Table des matières
I Citations thématiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.1 Prise de possession et destruction de la Nature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.2 Connaissance et savoir scientifique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.3 Critique du savoir scientifique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.4 Extériorité dans la Nature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.5 Inadaptation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.6 Transformation de soi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.7 Peur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.8 Angoisse et solitude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.9 L’absurdité d’un cycle infini de répétition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.10 La Mort . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.11 Le besoin de sens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.12 Apprentissage / La force de l’habitude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.13 La force de l’instinct . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
I.14 La contemplation de la Nature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
I.15 Retour à la nature comme retour aux origines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
I.16 Le refus de perdre sa part d’humanité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
I.17 Anthropomorphisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
I.18 La prise de conscience de la proximité avec les choses de la Nature . . . . . . . . . . . 7
I.19 La remise en question du dualisme homme/nature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
I.20 Une vision mécaniste de l’homme et de la Nature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Œuvres au programme :
- Vingt mille lieues sous les mers, Jules Verne, 1869-1870
- Le mur invisible, Marlen Haushofer, 1963
- La connaissance de la vie, Georges Canguilhem, 1965
1
Synthèse des œuvres - mise en relation Français
I Citations thématiques
I.1 Prise de possession et destruction de la Nature
Vingt mille lieues sous les mers
« L’acharnement barbare et inconsidéré des pêcheurs fera disparaître un jours la dernière baleine de l’Océan. »
(II,12)
« Je prends possession de cette partir du globe égale au sixième des continents reconnus. » (II,14)
Ned Land : « La mer, en vérité, m’appartient : je suis son maître. » (II,13)
Violence contre la nature :
« La mer était couverte de cadavres mutilés . . .Les flots étaient teints en rouge sur un espace de plusieurs
milles : et le Nautilus flottait au milieu d’une mer de sang. » (13)
Lors de l’attaque des poulpes géants : « -Remonter à la surface et massacrer toute cette vermine. . . .-
Entreprise difficile. -En effet. Les balles électriques sont impuissants contre ces chairs molles. . .Mais nous
les attaquerons à la hache. » (18)
La prévoyante nature : Dans la mer des Sargasses, les débris rassemblés par le courant finiront par former
les houillères, nouvel exemple de la prodigalité de la nature : « Réserve précieuse que prépare la prévoyante
nature pour ce moment où les hommes auront épuisé les mines des continents » (II,11)
La conclusion est sans appel : « Ce ne sont pas de nouveaux continents qu’il faut à la terre, mais de nouveaux
hommes ! »
La connaissance de la vie
« L’homme ne peut se rendre maître et possesseur de la nature que s’il nie toute finalité naturelle et s’il
peut tenir toute la nature, y compris la nature apparemment animée, hors lui-même, pour un moyen. » (II,
p.142-143)
I.2 Connaissance et savoir scientifique
Vingt mille lieues sous les mers
La méthode du scientifique : « Que le vulgaire croie [. . .] à l’existence de monstres antédiluviens qui peuplent
l’intérieur du globe passe encore, mais [. . .] le géomètre n’admet pas de telles chimères » (I,4)
La science face à la nouveauté :
« Si c’était un cétacé, il surpassait en volume tous ceux que la science avait classés jusqu’alors. »(I,1)
La Nature renfermera toujours des choses à découvrir : « Ce monde inexploré, cette mer infinie, recèle des
formes de vie et des phénomènes que l’esprit humain n’a pas encore conçus ni mesurés » (I,3)
« Cette mystérieuse mer dont les profondeurs sont restées jusqu’ici inaccessibles aux regards de l’homme »
(I,4)
La volonté de connaître, et surtout, de tout connaître : Aronnax, « Au fond, j’avais à cœur d’épuiser jusqu’au
bout les hasards de la destiné qui m’avait jeté à bord du Nautilus » (II,1)
« C’est une intéressante étude que de suivre le jeu de son organisme » (I,18)
Aronnax et son ambition d’écrire « le vrai livre de la mer »
A propos de l’Arabian tunnel, découvert par « Hasard et raisonnement, monsieur le professeur, et même,
raisonnement plus que de hasard »
La connaissance de la vie
« La connaissance [. . .] est une méthode générale pour la résolution directe ou indirecte des tensions entre
l’homme est le milieu » (Introduction, p.12)
« La connaissance [. . .] permet à l’homme un nouvel équilibre avec le monde, une nouvelle forme et une
nouvelle organisation de sa vie » (Introduction, p.12)
« La connaissance [. . .] défait l’expérience de la vie, afin d’en abstraire, par l’analyse des échecs, des raisons
de prudence et des loi du succès éventuel. » (Introduction, p.12)
« Les finalistes se représentent le corps vivant comme un république d’artisans, les mécanistes comme une
machine sans machiniste » (Méthode, p.26)
« Il faut [. . .] voir d’abord fonctionner la machine pour pouvoir ensuite paraître déduire le fonctionnement
de la structure » (II, p.149)
« Un rationalisme raisonnable doit savoir reconnaître ses limites et intégrer ses conditions d’exercice » (In-
troduction, p.16)
[Link] 2 MP
Synthèse des œuvres - mise en relation Français
I.3 Critique du savoir scientifique
Vingt mille lieues sous les mers
Le savoir scientifique, s’il n’est que théorique, à ses limites : « Très-versé dans la théorie de la classification,
peu dans la pratique, il n’eût pas distingué, je crois, un cachalot d’une baleine. » (en parlant de Conseil)
(II,14)
La critique d’un savoir à priori empirique qui s’avère faux : A propos de la durée de vie des baleines : « Mille
ans, répondit le Canadien sans hésiter. - Et comment le savez-vous, Ned ? -Parce qu’on le dit. -Et pourquoi
le dit-on ? -Parce qu’on le sait. »
Ne pas confondre science et esprit : « L’esprit avait vaincu la science » (I,1)
Critique de la forme d’autorité imposée par le savoir scientifique : A propos des baleines dans l’Atlantique
sud et de l’existence du passage Nord-Ouest : « Faut-il vous croire ? demanda le canadien, en fermant un
œil. -Il faut croire monsieur, répondit conseil »
La conaissance de la vie
« On ne vit pas de savoir » (Introduction, p.11)
« Savoir pour savoir, ce n’est guère plus sensé que manger pour manger, ou tuer pour tuer, ou rire pour
rire »,« savoir doit avoir un sens » (p.11)
La science, par ses lois, ne pourra jamais entièrement rendre compte de ce qu’est réellement la nature et
même de ce qu’elle représente pour nous : « On jouit non des lois de la nature, mais de la nature, non des
nombres, mais des qualités, non des relations mais des êtres. » (p.11)
Les formes « peuvent être saisies dans une vision, jamais dans une division »
« le seul savoir authentique [est] une rectification de l’erreur » « Comment conclure de l’expérience au nor-
mal ? » (Méthode, p.42)
« De ce que certains hommes se sont voués à vivre pour savoir faut-il croire que l’homme ne vit vraiment
que dans la science et par elle ? » (Introduction, p.12)
Problème de l’abstraction scientifique : « Diviser c’est, à la limite, et selon l’étymologie, faire le vide, et une
forme, n’étant que comme un tout, ne saurait être vidée de rien. » (Introduction, p.14)
« Le singulier est donc toujours irrégulier » (IV, p.201)
Le Mur Invisible
« j’ai souffert pendant deux ans d’être cette femme, si mal armée pour affronter les réalités de la vie. » (p.97)
« J’ai passé des années à faire des calculs et des logarithmes et je n’ai pas la moindre idée de ce à quoi cela
peut servir, ni de ce que cela signifie » (p.97)
« Ce n’est que lorsque la connaissance d’une chose se répand lentement à travers le corps qu’on la sait vrai-
ment. » (p.72)
« Je ne savais même pas combien d’estomacs possède une vache ; ça fait partie de choses qu’on apprend pour
le jour de l’examen et que l’on oublie aussitôt. » (p.82)
La prairie, liste de fleurs / herbes « je ne connaissais pas leurs nom » (p.243)
I.4 Extériorité dans la Nature
La connaissance de la vie
« Ce qui est la règle dans l’industrie humaine est l’exception dans la structure des organismes et l’exception
dans la nature » (II, p.132)
« L’âme n’ayant qu’une fonction qui est le jugement, il est impossible d’admettre une âme animale, puisque
nous n’avons aucun signe que les animaux jugent, incapables qu’ils sont de langage et d’invention » (II,
p.141)
La Nature comme extériorité, chose étrangère dans laquelle on se sent prisonnier → décentrement, déraci-
nement par rapport à son milieu propre.
En prenant du recul sur le reste de la nature, l’homme finit par oublier qu’il en fait partie : « tantôt l’homme
s’émerveille du vivant et tantôt, se scandalise d’être un vivant, forge à son propre usage l’idée d’un règne
séparé » (p.13)
Le Mur Invisible
« l’espoir d’être délivrée de ma prison forestière » (p.26)
[Link] 3 MP
Synthèse des œuvres - mise en relation Français
« une expérience incompréhensible » (p.19)
« par moments, j’avais l’impression que la nature ne constituait pour ses créatures qu’un immense piège »
(p.280)
I.5 Inadaptation
Vingt mille lieues sous les mers
L’épreuve du pôle sud, un morceau de bravoure : « il ne faut donc pas compter sur les secours de la nature,
mais sur nous-mêmes. Il faut s’opposer à cette solidification. Il faut l’enrayer »
La connaissance de la vie
« La vie à l’état pathologique n’est pas absence de normes mais présence d’autres normes » (IV, p.206)
« Une anomalie, c’est étymologiquement une inégalité, une différence de niveau. L’anormal c’est simplement
le différent. » (IV, p.205)
Le Mur Invisible
« j’ai souffert pendant deux ans d’être cette femme, si mal armée pour affronter les réalités de la vie. » (p.97)
« si les douleurs se déclarent, il faudra bien que je les supporte » (p.79)
I.6 Transformation de soi
Vingt mille lieues sous les mers
« J’ai rompu avec la société humaine tout entière [. . .]. Je n’obéis donc point à ses règles, et je vous engage
à ne jamais les invoquer devant moi ! »
La connaissance de la vie
« Il n’y a pas de sélection humaine dans la mesure où l’homme peut créer de nouveaux milieux au lieu de
supporter passivement les changements de l’ancien » (IV, p.209)
« Il ne peut rien manquer à un vivant, si l’on veut bien admettre qu’il y a mille et une façons de vivre » (IV,
p.206)
« La santé, c’est le luxe de pouvoir tomber malade et de s’en relever » (IV, P.215)
Le Mur Invisible
« Quand je me remémore la femme que j’ai été [. . .], j’éprouve pour elle peu de sympathie. Il ne lui a jamais
été donné de prendre sa vie en main. » (p.96)
« Ce n’est pas que je sois laide, plutôt ingrate, je ressemble davantage à un arbre qu’à un être humain, un
souche brune et coriace qui a besoin de toute sa force pour survivre » (p.96)
« Mon indifférence m’effrayait. Quelque chose avait changé et je devais me faire à cette nouvelle réalité [. . .]
je ne vivais plus au milieu des hommes. » (p.307-308)
« Quand mes pensées s’embrouillent, c’est comme si la forêt avait commencé à allonger en moi ses racines
pour penser avec mon cerveau ses vielles et éternelles pensées. Et la forêt ne veut pas que les hommes
reviennent. » (p.215)
Par rapport à ce qui s’est passé sur l’alpage : « Je m’étais éloignée de moi-même aussi loin qu’il était
possible à un homme de le faire et je me rendais compte que cet état ne devait pas durer si je voulais rester
en vie. »(p.245)
« Puisqu’il n’y avait personne pour prononcer mon nom, il n’existait plus » (p.52)
I.7 Peur
Vingt mille lieues sous les mers
« L’araignée de mer, avec ses pattes crochues et ses yeux globuleux, paraissait sortie d’un rêve monstrueux,
venue de quelque abîme sans nom. » (II,7)
Le « monstre », « un phénomène inexpliqué et inexplicable » dû au « penchant qui pousse au merveilleux la
cervelle humaine »
« Les autres, plus positifs, surtout en Amérique et en Angleterre, furent d’avis de purger l’Océan de ce
redoutable monstre, afin de rassurer les communications transocéaniennes. » (I,3)
La connaissance de la vie
« La connaissance est fille de la peur humaine »
Le Mur Invisible
[Link] 4 MP
Synthèse des œuvres - mise en relation Français
« Moi j’avais peur de l’hiver, de la corvée du bois quand il faisait froid et humide. » (p.226)
Lorsque Bella met bas Taureau : « je me sentais oppressée comme si je devais mettre moi-même un enfant
au monde. » (p.165)
I.8 Angoisse et solitude
Le Mur Invisible
« le rire me manque toujours autant » (p.77)
« Le printemps fleurissait autour de moi et je ne voyais que mes bûches » (p.191)
« L’imagination rend vulnérable et vous met à la merci de tout. » (p.53)
I.9 L’absurdité d’un cycle infini de répétition
Le Mur Invisible
« Je trouvai qu’il aurait mieux valu que je tire un balle à temps » (p.232)
« Ma tête est libre, libre d’agir comme bon lui semble, si ce n’est que la raison ne doit pas l’abandonner, la
raison dont elle a besoin pour nous maintenir en vie moi et mes bêtes » (p.75)
I.10 La Mort
La connaissance de la vie
« La vie [. . .] est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort » (III, p.174)
« Toutes les réussites sont menacées puisque les individus meurent, et même les espèces. Les réussite sont
donc des échecs retardés, les échecs sont des réussites avortées » (IV, p.206)
Le Mur Invisible
« Être mis au monde et mourir n’est pas un honneur, c’est le sort de toutes les créatures et ça ne signifie
rien de plus » (p.88)
I.11 Le besoin de sens
Vingt mille lieues sous les mers
Après avoir ouvert un panneau à la coque du Nautilus, Aronnax marche librement au fond de la mer.
Il note qu’il ne ressent plus le poids de ses vêtements ou de son casque ; la poussée d’Archimède alléger
sa masse. Cette phrase illustre le choc du décentrement : le professeur, habitué à la pesanteur terrestre,
découvre soudain une aisance et une mobilité nouvelles dans l’élément aquatique : « Je ne sentais déjà plus
la lourdeux de mes vêtements, de mes chaussures, de mon réservoir d’air, ni le poids de cette épaisse sphère
. . .Je n’étais plus une masse inerte, et j’avais un liberté de mouvement relativement grande » (I,16)
Il continue : « Véritablement, cette eau qui m’entourait n’était qu’une sorte d’air, plus dense que l’atmosphère
terrestre. » (I,16)
« véritables colimaçons, nous étions faits à notre coquille » (I,13)
Le Mur Invisible
« Les humains sont les seuls à être condamnés à courir après un sens qui ne peut exister » (p.277)
« Il n’y a que moi dans la forêt qui puisse être juste ou injuste » (p.149)
I.12 Apprentissage / La force de l’habitude
La connaissance de la vie
« L’adaptation, c’est un effort renouvelé de la vie pour continuer à coller à un milieu indifférent » (III,
p.174)
Le Mur Invisible
« Ici, tout vient en son temps, un temps qui n’est pas harcelé par des milliers de monstres. Rien ne pousse
ni ne presse. Je suis la seule à être impatiente dans cette forêt et à en souffrir. » (p.180)
« Mes mains furent bientôt couvertes d’ampoules mais après quelques jours les ampoules se changèrent en
durillons et cessèrent de me faire mal » (p.158)
[Link] 5 MP
Synthèse des œuvres - mise en relation Français
« Ici dans la forêt, je me trouve enfin à la place qui me convient » (p.258)
« Savoir où passait le mur m’était devenu indifférent et je n’avais aucune envie de découvrir . . . » (p.309)
I.13 La force de l’instinct
Le Mur Invisible
« Mon cœur avait eu peur avant que je le sache » (p.18)
« Peur-être que la chatte me connaît mieux que je ne me connais et pressens ce dont je pourrais être capable. »
(p.58)
I.14 La contemplation de la Nature
Vingt mille lieues sous les mers
Nemo promet à Aronnax un monde fantastique : « Vous allez voyager dans le pays des merveilles. L’éton-
nement, la stupéfaction seront probablement l’état habituel de votre esprit » (I,10)
L’île de Gueboroar fait la part belle aux expériences culinaires : « Goûtez, ami Ned, goûtez à votre aise.
Nous sommes ici pour faire des expériences, faisons-les » (I,21)
Avant d’arriver à Vanikoro, l’équipage passe par les madrépores. Aronnax ne cesse de s’émerveiller devant
les productions naturelles : « j’admirai l’ouvrage gigantesque, accompli par ces travailleurs microscopiques.
Ces murailles étaient spécialement l’œuvre des madréporaires » (I,19)
Au moment de la fuite avortée à Vigo, Aronnax dit : « Ces merveilles de la nature, ces chefs d’œuvres de
l’art » (II,8)
« L’Océan possède une circulation véritable et, pour la provoquer, il a suffi au Créateur de toutes choses de
multiplier en lui le calorique, le sel et les animalcules »
L’expérience du sublime :
L’expérience de la tempête dans le Gulf Stream : « le ciel était en feu. L’atmosphère fut zébrée d’éclairs
violents. ».« Le vent sautait à tous les points à l’horizon » et « A la pluie avait succédé une averse de feu ».
(II,19)
« C’était une merveille, une fête des yeux, que cet enchevêtrement de tons colorés . . .une véritable kaléidosco-
pie de vert, de jaune, d’orange, de violet . . .toute la palette d’un coloriste enragé ! » (I,16) Le Mur Invisible
« C’est depuis que j’ai ralenti mes mouvements que la forêt pour moi est devenue vivante » (p.257)
« Je commençais à trouver beau l’alpage ; étranger et dangereux mais plein d’attrait comme tout ce qui est
étranger » (p.203)
I.15 Retour à la nature comme retour aux origines
Le Mur Invisible
« Ici dans la forêt, je me trouve enfin à la place qui me convient. » (p.258)
I.16 Le refus de perdre sa part d’humanité
Vingt mille lieues sous les mers
Nemo semble ne plus vouloir être considéré comme humain : « Je le sentais en-dehors de toute humanité,
inaccessible à tout sentiment de pitié, implacable ennemi de ses semblables auxquels il avait dû vouer une
impérissable haine ! » (I,10)
Cependant, Aronnax se rend finalement compte que « Quels que fussent les motifs qui l’avaient forcé à
chercher l’indépendance sous les mers, avant tout il était resté un homme » (I,8)
Le Mur Invisible
« Un homme ne peut jamais devenir un animal ; il passe à côté de l’animal pour sombrer dans l’abîme »
(p.51)
« Je suis un mauvais robot. Je reste un être humain qui pense et qui sent et je ne pourra pas perdre l’habitude
de le faire. » (p.246)
L’alpage, c’est ce « sentiment de vide et de clarté et d’une immense solitude », le détournement de la terre
[Link] 6 MP
Synthèse des œuvres - mise en relation Français
vers le ciel, peut-être le fond du vrai personnage mais ce qu’elle cherche humainement à fuir : « Alors, le
sentiment qu’il valait mieux pour toujours rester éloignée de l’alpage m’envahit » (p.263)
« Les choses arrivent tout simplement et, comme des millions d’hommes avant moi, je cherche à leur trouver
un sens parce que mon orgueil ne veut pas admettre que le sens d’un événement est tout entier dans cet
événement. [. . .] Les humains sont les seuls à être condamnés à courir après un sens qui ne peut exister »
(p.277-278)
L’animal partage un destin commun avec l’homme celui d’être jeté dans le monde et de subir la nature des
choses, mais il en est un contre-modèle positif, stoïcien, en ce qu’il ne se préoccupe pas d’en chercher le sens
et de la changer. L’animal symbole est à cet égard la corneille : « elles me paraissaient être le symbole de la
patience stoïque. Une patience qui a peu de chose à espérer et qui attend tout simplement, prête à accepter
le bon comme le mauvais. » (p.278-279)
Le refus de perdre ses valeurs humaines : « je pêchais aussi des truites assez souvent. Je ressentais moins de
gêne à les tuer. J’ignore pourquoi. C’est quand il est question de chevreuil que cela me semble particulière-
ment condamnable, presque une sorte de trahison. Jamais je ne pourrai m’y habituer » (p.63)
I.17 Anthropomorphisme
Vingt mille lieues sous les mers
Anthropomorphisme de certaines expériences et insensibilité au sort de certains êtres.
Des pétrels si huileux que « un peu plus, répondit Conseil, ce seraient des lampes parfaites ! Après ça, on
peut exiger que la nature les ait préalablement munis d’une mèche ! » (II,14)
Le Mur Invisible
L’anthropomorphisme est conscient, joué et assumé car il exprime un réel besoin et un réel lien. Il ne faut
pas tomber naïvement dans l’anthropomorphisme. La narratrice à besoin de lien affectif, lequel impose ce
risque (de tomber dans l’anthropomorphisme).
L’anthropomorphisme vis-à-vis de Bella : « Je lisais dans ses yeux humides qu’elle nageait dans doux bon-
heur. » (p.196)
Avec la chatte : « elle a pris l’habitude de me répondre lorsque je lui parle »
→ Un anthropomorphisme désamorcé :
La différence homme/animal oscille entre anthropomorphisme et séparation, car seul le chien est véritable-
ment humanisé : « Nous étions donc quatre, la vache, la chatte, Lynx et moi. Lynx m’étais le plus proche
car il n’étais pas seulement mon chien mais aussi mon ami, on unique ami dans un monde plein de labeur
et de solitude » (p.59-60)
« Je fus sensible à cette preuve d’amitié avant de réaliser que le pauvre chien n’avait plus le choix. »
Malgré leur proximité, la vache reste étrangère : « Je suis chaude et vivante et elle sens que je lui veux du
bien. Mais nous n’en saurons jamais plus l’une sur l’autre » (p.123)
De même pour les chats : « ils nous restent très étrangers et il nous est difficile de les atteindre » (p.126)
→ La conscience lucide de la tentation anthropomorphique et des différences spécistes :
« je pêchais aussi des truites assez souvent. Je ressentais moins de gêne à les tuer. J’ignore pourquoi. C’est
quand il est question de chevreuil que cela me semble particulièrement condamnable, presque une sorte de
trahison. Jamais je ne pourrai m’y habituer » (p.63)
La singularité de chaque être vivant est soulignée : « Même deux jeunes chats ne se ressemblent pas exacte-
ment, ils diffèrent dans leur apparence et plus encore par leurs petites âmes capricieuses » (p.85)
La prise de conscience complète de l’anthropomorphisme : « J’avais tendance à projeter sur les animaux ce
que ressentait mon propre corps sans protection » (p.293)
« Cet été-là, j’oubliai complètement que Lynx était un chien et pas un homme. Je le savais, mais cette diffé-
rence n’avait pour moi plus aucun sens. [. . .] Il avait fini par régner entre nous une tranquille compréhension
silencieuse. » (p.309)
I.18 La prise de conscience de la proximité avec les choses de la Nature
La connaissance de la vie
« Quelle lumière sommes-nous donc assurés de contempler pour déclarer aveugles tous autres yeux que ceux
[Link] 7 MP
Synthèse des œuvres - mise en relation Français
de l’homme ? » (Introduction, p.13)
« Le rapport biologique entre l’être et son milieu est un rapport fonctionnel, et par conséquent mobile, dont
les termes échangent successivement leur rôle » (III, p.184)
Le Mur Invisible
« Souvent, me disais que si des mains avaient subitement poussé à Lynx, il n’aurait pas tardé à parler et à
penser » (p.160)
→ Ce qui compte n’est pas la nature des choses, mais la proximité possible avec elles.
« Il m’arrive de souhaiter que cette étrangeté [celle des insectes] se change en familiarité, mais j’en suis bien
éloignée. Étranger et méchant restent encore pour moi une seule et même chose. Et je crois que les animaux
eux-mêmes ne sentent pas autrement » (p.293)
« Nous nous ressemblions sur ce point. Notre préférence allait à un temps clair et sans vent avec chaque
semaine un jour de pluie pour faire la grasse matinée » (p.269)
→ Assumer la dépendance et le soin
Relation de dépendance avec la chatte : « En vérité, je dépends plus d’elle qu’elle de moi. Il suffit que je lui
parle, que je la caresse, pour que sa chaleur passe doucement de son corps à mes paumes et me console. »
(p.59)
« Je crois bien que je n’aurais pas pu surmonter ce premier hiver si je ne les avais pas eus tous les deux »
(p.152)
A propos des chatons de la chatte : « Evidemment il m’avait été impossible de ne pas m’attacher à eux. Je
me faisais déjà du souci. » (p.186)
« C’était peut-être stupide, mais c’était ainsi. Je ne pouvais pas fuir et laisser tomber mes bêtes. » (p.233)
I.19 La remise en question du dualisme homme/nature
Le Mur Invisible
« Les barrières entre les hommes et les animaux tombent très facilement. Nous appartenons à la même grande
famille et quand nous sommes solitaires et malheureux, nous acceptons plus volontiers l’amitié de ces cousins
éloignés. Ils souffrent comme nous si on leur fait du mal et ils ont comme nous besoin de nourriture, de
chaleur et d’un peu de tendresse. » (p.274)
I.20 Une vision mécaniste de l’homme et de la Nature
Vingt mille lieues sous les mers
Nemo : « Voyez cet océan, monsieur le professeur, n’est-il pas doué d’une vie réelle ? N’a-t-il pas ses colères
et ses tendresses [. . .]. Il possède un pouls, des artères, il a ses spasmes... » (I,18)
« Son [en parlant du commandant Farragut] navire et lui ne faisaient qu’un. Il en était l’âme » (I,4)
La connaissance de la vie
« On peut définir la machine comme un construction artificielle, œuvre de l’homme, dont une fonction es-
sentielle dépend de mécanismes » (II, p.131)
« Mécanisme n’est pas moteur » (II, p.131)
« Une machine [. . .] ne se suffit pas à elle-même, puisqu’elle doit recevoir d’ailleurs un mouvement qu’elle
transforme » (II,p.132)
« Derrière la théorie de l’animal-machine, on devrait apercevoir les normes de l’économie capitaliste nais-
sante » (II, p.139)
« Les mouvements des organes se commandent les uns les autres comme des rouages entraînés » (II, p.147)
« Un outil, une machine, ce sont des organes, et des organes sont des outils ou des machines » (II,p.148)
L’expérimentation peut faire face à des obstacles, comme la tentative de modélisation erronée de la circula-
tion sanguine comme le déplacement d’un fluide.
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