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Le Protocole A La Charte Africaine Des Droits de L'Homme Et Des Peuples Relatif Aux Droits Des Femmes en Afrique: Etat Des Lieux

Le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, adopté en 2003, vise à promouvoir et protéger les droits des femmes en condamnant les discriminations et les violences à leur égard. Bien qu'il représente une avancée juridique significative, de nombreux obstacles subsistent, notamment le manque de ratification par certains États et la persistance des inégalités de genre. La mise en œuvre effective du Protocole reste un défi crucial pour garantir les droits des femmes sur le continent.

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Le Protocole A La Charte Africaine Des Droits de L'Homme Et Des Peuples Relatif Aux Droits Des Femmes en Afrique: Etat Des Lieux

Le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, adopté en 2003, vise à promouvoir et protéger les droits des femmes en condamnant les discriminations et les violences à leur égard. Bien qu'il représente une avancée juridique significative, de nombreux obstacles subsistent, notamment le manque de ratification par certains États et la persistance des inégalités de genre. La mise en œuvre effective du Protocole reste un défi crucial pour garantir les droits des femmes sur le continent.

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LE PROTOCOLE A LA CHARTE AFRICAINE DES DROITS DE L'HOMME ET DES


PEUPLES RELATIF AUX DROITS DES FEMMES EN AFRIQUE : ETAT DES LIEUX

Article · April 2019

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Chardin Carel Makita Kongo


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LE PROTOCOLE A LA CHARTE AFRICAINE
DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES
RELATIF AUX DROITS DES FEMMES EN
AFRIQUE :
ETAT DES LIEUX

Chardin Carel MAKITA KONGO*


Doctorant en droits de l’homme et droit humanitaire
Université Catholique D’Afrique Centrale
Courriel : chardin_m@[Link]

1
INTRODUCTION

« L’admission de la femme à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation.


Elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain et ses chances de bonheur. »
Stendhal.

Le Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux
droits des femmes en Afrique, ou Protocole de Maputo, a été adopté le 11 juillet 2003 par la
2ème session ordinaire de la Conférence de l’Organisation de l’Unité Africaine à Maputo
(Mozambique). Le protocole de Maputo vient compléter cette Charte, en affirmant
spécifiquement les droits des femmes en Afrique. Il énonce un certain nombre de droits
humains, comme l’alimentation, la santé, l’éducation, la dignité, la paix. Il s’attache
également à certaines inégalités entre les hommes et les femmes, condamne la discrimination
à l’encontre des femmes, et statue sur l’héritage, la succession et les droits des veuves. Enfin,
le protocole de Maputo condamne les mutilations génitales féminines et énonce le « droit à la
santé et au contrôle des fonctions de reproduction »1.

Pour certains analystes, ce Protocole est un texte de référence majeur. Ses dispositions
en matière de droits civils et politiques, d’intégrité physique et psychologique, de santé
sexuelle et reproductive, de non-marginalisation ou encore d’émancipation économique,
symbolisent l’engagement des États africains à mettre un terme aux discriminations, aux
violences et aux stéréotypes de genre à l’encontre des femmes. Aussi déclarait Me. Soyata
Maiga, Rapporteure spéciale de la Commission africaine des droits de l’Homme et des
Peuples2 sur les droits des femmes en Afrique : « L’adoption du Protocole de Maputo a été un
moment extraordinaire, historique pour la réalisation des droits des femmes africaines.
Aujourd’hui, ce texte constitue un modèle et une source inépuisable d’inspiration. À condition
d’être ratifié et pleinement mis en œuvre, il représente un véritable instrument d’action en
faveur de la transformation durable de nos sociétés »3.

Malgré ces quelques avancées notoires, plusieurs obstacles à la pleine réalisation des droits
des femmes persistent sur le continent. 18 États ne sont toujours pas partis au Protocole, alors
même que dans plusieurs d’entre eux – dont le Soudan, la République centrafricaine ou

* Enseignant _Assistant à l’Université Catholique d’Afrique Centrale et doctorant en droits de l’homme


1
- article 14.
2
- En sigle : CADHP
3
- FIDH, « Droits des femmes en Afrique : 18 pays n’ont toujours pas ratifié le protocole de Maputo ! », 10
juillet 2013, (consulté le 13/09/2018),[Link]
de-l-homme/afrique/droits-des-femmes-en-afrique-18-pays-n-ont-toujours-pas-ratifie-le-13642

2
encore l’Égypte, qui sont encore aujourd’hui en proie à des situations de crises politiques
graves ou de conflits armés – les femmes continuent d’être les principales cibles de violences,
discriminations et stigmatisations4.

Dans cette contribution, nous voulons montrer que, si l’adoption du Protocole de Maputo par
les États africains a constitué une avancée formidable d’un point de vue juridique (I) ; sa mise
en œuvre effective constitue un autre combat et les Etats ne sont visiblement pas encore prêts
pour l’avortement (II).

I – LE PROTOCOLE DE MAPUTO : UNE AVANCEE JURIDIQUE POUR LES


DROITS DES FEMMES EN AFRIQUE

Pour juger de l’importance du Protocole de Maputo, il faut considérer son influence


dans le changement de la situation de marginalisation et d’infériorisation des femmes en
Afrique qui se manifeste sur le plan juridique (A) et au niveau de la lutte contre les inégalités
de genre (B).

A – Le Protocole de Maputo et l’amélioration juridique de la situation des femmes en


Afrique

Le Protocole de Maputo marque la fin du « non-droit » et avec lui, la fin des


discriminations, des violences fondées sur le sexe tout comme la fin des pratiques néfastes à
l’égard des femmes en Afrique qui jusque-là étaient sans possibilité de recours. Il trouve
d’abord toute son importance dans la reconnaissance des droits de la Femme africaine ensuite
dans la condamnation des violations de ces droits.

Premièrement, la reconnaissance des droits fondamentaux de la femme en Afrique par


le Protocole de Maputo est un préalable à la lutte contre la marginalisation et les violences
faites aux femmes en Afrique. C’est un premier pas appréciable, tant il est vrai que la
discrimination, les pratiques néfastes et les violences faites aux femmes en Afrique ont été
longtemps favorisées par les us et coutumes africains maintenus par les résistances au
changement et le système patriarcal qui prévaut. Ce qui n’était pas reconnu à la femme
africaine hier, lui est aujourd’hui reconnu et garanti.

Le Protocole reconnaît aux femmes le droit à l’accès à la justice et l’égale protection devant la
loi5; le droit au mariage libre et consenti. Comme on peut le lire dans le Protocole, les « Etats

4
- Cf. Ibid.

3
veillent à ce que l’homme et la femme jouissent de droits égaux et soient considérés comme
des partenaires égaux dans le mariage »6 ; donc qu’aucun mariage ne soit célébré sans le
consentement libre et entier des deux parties. Ce qui remet en cause la pratique du mariage
forcé. Il ne se contente pas de les reconnaître mais il les garanti et s’assure que tous les Etats
signataires prennent des mesures pour la réalisation de ces droits. Ce qui était hier légitime
passe donc aujourd’hui pour illégal et illégitime aux yeux de la loi.

Ensuite, le Protocole fournit sur les droits des femmes un cadre juridique exhaustif
permettant de tenir les gouvernements africains pour responsables des violations des droits
des femmes qu’ils commettent. Il marque ainsi la fin de l’impunité face aux pratiques néfastes
et la discrimination à l’égard des femmes car ces actes deviennent des délits et donc
deviennent répréhensibles. Les Etats Parties s’engagent à éliminer les discriminations à
l’égard des femmes7, à éliminer toutes les pratiques néfastes à l’égard des femmes8, à protéger
la femme en cas de conflits armés9.

Ces quelques exemples montrent qu’avec le Protocole de Maputo les femmes peuvent
demander et obtenir réparation d’un tort subi ou que toute violation de ces droits sera punie.
Surtout que les Etats parties sont tenus, conformément aux dispositions du Protocole, de
prendre toutes les mesures pour mettre sur pied un cadre juridique avec des sanctions
appropriées qui protégeraient et apporteraient un soutien aux victimes de ces pratiques.

Avec le Protocole de Maputo, on reconnaît des droits aux femmes africaines. Ce qui
implique qu’en cas de violation, elles peuvent intenter une action légitime en justice. En effet,
dans les dispositions transitoires, il est dit : « En attendant la mise en place de la Cour
africaine des droits de l’homme et des peuples, la Commission africaine des droits de
l’homme et des peuples est compétente pour connaître des litiges relatifs à l’interprétation du
présent Protocole et découlant de son application ou de sa mise en œuvre. »10 La Cour
africaine des droits de l’Homme et des peuples est enfin opérationnelle. Elle a rendu sa
première décision le 15 décembre 2009.

5
- Article 8.
6
- Article 6
7
- « Les États combattent la discrimination à l’égard des femmes, sous toutes ses formes, en adoptant les
mesures appropriées aux plans législatif, institutionnel et autre. » Art. 2
8
- « Les États interdisent et condamnent toutes les formes de pratiques néfastes qui affectent négativement les
droits humains des femmes et qui sont contraires aux normes internationales. Les États prennent toutes les
mesures législatives et autres mesures afin d’éradiquer ces pratiques… » Art.5
9
- « Les États partis s’engagent à respecter et à faire respecter, les règles du droit international humanitaire
applicables dans les situations de conflits armés qui touchent la population, particulièrement les femmes » Art.11
10
- Disposition transitoire, art. 32.

4
Quant à la procédure devant la cour, il est prévu qu’elle puisse, à l’instar de la
Commission, tenter de parvenir à un règlement amiable de l’affaire, ce qui illustre l’influence
de la mentalité africaine qui fait en général prévaloir la conciliation sur le duel qui résulte de
toute approche judiciaire.

Les parties à l’instance peuvent se faire assister ou représenter et ont la possibilité de


bénéficier, en tant que de besoin, d’une assistance gratuite. Il est aussi prévu que les juges ne
puissent pas siéger lors de l’examen d’une affaire dont ils ont eu à connaître à quelque titre
que ce soit, de même qu’ils doivent se récuser dans les affaires concernant l’Etat mis en
cause, au cas où ils seraient des ressortissants de ce Etat.

La procédure devant la Cour est bien entendu contradictoire. Il s’y ajoute que la Cour
pourra diligenter toute enquête et avoir recours à tout autre moyen de preuve qu’elle jugerait
adéquat. Elle pourra aussi ordonner des mesures provisoires en cas de situations pouvant
causer des dommages irréparables à la victime.

Si la Cour constate l’existence de violations avérées des droits de l’homme, elle


« ordonne toutes les mesures appropriées afin de remédier à la situation, y compris le
paiement d’une indemnité ou l’octroi d’une réparation »11.

C’est au Conseil exécutif de l’Union africaine d’assurer le suivi de l’exécution des


arrêts de la Cour. Celle-ci est tenue tous les ans d’adresser à la Conférence de l’Union
africaine un rapport d’activités exhaustif et circonstancié, où seront bien entendu mis en
évidence tous les cas d’inexécution de ses décisions. Ce rapport annuel sera l’occasion pour la
Cour de mettre à l’index les Etats qui n’auraient pas respecté leurs engagements en refusant
d’exécuter les arrêts de la Cour ou en ne le faisant que de mauvaise foi. Autant dire que la
Cour dispose par ce biais d’un moyen approprié de mettre l’organe suprême de l’organisation
panafricaine au-devant de ses responsabilités

Au-delà, le protocole de Maputo offre l’opportunité d’arriver à une non-discrimination


envers les femmes et ainsi offrir aux deux sexes une égalité dans leur chance de
développement. En cela, il participe de l’amélioration de la situation des femmes en Afrique.

11
- En application de l’article 27, § 1 du Protocole.

5
B - Le Protocole de Maputo et la lutte contre les inégalités de genre

Le Protocole de Maputo rejoint un ensemble d’initiatives internationales en faveur de


la lutte contre les inégalités de genre. En tant que tel, il participe de l’action publique
internationale articulée sur la mobilisation régionale contre les discriminations et les pratiques
néfastes envers la femme et l’intégration de la dimension genre par le droit.

Notons d’abord que le protocole de Maputo est un instrument juridique qui permet de
lutter contre les discriminations et les pratiques néfastes à l’égard des femmes au niveau de
tous les Etats africains, par le mécanisme de la ratification qui implique que chaque Etat
signataire incorpore dans sa constitution des dispositions en conformité avec le Protocole. En
effet le Protocole exige des Etats qu’ils prennent des dispositions et des mesures législatives
pour la réalisation des droits reconnus dans ce protocole.

En son article 2 alinéa 1, le Protocole dispose : « les Etats combattent la


discrimination à l’égard des femmes, sous toutes ses formes, en adoptant les mesures
appropriées aux plans législatif, institutionnel et autre ». En d’autres termes, les Etats
s’engagent à intégrer une perspective de genre dans leurs décisions politiques, leurs lois, leurs
plans de développement, leurs programmes et leurs activités. Le Protocole de Maputo est
donc une initiative majeure qui permet l’harmonisation des lois nationales des pays africains
en faveur de la lutte contre les inégalités de genre. Il permet l’intégration de l’égalité de genre
non seulement par la voie juridique mais aussi au niveau international africain.

Il ya ensuite l’intégration de la dimension genre par le droit. Il y plusieurs modalités de


l’intégration de la dimension genre : elle peut se faire par les politiques publiques, les
institutions12 et par le droit13.

L’intégration de la dimension genre consiste à évaluer l’implication des hommes et


des femmes dans chaque action planifiée comportant la législation, les programmes, les
procédures dans tous les domaines et à tous les niveaux. L’objectif étant la distribution
équitable de ressources et des bénéfices. Car l’intégration de la dimension genre favorise le
développement économique et social. Dans un contexte où la marginalisation de la femme
reste une réalité prégnante, la nécessité de cette intégration devient un enjeu de taille. Ainsi, le
Protocole de Maputo contribue à la promotion et à la protection effective des droits des

12
- ONU Femmes, Ministère de la promotion de la Femme et de la famille, etc.
13
- Déclaration universelle des droits de l’homme, Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples ; etc.

6
femmes dans le système international africain. Car il permet de s’assurer que l’égalité de
genre est une priorité dans tous les secteurs et dans tous les aspects surtout ceux spécifiques à
la femme africaine.

Dans un contexte marqué par la marginalisation et l’infériorisation de la femme, le


Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux droits des
Femmes est un instrument juridique sans précédent dont il était question de montrer
l’importance. L’adoption de ce Protocole est la manifestation de la prise en compte dans les
hautes sphères de représentation africaine (Union africaine) des spécificités de la situation de
la femme africaine.

En effet, bien que les femmes africaines partagent les mêmes problèmes qu’ailleurs
dans le monde, elles ont des préoccupations qui leur sont spécifiques et qui sont peu ou pas
couvertes au niveau international telles que la polygamie, le mariage coutumier, l’héritage,
etc. Il marque également la prise en compte de l’aspect genre nécessaire dans la marche vers
le développement.

A travers le Protocole de Maputo, les Etats font un grand pas dans la reconnaissance
de droits des femmes africaines et la condamnation de toute violation de ces droits. Ce qui
contribue à l’amélioration de sa situation sur le plan juridique. Les Femmes africaines sont
désormais protégées par un droit qui leur donne l’occasion de réclamer justice en cas de tort.
La portée du Protocole de Maputo est bien plus grande encore. Il permet de poursuivre cette
lutte non seulement au niveau microsocial, mais aussi au niveau macrosocial, c’est-à-dire au
niveau du continent africain. A ce titre c’est un instrument d’action publique internationale,
entendue ensemble d’actions définies comme solution à un problème commun à plusieurs
Etats.

En définitive, intégrer une démarche d’équité entre les sexes, c’est évaluer les
incidences pour les femmes et pour les hommes de toute action envisagée, notamment dans la
législation, les politiques ou les programmes, dans tous les secteurs et à tous les niveaux. Il
s’agit d’une stratégie visant à incorporer les préoccupations et les expériences des femmes
aussi bien que celles des hommes dans l’élaboration, la mise en œuvre, la surveillance et
l’évaluation des politiques et des programmes dans tous les domaines – politiques,
économique et social – de manière que les femmes et les hommes bénéficient d’avantages
égaux et que l’inégalité ne puisse se perpétuer. Le but ultime est d’atteindre l’égalité entre les
sexes.

7
Il faut en arriver à éduquer les hommes et les femmes, et engager toute la communauté
dans une prise de conscience collective, est une démarche politique qui a l’avantage de
montrer que la violence à l’égard des femmes, n’est pas juste un défi des femmes, mais un
problème qui affecte toute la communauté et dont la résolution requiert l’engagement des
hommes mais aussi le changement des perceptions chez la population féminine. Dans des
zones rurales, une grande proportion de femmes croit que les hommes ont le droit de battre
leurs épouses. Une telle croyance est étroitement liée la perception de la femme comme une
propriété acquise à travers la dote.

II – LE PROTOCOLE DE MAPUTO ET LES CONTRAINTES DE SA MISE EN


ŒUVRE

Malgré tous ces progrès, la situation des femmes reste instable dans beaucoup de pays,
notamment en cas de crise politique ou de conflit armé. De même, les Etats signataires
peinent à faire respecter tous les droits établis par la charte. Cela nous invite à revisiter
l’article 14 du Protocole et les problèmes de sa réception (A), enfin envisager quelques pistes
de soulions (B).

A – ENTRE LEGALISATION ET/ OU LIBERALISATION L’AVORTEMENT

En substance, le Protocole de Maputo, formulé avec l’assistance de la Fédération


internationale du planning familial14, demande explicitement que toutes les méthodes de
contraception, y compris celles qui sont abortives comme la Pilule, soient fournies par les
gouvernements.

Seulement, à la pratique, cette légalisation sans limite a déjà débouché sur certaines
dérives. Aux États-Unis par exemple, cette ouverture a été utilisée pour justifier tous les
avortements et à n’importe quelle période de la grossesse, puisque les médecins « avorteurs »
peuvent toujours arguer que la femme serait devenue dépressive ou anxieuse si l’avortement
demandé lui avait été refusé. C’est dire que, s’il arrive que le Protocole soit ratifié et
pleinement mis en œuvre, ce serait une véritable transformation de nos sociétés ; avec des
risques cependant que certaines dispositions, à l’instar de l’avortement, ne soient pas
suffisamment encadrées. En effet, pour un avortement médicalisé en phase avec l’Article 14
du Protocole de Maputo15, les médecins doivent être stricts, au besoin même recourir au

14
- En sigle : IPPF.
15
- « Les États assurent le respect et la promotion des droits de la femme à la santé, y compris la santé sexuelle
et reproductive. Ces droits comprennent : le libre choix des méthodes de contraception… » Art. 14.1 (c).

8
tribunal pour que celui-ci apprécie si réellement la grossesse met en danger la santé mentale et
physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus. Ou que c’est bien un cas d’agression
sexuelle, de viol, d’inceste et qu’il faut pratiquer l’avortement. Ceci revient à dire que tout
avortement qui ne serait pas autorisé par le juge, après sa libre appréciation, sera retenu
comme un fait infractionnel et le médecin engagera sa responsabilité. De même, les complices
devront être dûment poursuivis. L’intervention du tribunal dans l’avortement aura comme
avantage de légaliser tout en ne libéralisant pas, l’avortement en Afrique.

Pour accompagner leurs ratifications, plusieurs pays -à l’image du Sénégal- ont déjà
pris des mesures législatives ou institutionnelles, établissant des mécanismes de promotion
des droits des femmes. Mais, ces nations émettent pour la plupart des réserves liées
particulièrement à l’article 14. D’ailleurs, c’est principalement pour cette raison que 18 pays16
ne sont toujours pas « Etats-parties » au Protocole.

Plusieurs voix officielles ont dénoncé ce Protocole notamment celles des autorités de
l’Eglise Catholique romaine. Le Pape Benoît XVI dans son discours d’arrivée au Cameroun :
« Je dois également mentionner un autre grave sujet de préoccupation : les politiques de ceux
qui, dans l'illusion de faire progresser l'édifice social, en menacent les fondements mêmes.
Combien est amère l'ironie de ceux qui promeuvent l'avortement au rang des soins de santé
des mamans ! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression
de la vie serait une question de santé reproductive »17

Du côté islamique, El Hadj Mokhtar Aboubakar Omar18, dans une note faite au nom
de toute la communauté musulmane du Cameroun, se dit indigné du « désastre qui se profile
à l’horizon avec l’article 14 du protocole de Maputo qui prône l’homosexualité et
l’avortement (…) Raison pour laquelle, nous condamnons avec la dernière énergie cet article
du protocole de Maputo », tranche t-il19. De même, dans la religion musulmane, l’homme

« Les États prennent toutes les mesures appropriées pour : protéger les droits reproductifs des femmes,
particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque
la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus. » Art.14.2
(c).
16
- Algérie, Botswana, Burundi, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Madagascar, Maurice, Niger, Sierra Leone, Sao
Tomé et Principe, République Centrafricaine, République arabe sahraouie démocratique, Sierra Leone, Somalie,
Soudan, Sud Soudan, Tunisie.
17
- Discours du pape à l'aéroport de Yaoundé devant le Président et les autorités politiques du Cameroun, mardi
17 mars 2009, in [Link]
defend-l-Afrique-a-naitre (consulté le 14 septembre 2018).
18
- Président national de l’Union islamique du Cameroun et imam central de la mosquée de Douala New-Bell.
19
- Cf, Protocole de Maputo : Les musulmans contre l'article 14, in
[Link] (consulté le 13 septembre 2018).

9
doit hériter doublement par rapport à la femme alors que le protocole exige que l’héritage soit
partagé équitablement.20

Pour certains gardiens de la tradition, ils pensent que l’adoption de cette loi relative à
l’avortement médicalisé en cas de viol, d’inceste et grossesse non désirée pourrait entrainer le
libertinage.
Finalement, pour ces tendances, les Africains ont toujours valorisé la vie et la famille. Le
Protocole de Maputo est une attaque sans précédent contre les enfants à naître et la famille
traditionnelle. La puissance de l’Afrique n’émane pas de ses ressources naturelles, mais de sa
population jeune et active. Aucun pays, aucun continent qui tue sa jeune génération ne peut
survivre. Le Protocole de Maputo serait inspiré par des européens non pas par des africains.
L’Afrique ne doit pas suivre l’exemple suicidaire de l’Europe.
Quant au Cameroun, il a signé cet instrument le 25 juillet 2006 et l’a ratifié le 13
septembre 2012. Seulement, le nouveau code pénal Camerounais21 continue à pénaliser
l’avortement sous toutes ses formes jusqu’à la « fermeture du local professionnel et
l’interdiction d’exercer la profession » « d’une personne qui exerce une profession médicale
ou en relation avec cette profession »22 qui pratiquerait régulièrement l’avortement. Cette loi
condamne également la femme qui se livre à l’avortement ainsi que celui qui l’aide à
l’accomplir.
Nous pouvons également relever l’article 11 relatif à la garantie de la protection des
femmes en temps de conflit armé23. En effet, sur les trente deux articles que compte ce
protocole, un seul est réservé à la protection des femmes en situation de conflit armé. Il
rappelle aux Etats leurs obligations à respecter le DIH en matière de protection des femmes
dans les conflits armés. Nous constatons malheureusement que dans les conflits armés en

20
- « Tout comme les hommes, les femmes ont le droit d’hériter des biens de leurs parents, en parts équitables ».
Article 21.2
21
- Promulguée par la loi N° 2016/007 du 12 juillet 2016
22
- Nouveau code pénal camerounais, art. 337.
23
- « 1. Les États partis s’engagent à respecter et à faire respecter, les règles du droit international humanitaire
applicables dans les situations de conflits armés qui touchent la population, particulièrement les femmes.
2. Les États doivent conformément aux obligations qui leur incombent en vertu du droit international
humanitaire, protéger en cas de conflit armé les civils, y compris les femmes, quelle que soit la population à
laquelle elles appartiennent ;
3. Les États s’engagent à protéger les femmes demandeurs d’asile, réfugiées, rapatriées ou déplacées, contre
toutes les formes de violence, le viol et autres formes d’exploitation sexuelle et à s’assurer que de telles
violences sont considérées comme des crimes de guerre, de génocide et/ou de crimes contre l’humanité et
que les auteurs de tels crimes sont traduits en justice devant des juridictions compétentes ;
4. Les États prennent toutes les mesures nécessaires pour qu’aucun enfant, surtout les filles de moins de 18 ans,
ne prenne part aux hostilités et, en particulier, à ce qu’aucun enfant ne soit enrôlé dans l’armée. »

10
Afrique, les femmes sont encore sujettes à diverses formes d’abus, abus sexuels tels que
l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, le viol.
L’alinéa 4 dudit article demande à ce qu’aucun enfant surtout les filles de moins de
dix-huit ans ne prenne part aux hostilités et qu’aucun d’entre eux ne soit enrôlé dans l’armé.
Cet alinéa renvoie au Statut de Rome24 sur les crimes de guerre, précisément sur l’interdiction
de la conscription ou l’enrôlement d’enfant, crime dont a été reconnu coupable Thomas
Lubanga25.
Les crises militaro-politiques que connaît l’Afrique cette dernière décennie n’ont pas
épargné les femmes. En Centrafrique26, les troupes de Jean Pierre Bemba ont, entre autres,
violé des femmes27, tout comme les combattants de la LRA qui se sont rendus coupables de
crimes qui pourraient s’apparenter à des crimes de guerre : mutilations, traitement cruel
torture, viol, esclavage sexuel28, pillage, enrôlement d’enfants de moins de quinze ans et
attaques délibérées contre des civils29 ; au Congo démocratique, qualifié « capitale mondiale
du viol »30 les femmes sont victimes de toutes sortes d’abus ; au nord du Mali les filles et les
femmes ont été violées collectivement et systématiquement par des belligérants, des mariages
forcés ont été signalés ; en Côte d’Ivoire, les violences postélectorales ont occasionné des
viols des femmes de la part des camps fidèles à Laurent Gbagbo et à Alassane Ouattara 31 ; au
Nigeria, rappelons que 276 lycéennes ont été enlevées le 14 avril 2014 à Chibok, localité
située dans le nord-est du pays, 185 lycéennes kidnappées à Gumsuri, un village voisin, le 13

24
- Statut de Rome, art. 8 al. 2 (vii)
25
- Le 14 mars 2012, Thomas Lubanga a été déclaré coupable des crimes de guerre consistant en l'enrôlement et
la conscription d'enfants de moins de 15 ans, et le fait de les faire participer activement à des hostilités (enfants
soldats). Le 10 juillet 2012, il a été condamné à une peine totale de 14 ans. Le verdict et la peine ont été
confirmés par la Chambre d'appel le 1er décembre 2014. Transféré le 19 décembre 2015 dans une prison de la
République démocratique du Congo (RDC), afin de purger sa peine d'emprisonnement.
26
- Etat encore non-partie au Protocole
27
- L’ancien vice-président de la RDC, Jean Pierre Bemba, était poursuivi pour des crimes contre l'humanité
(viol et meurtre) et crimes de guerre (viol, meurtre, et pillage) commis en Centrafrique entre 2002 et 2003 par
des combattants de la rébellion MLC qu’il dirigeait à cette époque.
28
-Bosco Ntaganda, ancien chef d’état-major général responsable des opérations militaires des forces
patriotiques pour la libération du Congo, accusé de sept chefs de crimes de guerre pour l’enrôlement, la
conscription et l’utilisation d’enfants soldats pour commettre des exactions contre la population civile au rang
desquelles figure l’esclavage sexuel.
29
- Amnesty International, République Centrafricaine, Après des décennies de violence, il est temps d’agir,
2011, p.8
30
- WALLSTRÔM, M., envoyée spéciale de l’ONU pour les violences faites aux femmes et aux enfants dans les
conflits, citée par LACÔNE Lysiane, les violences sexuelles en république démocratique du Congo : de l’arme
de guerre au crime civil, mémoire, Institut Supérieurs de relations internationales et stratégiques, Septembre,
2010, p.6
31
-Amnesty international, Côte d’Ivoire, Note du comité des nations Unies pour l’élimination de la
discrimination à l’égard des femmes, 2011, p.5

11
décembre de la même année, 500 femmes et des centaines d’enfants capturés à Baga début
janvier 2015, à quelques kilomètres de là32.
Il faut maintenant se rendre à l’évidence qu’en voulant tout dire dans un seul article,
les rédacteurs de cet instrument ont omis ou sous-entendu bien de choses qui rendraient plus
facile la protection des femmes dans les conflits armés. Nous pouvons conclure qu’un seul
article ne suffit pas de protéger efficacement la femme africaine en situation de conflits armés.
Nous pouvons, en somme noter la lenteur des Etats africains dans le processus de
ratification. Cette lenteur constitue un véritable frein à la mise en œuvre de cet instrument.
Alors que certains Etats qui ne l’ont pas encore ratifié sont ébranlés par des crises militaro-
politiques qui mettent au quotidien en péril la protection des femmes notamment la RCA. Les
motifs de non ratification sont diverses. Un rapport d’expertise33 en évoquent quelques unes :
le manque de connaissance, le manque de volonté politique, les réserves concernant certains
articles du Protocole notamment l’article 6 sur le mariage, l’article 7 sur la séparation de
corps, divorce et annulation de mariage, l’article 14 sur le droit à la santé et au contrôle des
fonctions de reproduction et l’article 21 sur le droit de succession des veuves.
Ceci dit, malgré ces contraintes comment améliorer la protection des femmes africaines
aujourd’hui au regard du ce Protocole ?

B - Le nécessaire renforcement des mécanismes de mise en œuvre du Protocole

Nous estimons qu’il faut, ici, formuler quelques recommandations à l’endroit des
Etats :

 Accélérer pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, la ratification et la mise en œuvre du
Protocole de Maputo ;

 Adopter des lois et des plans d’action nationaux sur la Résolution 1325 du Conseil des
Nations Unies34, en vue de mettre fin aux violences contre les filles et les femmes.
Mais précisons tout de suite que la résolution 1325 ne constitue pas la fin de la longue
marche des femmes vers l’égalité. Elle est un chemin qui mène à cette égalité. Le

32
- Pour plus d’information, Boko Haram : un an après, que deviennent les jeunes filles enlevées ? in,
[Link]
femmes/39574
33
- Mouvement de solidarité pour les droits des femmes africaines, Rapport de l’exercice de cartographie des
l’état de ratification du protocole sur les droits des femmes en Afrique, 2012, p.3
34
- La Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité - Comprendre les
implications, remplir les obligations

12
véritable succès de la résolution 1325 sera connu le jour où l’Afrique aura rompu
définitivement avec l’instabilité politique et les conflits armés. Le jour où l’Afrique
n’aura que le développement comme lutte à finir. Le jour où l’égalité entre les sexes
sera un fait qui sous-tend le développement.

 Affecter les ressources financières nécessaires à la mise en œuvre des programmes et


activités de préventions de conflits ;

 Veiller à l’application effective des textes de lois et la mise en place des programmes
de soutien psychologique, d’assistance juridique et judiciaire et de réinsertion
socioéconomique en faveur des femmes victimes de violence. Par exemple, le principe
de l’égalité enchâssé dans la Constitution, n’est pas toujours une garantie de mettre un
terme aux discriminations contre les femmes. La préséance du droit coutumier sur le
droit constitutionnel, est un obstacle qui ne peut être levé que par des campagnes
massives et récurrentes de sensibilisation et d’éducation. Les autorités nationales et
locales, les chefs coutumiers et les organisations de femmes doivent mener cette lutte
ensemble, au nom de l’égalité, un pilier de la démocratie et de l’état de droit.

Quant à l’Union Africaine,

 Elle peut exhorter les Etats-membres qui ne l’ont pas encore fait, à ratifier et/ou
accélérer le processus de ratification du Protocole de Maputo ;

 Encourager les Etats-membres ayant ratifié, à le mettre en œuvre et à soumettre dans


les meilleurs délais, leurs rapports périodiques devant la Commission africaine, sur la
base des lignes directrices adoptées à cet effet

Il est également important de mettre sur pied de véritables programmes de réforme


judicaire sur le plan institutionnel. Ceci pourra inclure la disponibilité et l’opérationnalité de
l’assistance judiciaire au profit des victimes. Cette exigence a été relevée dans les
recommandations des Ministres du genre aux Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Région
des Grands lacs en vue de la session spéciale sur les violences sexuelles et basées sur le
genre35. Il est demandé aux Chefs d’Etat et de Gouvernement de charger les institutions
compétentes de renforcer ou de mettre en place des structures au niveau national, telles que
des comités nationaux de protection et d’assistance aux femmes et aux enfants contre les
VSBG et des mécanismes d’alerte précoce dans un délai de douze mois, à compter de la
session spéciale, pour faciliter la dénonciation et la documentation de cas de VSBG, et

35
- En sigle : VSBG

13
accélérer les poursuites des auteurs desdites violences, afin de s’assurer que la justice soit
rendue promptement et efficacement. Les Etats doivent, en outre, allouer un budget
conséquent aux organes judiciaires afin que ceux-ci puissent se doter d’équipements adaptés à
l’exercice de leurs fonctions.

Il faudra , d’une part, une approche multisectorielle nécessitant des partenariats


sectoriels et impliquant le domaine de la santé, de l’éducation, de même que les leaders
religieux, la société civile et les différentes catégories socioprofessionnelles des différents
secteurs de développement pour mettre tout le monde au même niveau d’information et de
compréhension des dispositions du protocole ; et d’autre part, une démarche exclusive
impliquant les religieux, sociologues, juristes les psychologues et les gardiens de la tradition
pour que tous soient au même niveau d’information. Cela permettra de soulever les barrières
dues aux non-dits et incompréhensions du protocole ; d’autant plus que, malgré tous les
efforts faits au plan national, régional et international, le protocole reste méconnu et l’on ne
saurait ratifier un document qui n’est pas connu.

Le Protocole de Maputo légitime le combat des femmes au sein des Etats. L’avenir
dépend incontestablement de cette légitimation. Une réelle osmose et symbiose entre
l’homme et la femme est désormais nécessaire pour une culture de la paix et de la stabilité sur
le Continent.

14
Bibliographie

Amnesty international, Côte d’Ivoire, Note du comité des nations Unies pour l’élimination de
la discrimination à l’égard des femmes, 2011

Boko Haram : un an après, que deviennent les jeunes filles enlevées ? in,
[Link]
aux-femmes/39574

Discours du pape à l'aéroport de Yaoundé devant le Président et les autorités politiques du


Cameroun, mardi 17 mars 2009, in
[Link]
defend-l-Afrique-a-naitre

La Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité -
Comprendre les implications, remplir les obligations

LACÔNE Lysiane, les violences sexuelles en république démocratique du Congo : de l’arme


de guerre au crime civil, mémoire, Institut Supérieurs de relations internationales et
stratégiques, Septembre, 2010

Mouvement de solidarité pour les droits des femmes africaines, Rapport de l’exercice de
cartographie des l’état de ratification du protocole sur les droits des femmes en Afrique,
2012, p.3

Mukararasi Godeliève, Les Rwandaises après le génocide, Revue Relations, mars 2006

Nations Unies, Circulaire du Secrétaire général, Dispositions spéciales visant à prévenir


l’exploitation et la violence sexuelles 9 octobre 2003 : ST/SGB/2003/13

Nations Unies, Conseil de sécurité, Rapport du Secrétaire général sur les femmes, la paix et
la sécurité, publié le 10 octobre 2005. S/2005/636

Nations Unies, Rapport de l’expert indépendant chargé de l’Étude des Nations unies sur la
violence à l’égard des enfants, août 2006, (A/61/299)

PAIF, Atelier d’échange sur « Les Femmes face aux élections en RDC », page 5, Goma, 23-24
mai 2005

Protocole de Maputo : Les musulmans contre l'article 14, in


[Link]

Susan McKay et Dyan Mazurana Où sont les filles? La vie des filles enrôlées dans les forces
et groupes armés pendant et après un conflit : les cas du nord de l'Ouganda, de la Sierra Leone
et du Mozambique, Droits et démocratie, 2004.

Union Africaine, Déclaration Solennelle sur l’égalité entre les hommes et les femmes en
Afrique, juillet 2004, adoptée le 8 juillet 2004, à Addis-Abeba, Éthiopie

15
Union africaine, Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif
aux droits des femmes, adoptée à Maputo, Mozambique, le 11 juillet 2003

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