HISTOIRE CRITIQUE
D’ARCHITECTURE - HCA3-
Cours élaboré par Mme BENAOUDA N
Année universitaire:2019-2020
Mosquée de Cordoue
Nom : Mosquée de Cordoue
Lieu : Cordoue, Espagne
Date/période de construction : 786-988
Matériaux de construction : Pierre, marbre, brique, plâtre, bois et mosaïque,
Dimensions : 12 000 m2
‘Abd al-Rahmân Ier fit édifier la Mosquée près de la partie occidentale de son
palais, au débouché du pont romain qui sépare Cordoue du « faubourg » .
L’édifice se divise en deux espaces, celui de la cour et celui de la salle de prière
composée, à l’époque de sa construction, de onze nefs perpendiculaires au mur qibli.
À l’intérieur de ce modèle, la grande
innovation fut l’adoption d’un système d’arcs
superposés pour les arcades qui déterminent
les nefs, arc outrepassé au niveau inférieur, en
plein cintre pour la partie supérieure, peut-
être influencé par les aqueducs romains
comme celui de Mérida
La première extension de la Mosquée a consisté à prolonger les onze nefs vers le sud, entraînant la
démolition du mur qibli dont l’emplacement primitif est indiqué par des piliers plus épais
correspondant aux contreforts extérieurs, toujours visibles à l’intérieur de la mosquée. Le système
d’arcs superposés a été maintenu.
Abd al-Rahman III ajouta à la mosquée un grand minaret et remodela la façade donnant sur la cour.
Vues sur le minaret
Avec al-Hakam II, en 962-968, les travaux se concentrèrent à l’intérieur de la salle de
prière qui fut élargie de nouveau vers le Sud. C’est l’agrandissement le plus somptueux
de la mosquée (coupoles à nervures , arcs polylobés, arcs entrecroisés).
Coupole à nervures au dessus
du mihrab Arcs entrecroisés
Arcs outrepassés
entrecroisés
Nouveau mihrab
L’ultime agrandissement de la Mosquée, moins soigné, fut décidé par le premier
ministre al-Mansûr en 988. Afin de doubler la superficie huit nefs furent ajoutées sur
toute sa longueur, élargissant de ce fait la cour sur son côté oriental et entraînant un
décentrement de la salle de prière par rapport au mihrâb déjà en place.
Extensions d’al-Mansur
En 1236, la ville de Cordoue fut prise par Fernando III . Cette même année, la
Grande Mosquée, après des rites de purification, fut consacrée au culte chrétien.
Elle fut alors modifiée et transformée. Á partir du XVIe siècle, on entreprit la
construction à l’intérieur de la Mosquée d’une cathédrale de style Renaissance qui
occupe actuellement le centre de la salle de prière.
Cité palatine de Madinat al-Zahra
Nom : Cité palatine de Madinat al-Zahra
Lieu : Situé à environ huit kilomètres au nord-est de Cordoue, dans la carrière de
Palma de Rio, Espagne
Date/période de construction : Période califale, en 936 ou 940
Matériaux de construction : Pierre, marbre, plâtre, argile, bois, brique
Décor architectural : Marbre sculpté, plâtres peints, pierre sculptée
Destinataire/mandataire : ‘Abd al-Rahmân III, al-Hakam II
Dimensions : Superficie intra-muros : 112 ha. ; L. : 1518 m. ; l. : 745 m
La ville nouvelle d'une surface d'environ de 110 Ha, avec sa mosquée, ses bains, et
ses souks, avait pour fonction la protection des représentants du pouvoir, compte
tenu de l'agitation perpétuelle de la cité de Cordoue, toute proche (8 km).
Elle présente une grande enceinte rectangulaire (1 500 x 750 m) enserrant un
ensemble d’éléments juxtaposés conçus comme des structures indépendantes.
Chaque élément regroupe une série de pièces situées autour d’un patio central,
dont une généralement se démarque par sa taille et l’exubérance de la
décoration
Zone
privée
Zone
Publique
Accès
privé
[Link] et portique de l’accès
officielle du palais
[Link] d’accès à Dar al Jund
Accès public
et officiel [Link] al Jund
[Link] al Wuzara
[Link] à Dar Al Jund
[Link] oriental "Salon Rico "
[Link] central du haut jardin
[Link] al Mulk
[Link] de Los Pilars
[Link] de la Alberca
[Link] de Ya’far
[Link] occidental « probablement »
[Link] des doubles colonnes
[Link] jardin
[Link]ée
Les trois terrasses marquent l’organisation du palais : la terrasse la plus élevée
est réservée au palais califal et les deux autres accueillent les bâtiments
administratifs, la mosquée, le souk, les habitations des commerçants et
fonctionnaires...
La Madinat al-Zahra était embellie par un immense jardin et vergers, fruit des
connaissances en botanique et systèmes d'irrigation des arabes à cette époque.
Vestiges de Madinat al-Zahra
Les royaumes de
Taifas (1031-1091)
Aux alentours de l'an 1000, la population musulmane d'al-Andalus était
constituée de trois factions ethniques :
- La faction dite "arabe" regroupant les Arabes proprement dits, les descendants
des Berbères ayant participé à la conquête musulmane au VIIIe siècle ainsi que
les descendants des chrétiens convertis
- La faction "berbère" constituée des descendants des mercenaires berbères
recrutés par le Califat de Cordoue durant le Xe siècle
- La faction " Saqāliba " constituée de mercenaires et d'esclaves slaves utilisés
comme garde prétorienne par le Califat.
Lorsque le Califat de Cordoue s'effondra en 1031, al-Andalus éclata en une série
de royaumes contrôlés chacun par une de ces factions ethniques et appelés pour
cette raison "royaumes de factions" ou "royaumes de taïfa"
Au XIème et XIIème siècles, après avoir atteint son apogée, le Califat de Cordoue
est divisé en petits royaumes suite à l'invasion par des troupes berbères
Almoravides et Almohades, ce qui permettra aux armées chrétiennes du nord de
reconquérir lentement le territoire espagnol face aux divisions musulmanes.
Lorsque le Califat de Cordoue s'effondra en 1031, al-Andalus éclata en une série de
royaumes contrôlés chacun par une de ces factions ethniques et appelés pour cette
raison "royaumes de factions" ou "royaumes de taïfa"
L’époque des taïfas : al-Andalus morcelé en 1037
L’époque des royaumes de Taifas 1031- 1091.
L’époque des Berbéres 1091- 1248.
L’époque des Nasrides 1237- 1492.
Il reste très peu d'édifices de cette période :
Taïfa houdide de Saragosse : Palais de
l'Aljaferia
Taïfa ziride de Grenade :
Porte d'Elvira Bañuelo de l'Albaicín
Emprunts à l'architecture omeyyade:
L'architecture des royaumes de taïfa est l'héritière directe de l'architecture
omeyyade (ou umayyade) du Califat de Cordoue et pourrait être qualifiée
d'architecture post-omeyyade.
Elle reprend bien entendu nombre de caractéristiques de l'architecture omeyyade :
- l'arc outrepassé (ou arc en fer à cheval)
- l'arc polylobé
- les arcs entrecroisés
- l'alfiz (encadrement rectangulaire de l'arc)...
Innovations de l'époque des royaumes de taïfa:
Malgré cette filiation directe, l'architecture de l'époque des royaumes de taïfa
apporte plusieurs innovations remarquables qui font toute l'originalité du palais de
l'Aljaferia à Saragosse.
• L'arc outrepassé brisé:
C'est à l'Aljaferia qu'apparaît pour la première fois l'arc outrepassé brisé.
Les deux portes latérales permettant d'accéder au Salon du Trône ou Salon Doré à
partir du portique nord sont surmontées chacune d'un arc outrepassé brisé.
Palais de l’Aljaferia Grande mosquée de Cordoue
Ce type d'arc a probablement été inspiré par les arcs outrepassés entrecroisés qui
ornent l'extension de la Mosquée de Cordoue construite par le calife Al-Hakam II en
961 et qui, en se croisant, forment de véritables arcs outrepassés brisés.
• Le grand arc polylobé brisé:
Autre innovation majeure de l'architecture des royaumes de taïfa, le grand arc
polylobé brisé orne en abondance l'Aljaferia, tant au niveau du portique nord, que
du Patio et du portique sud où il prend une forme complexe et sophistiquée.
• L'arc recti-curviligne:
L'innovation la plus singulière présente à l'Aljaferia est assurément l'arc recti-
curviligne, constitué de deux droites elles-mêmes composées d'une succession de
lobes et d'angles droits.
Influence sur les styles architecturaux ultérieurs:
• L'arc outrepassé brisé a été repris par l'architecture almohade, l'architecture
nasride et l'architecture musulmane en générale.
• Le grand arc polylobé brisé a été repris par l'architecture almohade (niveau
inférieur de la Giralda de Séville) et par l'architecture mudéjare : il orne en
abondance le Patio de las Doncellas (Cour des Demoiselles) de l'Alcazar de
Séville.
La Giralda de Séville
• L'arc recti-curviligne se développa très fort dans l'architecture almohade et
devint « arc à lambrequins » : ce type d'arc orne la travée centrale des quatre
étages supérieurs de la Giralda de Séville ainsi que le portique du Patio del Yeso
à l'arrière de l'Alcazar de Séville.
Patio del Yeso, Alcazar de Séville
Les entrelacements d'arcs "recti-
curviligne" devinrent dans
l'architecture almohade ce que l'on
appelle des sebka, grands réseaux
d'arcs recti-curvilignes entrecroisés
formant des losanges surmontant les
Sebka arcs des étages supérieurs de la
Arcs à lambrequins Giralda et du Patio del Yeso.
La Giralda de Séville
Les Nasrides (1237-1492)
L'Alhambra :
L'Alhambra constitue un ensemble palatial situé sur le plateau de la Sabika. Ses
remparts surplombent les vieux quartiers de la ville de Grenade : l'Albayçin et le
Sacramonte.
Vue sur l’Alhambra
Elle se compose essentiellement de quatre parties incluses dans son enceinte
fortifiée : l'Alcazaba, les palais nasrides, le Généralife (résidence d’été) , ses
jardins, et le palais de Charles Quint.
Partie la plus ancienne de l'Alhambra, l'Alcazaba, forteresse remontant au XIe
siècle de l'ére chrétienne, fût fondée sous la dynastie des rois Zirides. Construite à
la pointe occidentale de la colline de l'Alhambra (Sabîka), elle est de forme
triangulaire et domine la ville de Grenade sur deux de ses côtés. Elle bénéficie donc
d'une protection naturelle décisive et fût dotée de plusieurs tours de défense
massives.
A l'intérieur des remparts de l'Alcazaba, seules subsistent les fondations de ce qui
fût les habitations de la garnison militaire. L'étude des vestiges du quartier militaire
a révélé la présence de dix-sept appartements, d'un bain, d'une cuisine collective,
de divers dépôts, de casernes et d'écuries, ainsi que d'une citerne.
Vues sur l’Alcazaba
Les palais Nasrides:
Cour des lions
Les palais Nasrides: Cour des myrtes ( ou de l’Alberca)
Vues sur le Généralife
Vue sur le palais de Charles Quint