Chapitre 2 – Le dipôle RL
Professeur: EL HABBANI Radouane
I- La bobine.
1-Définition .
Une bobine est un dipôle , constitué par un enroulement cylindrique d’un fil conducteur
recouvert d’une couche isolante (vernie) .
Le symbole d’une bobine est représenté ci-dessus :
r: La résistance interne de la bobine et L est un coefficient qui la caractérise appelé
inductance exprimé en Henry (H) .
Remarque: Une bobine est dite idéale si sa Résistance interne est nulle 𝒓 = 𝟎
2-Tension aux bornes d’une bobine
a- Expression de UL
La tension uL aux bornes d’une bobine (L, r), est donnée par la relation :
𝒅𝒊
𝒖𝑳 = 𝑳 + 𝒓𝒊
𝒅𝒕
𝒖𝑳 : La tension aux bornes d’une bobine en (V)
i : l’intensité de courant qui circule dans le circuit en (A)
r: La résistance interne de la bobine en (Ω)
L : l’inductance de la bobine en Henry (H).
b-Détermination de L
On réalise le montage suivant :
On utilise un oscilloscope . On obtient la courbe ci-dessous :
𝒖𝑹 (𝑽) 𝑌2
𝒖𝑳 (𝒎𝑽)
i(t)
𝐿 = 8,32𝑚𝐻
r≈0 𝒖𝑳
𝟏 𝟏
𝑮𝑩𝑭
0 𝟐, 𝟓 t(ms)
𝟓𝒌𝜴 𝑹 uR
𝑌1
-Y1 visualise la tension au borne du conducteur ohmique. 𝑢𝑅 (𝑡) = −𝑅. 𝑖(𝑡)
𝑑𝑖
-Y2 visualise la tension au borne de la bobine. 𝑢𝐿 𝑡 = 𝐿
𝑑𝑡
-Dans l’intervalle [𝟎; 𝟐, 𝟓𝒎𝒔] on a 𝒖𝑹 est une droite qui passe par O qui a pour
𝛥𝑢 −3−0
coefficient directeur: = −3 = −1200𝑉/𝑠 ⇒ 𝒖𝑹 = −𝟏𝟐𝟎𝟎. 𝒕
𝛥𝑡 (2,5−0).10
𝑢𝑅 −1200
𝑑 ′ 𝑜ù: 𝑖(𝑡) = − =− .𝑡 = 0,24t
𝑅 5.103
dans l’intervalle [0; 2,5𝑚𝑠] , la valeur de la tension 𝒖𝑳 𝒕 = 𝟐𝒎𝑽 :
𝑢𝐿 (𝑡) 2.10−3
Alors 𝐿= 𝑑𝑖 = = 8,33.10−3 𝐻 = 8,33𝑚𝐻
0,24
𝑑𝑡
c-Influence d’une bobine dans un circuit électrique
On réalise le circuit ci-dessous:
Dans la branche qui contient la bobine, le courant ne s’établit
pas instantanément (la lampe L1 s’allume après L2). On en
déduit que la bobine s’oppose de manière transitoire à
l’établissement du courant dans le circuit.
II-Réponse d’un dipôle RL à un échelon montant de tension:
1- Définition :
Le dipôle 𝑹𝑳 est l’association en série d’un conducteur Ohmique de résistance 𝑹 et d’une bobine
son inductance 𝑳 et sa résistance interne 𝒓.
La résistance totale de la dipôle RL est: 𝑹𝑻 = 𝑹 + 𝒓
2- Réponse d’un dipôle RL à un échelon de tension - étude expérimentale :
On réalise le montage du document ci-dessous.
❖ On ferme l’interrupteur à l’instant 𝑡 = 0 et on visualise la variation l’intensité de courant i en
fonction de temps (courbe A) : le dipôle RL est soumis échelon de tension montant :
Établissement du courant.
❖ Lorsque l’intensité de courant i devient constante on ouvre K. On obtient ( la courbe B) : le
dipôle RL est soumis échelon de tension descendant : Annulation du courant.
3- Réponse RL à un échelon montant de tension (établissement de courant) - étude
théorique :
a- Equation différentiel vérifiée par l’intensité du courant i(t) :
On ferme l’interrupteur à l’instant 𝒕 = 𝟎.
D’après la loi d’additivité des tension , on peut écrire :
𝑑𝑖 𝑑𝑖
𝑢𝐵 + 𝑢𝑅 = 𝐸 ⇒ 𝐿. + 𝑟. 𝑖 + 𝑅. 𝑖 = 𝐸 ⇒ 𝐿. + (𝑟 + 𝑅). 𝑖 = 𝐸
𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝐿 𝑳 𝒅𝒊
On pose: 𝜏= et 𝑅𝑇 = 𝑅 + 𝑟 ⇒ . + 𝒊=𝑬
𝑅𝑇 𝑹𝑻 𝒅𝒕
Alors:
𝒅𝒊 𝑬
𝝉. + 𝒊 =
𝒅𝒕 𝑹𝑻
b-Solution de l’équation différentielle
La solution de l’équation différentielle s’écrit sous la forme : 𝑖 𝑡 = 𝐴𝑒 −𝑚𝑡 + 𝐵
telle que A , B et m des constantes à déterminer.
En portant cette solution dans l’équation différentielle , On détermine la constante m et
la constante B .
𝑑𝑖 𝐸 𝐸
𝜏. +𝑖 = ⇒ 𝜏. (−𝑨𝒎𝒆−𝒎.𝒕 ) + (𝑨. 𝒆−𝒎𝒕 + 𝑩) =
𝑑𝑡 𝑅𝑇 𝑅𝑇
𝐸 1 𝑅𝑇
(−𝜏. 𝑚 + 1)𝐴. 𝑒 −𝑚𝑡 + 𝐵 = d’où −𝜏. 𝑚 + 1 = 0 ⇒ 𝑚= =
𝑅𝑇 𝜏 𝐿
𝐸
⇒𝐵=
𝑅𝑇
𝑬
Donc la solution peut s’écrire sous la forme : 𝒊(𝒕) = 𝑨. 𝒆−𝒕/𝝉 +
𝑹𝑻
À t = 0 l’intensité du courant dans la bobine est nulle : i(0)= 0
𝑬 𝑬 𝑬
d’où 𝒊(𝟎) = 𝑨. 𝒆−𝟎/𝝉 + =𝟎 𝑨=− on pose 𝑰𝟎 =
𝑹𝑻 𝑹𝑻 𝑹𝑻
Donc la solution s’écrit : 𝒊(𝒕) = 𝑰𝟎 . 𝟏 − 𝒆−𝒕/𝝉
c - Expression de la tension 𝑢𝑅 𝑡 et de 𝑢𝐿 𝑡
−𝑡
𝐸
𝑢𝑅 𝑡 = 𝑅. 𝑖 ⇒ 𝑢𝑅 𝑡 = 𝑅. 1−𝑒 𝜏
𝑅𝑇
D’après la loi d’additivité des tensions on a :
𝐸 = 𝑢 𝐿 + 𝑢𝑅 ⇒ 𝑢𝐿 = 𝐸 − 𝑅. 𝑖
𝑡
−𝜏
⇒ 𝑢𝐿 = 𝐸 − 𝑅. 𝐼0 . 1 − 𝑒
𝐸
⇒ 𝑢𝐿 = 𝐸 − 𝑅. . 1 − 𝑒 −𝑡/𝜏
𝑅𝑇
Si On néglige la résistance de la bobine r devant la résistance R
On obtient RT = R + r ≈ R ⇒ 𝒖𝑳 = 𝑬. 𝒆−𝒕/𝝉
4-La constante du temps τ
a-Dimension de la constante de temps τ
𝑳 𝑰 𝑼
𝝉 = or 𝒖𝑳 = 𝑳 . 𝒆𝒕 𝑹 =
𝑹 𝑻 𝑰
𝑼.𝑻.𝑰
𝝉 = ⇒ 𝝉 = 𝑻
𝑼.𝑰
τ est appelé constante de temps du dipôle RL et s'exprime en seconde.
b-Détermination de la constante du temps τ
On a deux méthodes :
❖ Méthode de calcul : τ est l’abscisse qui correspond à
l’ordonnée 0,63. 𝐼0
❖ Méthode graphique : La tangente à la courbe i(t) à la date t=0 coupe l’asymptote
𝐸
horizontal 𝑖 = 𝐼0 = à un point d’abscisse 𝑡 = 𝜏
𝑅
III-Réponse à un échelon descendant de tension
1-Équation différentielle vérifiée par l’intensité i(t) du courant
On ouvre l’interrupteur, le circuit fermé (constitué par la bobine, la diode et le
conducteur ohmique R) peut permettre le passage du courant.
D’après la loi d’additivité des tensions on a : 𝑢 𝐿 + 𝑢𝑅 = 0
𝑑𝑖 𝑑𝑖
⇒ 𝐿. + 𝑟. 𝑖 + 𝑅. 𝑖 = 0 ⇒ 𝐿. + (𝑟 + 𝑅). 𝑖 = 0
𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑳 𝒅𝒊
On sait que 𝝉 = donc l’équation différentielle est : 𝝉. + 𝒊=𝟎
𝑹𝑻 𝒅𝒕
Le rôle de la diode dans le circuit est de protéger la bobine de la surtension qui
peut apparaître à ces bornes lors de l’ouverture de l’interrupteur .
2-Solution de l’équation différentielle vérifiée par i(t)
La solution de cette équation différentielle est : 𝒊(𝒕) = 𝑰𝟎 . 𝒆−𝒕/𝝉
𝑬 𝑳
𝑰𝟎 = et 𝝉=
𝑹𝑻 𝑹𝑻
3-Détermination de la constante du temps τ
On a deux méthodes :
❖ Méthode de calcul : τ est l’abscisse qui correspond à l’ordonnée 𝟎, 𝟑𝟕. 𝑰𝟎
❖ Méthode graphique : La tangente à la courbe i(t) à la date t=0 coupe l’axe des
abscisses 𝑖 = 0 à un point d’abscisse 𝑡 = 𝝉
IV - L’énergie stockée dans une bobine
1-Activité expérimentale :
On réalise le montage ci-contre :
Lorsqu’on ferme l’interrupteur K un courant électrique traverse la bobine.
À l’ouverture de l’interrupteur, le moteur tourne, donc la bobine emmagasine de
l’énergie.
2-L’expression de l’énergie emmagasinée dans une bobine
Lorsqu’on ferme le circuit, la loi d’additivité de tension s’écrit:
di di
E = L. + r. i ⇒ E. i = L. i. + r. i2
dt dt
di 1
⇒ E. i. dt = L. i. . dt + r. i2 . dt Alors: E. i. dt = d . L. i2 + r. i2 . dt
dt 2
On constate que:
𝑬. 𝒊. 𝒅𝒕 : L’énergie fournit par le générateur au circuit au cours de la durée 𝑑𝑡 .
𝒓𝒊𝟐𝒅𝒕 : L’énergie dissipée par effet Joule dans le circuit .
𝟏
𝑳𝒊𝟐 : L’’énergie emmagasinée dans la bobine.
𝟐
Une bobine d’inductance L , traversée par un courant d’intensité i, emmagasine une
énergie : 𝟏
𝑬𝒎 = . 𝑳. 𝒊𝟐
𝟐
Avec L en henry (H) , i en ampère (A) , et Em en joule (J) .