CONCLUSION GENERALE
Cette synthèse historique traite du « modèle d’Ulrich Zwingli pour les actions
conjointes de l’ECC et la CENCO : contribution à la bonne gouvernance congolaise de 1990 à
2025 ». Elle n’a été qu’une sélection des faits essentiels liés aux rapports entre Église et État
en RDC sur la période considérée. Comme nous l’avons montré à travers l’état de la question,
ce travail n’est ni le premier ni le dernier en la matière. Ses limites peuvent susciter des
interrogations générales liées à la thématique ou spécifiques, appelant des approfondissements
sur certaines périodes ou actions. Il s’agit d’une tentative de compréhension et d’information
autour d’un sujet qui, de par sa nature, traverse l’histoire et interpelle encore les acteurs
contemporains.
En effet, notre objectif a été d’établir, à partir des faits bibliques, théologiques et
historiques, une lecture sur la participation des leaders ecclésiastique dans la gouvernance en
République Démocratique du Congo, en particulier dans l’expérience conjointe de l’ECC et
de la CENCO. Pour y parvenir, nous avons posé trois questions correspondant aux trois
chapitres de ce travail, visant à : établir les fondements bibliques et théologiques de
l’engagement ecclésial en politique ; analyser la pensée politique d’Ulrich Zwingli et sa
pertinence pour le contexte congolais, et dresser un bilan des actions conjointes ECC–
CENCO face aux dérives de la gouvernance entre 1990 et 2025.
Le premier chapitre a permis de poser les bases scripturaires et doctrinales du sujet.
Les figures d’Élie et Samuel, les paroles de Jésus et l’enseignement de Paul montrent que,
depuis les temps bibliques, l’autorité politique ne peut ignorer la voix prophétique, et que
l’Église, en tant qu’instance morale, a le devoir d’intervenir dans la sphère politique. Les
apports de penseurs tels que saint Augustin, Wycliffe, Luther, Calvin, Kä Mana ou encore
James Nkansah confirment qu’une telle implication est ancrée dans une tradition théologique
solide.
Le deuxième chapitre a précisé à partir du modèle d’Ulrich Zwingli, un cadre de
régulation sur les interventions des leaders ecclésiastique dans la gouvernance en RDC. Sans
prôner une séparation radicale, Zwingli plaide pour une coopération fondée sur l’autorité de la
Parole de Dieu dans laquelle l’État et l’Église exercent chacun leurs attributions, tout en
œuvrant ensemble pour le bien commun. Cette vision, transposée à la RDC, ouvre des pistes
pour une présence ecclésiale active mais indépendante, capable d’influencer la gouvernance
sans se laisser instrumentaliser.
Le troisième chapitre a montré que, durant la période 1990–2025, l’ECC et la CENCO
ont connu des moments forts d’engagement conjoint : participation à la Conférence Nationale
Souveraine, médiations lors des crises politiques, plaidoyers pour la démocratie et la paix et,
plus récemment, la signature du pacte social de Luanda en 2025 et un plaidoyer pour une table
ronde nationale inclusive. Ces actions conjointes témoignent néanmoins d’un rôle déterminant
dans la promotion des valeurs démocratiques et de la dignité humaine en RDC.
Nous espérons que les analyses présentées dans ce travail contribueront à aiguiser la
conscience historique et théologique des responsables religieux et politiques, chacun dans sa
sphère de responsabilité comme nous l’avons souligné dans l’introduction de ce travail :
connaître notre passé est indispensable pour comprendre notre présent, opérer une
autocritique constructive et envisager des voies nouvelles vers une gouvernance juste et
pacifique en RDC.
En définitive, cette étude a montré que la mission prophétique de l’Église en RDC,
illustrée par l’action conjointe de l’ECC et de la CENCO et éclairée par le modèle d’Ulrich
Zwingli, a été un levier puissant pour la promotion de la bonne gouvernance en RDC. Elle
ouvre également des perspectives de recherche sur trois axes majeurs : premièrement, la
valorisation du témoignage conjoint catholique–protestant dans la construction nationale ;
deuxièmement, la mise en dialogue de l’époque de la Réforme et de l’histoire contemporaine
pour mieux comprendre les enjeux actuels , troisièmement relever le rôle de l’Église dans la
gouvernance de l’Etat congolais ne se limite pas à une posture morale, mais s’affirme comme
un engagement concret, historique et indispensable pour l’avenir de la nation.