Pharmacologie Des Dérivés Cannabinoïdes: Applications Au Traitement de La Douleur ?
Pharmacologie Des Dérivés Cannabinoïdes: Applications Au Traitement de La Douleur ?
nabinoids. Clinical trials are now required, but are hindered Le terme mexicain de marijuana renvoie lui, aux
by a paucity of cannabinoids of suitable bioavailability and feuilles de cannabis. Les Anciens de Chine et de
therapeutic ratio. Grèce faisaient de la plante des cordes et des vête-
Conclusion: The cannabinoid system is a major target in ments. Longtemps, la Chine, l’Inde, le Moyen-
the treatment of pain and its therapeutic potential should
Orient, l’Afrique du Sud et l’Amérique du Sud, ont
be assessed in the near future by the performance of new
utilisé le cannabis pour ses vertus thérapeutiques.
clinical trials. © 2002 Éditions scientifiques et médicales
Elsevier SAS
Certaines données égyptiennes, chinoises (2700 AC)
et assyriennes (800 BC) l’ont décrit comme le médi-
cannabinoids / endocannabinoids / ∆9-tetrahydro- cament le plus ancien de l’histoire [2]. Au fil des siè-
cannabinol / anandamide / 2-arachydonylglycerol / cles, le cannabis a été prescrit dans le traitement de
palmitoylethanolamide / pain la douleur, de l’asthme et de la dysenterie ; il a été
indiqué dans le traitement des insomnies, des nau-
sées et des vomissements et il a été recommandé dans
Alors que le cannabis a été utilisé à des fins théra- les cas de spasmes et de convulsions [3]. Le canna-
peutiques depuis des millénaires dans beaucoup de bis n’a été connu de la médecine occidentale que plu-
sociétés, son emploi a été proscrit de la médecine sieurs millénaires plus tard à l’occasion de la publi-
occidentale dans les années 1930, au moment où est cation d’un traité, en 1839, écrit par W.B.
apparu le risque de toxicomanie. Cependant, les pro- O’Shaughnessy, médecin irlandais au service de
grès considérables de ces trente dernières années réa- l’armée britannique en Inde [4]. En démontrant l’effi-
lisés dans le domaine de la pharmacologie ont conduit cacité et la grande innocuité du cannabis, il favorise
à un regain d’intérêt concernant les possibilités thé- son introduction en Angleterre et dans les autres pays
rapeutiques du cannabis. À noter parmi les décou- d’Europe. C’est au début du XXe siècle avec le déve-
vertes les plus marquantes, l’identification de récep- loppement des médicaments de synthèse que
teurs et de ligands cannabinoïdes endogènes l’engouement pour le cannabis a commencé à décli-
constituant le « système endocannabinoïde », dont le ner en Amérique et en Europe. Aux États-Unis, la
rôle physiologique fait aujourd’hui l’objet de nom- peur de l’usage du produit apparue dans les années
breux travaux. À signaler également en parallèle de 1920 a conduit à son interdiction en 1937. À la fin
ce courant scientifique, la mobilisation de plus en des années 1960, le cannabis est devenu une des dro-
plus marquante de groupes de pression en vue de pro- gues illégales les plus consommées, en particulier
mouvoir la légalisation du cannabis. dans la période située entre les années 1970 et le début
Bien que certaines données attestent de l’efficacité des années 1980.
thérapeutique du cannabis dans plusieurs domaines
importants de la médecine tels que l’asthme ou encore La plante
la sclérose en plaques, seul le rôle analgésique du Le terme français de chanvre, dont l’existence est
cannabis sera abordé dans cette revue. attestée dès la fin du XIIIe siècle, dériverait du bas
latin canapus, qui a donné en latin classique canna-
ACQUISITION DES DONNÉES bis. Le terme latin dériverait lui-même probablement
de l’arabe kannab ou de l’hébreux kanneb [5]. Le
Elles ont été obtenues grâce à la base de données cannabis est une plante dicotylédone herbacée, phy-
Medlinet, aux ouvrages consacrés au cannabis et des logéniquement proche du houblon. Elle fait partie de
documents personnels. la famille des cannabinacées (ordre des Urticales).
Elle est le plus souvent dioïque, c’est-à-dire compor-
SYNTHÈSE DES DONNÉES tant des pieds mâles et des pieds femelles distincts.
Bien que l’on distingue souvent deux espèces diffé-
Historique rentes, un chanvre « textile » et un chanvre
« indien », il n’existe en pratique qu’un chanvre se
Les premiers témoignages de l’usage de la plante présentant, selon les conditions de culture et de sélec-
Cannabis sativa, également connue sous le nom de tion, sous diverses formes adaptatives plus ou moins
chanvre indien, remontent à plus de 12 000 ans [1]. riches en fibres ou en résine. On connaît ainsi plus
Pharmacologie des dérivés cannabinoïdes 495
de 100 variétés différant par leur taille, leur rapidité Tableau I. Dates importantes dans la pharmacologie du cannabis.
de croissance et leur composition chimique, toutes 1964 ∆9-THC identifié comme principe actif du cannabis
dérivant de l’unique espèce, Cannabis sativa, décrite 1980 Développement de cannabinoïdes synthétiques
en 1753 par Carl von Linné. 1988 Identification du récepteur CB1
La composition chimique de la résine de cannabis 1990 Clonage du récepteur CB1
1992 Identification du récepteur CB2. Découverte d’un ligand
varie considérablement selon le cultivar et les condi- endogène: l’anandamide
tions de culture : excédant rarement 2 à 3 % de la 1993 Clonage du récepteur CB2
masse de la plante fraîche cultivée en extérieur en 1994 Développement d’un antagoniste des récepteurs CB1
climat tempéré, elle atteint 20 % dans les zones chau- 1995 Découverte d’autres ligands endogènes : le
2-arachidonylglycérol et la palmitoyléthanolamide
des. On connaît aujourd’hui plus de soixante canna- 1997 Développement d’un antagoniste des récepteurs CB2
binoïdes naturels. 1998 Mise en évidence des propriétés analgésiques des
Sur un plan pratique, le cannabis se présente sous ligands endogènes
trois formes différentes aux usagers : Invalidation du gène exprimant le récepteur CB1
2000 Invalidation du gène exprimant le récepteur CB2
– l’herbe (marijuana) : feuilles, tiges et sommités
fleuries, simplement séchées. Se fume généralement
mélangée à du tabac, roulée en cigarette souvent de
forme conique (le joint, le pétard) ;
– le haschich (shit) : résine de la plante obtenue en élevé et les situations sociales et familiales ne font
raclant les feuilles et en y ajoutant la poudre obtenue pas apparaître de signes particuliers de détresse. Fina-
des plants séchés et secoués. Se présente sous la lement les éléments rassemblés dans cette étude ne
forme de plaques compressées, barrettes de couleur permettent pas de soutenir l’idée d’une « escalade »
verte, brune ou jaune selon les régions de produc- qui se ferait à partir du cannabis vers d’autres dro-
tion. Se fume généralement mélangé à du tabac et gues réputées plus dangereuses.
plus rarement consommé sous forme de préparations
culinaires ;
PHARMACOLOGIE DES RÉCEPTEURS
– l’huile : préparation plus concentrée en principe
CANNABINOÏDES
actif, consommée généralement au moyen d’une
pipe. Son usage est actuellement peu répandu.
La première découverte pharmacologique dans le
Utilisation du cannabis en France domaine a été l’isolation et la synthèse du ∆9-THC
qui est le constituant psychotrope le plus important
Selon le rapport de l’Observatoire français des dro- du cannabis [8]. Globalement, ces dix dernières
gues et des toxicomanies (OFDT), un jeune sur trois années ont été le témoin d’une véritable révolution
a consommé du cannabis dans sa vie, avec un pic dans le développement des connaissances de la phar-
d’utilisation de 40 % à Paris [6]. Les garçons sont macologie du cannabis (tableau I).
plus consommateurs que les filles, mais tous com- Un protocole d’évaluations multiples chez la sou-
mencent au même âge : 15 ans et neuf mois. Presque ris, in vivo, est communément utilisé pour tester les
un jeune sur deux, dont le chef de famille exerce une effets cannabinomimétiques d’une substance. Ainsi,
activité libérale et intellectuelle, a fumé du cannabis la réduction de l’activité spontanée, l’apparition
contre un enfant d’ouvrier sur cinq. Par ailleurs, une d’une hypothermie, d’une catalepsie et la diminu-
autre étude « ethnographique » de la consommation tion de la nociception sont parmi les critères recher-
intensive voire quotidienne de cannabis en France chés aux fins de l’évaluation. À la fin des années
montre que les consommateurs de cannabis tiennent 1980, il a été démontré que certains effets des can-
à se démarquer du monde de la toxicomanie [7]. Il nabinoïdes étaient liés à la stimulation de récepteurs
s’agit d’une population principalement masculine spécifiques [9]. À l’heure actuelle, deux sous-types
(71 % d’hommes), d’âge moyen de 28 ans mais avec de récepteurs cannabinoïdes, CB1 et CB2, ont été
une pyramide des âges élargie. Cette étude montre la identifiés et clonés [10]. Cependant, il est à peu près
diffusion importante de cette pratique dans tous les certain que d’autres récepteurs sont à découvrir. Leur
milieux sociaux, les sujets dans leur ensemble appa- présence est suspectée par la mise en évidence d’une
raissant comme bien insérés. Le niveau d’études est activité pharmacologique résiduelle chez les souris
496 P. Beaulieu, A.S.C. Rice
Tableau III. Principaux agonistes et antagonistes des récepteurs cannabinoïdes CB1 et CB2.
CB1 CB2
Agonistes
– Cannabinoïdes
∆9-THC (dronabinol) ++ ++
LY-109514 (nabilone) ++ ++
HU210 ++ ++
WIN 55212-2 + ++
CP 55940 ++ ++
L-759,633 + +++
Lévonantradol + +
– Endocannabinoïdes
Anandamide + ±
2-arachidonylglycérol + +
palmitoyléthanolamide 0 ±
Antagonistes CB1 CB2
SR141716A ++ 0
SR144528 0 ++
LY-320135 ++ 0
AM630 ++ ++
du cervelet correspond aux effets des cannabinoïdes terminaisons nerveuses qui ne représentent qu’une
sur la coordination des fonctions motrices et de part très relative de la masse tissulaire totale [34].
l’apprentissage moteur. Le tronc cérébral est une Il y a de bonnes raisons de penser que certains
localisation plus accessoire du récepteur CB1 expli- récepteurs CB1 sont localisés au niveau des termi-
quant ainsi l’absence de mortalité suite à une intoxi- naisons nerveuses présynaptiques. La fonction de ces
cation aiguë au cannabis [30]. Au niveau de la moelle récepteurs CB1 ainsi situés pourrait bien être de
épinière, les récepteurs CB1 ont été retrouvés au s’opposer à la transmission synaptique par inhibition
niveau de zones reconnues pour leur importance dans des courants calciques rentrants de type N et P/Q
le processus de nociception, en particulier le fais- et/ou par activation des courants potassiques sortants.
ceau dorsolatéral de la moelle, la couche superficielle
de la moelle et la couche X de Rexed [31]. L’expres-
sion des récepteurs CB1 se fait sur des interneurones
segmentaires, alors que d’autres données ont proposé Sites de liaison du récepteur cannabinoïde CB2
une localisation sur la partie présynaptique des neu-
rones primaires afférents [32, 33]. L’ARNm du récepteur CB2 a été trouvé dans les
monocytes et macrophages spléniques et non pas
Localisation des sites de liaison en dehors dans les cellules T, ni dans les neutrophiles sanguins
du système nerveux central matures, le thymus ou encore le foie, le cerveau, les
Les neurones, les leucocytes, les cellules endothélia- poumons ou les reins indiquant ainsi que la distribu-
les, quelques glandes endocrines, le cœur, une partie tion était bien différente de celle des récepteurs
des appareils reproducteur, urinaire et digestif comp- CB1 [35]. L’ARNm du CB2 était exprimé en grande
tent parmi les organes et tissus situés en dehors du quantité chez l’homme dans la rate, les amygdales
SNC porteurs des récepteurs CB1 [11]. La concen- ainsi que, dans une moindre mesure, au niveau de la
tration des récepteurs CB1 est beaucoup moins impor- moelle osseuse, le thymus et le pancréas [36].
tante dans le système nerveux périphérique qu’au L’ARNm du récepteur CB2 a été retrouvé pour
niveau du SNC. Cela n’indique pas nécessairement l’essentiel dans les cellules B et les cellules « tueu-
que les récepteurs CB1 périphériques y sont négli- ses » (natural killer), en quantité plus modérée dans
geables dans la mesure où ils peuvent se retrouver les monocytes et pour une part infime dans les leu-
en grande quantité dans certains tissus tels que les cocytes polynucléaires, les cellules T4 et T8.
498 P. Beaulieu, A.S.C. Rice
Études de l’invalidation des gènes des L’hypothèse a été avancée selon laquelle l’anan-
récepteurs cannabinoïdes damide se situerait au niveau de la membrane sous
forme d’un phospholipide précurseur qui serait libéré
À ce jour, deux types de récepteurs cannabinoïdes après activation d’une phospholipase appropriée ou
ont été décrits mais il est possible que d’autres récep- d’un autre enzyme en rapport. La synthèse et la libé-
teurs encore ignorés existent. La question principale ration de l’anandamide se font par un mécanisme
est de savoir si oui ou non tous les effets du ∆9-THC assez complexe illustré sur la figure 2 [43, 44]. Il
et des autres cannabinoïdes sur le SNC sont transmis apparaît que l’anandamide est rapidement synthétisé
par le récepteur CB1 [37]. Deux approches expéri- « à la demande » plutôt que stocké dans les vésicu-
mentales ont été utilisées pour répondre à cette inter- les synaptiques [45].
rogation : l’utilisation d’antagonistes cannabinoïdes Les neurones et les astrocytes, suite à un phéno-
sélectifs du récepteur CB1 et le développement de mène de recapture, hydrolysent rapidement l’anan-
lignées de souris génétiquement modifiées chez les- damide pour aboutir à la formation d’acide arachi-
quelles l’expression du récepteur CB1 a été élimi- donique et d’éthanolamine [43]. Ce mécanisme est
née. Cette approche d’invalidation du gène du récep- pris en charge par un transporteur sélectif qui peut
teur CB1 a été mise en pratique dans deux études être bloqué par une substance telle que l’AM404 [46,
récentes [38, 39]. Leurs conclusions ont permis de 47]. L’hydrolyse de l’anandamide est catalysée par
reconnaître le rôle clef du récepteur CB1 dans la une amidohydrolase liée à la membrane (nommée
médiation de beaucoup (y compris l’analgésie), sinon anandamide amidohydrolase ou encore amide hydro-
de tous les effets centraux induits par le THC et les lase des acides gras, FAAH) qui a été clonée [48].
dérivés cannabinoïdes [37]. Cette enzyme associée à la membrane est localisée
L’action immunomodulatrice des cannabinoïdes au niveau de sites intracellulaires de différents tissus
aurait le récepteur cannabinoïde CB2 pour médiateur. dont le cerveau, le foie, les reins, l’intestin ainsi qu’au
Afin de vérifier cette hypothèse, une première sou- niveau des cellules immunitaires [49]. Son action est
che de souris présentant une mutation ciblée du gène inhibée par les anti-inflammatoires non stéroï-
du récepteur cannabinoïde CB2 a été créée [40]. Les diens [50]. Il est possible que des cellules autres que
auteurs ont confirmé que les ligands spécifiques des les neurones participent au catabolisme des endocan-
récepteurs cannabinoïdes CB2 pouvaient être utiles nabinoïdes, notamment lors du processus inflamma-
en pratique clinique dans la régulation de la fonction toire [51, 52].
immunitaire des macrophages sans qu’ils aient une
activité centrale parallèle. À l’avenir, il sera égale- Plusieurs autres ligands endogènes pour les récep-
ment envisageable de séparer les effets périphériques teurs cannabinoïdes ont été décrits. Parmi ces
des effets centraux des cannabinoïdes par le biais de endocannabinoïdes hypothétiques, le 2-arachidonyl-
nouveaux agonistes spécifiques de ces récepteurs. glycérol a d’abord été isolé dans l’intestin de
chien [53] et plus tard au niveau du cerveau de
SYSTÈME ENDOCANNABINOÏDE rat [54]. Comme l’anandamide, le 2-AG a une rela-
tivement faible affinité pour le récepteur CB1 ainsi
Les endocannabinoïdes sont définis comme des subs- que pour CB2 et sa distribution reste à préciser [55].
tances cannabinomimétiques capables d’activer soit Le 2-AG a été retrouvé dans le cerveau à des concen-
l’un, soit les deux sous-types de récepteurs cannabi- trations 170 fois supérieures à celle de l’ananda-
noïdes [41, 42]. Jusqu’ici, deux eicosanoïdes confor- mide [56]. La synthèse du 2-AG est dépendante du
mes aux critères de classification ont été identi- calcium et se trouve sous le contrôle d’une phospho-
fiés – l’anandamide (du Sanskrit ananda qui signifie lipase C et de la diglycérol lipase.
« félicité » ou encore « arachidonyléthanolamide ») Le palmitoyléthanolamide serait un agoniste endo-
et le 2-arachidonylglycérol (2-AG). Le palmitoylé- gène possible des récepteurs cannabinoïdes CB2 [57].
thanolamide (PEA) représente quant à lui, un autre Cet agent module à la baisse l’activation des masto-
acide gras composé d’une longue chaîne aux pro- cytes, réponse habituellement antagonisée par l’anan-
priétés cannabinomimétiques qui cependant ne se lie damide. Cependant le PEA ne déplace que 10 % de
pas avec grande affinité aux récepteurs cannabinoï- la liaison du [3H] CP 55,940 aux récepteurs canna-
des connus. binoïdes CB2 humains clonés, et cela à des concen-
Pharmacologie des dérivés cannabinoïdes 499
Figure 2. Synthèse, libération et dégradation de l’anandamide, un agoniste endocannabinoïde pour le récepteur CB1 [44].
– un cannabinoïde synthétique contrôlerait la dou- tion de la douleur n’ont aucun effet [69, 70]. De plus,
leur selon un mécanisme nouveau qui justifierait dès l’inactivation du RVM supprime l’analgésie (mais
lors l’introduction d’une autre classe d’analgésiques ; non les effets moteurs) produite par l’injection sys-
– enfin, par le rôle éventuel d’un système cannabi- témique de WIN 55,212-2. Il est important de noter
noïde endogène dans la régulation de la douleur. que les effets des cannabinoïdes au niveau de ce cir-
Le potentiel analgésique des cannabinoïdes a cuit principal du tronc cérébral impliqué dans la régu-
conduit à des investigations très poussées en utili- lation de la douleur sont identiques, mais distincts
sant le ∆9-THC dans de nombreux tests de la dou- de ceux de la morphine.
leur [65]. En effet, le ∆9-THC produirait une antino- De plus, l’antinociception induite par les cannabi-
ciception puissante lorsque administré par voie noïdes est due en partie à l’activation d’un méca-
intraveineuse chez la souris [66-68]. Il y a un consen- nisme spinal noradrénergique descendant [72]. En
sus sur l’efficacité du ∆9-THC à bloquer les stimuli effet, l’administration intrathécale, lombaire basse,
nociceptifs. Les observations selon lesquelles les can- de la yohimbine, un antagoniste α2-noradrénergique,
nabinoïdes diminuent la locomotion spontanée et bloque les effets antinocicepteurs du ∆9-THC admi-
favorisent la survenue d’une catalepsie a soulevé la nistré par voie intraveineuse. L’échec de la yohim-
question de savoir si les effets analgésiques observés bine pour bloquer soit les effets cataleptiques soit
ne venaient pas d’un trouble moteur induit par les l’hypothermie tous deux induits par le ∆9-THC
cannabinoïdes. Les données expérimentales indi- prouve que l’implication du système noradrénergi-
quent qu’il est possible de dissocier les propriétés que est relativement spécifique à l’antinociception.
antinociceptives du dysfonctionnement moteur induit À l’inverse, il est peu probable dans ce contexte, que
par les cannabinoïdes, toutefois cette inhibition les récepteurs α1-adrénergique et sérotoninergique
motrice complique l’interprétation des données com- jouent un rôle significatif [72]. Ces résultats valident
portementales relatives à l’analgésie [65]. l’hypothèse selon laquelle la composante supra-
Depuis la mise en évidence d’un récepteur canna- spinale impliquée dans l’analgésie induite par les can-
binoïde et sa localisation au niveau du SNC en 1988 nabinoïdes fait intervenir un système spinal noradré-
et son clonage en 1990, plusieurs équipes de cher- nergique descendant.
cheurs ont étudié les mécanismes d’action de l’anal-
gésie induite par les cannabinoïdes.
Mécanisme spinal
Mécanismes de l’analgésie induite par les Plusieurs études ont démontré que les cannabinoïdes
cannabinoïdes administrés directement dans l’espace sub-
arachnoïdien de la moelle épinière produisaient une
Comme pour les opioïdes, les mécanismes possibles antinociception [65]. En effet, des études
de l’antinociception par les cannabinoïdes se situent comportementales [72-74], électrophysiologi-
à la fois au niveau central, spinal et, de découverte ques [75-77] et neurochimiques [78, 79] ont montré
plus récente, au niveau périphérique. Il est mainte- que les cannabinoïdes agissaient au niveau médul-
nant clairement établi que les effets antinociceptifs laire pour réguler la douleur. De plus, WIN 55,212-2,
des cannabinoïdes reposent sur un mécanisme un agoniste cannabinoïde puissant et sélectif suppri-
d’action qui fait intervenir un récepteur. mait de manière dose-dépendante l’expression
induite par la douleur de c-fos au niveau de la corne
Mécanisme central dorsale de la moelle chez le rat [78]. Ces données
La mise en évidence directe de l’intervention d’un concordent avec la présence de récepteurs cannabi-
site central vient de l’observation selon laquelle noïdes localisés dans cette même région de la moelle
l’administration par voie intracérébroventriculaire épinière [24, 31, 75, 76, 80].
d’un agoniste cannabinoïde comme le ∆9-THC ou Les études d’électrophysiologie en arrivent aux
WIN 55,212-2 au niveau de régions spécifiques du mêmes conclusions avec des preuves de l’expression
cerveau telles que la matière grise périaquedu- des récepteurs CB1 tant au niveau des interneurones
cale [69, 70] et de la moelle rostroventromédiale inhibant la libération de GABA et de glycine [81]
(RVM) [71] entraîne une antinociception alors que qu’au niveau des neurones afférents primaires inhi-
les injections faites en dehors des zones de régula- bant la libération de glutamate [82]. Il a été montré
Pharmacologie des dérivés cannabinoïdes 501
que l’administration intrathécale d’anandamide blo- localisés dans les mastocytes afin de diminuer direc-
quait l’hyperalgésie thermique induite par l’injection tement la libération d’agents inflammatoires [57, 91,
de carragénine au niveau de la patte postérieure de la 92]. Les récepteurs périphériques CB2 moduleraient
souris et cela à des doses qui ne modifiaient pas, en ainsi le processus inflammatoire [91, 92]. Il est cer-
l’absence d’inflammation, les seuils de sensibilité tain que les récepteurs CB1 et CB2 sont tous deux
normaux à la chaleur excessive [83]. De la même présents localement et que les mécanismes de syn-
façon, l’administration de WIN 55,212-2 a inversé thèse, de libération et d’inactivation des endocanna-
le mécanisme d’allodynie et prévenu l’apparition binoïdes sont présents dans le processus inflamma-
d’une immunoréactivité de type Fos dans les neuro- toire.
nes médullaires qui fait normalement suite à l’injec- Récemment, deux équipes ont démontré l’effica-
tion sous-cutanée au niveau de la patte arrière de cité de l’administration périphérique d’un agoniste
l’adjuvant de Freund [84]. La fonction précise de la cannabinoïde CB1, qui a inversé l’hyperalgésie méca-
protéine Fos dans la moelle épinière est inconnue nique associée à une neuropathie douloureuse [86]
mais sa présence, issue du gène à expression pré- et CB2, qui a diminué la douleur suite à une stimu-
coce c-fos, est largement considérée comme un lation thermique aiguë [93]. Dans ces deux études,
marqueur de l’activation persistante des systèmes les effets systémiques ont pu être écartés en démon-
nocicepteurs médullaires [85]. Finalement l’adminis- trant l’absence d’effets quand une même dose était
tration de WIN 55,212-2 a inversé l’hyperalgésie injectée dans l’autre patte de l’animal.
mécanique associée au modèle de douleur neuropa- En résumé, dans les années 1990, presque rien
thique par ligature partielle du nerf sciatique [86] ou n’était connu sur les mécanismes de l’analgésie par
par ligature au niveau de L5 [87]. les cannabinoïdes et d’ailleurs l’existence même d’un
quelconque effet analgésique des cannabinoïdes pou-
vait être mis en question en raison de leurs effets
Mécanisme périphérique
moteurs qui gênent l’interprétation des résultats. La
Il existe un faisceau d’arguments de plus en plus découverte des récepteurs cannabinoïdes a entraîné
important en faveur de l’action analgésique périphé- un regain d’intérêt pour l’analgésie induite par les
rique des cannabinoïdes notamment au cours de cannabinoïdes ainsi que pour les mécanismes impli-
l’inflammation [88]. À ce titre, la prochaine cible à qués. Bien qu’il y ait encore beaucoup à apprendre,
atteindre serait le développement d’analgésiques de il est maintenant clair que [94] :
type cannabinoïde dépourvus des effets psychotro- – les cannabinoïdes suppriment de manière sélec-
pes centraux. Les premiers résultats dans ce sens tive la neurotransmission nociceptive ;
viennent d’études qui ont mis en évidence les effets – les cannabinoïdes synthétiques peuvent être aussi
analgésiques de cannabinoïdes administrés locale- puissants et efficaces que la morphine chez l’animal ;
ment à des doses exemptes d’action systémique. – ces effets se font par une action au niveau du SNC,
Ainsi dans le modèle d’hyperalgésie par inflamma- des voies modulatrices descendantes, de la moelle
tion cutanée au formol, il a été montré que l’admi- épinière et de la périphérie.
nistration locale d’agonistes des récepteurs CB1
atténuaient les deux phases de réponses comporte- Cannabinoïdes endogènes dans la modulation
mentales observées après injection sous-cutanée de de la douleur
formol mais que ni le récepteur CB2, ni les opioïdes
n’intervenaient dans ce mécanisme [89]. La localisation de cannabinoïdes endogènes au
D’un point de vue anatomique, il est aujourd’hui niveau du cerveau et des tissus périphériques de
certain que les récepteurs CB1 sont synthétisés au même que l’identification des mécanismes de leur
niveau des cellules du ganglion rachidien et insérés synthèse, transport, libération ainsi que recapture et
sur les terminaisons périphériques suggérant un sub- dégradation sont fortement en faveur de leur inter-
strat anatomique pour l’analgésie périphérique en vention dans la régulation des activités biologiques
rapport avec le récepteur CB1 [90]. À l’inverse, les par l’intermédiaire des récepteurs cannabinoïdes.
récepteurs CB2 ne sont pas synthétisés dans le gan- Les différents auteurs ne sont pas d’accord sur
glion spinal. Néanmoins, il est intéressant de noter l’existence ou non d’un tonus cannabinoïde endo-
que les cannabinoïdes agissent sur les récepteurs CB2 gène contre l’hyperalgie. Cette hypothèse a été avan-
502 P. Beaulieu, A.S.C. Rice
cée suite à l’observation d’une augmentation du com- d’études se sont suffisamment intéressées au poten-
portement douloureux chez l’animal après tiel analgésique des cannabinoïdes [113-121]
administration de SR141716A, un antagoniste du (tableau V). Souvent les auteurs ont rapporté que
récepteur cannabinoïde CB1 [79, 89, 95-99]. Ainsi à seuls les cannabinoïdes psycho-actifs présentaient
l’encontre du système opioïde endogène, ces diffé- une activité analgésique [122, 123]. Ces résultats sont
rentes données suggèrent qu’il existerait avec le sys- contestés puisque le cannabidiol, également non
tème cannabinoïde un tonus de base qui régulerait psycho-actif, était un analgésique puissant limité tou-
l’hyperalgésie inflammatoire. Néanmoins, ces rap- tefois par un effet seuil [124]. Deux composés syn-
ports diffèrent des résultats de la publication initiale thétiques, encore expérimentaux l’acide ∆8-THC-11-
sur le développement du SR141716A, le même anta- oic et le (-)-HU-210 présenteraient des activités
goniste CB1 qui donné seul ne produisait aucun cannabinomimétiques et analgésiques séparées, mais
effet [100]. Depuis, ces résultats ont été confirmés ils n’ont pas été encore testés chez l’homme [123].
par d’autres auteurs [76, 95, 101]. Plus récemment, En effet, le nombre d’essais cliniques chez l’homme
le rôle d’agoniste partiel du SR141716A a été mis en est encore limité et les résultats sont loin d’être uni-
évidence [102-105] ainsi que ses propriétés d’ago- voques.
niste inverse [106-109] ; ces dernières pouvant expli- Il est possible que certains types de douleurs répon-
quer l’augmentation du comportement douloureux dent mieux que d’autres aux cannabinoïdes. Ainsi,
faisant suite à son administration. Ainsi l’existence dans une enquête, quatre répondants témoignaient du
d’un tonus cannabinoïde endogène reste un sujet soulagement de leur douleur dans le cadre du syn-
controversé à l’heure actuelle. drome du membre fantôme après avoir pris du can-
Au vu de l’action anti-inflammatoire du cannabis nabis [125]. Le cas d’un autre patient soulagé par le
et des cannabinoïdes synthétiques, compte tenu éga- ∆9-THC a aussi été décrit [126]. Une étude, dans
lement de la présence des endocannabinoïdes et des laquelle 60 patients d’une clinique de la douleur rece-
récepteurs cannabinoïdes au niveau d’organes impli- vaient de la nabilone, a montré qu’environ un tiers
qués dans la régulation du système immunitaire, il des patients semblait satisfait du traitement, tandis
est plausible d’attribuer un rôle anti-inflammatoire qu’un quart d’entre eux exprimait des avis différents
au système endocannabinoïde. En effet, l’ananda- quant au soulagement de leur douleur ou se plaignait
mide présente des effets anti-inflammatoires [110] et d’effets secondaires marqués [121]. Le reste des
le 2-AG inhibe l’interleukine 2 [111]. D’après un patients paraissait n’avoir tiré aucun bénéfice de la
autre rapport récent, le 2-AG inhiberait la formation médication. Selon les auteurs, un taux de succès de
de TNF-α ainsi que des intermédiaires des radicaux 30 % chez des patients souffrant de douleurs parmi
oxygénés in vitro sans que soit affectée pour autant les pires généralement rencontrées dans les cliniques
la sécrétion de NO [112]. De plus, le 2-AG suppri- de la douleur, resterait très satisfaisant.
merait également la production de TNF-α in vivo.
De plus amples recherches sur le THC [113, 114]
Ces données concordent avec les résultats les plus
et le lévonantradol [117] utilisés dans le cadre des
récents, à savoir que :
douleurs chroniques et des douleurs postopératoires
– les cannabinoïdes endogènes régulent le proces-
de chirurgies lourdes semblent justifiées et de nou-
sus de nociception aiguë ;
veaux cannabinoïdes aux propriétés moins psycho-
– ce système pourrait bénéficier d’un tonus de base ;
actives devraient faire l’objet d’investigations. Les
– l’activité du système des récepteurs cannabinoï-
cannabinoïdes peuvent s’avérer être des substances
des augmente en cas de lésions.
très précieuses utilisées soit comme médicament
Études cliniques sur l’analgésie liée aux d’appoint soit en association avec les analgésiques
cannabinoïdes standards dans les situations de douleurs chroniques
et de soins palliatifs. Les hôpitaux long-séjour, les
De nouveaux médicaments peu toxiques et efficaces cliniques de la douleur et les services de chirurgie
dans certaines douleurs mal contrôlées par la phar- seraient des endroits idéaux pour poursuivre de tels
macopée standard pourraient, utilisés seuls ou en projets de recherche [127].
association, venir compléter la panoplie des antalgi- Des essais cliniques bien adaptés sont nécessaires,
ques actuellement disponibles. Cependant très peu mais seraient, pour certains, actuellement prématu-
Pharmacologie des dérivés cannabinoïdes 503
Tableau V. Études humaines sur les effets analgésiques du cannabis et des cannabinoïdes [113].
rés en attendant la découverte d’un dérivé cannabi- tableau VI. Jusqu’à présent, aucune mort humaine
noïde possédant une fenêtre thérapeutique satisfai- par intoxication au cannabis n’a été rapportée dans
sante (en particulier en ce qui concerne les effets la littérature spécialisée mondiale et la dose de
secondaires psychotropes) et une biodisponibilité ∆9-THC, nécessaire pour induire 50 % de mortalité
appropriée selon une voie d’administration adéquate. chez les rongeurs, est beaucoup plus importante que
Le PEA remplit ce rôle en partie mais il n’est pas sûr celle des autres médicaments d’usage courant [129].
que son action passe par une liaison aux récepteurs Les actions pharmacologiques des cannabinoïdes
cannabinoïdes. De plus, ces essais cliniques devraient sont nombreuses et complexes et intéressent à peu
être réalisés dans un domaine où il existe un besoin près tous les systèmes du corps humain [130]. Le
thérapeutique réel comme dans le traitement de la tableau VII résume les effets indésirables du canna-
douleur neuropathique par exemple, mais aussi cha- bis.
que fois que les propriétés anti-inflammatoires ou Le potentiel euphorisant du cannabis, cette habi-
anti-émétiques des cannabinoïdes leur confèrent un lité à produire une « ivresse » est sûrement l’effet
bénéfice par rapport aux thérapeutiques actuelles. recherché le plus important à l’origine de la popula-
rité du produit et de son utilisation chronique.
EFFETS INDÉSIRABLES DU CANNABIS
L’euphorie varie grandement en fonction de la dose,
Les effets du cannabis sur la santé, en particulier lors du mode d’administration, des circonstances ambian-
d’une utilisation au long cours restent incertains du tes mais aussi des attentes et de la personnalité du
fait de la paucité de la recherche épidémiologique consommateur. L’intensité de cette ivresse est dépen-
dans le domaine ainsi que du désaccord dans l’inter- dante de la dose, elle augmente à des doses plus
prétation de si peu de données épidémiologiques ou importantes.
de laboratoire [128]. Il reste que la toxicité aiguë du Les réactions dysphoriques telles que crise de pani-
cannabis est infime. Les critères diagnostic de que et d’anxiété aiguë, les sensations somatiques
l’intoxication au cannabis sont résumés dans le déplaisantes et les sentiments paranoïdes ne sont pas
504 P. Beaulieu, A.S.C. Rice
récepteurs cannabinoïdes sont actifs dans des modè- 4 Snyder SH. The uses of marijuana. New York : Oxford Uni-
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les animaux de douleur aiguë qu’ils soient adminis- 5 Richard D, Senon JL. Le cannabis. Paris : Presses Universitai-
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sont appliqués directement sur un tissu inflamma- thesis of an active constituent of hashish. J Am Chem Soc
toire. Les cannabinoïdes semblent plus efficaces pour 1964 ; 86 : 1646-7.
soulager les douleurs aiguës et l’allodynie que les 9 Devane WA, Dysarz FA, Johnson MR, Melvin LS,
Howlett AC. Determination and characterization of a cannabi-
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11 Pertwee RG. Pharmacology of cannabinoid CB1 and CB2 recep-
rait être de supprimer la douleur aiguë. Les signes tors. Pharmacol Ther 1997 ; 74 : 129-80.
que donnent les cannabinoïdes en faveur de l’anal- 12 Matsuda LA, Lolait SJ, Brownstein MJ, Young AC, Bon-
gésie, en particulier dans les modèles animaux de ner TI. Structure of a cannabinoid receptor and functional
expression of the cloned cDNA. Nature 1990 ; 346 : 561-4.
douleurs aiguës, ont des implications cliniques 13 Mackie K, Hille B. Cannabinoids inhibit N-type calcium chan-
importantes. En effet, certaines données recueillies nels in neuroblastoma-glioma cells. Proc Natl Acad Sci USA
chez l’homme, laissent penser que les cannabinoïdes 1992 ; 89 : 3825-9.
14 Mackie K, Lai Y, Westenbroek R, Mitchell R. Cannabinoids
sont efficaces contre les douleurs postopératoires, activate an inwardly rectifying potassium conductance and inhi-
cancéreuses ainsi que les douleurs du membre fan- bit Q-type calcium currents in AtT20 cells transfected with rat
tôme mais aussi dans le cas de douleurs associées à brain cannabinoid receptor. J Neurosci 1995 ; 15 : 6552-61.
15 Felder ML, Joyce KE, Briley EM, Mansouri J, Mackie K,
la sclérose en plaque et les lésions de la moelle épi- Blond O, et al. Comparison of the pharmacology and signal
nière [139] et ce, contrairement aux conclusions hâti- transduction of the human cannabinoid CB1 and CB2 recep-
tors. Mol Pharmacol 1995 ; 48 : 443-50.
ves publiées récemment dans une revue de la litté- 16 Deadwyler SA, Hampson RE, Bennett BA, Edwards TA,
rature sur le sujet [140]. Néanmoins, de nombreuses Mu J, Pacheco MA, et al. Cannabinoids modulate potassium
études cliniques sont actuellement en préparation ou current in cultured hippocampal neurons. Receptors Channels
1993 ; 1 : 121-34.
en cours de par le monde qui utilisent des dérivés 17 Bouaboula M, Poinot-Chazel C, Bourrie B, Canat X, Calan-
cannabinoïdes ou du cannabis par inhalation. Une dra B, Rinaldi-Carmona M, et al. Activation of mitogen-
des difficultés sera de privilégier ou non des extraits activated protein kinases by stimulation of the central canna-
binoid receptor CB1. Biochem J 1995 ; 312 : 637-41.
complets de la plante ou un des nombreux principes 18 Bouaboula M, Poinot-Chazel C, Marchand J, Canat X, Bour-
actifs (principalement le ∆9-THC) contenus dans le rie B, Rinaldi-Carmona M, et al. Signaling pathway associated
cannabis. Les problèmes qui seront rencontrés dans with stimulation of CB2 peripheral cannabinoid receptor. Invol-
vement of both mitogen-activated protein kinase and induction
ces essais cliniques sont ceux d’une formulation galé- of Krox-24 expression. Eur J Biochem 1996 ; 237 : 704-11.
nique et d’une voie d’administration adaptées. Il fau- 19 Herkenham M. Localization of cannabinoid receptors in brain
dra également tenter de dissocier les effets analgési- and periphery. In : Pertwee RG, Ed. Cannabinoid receptors.
London : Academic Press ; 1995. p. 145-66.
ques potentiels du cannabis de ses effets secondaires. 20 Matsuda LA, Bonner TI. Molecular biology of the cannabi-
Les résultats de ces études sont très attendus afin de noid receptor. In : Pertwee RG, Ed. Cannabinoid receptors.
London : Academic Press ; 1995. p. 117-43.
se faire une meilleure idée de la place que prendront 21 Onaivi ES, Chakrabarti A, Gwebu ET, Chaudhuri G. Neuro-
les cannabinoïdes dans l’arsenal thérapeutique du behavioral effects of delta 9-THC and cannabinoid (CB1) recep-
traitement de la douleur. tor gene expression in mice. Behav Brain Res 1995 ; 72 : 115-
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