, Jeanne
d'Albret tente également d'imposer le remplacement du chaume par des couvertures en ardoise ainsi que
le pavage des rues mais les guerres de religion retardent le projet.
À la fin du xvie siècle, la cité paloise est toujours entièrement contenue dans les mêmes bornes que celles
qui prévalaient deux siècles auparavant. Quatre portesB 4 existent alors : la toujours porte du Moulin ainsi
que la porte de Gassion en contrebas côté sud, la porte du Portalet au niveau de l'actuel hôtel de Gassion
et la porte d'Arribère. La place Reine-Marguerite est aménagée au niveau de cette dernière porte en 1590
pour accueillir les premières halles de la ville, il s'agit de la plus ancienne place paloise. De nouvelles
fortifications plus légères sont édifiées entre 1632 et 1646M 8 pour protéger les faubourgs construits
progressivement à l'est du borguet, la porte-NeuveNote 18 verrouille alors Pau en direction de Tarbes.
L'ouverture de la ville
L'ouverture totale de la ville vers l'est, avec la fin de la ville fortifiée, coïncide avec le franchissement du
ravin du Hédas au milieu du xviie siècleNote 19. La cité paloise va dès lors se désenclaver à l'est et au nord
avec l'installation de nombreux ordres religieux notamment. Ces derniers profitent du rétablissement du
culte catholique en Béarn à partir de 1620 pour investir la cité. La ville éclate alors en plusieurs pôles
d'urbanisation, la vieille ville originelle (borg vielh et borguet) est séparée de ces extensions par des
coupures végétales et agricolesM 8. Les jésuites, les cordeliers, les ursulines ou encore les
orphelinesNote 20 établissent de nouvelles bornes de croissance pour la ville au xviie siècle.
Au milieu du xviiie siècle, l'ouverture de la ville marque une nouvelle étape avec la construction du pont
Royal vers l'actuel quartier du XIV-Juillet. Ce pont est pour la première fois entièrement réalisé en
maçonnerie et d'une largeur suffisante pour supporter le trafic et permettre un réel développement vers le
sud de la ville. Ce xviiie siècle est également marqué par l'ouverture du pont Bordenave d'Abère en 1786, il
permet de relier la vieille ville à la route de Bordeaux au nord par-dessus le Hédas. Néanmoins, il n'existe
pas encore de liaison directe entre le nouveau pont Royal et la route de Bordeaux sans passer par la vieille
ville (par la côte du Moulin). Un projet urbain particulièrement complexe est mis en place par l'ingénieur
Louis Pollart afin de créer un axe entre les deux voies. L'actuelle rue Marca n'est ouverte qu'à la Révolution
par une décision du 31 janvier 1792M 8.
La ville climatique
Centre-ville de Pau en
1885.
Au lendemain de la Révolution, la vente des biens nationaux entraîne des changements profonds dans la
physionomie de la ville. Les parcs du château sont ainsi utilisés pour divers projets urbanistiques, la
basse-plante permet en partie la réalisation de la place Gramont de 1817 à 1840 tandis que la haute-
plante voit s'installer la caserne Bernadotte à partir de 1830 ainsi que le nouveau cimetière de la ville.
Certains édifices religieux changent également de fonction, le couvent de la Foy est transformé en hôtel
de préfecture, le couvent Notre-DameNote 21 reçoit la mairie jusqu'en 1808 et le collège royal des jésuites
est transformé en école centrale puis en lycée à partir de cette même année 1808. Dans la première
moitié du xviiie siècle, la capitale béarnaise poursuit également son expansion vers le nord avec la
création de la rue Serviez qui enjambe le Hédas par un nouveau pont construit en 1802. Par la suite, cette
rue est prolongée pour être reliée à la route de Bordeaux dès 1840 à la demande d'un groupe d'habitants
du quartier des CultivateursNote 22. Cette nouvelle liaison prend le nom de Montpensier en la mémoire du
prince Antoine d'Orléans, fils de Louis-Philippe et duc de Montpensier, qui vînt inaugurer la statue
d'Henri IV place Royale en 1843Note 23.
C'est au milieu du xviiie siècle que la capitale béarnaise commence à accueillir un nombre croissantNote 24
de touristes étrangers qui viennent profiter du climat prétendument sédatif de Pau en hiver. Ce tourisme
climatique s'accompagne de plusieurs aménagements dans la ville : système de numérotation des
maisons, réseau d'éclairage à l'huile puis au gaz dès 1840, des trottoirs sont aménagés et multiplication
du nombre des fontaines décidée dès 1835M 8. Le boulevard du Nord (nommé Alsace-Lorraine désormais)
est créé autour de 1870M 8 pour densifier le tissu urbain sur son côté intérieur, il occupe ce rôle jusque
vers 1925. L'axe constitué par la rue Serviez et la nouvelle rue Montpensier profite de cette volonté, le
premier quartier anglais voit le jour autour de l'actuelle église Saint-Andrew's et de l'ancien Grand Hôtel.
Pau devient alors une station de séjour de renommée mondiale avec près de 6 000 hivernants dans les
années 1880B 5 (l'équivalent de 20 % de la population à l'époque). C'est sous cette influence que plusieurs
décisions importantes sont prises à cette époque concernant l'aménagement urbain de la cité, la première
d'entre elles est la création du boulevard du Midi de 1854 à 1871 et l'achat du domaine de Beaumont en
1878. Le boulevard du MidiNote 25 constitue l'amorce du futur boulevard des Pyrénées construit de 1893 à
1899 pour relier la vieille ville à la ville neuve, il fait également de Pau une véritable ville belvédère.
Le centre-ville de Pau prend sa forme actuelle dès la première moitié du xxe siècle avec la réalisation de
plusieurs projets d'envergure, dont la création du palais des Pyrénées et sa jonction au boulevard du
même nom par le boulevard d'Aragon. À l'orée des années 1930, le maire Alfred de Lassence souhaite
recentrer la ville autour de la place Clemenceau38 en remplacement de la place Royale. L'équipe
municipale répond ainsi favorablement à la proposition de l'entrepreneur Henri Lillaz, il souhaite bâtir sur
cette place un édifice précurseur des centres commerciaux modernes pour y installer des commerces de
luxe. Un accord est trouvé dès avril 1929M 8 pour une ouverture l'année suivante, le tout nouveau palais
des Pyrénées prend la place de l'ancien couvent des Ursulines et de la nouvelle halleNote 26. Cette
construction entraîne d'autres changements dans le centre-ville palois puisque l'accord entre le maire et
Henri Lillaz prévoit en contrepartie que ce dernier doit édifier une bibliothèque et un musée à ses frais.
C'est chose faite dès 1930, avec la construction de deux bâtiments de style Art déco au nordNote 27 du
lycée Louis-Barthou.
La construction du palais des Pyrénées entraîne également le percement du boulevard d'Aragon pour relier
ce nouveau centre de la ville au boulevard des Pyrénées. Dès 1928 le boulevard d'Aragon est achevé,
permettant la construction successive de plusieurs immeubles, dont le palais d'Aragon et le palais
d'Ossau. Par la suite, le centre-ville est traversé par diverses opérations d'urbanisme mais qui visent à
renouveler plutôt qu'à bouleverser les équilibres obtenus dans les années 1930. La cité Paul-DoumerNote 28
est construite dès 1932, l'« opération taudis »Note 29 se tient de 1953 à 1962, tandis que plusieurs
équipements voient le jour comme le théâtre de verdure en 1952 ou le Foirail en 1964.
XIV-Juillet
Cette zone de Pau est composée par la partie de la ville située rive gauche du gave (également nommée
quartier de la Croix du Prince). L'urbanisation de la rive gauche du gave débute à partir de 1740 avec la fin
de la construction du pont Royal (actuel pont du XIV-Juillet), cet espace étant jusqu'alors compris dans les
frontières de la commune de Jurançon. Dès 1794, la municipalité paloise envisage d'annexer ce quartier,
mais ce n'est que le 2 juillet 186239 que la zone est transférée à Pau malgré les protestations
jurançonnaises. Le quartier du XIV-Juillet (nom donné depuis 1881) est alors composé de 504 habitants,
sur 48 hectares. Avec la proximité du gave, de la ligne ferroviaire et de la route vers les vallées béarnaises
et l'Espagne qui le traverse, le quartier se développe rapidement au cours du xixe siècle. De petites
industries39 s'installent telles que des moulins et des scieries hydrauliques, des tanneries, des abattoirs et
des savonneriesNote 30. Depuis les années 1970, le quartier a subi de nombreuses mutations avec la
fermeture des usines, une certaine paupérisation des habitants et la fermeture de plusieurs commerces à
cause de la concurrence des grandes surfaces de périphériesRP 3. L'emblème du quartier — le stade de la
Croix-du-Prince — attend toujours un nouveau souffle après le départ des rugbymen de la Section paloise
au début des années 1990RP 4.
Dufau-Tourasse
La zone Dufau-Tourasse — délimitée par le boulevard d'Alsace-Lorraine au sud, l'avenue des Lilas à l'est et
le boulevard Tourasse au nord — comprend plusieurs grands ensembles de logements, dont les
résidences Carlitos et le quartier Saragosse, ainsi que la cité administrative de Pau. Le nord-est de Pau n'a
présenté aucun obstacle naturel à son urbanisation, ainsi un plan d'urbanisme est défini dès 1928 par
Léon Jaussely. Ce plan visait notamment à prolonger la rue Carnot afin de créer un nouvel axe vecteur de
développement d'une ville verte. Si le plan Jaussely est abandonné en 1933M 8, l'idée d'une voie
prolongeant la rue Carnot vers la forêt de Bastard est maintenue. Ce nouvel axe prend la forme de la
coulée verte qui distribue l'ensemble de la zone Dufau-Tourasse puis toute la partie septentrionale de la
ville jusqu'à la rocade nord construite à partir de 1968.
La limite nord de la ville de Pau était le boulevard d'Alsace-Lorraine jusque dans les années 1950. Au nord
de cet axe, l'exploitation agricole occupait la majorité des parcelles, alors reliées au centre de la ville par la
rue des Cultivateurs, devenue la rue Carnot. Le tissu urbain est le témoin de cette histoire puisqu'il reprend
l’aligné du ruisseau et chemin « La Herrère», actuelle avenue Saragosse et celui du ruisseau de « La
Coudères», aujourd’hui rue Honoré-Baradat. Le chemin Tourasse est devenu le boulevard Tourasse et Jean
Sarrailh, anciennement domaine de nombreux maraîchers qui approvisionnaient la ville.
L'ensemble Dufau-Tourasse est le plus important plan de logements collectifs construits dans la ville dans
le cadre des ZUP des années 1960. Cette opération concerne 35 hectares de terrains achetés par la ville,
dont 22 réservés à la construction de 2 000 logementsM 10. André Remondet, lauréat du grand-prix de
Rome en 1936, est chargé de la conception du plan-masse par le ministère de la Construction. Il organise
celui-ci autour de l'axe nord-sud constitué par l'avenue DufauNote 31 et par plusieurs axes est-ouest :
avenue de Saragosse, boulevard Tourasse, boulevard Jean-Sarrailh. Remondet combine des barres
linéaires avec d'autres en zigzag afin de rompre la monotonie des îlots40. L'axe principal nord-sud est
composé de bâtiments de cinq niveaux, tandis que les quatre points cardinaux de la zone sont équipés
des bâtiments les plus élevésNote 32. Les équipements publics du quartier (église Saint-Pierre, école Jean-
Sarrailh notamment) sont en grande partie situés sur l'ancienne pépinière de la ville40. La cité
administrative est, quant à elle, réalisée progressivement entre les années 1970 et 1980, les terrains ont
longtemps été convoités pour la réalisation d'un grand hôpital40 qui sera finalement construit plus au nord
de la ville.
Pau Sud
La zone Pau Sud — délimitée par l'avenue Édouard-VII à l'ouest et l'avenue des Lilas puis le boulevard de la
Paix au nord-est — est composée des quartiers du Trespoey et du BuissonSO 1 en limite de Bizanos et par
le quartier Saint-Cricq. Cette zone est marquée par la présence de villas suburbaines construites à la
grande période du tourisme climatique palois. L'avenue Trespoey ainsi que les allées de Morlàas sont
toujours imprégnées de cet urbanisme guidé par les théories de l'hygiénisme urbainSO 2. Cette mode issue
de la Belle Époque voulait que les rues et avenues soient aérées et que les espaces bâtis soient en retrait
des voies dans de grandes parcellesM 8. Appliquée, notamment sous le mandat du maire Patrice O'Quin, la
ville gagne son surnom d'« Hygiapolis »B 7. Outre les réserves foncières indispensables à ce concept, la
géographie du quartier Trespoey est alors particulièrement appréciée des riches hivernants. Le quartier
est traversé par une ligne de crête surplombant le gave, qui offre une vue directe sur la chaîne des
Pyrénées.
Le Hameau
Il s'agit d'une vaste zone composée par les quartiers du Laü, Berlioz et de l'Ousse des Bois et délimitée par
l'allée Condorcet puis l'avenue de Buros à l'ouest ainsi que par le boulevard Tourasse puis le boulevard de
la Paix au sud. Le quartier Berlioz est marqué par la présence de logements issus du mouvement des
Castors, celui-ci s'est déroulé de 1953 à 1956 sous le nom « Les Chalets Pyrénées »M 11. Outre des
espaces résidentiels, la zone du Hameau se caractérise par un important tissu économiqueRP 5, avec en
tête le centre scientifique et technique Jean-Féger du groupe Total. La plaine du Hameau constitue un
point central pour le monde sportif palois avec de nombreux terrains disponibles et le stade du Hameau
pour les événements rugbystiques notamment.
Le quartier de l'Ousse des Bois est l'un des grands ensembles de la ville de Pau construit dans les
années 1960, ce dernier étant à l'origine composé de 880 logements. Classé prioritaire, il compte 4 000
habitants en 202041. Il est prévu pour accueillir les ouvriers recrutés après la découverte du gisement de
Lacq, mais à partir des années 1970 il devient l'un des quartiers utilisés pour l'accueil des immigrés :
Pieds-noirs, Portugais, Espagnols puis Maghrébins. En proie à des difficultés sociales puis à plusieurs
émeutes dans les années 1990, un vaste projet de rénovation est lancé à partir de 1999 pour transformer
le quartier. L'idée est notamment de casser l'effet « barre » et de mieux intégrer le quartier dans la villeSO 1.
Près de 45 millions d'euros sont ainsi engagés lorsque survient le dispositif ANRU en 2006 qui donne un
second souffle au projet avec 20 millions d'euros supplémentaires. Au total, 335 logements sont démolis
tandis que 130 logements sont construits en type pavillonnaireSO 3.
Pau Nord
La zone Pau Nord — délimitée par le cours Léon Bérard, l'allée Condorcet et le boulevard de la Paix au sud
et par l'avenue de Buros à l'est — est composée des quartiers résidentiels Lartigue, des Lilas, Barincou,
Touquet et Trianon. Cette zone comprend également de nombreux grands équipements palois comme
l'hippodrome (1842, rénové entre 1969 et 1971), le campus (1962-1977), le centre hospitalier (1975-1988),
le palais des Sports (1991), le Zénith (1992) et le complexe de pelote (2006). La partie de cette zone
située au nord de l'autoroute A64 n'est que très peu urbanisée, elle est occupée par le domaine hippique de
Sers ainsi que par la forêt de Bastard. Cette dernière est une ancienne forêt royale de 300 hectaresSO 4
située sur la lande du Pont-Long. La plaine des Sports est traversée par un antiqueNote 33 axe est-ouest
nommé le Cami Salié (« chemin du sel » en béarnais), il s'agit du chemin historique allant du plateau de Ger
vers Salies-de-Béarn et sa production de sel.
Habitat et logement
En 2018, le nombre total de logements dans la commune était de 53 029, alors qu'il était de 51 025 en
2013 et de 49 630 en 2008I 1.
Parmi ces logements, 80,5 % étaient des résidences principales, 2,8 % des résidences secondaires et
16,8 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 17,1 % d'entre eux des maisons individuelles et
pour 81,9 % des appartementsI 1.
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Pau en 2018 en comparaison avec celle des
Pyrénées-Atlantiques et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est
ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (2,8 %) inférieure à celle du
département (13,5 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces
logements, 38,7 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (39,8 % en 2013),
contre 61,3 % pour les Pyrénées-Atlantiques et 57,5 % pour la France entièreI 2.
Le pont du XIV-Juillet.
Pau se trouve à l'intersection de deux autoroutes. L'autoroute A64 - E80 (sous son appellation
européenne) dite la Pyrénéenne, rejoint, à l'est, Tarbes, en 30 minutes, et Toulouse, en 2 heures42. À l'ouest,
elle rejoint Bayonne et la côte basque en un peu plus d'une heure (1 h 1242). L'autoroute A65 - E7 (sous
son appellation européenne) dite A'Liénor - autoroute de Gascogne, relie Pau à Bordeaux en plus de deux
heures (2 h 742) via l'autoroute A62 entre Bordeaux et Langon, point de raccordement des deux
autoroutes. Son inauguration a lieu le 14 décembre 2010RP 6. Pau est également traversée par plusieurs
routes nationales déclassées par la suite : la route nationale 117 (Bayonne - Tarbes - Toulouse) devenue
RD 817, la route nationale 637 (Pau -Montgaillard) devenue RD 937, la route nationale 643 (Pau - Auch)
devenue RD 943 et la route nationale 645 (Pau - Sault-de-Navailles) devenue RD 945. La
route nationale 134 existe toujours pour relier le sud de Pau au col du Somport.
Construite à la confluence du gave de Pau, de l'Ousse et de l'ancien ruisseau du Hédas, Pau dispose d'un
réseau de ponts ayant permis son développement urbain progressif. Une fragile passerelle de bois permet
initialement de traverser le gave au niveau de l'actuelle tour de la MonnaieRP 7. Cette passerelle étant
régulièrement emportée par des crues, elle est remplacée par un pont en bois reposant sur des piles en
maçonnerie en 159243. Finalement, un pont entièrement maçonné (pierres de taille, briques, galets) est
réalisé à côté de l'ancien pont vers 1740. Il prend tout d'abord le nom de pont Royal puis de pont du
XIV-Juillet jusqu'à aujourd'hui, il est élargi plusieurs fois en 1840 puis 1872RP 7. Depuis 196944, il est aussi
possible de franchir le gave par le biais du pont d'Espagne. Le ravin creusé par l'ancien ruisseau du Hédas
offre une protection naturelle à la vieille-ville de Pau, mais empêche également son développement. La
réalisation de plusieurs ponts permet progressivement à la ville de s'étendre vers le nord du xvie siècle au
début du xxe siècle. Sont successivement créés, la porte Corisande (rue Lassansaa) sous la régence de
Catherine de Bourbon45, le pont des Cordeliers en 1678RP 8, le pont Neuf (rue Bordenave d'Abère) en
1786M 8, le pont Samonzet en 1840RP 8 et enfin le pont Serviez en 1902RP 8. La réalisation du boulevard des
Pyrénées entraîne également la construction du pont de la côte du Moulin en 1867RP 7 et du pont Oscar en
1897RP 7.
Transports collectifs
Le funiculaire de Pau.
Le réseau Idelis, exploité par la Société des transports de l'agglomération paloise (STAP) sous la
responsabilité de la communauté d'agglomération Pau Béarn Pyrénées, dessert Pau et son agglomération.
Plus de 8,5 millions de déplacements sont effectués chaque année sur ce réseau46, composé de 24 lignes
urbaines et de 75 circuits scolaires en 2023. La commune est desservie par une ligne de bus à haut niveau
de service (BHNS). Cette ligne part de la gare de Pau pour rejoindre l'hôpital François-Mitterrand. Les
travaux démarrent à la fin de 2014, la ligne est mise en service le 8 juillet 2019 tandis que le premier Fébus
circule le 17 décembre 2019SO 6.
Plusieurs catégories de trains relient la gare de Pau à d'autres centres urbains français ou européens. Il
s'agit des TGV, qui relient Paris-Montparnasse à Tarbes ; des Intercités, qui relient Hendaye à Toulouse-
Matabiau ; des TER, qui relient notamment Bordeaux-Saint-Jean à Tarbes. Deux projets de construction
ferroviaire sont à l'étude depuis le début des années 200047 : une ligne à grande vitesse depuis Bordeaux
vers l'Espagne via l'est des Landes dont les travaux devraient être achevés en 203248, et la réouverture de
la liaison transfrontalière Pau-Canfranc (Espagne) qui relierait Pau à Saragosse49. Le funiculaire de Pau,
inauguré en 1908B 8, assure, à titre gratuit, la liaison entre le quartier de la gare et le boulevard des
Pyrénées. Il passe près d'un arrêt définitif en 1970, étant considéré comme vétuste et « ringard »SO 7. Il est
finalement conservé après une lourde rénovation qui aboutit en 1978. En 2017, il transporte en moyenne
500 000 passagers par an, et fonctionne tous les jours. Jusqu'en 1931, la ville de Pau est desservie
également par le chemin de fer de Pau-Oloron-Mauléon (POM), dont la gare principale se trouve place de
la République.
L'aéroport de Pau-Pyrénées, situé à 12 km dans la commune d'Uzein, est relié directement aux aéroports
Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Orly (9 allers-retours par jour), à Lyon (3 allers-retours par jour), Marseille
et Nantes (9 liaisons par semaine), Marrakech (1 à 2 liaisons par semaine), ainsi que Strasbourg, Lille,
Brest, Quimper, Metz, Nice ou Ajaccio dans des liaisons saisonnières50. En 2018, il enregistre
612 580 passagers51.
Planification de l'aménagement
Le schéma de cohérence territoriale (ou SCOT) du pays du Grand Pau est approuvé par le comité syndical
le 29 juin 2015. Lors de son élaboration, il concerne 145 communes et 9 intercommunalités qui
regroupaient date−221 000 habitants, 110 000 logements et 100 000 emplois en 201052. Dans son
diagnostic territorial, le SCOT prévoit une population de 263 000 habitants à l'horizon 203053, soit une
augmentation de 42 000 habitants en 20 ans. Afin de satisfaire cette évolution, le besoin de production
annuelle de logements est estimé à 1 450. Les élus font pour cela le choix d'un modèle de développement
en « archipel », organisé autour d'un espace central renforcé — « Cœur de Pays »Note 34 —, de polarités
structurantes et de communes supports. Le SCOT prévoit de renforcer l'attractivité du « Cœur de Pays » en
y concentrant 60 % de la production annuelle de logement du Grand Pau — soit 865 logements par an —
contre 750 logements annuels (53 %) sur la période 1999-2009.
Autre document, le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) est approuvé par le conseil
communautaire de l'agglomération Pau Béarn Pyrénées le 19 décembre 2019M 12, il remplace pour Pau
son PLU communal adopté en 2006. Les objectifs de ce plan sont de mettre en œuvre un document
unique sur l'intégralité du périmètre de l'agglomération, afin « d'apporter une réponse collective aux grands
enjeux urbains et périurbains, répondre aux avancées réglementaires les plus récentes, et poser un cadre
plus cohérent et mieux équilibré entre les bassins de vie ». Le PLUi se donne notamment pour objectif de
diminuer de 50% la consommation foncière due à l’habitat et à l’activité économique par rapport à la
période 2005-201554. La commune de Pau dispose également de l'outil site patrimonial remarquable afin
de protéger et mettre en valeur le patrimoine architectural, urbain et paysager de son centre historiqueM 13.
La commune est soumise aux risques majeurs suivants : inondation, risques climatiques, séisme et
transport de matières dangereuses55. Afin d'informer la population sur ces risques majeurs, la commune
élabore en 2008 un dossier d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM)DICRIM 1. Elle a
élaboré également en 2012 un plan communal de sauvegarde qui fixe l’organisation nécessaire à la
diffusion de l’alerte, précise des consignes de sécurité, recense les moyens disponibles et définit la mise
en œuvre des mesures d’accompagnement et de soutien de la populationM 14.
Les inondations qui peuvent se produire à Pau sont de deux typesDICRIM 2 : par débordement direct lors de
crues rapides submergeant les berges des cours d'eauNote 35 et par débordement indirect dû soit aux eaux
de ruissellement, soit aux remontées des eaux du réseau d'assainissement. Le risque d'inondation est pris
en compte dans l'aménagement du territoire de la commune par le biais du plan de prévention du risque
inondation (PPRI) de Pau qui est approuvé le 23 septembre 2016PPRI 6. Le PPRI s'impose au PLUi qui doit
conditionner les autorisations de construire selon les risques et intégrer la gestion de l’eau dans ces
projets (création de bassin de rétention, préservation d’espaces perméables, etc.)DICRIM 3. Parallèlement, la
commune fait partie du territoire à risques importants d'inondation (TRI)Note 36 de Pau58. Au total, onze
arrêtés reconnaissant l'état de catastrophe naturelle ont été pris pour la commune de Pau à la suite
d'inondations entre 1988 et 201455.
Parmi les autres risques pouvant affecter la commune, les aléas climatiques pouvant affecter la ville de
Pau sont des épisodes de tempêtes venteuses (vents dépassant 89 km/h), d’orages de grêle, de fortes
chutes de neige, de grand froid ou inversement de caniculeDICRIM 4,Note 37. Du fait de sa proximité de la
chaîne pyrénéenneNote 38, Pau est située dans une zone de sismicité de niveau 4, qualifié de « moyen », sur
une échelle qui en comporte 5DICRIM 5, ce qui implique des contraintes constructives pour de nombreuses
habitations. Enfin Pau est soumise au risque de transport de matières dangereuses (TMD), consécutif à
un accident se produisant lors du transport de telles matières par voies routières, ferroviaires, voies d’eau
ou canalisations. La rocade, l’autoroute A64, mais aussi les voies secondaires constituent des zones à
risquesDICRIM 6.
Qualité de l'environnement
La commune de Pau est située dans le bassin hydrographique Adour-Garonne. Chaque bassin élabore un
document de planification dans le domaine de l’eau, le schéma directeur d'aménagement et de gestion
des eaux (SDAGE), faisant un état des lieux et visant à atteindre un objectif de qualité des eaux à un
horizon donné. 31,7 % du territoire communal est classé en zone sensible à l'eutrophisation et donc
particulièrement sensibles aux pollutions et la totalité de la commune est en zone vulnérable, c'est-à-dire
sensible aux nitrates d'origine agricole59. Parmi les mesures visant à améliorer la qualité des eaux et
concernant la commune figure le plan de gestion des étiages Luys Louts, couvrant les bassins-versants du
Louts et des Luys (Luy de France et Luy de Béarn)60.
Concernant les sols, le Ministère de la transition écologique et solidaire (MEDDE) met à disposition du
public la base de données BASOL sur les sites et sols pollués61. Sur le territoire de la commune de Pau
aucune pollution n'est recenséeNote 39. Le plans de protection de l'atmosphère (PPA), de l'agglomération de
Pau, est approuvé par arrêté préfectoral le 21 décembre 201263. Il définit les objectifs et les mesures dans
les thématiques du transport, de l’habitat, du tertiaire et des comportements individuels et enfin de
l’industrie permettant de ramener les concentrations en polluants atmosphériques à un niveau inférieur
aux valeurs limites réglementaires64,65.
L'autoroute A64 est classée comme ayant un impact sonore sur une bande de 300 m de part et d'autre de
l'infrastructureNote 40.
Toponymie
Le toponyme Pau est retrouvé dans la charte de Barcelone de 115467, il apparaît sous les formes Castrum
de Pado67 (cartulaire de Sainte-Foi de Morlaàs, xiie siècle), Castellum de Pal67 (cartulaire de Lescar,
xiie siècle), Palum67 (registres de Bordeaux), Lo pont de Pau67 et Sant-Martii de Pau67 (notaires de Pau,
respectivement en 1484 et 1488). Son nom béarnais est Pau (prononcé paw).
Plusieurs hypothèses viennent expliquer le nom de la commune. La première tient son origine dans la
traduction du mot béarnais pau, qui signifie « pieu » ou « palissade »68. La légende raconte que les
Ossalois — propriétaires de fait de la plaine du Pont-Long — auraient accordé l'emplacement de l'éperon
rocheux surplombant le gave aux vicomtes de Béarn pour y bâtir une forteresse. Pour délimiter l'étendue
du domaine accordé, trois pieux auraient été plantésB 9, ce qui aurait donc donné le nom à la ville. Paul
Raymond souligne que « si l'origine du nom de notre ville était tirée des trois pieux légendaires, on aurait
dit paus au pluriel et non pau. ». Vastin Lespy plaide donc pour la signification au singulier « palissade » de
pau69, à l'image de l'ancien français plessis69 qui a donné de nombreux toponymes dans la moitié nord de
la France. Plus récemment, d'autres auteurs — comme Michel Grosclaude70 ou Dominique Bidot-
GermaB 10 — plaident pour une origine pré-indoeuropéenne du terme pau, renvoyant à la racine *pal,
indiquant un rocher escarpé, comme c'est le cas pour d'autres toponymes pyrénéens (col de Pau, pic
Palas, etc.). Enfin, Simin Palay mentionne l'hypothèse d'un lien avec le latin palus, qui signifie
« marécageux »68.
Histoire
Préhistoire et Antiquité
Au carrefour entre la vallée fluviale est-ouest du gave — et son parallèle la plaine du Pont-Long — et les
chemins nord-sud transpyrénéens, la zone paloise se caractérise du Paléolithique inférieur jusqu'à la
Protohistoire par des traces d'occupation laissées par des groupes humains mobilesB 11. Des traces de
chasseurs cueilleurs mobiles sont décelées autour de Pau, à l'interface entre plaine et montagneB 12. Le
Néolithique permet d'identifier le développement de l'élevage sur le site, avec la découverte d'un grattoir à
silex au pied du donjon du châteauB 13. Le territoire palois confirme son rôle de relais entre la plaine et les
vallées de montagne, et notamment l'OssauB 13. Aucune trace d'habitat bâti n'est découvert pour cette
période néolithique, seuls des sites à pierres chauffées sont présents dans la région paloise, indiquant des
occupations légères, répétitives, de courte durée, de populations dont l'économie est marquée par la
mobilitéB 14. De nombreux tumuli sont érigés au Bronze ancien et moyen sur la plaine du Pont-Long, dont
plusieurs tertres situés dans la commune de PauB 15, tandis que les données vont dans le sens d'une
activité pastorale entre la vallée d'Ossau et la zone du Pont-LongB 16.
Moyen Âge
La ville médiévale est construite sur un emplacement aux qualités très particulières. Le gave de Pau — qui
descend des Pyrénées — est une rivière assez difficile à franchir, et sur une distance d'environ 50 km, seuls
trois gués existent : Nay à l'est, Orthez à l'ouest et Pau entre les deux. Il sert notamment au passage des
bergers en transhumance entre les montagnes d'Ossau et les pâturages de la plaine du Pont-Long, via le
camin ossalés (chemin ossaloisB 22). L'extrémité nord d'un éperon rocheux, en forme de pointe, surplombe
ce gué de presque 80 mètres. C'est donc un emplacement naturel idéal pour contrôler le passage et les
arrivants des Pyrénées, et un petit poste de surveillance y est construit vers l'an milleNote 42, simple fort
entouré d'une palissade. Il possède alors la caractéristique d'être situé à égale distance de Lescar, siège
des évêques, et de Morlaàs, capitale des vicomtes de Béarn. Bien après Oloron, mais aussi Morlaàs,
Lescar, Orthez ou Sauveterre-de-Béarn, l'évocation de la cité paloise dans les écrits fait d'elle l'une des
dernières-nées des cités du BéarnB 24. La plus ancienne mention de Pau provient de la charte primitive du
for de Morlaàs, concédée entre 1090 et 1131, celle concernant le château de Pau est issue du cartulaire
de Lescar sous l’épiscopat de Guy de Lons dans la première moitié du xiie siècleB 24. Ces documents
mentionnent l'importance qu'a déjà pris le château et la petite localité l'entourant pour la vie du pays
béarnais.
Jusqu'au xiie siècle, le château est consolidé et quelques maisons s'y sont accolées, le tout constituant un
petit hameau. Il n'est cependant pas possible de savoir si le château précède la constitution du village, ou
inversementB 25. Les seigneurs de Béarn accordent alors le statut de viguerieNote 43 à ce nouveau village
qui continue lentement de s'étendre. En 1188, Gaston VI de Béarn y réunit sa cour majour afin de rénover
le for général devant tous les barons de Béarn. Ce document est particulièrement important dans l'histoire
du pays et réaffirme l'attachement des seigneurs béarnais à leurs traditionnelles libertés, tout en lançant
un avertissement à quiconque serait tenté de les violerNote 44. Au xiiie siècle, Pau devient un castelnauB 3
— signe de l'importance et de l'agrandissement de la cité — avec un bailli nommé par les vicomtes
béarnais. Affirmant l'indépendance du Béarn en 1347, Gaston Fébus reste très attaché à l'indépendance de
son petit pays durant son règne. Il entame de grands travaux pour renforcer les places fortes du Béarn,
notamment le château de Pau dans lequel il réside occasionnellement. De 1370 à 1378, il y fait ajouter un
donjon en briques ainsi qu'une enceinte fortifiée extérieure avec la tour de la Monnaie. Le château de Pau
complète la puissante barrière de défense que Fébus érige pour faire respecter l'indépendance du Béarn,
face aux Anglais installés à Bayonne, Dax, en Soule et à LourdesB 1, ainsi que vis-à-vis du comté
d'Armagnac. En 1385, Pau est alors une cité de 128 feux répartis le long de quatre rues et autour d'une
modeste église paroissiale à l'est du châteauM 15.
C'est au milieu du xve siècle que Pau prend toute son importance au sein de l'organisation béarnaise. Les
vicomtes ont alors abandonné ce titre pour se présenter comme seigneurs du pays souverain de Béarn,
Louis XI de France respecte cette l'indépendance du pays de Béarn en ordonnant à son grand écuyer de
descendre l'épée royale en pénétrant dans le territoire béarnais71,B 26. Le Béarn, encore indépendant, peut
échapper l'intention de l'annexion de ce roi, grâce au mariage, conclu en 1462, de sa sœur Madeleine de
France avec le fils aîné de Gaston IV, Gaston de Foix, qui symbolise l'alliance entre le royaume de France et
le Béarn. Le 25 septembre 1464B 27, Gaston IV de Foix-Béarn — après avoir épousé l'infante Éléonore de
Navarre et ainsi récupéré le titre de prince héritier du royaume de Navarre — transfère sa cour d'Orthez à
Pau. Pau devient ainsi la quatrième capitale historique du Béarn, après Lescar, Morlaàs et Orthez.
L'objectif de Gaston IV est notamment de construire un appareil judiciaire moderneB 27 autour d'un pouvoir
centralNote 45, chose difficile à Orthez, ville excentrée par rapport au reste du pays. Pau est dotée d'une
charte communale ; un marché hebdomadaire ainsi que trois foires annuelles s'y déroulent, tout comme
les États du Béarn et la cour de son sénéchal (tribunal). Gaston IV transforme le château-fort de Fébus en
résidence princière sous l'influence des châteaux français de la Touraine, de l'Anjou et du Berry.
Renaissance et époque moderne
Le petit-fils de Gaston IV et d'Éléonore de Navarre, François Fébus, est couronné roi de Navarre en 1479 à
Pampelune. Les seigneurs de Béarn récupèrent dès lors la couronne du royaume de Navarre créant de fait
un État Béarn-Navarre à cheval sur les deux versants de la chaîne pyrénéenne72. Cette position se révèle
particulièrement inconfortable pour les seigneurs béarnaisNote 46. Afin de garder la neutralité du pays de
Béarn, l'éclatement de ce nouvel État pyrénéen devient inévitable. Le mariage de la sœur, et héritière, de
François Fébus scelle définitivement l'avenir du Béarn et de sa capitale. Ainsi, les États de Béarn réunis à
Pau en 1483 se prononcent pour que Catherine de Foix épouse Jean d'Albret sous les conseils du roi de
France, au lieu du fils des rois catholiques ibériques73. Les seigneurs béarnais deviennent donc alliés du
roi de France, sans perdre l'indépendance de leur pays. Ce choix provoque en 1512 la prise de Pampelune
par les troupes de Ferdinand le Catholique, qui ne pouvaient laisser les troupes françaises s'installer
durablement au sud des Pyrénées. Pau devient donc à partir cette date la capitale des rois de Navarre,
bien que les seigneurs du Béarn perdent de fait une grande partie du territoire de la Navarre, ne conservant
que la basse-Navarre au prix d'une contre-attaque franco-béarnaise menée en 1513.
Désormais cité royale, Pau se dote au cours de ce xvie siècle de plusieurs institutions qui renforcent son
rôle central pour le Béarn. À côté de la cour du sénéchal (compétence civile), Henri d'Albret (fils de
Catherine et Jean), instaure en 1519 le conseil souverain (compétence criminelle). Puis en 1525, c'est au
tour d'une Chambre des comptes d'être implantée dans la cité, avant que l'atelier de la monnaie soit
transféré de Morlaàs vers PauNote 47. La monnaie béarnaise est frappée jusqu'à la Révolution française
dans la tour de la Monnaie. Après avoir combattu et été fait prisonnier aux côtés du roi de France
François Ier à la bataille de Pavie, Henri d'Albret épouse Marguerite d'Angoulême, la sœur de son
compagnon d'armes. Ensemble ils transforment le château dans le style RenaissanceB 29. La cour de
Navarre voit alors défiler une cohorte d'esprits brillants et de personnages illustres accompagnés d'une
suite nombreuse, la vie de la cité paloise est animée par cette activité qui place Pau comme une capitale
intellectuelle de premier plan en Europe. L'œuvre d'embellissement du château voulue par Henri et
Marguerite est poursuivie par leur fille Jeanne d'Albret et son époux Antoine de Bourbon, qui participent à
la création de magnifiques jardins, décrits alors par des visiteurs comme étant « les plus beaux d'Europe ».
Au cœur des guerres de religion
Cette même Jeanne d'Albret donne naissance au plus illustre des Palois ; le 13 décembre 1553, elle
accouche du futur Henri IV de France dans le château de son pèreNote 48. Bien que n'ayant vécu que peu de
temps dans son château natal, le « bon roi Henri » garde cher à son cœur ce lieu où il est né prince de
BéarnB 30. Henri fait également en sorte de fournir à la ville le palais de justice dont elle a besoin (siège du
futur Parlement de Navarre), il affranchit les Palois de certaines taxes et confirme le titre de ville à la cité.
La deuxième moitié du xvie siècle est une période trouble pour Pau et le Béarn. Jeanne d'Albret suit
l'exemple de sa mère Marguerite en introduisant la réforme protestante au sein de la cour de Navarre et de
ses possessions. Jeanne d'Albret montre une rigueur morale et une intransigeance religieuse
particulièrement fortes face au catholicismeNote 49. En 1563, cette dernière fait enlever de l'église Saint-
Martin les emblèmes de la religion catholique, elle fait aussi brûler devant le château les retables et les
ornements du culte. Ce geste provoque un profond émoi au sein de la cour de France comme des États de
Béarn qui protestentB 31. En 1569, Pau est prise par les troupes catholiques de Charles IX de France mais
avec des dégâts bien moindres que pour les villes voisinesNote 50. Quatre mois plus tard, la ville est reprise
par Jeanne d'Albret grâce aux troupes du comte de Montgommery. Jeanne d'Albret fait massacrer à Pau
les chefs catholiques rendus prisonniers à Orthez. Le nombre de victimes de cette période n'est pas élevé
pour la ville de Pau, mais la liberté religieuse est pour longtemps abolie avec, en point d'orgue,
l'ordonnance de 1571 qui édicte les peines des plus sévères contre ceux qui s'efforcent d'« enseigner
quelque fausse doctrine au peupleB 32 ».
Le 15 avril 1599, Henri IV étend sa politique d'apaisement à son pays de Béarn natal. Un an après celui de
Nantes pour les Français, il proclame l'édit de Fontainebleau pour les catholiques du Béarn. Ce libre
exercice du culte est progressivement étendu aux localités béarnaisesNote 51. Avec la mort d'Henri IV en
1610, l'agitation religieuse repart de plus belleNote 52. En 1617, le jeune roi Louis XIII (fils d'Henri IV)
promulgue l'arrêt de Fontainebleau qui rétablit dans tout le Béarn la religion catholique et impose la
restitution des biens aux catholiquesB 33, la révolte gronde peu à peu vis-à-vis du roi de FranceNote 53. Après
l'échec des essais de conciliation, le roi Louis XIII prend finalement la décision de marcher sur le Béarn à la
tête d'une importante arméeB 34. Il fait son entrée à Pau le 15 octobre 1620 devant une population hostile
face à cette démonstration guerrière. Après s'être assuré de la soumission de la place forte béarnaise de
Navarrenx, le souverain retourne dans la capitale béarnaise le 19 octobre 1620 dans une ambiance plus
amicaleNote 54. Dès le lendemain, le 20 octobre 1620, le culte catholique est rétabli en Béarn par une
solennelle procession suivie par Louis XIIINote 55. Ce même jour Louis XIII publie un édit pour porter union
et incorporation du Béarn et de la Navarre à la couronne de France. Bien que très attachés à leur
indépendance, et très mécontents lorsque les États généraux avaient demandé l'incorporation du Béarn en
1614, la réaction des Béarnais se fait globalementNote 56 sans excès. Le roi assure les Béarnais de
conserver « leurs fors et privilègesB 36 », garantissant une large autonomie à la nouvelle province
française. Louis XIII transforme le conseil souverain de Béarn en Parlement de Navarre, y intégrant la cour
de Saint-Palais (Basse-Navarre). La ville de Pau passe du statut de cité royale à celui de cité
parlementaireNote 57.
Le Parlement de Navarre reste pendant près de 170 ans le principal élément de l'activité sociale de Pau,
une aristocratie provinciale s'y développeNote 58. Aussi, Louis XIII influe considérablement sur la
reconstruction catholique de la citéB 38. Il dote la ville de deux nouvelles institutions, le couvent des
Capucins et le collège des Jésuites (actuel lycée Louis-Barthou), afin de répandre la religion catholique
auprès des habitants et notamment de la jeunesse. De nombreuses autres fondations éducatives ou
charitables s'installent par la suite à Pau pour compléter la volonté royale, à l'image des Cordeliers, des
Orphelines ou encore des Ursulines. Toutes ces institutions imprègnent alors peu à peu la cité paloise
d'une profonde atmosphère catholique, elles bouleversent également la physionomie de la ville avec de
vastes établissements qui structurent encore aujourd'hui la capitale béarnaise. En parallèle, la première
université de Pau est établie à partir de 1722Note 59, elle est l'héritière du collège de Béarn et de l'académie
protestante du Béarn fondés en 1549 et 1583 à Lescar et Orthez mais fermés en 1620 par Louis XIII.
Louis XIII rétablit Le drapeau béarnais devant Le Parlement de Navarre. Le lycée Louis-Barthou,
le culte les Pyrénées. ancien couvent des Jésuites.
catholique et
annexe le Béarn
en 1620.
Révolution française et Empire
Le château, la religion et le
parlement sont au cœur de la vie
paloise.
Soucieux de conserver sa liberté, le Parlement de Navarre connaît une première grave crise entre 1760 et
1764 qui conduit à l'exil de la plus grande partie des présidents et des conseillersNote 60. L'ordre
revientNote 61 en 1775 avec le retour des exilés accompagné d'une explosion de joie populaireB 41. Une
nouvelle crise — la dernière — se joue en 1788 avec la volonté du roi d'obliger les provinces à faire
enregistrer des édits augmentant les impôts malgré le refus des différents parlements, dont le parlement
de Navarre. Les parlementaires béarnais, soutenus par la population, protestent et se révoltent contre ce
passage en force. Le roi Louis XVI ordonne alors que le parlement cesse immédiatement ses fonctions et
que ses troupes marchent sur le BéarnB 42. Il recule finalement face au soulèvement général provoqué
dans toute la France pour convoquer les États généraux, qui se révèlent bien tardifs. La Révolution
française entraîne la fin des vieux privilèges, et c'est dans ce mouvement que les Béarnais acceptent de
sacrifier leur antique constitution pour la nouvelle constitution françaiseB 43.
La période révolutionnaire se déroule à Pau avec moins de noirceur que dans bien d'autres cités. La ville
jouit d'un long passé d'attachement à l'aristocratie parlementaire, elle est fortement imprégnée par le
christianisme et le tempérament béarnais exècre toute forme d'extrémisme. Les troubles proviennent
essentiellement de l'extérieurNote 62 tandis que dix-neuf personnes sont condamnées et exécutées entre
septembre 1793 et août 1794 à PauB 44. Le château des rois de Navarre est lui épargné, démontrant
encore une fois l'attachement des Palois pour ce lieu de mémoire. Le changement institutionnel que
provoque la Révolution est, lui, beaucoup plus profond pour la ville, puisque le 14 octobre 1790, elle est
déclarée, après Navarrenx, nouveau chef-lieu du département des Basses-Pyrénées, constitué du Béarn,
de la Basse-Navarre, de la Soule, du Labourd et de quelques communes gasconnesNote 63. Pau devient
également le siège de l'un des vingt-neuf tribunaux d'appel français, avec pour ressort les départements
des Basses-Pyrénées, des Hautes-Pyrénées et des Landes.
Au début du xixe siècle, Pau est une « modeste bourgade »B 45 d'environ 10 000 habitants, vivant
principalement de son activité juridique et administrative (avec les fonctionnaires, ou gratte-papès).
Napoléon Ier visite Pau et ses environs le 22 juillet 1808 en compagnie de Joséphine, il déclare : « La ville
est médiocre, le château en ruine mais quel paysage merveilleux »B 46,B 45. L'Empereur contribue, par la
suite, à remettre la cité en valeurNote 64. Il montre également son intérêt pour le château en participant à sa
sauvegarde, tout comme Louis-Philippe et Napoléon III après lui. L'un des compagnons d'armes de
Napoléon entre dans la postérité en devenant roi de Suède et de Norvège en 1818 : le maréchal d'Empire
palois Jean-Baptiste Bernadotte initie une dynastie qui règne toujours sur la Suède en ce xxie siècle.
Époque contemporaine
xixe siècle
Après la chute de Napoléon Ier, l'Europe se pacifie et permet aux Britanniques de voyager sur le continent.
Pau devient alors une des stations climatiques et sportives les plus réputées d'Europe occidentale. Dès
1819, Lord Selkirk fait un passage remarqué dans la cité et bénéficie d'une rémission qualifiée de
« miraculeuse »B 47. C'est à partir de 1842 que l'engouement pour la ville se développe réellement auprès
des Britanniques, le médecin écossais Alexander Taylor y préconise la cure hivernale dans un ouvrage à
succès75, tandis que l'écrivaine Sarah Ellis publie des notes sur le même sujet dans Summer and Winter in
the PyreneesB 48. Le succès de ces écrits est important et Pau devient un lieu de villégiature prisé des
BritanniquesNote 65. Les Anglais s'y installent et profitent du premier Golf Club du continent, de la chasse
au renard (Pau fox huntB 49) et des courses tenues sur l'hippodrome du Pont-Long. Le peintre paysagiste
Paul Huet, après avoir été soigné à Eaux-Bonnes séjourne à Pau où naît sa fille Edmée le 25 août 1846.
À partir des années 1870 le boulevard du Midi est progressivement prolongé vers l'ouest et vers l'est pour
constituer l'actuel boulevard des Pyrénées, le palais d'hiver et des hôtels de renommée internationale — le
Gassion et le France — offrent un cadre luxueux aux concerts et réceptions qui s'y déroulent. La
physionomie de Pau est bouleversée en quelques dizaines d'années seulement, les mœurs des Palois
auparavant très simples sont directement affectées par toute cette modernité et ce luxe ambiantB 50.
Retour du Marché de Pau, par Grisette et La chasse au renard (fox hunt).
Pierre Gorse. servantes à
Pau, par
Alfred
Dartiguenave.
Pau est relié à la ligne de chemin de fer Toulouse-Tarbes-Bayonne en 1863 puis à partir de 1894, la ville est
desservie par un réseau de tramways qui disparaît en 1931. En même temps que la ville-haute prospère du
fait de la venue des riches touristes européens, la ville-basse se spécialise dans l'industrie. De
nombreuses petites structures se développent progressivement aux pieds du château, la production se
concentre sur le textile et l'agro-alimentaire. Plusieurs d'entre elles ont marqué ce tissu industriel, comme
les teintures CourriadesRP 9, la minoterie Heïd ou encore l'usine des tramways. Néanmoins, ce tissu
industriel reste isolé de la cité et Pau laisse à d'autres villes voisines (comme Tarbes) le soin d'entretenir
cette activité. La capitale béarnaise se contente de développer son commerce, notamment lié au luxe afin
de satisfaire ses hôtes étrangers nombreux (environ 6 000 hivernants dans les années 1880B 5).
xxe et xxie siècles
Au début du xxe siècle, Pau est toujours un lieu de villégiature couru par la noblesse européenne pour y
passer la saison hivernale. Après le pic de fréquentation des années 1880, la ville connaît une seconde
apogée dans les années 1909-1911B 51 avec la réalisation du boulevard des Pyrénées. La bonne société
anglaise, américaine, russe, espagnole ou prussienne se côtoie au sein de la cité béarnaise. De nombreux
équipements publics sont issus de cette période, dont le funiculaire de Pau pour relier la gare à la ville
haute. À côté de ces aménagements publics, les visiteurs étrangers fortunés font construire des villas
pour améliorer les conditions de leurs séjours. Tout d'abord réalisées au centre-ville, ces demeures
s'écartent de plus en plus pour profiter du grand air et de la vue prisée sur les Pyrénées. Entre 1850 et
1910, de nombreuses résidences sont construites et évoquent toujours aujourd'hui le faste de cette
période. Cette période dorée du tourisme climatique palois s'arrête brusquement lors du déclenchement
de la guerre 1914-1918.
La Belle Époque paloise est également marquée par l'aéronautique. Les premiers vols en ballon se
déroulent à Pau en 1844 et les premiers vols en avion le 3 février 190976 grâce aux frères Wright. Ces
derniers déménagent leur Flyer à Pau — sur la lande du Pont-Long — après de premiers vols au Mans.
Sous les conseils de leur élève Paul Tissandier, les frères américains se laissent convaincre pour rejoindre
le climat palois plus propice à l'essai de leur avion76. Les vols se succèdent rapidement en présence d'une
foule nombreuse, composée de curieux béarnais, de riches hivernants ou encore des rois d'Espagne
Alphonse XIII et du Royaume-Uni Édouard VIIB 52. Le dernier vol de Wilbur Wright à Pau se tient le
20 mars 1909, il laisse ensuite à Paul Tissandier le soin de diriger l'école Wright de Pau pour la formation
des clients du Flyer. Il s'agit alors de la première école d'aviation organisée au monde76. Cette première
installation est suivie de celle de Louis Blériot le 24 novembre 1909M 16. Pau devient vite un centre
aéronautique d'importance avec l'installation de six écoles civiles et militaires dès 1911B 53. L'activité
militaire devient intense à partir de 191276 et la construction d'un hangar par l'armée française, elle se
renforce avec le déclenchement de la guerre 1914-1918. Durant cette période, environ 6 000 pilotes issus
d'une dizaine de pays sont formés à Pau76,M 16. Parmi eux on retrouve les Français Georges Guynemer,
René Fonck, Charles Nungesser, Roland Garros, Jules Védrines ou l'américain Norman Prince, initiateur de
l'escadrille La FayetteM 16.
Pau à l'orée du xxe siècle. Scène du marché au bois de Alphonse XIII avec Wilbur
Pau. Wright.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'occupation allemande se traduit par l'installation de la Gestapo au
sein de la villa Saint-Albert (aujourd'hui détruite) à partir de décembre 1942 et par l'utilisation de la caserne
Bernadotte comme prisonNote 66 jusqu'au 10 août 1944. Le maréchal Pétain choisit la ville pour adresser
un discours aux « paysans » le 21 avril 1941B 54. La résistance est active à Pau et dans son agglomération,
l'entrepôt des résistants est situé rue SolférinoRP 10. L’hôtel Continental recueille également des réfugiés,
dont des juifs traqués par Vichy et les nazis, même lorsque les militaires de la Wehrmacht réquisitionnent
deux étages de l'hôtel77. Un total de vingt-et-un Palois78 sont honorés du titre de Juste parmi les nations.
La ville de Pau est libérée le 20 août 1944B 55, quelques jours plus tard un petit groupe de résistants
trouvent le dénommé charnier du Pont-LongRP 11, constitué de quatre fosses et renfermant 45 corps de
prisonniers et de résistantsNote 67.
À partir de 1947, et durant les quatre mandats du maire Louis Sallenave, la ville de Pau connaît un fort
développement. En 1957, l'exploitation du gisement de gaz de Lacq — découvert en 1951 — donne un
nouvel essor à toute la région avec le développement industriel du Béarn et de la région de Lacq, la
population de la ville doublant en 20 ans. La renommée et le prestige de la ville augmentent grâce à la
conférence des États indochinois de juin à novembre 195079,80, à des visites de chefs d'État comme le
président Charles de Gaulle en février 1959 ou le premier secrétaire Nikita Khrouchtchev en déplacement à
Lacq en 1960. La capitale béarnaise est par la suite marquée par la figure d'André Labarrère81 — maire de
1971 à 2006 — qui est un édile bâtisseur flanqué du surnom de toque manettes (« qui serre les mains » en
béarnais)82.
Politique et administration
Cinquième ville de la région Nouvelle Aquitaine, Pau est la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.
Rattachements administratifs et électoraux
Rattachements administratifs
La commune a été le chef-lieu des canton palois, modifiés lors de différents découpages territoriaux et
électoraux83 :
- en 1801, les cantons de Pau-Est et de Pau-Ouest.
- en 1973, les cantons de Pau-1-Centre, Pau-2-Est, Pau-3-Sud, Pau-4-Ouest et de Jurançon ;
- en 1982 : les cantons de Pau-Centre, Pau-Est, Pau-Nord, Pau-Ouest, Pau-Sud et Jurançon.
Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale
a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale.
Rattachements électoraux
Pour les élections départementales, depuis 2014, Pau est bureau centralisateur de quatre cantons :
canton de Pau-3, formé d'une partie du sud de Pau et des communes de Bizanos et de Mazères-Lezons ;
Articles détaillés : Liste des cantons des Pyrénées-Atlantiques, Conseil départemental des Pyrénées-
Atlantiques et Liste des conseillers départementaux des Pyrénées-Atlantiques.
Articles détaillés : Liste des circonscriptions législatives des Pyrénées-Atlantiques et Liste des députés
des Pyrénées-Atlantiques.
Intercommunalité
Dans le cadre des dispositions de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République du 7
août 2015, qui prévoit que les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité
propre doivent avoir un minimum de 15 000 habitants, cette intercommunalité a fusionné avec ses
voisines pour former, le 1er janvier 2017, la communauté d'agglomération Pau Béarn Pyrénées dont est
désormais membre la commune.
Les Palois privilégient majoritairement les candidats de gauche aux élections ayant une résonance
nationale (aux élections présidentielles et aux élections régionales notamment) mais se montrent plus
contrastés pour les élections locales. L'étiquette politique entre alors peu en ligne de compte, les Palois se
concentrant sur la personnalité et le projet du candidat. Les Palois, comme les Béarnais, élisent des
candidats faisant preuve de modération politique84,B 56.
Lors du second tour de l'élection présidentielle de 2012, François Hollande, PS, obtient 59,36 % des
suffrages et Nicolas Sarkozy, UMP, 40,64 % des suffrages ; le taux de participation est de 78,35 %MI 1. Lors
du second tour de l'élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron, En marche !, obtient 78,96 % des
suffrages et Marine Le Pen, FN, 21,04 % des suffrages ; le taux de participation est de 73,7 %MI 2.
Administration municipale
Le nombre d'habitants de la commune au dernier recensement étant compris entre 60 000 et 79 999, le
nombre de membres du conseil municipal est de 49, y compris le maire et ses adjoints85.
L'exécutif communal, est constitué par le maire, élu par le conseil municipal, parmi ses membres, pour un
mandat de six ans, c'est-à-dire pour la durée du mandat du conseil. François Bayrou est maire depuis
2014.
Six maires se sont succédé depuis la Libération de la France.
novembre octobre 1947 Henri Lapuyade Radical Président du conseil général des Basses-Pyrénées (1945 →
1944 1949)
mars 1971 mai 200686 André Labarrère PS Député des Pyrénées-Atlantiques (1re circ.) (1967 → 1968 et
1973 → 1986)
mai 200687 mars 2008 Yves Urieta PS puis Président de la CA de Pau-Pyrénées (2006 → 2008)
GM
88 89
mars 2008 avril 2014 Martine Lignières- PS Député des Pyrénées-Atlantiques (1re circ.) (1997 → 2017)
Cassou Présidente de CA de Pau-Pyrénées (2008 → 2014)
90
avril 2014 en cours François Bayrou MoDem Président de la CA de Pau-Pyrénées (2014 → 2016)
(au 15 février Président de CA Pau Béarn Pyrénées (2017 → )
2025) Garde des Sceaux, ministre de la Justice (mai → juin 2017)
Premier ministre (décembre 2024 → septembre 2025)
91
Réélu pour le mandat 2020-2026
Finances communales
Pau appartient à la strate des communes ayant une population comprise entre
50 000 et 100 000 habitants. Le tableau ci-dessous présente l'évolution de la capacité d'autofinancement,
un des indicateurs des finances locales de Pau, sur une période de neuf ans92 :
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Pau 257 256 251 242 248 219 221 185 172 215
Moyenne de la strate 146 169 176 172 166 148 169 184 197 209
La capacité d'autofinancement de la communeNote 68, comparée à la moyenne de la strate, est
significativement supérieure à la moyenne depuis 2009. Depuis 2010, le fonds de roulementNote 69, par
contre, est régulièrement inférieur à la moyenne de la strate. Le montant de la taxe d'habitation, indicateur
de fiscalité directe, s'établit début 2018 à 1 842 €/habitant, contre 1 473 € en moyenne pour les
communes de même importance92.
Jumelages
et a signé en 2008 un accord de coopération décentralisée avec les communes de Jyväskylä et Mikkeli en
Finlande95. Le site de la mairie indique un jumelage complémentaire avec la commune de Pistoia en Italie,
en 1975M 17.
Environnement
Le service public d’eau potable est une compétence obligatoire des communes depuis l’adoption de la loi
du 30 décembre 2006 sur l’eau et les milieux aquatiques96 mais est un service très ancien assuré par la
ville de Pau. En 2017, la production et la distribution de l'eau potable sur le territoire communal sont
assurées par la commune elle-même grâce à une régie municipale, la Régie de l'eau de Pau. Cette régie est
l'héritière directe du service municipal des eaux qui prend naissance en 1862 par un décret impérial de
Napoléon III déclarant d’utilité publique l’acquisition par la ville de Pau de la résurgence de l'Œil du Néez
(l'Oelh deth Néez en béarnais) à Rébénacq, à 20 km de Pau, pour alimenter en eau les Palois. En 1910, une
première installation de traitement par filtration est construite sur les coteaux de Guindalos dans la
commune de Jurançon. Elle est complétée par une deuxième installation sur le même site dans les
années 1970, puis par un puits draînant à Uzos construit dans les années 1980, pompant de l’eau sur la
nappe alluviale du gave de Pau et utilisé aujourd'hui pour le secours et la maintenance. Ces trois
installations ont permis la production de 6 632 484 m3 d'eau potable en 2014 et la vente de près de
5 800 000 m3, à près de 15 000 abonnés, correspondant à environ 80 000 habitantsM 18. L’eau produite est
acheminée aux abonnés par un réseau de 310 km de canalisations. Le site de Guindalos dispose de cinq
sites de stockage, pour une capacité totale d'environ 20 000 m3. La reconstruction de l'usine de Guindalos
est engagée en 2015. D'un coût de dix millions d'euros HT, cette nouvelle usine permet de desservir les
100 000 habitants de Pau et des communes adhérentes au syndicat d’eau potable de la ville de LescarSO 8.
L’assainissement non collectif (ANC) désigne les installations individuelles de traitement des eaux
domestiques qui ne sont pas desservies par un réseau public de collecte des eaux usées et qui doivent en
conséquence traiter elles-mêmes leurs eaux usées avant de les rejeter dans le milieu naturel97. La
Communauté d’Agglomération de Pau Béarn Pyrénées assure en régie le service public d'assainissement
non collectif (SPANC), qui a pour mission de vérifier la bonne exécution des travaux de réalisation et de
réhabilitation, ainsi que le bon fonctionnement et l’entretien des installations98,M 19,99.
La collecte, le traitement et la valorisation des déchets est une compétence exclusive de la communauté
Pau Béarn Pyrénées depuis sa création le 30 décembre 1999100. La collecte des déchets ménagers
(résiduelsNote 70 et multimatériaux) est effectuée en porte-à-porte sur toutes les communes de la
communauté urbaine. Un réseau de cinq déchèteries accueille les encombrants et autres déchets
spécifiques (déchets verts, déchets dangereux, gravats, cartons…) : Pau (rue Ramadier), Bizanos,
Bosdarros, Jurançon et LescarM 20. La communauté Emmaüs Pau-Lescar assure également une activité
de recyclage. En 2015, 84 487 tonnes de déchets ont été collectés, soit 582 kg/habitant101.
Depuis le 1er janvier 2002, les compétences transfert/transport et traitement des déchets sont confiées au
Syndicat mixte de traitement des déchets ménagers et assimilés du Bassin est (SMTD), désormais
dénommé Valor Béarn100. Selon la nature des déchets collectés, le traitement est effectué dans des sites
différents : les déchets ménagers sont envoyés sur le site Cap Ecologia dans la commune de Lescar où ils
sont incinérés ou valorisés, les emballages ménagers sont traités dans la commune de Sévignacq, les
déchets verts vers la plateforme de compostage de Lescar, le verre est traité en Gironde, les textiles sont
recyclés dans des centres spécialisés. Plusieurs unités de traitement des déchets sont regroupées sur le
site Cap Ecologia de la commune de Lescar : une usine d’incinération permettant la valorisation
énergétique (l’incinération des déchets ménagers résiduels) créée en 1973 et améliorée en 2006 avec un
traitement spécifique des fumées, une plate-forme de maturation des mâchefers, une plate-forme de
compostage et un centre de transfert des déchets.
Petite enfance
En 2020, la ville de Pau compte dix structures multi-accueil, anciennement connues sous l'appellation
crèches et halte-garderies (six municipales et quatre privées), deux maisons des assistances maternelles,
un relais assistance-maternelle (RAM), lieu d'information et de documentation sur la petite enfance et
4 lieux d'accueils parents-enfants102.
En matière de prévention individuelle, une mission locale chargée d’accompagner les jeunes 16/25 ans
dans leur insertion sociale et professionnelle est installée à Pau. De même le dispositif RSP (« Reprendre
sa place ») de Pau a pour mission de mettre en place une prise en charge spécifique auprès de jeunes de
18 à 24 ans cumulant des problématiques liées à la santé, le logement, la justice103. En prévention
collective, différentes structures d'animation socio-éducative sont recensées sur Pau : 10 centres de
loisirs, 3 maisons des jeunes et de la culture et deux lieux d'écoute pour les jeunes104. En prévention
spécialisée, le comité départemental d’animation de la parentalité (CDAP) a été créé en 1999 et le Réseau
Appui Parents 64 (RAP 64) concernant toutes les familles ayant des enfants, adolescents et jeunes de
moins de 18 ans constitue une action collective très reconnue105. Plus de 300 structures associatives ont
adhéré au RAP 64 depuis sa création. 8 lieux d'accueils parents-enfants sont installés à Pau102. En matière
de protection de l'enfance, le foyer de l'enfanceNote 71 du Béarn à Pau dispose de 18 places106,107.
Enseignement
En 2019, la Ville de Pau compte 20 groupes scolaires publics : neuf écoles maternelles, sept écoles
élémentaires et onze écoles primaires. Ces établissements publics comportent 207 classes qui
accueillent 4 612 enfantsM 21. Par ailleurs dix écoles privées et une école CalandretaM 22 de 166 places
complètent le dispositif108. Trois collèges publicsNote 72 et cinq collèges privésNote 73 permettent de
débuter l'enseignement de second degré. Le second cycle du second degré est assuré par quatre lycées
publicsNote 74, dont le lycée Louis-BarthouNote 75, auxquels s'ajoutent cinq autres lycées privésNote 76.
Enseignement supérieur
La ville de Pau possède une ancienne tradition universitaire puisqu'une université est créée à Pau en
1722109, prenant la suite de l'Académie protestante du Béarn fondée au xvie siècle à Lescar et Orthez. Le
campus de Pau, situé au nord de la ville, regroupe un pôle universitaire et pluridisciplinaire (droit,
économie, sciences, sciences humaines), un IUT et un IAE. Le site palois compte 8 440 étudiants110 et
623 enseignants au cours de l'année universitaire 2018-2019. Il accueille le siège de l'université de Pau et
des pays de l'Adour (UPPA).
Outre son université, Pau compte plusieurs grandes écoles qui complètent l'offre en matière
d'enseignement supérieur. La ville est dotée de plusieurs écoles d'ingénieurs, dont l'ENSGTI dans le
domaine des technologies industrielles, l'EISTI et l'[Link] dans le domaine informatique, ou encore
l'[Link] qui propose diverses spécialités. Elle comporte également, une école de commerce avec le
Groupe ESC Pau et des écoles d'art dont le Conservatoire Pau Béarn Pyrénées et l'école supérieure d'art
des Pyrénées111. Plusieurs autres établissements sont à citer, comme l'école des troupes aéroportées
(ETAP) qui forme tous les parachutistes français, l'institut du travail social Pau-Pyrénées Pierre Bourdieu,
un IFSI et un IFAS au centre hospitalier de Pau, ou encore CESI Entreprises et CESI Alternance pour des
formations par apprentissage et les formations continues.
Santé
Pau concentre une grande partie des services hospitaliers de l’agglomération paloise et du Béarn.
L'équipement hospitalier propose des services de médecine, d’obstétrique, de chirurgie et de soins
psychiatriques. Le dispositif du centre hospitalier de Pau est composé de l’hôpital François-Mitterrand, du
centre Hauterive (rééducation fonctionnelle, unité de SSR et médecine nucléaire) et du centre Jean-
Vignalou pour la gérontologie. L'offre sanitaire paloise se complète de plusieurs cliniques, dont
notamment la polyclinique de NavarreNote 77, la clinique Princess et la clinique des Jeunes Chênes.
En médecine générale, si certains territoires sont qualifiés de « déserts médicaux », la situation est moins
défavorable en Pyrénées-Atlantiques. Avec 185 médecins généralistes pour 100 000 habitants en 2014, le
nombre est plus élevé que dans de nombreux autres départements (France métropolitaine : 155)RP 13.
Néanmoins à Pau, la situation se dégrade puisque le nombre de médecins généralistes a diminué de plus
de 7 % entre 2007 et 2016 et les projections relatives aux prochains départs à la retraite n'annoncent pas
un retournement de tendanceRP 14.
Les établissements accueillant des personnes âgées de 60 ans ou plus et localisés à Pau peuvent être
distingués selon trois catégories adaptées au niveau de dépendance112 : Deux établissements non
médicalisés113,114,115, 14 maisons de retraite médicalisées qui sont toutes des établissements
d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD)Note 78, et une unité de soins de longue durée
(USLD) — le centre Jean Vignalou — adossée au centre hospitalier de Pau. Trois établissements pour
personnes handicapées sont localisés à Pau : un foyer d'hébergement (le Cairn), un foyer de vie (Au jour le
jour) et un service d'accompagnement à la vie sociale (SAVS trisomie 21)118.
La commune est le siège de la cour d'appel de Pau, qui a pour ressort les départements des Landes, des
Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées. Pau est également le siège d'une cour d'assises, d'un
tribunal de grande instance, d'un tribunal d'instance, d'un tribunal administratif, d’un tribunal pour enfants,
d'un tribunal des affaires de sécurité sociale, d'un conseil de prud'hommes et d'un tribunal de
commerce119. Pau dépend de la cour administrative d'appel de Bordeaux. La commune accueille un
commissariat de police, le groupement de gendarmerie nationale des Pyrénées-Atlantiques, ou encore une
recette-perception des impôts.
En lien avec la tradition aéronautique et militaire de la commune, Pau abrite depuis le 1er juillet 1977 le 5e
régiment d'hélicoptères de combat (5e RHC) surnommé « Régiment du Béarn »120. Implanté depuis 1961
au sein de la caserne Bernadotte, le Centre des archives du personnel militaire (CAPM) rassemble en un
lieu unique l'ensemble des archives administratives de l'Armée de terre, du service national et des services
communs121. L'histoire militaire de la commune est aussi marquée par l'installation du 18e régiment
d'infanterie (18e RI), du 18e régiment de chasseurs parachutistes (18e RCP) et du 1er régiment de
chasseurs parachutistes (1er RCP) qui participent aux différents conflits du xxe siècle avant d'être dissous
ou transférés dans d'autres communes. Une antenne du Bataillon de Joinville, l'École nationale
d'entraînement physique militaire, occupe jusque dans les années 1980 le site du Hameau.
Population et société
Démographie
Évolution démographique
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans
la commune depuis 1793. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu
chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 %
de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq
ans122,Note 79.
En 2022, la commune comptait 78 620 habitantsNote 80, en évolution de +1,77 % par rapport à 2016
(Pyrénées-Atlantiques : +3,78 %, France hors Mayotte : +2,11 %).
2021 2022 - - - - - - -
77 066 78 620 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 199983 puis Insee à partir de 2006123.)
Histogramme de l'évolution démographique
La population paloise connaît un accroissement net et régulier tout au long du xixe siècle et de la première
moitié du xxe siècle, hormis un recul occasionné par la Première Guerre mondiale. Le taux de croissance
annuel est alors d'environ 2,8 % entre 1800 et 1936. La croissance démographique de Pau s'accélère après
la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec un taux de croissance annuel de 3,3 % entre 1954 et 1975. La
population atteint alors un plateau autour de 80 000 habitants avec une diminution du taux de natalité et
des départs au profit des communes de première couronne qui se développent nettement.
Ico 1
Analyse des soldes de variation annuelle de la population .
Taux de variation
annuel de la + 1,7 + 0,0 - 0,2 - 0,5 + 0,9 - 1,0 - 0,6
population
La population de la commune est relativement jeune. En 2021, le taux de personnes d'un âge inférieur à
30 ans s'élève à 37,1 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (30,3 %). À l'inverse, le taux de
personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 28,5 % la même année, alors qu'il est de 31,5 % au niveau
départemental.
En 2021, la commune comptait 35 856 hommes pour 41 210 femmes, soit un taux de 53,47 % de femmes,
légèrement supérieur au taux départemental (52,06 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Pyramide des âges de la commune en 2021 en Pyramide des âges du département des Pyrénées-
124
pourcentage Atlantiques en 2021 en pourcentage125
Classe Classe
Hommes Femmes Hommes Femmes
d’âge d’âge
75-89 75-89
7,9 12,7 8,7 11,8
ans ans
60-74 60-74
14,5 17,1 18,9 19,8
ans ans
45-59 45-59
17,2 16,8 21 20,3
ans ans
30-44 30-44
18,7 16,2 17,9 17,3
ans ans
15-29 15-29
25,9 22,4 16,2 14
ans ans
0-14 0-14
14,6 11,8 16,3 14,2
ans ans
Activité de la population
Le taux d'activité local (68,1 % en 2016) est plus faible que celui des Pyrénées-Atlantiques (74,3 % en
2016)Note 81.
15 à 24
12 652 4 525 35,8 3 213 25,4
ans
25 à 54
28 245 24 517 86,8 19 955 70,6
ans
55 à 64
8 716 4 753 54,5 4 135 47,4
ans
La population de l'unité urbaine de Pau connaît une légère croissance sur la période 2011-2016, passant
de 197 157 habitants à 198 223 habitantsIuu 1. L'aire urbaine de Pau bénéficie d'une dynamique également
légèrement favorable sur la même période, passant de 240 898 habitants à 243 901 habitantsIau 1. Une
tendance qui confirme les gains pris par la deuxième couronne de l'agglomération paloise durant ces
dernières années, au détriment de la ville centre.
Cultes
Culte catholique
Pau dépend du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron, suffragant depuis 2002 de l’archidiocèse de
Bordeaux126.
Outre les principales églises Saint-Martin et Saint-Jacques, le centre-ville de Pau compte plusieurs autres
lieux de culte catholique avec Saint-Louis-de-Gonzague, Notre-Dame, Saint-Joseph et Saint-Charles qui
sont réunis au sein de la paroisse du Christ-Sauveur127. Au nord de Pau se trouvent les églises Saint-Pierre
et Saint-Paul, au sein de la paroisse du même nom. Au nord-est, les églises Saint-Jean-Baptiste et Saint-
Vincent-de-Paul dans la paroisse Sainte-Marie-du-Hameau. Les églises Sainte-Bernadette et Sainte-
Thérèse se situent à l'est de la ville, dans la paroisse de la Sainte Famille de Pau128. L'église Notre-Dame
du Bout du Pont se situe à Pau mais est gérée par la paroisse Notre-Dame-de-l'Espérance de Jurançon129.
Culte protestant
Le protestantisme dispose d'une implantation très ancienne à Pau, la Réforme s'y organise à partir du
xvie siècle avec Marguerite de Navarre et surtout sa fille Jeanne d'Albret. Celle-ci rend obligatoire la
religion réformée en 1571 dans l'ensemble du Béarn. L’Évangile est alors prêché à Pau dans l’église
primitive de Saint-Martin130. Dès 1620, et l'annexion du Béarn à la France par Louis XIII, la religion
réformée perd en influence. La révocation de l'édit de Nantes en 1685 par Louis XIV renforce cette
évolution avec des persécutions et la fuite de nombreux huguenots vers des pays refuge131. La plupart
des protestants béarnais, et donc palois, continuent leurs pratiques religieuses dans l'intimité du cadre
familial. Cela explique la faiblesse du patrimoine bâti pour ce culte pourtant très ancien dans la ville. Après
1789, la liberté de conscience est accordée aux protestants par la Déclaration des droits de l'homme et du
citoyen. Le temple protestant de Pau, paroisse de l'Église protestante unie de France, est aujourd'hui active
au sein de l'ancienne Christ Church anglicane, située rue Serviez et datant de 1841132.
L'afflux d'une importante, et aisée, communauté anglaise au cours du xixe siècle à Pau amène la
construction de plusieurs lieux de cultes de l'Église anglicane au sein de la ville. La Christ Church en 1841
(actuel temple protestant) ou encore la Holy Trinity Church en 1862B 57 (qui accueille le cinéma Le Mélies)
précèdent la construction de l'Église Saint-Andrew en 1888133. Cette église représente désormais le
dernier lieu de culte anglican de la ville, avec la tenue d'offices hebdomadaires134,SO 9. La totalité de
l'édifice est inscrite à la liste des monuments historiques depuis 2015SO 10.
Autres cultes
L’église orthodoxe Saint-Alexandre-Nevsky de Pau est inaugurée en 1867, rue Jean-Réveil. Après celle de
Nice (1859) et Paris (1860), elle est la troisième plus ancienne église orthodoxe de FranceRP 15. Elle est
réalisée, à l'origine, pour satisfaire la communauté russe venant passer l'hiver dans la capitale béarnaise.
En 2017, elle accueille un culte mensuel pour une communauté regroupant une centaine de fidèles. La
synagogue de Pau a été inaugurée en 1880 sur un terrain situé sur l'ancien passage d'Alsace (désormais
rue des Trois Frères Bernadac). La présence d'une communauté juive paloise est attestée depuis le début
du xixe siècle, elle est notamment prouvée par la création en 1822 d'un cimetière juif, répertorié à
l'inventaire des monuments historiques depuis 1995. La ville de Pau héberge une mosquée, située avenue
des Lilas. Elle est le siège de l'association de la mosquée de Pau140. En 2013, ce lieu fait la Une de la
presse lorsqu'il apparaît que l'auteur des tags sur ses murs était l'imam lui-même141.
Vie associative
En 2017, 5 213 associations sont recensées sur le site de la communeM 23, se répartissant selon les
catégories suivantes : Activités politiques (37), Philanthropie & conférences (30), Droits, discrimination &
civisme (92), Justice (10), Media & communication (123), Arts & culture (665), Clubs & loisirs (117), Action
socioculturelle (419), Histoire & patrimoine (29), Sports & plein air (375), Chasse & pêche (3), Amicales,
entraide & solidarité (113), Éducation & formation (133), Recherche (332), Santé (110), Services et
établissements médico-sociaux (11), Aides sociales (443), Associations caritatives & humanitaires (66),
Famille & séniors (22), Transports, Entreprises & gestion (88), Représentation & développement
économique (79), Environnement & cadre de vie (64), Emploi & vie locale (40), Logement (22), Tourisme &
voyages (1), Secours & protection civile (4), Militaires & anciens combattants (17), Religion & spiritualité
(32), Divers (1 736). En appui de la ville, un collectif d'associations, le réseau PALVA (Points d'appui locaux
à la vie associative), contribue à promouvoir la vitalité de cette vie associative.
Médias
L'actualité de Pau et de sa région est couverte par plusieurs médias de différente nature. Au niveau de la
presse écrite, trois quotidiens locaux dépendant du Groupe Sud Ouest sont actifs : le Sud Ouest (édition
Béarn et Soule), L'Éclair Pyrénées et La République des Pyrénées. Communément appelé La République, ou
La Rep, il s'agit du quotidien le plus lu du Béarn et de la Soule avec 143 000 lecteurs au numéro
moyenRP 16. Une antenne de France 3 Aquitaine se situe à Pau, elle traite quotidiennement de l'actualité en
Béarn lors du décrochage local du 19/20 dans son édition « France 3 Pau Sud-Aquitaine ». La ville
accueille également plusieurs antennes radiophoniques, dont Virgin Radio Sud Aquitaine, RFM Béarn, ou
encore ici Béarn Bigorre. Les radios locales associatives Voix du Béarn142 (créée en 1981) et Ràdio País
(créée en 1983) ont leur siège dans l'agglomération paloise.
Économie
En 2011, le revenu fiscal médian par ménage était de 22 636 €, ce qui plaçait Pau au 28 361e rang parmi
les 31 886 communes de plus de 49 ménages en métropole143. En 2016, 47 % des foyers fiscaux étaient
imposablesIco 3.
Emploi
En 2016, la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 49 613 personnes, parmi lesquelles on comptait
68,1 % d'actifs dont 55,0 % ayant un emploi et 13,1 % de chômeursIco 4. On comptait alors 50 134 emplois
dans la zone d'emploi, contre 49 601 en 2011. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la zone
d'emploi étant de 2 775, l'indicateur de concentration d'emploi est de 180,5 %, ce qui signifie que la zone
d'emploi offre près de deux emplois pour un habitant actifIco 5.
Entreprises et commerces
Halles de Pau.
Centre commercial de la Promenade des
Pyrénées.
Pau est la capitale économique du Grand Pau, la ville joue plus globalement un rôle majeur pour
l'ensemble du bassin de l'Adour par sa position centrale et la densité des services proposés. Le tableau ci-
dessous détaille le nombre d'entreprises implantées à Pau selon leur secteur d'activitéIco 6 :
TOTAL 7 093
Industrie 327
Construction 459
Le tableau ci-dessous détaille les établissements actifs par secteur d'activité au regard du nombre de
salariésIco 7 :
0 1à9 10 à 19 20 à 49 50 salariés
Total %
salarié salariés salariés salariés ou plus
Commerce, transports, services divers 6 367 71,1 4 069 1 966 169 110 53
Administration publique, enseignement, santé, action sociale 1 693 18,9 1188 285 70 81 69
En 2018, 934 nouvelles entreprises sont créées, dont 760 individuelles. Plus de 52 % de ces entreprises
interviennent dans le domaine des services aux particuliers ou aux entreprisesIco 8.
Artisanat et industrie
Malgré son statut de capitale politique du Béarn depuis 1464, Pau a beaucoup plus de mal à imposer sa
prééminence économique sur le reste du territoire43. Nay, Oloron ou Pontacq restent les principaux
centres de l'artisanat béarnais, notamment dans le domaine textile43. Il faut attendre le xixe siècle, et
l'arrivée du chemin de fer, pour voir se développer une industrie paloise significative avec l'installation de
plusieurs établissements en basse-ville, qui profitent également de la présence du gaveRP 18. Moulins,
tanneries, teintureries, brasseries ou minoteries sont alors présents. Le ravin du Hédas accueille lui aussi
plusieurs activités artisanales, dont les teintureries Daran et les bérets CazenaveRP 8.
Ces industries disparaissent progressivement mais Pau connaît parallèlement un essor économique
important durant le xxe siècle, avec la découverte du gisement de gaz de Lacq. Découvert en 1951 par
l'ingénieur Jean Féger, le gisement permet alors d'inaugurer en 1957 la plus grande usine de gaz en Europe
et permet à la France de satisfaire jusqu'à 30 % de sa consommation de gaz dans les années 1970144. Pau
accueille depuis de nombreux acteurs liés à cette industrie pétrochimique, comme le groupe Teréga,
Schlumberger ou Baker Hughes. Dans un autre registre, la ville accueille la maison de prêt-à-porter
CourrègesSO 11.
Le centre Jean-Féger
En lien avec l'exploitation du gaz de Lacq, Pau accueille le centre scientifique et technique Jean-Féger
(CSTJF) de Total. Il s'agit du 1er centre de recherche pour l’exploration et la production de gaz et de pétrole
en EuropeSO 12, et le 3e centre de recherche en France tous secteurs confondusRP 17. Il concentre plus de
2 800 personnes, dont environ 900 docteurs et ingénieurs en géosciences, résultant de la fusion des
moyens d’Elf Aquitaine et de TotalRP 17. La recherche en géosciences repose aussi sur des partenariats
université/entreprises notamment avec la Fédération de recherche appliquée au génie pétrolier
(IPRA)Note 82. La recherche et l'ingénierie en géosciences sont également présentes au sein d'une
multitude de sociétés spécialisées, pour la plupart présentes sur le site de la technopole Hélioparc à
l’image de Arverne Group.
Activités de services
En tant que capitale administrative, Pau regroupe des institutions de dimensions départementales voire
régionales : Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, cour d'appel pour les départements des
Pyrénées-Atlantiques, des Landes et du Gers, centre hospitalier, chambre de commerce et d'industrie Pau
BéarnNote 83, chambre des métiers des Pyrénées-Atlantiques, chambre d'agriculture des Pyrénées-
Atlantiques, SDIS 64, MSA, université de Pau et des Pays de l'Adour, etc. Les NTIC ont connu un important
développement avec le déploiement de la fibre optique dans l'agglomération et l'implantation de sociétés
spécialisées dans l'informatique, les réseaux et le traitement de l'image. Les technopôles Hélioparc avec
1 300 emploisRP 19 ou encore Pau Cité Multimédia avec ses 1 200 emplois145 concentrent un grand
nombre de SSII. Pau est la troisième ville d'Europe, après Stockholm et Milan146, à avoir développé un
réseau de très haut débit (THD) en fibre optique.
À la rencontre des axes est-ouest, entre Toulouse et le port de Bayonne, et nord-sud, entre Bordeaux et
l'Espagne via le col du Somport, Pau possède une longue tradition commerciale43. La foire aux bestiaux de
la Haute-Plante (actuelle place de Verdun), à l'occasion de la Saint-Martin, en est le meilleur exemple
jusqu'au début du xxe siècleSO 13,B 58. Cette tradition commerciale se traduit aujourd'hui par la tenue de
plusieurs marchés alimentaires, dont celui quotidien des Halles de PauM 24. La Foire de Pau se tient
annuellement au Parc des expositions, en 2019 se tient la 71e édition de l’événementRP 20. La ville
accueille également plusieurs grandes enseignes de la distribution, comme [Link], les Galeries
Lafayette ou Auchan.
Pau concentre une activité ancienne, et particulièrement résistanteRP 21, en matière d'édition. Les maisons
Marrimpouey (1689RP 21) ou Tonnet (1797147) en sont les exemples les plus fameux.
Activités de services liées au tourisme
La ville de Pau est située à 45 minutes des Pyrénées et de ses stations de ski. C'est un lieu de passage
pour les touristes des Pyrénées amateurs de nature et également un lieu de découvertes pour les adeptes
d'un tourisme plus urbain et culturelRP 22.
Pau est également une ville de congrès, de colloques et de tourisme d'affaires avec des infrastructures qui
permettent d'accueillir des événements nationaux et internationaux : le centre de congrès du Palais
Beaumont, le parc des expositions, des hôtels 3 étoiles (Hôtel Continental, Hôtel Roncevaux, Hôtel Bristol),
un hôtel 4 étoiles (Hôtel de Gramont) et deux hôtels 5 étoiles (hôtel Parc-Beaumont, hôtel Villa Navarre).
La ville, ancienne station climatique, accueille un casino.
Au 1er janvier 2019, 23 hôtels de la commune offraient 980 chambres aux visiteursIco 9, mais aucun
camping n'était dénombréIco 10. L'infrastructure touristique de l'unité urbaine de Pau vient compléter l'offre
locale avec 1 868 chambres réparties sur près de 49 hôtelsIuu 2 et 5 campings proposant
242 emplacementsIuu 3.
Sports et équipements
La ville dispose d'une culture sportive ancienne et dense, associée au développement des sports anglais à
la Belle Époque. Elle est alors surnommée la reine des sports, tandis qu'à la même époque James Gordon
Bennett junior décrit la ville comme étant « le centre du sport mondial » (« Pau is the hub of the sporting
world »)76,B 59 dans l'International Herald Tribune. Tennis, golf, polo, jeu de paume, ski, randonnées, pêche
au saumon, chasse à l'ours et à l'isard, tir au pigeon ou rugby sont alors pratiqués à Pau ou dans les
environs, avec le cheval comme passion centraleB 59. Faire de Pau une ville sportive est un argument fort
de la municipalité et des publicitaires pour attirer les riches hivernants anglaisB 60. Outre ces activités de
plein-air pratiquées, principalement, par l'aristocratie britannique dans leurs clubs-houses, la vie sportive
paloise s'organise au tournant du xixe siècle et du xxe siècle. Héritier d'une très ancienne tradition
hippiqueNote 84, le sport moderne palois se développe d'abord autour du cyclisme et de la natation. Le
Véloce club béarnais est créé en 1883B 61 tandis que Louis Péguilhan ouvre une première école de
natation en 1904B 62. Pau devient également un centre majeur du « sport éducatif » sous l'impulsion de
Philippe Tissié dès 1901B 63. Pau est labellisée « Ville européenne du Sport 2018 ».
Sports collectifs
Le rugby à XV apparaît à Pau dès 1899 avec le Stade paloisB 64, celui-ci est par la suite incorporé à la
Section paloise omnisports, le grand club omnisports de la ville Note 85 . La Section paloise débute cette
pratique en 1905 à la place de la barrette. La Section paloise remporte trois titres de champion de France
(1928, 1946 et 1964), trois coupes de France (1939, 1952, 1997), un Challenge européen (2000) et un titre
de champion de France de deuxième division (2015). Le club figure de nouveau dans l'élite — Top 14 —
depuis 2015RP 23. L'équipe professionnelle évolue depuis 1990 au stade du Hameau (capacité de
18 324 places), tandis que les équipes de jeunes jouent toujours dans l'emblématique stade de la Croix du
Prince. La ville connaît un club de rugby à XIII, nommé Pau XIII, créé le 25 août 1934 qui disparait à la
Libération, faute de terrain de jeu, puis qui réapparaît dans les années 1970 pour disparaitre à nouveau151.
L'Élan béarnais Pau-Orthez possède l'un des palmarès les plus fournis parmi les clubs français de basket-
ball. Il compte neuf titres de champion de France (1986, 1987, 1992, 1996, 1998, 1999, 2001, 2003 et
2004), trois coupes de France (2002, 2003, 2007), trois tournois des As (1991, 1992, 1993), une semaine
des As (2003), un titre de vainqueur de la coupe Korać (1984) et un titre de champion de France de
deuxième division (2010). Il forme avec le CSP Limoges le duo incontournable de l'élite française152. Le
club évolue au sein du palais des sports, d'une capacité de 7 707 places assises en configuration basket.
Inauguré en 1991, il sert à plusieurs reprises à des épreuves de tennis — dont la coupe Davis —, de
handball ou de volley-ball.
Le club phare du football palois est le Pau Football Club, qui évolue en Championnat de France de football
de Ligue 2 depuis la saison 2020-2021. Après avoir cohabité avec le rugby au stade du Hameau, le Pau FC
dispose de son propre stade depuis 2018, avec une capacité de 1 200 placesM 25. Fondés respectivement
en 1902, 1904 et en 1920, la Jeanne d'Arc Le Béarn, le FA Bourbaki et les Bleuets sont les plus anciens
clubs de la villeRP 24. L'Association Bourbaki, patronage catholique, a entretenu une longue rivalité sportive
avec la laïque Section paloise jusqu'à la Seconde Guerre mondiale153.
Le Grand Prix automobile de Pau ainsi que le Grand Prix historique sont organisés sur le circuit urbain de
Pau une fois par an. Après la fondation de l'Automobile-Club Basco-Béarnais en 1898 et une première
course reliant Pau à Bayonne l'année suivante, le terme "Grand Prix de Pau" fait son apparition pour
désigner le prix remis au vainqueur du "Circuit du Sud-Ouest" en 1900. La première véritable édition du
Grand Prix de Pau a lieu l'année suivante sous l'appellation "Grand Prix du Sud-Ouest", il s'agit de la
première utilisation du terme « Grand Prix » pour une course automobile (auparavant réservé à
l'hippisme154). Une édition du Grand Prix automobile de France se tient en 1930 sur un circuit situé en
périphérie. La course en ville débute en 1933. Le tracé, directement inspiré par le circuit de Monaco, n'a
plus bougé depuis 1935. Tout au long de son histoire, le Grand Prix a accueilli de nombreuses figures
marquantes du sport automobile comme Jim Clark et Juan Manuel Fangio. Désormais le Grand Prix se
déroule lors d'une manche du championnat d'Europe de Formule 3.
Tazio Nuvolari remporte Affiche du Affiche du Grand Prix Le Grand Prix en 2012.
le Grand Prix de Pau Grand 1976.
1935. Prix 1951.
Autres sports
Pau est derrière Bordeaux la ville de province ayant été le plus de fois ville-étape dans l'histoire du Tour de
France. La ville reçoit le Tour pour la 75e fois en 2024157. La capitale béarnaise profite notamment de sa
situation géographique pour se placer comme le véritable camp de base des étapes pyrénéennes. Afin de
marquer cet attachement au Tour, la ville décide d'installer sur le stade Tissié (siège de l'ancien Véloce-
Club béarnais) une exposition permanenteRP 25 consacrée aux champions de la Grande Boucle. Le canoë-
kayak est notamment pratiqué par le club universitaire palois Pyrénées-Eaux-Vives (CUPPEV), celui-ci
compte plusieurs membres médaillés dans des compétitions internationles, dont Patrice Estanguet, Tony
Estanguet, Fabien Lefèvre et Julien Billaut. La pratique est possible sur le Gave de Pau et également sur le
stade d'eaux vives Pau Béarn Pyrénées qui ouvre en 2008. Il accueille en particulier le pôle élite de l'équipe
de France de kayak ainsi que le pôle espoir. Autre grand équipement destiné aux sports aquatiques : le
stade nautique. Celui-ci est inauguré en 2014, en remplacement de l'ancien stade rue Nitot construit en
1964RP 26, il peut accueillir 1 420 personnes en même tempsRP 27.
C'est en 1896 que l'aristocratie paloise crée la première société sportive d'escrime de la ville. Le domaine
militaire prend la suite pendant un demi-siècle, que ce soit à la salle d'armes de Bourbaki ou au Cercle
militaire d'escrime, situé dans la caserne Bernadotte. La Section paloise escrime prend ensuite le relais de
cette tradition sportive paloiseRP 28. Depuis 1959, la Section assure la continuité de cette discipline
olympique avec à son actif, trois médailles mondiales, plusieurs places de finalistes en coupe du monde et
26 titres de champion de France. Le Pau Golf Club, situé à Billère, est créé par des Écossais en 1856B 66. Il
est le premier parcours du continent européen et l'un des plus anciens du monde. Il offre un parcours de
18 trous et son club-house de style victorien abrite un restaurant et un bar à l'ambiance britannique. Ce
parcours officiel est le descendant d'un premier link de 9 trous, tracé en 1814 par des officiers du duc de
Wellington après leur séjour béarnais à la suite de la bataille d'OrthezB 66,Note 86.
La pelote basque est notamment pratiquée au sein du complexe de pelote inauguré en 2006, l'équipement
est constitué d'un jaï-alaï, d'un mur à gauche et d'un trinquet et d'un fronton place libre. C'est l'une des plus
grandes installations de pelote basque en Europe avec plus de 2 000 places. La Section paloise est un
club phare dans le domaine. Aussi, Pau dispose d'un plantier pour le jeu de quilles de 9, ancêtre du
bowling. Le sport se pratique avec une boule de 6,2 kg et neuf quilles de 96 cm158.
Le stade d'eaux vives. Le Palais des sports. Complexe de Jaï-alaï.
Patrimoine
Le patrimoine bâti de Pau couvre une période s’étalant du xiie au xxie siècle, au travers de nombreux sites
et monuments au premier rang desquels est son château. Le centre-ville de Pau est caractérisé par son
développement historique et progressif vers l'est, contraint en cela par la géographie des lieux. Ce n'est
qu'à partir du xviie siècle que le franchissement du Hédas permet à la cité de s'étendre vers le nord. Cette
particularité explique la typologie du patrimoine du centre-ville, qui se distribue essentiellement le long de
trois axes orientés ouest/est : la rue Joffre, la rue Louis-Barthou et le boulevard des Pyrénées. Le
patrimoine de la ville s'enrichit fortement au xixe siècle avec le développement du tourisme climatique,
nombre de touristes fortunés venant de l'Europe entière viennent passer l'hiver à Pau pour profiter des
bienfaits supposés du climat sédatif décrit par Alexander Taylor. Il en résulte aujourd'hui un ensemble de
villas, palaces et parcs.
Pau compte 15 monuments159 et 177 objets160 répertoriés à l'inventaire des monuments historiques.
Patrimoine civil
Le patrimoine civil de Pau est dominé par la figure de son château, dont les parties les plus anciennes
datent du xiie siècle, sans qu'il soit possible de dire s'il précède la constitution du village, ou
inversementB 25. Celui-ci est toujours le symbole de la ville et attire près de 100 000 visiteurs chaque
année. Le patrimoine de Pau ne se résume néanmoins pas à ce seul édifice, d'autres monuments reflètent
l'histoire de ce petit castelnau devenu capitale d'un État indépendant puis cité royale. La ville offre un
patrimoine particulièrement diversifié du Moyen Âge, à la Renaissance en passant par la Belle Époque et
jusqu'à nos jours.
Le château de Pau domine le gave. Ses deux tours les plus anciennes datent du xiie siècle, tandis que le
donjon quadrangulaire en brique est élevé par Sicard de Lordat au xive siècle. À la même époque est
construite la tour de la Monnaie, d'abord tour de guet défensive voulue en contrebas du château par
Gaston Fébus, puis un temps dite tour du MoulinNote 87, la tour de la Monnaie doit aujourd'hui son nom à
Henri d’Albret qui, en 1554, en fait un atelier monétaireNote 88. La forteresse ainsi constituée est
transformée en palais Renaissance par Marguerite d'Angoulème puis restaurée sous Louis-Philippe et
Napoléon III. En résumé, le château est donc successivement forteresse des vicomtes du Béarn, château
fort de Fébus, berceau du bon roi Henri IV (Nouste Enric) et résidence royale à la Renaissance.
Château de Pau. Armoiries du Béarn au Une gargouille du château. Berceau Tour de la
château de Pau. d'Henri IV. Monnaie.
Tour du
Bourreau
(Tor deu
Borrèu) du
xviie siècle.
L'annexion du Béarn à la couronne de France en 1620, par Louis XIII, entraîne la mise en place de
différentes institutions visant à marquer ce nouveau rattachement. Ainsi, à proximité du château, le
Parlement de Navarre est instauré pour édicter les textes de loi (en béarnais) de la nouvelle province du
Béarn ainsi que de la Basse-Navarre et de la Soule. Il s'établit, en réalité, dans un plus ancien palais de
justice qui est construit dès 1585B 30 notamment en lieu et place de la maison de l'évêque de Lescar.
Incendié en 1716, il est rebâti mais très vite abandonné au profit du palais de justice actuel. Le conseil
départemental s'y est depuis installé et y tient toujours ses sessions. Afin de compléter le rattachement du
Béarn à la France, le rétablissement du culte catholique est une nécessité de premier plan. Un collège de
jésuites est construit à l'appel du roi Louis XIII probablement entre 1622 et 1645. Devenu lycée Louis-
Barthou, il abrite toujours certains bâtiments d'origine, ces derniers sont bâtis dans le pur style béarnais
avec des toits en ardoise à forte pente et des murs en galets du gave.
La maison natale de Bernadotte est un témoignage architectural plus modeste, mais intéressant pour
reconstituer la vie des familles de notables palois au xviiie siècle. Elle abrite depuis 1951B 67 un musée en
particulier incontournable pour les touristes suédois. Jean-Baptiste Bernadotte, sous-officier français né à
Pau, devient général de Napoléon puis roi de Suède sous le nom de Charles XIV Jean et roi de Norvège
sous le nom de Charles III Jean.
Le xixe siècle, et particulièrement la Belle Époque, sont une période faste pour la constitution du
patrimoine civil actuel de Pau. Le tourisme climatique emmène avec lui la construction de nombreuses
demeures luxueuses pour agrémenter le séjour des riches hivernants européens, mais plus globalement
un véritable renouveau de la ville s'est opéré avec la construction de nombreux nouveaux équipements
publics pour leur accueil et également pour accompagner la forte poussée démographique de la citéNote 89
L'accueil des riches touristes européens est notamment assuré par deux palaces en directe concurrence,
l'hôtel de Gassion et l’hôtel de France qui sont situés sur le boulevard des Pyrénées. L'hôtel de Gassion est
situé entre le château de Pau et l'église Saint-Martin, il abrite des appartements désormais. L'hôtel de
France est lui situé à l’est de la place Royale, il abrite actuellement les services de la communauté
d'agglomération Pau Béarn Pyrénées. Le tourisme climatique a également permis de laisser comme
héritage un ensemble de villas de prestige. Les riches touristes anglais, américains et russes se font
construire des villas afin de rendre leurs séjours toujours plus confortables lors de la saison hivernale. Ces
bâtisses, de style anglais, sont principalement construites à la fin du xixe siècle. Ces villas ont désormais
divers usages : hôtel de luxe (Hôtel Villa-Navarre édifiée entre 1865 et 1888RP 29), salle de réception (villa
Saint Basil's édifiée en 1889), appartements (Palais Sorrento en 1888), résidence du préfet (villa Sainte-
Hélène), etc.
La villa Tissié.
Les services municipaux successifs font tout pour capter et maintenir cette riche clientèle à Pau. Ils font
ainsi construire différents équipements visant à améliorer le séjour de leurs hôtes. Le premier d'entre eux
est la gare dès 1864 pour l'ouverture de la ligne et 1871 pour l'inauguration du bâtiment. Un funiculaire
s'installe ensuite en 1908SO 14, afin d'assurer la liaison entre la ville-haute, centre historique, et la gare en
contrebas. L'Hôtel des Postes est bâti en 1900, et le Palais Beaumont, originellement dénommé palais
d'Hiver, voit lui le jour en 1900 afin de divertir les hivernants et les Palois par des jeux, des spectacles, des
fêtes et des rencontres. Mélangeant les styles architecturaux, il est plusieurs fois remanié et doit être
réhabilité en 1996 après un demi-siècle d'oubli. Il accueille désormais un casino et surtout un centre de
congrès, théâtre de diverses manifestations tels des séminaires ou des salons.
L'importance démographique prise par la ville au cours du xixe siècle implique la réalisation de différents
équipements afin de lui fournir les moyens nécessaires à sa bonne gouvernance. Les services municipaux
déménagent ainsi dans l'actuel hôtel de ville à partir de 1878. Le bâtiment, situé au nord de la place
Royale, est en réalité un ancien théâtre datant de 1862, le projet visant à y édifier l'église Saint-Louis lancé
en 1685 et relancé en 1788 n'ayant jamais abouti. Ainsi, s'explique la statue de Thalie, muse de la Comédie
au front étoilé, qui orne son fronton. L'actuel palais de justice est édifié entre 1847 et 1856B 68 sur
l'emplacement de l'ancien couvent des Cordeliers. La place de la Libération participe aujourd'hui à la
majesté de ce bâtiment dont la façade est classiquement ornée de colonnes elles-mêmes surplombées
d'un fronton en marbre blanc. C'est tout naturellement également qu'est édifiée progressivement de 1821
à 1875B 68 une caserne à Pau, ville préfectorale proche de la frontière. La caserne Bernadotte, où sont
aujourd'hui situées les archives nationales de l'Armée de terre, accueille ainsi dès 1830, deux régiments.
L'actuelle place de Verdun devenue parking et anciennement dénommée place Napoléon, étant, à cette
époque, une zone d'exercices close.
Le déclenchement de la Première Guerre mondiale marque le déclin brutal du tourisme climatique palois.
Durant la période de l'entre-deux-guerres, plusieurs projets d'envergure voient malgré tout le jour afin de
relancer cette activité autrefois prospère. Le palais des Pyrénées (ou palais du Commerce et des Fêtes) est
construit en 1930, dans un style art déco, afin de signaler par un édifice-phare38 la création de ce nouveau
quartier en centre-villeNote 90. Ce véritable centre-commercial avant l'heure propose de nombreuses
activitésNote 91, dont près de 80 commerces. Le retour à l'esprit originel du lieu commence en 1951 avec la
destruction de la couverture de l'allée centrale, les Palois retrouvant la vue sur les Pyrénées. Quatre
immeubles sont ensuite construits par surélévation en 1957. C'est, cependant, en 2006 qu'il apparaît,
agrémenté d'auvents de verre et d'acier, sous son apparence actuelle. C'est à cette même période de
l'entre-deux-guerres qu'est construit le palais d'Aragon qui symbolisa l'échec de la reconquête touristique
de Pau. Construit sur le boulevard des Pyrénées de 1929 à 1931 sous les plans de Georges Wybo, il ne
devient jamais le palace prévu mais se transforme après de nombreuses péripétiesNote 92 en un immeuble
d'appartements.
Le début des années 1960 voit la population de Pau s'accroître de manière très importante, à la fois sous
l'effet du baby boom et de l'exploitation du gisement de gaz de Lacq en 1965. Cette période est marquée
par l'émergence de plusieurs éléments caractéristiques du patrimoine architectural palois de la seconde
moitié du xxe siècle. Le nord de la ville est notamment aménagé par la coulée verte, voulue par le prix de
Rome André Remondet, qui distribue entre autres l'ensemble Dufau-TourasseNote 93, la Cité
administrativeNote 94 et le campusNote 95.
Au xxie siècle
Le début du xxie siècle est marqué par l'inauguration en 2001 au pied du Parlement de Navarre originel, de
l'hôtel du département des Pyrénées-Atlantiques, édifice de verre sur lequel se reflètent certaines bâtisses
du boulevard des Pyrénées. Il regroupe aujourd'hui la totalité des services administratifs qui lui sont liés. Il
reçoit en 2002 le prix d'architecture AMO161. L'emménagement des archives communautaires de
l'agglomération de Pau-Pyrénées dans l'ancienne usine des tramwaysNote 96 en 2011, ainsi que la
réalisation de la médiathèque André-Labarrère en 2012 sont également des éléments incontournables du
patrimoine palois contemporain.
Patrimoine religieux
Église Saint-Jacques.
Le patrimoine religieux de Pau est relativement récent puisque ses deux principales églises datent du
xixe siècle. Malgré son statut de capitale politique du Béarn depuis 1464, la capitale religieuse de l'État
reste Lescar avec notamment sa cathédrale Notre-Dame siège de l'ancien diocèse de Lescar. Pau n'est
pas dépourvu d'édifices religieux avant le xixe siècle, l'église primitive Saint-Martin datant du xve siècle,
mais il s'agit de réalisations modestes qui n'ont pu survivre au temps et à la croissance très importante de
la cité. Au xve siècle sont construits les abattoirs et le temple protestant de Pau, les cagots travaillent aux
deux constructions162.
Deux églises majeures sont présentes en centre-ville. Réalisée d'après les plans de l’architecte Émile
Boeswillwald, la construction de l'église Saint-Martin, d'influence néogothique, débute en 1863 pour se
terminer en 1871. L'église Saint-Jacques est construite par une souscription populaire des Palois en
réponse au chantier de l'église Saint-Martin, cette dernière étant vue comme le projet des touristes.
Également d'influence néogothique, faisant suite à l'ancienne chapelle du couvent des Cordeliers, elle est
achevée en 1868. Elle retrouve ses deux flèches en 2012RP 30, qui ont été enlevées en 2001 en raison de
leur fragilisation par la tempête Martin de 1999.
D'autres églises remarquables sont visibles à Pau. Coiffée d’une monumentale statue de la Vierge à
l’enfant, l'église Notre-Dame, d'inspiration Art déco, s'élève, dans la première moitié du xxe siècle, en
continuité avec l'ancienne église vouée au pèlerinage qui la préfigure. L'église Saint-Joseph, œuvre de
l'architecte Jacques Laffillée, est construite en 1935. De style néo-byzantin, elle est reconnaissable à ses
coupoles et son clocher en ciment armé haut de 50 mètres. Quant à l'église Saint-Pierre, elle est édifiée en
1970 par l'architecte prix de Rome André Remondet. En grande partie recouverte d'ardoises, elle marie sa
structure moderne avec les bâtiments de béton qui l'entourent.
Église Chapelle Chapelle du Église Saint-Pierre. Église Saint-Joseph. Église Saint-
Notre- Saint-Louis couvent des Martin.
Dame. de Réparatrice
Gonzague. s.
La cité paloise accueille également quelques chapelles notables, dont celle de l'ancien couvent des
Réparatrices, qui abrite aujourd'hui l'École nationale de musique et de danse et allie ainsi architecture
ancienne et architecture contemporaine. L'église Saint-Louis-de-Gonzague, à l'architecture classique,
accompagne l'implantation d'un collège de Jésuites (actuel lycée Louis-Barthou). Commencée en 1679,
elle n'est achevée qu'en 1851.
Ancien lieu de culte des Ursulines de Pau, l'Église Notre-Dame du Bout du Pont construite en 1872 a une
histoire particulière puisqu'elle a été déplacée en 1932. Le couvent des Ursulines devait, en effet, être
démoli pour laisser place au Palais des Pyrénées sur l'actuelle place Clemenceau. L'église est donc
démontée pierre par pierre (chacune étant numérotée) puis réédifiée à son emplacement actuel, de l'autre
côté du gave de Pau.
Culture
Langue
Le béarnais (bearnés ou biarnés) désigne l'ensemble des parlers occitano-romans du Béarn. Il s'agit d'un
parler roman, qui forme un ensemble homogène avec le gascon au sein du triangle Pyrénées-Atlantique-
Garonne, un territoire nommé Aquitania par Jules César. Du milieu du xiiie siècle jusqu'à la Révolution
française, le béarnais est la lange institutionnelle de la principauté163,164. Malgré la disparition du béarnais
dans ce cadre administratif après la Révolution, son usage reste encore majoritaire auprès des Béarnais à
la fin du xviiie siècle. Comme toutes les langues et parlers régionaux de France, le béarnais recule ensuite
notamment à partir de la deuxième moitié du xixe siècle, en partie sous la pression de l'école française165.
L'ensemble des appareils de l'État français ainsi que des représentants des classes dominantes est à
l'origine de cette volonté de supprimer les langues régionales165. En 1972, Georges Pompidou déclare « il
n'y a pas de place pour les langues et cultures régionales dans une France qui doit marquer l'Europe de
son sceau. »166.
Aujourd'hui, la langue béarnaise est mise en valeur par plusieurs événements palois tout au long de
l'année, notamment le Carnaval biarnés et le festival Hestiv'Òc. La ville compte également une école et un
collège Calandreta, d'autres établissements bénéficient d'un enseignement en béarnais fourni par des
maîtres itinérants. Plusieurs associations, comme l'Ostau Bearnés167 et l'Institut béarnais et gascon
défendent la pratique de cette langue dans la commune. En 2018, un projet de tiers-lieu béarnais se
développe, il doit aboutir à la création d'ici 2021 de la Ciutat dans le quartier du Hédas, une cité créative de
la culture béarnaiseM 26.
Équipements culturels
Le Palais Beaumont.
Le Zénith de Pau est le plus grand équipement culturel de la ville. Inauguré en 1992 il est doté de
7 500 places (ou jusqu'à 4 418 places assises168). Il accueille des artistes nationaux et internationaux au
sein d'opéras, concerts, cabarets, spectacles de cirque et sur glace. Le Palais Beaumont est un centre de
congrès accueillant environ 250 évènements par an169. Construit en 1900, il fut tour à tour palais d'hiver,
casino municipal et hôpital pendant la guerre. Il dispose d'un auditorium et sert notamment de lieu de
résidence pour l'Orchestre de Pau Pays de Béarn. La Centrifugeuse170 est un autre espace disponible pour
l'expression scénique au sein de l'UPPA. Le parc des expositions de Pau est lui situé à l'ouest de la ville, à
cheval sur Pau et Billère, il accueille 450 000 visiteurs et 200 manifestations par an171. La Foire de Pau est
l’événement majeur du parc, elle s'y déroule chaque année depuis 1949.
La ville compte plusieurs complexes cinématographiques. Le cinéma Le Méliès172, classé art et essai,
prend place dans le pôle culturel du Foirail. Il est doté de trois salles, le cinéma propose des soirées
thématiques et des événements en partenariat avec divers acteurs culturels (Cin'es'pace, Un été au ciné,
etc.) et organise tous les ans le festival international du film musical de Pau173. Deux cinémas du groupe
CGR accompagnent l'offre en la matière, le Méga CGR situé à proximité de l'université est équipé de
12 salles numériques et 3D, et le CGR Saint-Louis en centre-ville qui est équipé de 7 salles numériques
rénovées en octobre 2012SO 15.
Musées
Le musée national du château de Pau est créé en 1929 dans le lieu qui voit naître le futur Henri IV le
13 décembre 1553. À la fois forteresse médiévale, palais Renaissance, résidence royale, ce musée situé
au cœur de la ville est visité en moyenne par 100 000 personnes par an. Les visiteurs peuvent s'attarder
devant la légendaire carapace de tortue qui servit de berceau au bon roi Henri174. Le château recense près
de 12 000 œuvres et objets, les conservateurs successifs s'attachent à réunir tableaux, objets d'art et
documents ayant trait au temps d'Henri IV. Le musée des Beaux-Arts de Pau est, quant à lui, inauguré en
1864 sous l'initiative de la Société béarnaise des amis des arts, avec une donation notable du
collectionneur d'origine béarnaise Louis La Caze en 1872. Il est le premier musée, en 1878, à exposer une
œuvre importante de Degas, Le bureau du coton à la Nouvelle-Orléans. Il présente des œuvres allant du
xviie siècle au xxe siècle, avec des peintres issus de diverses écoles européennes comme Brueghel,
Jordaens, Morisot ou Rubens mais aussi des artistes régionaux comme Victor Galos. Le musée est situé
depuis 1931 dans un bâtiment style Art déco qui lui est destinéNote 97.
Avec ces deux musées majeurs de la ville, Pau compte d'autres espaces, dont le musée Bernadotte. Celui-
ci est situé dans une modeste maison de tonnelier qui voit naître et grandir Jean-Baptiste Bernadotte, qui
devient maréchal de France puis roi de Suède en 1818 et fondateur de l'actuelle famille régnante de ce
pays. Il renferme une collection d’œuvres et d'objets ayant trait à l'histoire de ce célèbre Béarnais, il permet
également de se rendre compte des conditions de vie classique d'une famille du xviiie siècle à PauM 27. La
villa Lawrance, construite en 1855, abrite les collections du Cercle anglaisNote 98 qui perpétue la tradition
britannique dans la ville175 ainsi que les archives de l'équipage du Pau-Hunt. Cercle littéraire à sa création,
ce club de gentlemen met en valeur et préserve ses collections176 qui constituent un élément majeur du
patrimoine historique et culturel de « Pau ville anglaise ». En 2019, le musée de la résistance et de la
déportation déménage de la villa Lawrance vers la cyber-base de PauRP 31. Enfin le musée des
parachutistes, ouvert en 1984 sur la plaine du Pont-Long près de l'ETAP, est un musée national géré par la
SAMParas (Société des Amis du Musée des Parachutistes)177.
Théâtres
La ville de Pau est propriétaire du théâtre à l'italienne Saint-Louis, disposant d'une capacité de
430 placesM 28. Il est le théâtre historique de Pau et se situe près de la place Royale, dans l'enceinte de la
mairie. Construit au xixe siècle par un promoteur privé pour en faire un casino, avec ses salles de jeux, de
concert et donc ce théâtre à l'italienne, l'édifice est racheté par la ville avant même son ouverture, à la suite
de la faillite du propriétaire. La salle du conseil municipal y est installée dans la salle de bal. Après avoir
été exploité, le théâtre est fermé en 1960 puis restauré et rouvert en 1983178.
Au total, ce sont six établissements qui accueillent des scènes d'expression scénique :
Plusieurs compagnies théâtrales exercent également à Pau, comme la compagnie l'Auberge Espagnole180,
l'Art Scène181, Printemps théâtre et le Chat Bus182, Tam-Tam théâtre183.
Médiathèques et archives
Fayçal Karoui.
L'orchestre de Pau Pays de Béarn (OPPB) est dirigé depuis 2002 par Fayçal Karoui. Cet orchestre
symphonique se produit dans l'auditorium Alfred-de-Vigny du palais Beaumont, mais aussi en France et à
l'étranger (Saragosse, Nantes, la Roque-d'Anthéron, Ravenne, Venise, Paris pour le festival Présences). En
2012 l'orchestre se déplace à Nantes, Bilbao et Tokyo pour « les Folles Journées » de ces trois villes.
L'ensemble orchestral de Pau (EOP) complète l'offre orchestrale dans la capitale béarnaise, il se produit
depuis 1958184. L'Été à Pau est un festival musical organisé tous les étés au théâtre de verdure du parc
Beaumont. Les concerts sont gratuits pour le public, plusieurs têtes d'affiche sont venues comme Barbara,
James Brown, Jacques Higelin, I Muvrini, Catherine Ringer, Thomas Dutronc, Les Tambours du Bronx, Pony
Pony Run Run et C2CM 31.
Les idées mènent le Monde185 est une rencontre littéraire dont la première édition a eu lieu en 2014 au
Palais Beaumont sur le thème du bonheur et attire 20 000 visiteursSO 16 sur trois journées en 2015. Le
salon Un aller-retour dans le noir186 se concentre lui sur le polar depuis 2008, il vise à présenter toute la
richesse de la littérature noire et policière au travers de rencontres, débats, projections et lectures.
D'autres événements marquent également la vie paloise tout au long de l'année, comme Urban session
autour des danses hip-hop, le festival Accès(s)187 qui vise à présenter les démarches artistiques liées aux
technologies électroniques et numériques, qui mêle concerts et conférences-débats, ou encore le
Tremplin Salsa, concours international de salsa créé en 2008.
Parmi les principaux événements annuels palois, on retrouve le Carnaval biarnés188, qui se déroule durant
une semaine environ au mois de février avant le carême. Le carnaval béarnais symbolise le retour d'exil de
sa Majesté Sent Pançard et de sa cour à travers les villages béarnais puis la capitale paloise. Sent Pançard
reflète tous les maux et les vices de la société. Autre manifestation célébrant la culture locale,
Hestiv'Òc189, « festival des musiques et cultures du Sud » a été créé en 2005. Durant quatre jours le week-
end du 15 août, plusieurs centaines d'artistes et 60 000 festivaliersSO 17 se rassemblent dans les rues de
Pau pour des spectacles gratuits afin de partager et diffuser la culture occitane.
Œuvre d'Edgar Degas, Danses Béarnaises Défilé Pantalonada Le procès de Sent
musée des Beaux- Pançard pendant le
Arts. Carnaval biarnés.
Un bovin
béarnais
lors de
l'édition
2019 du
Carnaval
biarnés.
Gastronomie
La garbure béarnaise.
Pau offre des spécialités gastronomiques du sud-ouest et des plats typiquement béarnais ou palois. On
retrouve par exemple la garbure qui est un potage fait à base de chou, de haricots blancs, de confit d'oie,
de jambon ou de lard. La poule au pot, popularisée par Henri IV, est une sorte de pot-au-feu dans lequel
une poule farcie est bouillie. Le jambon de Bayonne est en réalité un jambon d'origine essentiellement
béarnaise190, fabriqué à partir de porcs des vallées d'Ossau et d'Aspe. Ce jambon était historiquement salé
à Salies-de-Béarn puis exporté via l'Adour depuis le port de Bayonne d'où l'appellation jambon de Bayonne.
Actuellement, la zone de transformation des jambons (salage, séchage, affinage, désossage) est la zone
géographique française correspondant au bassin de l'AdourNote 99.
Le fromage des Pyrénées est un autre élément remarquable de la gastronomie paloise et béarnaise. Ce
fromage est fait à partir de lait de brebis, l'appellation la plus connue est l'ossau-iraty (AOC). Ce fromage
peut être dégusté en particulier avec de la confiture de cerises noires. Les coteaux de Jurançon, situés à
proximité immédiate de la ville, apportent deux autres spécialités. Tout d'abord le miel, dont le Béarn est
l'une des premières régions productricesSO 18. Il est utilisé dans les sauces, desserts et marié aux produits
à base de canard (magret au miel). Enfin, et surtout, les vins blancs de Jurançon qui sont eux aussi liés à
la légende du bon roi Henri et de son célèbre baptême béarnaisNote 100.
La ville de Pau est mentionnée dans la littérature dès le Moyen Âge. Jean Froissart en fait une description
dans le livre III — Voyage en Béarn — de ses ChroniquesB 69. Jusqu'au xve siècle, Pau n'est évoquée qu'à
travers son châteauB 70. En devenant capitale du Béarn en 1464 puis du Royaume de Navarre après 1512,
la ville décolle réellement et tend à se détacher de son château dans les récitsB 71. La mort d'Henri IV, en
1610, donne le signal d'un intérêt national pour sa cité nataleB 72. La ville est alors réduite au souvenir de la
naissance du célèbre souverain. Dès 1611 dans Discours des faicts héroïques de Henry le Grand, Hierosme
de Bénevent écrit : « Si jamais il vient à propos de louer la ville de Pau, pour toute louange, il suffira de dire
que c'est le lieu où le grand Henri vit premièrement la lumière. »191,B 72. La mémoire « henricienne »
monopolise les écrits littéraires sur Pau jusqu'au xixe siècle, la Restauration puis la monarchie de Juillet
sont autant d'occasions de rappeler ce lien indéfectible entre Pau et Henri IVB 73.
La deuxième moitié du xixe siècle marque un déplacement du regard des écrivains du château d'Henri IV
vers la nature pyrénéenneB 51. La vue de Pau sur son environnement est consacrée, dans l'élan lié au
romantisme. Avec l'essor du tourisme climatique, Pau se transforme en ville-belvédère et attire les
peintres comme Antoine Ignace Melling, Franz Schrader, Roger de Bouillé, Louis-François Lejeune ou
François-Édouard Picot192. Lié à la vogue du Pyrénéisme, de nombreux auteurs entament un séjour
pyrénéen et font de Pau un préliminaire indispensable de l'exploration touristiqueB 74. C'est le cas
d'Alphonse de Lamartine en 1838 avec son célèbre « Pau est la plus belle vue de terre comme Naples est
la plus belle vue de mer »192, Stendhal la même année ou Victor Hugo en 1843 : « Vers midi on ne
distinguait les Pyrénées qu'à quelques stries blanches à l'horizon, comme si la robe bleue du ciel éraillée
par places laissait voir sa trame d'argent. »192. Le comte Henry Russell conclut en 1902 dans Pyrenaïca :
« Au merveilleux panorama de Pau, je ne reproche qu'une seule chose, c'est de ne pas toujours se laisser
voir. »192.
Château et pont de Pau, par Vue du château de Pau Marché au bois, place de Verdun, par Camille Félix
Thomas Allom. pris du Parc (Basses Bellanger.
Pyrénées) , par Louis-
Julien Jacottet.
Plusieurs chansons en langue béarnaise s'intéressent à Pau, comme La vila de Pau de Marilis OrionaaB 75,
Un trin que se'n va de Pau du groupe NadauB 76, et le célèbreB 77 Bèth cèu de Pau de Charles Darrichon,
interprété notamment par Marcel Amont, Adrien Arudy, André Dassary ou André Minvielle. Différents films
prennent place dans la capitale béarnaise, comme Et vint le jour de la vengeance en 1964RP 32 de Fred
Zinnemann ou plus récemment Les Combattants de Thomas Cailley en 2014RP 33. Dans le domaine de
l'humour, le sketch Le train pour Pau est devenu culte193 grâce au duo Chevallier et Laspalès.
Note 101
Portrait d'Henri IV .
Les princes de Béarn jouent un rôle central dans la création de la cité paloise au Moyen Âge, avec
l'établissement de son château fort. Pau devient un centre vicomtal notable entre la fin du xie siècle et le
début du xiie siècle, vraisemblablement sous Gaston IV le CroiséB 78. Ses héritiers — Gaston VI et Gaston
VII — y séjournent régulièrement. Le prince Gaston Fébus fait mener d'importants travaux de fortification
sur le château au xive siècleB 79, en faisant l'un des maillons essentiels de son système de défense. Avec
Gaston IV de Foix-Béarn, Pau affirme son importance et devient la nouvelle capitale du Béarn par une
décision du 25 septembre 1464, elle profite alors de sa position centrale au sein de la principauté
souveraine. Par la suite, les couples royaux Henri et Marguerite de Navarre puis Jeanne d'Albret et Antoine
de Bourbon font vivre la cour du royaume de Navarre dans la cité, procédant à d'importants travaux dans
le château et son domaine tout au long du xvie siècle. Premier — et seul — prince de Béarn né à Pau194, le
futur Henri IV voit le jour le 13 décembre 1553 dans le château de ses ancêtres. Premier roi de la lignée
des Bourbon, l'image de ce roi réconciliateur et bon-vivant marque depuis profondément l'image de la ville
et de son château natal.
Plusieurs personnages historiques liés à Pau se distinguent ensuite, comme Jean de Gassion au
xviie siècle. Maréchal de France sous Louis XIII et Louis XIV, sa maison natale existe toujours à proximité
du château de Pau. Au xviiie siècle, le Palois Jean-Baptiste Bernadotte devient maréchal d'Empire sous
Napoléon puis roi de Suède et de Norvège, une dynastie qui règne toujours actuellement sur la Suède195.
Pau devient un centre de villégiature courue par la bonne société internationale au xixe siècle. Le médecin
écossais Alexander Taylor — installé à Pau dès 1837 — contribue à la notoriété de la ville en publiant en
1842 un traité vantant les mérites de son climat dans De l’influence curative du climat de Pau et des eaux
minérales des Pyrénées sur les maladiesSO 19. La colonie britannique qui s'installe alors marque la ville de
sa présence, comme le pyrénéiste Henry Russell ou l'aviateur américain Norman Prince, fondateur de
l'escadrille La Fayette196. De cette époque, plusieurs artistes liées à la commune se distinguent, comme
Paul-Jean Toulet, Paul Mirat ou Saint-John Perse. Le sculpteur et aquarelliste Ernest Gabard — créateur du
Caddetou — laisse une trace forte, avec plusieurs de ses sculptures toujours présentes à Pau comme « La
femme au puits »RP 35
Dans la deuxième moitié du xxe siècle, la capitale béarnaise est marquée par l'action de plusieurs
hommes politiques, dont Louis Sallenave et André Labarrère. Les deux édiles occupent la fonction
pendant respectivement 24 ans et 35 ans. Maire depuis 2014, François Bayrou est chef de file du
mouvement centriste du MoDem, il occupe plusieurs postes de ministre durant sa carrière. Durant cette
période, la commune de Pau est marquée par l'activité du couturier palois André Courrèges, par les débuts
sur scène du chanteur Daniel Balavoine, ou encore par les carrières universitaires de Pierre Tucoo-Chala et
Georges Laplace. Surnommée « La reine des sports », plusieurs sportifs liés à Pau se distinguent, comme
deux des emblématiques capitaines de la Section paloise François Moncla et Robert Paparemborde, les
basketteurs de l'Élan béarnais Pau-Orthez Frédéric Fauthoux et Didier Gadou, le triple champion olympique
de canoë Tony Estanguet, la handballeuse Alexandra Lacrabère, ainsi que le tennisman Jérémy Chardy. La
présentatrice du Canal Rugby Club sur Canal +, Isabelle Ithurburru, est native de la ville.
Tony
Estanguet.
Héraldique, logotype et devise
Selon Paul Raymond (archiviste) dans son Dictionnaire topographique Béarn-Pays basque (p. 133) les armes de Pau
se blasonnent ainsi :
D'azur à la barrière de trois pals aux pieds fichés d'argent, sommée d'un paon rouant d'or, accompagnée en pointe et
intérieurement de deux vaches affrontées et couronnées du même ; au chef aussi d'or chargé d'une écaille de tortue
au naturel surmontée d'une couronne royale fermée d'azur rehaussée d'or, accompagnée à dextre de la lettre H
capitale et à senestre du chiffre IV romain aussi d'azur
Remarques
Ces armes sont des armes parlantes de forme « rébus » (pau signifie « palissade » en béarnais),
et de forme « à-peu-près » (le paon se dit pavon ou pau [paw]).
De la famille de Foix-Béarn dont Pau dépendait, ses armes s'inspirent des trois pals de Foix et des
deux vaches du Béarn.
Dans le blasonnement, l'expression (accompagné…)"du chiffre IV romain" est fautive (IV est un nombre composé
de deux chiffres romains). Meilleur serait : (accompagné…) « d'un IV en chiffres romains ».
Devise
La devise de Pau est en latin : Urbis palladium et gentis (« Protectrice de la ville et de son peuple »)
Remarques
Le chef, ajouté en 1829, n'est pas évoqué dans sa France Illustrée datant pourtant de 1882.
Les vaches ici ne sont pas couronnées, donc plus proches de celles des armes des seigneurs du Béarn,
également non couronnées.
Le paon n'a pas de couleur précisée. Il était probablement « au naturel ». On le trouve parfois blasonné ainsi pour
le blason actuel.
Toujours selon Paul Raymond dans son Dictionnaire topographique Béarn-Pays basque (p. 133) les anciennes
armoiries étaient
d'argent à trois pals de gueules avec un paon rouant du même perché sur celui du milieu.
Selon des notes de Gaston du Breuille (de Pau, 1896) Les anciennes armoiries concédées, en 1482, par François
Fébus, roi de Navarre, étaient :
d'argent, à trois pals de gueules, au paon rouant d'azur perché sur le milieu.
Remarques :
Ces blasonnements sont certainement incomplets ou défectueux, car on voit mal comment un paon (ou quoi
que ce soit) pourrait être posé sur un pal qui par définition va jusqu'au sommet de l'écu. La contradiction pour la
couleur du paon est secondaire ("De gueules" - "du même" que les pals- pour Raymond ou « d'azur » pour Du
Breuille)
Toutefois A. Fourcade dans son Album pittoresque et historique des Pyrénées (p. 9), décrit en langage profane
ces armoiries: trois pals, sur l'un desquels, savoir celui du milieu, est perché un paon faisant la roue.
Il semble donc qu'en fait il ne s'agit pas de « pal-pièce honorable », mais d'un meuble « pieux », qui préfigure déjà,
à la couleur près, les pals alaisés au pied fiché qui composent la barrière du blason actuel.
Historique des logos de la commune
Voir aussi
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article. Bibliographie non exhaustive
Dominique Bidot-Germa, Cécile Devos et Christine Juliat, Atlas historique de Pau : notice générale, Atlas
Historique des Villes de France, 2017. .
Dominique Bidot-Germa, Cécile Devos et Christine Juliat, Atlas historique de Pau : sites et monuments,
Atlas Historique des Villes de France, 2017. .
Dominique Bidot-Germa (dir. publication), Jean-Pierre Allinne, Jean-Pierre Barraqué et Frédéric Bidouze,
Mémoire de Pau, Éditions Cairn, 2011, 277 p. (ISBN 978-2-3506-8197-9). .
Amédée Saupiquet, Petite histoire de Pau : la ville de Pau aux trois phases de son histoire, Princi negue
éditions, 2004, 192 p. (ISBN 2-8461-8168-3). .
Pierre Tucoo-Chala, Pau, ville américaine, Cairn, 2012, 2e éd. rev. et complétée éd. (ISBN 978-2-35068-271-6).
Pierre Tucoo-Chala, Pau, ville anglaise, Société nouvelle d'éditions régionales et de diffusion, 1979. .
Articles connexes
Liens externes
Site des archives départementales des Pyrénées-Atlantiques - Atlas de la ville de Pau au xixe siècle (htt
p://[Link]) [archive]
« Pau ([Link]
[Link]::GEOPORTAIL:OGC:WMTS(1)&permalink=yes) [archive] » sur Géoportail.
Notes et références
Notes et cartes
Notes
1. La commune d'Arudy marque l'entrée dans la vallée d'Ossau.
2. L’orthodromie considérée, séparant Pau de Capbreton, est indiquée par « Orthodromie entre "Pau" et
"Capbreton" ([Link]
ee2=40065) »([Link] ([Link]
nsee1=64445&Insee2=40065) • Wikiwix ([Link]
3. L’orthodromie considérée, séparant Pau d'Urdos, au pied du col du Somport, est indiquée par
« Orthodromie entre "Pau" et "Urdos" ([Link]
[Link]?Insee1=64445&Insee2=64542) »([Link] ([Link]
ultats/Resultat_orthodromie.php?Insee1=64445&Insee2=64542) • Wikiwix ([Link]
5. Les records sont établis sur la période du 1er août 1921 au 2 octobre 2025.
7. Les ZNIEFF de type II sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des
potentialités biologiques importantes.
8. Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone
de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) et comptant au
moins 2 000 habitants. Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone
bâtie.
9. Dans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population
représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la
plus peuplée. L'unité urbaine de Pau comprend une ville-centre et 54 communes de banlieue.
10. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine,
pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
11. Emplacement qui correspond à l'intersection des actuelles rues Maréchal-Joffre, rue Bordenave-
d'Abère et rue Gassion. Elle est appelée « Porte du Basque » jusqu'à la seconde moitié du xve siècle,
puis elle prend le nom de porte de l'Horloge à partir de 1552 car un cadran y est ajoutéB 2.
12. La bie Cabe (actuelle rue du Moulin), la rue Longue (actuelle rue du Château), la Rue (actuelle rue du
Parlement), la rue de Castegmedo (en partie l'actuelle rue Sully).
15. En remplacement d'une passerelle reposant sur des piles de bois, qui était régulièrement détruite par
les crues du gave. Dès 1524 une solution technique fut proposée, mais la réalisation n'arriva
totalement qu'entre 1592 et 1593 avec le financement de Catherine de Bourbon.
21. Détruit en 1838 pour la construction de la nouvelle halle, sur l'actuelle place Clemenceau.
23. Cette visite donna également son nom au quartier de la Croix du Prince, rive gauche du gave.
25. La construction du boulevard du Midi fait l'objet d'un vaste débat dans la société paloise, entre ses
défenseurs et les « Tranistes » qui souhaitent élargir les rues adjacentes à la place Gramont (et donc
notamment la rue Tran)B 6.
26. Ce qui fit des halles de la place de la République le seul marché central de Pau.
30. « Comme la célèbre savonnerie Roussille qui donna l'expression longtemps utilisée des Palois « ça
sent Roussille » les jours où l'odeur des effluves de l'usine s'échappent jusqu'à la ville haute ».
31. Qu'il double avec le cours Lyautey pour créer un espace boisé au centre de la nouvelle artère.
32. Trois barres de quinze niveaux au sud, à l'est et à l'ouest. Une tour de vingt niveaux était prévue au
nord, elle fut finalement remplacée par l'actuelle maison de l'Agriculture.
33. « Le Cami Salié est évoqué dès 1 500 ans avant JésusSO 5 ».
36. En application de la Directive inondation du 23 octobre 2007 qui vise à créer un cadre commun
permettant d'évaluer et de réduire les risques d'inondation sur le territoire de l'Union européenne56,
une évaluation du risque d'inondation a été entreprise en France en 2011 au niveau de chaque bassin
hydrographique dont le bassin Adour-Garonne et a permis de dresser une cartographie des zones
inondables de la ville de Pau57. Sur le bassin Adour-Garonne,
18 territoires à risques importants d'inondation (TRI) ont été arrêtés par le préfet coordonnateur de
bassin le 11 janvier 2013. Pour le département des Pyrénées-Atlantiques, deux TRI ont été retenus :
celui de Pau (34 communes dont Pau) et celui du Côtier Basque (13 communes)58.
37. La tempête du 6 au 8 novembre 1982 a touché de nombreux départements — dont les Pyrénées-
Atlantiques — et a donné lieu à un arrêté de catastrophe naturelle concernant, entre autres, la
commune de Pau.
38. Les Pyrénées sont soumises à une activité sismique issue de la confrontation de deux plaques
tectoniques (l’ibérique et l’eurasiatique).
39. La zone polluée la plus proche est dans la commune de Bizanos, à 7 km, où une ancienne usine
produisant du gaz à partir de la houille a été désaffectée en 1950 puis démantelée62.
40. En vertu de la loi 31 décembre 1992 relative à la lutte contre le bruit, certaines infrastructures de
transports doivent être classées par rapport à leur impact sonore. Il s'agit des routes supportant plus
de 5 000 véhicules/jour au moment du classement ainsi que les projets routiers pour lesquels les
prévisions de trafic à la mise en service sont également supérieures à 5 000 Véh/J, mais aussi les
voies ferrées supportant plus de 50 trains par jour66.
41. Les premiers Palois sont en grande partie originaires d'Ossau, la plaine du Pont-Long étant vitale
pour les intérêts économiques des OssaloisB 21.
42. Les plus anciennes mentions du château de Pau remontent à 1100, mais ces documents évoquent
l'importance qu'ont déjà pris le château et la localité qui se construit autour de lui pour la vie du
paysB 23.
44. Référence à la mésaventure qu'un chevalier de Bigorre a connu pour ne pas avoir respecté les fors.
Celui-ci fut nommé seigneur du Béarn durant un an avant d'être rapidement exécuté pour ses
manquementsB 23.
45. La tradition béarnaise d'alors, garantie par les Fors, est que la justice soit rendue par le pouvoir
directement dans les villages ou vics.
46. Avec la conquête de tout le Sud-Ouest par les rois de France et l'unification de la péninsule ibérique
par les rois catholiques.
47. L'atelier de la monnaie prend place dans la tour du Moulin, désormais rebaptisée tour de la Monnaie.
Selon les sources, ce transfert a eu lieu en 1524 ou 1554B 28.
48. Jeanne d'Albret accouche en chantant un cantique béarnais à la sainte Vierge, afin que son fils ne
soit « ni peureux, ni rechigné ». La légende dit que les lèvres du futur monarque furent baptisées avec
du vin de Jurançon et de l'ail.
49. La mort de son mari Antoine de Bourbon en 1562 constituant la bascule qui pousse Jeanne vers plus
d’extrémités avec sa volonté d'imposer à son peuple sa foi personnelleB 31.
50. En 1569, la région est secouée par une année de terribles guerres religieuses qui entraînent de
nombreuses pertes à Orthez, Tarbes, Navarrenx ou encore Mont-de-Marsan.
51. Il faut attendre 1615 pour que l'église Saint-Martin retrouve le culte catholique.
52. Entre les protestants, appuyés par le conseil souverain de Béarn, et les catholiques, menés par les
évêques de Lescar et Oloron.
53. Le conseil souverain de Béarn dénonce l'arrêt royal à partir de 1618 et refuse son application.
54. Face à un Louis XIII conciliant, dont toutes les actions démontrent sa volonté d'apaisement et d'oubli
du passé, les Palois reçoivent le roi de France sous les acclamations le 19 octobre 1620. Le souvenir
encore vivace du bon roi Henri jouant sûrement un rôle dans l'accueil de ce fils plein de grâce et de
prestanceB 35.
55. La procession ramène du faubourg à l'église Saint-Martin le Corpus Christi avec le roi Louis XIII qui
suit tête nue et un cierge à la main. Une foule immense est alors présente dans les rues de la cité, les
maisons sont pavoisées et les murailles tapissées de riches tentures pour le rétablissement officiel
du culte catholique à Pau et dans le Béarn.
56. Un soulèvement est organisé par le marquis de La Force, gouverneur du Béarn, mais stoppé par le
duc de Guyenne. L'exécution de Jean-Paul de Lescun en 1622, un ancien membre du Conseil
souverain, marque le symbole de la défaite du parti protestant en Béarn.
57. Au lendemain de l'annexion officielle, Louis XIII repart en ordonnant de prélever du château des
canons, une collection de quatre-vingt-quinze tableaux, des tapisseries et objets émaillés, pour les
ramener à Paris74.
58. Avec un goût particulier pour les arts et les sciences et un attachement profond aux traditions, aux
libertés et aux usages locauxB 37.
59. Cette université de droits, de lettres et de philosophie est un centre très actif, et bénéficie d'une
grande notoriété jusqu'à la RévolutionB 39.
60. La révolte gronde dans la population paloise, qui se révèle toujours très attachée à cette institution et
se rend compte de son importance pour la prospérité de la citéB 40.
61. Le Parlement montre sa reconnaissance envers la clémence royale mais fait toujours preuve d'une
grande méfiance quant à la défense d'un peuple toujours plus opprimé par des contributions de plus
en plus lourdes.
62. Avec notamment le représentant en mission Monestier de la Lozère qui s'empresse de faire cesser
l'exercice du culte dans les églises paloises et de détruire leurs clochers.
63. Ce statut lui est enlevé le 11 octobre 1795 au profit d'Oloron, puis définitivement rendu le
20 mars 1796.
64. Par un décret du 22 juillet 1808, il décide d'agrandir la place qui porte son nom (actuelle place Royale)
pour que celle-ci s'étende jusqu'à la rivière et dévoile ainsi son panorama face aux Pyrénées.
65. Un des fonds les plus riches de la bibliothèque de Pau est le Fonds anglais (9 000 vol.), hérité de
l’ancienne English Library de Pau. De nombreuses éditions du xixe siècle aux cartonnages et
illustrations remarquables. Ce fonds doit faire l’objet d’un catalogue complet et d’une mise en valeur
par le biais de publications et d’expositions.
66. Utilisée à la fois par les SS et la Gestapo, elle était dotée de quatre cellules individuelles et d'une
grande cellule collective, la prison pouvait accueillir jusqu'à une cinquantaine de prisonniers en même
temps.
67. Les deux premières fosses renfermaient 38 corps mutilés de prisonniers torturés, la troisième les
corps de 6 résistants tués près de Monein et dans la dernière le corps de Jean Mathie.
68. La « capacité d'autofinancement » (CAF) est l’excédent dégagé en fonctionnement ; cet excédent
permet de payer les remboursements de dettes. Le surplus (CAF - remboursements de dettes)
s’ajoute aux recettes d’investissement (dotations, subventions, plus-values de cession) pour financer
les dépenses d’équipement. Ce montant représente le financement disponible de la commune93.
69. Le « fonds de roulement », différence entre les financements à plus d'un an et les immobilisations,
permet de combler le décalage entre l'encaissement des recettes et le paiement des dépenses94.
70. Les déchets ménagers résiduels comprennent les déchets obtenus après extraction des autres
fractions, valorisables, de déchets.
71. Les foyers de l'enfance ont pour mission d'accueillir tout mineur en difficulté ou en danger confié par
sa famille ou par mesure judiciaire au service de l'Aide sociale à l'enfance.
75. Le lycée Louis-Barthou est le plus ancien de la ville, il est fondé en 1622 sous Louis XIII et accueille
d'illustres élèves au fil des ans comme Lautréamont, Louis Barthou, Saint-John Perse, Pierre
Bourdieu, Daniel Balavoine ou encore Henri Emmanuelli.
77. La polyclinique Marzet, située boulevard Alsace-Lorraine, a été rachetée par la polyclinique de
Navarre en 2013. Le nouvel ensemble compte 400 lits et emploie près de 700 personnesRP 12.
78. C’est-à-dire qu’elles ont signé une convention tripartite avec le représentant de l’État, à savoir
l’Agence régionale de santé et le Département116,117.
79. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des
recensements et le graphique, pour les populations de référence postérieures à 1999, que les
populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins
de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de
plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population de référence publiée par l’Insee pour
l'ensemble des communes.
80. Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2025, millésimée 2022, définie dans les
limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2024, date de référence statistique : 1er janvier 2022.
81. Le taux d’activité représente la part des actifs dans la population totale.
82. Constituée d’équipes mixtes de recherche CNRS/université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) et
Total (L'IPRA représente 130 enseignants, chercheurs et allocataires, un budget annuel d'1,5 million
d’euros et 6 masters scientifiques).
83. La chambre de commerce et d'industrie de Pau Béarn gère l'aéroport Pau-Pyrénées, le groupe ESC
Pau, l'hôtel consulaire, le CNPC et l'IPC de Pau.
84. L'hippodrome du Pont-Long est créé en 1842, des courses hippiques ont lieu dès le xie siècle à
Morlaàs.
85. Un autre club de rugby palois a existé, le Béarn Sporting Club, qui est finaliste de la 4éme édition du
Championnat de France de 4e série en 1923 face à Carmaux148. Le club créé le 24 avril 1922 avait
son siège au Quartier du Château au 10 Rue Jeanne d'Albret, et accède à la finale après avoir éliminé
en quart de finale le CA Moulin d'Ars à Bordeaux sur le terrain du BEC149,150.
89. La population paloise fut quasiment multipliée par quatre durant le xixe siècle.
90. Profitant de la démolition de l'ancien marché couvert, le maire Alfred de Lassence décida de doter la
ville d'un nouveau centre au niveau de la place Clemenceau.
92. Alors que l'aile sud était en construction en 1929, le krach boursier entraîna la mise en faillite de la
Société des hôtels et casinos de Pau et de ce fait la démission du maire Alfred de Lassence.
L'aménagement des appartements se poursuivra jusqu'à l'après deuxième Guerre mondiale.
93. Construit dans le cadre des ZUP pour accueillir 2 000 logements ainsi que divers équipements
publics comme l'église Saint-Pierre et l'école Jean-Sarrailh.
94. Constituée notamment des Archives départementales en 1971, de la direction départementale des
Pyrénées-Atlantiques et de la maison de l'Agriculture au début des années 1980.
95. Construit progressivement de 1962 à 1977 sur une vingtaine d'hectares avec des bâtiments de faible
hauteur dans un parc arboré et gazonné.
96. Fondée en 1899 pour produire le courant nécessaire à la circulation des rames du tramway palois, le
réseau est remplacé en 1931 par des autobus qui utilisent les lieux comme dépôt jusqu'en 1985.
97. À l'origine le musée occupe le premier étage du palais de Justice dans une unique salle. Il est
transféré, en 1881, dans les galeries de l’ancien asile, au centre de la ville, avant de trouver son
emplacement final.
98. L'English Club ou Cercle Anglais de Pau est un club social masculin fondé en 1856 et comprenant
statutairement 100 membres.
99. Elle comprend le département des Pyrénées-Atlantiques et une partie des départements des Hautes-
Pyrénées, des Landes et du Gers.
100. Selon la légende, Henri d'Albret frotte les lèvres de son petit-fils avec une gousse d'ail puis lui
humecte les lèvres avec du vin de Jurançon pour lui donner force et vigueur.
101. Portrait réalisé du vivant d'Henri IV par François II Bunel, et acquis par la ville de Pau en mai
2016RP 34.
Cartes
1. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. (h
ttps://[Link]/comparer/basic?x=%20-0.3686&y=%2043.3017&z=14&layer1=GEOGRA
[Link]&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.M
APS.SCAN50.1950&mode=vSlider) [archive] », sur [Link] (consulté le 19 avril 2021). Pour
comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer
à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à
gauche de l'écran.
Références
Références bibliographiques
1. Saupiquet 2004, p. 18. 12. Atlas1 2017, p. 74. 23. Saupiquet 2004, p. 16.
2. Saupiquet 2004, p. 19. 13. Atlas1 2017, p. 76. 24. Saupiquet 2004, p. 13.
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