Elaboration Et Évaluation D'un Programme de Sport Adapté Pour Patients Diabétiques de Type 2
Elaboration Et Évaluation D'un Programme de Sport Adapté Pour Patients Diabétiques de Type 2
Clément BUFFET
Juvénal, Satire X.
REMERCIEMENTS
Je remercie Dr. C. MEYER, Mme R. BASTIN et Mme C. GODEFROID pour leur contribution.
Je remercie et je félicite les sept participants de l’étude qui ont accepté gentiment de se
prêter au jeu.
Enfin, j'adresse mes plus sincères remerciements à mes parents qui m'ont accompagné,
aidé, soutenu et encouragé tout au long de la réalisation de ce mémoire.
II – MATERIEL ET METHODE 17
A) POPULATION : 18
B) MATÉRIEL : 20
C) EXPÉRIMENTATION : 23
D) FACTEURS ÉTUDIÉS : 25
E) LES RÉSULTATS : 28
III – RESULTATS 29
A) PATIENT 1: 32
B) PATIENT 2 : 36
C) PATIENT 3 : 40
D) PATIENT 4 : 44
E) PATIENT 5 : 48
F) OBSERVATIONS GÉNÉRALES : 52
IV – DISCUSSION 58
V - CONCLUSION 72
VI - RESUME 74
VII – BIBLIOGRAPHIE 76
VIII - ANNEXES 86
2
I – INTRODUCTION
3
Le diabète est une pathologie qui a accompagné l’Homme tout au long de
l’histoire. D’anciens médecins des Indes décrivent ce goût caractéristique de miel des
urines des sujets atteints de diabète, dans des textes datant de plus de trois cent ans. Ces
mêmes médecins avaient déjà constaté que cette maladie était plus fréquente chez les
individus aisés qui avaient une plus grande consommation de produits sucrés 1.
Une récente étude 2 a montré que pour une même tranche d’âge, les hommes sont
plus touchés par le diabète que les femmes. De plus, sa fréquence d’apparition augmente
fortement avec l’âge. Aussi, les personnes en surpoids (indice de masse corporel 3
moyen : 29,5), ont 2,5 à 3 fois plus de risque d’être diagnostiquées diabétiques. Ce, à
quoi il faut ajouter certains facteurs socio – économiques, dés lors les milieux les moins
favorisés ont 2 à 3 fois plus de risques de développer un diabète. Autrement dit, les
individus de sexe masculin, âgés d’une soixantaine d’années, présentant un surpoids et
appartenant à un milieu défavorisé, méritent une attention toute particulière car ils
représentent une population à risques pour développer un diabète.
L’insuline 5 3 13 est produite par les endocrinocytes bêta (insulinocytes). C’est une
hormone hypoglycémiante, dite anabolique. Elle favorise la mise en réserve des glucides
mais aussi des protéines et des graisses. Son mode d’action est antagoniste au glucagon,
c’est à dire, une augmentation de la concentration de glucose dans le sang va entrainer
une sécrétion d’insuline. Un excès d’insuline en condition extra physiologique peut
entraîner une hypoglycémie se manifestant par différents symptômes pouvant aller
jusqu’à la crise comitiale et coma. A l’inverse, une insulinopénie peut entrainer le
diabète insulinodépendant.
8
D’autres outils sont à la disposition des thérapeutes tels que le dosage de la
glycosurie (taux de glucose dans l’urine) et le dosage de l’hémoglobine glyquée 8.
Cependant, leur intérêt est controversé pour l’élaboration du diagnostique 17. La mesure
de l’HbA1c 18 reste la référence pour évaluer l’équilibre glycémique sur le long terme.
Elle témoigne de la régulation du métabolisme du glucose des 2 à 3 mois précédents. Elle
permet de contrôler l’efficacité du traitement et d’évaluer le risque de complications
relatives au DT2. Un taux inférieur à 6% d’HbA1c, équivalent à une glycémie moyenne
de 1,20 g/l, permet de prévenir le risque de complications.
Le DT2 est étroitement corrélé au syndrome métabolique. Celui - ci a été cité pour
la première fois en 1988 par J. REAVEN 20 sous le nom de « syndrome X ». Il le décrit
comme « une association de troubles, comprenant l’intolérance au glucose, une
hypertriglycéridémie, de l’obésité et une insulino – résistance ».
La sédentarité est « un état dans lequel les mouvements corporels sont réduits au
minimum et la dépense énergétique est proche de la dépense énergétique de repos » 23.
Cela se caractérise « par une condition physique médiocre avec une faible capacité
d’adaptation à l’effort » 24. Elle ne correspond pas seulement à l’absence d’AP mais aussi
à des activités de faibles dépenses énergétiques (regarder la télévision, travail
intellectuel, etc.). Il a été reconnu que la sédentarité est néfaste pour la santé et est un
facteur d’affections métaboliques cardio – vasculaire mais également sur l’appareil
locomoteur. De surcroit, la sédentarité va souvent de pairs avec des comportements
hygièno – diététiques délétères.
Aujourd’hui, l’AP fait partie intégrante de la prise en charge des patients DT2, les
preuves ne manquent pas comme l’attestent les méta – analyses portant sur le thème du
diabète et de l’AP 2728. Retenons en particulier une méta – analyse 29 récente qui permet
de faire le point sur les publications récentes abordant cette thématique. Quatorze
études randomisées ont été retenues, se basant sur les critères précis. Seules les études
dont les effets des exercices ont été étudiés, sont incorporées. Les études comportant un
faible échantillon sont écartées (faiblesse statistique) ; la période d’intervention s’étend
de huit semaines à douze mois. Il en ressort que la pratique d’une activité physique
régulière améliore significativement l’équilibre glycémique et permet une diminution du
taux de HbAc1 de 0,6%. Par conséquent, on prend conscience de la part importante que
l’activité physique doit tenir dans la prise en charge du DT2.
11
La Société Francophone du diabète recommande la pratique d’exercices
d’endurance et d’exercices contre résistance, selon les modalités suivantes 40 :
- Exercices d’endurance : une fréquence d’au moins trois fois par semaine (pas
plus de deux jours consécutifs sans AP) ; une intensité correspondant à 40 – 60%
VO2max ; d’une durée d’au minimum 150 minutes par semaine, pouvant être
répartie en sessions de dix minutes tout au long de la semaine.
- Exercices contre résistance ; une fréquence d’au moins deux fois par semaine ;
d’une intensité modérée (50% du 1RM) à élevée (75 – 80% du 1RM) ; incluant
cinq à dix exercices impliquant les principaux groupes musculaires avec
réalisation de trois séries de dix à quinze répétitions.
Les efforts d’endurance, dit effort cardio – respiratoire sont liés au système
cardio – vasculaire et respiratoire. Ce type d’effort, l’endurance, se définit comme
« l’aptitude à résister à la fatigue ». Son intensité de travail est idéalement déterminée en
fonction de la VO2max, ou bien la fréquence cardiaque. Afin d’améliorer le rendement de
la filière aérobie, il est conseillé de travailler à une intensité comprise entre 50 et 90%
de la VO2max. Des intensités supérieures solliciteront davantage les filières anaérobies.
Les améliorations engendrées par ce type d’effort sont : une diminution de la fréquence
cardiaque de repos, une diminution de la fréquence cardiaque à l’exercice sous maximal,
une récupération cardiaque plus rapide, une augmentation de la capillarisation au
niveau musculaire et une diminution de la pression artérielle.
12
Il a été prouvé que l’entrainement en renforcement musculaire s’accompagne
d’adaptation cardio – respiratoire même minime 41, en revanche l’entrainement en
endurance n’entraine aucune amélioration des performances musculaires. L’endurance
musculaire est la modalité la plus apte a développer le système cardio – respiratoire car
elle entraine des adaptations métaboliques et circulatoires locales afin de répondre aux
besoins des muscles sollicités.
Quelque soit le type d’effort fourni par un individu, ses muscles ont besoin d’un
apport énergétique pour produire les mouvements. L’adénosine triphosphate 11 « est le
fournisseur direct d’énergie pour la contraction musculaire » 42. L’ATP est hydrolysée au
sein des muscles en action, ce phénomène permet de transformer l’énergie chimique en
énergie mécanique. Cependant, ces stocks sont très limités, par conséquent il faut
constamment les réapprovisionner. Les glucides et les lipides sont les principaux
substrats énergétiques utilisés pour synthétiser l’ATP.
Récemment, deux américains on élaboré une séance dont l’objectif est d’obtenir
un maximum de résultats avec le minimum d’effort 48. Cette séance peut être qualifiée de
« réaliste ». Elle est facile à mettre en place, accessible à tous et ne nécessite aucun
matériel spécifique. D’une durée totale de sept minutes, elle se compose de douze
exercices qui se réalisent avec comme seule résistance le poids du corps. Chaque
12 PC = Phosphocréatine
14
exercice est exécuté pendant trente secondes avec seulement dix secondes de
récupération et ce durant sept minutes. Pour eux, cela permet de combiner les efforts
cardio – respiratoires et de résistance.
Les études portant sur le thème du diabète et de l’HIIT n’en sont qu’aux prémices,
cependant, les rares articles vont dans le sens d’un impact positif. La littérature révèle
que ce type d’entrainement permet une amélioration de la sensibilité à l’insuline 525354,
Dés lors, l’AP semble être incontournable dans la prise en charge des patients
DT2. Cependant, les recommandations actuelles en terme d’AP hebdomadaire semblent
relativement contraignantes et nécessitent beaucoup d’investissement de la part de
sujets n’ayant jamais ou peu pratiquer d’AP jusqu’à présent. L’émergence d’un nouveau
genre de programme dans le domaine médicale, l’HIIT, pourrait en partie remédier au
manque d’adhésion des sujets 58. Ce type de programme, d’après diverses études, serait
plus rentable que les entrainements classiques car en réduisant le temps d’effort, ils
engendrent autant de bénéfices.
16
II – MATERIEL ET METHODE
17
A) Population :
Par patient DT2 stabilisé, on sous- entend que les patients ont une médication
stable, afin que celle – ci n’interfère pas dans les résultats obtenus.
18
• Profils des patients :
Médication
Patients Date diag. Sexe Age Taille Poids IMC
Posologie
Glucophage 1x/jrs
1 15 ans ♂ 49 ans 1,74 m 88 kg 29 Unidiamicron 1x/jrs
Lyxumia 1x/jrs
Glucophage 3x/jrs
2 14 ans ♂ 60 ans 1,73 m 86 kg 28
Unidiamicron 2x/jrs
Victosa 1x/jrs
3 5 ans ♀ 55 ans 1,60 m 80 kg 31
Metformine 3x/jrs
4 14 ans ♂ 62 ans 1,60 m 80 kg 31 Glucophage 3x/jrs
Metformax 3x/jrs
5 15 ans ♂ 55 ans 1,68 m 110kg 39
Novonorm 1x/jrs
Victosa 1x/jrs
6 23 ans ♀ 69 ans 1,55 m 78 kg 32 Glucophage 2x/jrs
Glurenorm 1,5/jrs
Metformax 2x/jrs
7 11 ans ♂ 68 ans 1,80 m 105 kg 32
Novonorm 1x/jrs
Tableau 2 : profils des participants à l’étude
Nota – Bene :
- ♀ : féminin
- ♂ : masculin
- IMC : indice de masse corporelle, il s’agit d’une grandeur qui permet d’estimer la
corpulence d’une personne. L’IMC est égale à la masse (en kilogramme) divisée
par la taille (en mètre) au carré. (pour les correspondances Cf. annexe 4)
19
B) Matériel :
• Montre Garminforunner 305®:
Cet outil présente un intérêt majeur dans le sens où il allie cardio – fréquence
mètre et GPS. C’est au cours des pré et post- tests qu’il a été utilisé, notamment pour le
test de marche de six minutes ; celui ci sera détaillé plus bas dans la partie
« expérimentation ». Etant doté d’une mémoire de stockage et d’une connexion USB, a
l’issue des pré et post- tests, il suffit de le connecter à l’ordinateur pour recueillir les
données. Par l’intermédiaire du logiciel Garmin Training Center®, la fréquence cardiaque
(FC), la distance et la vitesse moyenne ont pu être analysées.
• L’échelle de Borg :
Cet outil a été mis au point il y a un demi -siècle par le professeur Borg. Il repose
sur le concept de perception, qui est un moyen subjectif d’évaluer l’effort et la fatigue au
cours d’un exercice. L’intensité de l’effort ressenti est cotée par une échelle graduée de 6
à 20. La côte 6 correspond à un effort d’intensité léger, alors que la côte de 20 représente
une intensité d’effort maximale. Cette échelle est couramment utilisée dans le diagnostic
médical pour évaluer l’essoufflement, la dyspnée, les douleurs thoraciques et les
douleurs musculo – squelettiques. Mais son utilisation s’étend également au domaine
sportif. Des recherches ont permis de montrer le lien entre les valeurs de l’échelle de
Borg et les valeurs de fréquence cardiaque mais aussi avec les valeurs de 1RM.
Au cours des douze semaines d’expérimentation, il est demandé aux sujets, après
chaque séance réalisée de coter leur perception de l’effort fourni. Cette côte est reportée
sur le carnet de bord. A l’issue des douze semaines une moyenne de ses notes de
20
perception de l’effort permettra d’évaluer approximativement l’intensité à laquelle les
sujets ont travaillé.
• Les supports :
Un support vidéo et un formulaire papier ont été réalisés afin d’accompagner les
sujets lorsqu’ils réalisent les séances à domicile. Ils ont été distribués lors de la première
séance collective.
- Gym ball® :
Il s’agit d’un ballon de gym gonflable en PVC de diamètre différent en fonction de
la taille des individus. Il existe trois tailles de ballon qui correspondent à des tailles
d’humains ; S pour les personnes mesurant moins de 1,65 mètre ; M pour les personnes
mesurant entre 1,65 et 1,85 mètre ; L pour les personnes mesurant plus de 1,85 mètre.
22
- Fit band® :
Il s’agit d’une bande élastique en caoutchouc de 1,70 mètre de long pour 15
centimètres de large. Il existe trois degrés de résistance ; light, medium, hard. C’est la
résistance médium qui a été retenue.
C) Expérimentation :
• Contenu du programme :
La séance s’inspire des principes du HIIT, qui, pour rappel, consiste à enchainer
des efforts intenses entrecoupés de temps de récupération courts. Elle se compose de
neufs exercices. Ces derniers ont été réfléchis pour solliciter le plus grand volume
musculaire, de manière alternée (agoniste, antagoniste) et avec l’aide de matériel (Gym
ball® et Fit band®).
23
Modalités :
- Chaque exercice est entrecoupé de trente secondes de récupération.
- Le 1er exercice est répété dix fois et ce pendant les trois cycles.
- Les exercices 3 – 4 – 6 – 7 – 9 sont répétés 10, 15 ou 20 fois (en fonction du
cycle).
- Les exercices 2 – 5 – 8 sont réalisés pendant 15 secondes lors du 1er cycle et 25
secondes lors du 2ème et 3ème cycle.
- Pour le 2ème cycle l’exercice 5 « courir sur place » devient « sauts avec écarts
latéraux ».
- Pour le 3ème cycle les exercices 2 – 8 « courir sur place » devient « sauts avec
écarts latéraux ».
- Pour les critères d’exécutions cf. annexe 6.
24
• Chronologie :
Elle s’est déroulée sur une période de douze semaines. Elle a débuté à l’issue des
pré – tests et s’est achevée par les post – tests. Les douze semaines sont divisées en trois
cycles de quatre semaines, selon le principe de périodisation. Chaque cycle correspond à
une augmentation d’intensité (1er cycle : 10 répétitions ; 2ème cycle : 15 répétitions ; 3ème
cycle : 20 répétitions). Les deux premières séances de chaque cycle sont collectives et
supervisées. Par la suite, les sujets sont autonomes à domicile avec pour consigne de
réaliser la séance au minimum trois fois par semaine.
Lors de la première séance collective les sujets ont reçu chacun un carnet de
bord, les deux supports (tutoriel vidéo et formulaire) et le matériel (un Gym ball® et un
Fit band®). Les deux premières séances collectives sont consacrées à l’apprentissage de
la séance que les patients sont amenés à réaliser à domicile de manière autonome et à la
familiarisation avec le matériel (Gym ball® et Fit band®). Les quatre séances collectives
suivantes ont pour but de s’assurer que les exercices sont bien réalisés et si nécessaire
apporter des conseils adéquats.
D) Facteurs étudiés :
• En pré et post – tests :
1) l’hémoglobine glyquée :
Se définit comme « la modification de l’hémoglobine A, caractérisée par l’addition
d’un radical glycosyl, survenant de façon progressive et irréversible durant la vie du
25
globule rouge. Il existe trois formes (HbA1a, HbA1b, HbA1c). La mesure de l’HbA1c est
l’examen de référence pour suivre le diabète de type 2. Elle reflète la glycémie moyenne
dans les deux mois précédant sa mesure. La mesure du taux d’hémoglobine glyquée est
parfois utilisée pour apprécier l’équilibre à long terme du diabète. » 59 Elle est évaluée
avant et après les douze semaines d’expérimentation par une prise de sang.
3) la pression artérielle :
Se définit comme « la pression exercée par le sang sur les parois des artères
périphériques et qui oscille, au cours de la révolution cardiaque, entre une valeur
maximale correspondant à l’arrivée de l’ondée systolique et une valeur minimale
correspondant à la diastole »31. Elle est évaluée avant et après les douze semaines
d’expérimentation par le tensiomètre automatique Colson C40®.
5) L’aptitude physique :
L’aptitude physique se définit comme « l’habileté ou la capacité à accomplir et à
pratiquer une activité physique. Celle ci est caractérisé par ses composantes musculaire,
motrice, métabolique et cardio – respiratoire » 61.
Celle- ci est déterminée par le test de marche de six minutes. Il s’agit d’un test
sous Maxima, simple à mettre en place, facile à réaliser, peu couteux et validé.
Ce test va nous permettre d’évaluer les paramètres suivants à l’aide de la montre – GPS
Garminforunner 305®:
- la distance parcourue par le sujet pendant les six minutes d’effort
- la fréquence cardiaque d’effort (maximale et moyenne) au cours des six minutes
d’effort
- la fréquence cardiaque de récupération évaluée pendant quatre minutes post
effort
- la vitesse moyenne et maximale au cours des six minutes d’effort
Toutes ces informations sont ensuite exploitées via le logiciel Garmin Training Center®.
2) la glycémie :
Il est demandé au patient de reporter tous les matins leur mesure de glycémie à
jeun sur le carnet de bord, dans la colonne correspondante. Cela a pour but d’objectiver
l’équilibre glycémique au cours des douze semaines d’expérimentations.
• Enquête de satisfaction :
Celle -ci a été réalisée a l’issue des post – tests. Le questionnaire comprend douze
questions réparties en question à choix multiple, questions fermées et pour la majorité
d’entre elles, il est demandé au sujet d’apporter une justification. A travers cette enquête
les sujets évaluent leur état de santé, la qualité et l’intérêt des supports qui sont à leur
disposition, ainsi que le projet en lui- même. (cf. annexe 9)
E) Les résultats :
28
III – RESULTATS
29
Pour chacun des patients, un profil a été établi. Chaque profil contient les
tableaux et les courbes suivantes :
30
- Q7: A combien estimez vous la qualité du formulaire? (précisez ce qui pourrait
être amélioré).
- Q8: Avez-vous apprécié l’aspect autonome du programme? (remarque)
- Q9: Les deux premières séances de chaque cycle étaient collectives et
supervisées : Cela vous a – t – il été bénéfique pour réaliser convenablement les
exercices? (remarques); Cela vous a – t – il été bénéfique pour renforcer votre
motivation? (remarques).
- Q10: Selon vous, le programme qui vous a été propose pourrait – il être proposé
dans un cadre thérapeutique de prise en charge de patient diabétique de type 2?
(pourquoi?).
- Q11: A l’issue de ces douze semaines de sport adapté, allez – vous continuer à
pratiquer une activité physique? (pourquoi?); Allez vous continuez à réaliser ce
programme? (pourquoi?); Pratiquerez – vous une activité physique de votre
choix?
- Q12: Remarques personnelles sur l’ensemble du projet.
31
A) Patient 1:
1) Données biologiques :
Observations :
- Diminution de l’HbA1 de 1,6%
- Diminution des triglycérides en dessous de la valeur seuil
- Le taux de cholestérol total a augmenté mais il reste dans la norme
- La glycémie moyenne au cours de douze semaines d’expérimentation est
légèrement supérieure à la valeur seuil de 1,26 g/l
32
2) Condition physique :
Observations :
- Diminution de la pression artérielle
- Amélioration du périmètre de marche de 91 mètres
- Diminution de la perception de l’effort
Observations :
- A effectué en moyenne plus de trois séances par semaine.
- La moyenne de perception d’effort correspond à un effort « moyennement
difficile »/ « difficile ».
4) Questionnaire :
7/10
Question 1 8/10
J'estime que trois mois après la pratique de la
(évaluation de l’état de santé avant et gymnastique, mes taux de glycémie ont évolué à la baisse et je
après l’expérimentation) ne frôle plus souvent les taux au delà de 200, hormis quelques
épisodes de grippe, je me sens en forme surtout à la marche.
Question 2 Beaucoup
(évaluation de la condition physique à
l’issue de l’expérimentation)
Question 3 Un peu
(évaluation de la forme psychique à
l’issue de l’expérimentation)
Question 4 Grande amélioration
(évaluation de l’évolution glycémique
au cours de l’expérimentation)
Question 5 Les deux
(utilisation des supports)
7/10
J'aurais souhaité que l'on guide les mouvements par un
Question 6
décompte, comme pendant les séances en groupe. mais aussi, la
plupart des exercices font plus travailler les muscles des
(évaluation du tutoriel vidéo)
cuisses et pas les bras, on ressent plus les effets au niveau des
cuisses.
7/10
Question 7 On pourrait bien préciser l'aspect niveau de difficultés,
pour moi, c'est très subjectif et peut tout fausser, car après le
(évaluation du formulaire) test, on n'est pas fatigué au point de ne plus marcher ou avoir
besoin d'une prise en charge médicale, c'est pour un petit
34
moment, mais chiffrer la difficulté m'a beaucoup embarrassé.
Beaucoup
Question 8 Dommage que, le groupe était réduit à trois personnes à
(évaluation de l’aspect autonome)
la fin, on aurait pu recruter un peu plus de candidats.
Beaucoup
Question 9 On a pu découvrir les candidats, se familiariser et aussi
découvrir les exercices.
(évaluation des séances collectives) Beaucoup
/
Oui
Question 10 Ce programme peut motiver certains patients qui ne
font pas de sport à en faire à domicile et à leur rythme, ils
(faisabilité du programme) peuvent ainsi pratiquer sans avoir la contrainte de se déplacer
et d'aller en salle ou sur la place publique.
Oui
Oui, dans la mesure du possible, la marche déjà me fait
Question 11 du bien raison de l'arthrose dont je souffre au niveau des
genoux.
(perspective d’avenir des sujets vis a vis Oui
de l’AP) J'ai pris l'habitude et c'est en toute autonomie, surtout
que ça joue sur ma santé.
Oui
J'ai apprécié le groupe ainsi que vous- même,
Question 12 seulement les horaires du soir gênaient le programme de foot
(remarques personnelles)
pour mon fils que je ne pouvais pas conduire à l'entrainement.
Tableau 7 : Enquête de satisfaction.
35
B) Patient 2 :
1) Données biologiques :
Observations :
- Diminution de l’HbA1 de 0,3%
- Diminution du cholestérol total, diminution du taux de cholestérol LDL et
augmentation du taux de cholestérol HDL. Le taux de cholestérol est resté dans la
norme.
- La glycémie moyenne au cours de douze semaines d’expérimentation est
légèrement supérieure à la valeur seuil de 1,26 g/l
36
2) Condition physique :
Observations :
- Diminution de la pression artérielle systolique et de la fréquence cardiaque de
repos.
- Augmentation du périmètre de marche de 169 mètres.
- Diminution de la perception d’effort.
37
3) Carnet de bord :
Observations :
- A effectué en moyenne trois séances par semaine.
- La moyenne de perception d’effort correspond à un effort « difficile ».
4) Questionnaire :
Question 1 6/10
8/10
(évaluation de l’état de santé avant et Beaucoup de sport
après l’expérimentation)
Question 2 Un peu
(évaluation de la condition physique à
l’issue de l’expérimentation)
Question 3 Beaucoup
(évaluation de la forme psychique à
l’issue de l’expérimentation)
Question 4 Petite amélioration
(évaluation de l’évolution glycémique
au cours de l’expérimentation)
Question 5 Les deux
(utilisation des supports)
Question 6 10/10
Tout peut être amélioré
(évaluation du tutoriel vidéo)
Question 7 10/10
/
(évaluation du formulaire)
Question 8 Beaucoup
(évaluation de l’aspect autonome) /
Beaucoup
Question 9 /
Pas du tout
(évaluation des séances collectives)
Quand je commence quelque chose je vais à fond
Question 10 /
Je ne saurais répondre à ça mais je sais que ça ma fait du
38
(faisabilité du programme) bien
Oui
Question 11 Pour mon bien
Oui
(perspective d’avenir des sujets vis a vis
de l’AP)
En partie, pour changer d’exercices
Oui
Question 12 Je me suis bien amusé
(remarques personnelles)
Tableau 7 : Enquête de satisfaction.
39
C) Patient 3 :
1) Données biologiques :
Observations :
- Détérioration du profil glycémique avec une HbA1 nettement supérieure aux
recommandations et une glycémie moyenne au dessus de la valeur de référence.
- Détérioration du profil lipidique.
40
2) Condition physique :
Observations :
- Diminution de la pression artérielle systolique et de la fréquence cardiaque de
repos.
- Augmentation du périmètre de marche de 10 mètres.
- Diminution de la perception d’effort.
41
3) Carnet de bord :
Observations :
- A effectué en moyenne moins de trois séances par semaine.
- La moyenne de perception d’effort correspond à un effort « relativement facile ».
4) Questionnaire :
Question 1 5/10
6/10
(évaluation de l’état de santé avant et Meilleure récupération (monter les escaliers)
après l’expérimentation)
Question 2 Un peu
(évaluation de la condition physique à
l’issue de l’expérimentation)
Question 3 Un peu
(évaluation de la forme psychique à
l’issue de l’expérimentation)
Question 4 Petite amélioration
(évaluation de l’évolution glycémique
au cours de l’expérimentation)
Question 5 Les deux
(utilisation des supports)
Question 6 10/10
Prise de vue plus proche du visage pour bien visualiser
(évaluation du tutoriel vidéo) le rythme de la respiration
Question 7 10/10
/
(évaluation du formulaire)
Question 8 Beaucoup
(évaluation de l’aspect autonome) /
Un peu
Question 9 J’ai de loin préféré la séance individuelle pour ; la
rapidité, la précision ; l’efficacité, les conseils et corrections
(évaluation des séances collectives) Beaucoup
/
42
Question 10 Oui
Que du bon à proposer
(faisabilité du programme)
Oui
Je ne suis pas satisfaite des résultats mais suite à
Question 11 quelques petits soucis de santé autres que le sucre, j’avais
espéré mieux.
(perspective d’avenir des sujets vis a vis Oui
de l’AP) Je veux obtenir de meilleurs résultats et j’espère
pouvoir diminuer ma dose de Victoza du matin
Oui
Merci de m’avoir donné la chance de pouvoir participer
Question 12 à cette étude, de m’avoir ouvert la porte pour espérer retrouver
(remarques personnelles)
une « vie normale »
Tableau 7 : Enquête de satisfaction.
43
D) Patient 4 :
1) Données biologiques :
Observations :
- Diminution de l’HbA1 de 0,8%.
- Diminution du taux de cholestérol total, avec une diminution du taux de
cholestérol LDL.
- Diminution du taux de triglycéride.
44
2) Condition physique :
Observations :
- Diminution de la pression artérielle systolique et de la fréquence cardiaque de
repos.
- Augmentation du périmètre de marche de 58 mètres.
- Diminution de la perception d’effort.
45
3) Carnet de bord :
Observations :
- A effectué en moyenne plus de trois séances par semaine.
- La moyenne de perception d’effort correspond à un effort « difficile ».
4) Questionnaire :
Question 1 6/10
8/10
(évaluation de l’état de santé avant et
- Je suis moins vite fatigué et moins essoufflé
après l’expérimentation) - Je monte plus facilement les escaliers
Question 2 Entre un peu et beaucoup
(évaluation de la condition physique à
l’issue de l’expérimentation)
Question 3 Entre un peu et beaucoup
(évaluation de la forme psychique à
l’issue de l’expérimentation)
Question 4 Grande amélioration
(évaluation de l’évolution glycémique
au cours de l’expérimentation)
Question 5 Le formulaire
(utilisation des supports)
Question 6 /
Je ne saurais le dire car chez moi je n’ai pas su
(évaluation du tutoriel vidéo) visionner la vidéo
Question 7 9/10
Etre plus précis en ce qui concerne la respiration
(évaluation du formulaire) lors des exercices
Beaucoup
Question 8
(évaluation de l’aspect autonome) On peut les faire à sa convenance, c’est à dire au
moment qui nous convient le mieux dans la journée.
Question 9 Beaucoup
Cela m’a aidé à bien positionner mon corps, à
46
(évaluation des séances collectives) respirer correctement et à corriger certains défauts
d’exécution des exercices
Beaucoup
Parce que je sais que si j’ai un problème de
glycémie élevé, j’ai constaté que vos exercices peuvent y
remédier en partie
Oui
Question 10 Parce que je crois que si on est honnête dans son
alimentation cela peut très bien aider et si quelquefois on
(faisabilité du programme)
fait des excès vos exercices aideront à stabiliser cette
différence.
Oui
Parce que j’ai toujours fait une certaine activité
physique à l’arrivé du printemps, pour maintenir une
Question 11 certaine forme et parce que c’est bon pour le diabète
Oui
(perspective d’avenir des sujets vis a vis
Je continuerai de temps à autre, mais je suis
de l’AP) habitué à mon rameur et à mes petits haltères. Donc, je ne
saurais pas faire tout en même temps. Mais, si le besoin se
fait sentir je reviendrais volontiers et à 100% à votre
programme
Oui
C’est un bon projet qui mérite d’être plus
Question 12 approfondi. Mais pour moi, en tout cas je vois bien
(remarques personnelles) qu’après mes exercices du soir ma glycémie du matin à
jeun a diminué.
Tableau 7 : Enquête de satisfaction.
47
E) Patient 5 :
1) Données biologiques :
Observations :
- Détérioration du profil glycémique.
- Le profil lipidique est resté identique.
48
2) Condition physique :
Observations :
- Augmentation du périmètre de marche de50 mètres.
- Diminution de la perception de l’effort.
49
3) Carnet de bord :
Observations :
- A effectué en moyenne moins de trois séances par semaine.
- La moyenne de perception d’effort correspond à un effort « relativement facile ».
4) Questionnaire :
6/10
Question 1
7/10
(évaluation de l’état de santé avant et Au printemps plus apte à faire des efforts
après l’expérimentation)
physiques
Question 2 Pas du tout
(évaluation de la condition physique à
l’issue de l’expérimentation)
Question 3 Pas du tout
(évaluation de la forme psychique à
l’issue de l’expérimentation)
Question 4 Aucune amélioration
(évaluation de l’évolution glycémique
au cours de l’expérimentation)
Question 5 Le tutoriel vidéo
(utilisation des supports)
Question 6 10/10
/
(évaluation du tutoriel vidéo)
Question 7 10/10
/
(évaluation du formulaire)
Question 8 Totalement
(évaluation de l’aspect autonome) /
Question 9 Totalement
Je n’ai fait qu’une séance, la première
50
(évaluation des séances collectives) Totalement
/
Question 10 Oui
Pour les obliger à faire de l’exercice physique
(faisabilité du programme)
Oui
Question 11 Toujours ce programme ci
Oui
(perspective d’avenir des sujets vis a vis
de l’AP) Je pourrais le faire à ma guise
Non
Question 12 /
(remarques personnelles)
Tableau 7 : Enquête de satisfaction.
51
F) Observations générales :
1) Données Biologique :
Ordonnée :
concentration en mg/dl
Abscisse :
- 1 : Cholestérol total
- 2 : Cholestérol HDL
- 3 : Cholestérol LDL
- 4 : Triglycérides
Code couleur :
- Avant les douze semaines
d’expérimentations
- Après les douze semaines
d’expérimentations
Diagramme 1 : Moyenne des profils lipidiques avant et après les douze semaines d’expérimentation
Observations :
- En moyenne, une légère amélioration du taux de cholestérol total, avec une
stabilisation du taux de cholestérol HDL et une tendance à la dégradation des taux de
cholestérol LDL et triglycérides.
Ordonnée :
Valeur d’HbA1 (%)
Abscisse :
1 : Avant les douze semaines
d’expérimentation
Diagramme 2 : Moyenne des HbA1 avant et après les douze semaines d’expérimentation
2) Condition physique :
52
Ordonnée :
Fréquence cardiaque en bpm
Abscisse :
1 : moyenne des FC de repos en
pré – test
2 : moyenne des FC de repos en
post - test
Ordonnée :
Pression artérielle en mmHg
Abscisse :
1 : moyenne des pressions artérielles
systolique et diastolque en pré test
2 : moyenne des pressions artérielles
systolique et diastolique en post test
Code couleur :
pression artérielle systolique
pression artérielle diastolique
Diagramme 4 : Evolution des moyennes de pression artérielle systolique et diastolique au repos.
53
Ordonnée :
Distance en mètre
Abscisse :
1: Moyenne des distances
parcourues en pré – tests
Ordonnée :
Echelle de Borg
Abscisse :
1 : Moyenne des notes de perception d’effort après
TM6 pré – test
54
FC max FC moyenne Vitesse maximum Vitesse moyenne
Patient 1 =
Patient 2
Patient 3 =
Patient 4 = =
Patient 5
Bilan =
Tableau 8 : Comparaison de l’évolution des paramètres (FC et vitesse) au cours du TM6 pré – test et du TM6 post – test.
Observations :
- Pour les cinq patients la FC maximale lors des six minutes d’effort est supérieure
lors du TM6 post – test.
- Pour trois patients sur cinq la FC moyenne au cours du TM6 post – test a
augmenté. Pour un, elle a diminué pour l’autre, elle est restée stable
- Pour quatre patients sur cinq, la vitesse lors des six minutes d’effort est
supérieure lors du TM6 post – test.
- Pour trois patients sur cinq, la vitesse moyenne au cours des six minutes d’effort
est restée stable. Pour les deux autres, elle a augmenté.
3) Carnet de bord :
Ordonnée :
Une semaine en jour
Abscisse :
- 1 : Patient 1
- 2 : Patient 2
- 3 : Patient 3
- 4 : Patient 4
- 5 : Patient 5
Code couleur :
Moyenne des séances réalisées
sur une semaine
Diagramme 7 : Moyenne des séances réalisées sur une semaine par patient sur les douze semaines d’expérimentation.
55
Observations : Les patients 1, 2, et 3 ont réalisé en moyenne minimum 3 séances
par semaine. A l’inverse les patients 3 et 5 ont réalisé en moyenne moins de 3 séances
par semaine.
Ordonnée :
Echelle de Borg
Abscisse :
- 1 : Patient 1
- 2 : Patient 2
- 3 : Patient 3
- 4 : Patient 4
- 5 : Patient 5
Code couleur :
Moyenne des notes de
perception d’effort
Note cible : 15
4) Questionnaire synthèse :
- De manière générale, les sujets ont perçu une amélioration de leur santé à l’issue
de douze semaines, que ce soit une amélioration de leur forme physique ou
psychique.
- Certains ont constaté une stabilisation et/ou une diminution de leur glycémie au
cours des douze semaines.
- Le concept du programme, c’est à dire l’autonomie entrecoupée de cours
collectifs, a été très appréciée.
- Les patients ont trouvé agréable de pouvoir faire du sport sans contrainte grâce à
l’aspect autonome du programme. Les cours collectifs ont créé une émulation de
groupe qui a été appréciée de même que les conseils et corrections apportés par
le kinésithérapeute pour la réalisation des exercices.
56
- Tous ont aimé et utilisé au moins un des deux supports. Certains reproches ont
été faits, comme le manque de rythme du tutoriel vidéo et le manque
d’information sur la respiration.
- Pour la majorité des sujets ce programme pourrait être proposé dans un cadre
thérapeutique pour des patients DT2.
- Tous les sujets ont en perspective de continuer à pratiquer une AP régulière, que
ce soit le programme ou bien une activité de leur choix (car aspect redondant du
programme). En effet : pour certains faire de l’AP est devenu une habitude à
l’issue des douze semaines, et d’autres ont constaté l’impact positif du sport sur
leur quotidien (moins vite essoufflé) et/ou sur leur diabète (diminution de la
glycémie après réalisation du programme). Certains espèrent pouvoir diminuer
leur médication grâce à la pratique de l’AP.
- De façon générale, le programme a été apprécié et bien vécu par l’ensemble des
sujets, et tous reconnaissent que cela a eu un impact positif sur le bien être.
57
IV – DISCUSSION
58
Au cours de ce projet la formation de l’échantillon a constitué la difficulté
majeure. Cela peut s’expliquer par les notions de non – observance thérapeutique, de la
part des patients, et de l’inertie thérapeutique, de la part des médecins.
Cependant, les patients ne sont pas les seuls responsables de cette non –
observance thérapeutique, l’inertie thérapeutique peut également en être la cause. Cette
dernière se définit 68 « comme un retard non justifié concernant l’initiation ou
l’intensification d’un traitement alors que le diagnostic est correctement posé », à noter
que cela « ne concerne pas seulement le traitement pharmacologique, mais aussi les
59
conseils hygièno – diététiques ». Celle – ci s’explique en partie par le manque de
connaissance des recommandations et parfois leurs difficultés à les appliquer69. L’inertie
thérapeutique concernant les mesures hygiéno – diététiques trouve argument dans le
fait que les médecins généralistes ne possèdent pas toutes les connaissances adéquates
en matière de conseil diététique et sportif. De plus, certains praticiens n’accordent pas le
temps nécessaire pour prodiguer leurs conseils, ou bien ceux qui s’en donnent la peine
se résignent rapidement car les conseils sont souvent peu suivis 70.
Par conséquent, on se rend compte que l’on est face à une situation délicate où le
serpent se mort la queue. L’inertie et la non- observance thérapeutique sont
« conceptuellement intriquées » 74. Les patients les moins observants sont ceux chez qui
l’inertie du médecin est la plus forte. Cela aboutit à un véritable cercle vicieux.
60
Afin de palier le découragement, l’impuissance des médecins face à ces patients
non compliants et afin de renforcer l’éducation thérapeutique, une prise en charge multi
– disciplinaire, serait une solution 76. En ce qui concerne la pratique de l’AP les
physiothérapeutes et les kinésithérapeutes pourraient aider les médecins avec leurs
expertises et leurs conseils en la matière. De plus, cette éducation thérapeutique devrait
être précédée d’un entretien motivationnel qui pourrait renforcer l’adhésion du patient
à son traitement. L’entretien motivationnel se définit comme une « méthode de
communication, directive et centrée sur le client, utilisée pour augmenter la motivation
intrinsèque au changement, par l’exploration et la résolution de l’ambivalence » 77.
Dés lors, on peut admettre que l’échantillon n’est pas représentatif de l’ensemble
des patients DT2, car les sujets qui ont participé à l’étude, étaient motivés ; de plus leur
état de santé leur permettait de faire de l’AP. Ce à quoi il faut ajouter que cet échantillon
restreint n’a pas permis une étude statistique.
Sur une liste de dix huit patients DT2, seulement sept ont accepté de participer à
l’étude dont deux femmes et cinq hommes. A l’issue des douze semaines
d’expérimentation seulement cinq patients sont allés jusqu’au bout, dont une femme et
quatre hommes.
Le programme proposé aux patients s’est voulu être le plus simple et le plus
réaliste possible en élaborant une séance type, facile et rapide à mettre en place, tout en
étant la plus efficace possible pour minimiser les freins 80 qui peuvent limiter la pratique
de l’AP, tels que ne pas avoir envie de montrer son corps, la peur du regard des autres, le
manque de confiance en soi et les facteurs structurels ou institutionnels (moyen
financiers, manque de temps libre). Freins qui peuvent exister lorsqu’il s’agit de
s’inscrire dans une salle de sport ou un club sportif. De plus, les référentiels d’AP
stipulent qu’il faut réaliser au minimum trois séances d’endurance et deux séances de
musculation par semaine, ce qui nécessite de consacrer beaucoup de temps.
L’enjeu est de réaliser une séance d’AP « réaliste » courte, efficace, facile à mettre
en place et accessible à tous, tout en respectant les principes de physiologie de l’effort
qui préconise des efforts court (entre dix secondes et deux minutes) à une intensité
62
supérieur à 70% de la VO2max. Dés lors, l’HIIT dans sa version démocratique est le
modèle qui se rapproche le plus de cet idéal. Pour rappel, cela consiste a alterné des
phases d’efforts brefs à une intensité supérieure ou égale à 80% de la FC maximale ou
une note perception d’effort à 14 - 15 sur l’échelle de Borg, pour une durée totale de
minimum vingt minutes d’effort (selon l’American College of Sport Medicine) .
L’échelle de Borg, quant à elle est un outil subjectif mais économique qui permet
d’évaluer la perception de l’effort des participants. De surcroît, l’échelle est corrélée au
pourcentage de la FC maximal 82 (cf. annexe 10). Il faut cependant rester vigilant car
cette échelle est le seul moyen que nous avions à notre disposition. Il s’agit d’un outil
très subjectif qui ne permet pas d’affirmer que tous les patients étaient à la même
intensité. Car comme la douleur, l’effort n’est pas perçu de la même manière par tous les
individus. Et de plus, son utilisation par des sujets non sportifs peu habitués à gérer leur
effort n’est pas forcément fiable. Une utilisation adéquate de cette échelle nécessite une
certaine familiarisation.
Une étude récente a confronté un effort classique d’endurance avec un effort type
HIIT. A l’issue des quatorze jours de protocole le groupe HIIT a réalisé en tout 2,5 heures
d’effort pour 10,5 heures pour le groupe endurance à 65% de la VO2max. Les
chercheurs ont observé que les adaptations entre les deux groupes étaient similaires.
Dés lors, le HIIT permet un gain de temps remarquable pour obtenir des améliorations
équivalentes à l’ entraînement d’endurance classique. A noter que les recommandations
officielles en terme d’activité hebdomadaire préconisent au minimum 150 minutes soit
2,5 heures d’endurance par semaine à une intensité de 40 à 60% de la VO2max. Par
conséquent, les efforts brefs et intenses sont aussi efficaces.
Aussi, il a été décidé que les deux premières séances de chaque cycle soient
collectives, de manière à entretenir l’adhésion des sujets au programme, mais aussi à
s’assurer d’une bonne réalisation des exercices et fournir des conseils si nécessaire. Une
étude de 2010, a révélé qu’une intervention intensive sur le mode vie avait un impact
positif sur les facteurs de risques cardio – vasculaires chez des sujets DT2 en surpoids
ou obèses. Le groupe intensif a été suivi toutes les semaines pendant six mois, puis trois
fois par mois les six mois suivants, de façon individuelle et collective. Par la suite, les
sujets sont vus en consultation une fois par mois, avec un contact téléphonique
supplémentaire tous les mois. A l’inverse, le groupe standard suivait trois sessions
annuelles d’éducation diététique et d’encouragement à l’activité physique en groupe. Par
conséquent, on réalise l’importance de stimuler sans relâche les patients pour maintenir
leur motivation et leur adhésion à un programme.
65
A l’issue des douze semaines d’expérimentation, l’interprétation globale des
résultats peut paraître laborieuse. Avant toute chose, observons l’assiduité des
participants. Pour rappel, la régularité est l’un des principes de base de réussite d’un
programme d’entraînement. On constate que seulement trois candidats sur cinq ont
effectué en moyenne au moins trois séances par semaine. Parallélement, on remarque
que ces trois même candidats ont perçu en moyenne l’effort à quatorze sur l’échelle de
Borg. A l’inverse, les deux autres sujets ont perçu en moyenne l’effort aux environs de
douze. Par conséquent, deux profils de sujets se dessinent. Les sujets 1, 2 et 4 qui ont
respecté la consigne d’effectuer au minimum le programme trois fois par semaine et
avec une perception d’effort moyenne au alentour de 14 – 15 sur l’échelle de Borg, ce qui
correspond à une intensité d’au moins 80% de la FC maximale. Les sujets 3 et 5 qui ont
réalisé moins de 3 séances par semaine et avec une perception d’effort moyenne aux
alentours de 12 sur l’échelle de Borg.
Si l’on se focalise sur les profils des candidats 1, 2 et 3, on note une amélioration
des paramètres biologiques et de l’aptitude physique.
66
Le profil glycémique a également été amélioré avec pour les trois sujets une
tendance à la stabilisation ou à la baisse de la glycémie au cours des douze semaines, et
une valeur d’HbA1 améliorée en moyenne de 0,9% (cf. annexe 12). Selon l’UPKDS 97, une
« augmentation de 1% du taux d’HbA1 représente une augmentation de 21% du risque
de complications du DT2, une augmentation de 21% du risque de décès lié au DT2, une
augmentation de 14% du risque d’infarctus du myocarde et de 37% du risque de
complications microangiopathiques ». Il n’existe pas un seuil d’HbA1 au-delà duquel les
complications surviennent, en revanche toute diminution moyenne d’HbA1 de 0,6% a
un effet bénéfique sur la mortalité et la comorbidité cardio -vasculaire des DT2, le risque
étant minimisé pour un taux d’HbA1 inférieur à 6%.
67
Deux hypothèses relevées dans la littérature permettent d’expliquer ces
changements. La première est que les exercices intenses augmenteraient la quantité de
PGC – 1α dans le muscle 106. Il s’agit d’une protéine qui a un rôle dans la biogenèse
mitochondriale et la régulation des métabolismes glucidiques et lipidiques. Elle serait,
en autre, responsable de l’amélioration de la capacité oxydative et de l’augmentation de
l’absorption du glucose 107. La deuxième est que ce type d’exercice améliorerait la
capacité oxydative musculaire par un recrutement élevé des fibres musculaires de type
2 108qui, pour rappel, possèdent un potentiel glycolytique élevé.
Chez ces mêmes sujets on constate une amélioration des paramètres d’aptitude
physique.
Les observations faites au cours de cette étude sont à prendre avec beaucoup de
précautions compte-tenu du peu de participants et des biais que représentent certains
outils d’évaluation (TM6, carnet de bord, échelle de Borg). Pour autant, les constats faits
pour les patients 1, 2 et 4 sont encourageants. L’amélioration des paramètres
métaboliques (profil glucidique et lipidique) et de la capacité fonctionnelle d’effort, sont
comparables aux adaptations constatées à l’issue d’un programme d’entraînement
d’endurance classique, d’après les données recueillies dans la littérature. Le programme
proposé s’est fortement inspiré du modèle HIIT. Concernant l’impact du HIIT sur le DT2,
les données sont actuellement faibles et les résultats sont variables. Il n’existe pas un
protocole unique mais des protocoles qui se différencient en fonction du temps total
d’effort, du temps des séquences d’effort et de repos, et de l’intensité. Cependant, d’après
les résultats d’études traitant du sujet, les adaptations engendrées par le HIIT seraient
similaires à ceux obtenus par un entraînement d’endurance, avec l’avantage pour le HIIT
un gain de temps.
69
Par conséquent, nous pouvons constater qu’un programme « réaliste »,
respectant les principes de physiologie de l’effort et totalisant moins de 90 minutes
d’efforts par semaine avec une intensité proche de 80% de la FC maximale ou une note
de 14 – 15 sur l’échelle de Borg, donnent des résultats prometteurs et similaires à ceux
obtenus suite à une session d’entraînement en endurance classique.
L’interrogation pour un travail futur doit se pencher sur les résultats des sujets 3
et 5. Pourquoi n’ont-ils pas obtenu des résultats similaires aux autres ? A première vue
le manque d’assiduité, avec en moyenne moins de trois séances par semaine peut en être
la cause. Il serait, alors, intéressant de trouver une solution. Un entretien motivationnel
réalisé en début de programme pourrait être réalisé afin de les sensibiliser et
d’augmenter leur adhésion. Une prescription réelle de l’AP par un médecin et non un
simple conseil pourrait d’avantage les encourager à participer. Il serait judicieux de
réaliser un futur projet avec un service de diabétologie. On peut également s’interroger
sur l’efficacité du programme. Un programme efficace pour certains, l’est-il pour
d’autres ? Le programme proposé ne correspondait, peut-être, pas à ces patients.
L’intensité des exercices, des séances étaient, peut-être, trop faible. Il pourrait être
envisageable de repenser le programme et de modifier les paramètres ou de trouver
des alternatives aux exercices pour moduler l’intensité et permettre une progression. De
façon à ce que ce programme convienne à un plus large public.
L’enquête de satisfaction révèle que le programme a été apprécié et bien vécu par
l’ensemble des sujets, et tous reconnaissent que cela a eu un impact sur leur bien – être
(physique et psychologique). Celle – ci a permis de pointer les faiblesses du programme.
Même si, le concept d’autonomie et de cours collectifs alternés a été apprécié, il serait
souhaitable d’améliorer les supports. Pour le tutoriel vidéo, ils suggèrent d’ajouter un
rythme pour l’excusions des exercices. De plus, une brochure attrayante pourrait réunir
le tutoriel et le formulaire.
71
V - CONCLUSION
72
L’idée de ce projet est partie d’un constat simple. Le DT2 est une pathologie qui
affecte un grand nombre d’individu. Il s’agit d’une maladie dont l’AP fait partie
intégrante du traitement selon les recommandations de pratique clinique. Cependant,
actuellement aucun programme officiel n’existe comme c’est le cas pour d’autres
pathologies (revalidation cardiaque, revalidation respiratoire). De plus, les
recommandations officielles en terme d’activité hebdomadaire sont relativement
contraignantes en terme de temps. En tenant compte des caractéristiques de cette
population et en respectant les principes de physiologie de l’effort, nous avons créé un
programme de sport adapté pour les DT2. Le défi a été d’élaborer une séance courte,
efficace, facilement réalisable à domicile et accessible. Un tutoriel vidéo et un formulaire
ont été créés afin d’accompagner les participants dans leur pratique. Par la suite, afin
d’évaluer la faisabilité et l’impact du programme un échantillon de patient DT2 a été
recruté et soumis au programme pendant douze semaines. L’expérimentation s’est
déroulée selon une chronologie bien précise. Les paramètres biologiques (prise de sang)
et l’aptitude physique (TM6) ont été évalués avant et après. L’assiduité et la perception
de l’effort (échelle de Borg) ont été évaluées tout au long (carnet de bord). Pour
terminer une enquête de satisfaction a été réalisée. A l’issue des douze semaines, les
résultats obtenus ont été observés, comparés et confrontés à la littérature. Sur les sept
candidats, cinq ont achevé le programme. Sur les cinq sujets restant deux profils de
patients se distinguent. Deux patients pour lesquels le programme n’a pas été profitable.
Pour les trois autres, nous avons pu observer une amélioration de leurs paramètres.
D’après les données scientifiques les améliorations sont comparables aux adaptations
engendrées par un programme d’entraînement d’endurance classique. Bien que ses
résultats soient encourageants, il faut rester vigilant quant à leurs interprétations. Tout
d’abord les participants étaient tous volontaires. Par manque de moyen les outils à notre
disposition étaient très subjectif (carnet de bord, échelle de Borg, TM6). Néanmoins,
l’enquête de satisfaction révèle que le programme a été apprécié et bien vécu par
l’ensemble des sujets et tous reconnaissent que cela a eu un impact positif sur leur bien
– être. Des améliorations sont à apporter aux supports pour rendre leurs utilisations
plus agréables. Avant de pouvoir l’utiliser en tant qu’outil thérapeutique, il serait
intéressant d’évaluer son impact dans le temps, à une échelle plus importante, avec des
outils de mesure plus précis, avec une autre population et de le confronter à d’autres
programme de revalidation déjà existants.
73
VI - RESUME
74
Introduction : L’activité physique, preuves à l’appui, apparaît aujourd’hui comme une
alternative économique et non médicamenteuse d’enrayer l’évolution du diabète de type
2. Pour de multiples raisons, elle reste peu pratiquée. En outre, les recommandations
officielles en terme de pratique hebdomadaire sont relativement contraignantes en
terme de temps et les programmes proposés sont fastidieux. C’est pourquoi, l’objectif de
cette étude est dans un premier temps d’élaborer un programme de sport adapté
réaliste, accessible et facile à mettre en place, dans un second temps d’observer l’impact
de ce programme sur un échantillon de patient diabétique de type 2.
Matériel et méthode : Un tutoriel vidéo et un formulaire ont été réalisés pour servir de
guide aux participants. Sept patients diabétiques de type 2, répondant aux critères, ont
été recrutés sur base du volontariat. Durant douze semaines les candidats ont été
soumis au programme élaboré, selon une chronologie et des recommandations précises.
Les paramètres métaboliques et l’aptitude physique ont été mesurés avant et après
l’expérimentation. L’assiduité et la perception de l’effort ont été évaluées tout au long du
programme. Une enquête de satisfaction a été réalisée à l’issue des douze semaines.
75
VII – BIBLIOGRAPHIE
76
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Edition Roger DACOSTA ; 1987.
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2013.
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– science Flammarion.
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– science Flammarion.
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BOITANO – H. BROOKS ; 3ème édition ; 2012 ; De Boeck.
11 « Diabétologie » ; L. MONNIER ; 2011 ; Masson.
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