Institution Al Qalam E SPACES VECTORIELS ET DUALIT É
I. Pseudo inverse
Le but de ce problème est de généraliser la notion d’inverse d’une matrice carrée à coefficients dans R.
On notera Mn (R) l’ensemble des matrices carrées d’ordre n à coefficients dans R et trA la trace de la matrice A.
Pour toute matrice A ∈ Mn (R) , on notera φA l’endomorphisme de Rn qui lui est canoniquement associé. KerφA et ImφA seront
simplement notés KerA et ImA.
Soit A une matrice non nulle de Mn (R).
Pour M ∈ Mn (R) , on définit les relations :
(1) AMA = A, (2) MAM = M, (3) AM = MA
Si (1) et (2) sont vérifiées, on dit que M est un inverse faible de A , et si (1), (2) et (3) sont vérifiées, on dit que M est un
pseudo-inverse de A.
1 Deux résultats préliminaires :
1.a. Démontrer que, pour tout couple (A, B) de matrices carrées d’ordre n , Im(AB) ⊂ ImA et KerB ⊂ Ker(AB).
1.b. Démontrer que, pour tout couple (A, B) de matrices carrées d’ordre n , rg(AB) ≤ min(rg(A), rg(b))
1 0 1 1
2 On pose A = Calculer A3 et en déduire un pseudo-inverse de A. Vérifier que est aussi un inverse faible de A
0 0 0 0
. Est-ce aussi un pseudo-inverse ?
0 0
3 On pose A = Quels sont les inverses faibles de A ? Montrer que A ne possède pas de pseudo-inverse.
1 0
4 On suppose que M vérifie (1), c’est-à-dire que AMA = A .
4.a. Prouver que AM et MA sont des matrices de projection.
4.b. Prouver que rgA = rg(AM) = rg(MA) = tr(AM).
5 On suppose A inversible. Si M vérifie (1), prouver que M est unique, et que c’est un pseudo-inverse de M. Peut-on obtenir les
mêmes conclusions si on suppose seulement que M vérifie (2) et (3) ?
6 On suppose que M et M 0 sont des pseudo-inverses de A. Calculer AMAM 0 et MAM 0 A . En déduire AM 0 = MA puis M = M 0 .
Conclure.
7 En supposant que A admet un pseudo-inverse M , prouver que les matrices suivantes ont un pseudo-inverse et le calculer :
M; λ A(λ ∈ R∗ ); Ak (k ∈ N∗ ); t
A; PAP−1 (P inversible)
8 On suppose que ImA ∩ KerA = {0}
8.a. Montrer que Rn = ImA ⊕ KerA.
8.b. On note p la projection sur ImA parallèlement à KerA. Démontrer que φA ◦ p = p ◦ φA = φA
8.c. Montrer que, pour tout v ∈ Rn , il existe un unique élément w de ImA tel que φA (w) − v ∈ KerA .
8.d. On note alors w = φ (v). Montrer qu’on définit ainsi un endomorphisme ϕ de Rn , et que sa matrice relativement à la base
canonique est un pseudo-inverse de A .
9 On suppose que A admet un pseudo-inverse M.
9.a. Montrer que ImM = ImA , que KerM = KerA et que Rn = ImA ⊕ KerA
9.b. Montrer que AM est la matrice de la projection de Rn sur ImA parallèlement à KerA.
10 Prouver que les conditions suivantes sont équivalentes :
(i)A admet un pseudo-inverse ;
(ii)Im(A2 ) = Im(A) ;
(iii)Ker(A2 ) = Ker(A) ;
(iv) A et A2 ont même rang ;
(v) il existe V ∈ Mn (R) vérifiant : A2V = A ; (4)
(vi) il existe W ∈ Mn (R) vérifiant : WA2 = A. (5)
11 Soient V et W dans Mn (R)) vérifiant (4) et (5) respectivement.
Prouver que l’on a WAV = AV 2 = W 2 A et que WAV est un pseudo-inverse de A.
II. Transposition d’un endomorphisme
K désigne R ou C.
E désigne un espace vectoriel de dimension finie sur K.
Pour tout endomorphisme f de E, et toute forme linéaire ϕ sur E, on note T f (ϕ) = ϕ ◦ f .
L’application f →T f est appelée transposition de L(E).
1 1.a. Montrer que la transposition est une application de L(E) dans L(E ∗ ).
1.b. Montrer que cette application est linéaire.
1
1.c. Montrer que cette application est injective.
1.d. Conclusion ?
2 Montrer que pour tous endomorphismes f et g de E, T (g ◦ f ) = T f ◦T g.
3 3.a. Identifier l’application T IdE .
3.b. Soit f un automorphisme de E.
Montrer que T f est un automorphisme de E ∗ et que (T f )−1 =T ( f −1 ).
3.c. Réciproquement soit f un endomorphisme de E.
On suppose que T f est un automorphisme de E ∗ . Montrer que f est un automorphisme de E.
4 Soit f un endomorphisme de E. Montrer que rg f = rgT f .
5 Soit (e) = e1 , e2 , ..., en une base de E, et soit (e∗ ) la base duale. Soit f un endomorphisme de E, de matrice A dans la base (e).
Montrer que la matrice de T f dans la base (e∗ ) est T A.