0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
42 vues54 pages

TFC Jacques

Le phénomène des 'kuluna' à Kinshasa représente une menace sérieuse pour la sécurité publique, avec des jeunes délinquants armés qui s'attaquent aux citoyens. Malgré les efforts de la police, le banditisme persiste, incitant la population à prendre des mesures d'autodéfense, comme la formation de groupes appelés 'Maîtres volontaires' pour traquer ces criminels. Cette étude vise à analyser ces mécanismes d'autodéfense et à proposer des solutions durables face à la violence croissante dans la ville.

Transféré par

mbalachristenvie97
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
42 vues54 pages

TFC Jacques

Le phénomène des 'kuluna' à Kinshasa représente une menace sérieuse pour la sécurité publique, avec des jeunes délinquants armés qui s'attaquent aux citoyens. Malgré les efforts de la police, le banditisme persiste, incitant la population à prendre des mesures d'autodéfense, comme la formation de groupes appelés 'Maîtres volontaires' pour traquer ces criminels. Cette étude vise à analyser ces mécanismes d'autodéfense et à proposer des solutions durables face à la violence croissante dans la ville.

Transféré par

mbalachristenvie97
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

INTRODUCTION

1. Le choix et l’intérêt du sujet

Le phénomène «kuluna» constitue un danger permanent pour la


sécurité des personnes et de leurs biens. Issus des familles pauvres,
les jeunes communément appelés «kuluna» sèment la panique et la
désolation au sein de la population. Munis de bouteilles, machettes,
couteaux et autres armes blanches, les «kuluna» n’hésitent pas un seul
instant pour blesser ou ravir les biens appartenant à des paisibles
citoyens. Il suffit de faire la ronde de toutes les communes de la
capitale congolaise pour se rendre compte de l’ampleur de ce
phénomène tant décrié. Profitant de l’obscurité qui sévit dans
beaucoup de communes de la ville de Kinshasa, ces jeunes désœuvrés
ravissent de l’argent, des téléphones, des bijoux et autres biens
précieux de passants.
Depuis quelque temps, le phénomène «kuluna» a pris des dimensions
inquiétantes à Kinshasa, voire en provinces. Pour un lendemain
meilleur, son éradication est plus qu’indispensable. Considéré comme
une bombe à retardement, le phénomène «kuluna» mérite une
attention particulière des autorités congolaises.

Les habitants de plusieurs communes de la ville province de Kinshasa


décrient l’ampleur que prend le banditisme dans la capitale. Il ne se
passe pas un jour sans qu’un crime, viol ou meurtre soit déclaré. La
police traque depuis déjà plusieurs mois ces bandits, communément
appelés « kuluna », mais le phénomène persiste.
Des efforts fournis conjointement par la police et la population pour
mettre fin à cette pratique barbare semblent inefficaces. Le phénomène
prend une certaine ascension inquiétante. Le « kuluna » est parfois
relâché aussitôt arrêté. La population quant à elle craint de
représailles de la part du « kuluna » aussitôt en liberté pour l’avoir
dénoncé.
Pour lutter contre le phénomène et surtout face à la recrudescence du
phénomène Kuluna, mais aussi à l’inefficacité constatée du pouvoir
public (la police et la justice) dans la lutte contre le gangstérisme, la
population des quartiers a pris des mesures pour garantir leur sécurité
ainsi que celle de leurs biens. Parmi ces mesures, il y a la non-
fréquentation des zones dangereuses après 19 heures, la maîtrise des
numéros de policiers et leurs affichage dans les murs des maisons,
l’usage des sifflets et des huées, les armes spirituelles, la justice
populaire, et récemment la naissance du phénomène « Maîtres
volontaires », ces jeunes sportifs qui se sont constitués à des
associations pour dénoncer et arrêter les « kulunas » et les mettre à la
disposition de la police.

Mais il s’observe dans ce phénomène « Maîtres volontaires » des


manifestations des antagonismes de socialisation des mécanismes
d’autodéfense populaire à Kinshasa. Tel a été le choix qui nous a
motivé dans cette étude.
Ainsi, cette étude revêt un double intérêt, notamment, théorique et
pratique :
Sur le plan théorique :
Ce travail se propose de mettre en exergue les capacités des « maitres
volontaires » à tout faire en dépit des préjugés et barrières idéologiques
qui emprisonnement des « kulunas » face à la manifestation des
antagonismes de socialisation des mécanismes d’autodéfense
populaire à Kinshasa.

Sur le plan scientifique ce travail constitue une contribution à l’édifice


de la science. C’est pourquoi, le nôtre ne voudrait pas échapper à la
règle et veut ouvrir d’autres pistes de réflexion sur l’épineux problème
de la recrudescence de la violence à Kinshasa, tant soi peu, de repères
à d’autres travaux car la science, dit-on, est cumulative.

2. Etat de la question

Il est recommandé à tout chercheur de procéder à la lecture


des documents, articles et ouvrages ayant trait à son thème de
recherche. Cette exigence méthodologique lui permettra d’établir une
démarcation avec ses devanciers. Il s’agit là, de la recherche de
l’authenticité ou de l’originalité de l’étude.

En effet, Shomba Kinyamba, dans son article intitulé


« Kuluna » ou le gangstérisme juvénile à Kinshasa. Récurrence,
logiques d’actions et vulnérabilités de moyens de prémunition a
prospecté le phénomène « kuluna » ou le gangstérisme juvénile à
Kinshasa. Certes toutes les grandes villes du monde font face, de façon
variable au phénomène d’insécurité. Kinshasa, la capitale congolaise
n’est pas exemptée. L’auteur soutien d’ailleurs que Kinshasa est de
nos jours, une mégalopolis surpeuplé, délabrée, essoufflée baignant
dans le désespoir et l’incertitude du lendemain. Ce qui pousse un bon
nombre de ses résidents selon l’auteur à contourner les voies légales
pour tenter d’assurer leur survie en mettant en mal la quiétude et la
paix tant des individus que de la collectivité au travers d’une insécurité
savamment orchestrée (1).

L’auteur remonte jusqu’aux années 90 où ce phénomène a


pris de l’ampleur, notamment, avec les pillages à répétition de triste
mémoire à l’origine du désinvestissement et du chômage qui ont pour
corollaire la recrudescence de la criminalité (2).

L’auteur circonscrit son étude sur la récurrence du


phénomène « kuluna », inventorie, classifie et analyse les stratégies
aussi bien publiques que privées mises au devant de la scène pour
tenter de la juguler ou du moins, pour la contrecarrer, en vue de
rendre l’existence des Kinois apaisée (3).

L’auteur met en exergue deux ordres de données qui


éclairent l’avènement, mieux la recrudescence du phénomène
« kuluna » à Kinshasa, où l’un renvoie au caractère tumultueux du
contexte socio-politique qui marque la RDC depuis son accession à
l’indépendance alors que l’autre se rapporte à la propension
pronataliste qui compromet gravement toute planification pour le
développement (4).
L’auteur arrive à la conclusion selon laquelle de son
contexte d’émergence, le portrait de ses acteurs, les logiques et les
types d’actions renvoient aux contingences sociales de Kinshasa,
l’éradication de cet odieux phénomène implique donc pour être
effective, une remise en question profonde de ses supports. Il est
temps que s’installe la culture de naissances désirables en vue de

1
SHOMBA K.S., Phénomène « Kuluna » ou le gangstérisme juvénile à Kinshasa. Récurrence, logiques d’actions
et vulnérabilités de moyens de prémunition, éd. MES, Novembre-décembre 2011, p.5.
2
Idem.
3
Ibidem.
4
SHOMBA, K.S., op. cit. p.47.
réduire avec vocation d’enrayer les effectifs des troupes criminelles. Cet
auteur a sommairement évoqué l’impact de la socialisation d’auto
défense.
Une « Etude de la perception du phénomène Kuluna par les habitants
de la commune de Kinshasa » (5), c’est le nom d’une enquête qui a été
présentée dernièrement à Kinshasa. Dans cette étude initiée par la
Mission de police de l’Union européenne en RDC (EUPOL Rd Congo), a
eu pour principal objectif de recueillir les perceptions des habitants de
la commune de Kinshasa au sujet du phénomène Kuluna afin de
permettre à la société civile de la commune de contribuer au
réajustement des connaissances des autres acteurs impliqués dans le
processus de réalisation du diagnostic de sécurité communal.

Aussi, le projet s’est voulu être fenêtre par rapport au grand projet de
Recherche-Action que le programme Redevabilité du secteur de
sécurité et réforme de la police (SSAPR) devrait réaliser, avec le
concours du Centre de promotion de la recherche en interventions
socio-économique (CEPRISE), dans la commune de Kinshasa.

Pour lutter contre le phénomène et surtout face à la recrudescence du


phénomène Kuluna, mais aussi à l’inefficacité constatée du pouvoir
public (la police et l’armée) dans la lutte contre le gangstérisme, la
population des quartiers a pris des mesures pour garantir leur sécurité
ainsi que celle de leurs biens. Parmi ces mesures, il y a la non-
fréquentation des zones dangereuses après 19 heures, la maîtrise des
numéros de policiers, la justice populaire, etc.

5
Jean-Marie Nkambua/L’Avenir
Dans une autre étude sur l’opération « likofi » (6), pour mettre un terme
aux agissements des groupes de délinquants armés, appelés "kuluna",
Kinshasa a opté pour la manière forte en lançant une opération coup
de poing. Au risque de commettre des bavures et de créer la polémique
en RDC.
La police de Kinshasa a lancé l’opération "Likofi". Coup de poing, en
lingala. La cible sont de jeunes délinquants surnommés "kuluna",
reconnaissables à leurs pantalons portés à mi-fesses, leurs tatouages
ou leurs locks sur la tête. En bande et souvent armés de machettes, ils
dépouillent les passants de leur argent, sac, téléphone, bijoux… se
souvient Marc. Certaines victimes sont gravement blessées ou même
tuées.

Dans une autre étude sur le gangstérisme à Kinshasa (7), l’auteur


souligne qu’il n’est pas rare que des « kulunas » parmi lesquels se
trouvent même des fils et filles de militaires et de policiers arrêtés à
plusieurs reprises soient parfois libérés au bout de quelques jours.
Pour la plus grande frustration et colère des quelque 10 millions de
Kinois, qui pour beaucoup survivent dans la misère. Alors, pour éviter
les agressions, beaucoup choisissent de se terrer chez eux le soir.

Dans un autre article sur « Kinshasa : Le phénomène «KULUNA»


constitue un danger permanent (8), l’auteur propose quelques pistes de
stratégies pour éradiquer ce phénomène, parmi lesquels figure le
bouclage des quartiers. Une fois arrêtés, ces «kuluna» doivent être
transférés en Prison et au besoin les envoyer dans des maisons de
détention disséminées à travers le pays comme le faisait, il y a peu, le

6
7
8
ministre honoraire Luzolo Bambi. C’est de cette manière qu’il faut
procéder pour éradiquer ce fléau.

Au regard de ce qui précède, dans le présent travail nous


analysons le phénomène « maîtres volontaires » comme manifestation
des antagonismes de socialisation des mécanismes d’autodéfense
populaire à Kinshasa afin de proposer des solutions fructueuses et
durables.

3. Problématique

La problématique signifie problème à résoudre par des


procédés scientifiques. Comme substantif, problématique désigne
l’ensemble de questions posées dans un domaine de la science en vue
de rechercher des solutions qui s’imposent. Nous retiendrons, à ce
propos que la problématique désigne un ensemble d’idées qui
spécifient la position du problème par le sujet d’étude (9).

La RDC, pays fragile, en proie à des conflits armés, fait


également face à une criminalité montante, à une pauvreté chronique
et à des inégalités sociales criantes, phénomènes qui ont
essentiellement un visage juvénile. Les études qui ont été menées
de même que les solutions préconisées sont isolées et compartimentées
et n'ont pas jusqu'ici atteint leurs objectifs. Qui plus est, il n'y a guère
des connaissances fiables, en particulier pour mieux comprendre les
nouvelles formes de criminalité et de violence qui émergent et
s'installent dans un contexte de pauvreté et d'inégalité chroniques dans
les grandes villes de la RDC. Aussi, est-il nécessaire de caractériser ce

9
SHOMBA K.S., Méthodologie de la recherche scientifique. Les facettes de captage et les logiques d’analyse des
données, éd. Presses de l’Université de Kinshasa, Kinshasa, 2012, p.38.
nouveau phénomène de violence urbaine et d'une part, de mieux
appréhender les acteurs ainsi que leurs modes d'action, dans certaines
villes du Congo et d'autre part, de mieux cerner les interrelations
entre urbanisation et pauvreté - inégalités sociales - violences ainsi
que les conditions qui permettraient une meilleure efficacité des
politiques et des programmes visant à lutter contre ces fléaux (10).
Secoués pendant plus d'une décennie, toutes les
couches sociales du Congo et surtout de Kinshasa s'intéressent
manifestement au phénomène « Kuluna » pour savoir comment s'y
prendre. Une portion de cette population est issue des milieux
marginaux. Aujourd'hui elle est connue sous la dénomination de
«Maîtres volontaires ». Il s'agit d'un groupe qui s'efforce à traquer, à
cibler les bandes de criminels et les acheminer à qui le droit dans la quête
de la paix. Le souci de ces organisations est de vêtir la ville de Kinshasa
d'habit neuf. Malheureuse histoire, c'est toujours la même chose, pas
un seul jour s'écoule sans qu'on apprenne toutes sortes d'atrocités
commises dans l'une ou l'autre commune de Kinshasa.

Le concept « kuluna » est ambigu. Il est une exigence à la fois


sociale et politique. Comme exigence sociale, elle se veut idéal
eschatologique, le contexte de son émergence de la culture de la violence
renvoie à la longue période de la décennie 90 au cours de laquelle la
République Démocratique du Congo alors République du Zaïre se
trouvait confrontée à un embargo lui décrété par la communauté
internationale. Ce sort est consécutif à l’absence démocratique, au non
respect des droits de l’homme, à une instabilité politique récurrente, à
une mauvaise gouvernance à l’origine d’une situation socio-économique
très précaire et au « massacres » des étudiants de l’Université de

10
Les travaux du lancement du projet « nature et acteurs de la violence urbaine en République du Congo, organisé par
la CDS-UNIKIN et ICREDES les 27 novembre 2013 au Centre des handicapés à Lingwala.
Lubumbashi qui a servi de goutte d’eau ayant débordé le vase (11).

Depuis lors, la RDC est plongée dans une crise profonde


depuis plus de quatre décennies. En dépit de toutes ses immenses
ressources humaines et naturelles, la RDC est classée parmi les pays les
plus pauvres au monde. Près de 80% de sa population vivent à la limite
de la dignité humaine, avec moins de US1 (un dollar) par personne et par
jour. L’instabilité institutionnelle, les pillages et les conflits armés (les
guerres et les rébellions) ont plongé la RDC jusqu’à ce jour, dans une
crise multiforme dont l’un des effets, est l’aggravation de la pauvreté
d’une part12.

Pendant cette période de la crise, il est aussi observé la prise


en charge par un effort endogène avec le phénomène « maîtres
volontaires ». Ces changements dans le comportement de la population
Kinoise. L’ensemble de ce comportement s’installe à Kinshasa et traduit
finalement un nouveau mode de vie de la population en couvrant
certains criminels, bandits et « kuluna », dans leurs avenues, quartiers,
commune.
Les questions suivantes se révèlent de nature à nous
permettre d’émettre davantage en évidence notre préoccupation :
- Qu’est-ce qui est à la base de l’association des « Maîtres
volontaires » à Kinshasa ?
- La population Kinoise a vraiment besoin de la sécurité ou
pas ?
- Qu’est-ce qui est à la base de la naissance du phénomène
de la violence à Kinshasa ?

11
SHOMBA KINYAMBA, La chaire de dynamique sociale CDS-Unikin. Cinq ans après. Acquis et perspectives, éd.
MES, Kinshasa, 2010.
12
Ministère du Plan, Document des Stratégies de réduction de la Pauvreté (DSRP), Kinshasa, février 2004, p.5.
4. Hypothèses de recherche

Les hypothèses sont considérées comme une vision


provisoire du problème soulevé en évoquant la relation supposée entre
les faits sociaux dont le rapport constitue le problème et en indiquant la
nature de ce rapport.

En effet, nous pensons que les maîtres volontaires sont des


sportifs ayant acquis certains documents dans la commune pouvant leur
permettre de traquer, de cibler des bandes de criminels (kuluna) afin de
les ramener chez qui de droit. Aussi c’est une façon de créer de l’emploi
ou de demander l’emploi auprès de l’Etat d’une façon détournée. A ce
jour, les maîtres volontaires sont devenus de chevaux de bataille dans
toute la ville de Kinshasa parce qu’ils sont déployés presque dans
chacune des communes de Kinshasa. Il y a des jours parfois où les
maîtres volontaires sont tombés aussi comme les victimes de la violence
malgré la majorité de fois, ils sont les vainqueurs.

L’éradication du phénomène « kuluna » dans la ville de


Kinshasa, telle est la motivation de leur action, ce qui débouche sur la
protection de la population de cette ville, mais aussi c’est un moyen pour
eux de trouver de quoi chercher à s’intégrer régulièrement dans la vie
quotidienne.
Ce qui est à la base de la naissance de la violence à Kinshasa
n’a comme soubassement la pauvreté. Ce qui pousse beaucoup de
jeunes dans la délinquence.

5. La méthodologie de recherche
5.1. La méthode
Pour A. Muchielli (13), une méthode scientifique est une
procédure de réflexion, guidant un ensemble de techniques de recueil
des données et d’analyse, qui mène à une meilleure connaissance d’un
phénomène.

Les sciences humaines et sociales ont montré que pour


appréhender un phénomène, un fait, il faut faire recours à de
nombreuses méthodes. Considérant l’objet de cette étude, nous avons
opté pour l’approche stratégique.

En effet, l’approche stratégique des organisations 14,


largement promue et diffusée par le centre de sociologie des
organisations (CSO), qui intègre la dimension socio-politique de
l’organisation et du management constitue un outil essentiel
d’appréhension, de compréhension, d’analyse, voire de contrôle des
organisations. L’organisation est conçue comme un lieu d’affrontement
entre les stratégies des groupes qui la constituent, comme une
recherche permanente d’équilibration des rapports de pouvoirs et de
négociation, marchandage entre les groupes.

L’organisation n’est pas l’expression d’une rationalité


unique qui aurait tous les pouvoirs optimistes pour l’agencement des
activités, des ressources, … mais résulte d’un processus de
négociation/adaptation entre les rationalités divergentes des jeux
d’intérêt.
L’approche stratégique part de l’acteur pour découvrir le
système qui, seul, peut expliquer par ses contraintes, les apparentes

13
MUCHIELLI, A., Dictionnaire des méthodes qualitatives en sciences humaines et sociales, Paris, Ed. Armand
Colin, 1996, p.6.
14
Lire NSAMAN-o-LUTU et ATSHWEL OKEL, Comprendre le management : cultures, principes et contingences,
Kinshasa, éd. CAPM, 2007, pp.48-49.
irrationalités du comportement de l’acteur. Elle peut se décomposer de
la manière suivante (15) :
- Les participants d’une organisation peuvent être considérés
comme des acteurs ayant chacun sa propre stratégie ;
- Si l’on connait les stratégies de chacun des acteurs, on peut donc
découvrir, les jeux qui conditionnent leur comportement ;
- Les acteurs se trouvent contraints, … d’adopter une stratégie
« gagnante », c’est-à-dire rationnelle dans le jeu, …, à concourir
finalement aux buts communs ;
- L’organisation est un construit culturel grâce auquel les hommes
parviennent à orienter leur comportement de façon à obtenir un
minimum de coopération.

En terme d’analyse, l’approche stratégique visera


l’identification des jeux, des opportunités et des stratégies déjà
montées et qui sont mis en place dans l’organisation (16).

Dans le cadre de cette étude, sont considérés comme


acteurs les bandits (kuluna), les responsables de la police « Mbata »
(maître volontaire) et ceux du Ministère de tutelle, voire tous les autres
intervenants dans cette ville de Kinshasa, sans oublier la population
kinoise et les victimes bénéficiaires des services des « maitres
volontaires ». Ces acteurs ont, certes, chacun ses propres stratégies
pouvant favoriser ou défavoriser l’ambiance à Kinshasa. Tout cela,
pour favoriser la stratégie gagnante (win-win) parfois au détriment de
la sécurité de la ville sous examen face à ces divergences d’intérêts et
la coopération de l’ensemble des acteurs moyennant une saine et
bonne conduite citoyenne.

15
Lire MARION, A., (sous la direction de), Le diagnostic d’entreprise. Cadre méthodologique, Paris, éd.
Economica, 1933, p.331.
16
CROZIER, M. et FRIEDBERGE, E., L’acteur et le système, Paris, Edition du Seuil, 1977, pp.203-232.
5.2. Les techniques de recherche

Les techniques, quant à elles, sont définies comme


l’ensemble de procédés exploités par le chercheur dans la phase de
collecte des données qui intéresse son étude (17).

Dans le cadre de cette modeste étude, avons utilisé comme


outils de collecte : la technique documentaire, l’interview libre,
l’observation directe et le questionnaire.
Le premier nous a permis de rassembler les diverses données
contenues dans des ouvrages, articles des Revues, notes de cours et
autres documents écrits. Le deuxième a été mis à profit pour réaliser
des entretiens avec des personnes ressources ainsi qu’avec des cadres
et les acteurs de la violence à Kinshasa. Le troisième nous a servi en
tant que population de cette ville sous étude, d’observer de près les
comportements qu’adoptent certains kinois face à ce phénomène
évoqué ci-haut. Le quatrième nous a servi à la collecte des avis des
criminels sur base des questions posées.

6. La délimitation du sujet

Restreindre son champ d’investigation ne devra pas être


interprété comme une attitude de faiblesse ou de fuite de
responsabilité, mais bien au contraire, comme une contrainte de la
démarche scientifique18.

En effet, toute démarche scientifique procède fatalement


par un découpage de la réalité. Il n’est pas possible d’étudier, de
parcourir tous les éléments influent jusqu’aux extrêmes limites de la
terre et jusqu’au début des temps.

17
KUYUNSA, B. et SHOMBA, K., Initiation aux Méthodes de travail scientifique, Kinshasa, PUZ, 1995, p.58.
18
SHOMBA KINYAMBA, S., Méthodologie de la recherche scientifique, Kinshasa, PUK, 2012, p.38.
Tout travail scientifique mérite toujours une délimitation
spatio-temporelle. Ainsi, dans le temps, nous partirons de 2010 à nos
jours, c'est-à-dire la période qui a marqué effectivement la naissance
du phénomène « maîtres volontaires » à Kinshasa.

7. Subdivision du travail

Outre cette introduction et la conclusion générale, la


présente étude comporte trois chapitres. Le premier porte sur le cadre
définitionnel, le deuxième traite des antécédents historiques et
contentieux et une brève présentation des associations, le troisième
porte sur le dépouillement des données d’enquête et le quatrième et
dernier chapitre interprète et analyse des données d’enquête.
CHAPITRE I : CADRE DEFINITIONNEL

Dans ce chapitre, nous nous allons définir les principaux


concepts ayant trait à notre sujet pour faciliter la compréhension des
lecteurs. Les concepts de base à clarifier au regard de notre thème
central sont les suivantes : antagonisme et antagonisme de
socialisation, autodéfense et autodéfense populaire, stratégie.

Section 1 : Les notions d’antagonisme

L’antagonisme peut être compris comme : « État d'opposition entre des


personnes, des nations, des classes sociales, des doctrines, etc. : Antagonisme de deux
caractères » (19).

C’est aussi une action mutuellement inhibitrice ou réductrice de deux substances. On peut
également comprendre dans le domaine économique, idéologique ou politique comme
« action antagoniste d'individus opposés, notamment dans la lutte des classes.
L'antagonisme de la bourgeoisie et du prolétariat (20):

PARAD (21) définit l’antagonisme comme bataille, combat, distinction, dualisme,


dualité, hostilité, opposition, rébellion.
Durkheim (22), De la Division du travail social, a parlé de l’antagonisme du travail et
du capital est un autre exemple, plus frappant, du même phénomène. À mesure que
les fonctions industrielles se spécialisent davantage, la lutte devient plus vive, bien
loin que la solidarité augmente. Au moyen âge, l'ouvrier vit partout à côté de son
maître, partageant ses travaux « dans la même boutique, sur le même établi ». Tous
deux faisaient partie de la même corporation et menaient la même existence. (...)
Aussi les conflits étaient-ils tout à fait exceptionnels. À partir du xvesiècle, les choses
commencèrent à changer. « Le corps de métier n'est plus un asile commun; c'est la
possession exclusive des maîtres qui y décident seuls de toutes choses ... Dès lors,
une démarcation profonde s'établit entre les maîtres et les compagnons. Ceux-ci
formèrent, pour ainsi dire, un ordre à part; ils eurent leurs habitudes, leurs règles,
leurs associations indépendantes. » Une fois que cette séparation fut effectuée, les
querelles devinrent nombreuses.

19
20
21
22
DURKHEIM, E., De la division du travail, Paris, Seuil, 1893, p.345.
Pour ce qui est de cette étude, nous définissons l’antagonisme comme une
confrontation entre deux groupes où chacun cherche à tirer profit.

A. Percheron qui définit la socialisation comme "l’acquisition d’un code symbolique résultant de
transactions entre l’individu et la société" (toujours suivant le principe d’équilibration). Il y a donc des
transactions permanentes entre socialisé et socialisateur

La socialisation

Dans le dictionnaire de la sociologie (23), la socialisation désigne les processus par lesquels les
individus s’approprient les normes, les valeurs et les rôles qui régissent le fonctionnement de la vie
en société. La socialisation a deux fonctions essentielles : favoriser l’adaptation de chaque individu à
la vie sociale et maintenir un certain degré de cohésion entre les membres de la société.

Ainsi pour notre étude sur les « maîtres volontaires » comme un mécanisme des manifestations des
antagonismes de socialisation à Kinshasa, une sorte de socialisation entre deux groupes de la
population kinoise, d’un côté les bandes des « Kulunas » qui se réunissent et montent le plan
d’opération dans la ville de Kinshasa parfois en complicité avec certains agents de la police et de
l’autre côté, « les maitres volontaires » qui eux, montent des stratégies pour démenteler (éradiquer)
les réseaux des « Kulunas »

L’antagonisme de socialisation

Avant de s’attarder sur la stratégie managériale au


paragraphe premier, analysons d’abord de manière distincte les mots
stratégie et management.

§1. La stratégie

1.1. Quelques définitions

Le mot « stratégie » vient du terme grec « stractum » qui veut


dire incertitude. A l’origine, il est un concept d’usage essentiellement
23
Dictionnaire de la Sociologie : les notions, les mécanismes, 2ème éd. Bruxelles, 2004, p.254.
militaire. C’est ainsi que la stratégie est un mot qui évoque avant tout
l’art militaire de traiter l’incertitude.

Selon F. Jalbert, une stratégie est un ensemble d’idées


intelligentes et cohérentes mise en ordre dans le but de maîtriser
l’incertitude dans un processus donné (24). Elle résulte de
l’identification des facteurs clés internes et externes de changements,
pour anticiper les effets prévisibles sur l’avenir. La stratégie, toujours
selon J. Jalbert, a pour but de doter une organisation des objectifs à
moyen et long terme réalistes en regard des contraintes et
opportunités, en choisissant les moyens lui permettant de valoriser les
ressources de toute nature et de combler ses handicaps pour atteindre
des objectifs avec la meilleure efficacité et améliorer ainsi sa position
concurrentielle. Elle permet donc de se projeter sur l’avenir ( 25).

Une stratégie est avant tout une idée intelligente qui vise
des finalités claires avec des moyens fluides et évolutifs. La stratégie
utilise l’apport d’informations nouvelles et donc se modifie. Loin d’être
une pensée abstraite, la stratégie s’alimente et se construit de ses
interactions internes, externes ou les deux à la fois.

En théorie des organisations, la stratégie est aussi définit


comme l’ensemble des comportements stables que les acteurs
adoptent dans leur actions ou leur jeu, en vue de préserver ou de
conforter leurs intérêts ou leurs avantages.

Il se dégage de cette approche cognitive que la stratégie est


avant tout une attitude réflexive d’un homme stratège dictée par le

24
JALBERT, F., Les ressources humaines. Atout stratégique, Paris, L’Harmattan, 1989, cité par FATU MUZESA,
les stratégies de la gestion de la crise socio-économique par les agents de l’UNIKIN. Analyse et perspective,
mémoire en SPA, UNIKIN, 2013.
25
FATU MUZESA, op. cit.
souci de maintenir le cap et de se sortir la tête haute face à toute
situation qui peut advenir. Sans intérêt, la stratégie n’a pas de raisons
d’être.

Quant en ce qui concerne, nous définissons la stratégie


comme un ensemble d’attitude qu’adopte un homme ou un groupe
d’hommes pour contourner les obstacles qui se présentent à eux dans
le souci de rester le maître d’un jeu.

Qui parle de stratégie parle aussi du stratège, qui est un


acteur social cherchant toujours des voies et moyens afin de contrôler
parfaitement toute situation qui se présente à lui. C’est un homme
imperturbable, réfléchi et connu pour son sens d’anticipation élevé,
fruit à la fois de l’expérience et des reflexes innés. Il réfléchi aux
problèmes qui lui sont soumis et procédés à l’instar d’un médecin à
leur diagnostic pour proposer in fine, la démarche thérapie sensée les
résoudre.

I.2. Les types de stratégies (26)

Gérard KOENIG distingue trois types de stratégies, à


savoir : hétérogène, volontariste et interactive.

La stratégie est hétérogène lorsqu’elle est commandée de


l’extérieur, à partir du contexte environnemental. Dans ce cas,
l’organisation cherchera à s’adapter aux contextes environnementaux.
- La stratégie est volontariste lorsqu’elle est délibérée et fruit par
conséquent des acteurs internes de l’organisation. Il s’agit précis
cibles qu’on fait une analyse rigoureuse qui permet d’établir un
programme et le budget correspondants ;
26
KOENIG, G., Management stratégique. Paradoxes, interactions et apprentissage, Paris, Ed. Nathan, 1998,
pp.33-36.
- La stratégie est interactive lorsqu’il y a une activité partagée, soit
une interdépendance dynamique entre acteurs et contexte
existant. Cela peut se présenter comme une succession d’actions
et des réactions au cours de laquelle, projets et contre projets
interagissent et se transforment.

1.3. Les modes de formation des stratégies

Nous avons différents modes de formation des stratégies, à


savoir :
- La planification : consignée dans les plans formels, la stratégie
repose sur les interactions précises, articulées les uns aux autres
par une instance centrale qui passe au crible rigoureux du
contrôle afin d’éviter toute surprise désagréable ;
- L’entrepréneurialisme : la stratégie prend sa naissance dans la
vision cardinale d’un leader. En outre, ne se limitant pas
seulement à l’articulation des initiatives des un comme de celles
des autres, ce mode intègre aussi les opportunités qui se
présentent ;
- L’idéologie : la stratégie procède des croyances partagées et ses
intentions s’inscrivent dans une vision collective peu sujette à
l’évolution. Elle respecte des normes qui font l’objet d’un
endoctrinement ou d’une socialisation. L’idéologie stratégique a
quatre fonctions qui sont :
 Présenter comme normal la stratégie adoptée ;
 Justifier le bien fondé de la stratégie ;
 Légitimer la stratégie ;
 Expliquer constamment le bien fondé de la stratégie.
- La canalisation : les dirigeants définissent en terme substantiel,
l’enveloppe à l’intérieur de laquelle les autres membres de
l’organisation développent leurs activités. Ces dirigeants essaient
d’orienter de par leur bagage cognitif et expérimental la manière
dont la stratégie pourra faire ses preuves ;
- Le contrôle : la stratégie trouve sa consistance dans el contrôle
qui exercent les dirigeants sur l’ensemble du processus. Mais le
contenu est laissé à l’initiative des responsables opérationnels.

§2. Socialisation

La socialisation désigne les processus par lesquels les


individus s’approprient les normes, valeurs et rôles qui régissent le
fonctionnement de la vie en société. Elle a deux fonctions essentielles :
favoriser l’adaptation de chaque individu à la vie et maintenir un
certain degré de la cohésion entre les membres de la société ( 27).

Le processus de socialisation

 Socialisation primaire, socialisation secondaire et


resocialisation

La socialisation primaire correspond à la période de


l’enfance. Au cours de cette phase, quatre instances de socialisation (la
famille, l’école, le groupe des pairs et les medias) vont contribuer à
structurer la personnalité sociale du futur adulte.

La famille constitue l’instance principale de socialisation et


son action s’avère primordiale pour la structuration ultérieure de la
personnalité. C’est en effet, dans le cadre du milieu familial que se
forge le système de disposition à partir duquel seront filtrées toutes les
autres expériences de la vie sociale.

27
Dictionnaire de sociologie : les notions, les mécanismes et les natures, 2ème éd. Hâtier, paris, 1997, pp.254-
257.
Cette action prépondérante de la famille s’explique par trois
facteurs essentiels : d’abord elle intervient dès le premier page de la vie
au moment où la personnalité de l’enfant est la plus malléable ;
ensuite, elle est particulièrement intense en raison des quotidiens
entre enfants et parents ; enfin elle se déroule dans un climat affectif
qui rend l’enfant particulièrement réceptif aux apprentissages
nouveaux.

Cependant, pour E. Durkheim, les relations au sein de la


famille sont justement trop influencées par les sentiments personnels
pour permettre à l’enfant d’apprendre les règles générales et
impersonnelles que requiert de lui la société. L’éducation par l’école,
définie par Durkheim comme la socialisation méthodique de la jeune
génération par la génération adulte, est seule susceptible d’inculquer,
par la discipline de vie qu’elle instaure, les normes et valeurs qui
constituent le fond commun de la société. L’enfant se socialise
également de manière plus informelle dans le cadre du groupe des
pairs, en même temps qu’il subit l’influence à distance des médias
dont l’impact réel est d’ailleurs difficile à apprécier.

La socialisation secondaire intervient à la fin de l’enfance et


permet aux individus dont la personnalité est déjà en grande partie
constitue, de s’intégrer à des groupes particuliers : entreprise,
association, parti politique, syndicat, etc. L’intégration de l’individu
dans ces « sous-modes spécialisés » suppose en effet l’acquisition de
normes et de valeurs spécifiques ainsi que l’apprentissage de rôles
particuliers qui sont liés directement ou indirectement à la division du
travail dans nos sociétés. Ces adaptations nouvelles se surajoutent
aux acquisitions premières et permettent à l’individu de relativiser les
normes et les valeurs inculquées au cours de la socialisation première.
Elles peuvent conduire à une restructuration en douceur de la
personnalité.

D’une tout autre nature est la resocialisation dans les


« institutions totales », comme l’armée, la prison, l’asile, ou encore les
camps de concentration, si bien décrite par E. GOFFMAN. Elle se
manifeste d’abord par une volonté de couper brutalement l’individu de
sa vie sociale antérieure par la mise en œuvre de rituels d’admission
(coupe de cheveux, douche, changement de
CHAPITRE II : LA NAISSANCE DU PHENOMENE MAITRES
VOLONTAIRES A KINSHASA

Dans ce chapitre, nous parlons du fonctionnement des


« maîtres volontaires », de leurs actions et enfin de leur structure.

Section 1. Historique et fonctionnement des « Maîtres Volontaires »

Un nouveau phénomène paru à Kinshasa du mois de mars


2010 dénommé « Maîtres volontaires ».

En effet, le contexte de son émergence renvoie à la longue


période de la décennie 2006 au cours de laquelle la RDC se trouvait
confronté par des élections présidentielles et législatives. Ce sort est
consécutif au non respect des droits de l’homme, dans les tapages
entre les protagonistes, car chacun voulait faire preuve de sa
suprématie, dans des bagarres de rue, etc. A l’origine, le phénomène
« Kuluna ». Depuis lors, la population kinoise s’est retrouvée délaissée
d’un côté, par les services compétents (la police) qui était sensée la
protéger et cette dernière s’est désengagée de leurs missions celles de
protéger la population et leurs biens. De l’autre côté, par la rupture de
la coopération entre les institutions publiques et la population (la
base). Depuis 2006 jusqu’à nos jours, le « kuluna » crée une la
désolation au sein de la population Kinoise et cela n’épargne aucune
couche de la population. Ces jeunes gangsters terrorisent les paisibles
citoyens, semant la peur et la terreur, ils arrachent pendant leur
passage les biens des valeurs (téléphones, argents), ils blessent, violent
et parfois même tuent certains habitants de Kinshasa.

En révolte de cet état de chose en 2010, plusieurs


initiatives ont été montés pour l’éradication de ce fléau dont « les
maîtres volontaires » et est à l’origine de plusieurs manifestations
d’antagonistes, d’un côté, les « kulunas » et de l’autre, les « maîtres
volontaires ».
Les maîtres volontaires sont des congolais d’origine, en
général, vivant dans la ville de Kinshasa, les maîtres volontaires sont
des kinois, des sportifs du quartier, ayant fait preuve d’une certaine
force physique, de la technicité des combats et aussi ayant compris la
souffrance et la désolation de la part de la population, cherche à
sécuriser la population de leurs quartiers respectifs contre les malfrats
des « kuluna ».

Section 2 : Structure des « maîtres volontaires

Comme on peut bien l’observer, dans la ville de Kinshasa


au travers des nos chaînes de télévision, il ne se passe aucun jour
sans pour autant que l’on puisse parler des Maîtres volontaires. Ces
derniers sont vantés du fait qu’ils sont là pour protéger les paisibles
populations de ce fléau de gangstérisme ou bien encore du phénomène
« Kuluna ». Ces maîtres volontaires apparaissent donc partout dans les
différentes communes de la capitale et avec comme objectif ensemble
avec la police nationale de traquer tous les « kuluna » et les mettre
hors d’état de nuire.
Au niveau de leur structure, l’association des « maîtres
volontaires » n’est pas jusque-là bien structuré, car nous avons pu
observer que cette association se recherche encore et fonctionne au
moyen de leur bord. Ces maîtres volontaires ne sont pas
subventionnés par l’Etat, ils travaillent avec leur coordination se
trouve dans le district de la Tshangu et il faut que la coordination
puisse vous reconnaître, vous identifie et que vous soyez intégrer en
vous livrant une carte qui fait office preuve de votre intégration. Parfois
même, certains « kulunas » se déguisent en maîtres volontaires par le
fait que ces derniers sont actuellement reconnus par la police car ils
travaillent en synergie et que la population leur fait confiance

Section 3 : Développement du phénomène « Maîtres volontaires »

Du point de vue sécurité des personnes et de leurs biens,


Kinshasa voit le grand banditisme prendre l’ampleur à travers les actes
criminels tels que le vol à mains armées, les enlèvements, les
extorsions, les rafles des biens de valeurs (bijoux, téléphones
portables…) souvent, ceux qui sont censés sécuriser la population en
l’occurrence les forces de l’ordre, les agents de sécurité en sont parfois
les principaux auteurs de ces forfaits.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le mouvement


Maîtres Volontaires apparaît à la fois comme une organisation à la fois
simple et complexe. Nous disons simple parce qu’en tant que structure
informelle, ce mouvement n’est pas organisé. En cela, elle répond à un
fonctionnement spontané, consensuel et clandestin. Nous avons
ensuite dit qu’elle était une organisation complexe en ceci que les
maîtres volontaires ne mènent pas une vie très libérale. Leur
organisation se structure autour de quatre paliers : la coordination
générale, la traque des « Kuluna », la protection de la population et de
leurs biens, etc.

Le développement du phénomène « Maitres volontaires »


n’est plus à démontrer, car sur toute l’étendue de la ville de Kinshasa,
au-delà des stratégies mises en place pour barrer la route aux
« kulunas », chaque quartier voire même toutes les rues dans les
communes de la ville de Kinshasa se développe le phénomène « Maîtres
volontaires », car ces jeunes ont pris conscience de l’ampleur du
phénomène « kuluna » et s’organise à leur manière pour démanteler les
réseaux des « kuluna » afin de les appréhender et de les remettre à qui
de droit.
A propos de la coordination générale, c’est elle qui se charge
de répondre à tous les impératifs de la demande de la population et
trace la ligne de conduite à suivre. Le maître volontaire passe pour un
homme exceptionnel vis-à-vis de la population : il est le plus
audacieux, le plus fort et le garant de survie de la population du
quartier. C’est une personne « invincible », mythique et capable de faire
douter et de défier les Kuluna qui commettent des actes d’atrocité et de
vol et viol. Chacun dirige sa bande de manière souveraine et jouit du
monopole de la décision qui est sans appel.

Quant à la protection de la population, elle est constituée


d’une équipe des sportifs composée des membres qui lui sont proches.
Le rôle de celle-ci est d’aider le chef dans l’exercice de ses fonctions et
dans l’accomplissement sans faille des objectifs fixés par la
corporation.

Au sujet des membres, disons d’eux qu’ils sont des élèves


fidèles et dociles qui exécutent servilement les ordres édictés par le
maître et sont astreints à une grande discrétion.

3.1. Actions des maitres volontaires

Dans le cadre précis de cette étude, nous distinguons trois


types d’actions auxquels les maîtres volontaires font souvent recours
au regard des actes commis par les « kuluna ».

Sur ce point de vue, nous alignons des actions accomplies


brutalement par ces maîtres volontaires et sans détour contre la
victime qui s’insurge contre leur autorité. L’énumération qui suit est
indicative:
- Le fait de maîtriser les kuluna,
- Les dénoncer,
- Les arrêter
- Et les amener à qui de droit.

3.2. Actions astucieuses

Au rang des actions accomplies par les maîtres volontaires :


- L’arrestation des kuluna
- La protection de paisible population de leurs biens
- La recherche d’un climat de paix.

Partant de ces actions des « maîtres volontaires », il y a


maintenant un antagonisme qui se crée entre les maîtres volontaires et
les « kuluna », car les « maîtres volontaires » montent des stratégies
pour dénoncer et arrêter les « kuluna » afin de les présenter auprès de
la population et ensuite les amener à la police. Et ces « kulunas » aussi
sachant qu’ils sont le cible des maîtres volontaires, montent aussi à
leur manière des stratégies pour qu’ils ne soient pas appréhender par
les « maîtres volontaires » et cela crée des tensions entre les deux
parties.
CHAPITRE III : DEPOUILLEMENT DES DONNEES D’ENQUETE

Introduction

Le présent chapitre porte sur le dépouillement et


interprétation des résultats. Il comporte trois sections à savoir : le
dépouillement et interprétation de données, analyse de résultat et en
fin la recommandation.

Section I : Dépouillement et interprétation des données

La découverte de l’univers social des « kuluna » n’est pas


une tâche aisée. La réalité sur le « kuluna » étant elle-même complexe,
nous estimons, pour notre part, nécessaire de décrypter cette réalité à
partir de trois points, à savoir : la pauvreté, la prise en charge des
« kuluna » et la socialisation de ce phénomène.

3.1. Situation géographique de milieu d’enquête

Notre enquête nous l’avons mené dans la commune de le


Lemba précisément dans le quartier « Kemi Malolo » dans la vallée de
l’université de Kinshasa. Il est borné :
- au Nord par le quartier Righini ;
- au Sud par l’avenue de l’université;
- à l’Est par l’avenue by-pass ;
- et à l’Ouest par les cliniques universitaires de Kinshasa.
3.2. L’échantillon

De prime abord, il convient de rappeler que notre univers


d’enquête est circonscrit dans la commune de Lemba, précisément au
quartier « Kemi Malolo ». Parmi les maitres qui composent cet espace
« Malolo » notre choix à été porté sur 8 Maitres lors de l’entretien et 25
sujets lors de l’enquête.

La taille de l’échantillon revient à estimer la taille minimale


requise pour obtenir des résultats avec un degré de confiance
satisfaisant, une crédibilité jugée suffisante.
Face à cette évidence, il convient de redire que le champ
d’investigation de cette étude est constitué par 8 maîtres volontaires et
25 sujets (population de notre enquête).

Section 2 : Présentation des résultats

Question 1 : Parmi les éléments ci-après, quel est selon les critères de
recrutement pour faire partie de l’association « maîtres
volontaires » ?

Tableau n°1 : Les critères de recrutement

Eléments de réponse Fréquence Pourcentage


La force physique (biceps) 4 50
La vigilance 2 25
La rapidité d’arrivée dans les 1 12,5
lieux d’action
La souplesse 1 12,5
Total 8 100
Source : Notre enquête
Il ressort de ce tableau les éléments ci-dessous :
 4 de maîtres volontaires utilisent les biceps (la force physique
pour traquer les kuluna
 2 ont opté pour la rapidité d’arrivée dans le lieu d’action
(opération de kuluna)
 1 de nos enquêtés a parlé de recourir à la vigilance pour traquer
les kuluna
 1 a confirmé la souplesse doit intervenir pour arrêter les kuluna.

Question n°2 : Quels sont les moyens utilisés pour arrêter les
« kulunas » ?

Tableau : Eléments de réponse à la question n°2

Eléments des réponses Fréquence Pourcentage


La moto 6 75
La voiture 0 0
Les pieds 2 25
Total 8 100
Source : Notre enquête

De ce tableau, il ressort que :


- 6 maîtres volontaires soit 75% utilisent la moto pour atteindre le
lieu d’affrontement de kuluna ;
- 2 soit 25% ont opté que de fois ils utilisent les pieds pour arriver
dans le lieu d’action
Question n°3 : Comment êtes-vous informé qu’il y a un crime dans ce
quartier ?

Tableau n°3 : Eléments des réponses

Eléments des réponses Fréquence Pourcentage


Appels téléphoniques 5 62,5
Par des cris et sifflets 1 12,5
Par la rotation 2 25
Total 8 100
Source : Notre enquête

Il se dégage de ce tableau que :


 5 de maîtres volontaires sont contactés par les appels
téléphoniques ;
 1 écoute des cris lorsqu’il y a un crime
 2 ont répondu que les kuluna sont ciblés lors de la rotation.

Question n°4 : Quels sont les motivations qui vous anime vous les
maîtres volontaires face aux phénomènes kuluna ?

Tableau n°4 : Eléments des réponses

Eléments des réponses Fréquence Pourcentage


La prise en charge de la 6 75
communauté
La recherche d’un emploi 0 0
L’éradication de ce fléau dans le 2 25
quartier (ville)
Total 8 100
Source : Notre enquête

Notre enquête au travers de ce tableau révèle que :


 6 répondent par la prise en charge de sa communauté
 2 pensent éradiquer ce fléau dans la communauté kinoise

Question n°5 : Avez-vous un emploi rémunérateur.

Tableau n°5 : Eléments des réponses

Eléments des réponses Fréquence Pourcentage


Oui 1 12,5
Non 7 87,5
Total 8 100
Source : Notre enquête
De ce tableau, il se dégage ce qui suit :
7 maîtres volontaires ont répondu par non
1 maître volontaire a répondu par oui

Les 15 questions en rapport avec 25 sujets (les enquêtés)

Question n°6 : Age des enquêtés


Tableau n°6 : Eléments de réponses
Eléments des réponses Fréquence Pourcentage
25 à 30 ans 8 32
31 à 35 ans 5 20
36 à 40 ans 7 28
41 à 45 ans 3 12
46 ans et plus 1 4
Total 25 100
Source : Notre enquête

Parmi les 25 sujets enquêtés, 14 sont des hommes et 11 sont des


femmes dont l’âge varie selon l’ordre suivant :
- 8 enquêtés ont un âge qui varie de 25 à 30 ans
- 5 enquêtés ont un âge variant entre 31 et 35 ans
- 7 enquêtés ont un âge qui varie entre 36 et 40 ans
- 3 enquêtés ont un âge entre 41 et 45 ans
- 2 enquêtés ont l’âge variant entre 46 et plus.

Question n°7 : En rapport avec l’activité du chef de ménage


Tableau n°7 : Eléments de réponse

Eléments des réponses Fréquence Pourcentage


Travailleur manuel 12 48
Activités commerciales 5 20
Fonctionnaire 4 16
Militaire 4 16
Ne fait rien 0 0
Total 25 100
Source : Notre enquête

Il se dégage ce qui suit :


- 12 des enquêtés ont répondu qu’ils exercent les activités
commerciales ;
- 5 ont répondu qu’ils sont dans le travail manuel ;
- 4 enquêtés sont dans le service libéral
- 4 sont des fonctionnaires
Question n°8 : Le chef de ménage exerce-t-il une autre activité
génératrice de revenu ?
Tableau n°8 : Eléments de réponse

Eléments des réponses Fréquence Pourcentage


Oui 13 52
Non 12 48
Total 25 100
Source : Notre enquête

- 13 ont répondu par oui qu’ils exercent d’autres activités


génératrices de revenu et
- 12 par contre ont dit non qu’ils n’exercent pas d’autres activités
en dehors de celle-ci.

Question 9 : A quoi tient la pauvreté des habitants de ce quartier ?


Proposition des réponses :
Tableau n°9 : Eléments de réponse

Eléments des réponses Fréquence Pourcentage


Chômage 14 56
Politique de bas salaire 4 16
Famille très nombreuse 4 16
Economie informelle non rentable 3 12
Total 25 100
Source : Notre enquête
Après dépouillement, la statistique suivante nous a été révélée :
- 14 des enquêtés ont répondu que le chômage qui est à la base
dans leur quartier ;
- 4 ont reconnu que leurs activités d’économie informelle ne soit
pas rentable ;
- 4 disent que les familles nombreuses sont à la base de la
pauvreté dans leur quartier ;
- 3 pensent que c’est la politique de bas salaire qui est à la base de
la pauvreté dans leur quartier ;

Question 10 : Votre quartier héberge-t-il des enfants taxés de :


Tableau n°10 : Eléments de réponse

Eléments des réponses Fréquence Pourcentage


Kuluna 16 64
Voleur 3 12
Sorcier 2 8
Shegué 0 0
Drogué 4 16
Total 25 100
Source : Notre enquête
Il se dégage ce qui suit :
- 16 des enquêtés affirment qu’ils existent de kuluna / suicidaire
dans leur quartier ;
- 4 disent qu’ils existent des drogués dans leur quartier ;
- 3 affirment que les voleurs sont bel et bien dans leur quartier
- Et 2 pensent qu’il y a des enfants sorciers dans leur quartier.

Question 11 : Quand cela arrive, généralement, que font les parents ?


Tableau n°11 : Eléments de réponse

Eléments des réponses Fréquence Pourcentage


Aller chez un pasteur 10 40
Les rejeter de la maison 3 12
Rien n’est fait 10 40
Aller en justice 2 8
Total 25 100
Source : Notre enquête
Le tableau ci-dessus révèle que :
- 10 des enquêtés vont chez les pasteurs
- 10 des enquêtés lorsque cela arrive, ils font rien
- 3 des enquêtés les rejettent de la maison et
- 2 des enquêtés y vont en justice.

Question 12 : Le quartier renferme-t-il des enfants qui passent la nuit


tantôt à la maison, tantôt ailleurs ?
Tableau n°12 : Eléments de réponse

Eléments des réponses Fréquence Pourcentage


Oui 18 72
Non 7 28
Total 25 100
Source : Notre enquête

- 18 des enquêtés ont affirmé que les enfants passent la nuit


tantôt à la maison, tantôt ailleurs ;
- 7 des enquêtés ne reconnaissent pas des enfants qui passent
nuit ailleurs ;

Question 13 : Observe-t-on dans le quartier des enfants qui prennent


de l’alcool frelaté ou la drogue ?
Tableau n°13 : Eléments de réponse
Eléments des réponses Fréquence Pourcentage
Oui 19 76
Non 6 24
Total 25 100
Source : Notre enquête

- 19 des enquêtés répondent par oui que les enfants qui prennent
de l’alcool frelaté ou la drogue.
- Par contre, 6 des enquêtés ne reconnaissent pas des enfants qui
prennent l’alcool.

Question 14 : Parmi les formes de violence ci-dessous, citez 3 les plus


récurrentes dans votre quartier ?
Tableau n°14 : Eléments de réponse
Eléments des réponses Fréquence Pourcentage
Injures publiques 25 100
Vol à main armé 10 40
Vol simple 10 40
Bagarre des rues 8 32
Extorsion des biens sur la rue 3 12
viol 5 12
Enlèvement 1 4
Meurtre 1 4
Source : Notre enquête

- 25 des enquêtés répondent par affirmatif que l’injure publique


est effective dans leur quartier.
- 10 des enquêtés reconnaissent les cas de vol simple dans leur
quartier.
- 8 des enquêtés assistent dans la scène de bagarre de rue dans
leur quartier ;
- 3 des enquêtés reconnaissent le cas d’extorsion des biens sur la
rue dans leur quartier ;
- 3 des enquêtés disent qu’il y a de cas de viol dans leur quartier et
enfin
- 1 enquêté a reconnu le cas de meurtre.

Question 15 : Avez-vous déjà été victime d’une agression ?


Tableau n°15 : Eléments de réponse

Eléments des réponses Fréquence Pourcentage


Oui 17 68
Non 8 32
Total 25 100
Source : Notre enquête

- 17 enquêtés répondent par affirmatif qu’ils ont été déjà victime


d’une agression ;
- 8 des enquêtés n’ont jamais été victimes.

Question 16 : Un membre de votre ménage a-t-il déjà été agressé par les
gangsters (kuluna) ?
Tableau n°16 : Eléments de réponse
N° Réponses Effectif %
1 Oui 10 40%
2 Non 15 60%
Total 25 100%

- 15 des enquêtés répondent par non


- 10 enquêtés ont répondu par oui.

Question 17. Si oui, à quel moment de la journée ?


Tableau n°17 : Eléments de réponse
N° Réponses Effectif %
1 Début de la journée 0 0%
2 Fin de la journée 2 80%
3 La tombée de la nuit 6 240%
4 Dans la nuit 10 400%
5 Tard dans la nuit 7 280%
Total 25 100%

Question 18 : Comment opèrent-ils ?

Tableau n°18 : Eléments de réponses

N° Réponses Effectif %
1 Individuellement 2 8%
2 A deux 8 32%
En bande 15 60%
4 Autres à préciser 0 0%
Total

Il ressort du tableau ci-dessus que la majorité de nos enquêtés


affirment que les kuluna opèrent en bande et 8 soit 32% disent qu’ils
opèrent à deux et 2 enquêtés seulement soit 8% pensent que le kuluna
opère lui seul.
Question n°19 : Comment appréciez vous l’action des maîtres volontaires
face au phénomène kuluna ?

Tableau n°19 : Elément des réponses


N° Réponses Effectif %
1 Très efficace 12 48%
2 Efficace 6 24%
3 Inefficace 7 28%
Total 25 100

Sur un total de notre échantillon,


- 12 enquêtés soit 48% estiment que l’action des maîtres
volontaires face au phénomène kuluna est très efficace.
- 7 enquêtés soit 28% pensent que leurs actions sont inefficaces
- Et 6 enquêtés estiment enfin que ces actions sont efficaces.

Question n°20 : Quels types d’armes (matériels) utilisent-ils ?

Tableau n°20 : Eléments de réponses

N° Réponses Effectif %
1 Arme à feu 0 0%
2 Machette 18 72%
3 Barre de fer 3 12%
4 Bâton 4 16%
Total 25 100%

Il ressort de notre enquête les données suivantes :


 18 de nos enquêtés soit 72% dans sa majorité affirment que les
kuluna utilisent les machettes.
 4 enquêtés soit 16% affirment qu’ils utilisent les bâtons
 3 enquêtés soit 12% affirment que ces kuluna utilisent les barres
de fer.

Question n°21 : Qui rencontre-t-on généralement dans les bandes de


kuluna ?

Tableau n°21 : Eléments de réponses

N° Réponses Effectif %
1 Les jeunes désœuvrés 12 48%
2 Anciens agents de l’ordre 8 32%
3 Démobilisés de l’armée 3 12%
4 Enfants de la rue 2 8%
Total 25 100%

 12 enquêtés soit 48% affirment que ce sont des jeunes


désœuvrés qui sont de Kuluna ;
 8 enquêtés soit 32% disent que les jeunes drogués finissent par
devenir Kuluna après les effets de la drogue ;
 3 enquêtés soit 12% pensent que ce sont des policiers et des
militaires actifs qui se transforment parfois en Kuluna.
 2 enquêtés soit 8% disent que certains anciens agents de l’ordre
sont à la base du phénomène kuluna.
CHAPITRE IV : ANALYSE ET COMMENTAIRE DES RESULTATS

La naissance des maîtres volontaires a comme creuset le


social. Néanmoins, le concept est considéré comme une structure
regroupant une ressource humaine ayant aussi des motivations
économiques d’une part autant qu’il doit faire face en tant que
structure à des problèmes économiques d’autre part.

La situation du marché d’emploi formel congolais a entraîné


l’exploitation du secteur de réduire la violence et la pauvreté. Vue cette
situation, nous pouvons dire que certains membres de la population
kinoise accordent leurs importances aux associations des maîtres
volontaires dans la poursuite de leurs objectifs.

Pour réaliser les objectifs, la réinsertion des maîtres


volontaires, l’Etat congolais assure la formation et la morale de ces
maîtres volontaires, les prépare politiquement, physiquement et
économiquement et actuellement, grâce à leurs forces physiques et les
moyens de bord qu’assure sa formation quotidienne.

Il convient de relever que, la plupart des maîtres volontaires


n’ont pas d’emploi. Ils viennent traquer certains gangsters (kuluna)
pour l’amour de la patrie et de la communauté kinoise. Signalons que
l’association des maîtres volontaires il n’y a plus les hommes que les
femmes et aussi il n’y a plus des jeunes que des vieux. La majorité de
celle-ci sont les jeunes hommes.

L’association des maîtres volontaires a un impact sur la


société kinoise, lorsqu’ils attrapent les gangsters (kuluna) dans la ville
de Kinshasa, dans sa commune aussi et surtout dans son quartier et
dans leur famille respective, ils parent des stratégies montées pour
arrêter les gangsters (kuluna). Celle-là ne soit pas tantôt fondé ou
fondé aussi comme les gangsters (kuluna) sont toujours en hostilité.
Un bon nombre de maîtres volontaires habitent dans les quartiers
périphériques de la ville de Kinshasa. Et aussi, la majorité a le pouvoir
économique faible.
C’est la raison même qu’ils parlent souvent « L’Etat a talela biso
likambo oyo » qui veut dire « l’Etat puisse nous assister à proposé.

En tant que lieu éducatif des masses, l’Etat puisse


s’occuper de l’encadrement et de la préparation des gestions de ces
associations des maîtres volontaires, bien que les statistiques des
maîtres volontaires réinsérés ne soient pas connues.

Nous avons observé quelques difficultés matérielles


d’adaptation. Ce qui nous pousse avoir crainte d’un abandon et le
glissement de ce phénomène kuluna à Kinshasa et cela, en dépit du
fait que les maîtres volontaires semblent être résolus et bien informés
sur la situation de la violence à Kinshasa selon les réponses que nous
avions obtenues auprès d’eux. La plupart d’entre eux n’ont pas fait des
grandes études. Les capacités d’informations reçues dépassent 50%
donc sur l’apport des maîtres volontaires, dans chaque quartier de la
ville de Kinshasa. L’Etat congolais a encore la chance de réussir à sa
mission de la protection de sa population.
Encadrés, les maîtres volontaires sont capables de de
fournir à la société des hommes équilibrés, mais nous déplorons les
désordre observés dans la gestion du temps et l’abandon des certains
comportements des autorités congolaises face aux maîtres volontaires,
faute d’un nombre conséquent des centres de formation permanente,
les missions étant bénévolat aux maîtres volontaires.
Il est vrai que les maîtres volontaires peuvent subir
certaines influences compte tenu du temps et de circonstance, cela
suite à leurs situations économiques très précaires.

Seule la volonté des autorités congolaises d’encadrer les


maîtres volontaires peut suffire. Il faut qu’on y réalise en plus, une
politique d’encadrement. Nous pensons, notamment, à la question de
mission de la protection de la population et de leurs biens.

Ce qui explique en grande partie même qu’il y ait plusieurs


maîtres volontaires à Kinshasa, sans changer les causes du mal, les
efforts des maîtres volontaires risquent sans lendemain.

Les maîtres volontaires travaillent de manière suivante :


- Le matin et l’après midi, il y a une équipe.
- Le soir et la nuit, une autre équipe.

Comme d’aucun l’ignore, depuis belle lurette, en RDC, un


regard même distrait laisse entrevoir une effervescence des violences
qui, s’empare de tous les hommes et de tout homme, de tous les
espaces privés et publics, de jour comme de nuit et cela suffise pour
convaincre à cette association de l’amplitude des problèmes sociaux
qui en résultent.

En effet, au-delà du rôle de la protection de la population


qui incombe à l’Etat et aux autorités urbaines ainsi que celui de la
construction d’un réseau de solidarité bien manifeste dans les rangs
des criminels (Kuluna, violeur, gangster), il s’observe couramment de
nombreux travaux qui hypothèque, à coup sûr, cet état de choses ne
saurait laisser les associations de jeunes de cette culture de la violence
en RD Congo en général et à Kinshasa indifférents. C’est pour cela que
divers mouvements de contre attaque dont les maîtres volontaires s’y
impliquent pour éradiquer ce phénomène à Kinshasa.

Section 1 : Quelques recommandations


1. Les réactions des Maîtres volontaires

Pour formuler les recommandations, nous avons utilisé


l’approche participative en remettant aux maîtres volontaires un
questionnaire tout en leur proposant quelques recommandations. Voici
comment ils ont réagi dans les lignes qui suivent.
- Que peuvent être les recommandations à travers lesquelles la
conjoncture en question peut être minimisée de façon à
permettre le bon fonctionnement de cette association sous
examen ?

A cette question, nous avons proposé les réponses ci-


dessous aux enquêtés afin de leur permettre de réagir promptement :
a. Motivation (allouer les différentes primes lors de l’arrestation
d’un gangster) ;
b. Paiement de chaque mois ;
c. Les motos pour leurs déplacements
d. Donner les voitures pour le déplacement.

41% des enquêtés ont proposé la motivation ; 40% le paiement de


chaque mois ; 12% les motos pour le déplacement et 7% de leurs
donner les voitures.
2. Recommandations

 Pour les enquêtés

 57% des enquêtés ont proposé la motivation des maîtres


volontaires ;
 20% des enquêtés les payer ;
 13% la formation et
 10% la dotation des biens c'est-à-dire motos et voitures.

3. Le condensé des commentaires

Après avoir présenté les résultats obtenus, nous réalisons


quelques commentaires. A dire vrai, la dotation des biens et la
motivation seront à la base d’amélioration des conditions de travail
figurent au premier plan pour toutes les catégories de la population
kinoise. En deuxième lieu, intervient la motivation. En troisième lieu,
le paiement des maîtres volontaires (selon les bravoures) et enfin la
formation de celle-ci.

En effet, le salaire est un droit requis pour tout travailleur.


L’employeur est enclin à payer un salaire responsif c'est-à-dire
permettant au travailleur de faire face à la première catégorie des
besoins qu’Abraham Maslow appelle « les besoins physiologiques ».
La motivation est source de bon rendement de toute forme
d’organisation et elle compense à plusieurs autres besoins y compris la
formation.

En réalité, le salaire, la motivation voire la formation


satisfont à l’échelle des besoins présentés comme suit (28).

Figure unique : La théorie de besoins

Besoin de reconnaissance

Besoin de
développemen
t personnel
Réalisation de
son potentiel

Besoin de respect

Besoins sociaux Expression –


Information – Appartenance

Besoins de sécurité - sécurité affective –


sécurité physique – sécurité financière

Besoins physiques
Nourriture – vêtement – abri

28
NSAMAN-o-LUTU, Théorie générale de management, G2 SPA, FSSAP, UNIKIN, 2008-2009, cours inédit.
Commentaire :
Tel que démontré dans cette pyramide des motivations, les
besoins humains sont organisés en une pluralité de niveaux, suivant
une hiérarchie d’importance. Au niveau le plus bas, se trouvent
d’abord les besoins physiologiques préconisés dès qu’ils sont
contrariés. Dès que le pain manque, l’homme ne vit plus que pour en
obtenir. Mais, pour l’homme qui mange régulièrement et à sa
convenance, la faim cesse à son tour de constituer un besoin satisfait
n’est plus un facteur de motivation pour le comportement.

Lorsque les besoins physiologiques sont raisonnablement


satisfaits, ce sont les besoins du niveau immédiat supérieur qui
commencent à donner le comportement de l’homme et à motiver celui-
ci. Ce sont les besoins de sécurité. Tels sont les besoins de protection
contre les dangers, la menace et la privation.

Il est important de souligner que puisque tout le peuple du


Congo se trouve dans un état de dépendance, ses besoins de sécurité
peuvent revêtir une force considérable. Le comportement arbitraire des
maîtres volontaires à son égard éveillera chez le kuluna, un sentiment
d’insécurité concernant la garantie de son association ou celui d’être
victime d’un favoritisme ou discrimination aux actions imprévisibles.
Tout cela constitue les relations d’une association d’autodéfense à tous
les niveaux.

Il est clair que les conditions de la vie moderne ne


procurent que des chances licitées à l’individu d’exprimer ses besoins
relativement faibles.
La frustration qu’éprouve la plupart de Kuluna en ce qui concerne la
satisfaction de leurs besoins inférieurs (besoins sociaux) distrait leur
énergie. Ils consacrent celle-ci à lutter pour satisfaire ces besoins
primaires, ce qui laisse en sommeil leurs besoins de l’humanisme.
CONCLUSION

Il est un devoir pour nous de rappeler que le travail


sanctionnant la fin du premier cycle en Anthropologie sur le
« Phénomène « maîtres volontaires » comme manifestation des
antagonismes de socialisation des mécanismes d’autodéfense
populaire à Kinshasa. Cas de la commune de Lemba.

En effet, après avoir fait la revue de la littérature afin de


montrer l’authenticité de la présente étude, trois questions essentielles
ont été posées en termes de problématique, à savoir :
- Un maître volontaire est un kulunaire ou un quémandeur
d’emploi ?
- Est-il un défenseur de la population kinoise contre la
violence physique ou pas ?
- Qu’est-ce qui est au centre de motivation de cette
association à Kinshasa ?

A ces questions pertinentes, nous avons joint les réponses


provisoires selon lesquelles les maîtres volontaires sont des sportifs
ayant acquis certains documents dans sa commune pouvant lui
permettre de traquer, à cibler des bandes de criminels (kuluna) afin de
les ramener chez les acquis de droit. Aussi c’est une façon de création
d’emploi ou de demander l’emploi auprès de l’Etat d’une façon maligne. A
ce jour, les maîtres volontaires sont devenus de chevaux de bataille dans
toute la ville de Kinshasa parce qu’ils sont employés presque dans
chacune de communes de Kinshasa. Il y a des jours parfois où les
maîtres volontaires sont tombés dans le bouc émissaire malgré cela, ils
savent se battre en brèche.

L’éradication du phénomène kuluna dans la ville de


Kinshasa, telle est la motivation qui les anime de protéger la population
de cette ville, mais aussi le canal de trouver de quoi chercher à s’intégrer
régulièrement dans la vie quotidienne.
Pour parfaire cette étude, nous nous sommes servi de la
méthode stratégique, matérialisée par les outils de collecte des
données tels que : la technique documentaire, l’interview libre,
l’observation directe et participante, la boule de neige, l’entretien libre
et le questionnaire.

Délimitée dans le temps et dans l’espace, cette monographie


a été subdivisée en trois chapitres :
Le premier consacré aux généralités, a fait l’objet du déminage des
concepts clés tels que
BIBLIOGRAPHIE

1. CROZIER, M. et FRIEDBERGE, E., L’acteur et le système, Paris,


Edition du Seuil, 1977.
2. Dictionnaire de sociologie : les notions, les mécanismes et les
natures, 2ème éd. Hâtier, paris, 1997.
3. ETZIONI, A., Les organisations modernes, Bruxelles, Duculot,
1971.
4. FATU MUZESA, Les stratégies de la gestion de la crise socio-
économique par les agents de l’UNIKIN. Analyse
et perspective, Mémoire en SPA, UNIKIN, 2013.
5. HERNAUX G. et NOYE, Améliorer les qualités des processus
pour maîtriser la complexité des p
6. JALBERT, F., Les ressources humaines. Atout stratégique,
Paris, L’Harmattan, 1989
7. KOENIG, G., Management stratégique. Paradoxes, interactions et
apprentissage, Paris, Ed. Nathan, 1998.
8. MARION, A., (sous la direction de), Le diagnostic d’entreprise.
Cadre méthodologique, Paris, éd. Economica,
1933.
9. Ministère du Plan, Document des Stratégies de réduction de la
Pauvreté (DSRP), Kinshasa, février 2004.
10. MUCHIELLI, A., Dictionnaire des méthodes qualitatives en
sciences humaines et sociales, Paris, Ed.
Armand Colin, 1996.
11. NSAMAN-o-LUTU et ATSHWEL OEL, Comprendre le
management : cultures, principes et
contingences, Kinshasa, éd. CAPM, 2007.
12. NSAMAN-o-LUTU, Théorie générale de management, G2 SPA,
FSSAP, UNIKIN, 2008-2009, cours inédit.
13. SHOMBA K.S., Méthodologie de la recherche scientifique. Les
facettes de captage et les logiques d’analyse des
données, éd. Presses de l’Université de
Kinshasa, Kinshasa, 2012.
14. SHOMBA K.S., Phénomène « Kuluna » ou le gangstérisme
juvénile à Kinshasa. Récurrence, logiques
d’actions et vulnérabilités de moyens de
prémunition, éd. MES, Novembre-décembre
2011.
15. SHOMBA KINYAMBA, La chaire de dynamique sociale CDS-
Unikin. Cinq ans après. Acquis et perspectives,
éd. MES, Kinshasa, 2010.
16. SHOMBA KINYAMBA, S., Méthodologie de la recherche
scientifique, Kinshasa, PUK, 2012.
Définition :

Kuluna

Après plusieurs tentatives pour chercher comment appeler les


différents groupes de jeunes inciviques qui s’illustrent dans les actes
de vandalisme et de barbarie, ces bandits qui opèrent parfois au su et
au vu de tout le monde

En effet parler de la sécurité des personnes et de leurs biens implique


un service approprié à cet égard dans tous les pays du monde les
agents chargés de cette sécurité sont soient les policiers, soient les
militaires, lesquels ont comme mission de pouvoir maintenir l’ordre
public. Mais nous assistons depuis un certain temps, à la
recrudescence du phénomène « Kuluna » ou le gangstérisme juvénile
une montée la paix et la quiétude des paisibles citoyens semblent êtres
menacés par des inciviques de tout genre semant la terreur et la
désolation, bref l’insécurité dans tout le sens. Le service de sécurité
semble être inefficace face à cette montée de la violence à Kinshasa.
C’est ainsi que les jeunes des différents quartiers se sentant ainsi
devant cette impérieuse nécessité, se sont groupes en bandes pour
bouter ce genre de violence.

Vous aimerez peut-être aussi