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L'histoire précoloniale de la Côte d'Ivoire est marquée par quatre aires culturelles distinctes : Akan, Gur, Krou et Mandée, chacune ayant ses propres structures sociales et politiques. La diversité politique se manifeste par des États centralisés et des sociétés sans État, tandis que l'économie repose sur des réseaux commerciaux dynamiques reliant différentes régions. Cette mosaïque culturelle et économique a constitué le socle historique de l'évolution ultérieure du pays.

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L'histoire précoloniale de la Côte d'Ivoire est marquée par quatre aires culturelles distinctes : Akan, Gur, Krou et Mandée, chacune ayant ses propres structures sociales et politiques. La diversité politique se manifeste par des États centralisés et des sociétés sans État, tandis que l'économie repose sur des réseaux commerciaux dynamiques reliant différentes régions. Cette mosaïque culturelle et économique a constitué le socle historique de l'évolution ultérieure du pays.

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L'histoire de la Côte d'Ivoire précoloniale repose sur un socle de

peuplement ancien qui s'est enrichi au fil du temps par des vagues de
migrations successives, venant principalement du nord et de l'est. Ce
brassage a donné naissance à quatre grandes aires culturelles
distinctes, chacune possédant ses propres caractéristiques linguistiques,
sociales et politiques.

Voici une présentation détaillée de ces quatre aires :

1. L'aire Akan

Cette aire se caractérise par une forte parenté linguistique et culturelle


entre les peuples qui la composent.

• Organisation sociale : Elle est majoritairement régie par un système


de succession matrilinéaire.
• Système politique : Contrairement à d'autres groupes, les Akan ont
mis en place des systèmes fortement centralisés (royaumes et
États), où le pouvoir est incarné par un siège royal (bia).
• Culture : L'or y occupe une place centrale, et les noms des enfants
sont souvent donnés en fonction de leur jour de naissance. On
distingue les Akan lagunaires (souvent organisés en classes d'âge)
des Akan forestiers et des savanes.

2. L'aire Gur (ou Voltaïque)


Située principalement dans le nord et le nord-est, cette aire s'étend
également au Burkina Faso et au Mali.

• Peuples principaux : Elle comprend notamment les Sénoufo, les


Lobi et les Koulango.
• Culture et religion : Les Sénoufo sont particulièrement attachés à la
religion traditionnelle, avec le Poro comme rite communautaire
d'initiation.
• Économie : Ce sont essentiellement des peuples agriculteurs,
fonctionnant selon un régime à dominance matrilinéaire.
3. L'aire Krou
Les Krou occupent l'ouest, le centre-ouest et le sud-ouest de la Côte
d'Ivoire.

• Organisation sociale : À l'inverse des Akan, ils forment des sociétés


de type patrilinéaire et patrilocal.
• Système politique : Ils sont traditionnellement décrits comme des
sociétés sans État véritable, organisées en "mini-États" tribaux ou
en démocraties villageoises où le pouvoir est exercé par les chefs de
lignages ou de familles.
• Groupes : On les divise en deux ensembles : les Krou orientaux
(Bété, Dida, etc.) et les Krou occidentaux (Wè, Kroumen, etc.).
4. L'aire Mandée
Cette aire est très vaste et se divise en deux sous-groupes linguistiques et
culturels :

• Les Mandé du Nord (Mandings) : Comprenant les Malinké, les


Bambara et les Dioula, ils sont marqués par la religion musulmane
et le commerce. Ils sont organisés en structures d'État.
• Les Mandé du Sud : Comprenant les Dan (Yacouba), les Toura et les
Gouro, ils sont plus proches des zones forestières et montagneuses
de l'ouest. Ils partagent avec les Mandé du Nord un système de
parenté patrilinéaire.
Un espace de brassage
Il est important de noter que ces aires n'étaient pas fermées. Les
migrations, le commerce, l'islam et les alliances à plaisanteries (pactes
de non-agression et d'entraide) ont favorisé de nombreux échanges et
brassages culturels entre ces différents groupes.

Organisation Politique et Économique de la Côte d'Ivoire Précoloniale


Introduction

Loin d'être un territoire politiquement uniforme, la Côte d'Ivoire


précoloniale était une véritable mosaïque de sociétés aux organisations
complexes et variées. Avant l'établissement des frontières coloniales en
1893, cet espace était caractérisé par une grande diversité de structures
politiques, allant d'États centralisés très hiérarchisés à des démocraties
villageoises décentralisées. Cette organisation politique plurielle reposait
sur une économie dynamique, animée par de vastes réseaux commerciaux
qui reliaient les peuples de la forêt, de la savane et du littoral.

--------------------------------------------------------------------------------

1. Les Systèmes d'Organisation Politique

L'organisation politique sur le territoire ivoirien précolonial variait


considérablement d'une région à l'autre. Deux grands modèles
coexistaient : les royaumes et empires très structurés, où le pouvoir était
concentré, et les sociétés sans État, où l'autorité était diffuse et exercée de
manière collégiale.

1.1. Les États Centralisés : Royaumes et Empires

1. Définition et Caractéristiques Un État centralisé, dans le contexte


ivoirien précolonial, se définit par la concentration du pouvoir
politique, militaire et judiciaire entre les mains d'une autorité
suprême, généralement un roi (Faama, Mansa ou Roi). Ce dernier
était assisté par une administration structurée composée de
conseillers, de chefs de province et de fonctionnaires, assurant la
gestion du royaume et la collecte des impôts. Le pouvoir du
souverain était souvent légitimé par des symboles forts, comme un
siège royal ou des objets sacrés.
2. Modèles d'Organisation Les modèles Akan et Mandé (royaume de
Kong) illustrent bien la diversité des États centralisés :
Modèle d'État Mandé
Caractéristique Modèle d'État Akan
(Royaume de Kong)
Faama ou Mansa, dont le
Titre et Roi, dont le pouvoir est pouvoir est symbolisé par
Symbole du incarné par le bia (siège des objets préislamiques
Pouvoir royal). (drapeau de guerre, objet
sacré).
Le roi est assisté par la
Le Faama est entouré de
Reine-mère (Blahima),
ses fils, placés à la tête de
des membres du
Structure du localités stratégiques, d'un
matrilignage royal et des
Pouvoir percepteur royal pour les
chefs de province qui
impôts et d'une puissante
dirigent les subdivisions
armée pour la sécurité.
du royaume.
La succession est
patrilinéaire et s'effectue
La succession est de type
par rotation entre les
Principes de matrilinéaire : le pouvoir
différents segments du
Succession se transmet au sein du
lignage fondé par le
clan maternel.
premier roi, Sékou
Ouattara.
1. Synthèse sur les Fondateurs Les fondateurs de ces États étaient
des figures charismatiques aux profils variés. Certains, comme les
fondateurs des royaumes agni tel Amalaman Ano, étaient des chefs
de guerre issus de lignées nobles jouissant déjà d'une grande
prééminence par la noblesse de leur sang. D'autres étaient des
migrants menant leurs peuples vers de nouvelles terres. En
contraste, on retrouve également des aventuriers et des
commerçants au parcours exceptionnel. L'exemple de Sékou
Ouattara, fondateur de l'empire de Kong, est emblématique :
n'appartenant pas à une famille de grande noblesse, il a su, parti du
simple colportage, amasser une fortune considérable, coaliser
autour de lui les commerçants, les chefs de terre et les autorités
religieuses pour renverser le pouvoir en place et bâtir un puissant
empire marchand.

1.2. Les Sociétés sans État

1. Définition et Contraste Aussi appelées "démocraties villageoises"


ou "sociétés lignagères", les sociétés sans État se distinguent
fondamentalement des royaumes par l'absence d'une autorité
politique unique et permanente. Le pouvoir n'y est pas concentré
mais réparti au sein de la communauté et exercé de manière
collégiale. On retrouve ce modèle principalement chez les peuples
Krou, les Mandé du sud et certains groupes Akan lagunaires.
2. La Structure du Pouvoir Dans ces sociétés, le pouvoir politique était
exercé à travers des structures sociales imbriquées, allant de la plus
petite unité à la plus large :
a. La Famille : Unité de base de la société, elle est dirigée par le
membre le plus âgé, qui joue un rôle social et politique de
premier plan.
b. Le Lignage : Il regroupe plusieurs familles se réclamant d'un
ancêtre commun connu. Chaque lignage est représenté par un
chef qui agit en son nom.
c. Le Village : C'est la principale cellule politique fonctionnelle.
Le village est dirigé par un conseil composé des chefs des
différents lignages. Ce conseil est généralement présidé par le
chef du lignage fondateur.
d. La Tribu : Il s'agit d'un ensemble de villages qui s'unissent,
souvent pour des raisons de défense commune. Un leader
charismatique (un guerrier réputé ou un homme riche et
influent) peut alors émerger pour coordonner les actions de la
tribu.
3. Cas Spécifique : Les Sociétés à Classe d'Âge Chez certains
peuples, notamment les Akan lagunaires, le pouvoir politique était
structuré par un système de classes d'âge. Dans ce modèle, la
société est divisée en groupes d'individus de la même tranche d'âge.
Le pouvoir est exercé de manière rotative par chaque classe d'âge,
selon un cycle bien défini, permettant à chaque individu de
participer à la gestion des affaires publiques au cours de sa vie.

Cette diversité des systèmes politiques se reflétait dans la manière dont


l'économie était structurée, notamment à travers le commerce, qui
répondait aux besoins de ces différentes sociétés.

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2. Les Systèmes Économiques : Le Commerce

L'économie précoloniale reposait sur deux axes commerciaux majeurs et


complémentaires qui connectaient les différentes régions : un axe
continental, orienté nord-sud, et un axe maritime, qui reliait le littoral au
commerce atlantique.

2.1. Le Commerce Continental à Longue Distance

1. Les Acteurs Clés : Les Dioula Les marchands Dioula étaient les
principaux animateurs de ce commerce. Leur efficacité reposait sur
des réseaux sociaux et familiaux complexes et sur des organisations
commerciales adaptées aux défis des longs voyages. Celles-ci
prenaient plusieurs formes, de la plus simple à la plus sophistiquée :
a. La bande : Petit groupe d'amis voyageant ensemble pour le
colportage sur de courtes distances.
b. La troupe familiale : Unité de base composée du père, de ses
fils et de quelques proches, capable de rayonner plus loin.
c. La caravane : Regroupement de plusieurs troupes familiales
pour voyager ensemble, offrant une plus grande sécurité face
aux brigands.
d. La grande caravane : Organisation plus formelle, initiée par un
grand commerçant et placée sous l'autorité d'un chef militaire
avec une escorte armée.
e. La société commerciale : Gérée par un grand négociant
appelé diatigui ("maître du commerce"), cette organisation
contrôlait un vaste réseau de correspondants et d'agents pour
optimiser les profits en s'informant sur l'évolution des
marchés.
2. Les Flux Commerciaux Les échanges entre les zones de savane au
nord et les zones forestières au sud étaient bien définis et
complémentaires.
Direction du Flux Produits Échangés
Produits du Nord vers Sel gemme, tissus européens, chevaux, armes, cuivre,
le Sud (→) cauris (utilisés comme monnaie).
Produits du Sud vers Or, noix de cola, esclaves, ivoire, peaux d'animaux, sel
le Nord (←) marin, épices.

1. Les Pôles Commerciaux Des villes carrefours jouaient un rôle


essentiel dans la centralisation et la redistribution des
marchandises.
a. Kong : Véritable plaque tournante, Kong reliait les grandes
routes commerciales du Sahel (Tombouctou, Djenné) aux
zones de production de la forêt.
b. Bouna : Étape stratégique sur les routes de l'or, Bouna était un
pôle commercial majeur qui connectait le monde akan à l'est
aux réseaux Dioula.

2.2. Le Commerce Maritime ou Côtier

1. Le Rôle des Intermédiaires À partir du XVe siècle, le commerce


atlantique a créé un nouvel axe économique. Ce commerce était
animé par les peuples du littoral, qui se sont positionnés comme des
intermédiaires incontournables entre les navigateurs européens et
les populations de l'arrière-pays.
2. Exemples d'Acteurs Les Alladians (surnommés "Jacks-Jacks" par
les Européens) sont un exemple marquant. Ils ont su établir un
monopole sur le commerce de l'huile de palme et du sel marin dans
leur région. Ils organisaient la collecte de ces produits dans l'arrière-
pays pour les vendre ensuite aux navires européens, et assuraient la
commercialisation de leur sel jusque dans la région de Tiassalé,
l'une des plaques tournantes majeures du commerce précolonial.
3. Les Produits Échangés Les principaux produits exportés vers les
Européens par les peuples côtiers étaient l'huile de palme, les
amandes de palme, les cuirs, l'ivoire et l'or. En retour, ils
obtenaient des marchandises très prisées comme les manilles
(bracelets de cuivre servant de monnaie), les pagnes et les armes à
feu. Parallèlement, le sel marin était échangé vers l'intérieur des
terres.

Ces deux grands réseaux commerciaux n'étaient pas isolés. Ils se


rencontraient et s'articulaient au niveau des marchés de la zone de
contact forêt-savane, créant une économie intégrée et dynamique à
l'échelle de tout le territoire.

--------------------------------------------------------------------------------

Conclusion

La Côte d'Ivoire précoloniale était un espace d'une grande vitalité,


caractérisé par une remarquable diversité politique et une économie
complexe. Des royaumes Akan et Mandé, fortement centralisés et
hiérarchisés, coexistaient avec des démocraties villageoises Krou ou
Mandé-sud, où le pouvoir était exercé de manière collégiale et
décentralisée. Cette pluralité politique s'appuyait sur des réseaux
commerciaux sophistiqués qui reliaient la forêt à la savane et le continent
à l'océan Atlantique, assurant la circulation des biens, des idées et des
personnes. Cette organisation riche et variée constitue le socle historique
sur lequel l'histoire ultérieure du pays s'est construite.

AFRIQUE DES GRANDS ROYAUMES

Guide d'étude : L'Afrique des Grands Royaumes

Quiz : Questions à réponse courte

Répondez à chaque question en deux ou trois phrases, en vous basant


exclusivement sur le contexte fourni.

1. Quels étaient les trois royaumes Akan les plus puissants qui se sont
illustrés avant l'hégémonie de l'empire Ashanti, et quels facteurs ont
favorisé leur expansion ?
2. Quel rôle Okomfo Anokyé a-t-il joué dans la création de la
confédération Ashanti sous le règne d'Oséi Tutu ?
3. Comment le règne d'Opoku Warè a-t-il transformé la confédération
Ashanti en un empire ?
4. Décrivez la structure administrative de l'empire Ashanti, en
distinguant l'Ashanti métropolitain du Grand Ashanti.
5. Quelle innovation militaire majeure Opoku Warè a-t-il introduite
après le pillage de Kumasi en 1718, et quelle était sa fonction ?
6. Comment le royaume du Kongo a-t-il été fondé et comment son
fondateur, Ntinu Nimi a Lukéni, a-t-il consolidé son pouvoir spirituel
?
7. Qui étaient les principaux membres du collège d'électeurs chargé de
choisir le nouveau Mani Kongo, et quels étaient certains des insignes
de pouvoir transmis au roi ?
8. Quel impact l'arrivée des Portugais a-t-elle eu sur les titres
administratifs et les fonctions au sein du royaume du Kongo ?
9. Pourquoi le roi Nzinga a Nkuwu (Dom João I) a-t-il apostasié, et
comment son fils Afonso I a-t-il réagi ?
10. Quelle fut la conséquence immédiate de la bataille d'Ambuila
en 1665 pour l'unité politique du royaume du Kongo ?

Corrigé du Quiz

1. Avant l'empire Ashanti, les trois royaumes Akan les plus puissants
étaient l'Aowin, le Denkyra et l'Akwamu. Leur expansion a été
favorisée par la volonté de maîtriser les circuits commerciaux, leur
situation géographique éloignée des côtes, et l'acquisition d'armes à
feu auprès des Européens.
2. Okomfo Anokyé, prêtre et conseiller d'Oséi Tutu, a utilisé son pouvoir
mystique pour donner une assise politique à la coalition Ashanti. Il a
notamment fait descendre du ciel une chaise royale en or, symbole
de l'union et de l'autorité suprême d'Oséi Tutu sur tous les clans
coalisés, fondant ainsi la confédération.
3. Opoku Warè a transformé la confédération en empire en étendant
considérablement ses limites territoriales. Il a mené de nombreuses
conquêtes contre des peuples non Akan, comme les Gonja,
Dagomba et Nanoumba, et a soumis des royaumes comme le Bono
et les Abron Gyaman, ce qui lui a valu le titre de "Katakyie" (guerrier).
4. L'empire Ashanti était divisé en deux ensembles. L'Ashanti
métropolitain comprenait les États situés dans un rayon de 50 km
autour de la capitale Kumasi, dont les représentants siégeaient au
Conseil de l'Asanteman. Le Grand Ashanti regroupait les États
conquis qui payaient des tributs et accédaient à l'Asantehene par
l'intermédiaire de l'Adamfo.
5. Après le pillage de Kumasi, Opoku Warè a créé une nouvelle unité
militaire appelée l'arrière-garde (Kyidom). Sa mission était de
protéger l'empire lorsque les troupes principales étaient en guerre,
de renforcer la sécurité du roi et de servir de force de répression.
L'unité spéciale Ankobia, chargée de défendre la capitale, en faisait
partie.
6. Le royaume du Kongo a été fondé vers le XVe siècle par Ntinu Nimi a
Lukéni, qui a conquis plusieurs territoires sur la rive australe du
fleuve Kongo. Pour consolider son pouvoir, il a acquis une assise
spirituelle en contractant une alliance avec le chef de terre de
Mbata, le Mani-Kabunga.
7. Le collège d'électeurs qui choisissait le roi (Mani Kongo) était
composé de grandes personnalités, notamment le Mani Vunda et les
gouverneurs des provinces de Mbata et du Soyo. Les insignes de
pouvoir comprenaient le trône, le couvre-feu (mpu), le bracelet
(nlunga), le spectre (ngwanda) et la corbeille des ancêtres (lukobi lu
bakulu).
8. L'arrivée des Portugais a entraîné l'adoption de titres européens
dans l'administration du Kongo. Les fonctions de la cour ont pris des
noms comme mordomo (majordome) ou camareiro (chambellan),
tandis que les Manis (chefs) se sont fait appeler « comte », « duc » ou
« marquis », et leurs provinces sont devenues des « comtés » ou «
marquisats ».
9. Le roi Nzinga a Nkuwu a apostasié principalement à cause de
l'antagonisme entre la polygamie pratiquée par la royauté et les lois
chrétiennes. Son fils, Mbemba Nzinga (Afonso I), est resté un
chrétien fervent, ce qui lui a valu d'être exilé à Nsundi avant de
prendre le pouvoir et de développer le catholicisme dans le
royaume.
10. La défaite et la décapitation du roi Antonio I à la bataille
d'Ambuila en 1665 ont sonné le glas de l'unité politique du Kongo. Le
royaume s'est fragmenté, plusieurs provinces comme Soyo et
Mbamba sont devenues autonomes, et des luttes incessantes ont
éclaté entre les différents clans royaux (Makandas) pour le pouvoir.

Sujets de Dissertation

1. Analysez les processus de formation de l'État dans l'empire Ashanti


et le royaume du Kongo, en comparant les rôles respectifs des
conquêtes militaires, des alliances stratégiques et de la légitimation
idéologique (religieuse ou mystique).
2. Discutez de l'impact de l'arrivée des Européens, en particulier des
Portugais, sur l'évolution politique, religieuse et administrative du
royaume du Kongo entre 1483 et 1665.
3. Décrivez l'organisation militaire de l'empire Ashanti sous les règnes
d'Oséi Tutu et Opoku Warè, et expliquez comment cette structure a
permis son expansion rapide et le maintien de son hégémonie.
4. Examinez les causes et les conséquences des migrations Alanguira
et Assabou, en les reliant directement aux guerres menées par
l'empire Ashanti pour établir sa suprématie sur les royaumes
Denkyra et Aowin.
5. Tracez l'histoire des crises politiques du royaume du Kongo, depuis
les querelles de succession après la mort d'Afonso I jusqu'à la
réunification menée par Dom Pedro IV d'Água Rosada en 1709.

Glossaire des Termes Clés

Terme Définition
Fonctionnaire créé par Opoku Warè servant
Adamfo d'intermédiaire entre les États du Grand Ashanti
(provincial) et l'Asantehene.
Fils du roi Nzinga a Nkuwu, baptisé Mbemba Nzinga. Il fut
un chrétien fervent sous le règne duquel le catholicisme
Afonso I
se développa au Kongo après sa victoire sur son frère
Mpanzu Nzinga en 1506.
Ensemble de peuples vivant au Ghana et en Côte
Akan d'Ivoire. Originaires du Nord (possiblement du Mandé),
ils se sont organisés en principautés puis en puissants
royaumes comme le Denkyra, l'Akwamu, l'Aowin et
l'Ashanti.
Peuple du royaume Denkyra qui a migré après la défaite
de leur roi face à Oséi Tutu (1699-1701). Ils se sont
Alanguira
installés dans la région de Sakassou, en Côte d'Ivoire
actuelle.
Force spéciale créée par Opoku Warè, faisant partie de
Ankobia l'arrière-garde (Kyidom), dont le rôle principal était de
défendre la capitale Kumasi.
Titre du souverain suprême de l'empire Ashanti. Sa
Asantehene personne était sacrée car il était considéré comme le
représentant des ancêtres.
Groupe de partisans d'Abla Pokou qui ont migré après
une guerre civile de succession à Kumasi au début du
Assabou
XVIIIe siècle. Ils se sont installés à Sakassou et se sont
imposés aux Alanguira.
Habitants du royaume du Kongo, populations
Bakongo
bantuphones parlant le Kikongo.
Titre porté par le chef de chaque principauté Akan avant
Braffo
la formation des grands royaumes.
Puissant royaume Akan créé par le clan Agona. Il
dominait plusieurs chefferies, dont Kumasi, avant d'être
Denkyra
vaincu par la coalition menée par Oséi Tutu entre 1699 et
1701.
Navigateur portugais qui parvint à l'embouchure du
Diogo Cão fleuve Kongo en 1483, établissant le premier contact
entre le royaume du Kongo et les Européens.
Titre signifiant « guerrier », attribué au roi Ashanti Opoku
Katakyie
Warè en raison de ses nombreuses conquêtes.
Langue parlée par les Bakongo, les habitants du royaume
Kikongo
du Kongo.
Prophétesse qui a soutenu le clan Kimpanzu durant la
Kimpa Vita période de fragmentation du royaume du Kongo après
1665.
Terme désignant un « chef sans valeur » dans l'empire
Kwakwahene Ashanti, spécifiquement celui qui régnait sans avoir reçu
officiellement le siège royal.
Arrière-garde de l'armée Ashanti, une unité militaire
Kyidom créée par Opoku Warè pour protéger l'empire et le roi
lorsque les troupes étaient en guerre.
Lukéni (Ntinu Fondateur du royaume du Kongo vers le XVe siècle, fils
Nimi a) du roi du royaume de Bungu.
Terme désignant les principaux clans ou lignages royaux
Makanda du Kongo, tels que les Kimpanzu, les Kinlaza et les Água
Rosada, qui se sont disputé le pouvoir après 1665.
Titre du roi du Kongo. Son pouvoir était despotique et sa
Mani Kongo personne était isolée du peuple en raison de son
caractère divin.
Majordome du roi du Kongo, considéré comme « le
Mani-lumbu
premier personnage après le roi ».
Justicier suprême du roi du Kongo et membre du collège
Mani Vunda
d'électeurs chargé de choisir le nouveau souverain.
Capitale du royaume Kongo, fondée par Lukéni sur le
Mbanza dia
mont Nkumba a Ngudi. Elle fut plus tard renommée São
Kongo
Salvador par les Portugais.
Titre des chefs guerriers de l'empire Ashanti qui
Nsafohene
contrôlaient les localités autour de la capitale Kumasi.
Titre signifiant « l'unificateur », pris par Dom Pedro IV
d'Água Rosada après avoir mis fin à la fragmentation du
Ntotila
royaume et s'être installé comme roi à Mbanza Kongo en
1709.
Prêtre, ami et conseiller d'Oséi Tutu, qui joua un rôle
Okomfo
crucial dans la légitimation mystique de la confédération
Anokyé
Ashanti.
Successeur d'Oséi Tutu (règne 1718-1750). Il a étendu la
Opoku Warè confédération par de nombreuses conquêtes, la
transformant en l'empire Ashanti.
Fondateur de la confédération Ashanti (règne 1701-
Oséi Tutu 1717). Il mena la révolte contre le royaume Denkyra et
unifia les chefferies sous son autorité.
Matriclan d'Oséi Tutu, qui devint la branche régnante de
Oyoko
la confédération puis de l'empire Ashanti.

Aide-Mémoire : Organisation des Empires Ashanti et Kongo

Introduction

Cet aide-mémoire est conçu pour clarifier les structures politiques et


militaires des empires Ashanti et Kongo, deux entités majeures de l'histoire
africaine. Toutes les définitions et structures présentées ici proviennent
exclusivement des notes de cours intitulées "L'Afrique des Grands
Royaumes".

--------------------------------------------------------------------------------

1. L'Empire Ashanti : Structure et Pouvoir

1.1. L'Organisation Administrative et Politique

L'administration de l'empire Ashanti était centralisée autour de la figure de


l'Asantehene et divisée en deux zones géographiques distinctes pour une
gestion efficace du territoire.

1.1.1. Le Souverain : L'Asantehene Le pouvoir de l'Asantehene reposait


sur trois caractéristiques fondamentales :

• Personne Sacrée : Bien que son pouvoir ne fût pas d'essence divine,
le roi était perçu comme le représentant sacré des ancêtres auprès
de son peuple.
• Processus de Sélection : Le roi était désigné au sein du lignage
royal par les femmes, qui avaient une connaissance parfaite de la
généalogie. Ce choix était ensuite validé par les anciens (Kpanyi fo),
qui prenaient en compte des critères comme la bonne moralité et
pouvaient remettre en cause la proposition initiale s'ils présentaient
des arguments valables.
• Légitimité et Intronisation : La légitimité du souverain était
symbolisée par le siège royal. Un chef qui régnait sans avoir reçu
officiellement son siège était appelé Kwakwahene, c'est-à-dire "chef
sans valeur".
1.1.2. La Structure Territoriale de l'Empire L'empire était organisé en
deux ensembles territoriaux distincts, chacun ayant un rapport différent
avec le pouvoir central.

Ashanti Métropolitain Grand Ashanti


Constitué des États situés dans un
Rassemblait les États conquis par les
rayon de 50 km autour de la capitale,
Ashanti.
Kumasi.
Incluait des États comme Dwaben, Était soumis à l'obligation de payer des
Mampong, Kokofu, Bekwai, et Nsuta. tributs au pouvoir central.
Ses représentants siégeaient au
Devait participer aux guerres de l'empire
Conseil de l'Asanteman, le conseil
aux côtés de l'armée Ashanti.
suprême de l'empire.
Accédait à l'Asantehene par l'intermédiaire
de l'Adamfo, une fonction créée par le roi
Opoku Warè.

Pour maintenir cette organisation et assurer son expansion, l'empire


Ashanti s'est doté d'un système militaire structuré et efficace.

1.2. Le Système Militaire

L'armée Ashanti, bien que n'étant pas une armée de métier (à l'exception
de la garde royale), était organisée en plusieurs corps distincts pour
garantir son efficacité au combat.

1.2.1. Composition de l'Armée L'armée était divisée en plusieurs ailes


stratégiques :

• Garde Royale (Gyase) : Dirigée par le Gyasehene, elle constituait la


seule unité permanente.
• Avant-garde (Adonten) : Comprenait les éclaireurs (Twafo) chargés
de la reconnaissance.
• Aile droite (Nifa)
• Aile gauche (Benkum)
• Arrière-garde (Kyidom) : Créée par le roi Opoku Warè, elle avait pour
double mission de protéger l'empire lorsque les troupes étaient en
campagne et de renforcer la sécurité personnelle du roi.

1.2.2. Unités Spéciales Deux unités spécialisées renforçaient la


puissance militaire de l'empire :

1. Ankobia : Force spéciale créée par Opoku Warè et faisant partie de


l'arrière-garde (Kyidom), elle était spécifiquement chargée de
défendre la capitale, Kumasi.
2. Archetiers : Cette unité était spécialisée dans le maniement des
flèches empoisonnées et était placée sous l'autorité du
Dadiesoabahene.

À l'instar des Ashanti, une autre grande entité politique, le royaume du


Kongo, a développé une organisation complexe en Afrique centrale.

--------------------------------------------------------------------------------

2. Le Royaume du Kongo : Structure et Évolutions

2.1. L'Organisation Administrative et Politique Traditionnelle

Le pouvoir au sein du royaume du Kongo était centralisé autour du Mani


Kongo et soutenu par une administration hiérarchisée ainsi qu'une cour
composée de nombreux fonctionnaires.

2.1.1. Le Souverain : Le Mani Kongo Le pouvoir du Mani Kongo se


définissait par les aspects suivants :
• Mode de Désignation : Le pouvoir royal n'était pas héréditaire. Le roi
était choisi par un collège d'électeurs composé de hautes
personnalités, notamment le Mani Vunda et les gouverneurs des
provinces de Mbata et du Soyo.
• Insignes du Pouvoir : Sa légitimité était affirmée par la possession
de plusieurs insignes royaux, dont le trône, le couvre-chef (mpu), le
collier (simba), le chasse-mouches (nsesa), le bracelet (nlunga), le
spectre (ngwanda) et le tambour sacré (engoma simbo).
• Nature du Pouvoir : Le pouvoir du roi était despotique. Son
caractère divin l'isolait de son peuple, le rendant inaccessible. On
attendait également de lui des qualités physiques et morales
exceptionnelles : il devait être un bel homme, de haute stature, sans
défaut physique, endurant et capable de procréer.

2.1.2. La Hiérarchie Administrative L'administration du royaume était


structurée selon une hiérarchie claire :

1. Conseil Royal : Jouait un rôle crucial dans le choix du successeur au


trône et exerçait un droit de regard sur les actions du roi.
2. Gouverneurs (Manis de provinces) : Souvent des proches parents
du roi, ils étaient responsables de la collecte des impôts et des
tributs dans les provinces.
3. Chefs de village ou de famille (nzo) : Au plus bas de l'échelle, cette
fonction était détenue par les aînés, dépositaires de la mémoire
collective et représentants de leur communauté.

2.1.3. Les Fonctionnaires de la Cour Royale La cour royale comptait


plusieurs officiers aux rôles bien définis.
Fonctionnaire Rôle
Mani-lumbu Majordome du roi, "le premier personnage après le roi".
Mani Vunda Justicier suprême du roi.
Mani-bembo Receveur d'impôts.
Mani-pampas Trésoriers.
Mani-ssaba Chef de la police.

Cette organisation traditionnelle a été profondément modifiée par l'arrivée


des Portugais et la christianisation du royaume.

2.2. L'Impact Portugais sur l'Administration

La présence portugaise à partir de la fin du XVe siècle a induit des


changements administratifs significatifs :

• Adoption de Titres Européens : Les titres traditionnels furent


adaptés sur le modèle européen. Les Manis prirent les titres de
"comte", "duc" et "marquis", tandis que les provinces devinrent des
"comtés" et des "marquisats".
• Nouveaux Rôles à la Cour : De nouvelles fonctions inspirées de la
cour portugaise firent leur apparition, comme le mordomo
(majordome) et le copeiro (échanson), venant compléter
l'administration existante.

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3. Synthèse Comparative

Ce tableau récapitule les différences et similitudes clés entre les systèmes


politiques et administratifs des deux empires.

Caractéristique Empire Ashanti Royaume du Kongo


Titre du
Asantehene Mani Kongo
Souverain
Mode de Matrilinéaire (priorité au neveu Électif, par un collège de
Succession utérin), validé par les anciens. notables.
Division
Ashanti Métropolitain / Grand Provinces (ex: Mpemba, Soyo,
Administrative
Ashanti Mbamba).
Clé
Influence
Aucune mentionnée dans les Forte (portugaise) : adoption de
Étrangère sur
textes. titres et fonctions européens.
l'Admin.

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