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Guide Agf Incendie

Le document traite de l'importance de la protection des entreprises contre les incendies, soulignant que les conséquences d'un sinistre peuvent être désastreuses et entraîner des pertes économiques irréversibles. Il présente des mesures de protection, divisées en protection passive et active, visant à réduire les dommages et à maîtriser les sinistres. Enfin, il détaille les matériaux et constructions à privilégier pour limiter la propagation du feu et assurer la sécurité des bâtiments.

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Guide Agf Incendie

Le document traite de l'importance de la protection des entreprises contre les incendies, soulignant que les conséquences d'un sinistre peuvent être désastreuses et entraîner des pertes économiques irréversibles. Il présente des mesures de protection, divisées en protection passive et active, visant à réduire les dommages et à maîtriser les sinistres. Enfin, il détaille les matériaux et constructions à privilégier pour limiter la propagation du feu et assurer la sécurité des bâtiments.

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Objectif

Protection

Entreprises Protection
Objectif Protection
> La protection, dans quel but ?
Les conséquences d’un incendie peuvent être désastreuses pour une organisation.
La destruction de bâtiments, de biens d’équipement, de stocks et de documents dans une entreprise va bien
au-delà de toute indemnisation possible. Même une bonne assurance des pertes d’exploitation ne peut
couvrir toutes les séquelles d’un arrêt de longue durée : le plus souvent, après reconstruction et reprise des
fabrications, l’entreprise se retrouvera à un niveau d’expansion inférieur à celui qu’elle aurait atteint si l’in-
cendie n’avait pas eu lieu.
Statistiquement, 43 % des entreprises disparaissent immédiatement après un sinistre majeur et 28 % dans
les trois années qui suivent. Les conséquences économiques sont parfois irréversibles. L’interruption des
livraisons de commandes en cours et les retards inévitables appliqués aux commandes en portefeuille
risquent d’entraîner non seulement des pénalités mais une évasion de la clientèle vers la concurrence. Les
facultés de récupération d’une entreprise sont évidemment fonction de l’importance du sinistre et du temps
nécessaire à sa remise en état de fonctionnement.
La prévention est indispensable pour la pérennité de l’entreprise et de son outil de production mais elle n’éli-
mine pas totalement le risque de survenance d’un sinistre. Le coût du sinistre incendie est important pour
l’entreprise :

Tunnel sous la Manche (novembre 1996) 173

Ensemble immobilier à usage de bureaux (mai 1996) 297

Industrie agroalimentaire (août 1994) 57

Centrale thermique (mars 1994) 81

Industrie agroalimentaire (février 1994) 49

Raffinerie (novembre 1992) 400

Industrie chimique (avril 1992) 80

Source : FFSA 0 50 100 150 200 250 300 350 400


Coût du sinistre incendie (M€ constants)

Il faut donc aussi agir sur les conséquences du sinistre afin d’en limiter la gravité.

La protection est l’ensemble des mesures qui permettent de réduire l’importance d’un sinistre lorsqu’il
survient. La différence fondamentale avec la prévention est que la protection s’adresse à la gravité en cher-
chant à la contenir, hors notion de fréquence.
Il existe deux catégories essentielles de mesures de protection : celles à mettre en place avant le sinistre qui
ont pour objectif de réduire l’ampleur de l’objet de risque exposé lors d’un événement donné, celles à mettre
en place dès la survenance du sinistre et qui sont typiquement des mesures d’intervention.

2
La mise en place de moyens de protection doit permettre de réduire :
- Les valeurs susceptibles d’être détruites ou endommagées par un sinistre,
- Les délais de maîtrise du sinistre.

Les moyens de protection à mettre en œuvre seront alors dictés par le respect de ce délai.

Pour éteindre un feu, on dit qu’il faut…

1 - 1 verre d’eau
à la 1ère minute 2 - 1 seau d’eau
à la 2ème minute

3 - 1 tonne d’eau à
la 3ème minute

> La protection, comment l’appliquer ?

Ce document a pour objectif de recenser les moyens de protection relatifs aux dommages aux biens ; il s’ar-
ticule autour de deux aspects : la protection passive et la protection active.
Par définition la protection passive s’insère dans la conception des bâtiments, par exemple en sélectionnant
des matériaux qui possèdent une charge combustible nulle ou faible, ou en aménageant des compartiments
coupe-feu afin de limiter la puissance d’un incendie et sa propagation. La protection active quant à elle, a
pour but de maîtriser et/ou limiter le sinistre.

La présentation de ce document est organisée autour de huit chapitres.

Limiter les destructions causées par l’incendie grâce à la :

Protection passive Protection active


1 Matériaux 4 Extincteurs mobiles
2 Construction 5 Robinets d’Incendie Armés
3 Compartimentage 6 Protections sprinkleurs
7 Protections ponctuelles
8 Désenfumage

3
I. MATÉRIAUX

La charge calorifique exposée à un incendie est déterminante tant dans sa vitesse de propagation que
dans sa puissance. Les matériaux de construction doivent être pris en compte dans cette évaluation de
la charge calorifique en fonction de leur comportement au feu.

> Quelles mesures prendre ?


Face au risque d’incendie, il faut choisir des matériaux qui n’apportent pas de charge calorifique addition-
nelle et qui ne soient pas vecteur de propagation de l’incendie.

> La démarche protection


Elle se décline en trois phases :
- Evaluer la charge combustible apportée par les matériaux constituant l’ensemble des éléments de cons-
truction,
- Sélectionner des matériaux de construction propres à limiter la charge combustible associée et la vitesse
de propagation du sinistre,
- Définir des mesures compensatoires.

1. Définitions - Ininflammabilité : propriété d’un matériau dont


la décomposition s’effectue sans production de gaz
Afin de réaliser les objectifs de la protection, les
inflammables ou de flammes et cesse dès que
matériaux sont étudiés au niveau de leur comporte-
disparaît la source de chaleur.
ment au feu, sous deux aspects :
- Réaction au feu : contribution comme aliment du
3. Classification
feu lors du développement du sinistre.
Les matériaux sont classés en cinq catégories (M0 à
- Résistance au feu : frein à l’action de l’incendie
M4) dont le schéma ci-après indique la logique :
dans le cadre d’éléments de construction regrou-
pant plusieurs matériaux.

2. Réaction au feu Essais de combustibilité

Les matériaux sont jugés comme aliment du feu


d’après les critères suivants : Incombustible
Combustible
M0
- Combustibilité : propriété que possède un corps
de se consumer par le feu. Elle est favorisée par la
division de matière, la teneur en oxygène, la faible Essais d’inflammabilité
hygrométrie et le pouvoir calorifique.
- Incombustibilité : propriété que possède un
Non inflammable
matériau de résister à l’ignition. Il ne brûle pas et ne Inflammable
M1
dégage pas de vapeurs inflammables en quantité
suffisante pour s’enflammer au contact d’une
source de chaleur quelconque. M2 M3 M4

- Inflammabilité : capacité d’un matériau à s’en-


flammer. Elle dépend de l’état des matériaux et de
leur emploi.

4
Avec M2 difficilement inflammable, M3 moyenne- observations après l’essai, une conclusion et le
ment inflammable, M4 facilement inflammable. classement du matériau. La durée de validité des
PV de classement est de cinq ans.
Le nouveau système européen de classification dit
euroclasses (marquage CE) informe de la classe
5. Quelques exemples de classification de
de réaction au feu du produit : A1 et A2 non
combustibles, B-C-D-E combustibles et F non matériaux
classés. Ces euroclasses se substituent progressive- • Classés M0 : Verre, béton, brique, plâtre, pierre,
ment aux classifications M utilisées actuellement. ardoise, fer, fonte acier, aluminium, produits céra-
miques, laine de Roche, tôle…
4. Procès verbaux (PV) de classement et durée • Classés M1 : Bois ignifugé, plaque de plâtre
de validité des PV cartonnée, bardage PVC…
Il est indispensable avant de choisir un matériau ou • Classés M2 : Asphalte, toile, panneau bois agglo-
un élément de construction, de disposer d’un méré, cuir…
procès verbal d’essai. Ce dernier comporte un • Classés M3 : Bois non traité, laine, polystyrène…
certain nombre de mentions comme les modalités • Classés M4 : Carton, moquette, mousse polyuré-
et les conditions de l’essai, les résultats d’essai, les thanne…

5
2. CONSTRUCTION

Compte tenu des risques générés par la présence de matières combustibles et de sources d’énergies liées à
l’utilisation même de ces bâtiments, l’étude de sécurité passe obligatoirement par celle des problèmes posés
par la construction. Cette dernière doit satisfaire à certaines exigences imposées par la législation ou pres-
crites par les compagnies d’assurance.

> Quelles mesures prendre ?


Protéger ses bâtiments passe par deux actions :
- Retarder l’effet de l’incendie sur les éléments de la structure,
- Eviter la propagation de l’incendie.

> La démarche protection


La construction peut limiter ou accélérer la propagation d’un incendie. Il faut donc :
- Savoir si le type de construction des locaux crée un risque incendie plus élevé que le contenu des bâti-
ments,
- Identifier les risques spéciaux.

1. Définitions 3. Protection des structures


La classification des éléments de construction est La résistance au feu n’est généralement pas le seul
établie en fonction de la durée de maintien des paramètre pris en compte pour le choix d’un type de
critères de résistance au feu. Cette dernière structure : des considérations économiques, esthé-
concerne le temps pendant lequel les éléments de tiques et de rapidité de mise en œuvre sont souvent
construction jouent leur rôle lors d’un incendie. primordiales. Il faut, face à l’incendie, retarder son
effet sur les éléments qui composent la structure
Quatre critères définissent la résistance au feu :
(retarder l’inflammation du bois, retarder l’échauffe-
- Résistance mécanique : stabilité de l’élément de ment de l’acier et du béton). Ce retard peut être
construction et maintien du rôle mécanique. obtenu de deux façons :
- Etanchéité aux flammes et aux gaz toxiques. - Interposition d’une isolation thermique incombus-
- Absence d’émission de gaz inflammables sur tible entre l’élément à protéger et l’incendie (écran
la face de l’élément non exposé à l’incendie. ou protection rapportée),
- Isolation thermique : Ce critère est respecté tant - Refroidissement ou élimination des calories par un
que l’échauffement moyen sur la face non exposée fluide (eau – air).
à l’incendie ne dépasse pas 140°C.
• Le bois : Pour augmenter la durée de résistance au
feu, il est possible, soit de protéger individuellement
2. Classement
les éléments en bois, soit de protéger des ouvrages
Les matériaux de construction sont classés en fonc- ou des parties d’ouvrages. La protection individuelle
tion de l’association des critères énoncés ci-dessous.
est assurée soit par enrobage de l’élément par du
Classement plâtre projeté, soit au moyen de matériaux fixés sur
Sable au Feu Pare-Flamme Coupe-Feu l’élément par clouage ou vissage. La protection d’ou-
Critères
(SF) (PF) (CF) vrages est réalisée au moyen de panneaux en bois
Résistance mécanique X X X ou dérivés du bois, de matériaux à base de plâtre, de
Étanchéité X X matériaux de remplissage tels que briques, mortiers
Non émission gaz X X ou parpaings ou encore d’isolants minéraux en
Isolation thermique X
panneaux rigides ou semi-rigides.

6
• Le béton et en béton est essentiellement fonction de l’épaisseur
le mortier : du béton recouvrant les armatures. Pour assurer
Les éléments une résistance suffisante, il faut adopter des
en béton mesures constructives en ce qui concerne les joints
constituant les de dilatation, la géométrie des éléments, le
structures sont ferraillage, l’enrobage des armatures et les maté-
conçus en béton armé riaux protecteurs.
ou précontraint. La résistance au feu des ossatures

3.1. Isolation thermique


Parmi les matériaux qui peuvent être utilisés pour réaliser une telle isolation, on distingue :

• Le plâtre : Il est ininflammable et incombustible. - Les fibres de verre possèdent des caractéristiques
On l’utilise soit en application directe sur le support, mécaniques intéressantes. Malgré leur propriété
soit sous forme d’éléments préfabriqués. d’isolation thermique et leur classement M0 ou
• La vermiculite : Roche minérale incombustible et M1, leur emploi est limité en protection car leur
résistante à des températures voisines de 1300°C. point de ramollissement se situe aux environs de
Elle est le plus souvent employée sous forme d’en- 500 à 550°C.
duit à projeter, de plaques ou de panneaux,
mélangée à un liant (ciment ou plâtre).
• La perlite : Roche volcanique dont les caractéris-
tiques et résultats obtenus sont pratiquement les
mêmes que pour la vermiculite.
• Les fibres minérales :
- Les fibres de roche dont le point de fusion est
supérieur à 1000 °C sont mélangées à un liant et
peuvent être projetées ou utilisées sous forme de
panneaux.

3.2. Le refroidissement
• Refroidissement par l’eau : Ce procédé consiste • Refroidissement par l’air : En évacuant rapide-
à arroser la structure d’un bâtiment soit par un ment les gaz chauds et fumées issus de l’incendie,
réseau d’extinction automatique à eau au moyen de les exutoires conduisent à un abaissement de la
têtes sprinkleurs dirigées de telle façon qu’un film température de l’intérieur des locaux. Les structures
recouvre l’élément sur toute sa hauteur, soit par un peuvent ainsi ne pas être portées trop rapidement à
rideau d’eau. leur température de ruine.

4. Classement des toitures

Le classement des toitures est établi en considérant L’indice de propagation du feu en surface est obtenu
le temps de passage T du feu à travers la toiture et en mesurant la différence entre le temps t1 du début
la vitesse de propagation du feu à la surface de la de combustion d’une éprouvette du matériau essayé
toiture (ceci pour un feu provenant de l’extérieur du et le temps t2 où l’autre extrémité de l’éprouvette
bâtiment). (située à 3 m) est atteinte par la combustion.
- Classe T30 : temps de passage du feu supérieur à - Indice 1 quand t2-t1 > 30 mn,
30 minutes, - Indice 2 quand 10 mn < t2-t1 < 30 mn,
- Classe T15 : temps de passage du feu compris entre - Indice 3 quand t2-t1 < 10 mn.
15 et 30 minutes, On obtient une classification : T30/1, T15/1, T5/1,
- Classe T5 : temps de passage du feu compris entre T30/2, T15/2, T5/2, T30/3, T15/3 et T5/3.
5 et 15 minutes.

7
5. Comportement au feu des toitures 6. Comportement au feu des façades
Pour lutter contre les dangers d’un feu intérieur, il Les façades peuvent permettre la propagation d’un
faut prendre en considération à la fois la résistance incendie suivant trois processus : par rayonnement
au feu et la réaction au feu de l’ensemble des d’un immeuble voisin ou d’une partie de bâtiment
éléments constituant la toiture. Il existe différents adjacente, par transmission d’un feu d’origine
types de toitures : externe vers l’intérieur, par transmission d’un feu
- Toitures-terrasses : elles sont constituées par un interne d’un niveau à un autre d’un même bâtiment,
revêtement d’étanchéité "multicouches" supporté par les ouvertures ou les façades.
par un plancher en béton ne présentant pas de Il existe différents types de façades :
risque particulier.
- Façade incombustible : mur en béton, briques,
- Toitures composites partiellement combusti- pierres ou parpaings, unis par un liant (mortier,
bles : ces types de toitures devront répondre aux plâtre ou ciment).
prescriptions décrites dans le Document Technique
- Bardage simple peau : paroi constituée de tôle
Incendie n°4 de l’APSAD concernant les couver-
ondulée (acier).
tures isolantes en bac acier avec isolation ther-
mique, revêtues d’étanchéité et classées dans la - Bardage double peau incombustible : 2 parois en
catégorie Co2. Cette catégorie définit un type de tôle ondulée où vient s’intercaler un isolant
couverture qui limite l’aggravation du sinistre en minéral comme la laine de roche qui confère au
évitant une propagation rapide du feu. matériau une propriété coupe-feu.
- Toitures homogènes combustibles : elles sont - Bardage double peau combustible : même principe
constituées de plaques ondulées de matières plas- que précédemment avec un isolant combustible
tiques accrochées par des pièces métalliques aux comme la mousse polyuréthanne.
pannes d’une charpente métallique. Il existe aussi
des toitures constituées par des "shingles" ou
bardeaux cloués sur des panneaux en bois ou en
agglomérés, eux même fixés sur des voliges en
bois.

8
3. COMPARTIMENTAGE

Le compartimentage est l’ensemble des mesures constructives qu’il y a lieu de prendre pour lutter contre la
propagation de l’incendie en créant des obstacles à cette propagation. Ces obstacles, verticaux ou horizon-
taux, en empêchant ou en ralentissant l’incendie, vont permettre :
- De faciliter ou d’assurer l’évacuation des personnes,
- D’isoler les zones présentant des risques particuliers,
- De faciliter l’intervention des secours extérieurs en leur permettant d’accéder au cœur du sinistre,
- De limiter l’ampleur des dégâts en contenant l’incendie.

> Quelles mesures prendre ?


Le compartimentage doit, comme la plupart des mesures de protection contre l’incendie, être conçu dès
l’avant projet de construction, de façon à ce qu’il coïncide avec des découpages logiques de l’activité et des
services, et que les équipements et les aménagements s’y intègrent judicieusement. Il s’applique :
- A un local, dont toutes les parois et issues devront satisfaire à des critères définis de résistance au feu ou
à un ensemble de locaux dont les "frontières" seules devront satisfaire à ces critères. Cet ensemble
formant un "compartiment" à l'intérieur duquel les exigences de résistance au feu des parois verticales ne
seront pas imposées,
- Aux circulations ou "dégagements", qui devront présenter des parois et des issues ayant un certain niveau
de résistance au feu (dégagements encloisonnés) et être limités par des recoupements au moyen de portes
résistant au feu ;
- Aux cages d'escaliers et d'ascenseurs, dont les parois et les blocs-portes résistants au feu contribueront à
les "encloisonner ", aux combles, aux vides, qui devront être "recoupés" par des éléments résistants au
feu,
- Aux gaines et conduits traversant les parois, les planchers et les plafonds, afin que leur passage n'altère
pas l'efficacité de la protection, au moyen de calfeutrements, volets ou clapets restituant le degré de résis-
tance au feu des éléments traversés,
- Aux parois séparant deux bâtiments contigus ou deux parties de bâtiments.
Tout cloisonnement intérieur, à condition qu’il soit réalisé en matériaux incombustibles, retarde la propaga-
tion et sert d’appui à l’intervention des sapeurs pompiers.

> La démarche protection


Pour réaliser un compartimentage efficace, il faut :
- Définir les zones à isoler,
- Spécifier les degrés coupe-feu nécessaires ou les distances d’éloignement requises pour le type d’incendie
prévisible,
- Définir les traitements des ouvertures lorsqu’elles ont indispensables,
- Mettre en place les procédures propres à assurer l’intégrité des coupe-feu dans le temps.

1. Eloignement
Le moyen le plus simple pour éviter qu’un incendie distance séparative de 10 m devra, le cas échéant,
ne se propage est de l’isoler dans l’espace. Séparer être augmentée lorsqu’on peut s’attendre à un déga-
les activités exercées dans chaque bâtiment est un gement calorifique important : cas de constructions
premier principe de compartimentage. comportant des façades en matériaux combustibles,
Deux risques sont considérés comme distincts s’ils des stockages de grande hauteur, des dépôts d’hy-
sont séparés par un espace entièrement libre de 10 m au drocarbures, avec aggravation possible en fonction
moins. Dans le cas d’un groupe de bâtiments, la des vents dominants.

9
2. Le plancher Exemples de séparations :
Le classement des planchers tient compte de la
Nature du Revêtement du Épaisseur(cm) du matériau
nature des matériaux constitutifs et de la qualité des matériau matériau CF 4h CF 2 h
protections des communications entre niveaux. On
Béton armé Sans enduit 25 15
considère un plancher coupe-feu lorsqu’il est constitué de
(mur porteur) u* = 7 u* = 4
béton ou parpaings sur solives béton, lorsque les
dispositifs d’obturation (portes ou trappes) sont Béton armé Sans enduit 17,5 11
(mur nonporteur) u* = 7 u* = 4
conformes à la règle R16 de l’APSAD et lorsque les
communications d’un étage à un autre sont encagées. Briques pleines Sans enduit 22 10,5

Briques creuses Sans enduit - 15


3. Les séparations
• Le Mur Séparatif Ordinaire (MSO) a pour objet de *u : épaisseur (cm) d’enrobage des armatures,
constituer dans un bâtiment une ligne naturelle de
défense contre l’incendie, sur laquelle les services de 4. Les faux-plafonds
secours peuvent s’appuyer pour limiter la propaga-
Les faux-plafonds doivent être réalisés en utilisant
tion du feu. Le MSO doit être au moins coupe-feu
des matériaux classés M0. La résistance au feu
2 heures quelle que soit la face du mur exposée à
impose quant à elle certaines contraintes : les
l’incendie. Un MSO peut être porteur mais certaines
éléments incorporés (luminaires, gaines, chauf-
dispositions sont à respecter d’après la règle R15 de
fage…) ne doivent pas affaiblir le degré de résis-
l’APSAD. Lorsque la nature de la couverture justifie
tance au feu. Le mode de fixation du faux-plafond
que le MSO coupe la toiture du bâtiment, le revête-
doit avoir un degré de stabilité au feu au moins égal
ment d’étanchéité ne doit pas passer au-dessus du
au degré de résistance au feu du faux-plafond
MSO et doit donc être interrompu. Les ouvertures
proprement dit.
pratiquées dans un MSO doivent être équipées de
portes simples CF 1h30 et PF 2h.
5. Portes
• Le Mur Séparatif Coupe-Feu (MSCF) permet de
séparer deux bâtiments ou deux parties d’une même Les Portes Coupe-Feu (PCF) doivent être coulissantes, à
construction de telle sorte que tout incendie se un seul vantail et à translation "horizontale".
déclarant d’un côté du MSCF ne puisse pas se • PCF simples : la fermeture automatique doit s’ef-
propager de l’autre côté. Il doit s’opposer au passage fectuer quel que soit le côté du mur où l’incendie se
des fumées et sa conception doit être telle que déclare.
même si l’une des parties séparées s’effondre, le
• PCF doubles : la fermeture automatique doit s’ef-
mur reste en place pour continuer à jouer son rôle.
fectuer quel que soit le côté du mur où l’incendie se
Le MSCF doit être au moins coupe-feu 4 h quelle que
déclare et le système de déclenchement doit
soit la face du mur exposée à l’incendie. Les ouver-
entraîner la fermeture simultanée des 2 PCF. Le non-
tures pratiquées dans un MSCF doivent être équi-
fonctionnement de l’une des portes doit être sans
pées de doubles portes CF 1h30 et PF 2h.
influence sur le fonctionnement de l’autre.
• Positions des vantaux : pendant la période d’inacti-
vité des établissements, les PCF doivent être en posi-
tion fermée. En dehors de ces périodes, elles sont
maintenues soit ouvertes, soit fermées.
• Fonctionnement en cas d’incendie : pour les portes
maintenues en position ouverte, en cas d’incendie, la
fermeture de ces portes doit pouvoir se faire auto-
matiquement (délai maximum de 30 sec) et manuelle-
ment.

10
6. Volets, clapets et fermetures coupe-feu 7. Ascenseurs, escaliers et sas
• Les volets doivent réaliser une coupure coupe-feu Les cages d’ascenseur ou de monte charge doivent
ou pare-flammes dans un conduit véhiculant des gaz être isolées à chaque niveau par des portes coupe-
chauds. Les clapets situés en droit du passage feu ou au moins pare-flammes. Il faut prévoir et
doivent pouvoir réaliser une coupure coupe-feu ou disposer de trappes de visite dont le montage ne
pare-flammes de même degré que celui de l’élé- modifie pas le degré de résistance au feu (étanchéité des
ment. Les volets et clapets doivent faire l’objet d’es- joints en particulier).
sais normalisés et de procès verbaux d’essais.
Les trémies ou les cages d’escalier constituent un
• Les fermetures coupe-feu (FCF) sont des éléments cheminement privilégié pour les gaz chauds, les
mécaniques qui ont pour but d’obturer l’ouverture flammes, les fumées et les gaz toxiques ; il faut donc
d’un passage d’un convoyeur ou d’une bande les isoler du reste du bâtiment par des parois coupe-
transporteuse et de restituer le degré coupe-feu du feu 1 h 30 ou pare-flammes 2 h, des portes d’accès
mur ou du plancher. coupe-feu 1/2 h ou pare-flammes 1 h ou encore par
Le Document Technique Incendie n°3 de l’APSAD l’intermédiaire d’un sas ventilé. Cette disposition doit
définit les obligations essentielles auxquelles doivent aussi être complétée par un système permettant l’éva-
satisfaire les systèmes de FCF équipant les cuation des fumées et des gaz de combustion.
convoyeurs au droit des ouvrages séparatifs. Entre Un sas constitue un moyen de franchissement d’une
autres, le système de FCF doit se refermer automati- paroi en maintenant à cette paroi son efficacité dans le
quement lors d’un incendie, et en dehors des heures compartimentage. Les portes doivent s’ouvrir vers l’inté-
de travail, doit rester fermé. rieur du sas et être équipées de ferme-porte auto-
matique. Il doit être ventilé soit naturellement soit
mécaniquement.

8. Compartimentage des locaux à risques et


des locaux stratégiques
Le compartiment à l’épreuve du feu (CEF) est destiné à
isoler à l’intérieur d’un bâtiment une activité ou un
stockage. Il doit être implanté au niveau du rez-de-
chaussée du bâtiment qui le contient. La surface du
CEF est limitée à 250 m2 et sa profondeur ne doit pas
excéder 15m. Les parois du CEF (autres que la paroi
extérieure) doivent être coupe-feu 1 h 30 quel que soit le
côté de la paroi où le feu prend naissance. Les
éléments d’ossature (du bâtiment ou du CEF) inté-
grés dans la paroi extérieure doivent être stables au
feu 1 h 30. On installera ce type de compartimentage
pour isoler des locaux à risques comme le local
chaufferie, les laboratoires, la zone de stockage des
liquides inflammables etc. et pour compartimenter
des locaux stratégiques comme le local informa-
tique, l’autocommutateur, les transformateurs etc.

11
4. EXTINCTEURS MOBILES

Moyen de première intervention, l’extincteur mobile a souvent un rôle décisif dans la lutte contre l’in-
cendie. Chaque année, il vient à bout d’un nombre considérable de foyers naissants qui, en son
absence, auraient dégénéré en sinistres ; la rapidité d’action est donc primordiale dans la mesure où il
n’est efficace que sur un foyer naissant. Il permet aussi de limiter les dégâts, dans l’attente de la mise
en œuvre de moyens plus puissants. Il est destiné à être utilisé par quiconque découvre un début d’in-
cendie.
Un extincteur est un appareil qui permet de projeter et de diriger sur un foyer d’incendie un agent
extincteur. La projection hors de l’appareil est obtenue par l’effet d’une pression intérieure due à la
compression préalable de l’agent extincteur ou à la libération d’un gaz de chasse au moment de la mise
en œuvre. Les extincteurs mobiles sont d’utilisation facile et permettent l’extinction sur différents types
de feu par choix de l’agent extincteur adéquat. Leur installation est aisée et indépendante de la struc-
ture du bâtiment. Cependant, leur rayon d’action et leur temps d’utilisation sont limités et ils nécessi-
tent une implication humaine importante (rapidité de l’intervention, approche du feu à faible distance).

> Quelles mesures prendre ?


Les extincteurs doivent impérativement être adaptés à la nature des combustibles et aux risques encourus.
Il faut tenir compte de certaines limitations d’emploi, du type du local, des conditions environnementales et
éventuellement des inconvénients pour les personnes ou le matériel.
L’ensemble du site doit être équipé d’extincteurs portatifs pour permettre une intervention immédiate en cas
de départ de feu. La dotation en extincteurs est réalisée conformément à la règle R4 éditée par l’APSAD. Une
formation initiale doit être dispensée à l’ensemble des employés. Elle doit comprendre notamment la mani-
pulation d’extincteurs sur feu réel et un entraînement de rappel doit être organisé chaque année pour 25 %
de l’effectif.

> La démarche protection


Pour assurer une protection efficace grâce aux extincteurs, il faut :
- Associer les agents extincteurs à chaque type de risque,
- Définir la dotation minimum et les dotations complémentaires liées à un risque spécifique,
- Assurer la maintenance du parc et la formation périodique des utilisateurs.

1. Classes de feux - Extincteurs à mousse, classe de feu B,


- Extincteurs à poudre BC ou ABC, respectivement
Classe A : Feux de matériaux solides.
classes de feu B et C et classes de feu A, B et C.
Classe B : Feux de liquides ou de solides liquéfiables. - Extincteurs à dioxyde de carbone (CO2), classe de
Classe C : Feux de gaz. feu B,
Classe D : Feux de métaux. - Extincteurs à hydrocarbures halogénés ou halons,
classe de feu B.
2. Types d’extincteurs • Quelle que soit la nature de l’agent extincteur, les
• Les extincteurs sont caractérisés par l’agent extincteur appareils sont répartis en deux grandes catégories,
qu’ils contiennent. Ces derniers sont choisis en fonction de en fonction de leur masse en ordre de marche :
la classe de feu prédominante : - Extincteurs portatifs dont la masse totale est infé-
- Extincteurs à base d’eau (pulvérisée, avec ou sans rieure ou égale à 20 kg, utilisables à la main par
additif), classe de feu A, toute personne en présence d’un début d’incendie,

12
- Extincteurs sur roues qui sont soit tractables, soit 4. Installation
remorquables, soit les deux. Ce sont des appareils • Pour la protection générale , le nombre et le type
de première intervention susceptibles d’être mis d’extincteurs sont déterminés en fonction du risque
en œuvre par un service de sécurité incendie. à couvrir en respectant des fractions de 200 m2 au
sol. Par exemple, pour une activité industrielle, on
3. Caractéristiques peut doter la surface soit d’un extincteur de 9 L eau
avec ou sans additif, soit d’un extincteur 9 Kg poudre BC
Les extincteurs à base d’eau, eau pulvérisée ou
ou ABC, soit d’un extincteur de 9L mousse ou encore
mousse, ont une action progressive. Leur durée de
de 3 extincteurs de 5Kg CO2.
fonctionnement est relativement grande et se situe
autour de la minute. • Pour un danger particulier, quelle que soit la confi-
guration de la zone, un extincteur sera toujours
Les autres extincteurs doivent avoir un effet de choc. disposé à moins de 5 m du danger localisé. Son
Il est alors nécessaire de projeter sur le feu le emplacement doit être tel que l’incendie survenant
maximum de produit dans le minimum de temps. au niveau du danger n’empêche pas son utilisation.

Type Durée de Distance


Capacité d’attaque
d’extincteur fonctionnement

Eau 9L 60 sec 2m
Poudre 9 Kg 15 sec 4m
CO2 5 Kg 18 sec 0,5 m
Halon 4 Kg 12 sec 2,5 m

13
5. ROBINETS D’INCENDIE ARMÉS

L’objet d’une installation de Robinets d’Incendie Armés (RIA) est de permettre une intervention d’urgence dans la
lutte contre l’incendie lorsque le sinistre a pris une ampleur dépassant le stade de l’emploi des extincteurs mobiles,
et en attendant que des moyens plus puissants puissent être mis en œuvre. Ce sont des installations fixes pouvant
être manipulées par une seule personne dès l’alerte.
Un RIA est un équipement de premier secours alimenté en eau. Il comporte un robinet d’arrêt pour
fermer son alimentation, une longueur élémentaire de 20 ou 30 m de tuyau semi-rigide sur un dévidoir à
alimentation axiale, une lance à robinet diffuseur munie d’un système de préhension et éventuellement
une clef tricoise et son support, une hache incendie, un seau et leur support.
Les RIA présentent de nombreux avantages comme l’attaque du feu à 15 m de distance avec une puissance supérieure à
celle d’un extincteur (débit de 10 m3/h). Ils permettent également l’extinction de différents types de feux comme ceux de la classe
A et ceux de la classe B s’ils sont dopés à la mousse.

> Quelles mesures prendre ?


Afin de permettre une intervention immédiate sur un foyer développé, une installation RIA doit être généra-
lisée à la totalité d’un établissement et particulièrement sur l’ensemble des stockages. Les postes RIA doivent être
disposés le plus près possible des issues et notamment sur les quais de chargement et déchargement, pour
en autoriser la manœuvre dans les meilleures conditions possibles pour l’utilisateur. Les RIA peuvent être installés
dans des armoires munies d’une porte verrouillée qui doit être équipée d’un dispositif d’ouverture d’urgence. Une
équipe de seconde intervention (ESI) doit être formée à leur maniement.

> La démarche protection


Les différentes étapes à suivre sont les suivantes :
- Choisir le type de RIA,
- Définir le nombre et l’implantation des postes RIA,
- Assurer la maintenance du parc et la formation périodique des utilisateurs.

1. Types de RIA RIA


Pression minimale
Débit minimal
au robinet d’arrêt de
Ils sont soit fixes (dévidoir tournant dans un seul DN
RIA le plus défavorisé
correspondant
plan) soit pivotants (dévidoirs tournant dans
19 3,0 bar 30 L/min
plusieurs plans).
25 3,5 bar 55 L/min
Dans chaque type, il existe trois diamètres nomi-
40 4,5 bar 120 L/min
naux (DN) dont le choix est déterminé en fonction des
locaux à protéger et du risque incendie :
- Fixes : DN 19, DN 25 et DN 40 mm, 3. Emplacements des RIA
- Pivotants : DN 19, DN 25 et DN 40 mm. Les RIA doivent être placés à l’intérieur des bâti-
Le diamètre DN 19 est à proscrire dans les établissements ments à protéger, aussi près que possible de l’accès
industriels et est exclusivement réservé aux risques de l’extérieur au rez-de-chaussée et des paliers
courants (zone de bureaux). d’escalier dans les étages. Dans le cas où les issues
Ils ont tous une longueur élémentaire de tuyau de sont trop éloignées les unes des autres, les empla-
20 ou 30 m semi-rigide muni d’une lance. cements intermédiaires des RIA doivent être situés
2. Installation de préférence dans les couloirs de circulation.
L’accès des RIA doit être facile, axe de la bobine
La disposition des postes RIA doit être conforme à situé entre 1.20 m et 1.80 m du sol, et leurs abords
la règle R5 de l’APSAD. maintenus constamment dégagés. Ils doivent être
Pour l’alimentation en eau, la règle préconise : signalés d’une façon très apparente.
- La pression minimale au robinet diffuseur du RIA Le choix et le nombre des emplacements sont déterminés
le plus défavorisé doit être de plus de 2,5 bar de façon à ce que toute la surface des locaux puisse être
quand 3 lances débitent. efficacement atteinte d’où la nécessité de protéger les
- Les caractéristiques des RIA à prendre en compte pour locaux par au moins deux jets d’eau en position jet diffusé.
déterminer celles de la source sont regroupées La distance entre 2 RIA ne doit jamais excéder la somme
dans le tableau suivant : des longueurs de leur tuyau.

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6. SPRINKLEURS

Les installations d’extinction automatique à eau de type sprinkleur permettent de contenir un


incendie. A titre d’exemple, aucune perte de vie humaine n’a été déplorée au cours des incendies
recensés en Europe depuis plus de vingt ans dans les établissements protégés par des sprinkleurs
(source : "Risques d’entreprise", L’Argus, 17 avril 1998) et dans près de 85 % des cas en France,
5 têtes de sprinkleurs ont suffi à maîtriser l’incendie (source : Face au risque N°335,
septembre 1997).
Leur rôle est de déceler un foyer d'incendie (de transmettre une alarme), de
l'éteindre à ses débuts ou au moins de le contenir de façon à ce que l'extinction puisse
être menée à bien par les moyens de l'établissement protégé ou par les sapeurs-pompiers.
La détection est faite par les sprinkleurs qui sont des détecteurs thermiques à température fixe. Le choix des
températures de déclenchement et des emplacements est fonction des caractéristiques des locaux et de leur utili-
sation.
L'extinction est faite par l'eau déversée par les sprinkleurs. Le débit d'eau, le type de pulvérisation, la surface d'ar-
rosage de chaque sprinkleur sont fonction du feu à éteindre. L'efficacité maximum est obtenue quand tout
incendie peut être arrosé à ses débuts quel que soit son emplacement et avec la quantité d’eau nécessaire.
Les installations de type sprinkleur sont disponibles 24h/24 sans présence humaine et ont montré leur effi-
cacité dans tous les pays et sur tous les types de feux. Comme le montrent les statistiques en pourcentage
d’incendies éteints ou contenus, par moins de 30 sprinkleurs ouverts : en France 96,1 % (APSAD), en Europe 94,4 %
(CEA) et aux USA 96,2 % (NFPA), leur efficacité est maximale.

> Quelles mesures prendre ?


L'importance et la nature de la charge calorifique ainsi que la vitesse de propagation du feu conditionnent le débit d'eau
par unité de surface et le nombre de sprinkleurs dont le fonctionnement est prévisible. Il est donc indispensable, pour
construire l'installation adaptée, de connaître les risques d'incendie du bâtiment à protéger.
Pour obtenir la meilleure efficacité, tous les locaux d'un même bâtiment, tous les bâtiments contigus et tous
les bâtiments situés à moins de 10 mètres doivent être protégés et, en particulier, les espaces cachés (combles
inaccessibles, faux-planchers, faux-plafonds, compartiments latéraux…).
On dispose pour le détecteur, que ce soit fusible ou ampoule, d'une gamme allant de 57 à 343 °C dont le repérage se fait par
la couleur de l'étrier ou de l'ampoule. Les diamètres d'orifice utilisés sont de 10, 15 ou 20 mm.
L’arrosage se fait par pulvérisation qui va de la gouttelette du sprinkleur conventionnel au brouillard des
sprinkleurs à grande vitesse. Les têtes s’ouvrent uniquement au dessus du foyer. La surface d'arrosage peut être un
cercle, un demi-cercle ou une lame. Suivant les modèles, ils peuvent être posés debout, pendant, horizontal,
semi encastré et même caché. Leur emplacement doit être choisi de manière à obtenir la détection la plus rapide et le
meilleur arrosage. Pour l'arrosage, il faut éviter les perturbations dans la répartition de l'eau en tenant
compte des obstacles horizontaux et verticaux existants dans la structure du bâtiment et dans l'utilisation
des locaux.

> La démarche protection


La mise en place d’une protection par sprinkleur nécessite :
- L’identification du type d’activité et des produits à protéger,
- La conformité au choix d’un référentiel technique (Règle R1 de l’APSAD, NFPA, VdS…),
- Le dimensionnement de la source d’alimentation,
- La réception et la maintenance de l’installation,
- Le suivi de la protection pour maintenir l’adéquation de la protection au risque protégé en cas d’évolutions
du site.

15
1. Locaux de travail 5. Maintenance et vérification
La nécessité d'équiper les locaux de travail d'installations La durée de vie d'une installation sprinkleurs est longue.
fixes d'extinction automatique d'incendie est laissée à Cette longévité implique une série d'opérations d'entre-
l'appréciation des chefs d'établissements (art. R.232-12- tien, de vérification et d'adaptation pour garantir
17 du Code du Travail). C’est le critère de gestion du risque toujours la même efficacité. Des essais hebdomadaires,
incendie qui va dicter le choix de ce moyen de protection : des contrôles semestriels et une visite triennale sont
vulnérabilité de l’entreprise, capitaux exposés, exigence de préconisés et doivent être consignés sur des registres
l’assureur ou des clients. adéquats. Ces opérations concernent essentiellement les
postes de contrôle et les sources d'eau. En complément,
2. Etablissements recevant du public il faut exercer une surveillance sur l'ensemble de l'instal-
En application de l'article R 123-11 du Code de la lation et des locaux et en particulier sur l'état des sprin-
Construction et de l'Habitation, le Règlement de sécurité kleurs, l'état des canalisations et supports, la position des
applicable aux établissements recevant du public stipule, en vannes d'isolement et le dégagement des sprinkleurs par
son article MS 25 que : "des installations fixes d’ex- rapport aux obstacles. Tout ceci en tenant compte de la
tinction à eau, de type sprinkleurs, peuvent être modification du bâtiment et des procédés de fabrication,
exigées dans tout ou partie d'un établissement". et de la variation du risque incendie : type de fabrication,
L'extinction automatique n'est obligatoire que dans de produits, d'emballage, de stockage, etc.
les établissements de type M (magasins, centres
commerciaux ou hypermarchés) dont la surface des 6. Variantes
locaux de vente, y compris les mails, excède 3000 m2. En Des systèmes particuliers ont été développés, soit
outre, la quantité de matières inflammables stockées et la pour éteindre des feux de sévérité très élevée soit
surface des réserves autorisées sont liées à la présence de pour répondre à des besoins spécifiques :
sprinkleurs. • Les sprinkleurs ESFR (Early Suppression-Fast
Response : extinction précoce-réponse rapide) ont
3. Immeubles de grande hauteur été conçus pour lutter contre les feux à développe-
L'article GH 51 du règlement de sécurité précise qu'une ment rapide pouvant se déclarer dans les entrepôts.
protection par extinction automatique à eau conforme Ils présentent la particularité d'avoir un temps de
aux normes françaises et réalisée par une entreprise réponse plus court face à l'élévation de température
dûment qualifiée est obligatoire dans le cas où des que les sprinkleurs traditionnels et procèdent à une
compartiments communiqueraient entre eux par une attaque directe du feu en projetant très rapidement
baie maintenue ouverte ou s’il y a un dépassement du une grande quantité d'eau.
potentiel calorifique des éléments mobiliers contenus • Les sprinkleurs à grosses gouttes ont été déve-
dans un compartiment. Cette obligation peut aussi être loppés pour lutter plus efficacement contre les feux
exigée dans les locaux présentant un risque particulier à haute intensité qui se déclarent particulièrement
d'incendie, dans les parcs de stationnement situés dans dans les entrepôts où sont stockées des marchan-
l'immeuble, dans les gaines verticales (cages d'escalier, dises à forte charge calorifique. En effet, quand ce
trémies d'ascenseurs et monte-charge, gaines techniques) type de feu se déclare, les gouttes d’eau de taille
non recoupées, ainsi que dans le réceptable et les dépôts normale sont emportées avec les flammes et les gaz
du local à ordures qui doivent être protégées tous les cinq de combustion sans que leur vaporisation refroi-
niveaux. disse le foyer. L'extinction doit donc se faire au moyen
d'un système diffusant à la fois des grosses gouttes d'en-
4. Les sources d’eau viron 2 mm qui vont atteindre le foyer et des fines
Une installation sprinkleurs est équipée de sources gouttelettes qui vont abaisser la température sous
d’eau qui sont capables d’alimenter tous les sprin- toiture. L'efficacité du système entraîne une réduc-
kleurs de la surface impliquée, quelle que soit la tion très importante des besoins en eau et permet
position de celle-ci, compte tenu du temps d’extinc- également de réduire les protections de structure et
tion et du débit requis. les réseaux intermédiaires dans les rayonnages.

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7. PROTECTIONS PONCTUELLES

Les protections ponctuelles sont des systèmes d’extinction utilisés pour protéger ponctuellement des installations
ou applications spécifiques. En effet, il peut s’avérer nécessaire de protéger seulement une partie précise de l’ac-
tivité (local informatique, étape d’un procédé de fabrication, cabine de peinture ou encore cuve d’huile de
trempe…) présentant un risque élevé ou étant indispensable à la production.

> Quelles mesures prendre ?


Afin de réaliser de façon optimale une protection ponctuelle, il faut :
- Déterminer quelle activité ou installation est à protéger.
- Déterminer le type de protection c’est-à-dire soit une protection ponctuelle en milieu ouvert (protection
d’une machine ou d’un outil dans un atelier), soit une protection partielle par noyage total d’un local
fermé.
- Déterminer l’agent extincteur adéquat en fonction de l’activité à protéger et du type de protection choisie.
De façon générale, les extinctions automatiques à eau, à poudre, à mousse et à gaz carbonique sont utilisa-
bles en milieu ouvert ou fermé. Les extinctions à gaz autres que le CO2, quant à elles, s’utilisent seulement
en milieu fermé.

> La démarche protection


La mise en place de protections ponctuelles implique de :
- Sélectionner le type de protection ponctuelle le mieux adapté au risque,
- Déterminer les spécifications techniques de l’installation et son mode de déclenchement,
- Assurer la réception et la maintenance de l’installation.

1. Système d’extinction automatique CO 2


L’efficacité du CO2 est due à la réduction de la
teneur en oxygène de l’air à une valeur à laquelle le
feu ne peut plus s’auto-alimenter. Cet agent extinc-
teur présente les avantages d’être sec, de fournir sa
propre pression de décharge, de ne pas être corrosif
et de ne pas laisser de résidus.
Ces systèmes utilisent des concentrations variant de
34 à plus de 70 % en fonction des matériaux et selon
le taux de concentration, ils fonctionnent par noyage
total du local ou par protection partielle de matériels
(moteur, turbine, tableau électrique…).
Par exemple :
- Transport maritime et terrestre (salle des
machines, soutes, bancs d’essais moteurs). 2. Protection ponctuelle par mousse à bas
- Bâtiments et industries (salles informatiques, archives, foisonnement.
bibliothèques, stockages, solvants, centraux télé- La projection de mousse sur la surface d’un foyer à
phoniques, caves à huile, laminoirs, cabines de éteindre a pour effet de former un film qui, même
peinture, étuves, cuves de trempe). en épaisseur assez faible, isole complètement le
- Energie (turbines à gaz ou à fuel, salles de combustible. L’utilisation de ces systèmes est parti-
contrôle, salles électriques, stations de recompres- culièrement indiquée pour combattre les feux de liquides
sion, transformateurs en cellule, alternateurs, tels que les hydrocarbures, alcools, solvants etc., pour les
groupes électrogènes). risques clos et à l’air libre. Par exemple :

17
- Dépôts de liquides inflammables (réservoirs, • Système d’extinction à brouillard d’eau
stations de pompage, postes de chargement, Cette technique joue un rôle intéressant pour des
risques divers). applications spécifiques où les autres systèmes ne
- Industries chimiques, peintures et vernis. peuvent être utilisés ou ne sont pas satisfaisants.
L’eau qui est pulvérisée en fines gouttelettes dans
l’air absorbe plus efficacement la chaleur, en raison
3. Protection par un noyage total d’un local de l’importance de la surface d’échange. Ces
clos systèmes offrent l’avantage de réduire considérable-
• Systèmes d’extinction par mousse à moyen et haut ment les dégâts dus à l’eau et permettent son utili-
foisonnement. sation dans des domaines où celle-ci était jusqu’à
présent prohibée. Par exemple :
Ces types de mousses, au contact du feu, se trans-
forment en grande partie en vapeur d’eau et agissent - Salles de machines dans les bateaux.
par étouffement du feu. - Chemins de câbles.
La mousse à moyen foisonnement est recommandée - Appareillages électriques…
pour la protection de surfaces de toutes dimensions
et pour la protection de petits volumes. 4. Systèmes ponctuels à poudre
La mousse à haut foisonnement est recommandée Les installations d’extinction à poudre agissent à la
pour la protection de grands volumes clos et des fois par effet d’étouffement en empêchant l’air d’ar-
stockages de hauteur inférieure à 4,6 m. river au combustible et par effet d’inhibition de la
• Extinction automatique par gaz inertes et par gaz réaction en chaînes de la combustion.
inhibiteurs Les risques pouvant être couverts au moyen de ce
système à poudre sont les liquides et gaz inflamma-
A titre d’exemple, ce type d’extinction peut être
bles ou combustibles. Pour certains métaux cette
utilisé dans les cas suivants :
méthode est la plus efficace et la plus sûre car le
- Atelier d’application de peinture. recouvrement se fait avec une poudre spéciale
- Installations de télécommunication. (poudre de graphite par exemple).
- Ordinateurs. Ces installations ont pour avantages de posséder un
- Locaux de stockage de liquides inflammables. grand pouvoir extincteur, d’être insensibles aux
Les gaz inertes agissent par diminution de la teneur intempéries et températures extrêmes. Elles offrent
en oxygène (10 %) ce qui rend la combustion impos- aussi une diversité d’usage et sont employées par
sible. Parmi ces agents, citons l’azote, l’Inergen et exemples :
l’argon. Ils sont complémentaires des systèmes CO2 - Stations services, postes de dépotage, chaufferies
lorsque ces derniers ne sont pas utilisables. etc.
Les gaz inhibiteurs agissent à faible concentration - Cabines, bains, dépôts de peinture.
sur les mécanismes des réactions chimiques produi- - Bains de trempe, réservoirs d’huile et de combus-
sant la flamme et ce, sans diminuer la teneur en tibles liquides.
oxygène de l’air. Parmi ces agents, citons le FM 200, le - Produits chimiques incompatibles avec l’eau.
FE 13 ou FORANE 23. Ils sont réputés sans action sur
la couche d’ozone et ont été conçus pour remplacer
le Halon 1301.

18
8. DÉSENFUMAGE

Le désenfumage est la technique de contrôle du mouvement des fumées. La législation impose pour
tous les types de bâtiments la mise en place de dispositifs de désenfumage et les assureurs ont égale-
ment établi des règles de conception et d'installation d'exutoires de fumées qui viennent en complé-
ment des prescriptions réglementaires.

> Quelles mesures prendre ?


Dans un local incendié, le désenfumage a double rôle :
- Maintenir praticables les cheminements utilisés pour l'évacuation des personnes et l'intervention des
secours en diminuant la teneur en gaz toxiques, en maintenant un taux d'oxygène suffisant et en conservant un
maximum de visibilité,
- Empêcher la propagation du feu, en dirigeant vers l'extérieur chaleur, gaz et imbrûlés, pour protéger les
biens matériels.
Il s’agit d’aménager en toiture des exutoires d’une surface utile au minimum conforme aux textes en vigueur,
avec ouverture par deux dispositifs distincts, automatique et manuel.

> La démarche protection


Une démarche efficace passe par :
- Le choix du moyen de désenfumage,
- La définition de l’installation et de son mode de déclenchement.
- La maintenance de ces équipements, y compris par des tests réguliers.

1. Fonctions du désenfumage
Du point de vue des assureurs,
• Le désenfumage sert à l'évacuation des personnes
dans les établissements recevant du public,
• Le désenfumage sert à la protection des biens dans les
établissements industriels puisque le personnel
connaît déjà les locaux.

2. Types de désenfumage
On distingue 2 types de désenfumage :
• L'ouverture des exutoires doit être commandée de
- Le désenfumage naturel réalisé par des amenées
façon automatique et manuelle. Les commandes manuelles
d'air et des évacuations de fumées communiquant
d'ouverture doivent être placées à proximité des
directement avec l'extérieur ou au moyen de
accès.
conduits disposés de manière à assurer un balayage
satisfaisant du local. • En cas de protection du bâtiment par sprinkleur,
- Le désenfumage par tirage mécanique assuré par des l'ouverture des exutoires doit s'effectuer après le
conduits de ventilation basse et ventilation haute ayant déclenchement des dispositifs automatiques d'extinction par
des sections égales à celles des bouches. eau. La température d’ouverture des exutoires doit
Pour les grands volumes, on utilise un système de être supérieure de 30°C à celle de déclenchement des têtes
désenfumage naturel et pour les locaux à risques, on sprinkleur.
emploie un système de désenfumage mécanique. • Les locaux de plus de 1600 m2 ou de plus de 60 m de
longueur, doivent être divisés en cantons incombus-
3. Caractéristiques techniques des exutoires tibles de désenfumage, qui ne doivent pas avoir une
La règle R17 de l'APSAD préconise des mesures relatives à surface inférieure à 1000 m2.
la conception et à l'installation d'exutoires de fumée : • A titre indicatif, la surface des exutoires représente entre
• Tout exutoire doit être équipé, individuellement, 1 et 2 % de la surface de la toiture.
d'un dispositif d'ouverture thermosensible.
• Il faut prévoir au moins quatre exutoires pour 1000 m2
de superficie de toiture.

19
Objectif Protection
Depuis leur création, les AGF ont participé à l’assurance des risques industriels et sont devenues l’un des
premiers acteurs de ce marché fortement spécialisé.

Ayant fait le choix d’une approche polyvalente de ces risques, les AGF veulent professionnaliser les trois
métiers qui concourent à l’acte d’assurer :

- la souscription qui doit permettre à chaque client d’obtenir un juste prix pour chaque garantie souscrite,

- l’indemnisation, véritable service après-vente de l’assureur, qui doit aider l’industriel à gérer au mieux
les conséquences d’un sinistre avec l’objectif de maintenir sa présence sur ses marchés.

- la prévention, sans laquelle ne se conçoivent pas la démarche de progrès et le partenariat qui lient l’in-
dustriel et son assureur.

Ce guide de la protection contre les risques d’incendie est l’un des outils que les AGF mettent à la disposi-
tion de leurs clients.

Il doit vous permettre de faire un point régulier sur votre démarche et vous aider dans la mise en place des
solutions pour pallier les insuffisances que vous avez identifiées.

Direction IARD des Entreprises et des Professionnels


COM08750 - V11/05 - Imp11/05

Prévention des Risques


Case postale C414
100 rue de Richelieu - 75092 Paris Cedex 02
[Link]
Document non contractuel
AGF IART : Société anonyme au capital de 894 416 336 euros. 542 110 291 RCS Paris. Entreprise régie par le Code des assurances. Siège social : 87, rue de Richelieu 75002 Paris.

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