Poly
Poly
comportement mécanique
1
Résistance Des Matériaux comportement mécanique
4 Les contraintes 18
4.1 Vecteur contrainte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
4.2 Propriété de réciprocité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
4.3 Torseur des efforts de cohésion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
4.4 Contrainte normale et tangentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
4.5 Théorème de Cauchy : équilibre des vecteurs contraintes . . . . . . . . . . . . . . . 19
4.6 Contrainte sur une facette quelconque, expression matricielle des contraintes . . . 21
4.7 Élasticité plane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4.8 Cercle de Mohr . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.9 Critère de limite élastique et de résistance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
5 Les déformations 27
5.1 Allongement unitaire ou déformation de l’ingénieur . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
5.2 Distorsion ou glissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
5.3 Tenseur des déformations de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
5.4 Signification physique des composantes du tenseur des déformations . . . . . . . 30
5.5 Propriétés du tenseur des déformations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
5.6 Loi de Hooke généralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
6 Loi de comportement 32
6.1 Considérations expérimentales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
6.2 État de traction uniaxiale et loi de Hooke en traction . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
6.3 Loi de Hooke en cisaillement pur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
6.4 Relation entre E, ν et G . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
6.5 Loi de Hooke généralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
8 Exercices 49
8.1 Modélisation des liaisons et statique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
8.2 État de contrainte plan et cercle de Mohr . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
8.3 Loi de comportement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
8.4 Théorie des poutres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
9 Annexes 64
9.1 Ergonomie et effort . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
9.2 Formulaire de trigonométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
9.3 La droite des moindres carrés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
9.4 Caractéristiques géométriques des sections . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
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1 Introduction
La Résistance Des Matériaux (RDM) est une des branches de la mécanique qui permet l’étude
des contraintes et des déformations. Les contraintes mécaniques peuvent être vues comme des
« efforts de cohésion » de la matière et sont homogènes à une pression (généralement exprimée
en méga-Pascal MPa). Les déformations d’un objet physique s’observent par un changement de
forme de celui-ci et/ou de variation dans ses dimensions. Les déformations sont sans unités. Des
définitions plus précises de ces deux notions fondamentales en RDM viendront plus tard dans
ce manuscrit. L’utilisation de la théorie de la RDM est très utilisée par les ingénieurs matériaux
afin de répondre à deux problématiques.
1. Caractériser les propriétés d’usage mécaniques d’un nouveau matériau. Quel est son com-
portement mécanique ? Quelles sont les valeurs associées à ce comportement ? Par exemple,
quel est le comportement d’une mousse céramique en compression ? Ou bien, quelle est la
valeur de la contrainte en rupture en compression d’une brique en terre cuite ?
2. Modéliser pour prédire et dimensionner des structures mécaniques. Par exemple :
• quel est le poids maximal du pécheur admissible par ce pont en dalle préhistorique
(voir figure 1a) ?
• quelle est la vitesse de vent maximale de face admissible que peut supporter ce panneau
de signalisation autoroutier (voir figure 1b) ?
• quelle doit être l’épaisseur de la plaque de carbure de silicium de ce gilet pare balle
pour arrêter des projectiles (voir figure 1c) ?
• quelle doit être la forme optimale de ce couteau en céramique pour éviter qu’il ne se
brise (voir figure 1d) ?
Il est important de remarquer que pour pouvoir mener à bien ces calculs, une bonne
connaissance des caractéristiques mécaniques du matériau est requise (cf étape précé-
dente).
Cette étape de modélisation est une étape clé dans la résolution d’un problème de structure. Elle
met en exergue le sens d’observation, « le sens physique » et les connaissances théoriques de
l’ingénieur. Le diagramme suivant montre la démarche générale de modélisation d’un problème.
Il est important de noter qu’un « bon » modèle est un modèle qui répond à une
question précise. Par exemple, le modèle élaboré sur la figure ci-dessus peut ré-
pondre à la question : « quelle est la flèche maximale de la structure ? ». Par contre,
si le problème soulevé est de dimensionner avec précision le pied de la structure
(liaison mécanique entre le sol et la structure, voir figure ci-contre), il sera néces-
saire de faire appel à des modélisations numériques qui permettent de prendre
en compte la géométrie complexe de cette pièce d’assemblage.
? Grâce à cette dernière observation, donner la valeur de la masse à rupture pour un fil de
cuivre de 3 mm de rayon en supposant que la masse à rupture relevée pour un fil de 6 mm de
rayon est de 1 kg.
Il est remarquable de noter que cette observation, datant de la fin du XVe siècle, est tout à fait
en accord et trouve sa justification à l’aide des théories modernes de la RDM détaillées plus loin
dans ce document.
La démarche générale de résolution de ces problèmes requiert généralement les étapes sui-
vantes :
1. modélisation des liaisons mécaniques et des actions mécaniques,
2. isolement du système étudié, bilan des efforts et application du principe fondamental de
la statique,
3. prise en compte d’hypothèses cinématiques (théorie des poutres par exemple),
4. application de loi de comportement (relation contrainte-déformation),
5. mise en équation et résolution.
Les points 1 et 2 seront considérés comme des pré-requis de ce cours et seront abordés rapi-
dement. En particulier, les notions de torseur des actions mécaniques, d’action transmissible et
d’équilibre des forces seront rappelées. Ensuite, il sera abordé les notions de contrainte et de
déformation ainsi que leurs représentations mathématiques associées. Les lois de comportement
seront ensuite vues avec, en particulier, la loi de Hooke. Enfin, il sera abordé la théorie des poutres
en insistant plus particulièrement sur les sollicitations et les essais de traction, de compression
et de flexion particulièrement utiles et utilisés pour les ingénieurs céramistes.
Références
Ce polycopié est la synthèse de plusieurs ouvrages portant sur la résistance des matériaux :
• Résistance des matériaux de P. Agathi et al. [1],
• Mécanique des systèmes et des milieux déformables de L. Chevalier [5],
• Mécanique des milieux continus : introduction à la plasticité des matériaux de J. Douin [8],
• Guide de mécanique : Sciences et technologies industrielles, Statique, Cinématique, Dynamique,
Résistance des matériaux, Elasticité, Mécanique des fluides, Vibrations de JL. Fanchon [9],
• Notes de cours de Mécanique des matériaux solides de G. Cailletaud de Mines ParisTech [3].
2.1.1 Force
On appelle force, l’action mécanique qui s’exerce mutuellement entre deux particules ponc-
tuelles. Une force est appliquée en un point et se modélise par l’ensemble d’un point et d’un
vecteur. La notation ( P, ⃗F ) signifie que P est le point d’application de la force ⃗F. La droite (∆)
passant par P et parallèle à ⃗F est appelée la droite support de la force. La norme ⃗F est l’inten-
sité de la force et s’exprime en Newton (N).
2.1.2 Moment
⃗ A (⃗F ) = −
M
→
AP ∧ ⃗F (1)
L’unité du moment est le Newton-mètre (N.m). On remarque qu’il est possible d’appliquer la
formule précédente en un autre point (ici le point B) :
⃗ B (⃗F ) = −
M
→
BP ∧ ⃗F avec B ̸= A (2)
M ⃗ A (⃗F ) + −
⃗ B (⃗F ) = M →
BA ∧ ⃗F (3)
Cette dernière relation est plus connue sous le nom de transport des moments et sera d’une
grande importance par la suite.
i Un moment aura tendance à mettre un solide en mouvement de rotation. Par exemple, une
bonne manière de mettre le jouet fidget-spinner en rotation (cf figure ci-dessous) est d’appliquer
une force de direction perpendiculaire à l’axe de rotation. De plus, il faut que le point d’application
de la force soit le plus éloigné de cet axe. De cette façon, le moment résultant de cette force sur l’axe
de rotation est maximal.
Axe de rotation
Bras de levier
Force appliquée
A
Soit ( P, ⃗F ) une force appliquée au solide (S) au point P tel que le montre la figure ci-dessous.
i Par convention, dans ce polycopié, les forces seront schématisées par des flèches simples rouges
et les moments par des flèches triples vertes
⃗F
P
(∆)
(S)
A
⃗ A (⃗F )
M
où ⃗R est la résultante et M
⃗ A est le moment exprimé au point A du torseur d’action mécanique.
Si un solide (S) subit de la part d’un milieu extérieur (S̄) un ensemble de n forces ( Pi , ⃗Fi ) alors
le torseur des actions mécaniques équivalent à cet ensemble de force est :
n
⃗RS̄→S = ∑⃗ Fi
{TS̄→S } A = i =1 (5)
n −→
⃗ A,S̄→S =
M ∑ APi ∧ ⃗Fi
A i =1
Si cet ensemble de force est un champ continu de force comme une pression ou un poids, alors
la somme devient continue et prend la forme d’une intégrale :
Z
⃗
R = ⃗f dω
S̄→S
{TS̄→S } A = Z ω
−→ (6)
M⃗ A,S̄→S = AP ∧ ⃗f dω
A ω
où ⃗f est la force infinitésimale appliquée au point P et ω est le domaine sur lequel s’applique
cette force.
Soit (⃗x, ⃗y, ⃗z) une base orthonormée directe. Les résultantes et les moments peuvent alors s’expri-
mer en coordonnées cartésiennes dans ce repère de la façon suivante :
⃗RS̄→S = X ⃗x + Y ⃗y + Z ⃗z (7)
⃗ A,S̄→S = L A ⃗x + M A ⃗y + NA ⃗z
M (8)
( )
⃗R
{T } A = ⃗A torseur quelconque
M
A
( )
⃗0
{T } A = ⃗ torseur couple, uniforme en tout point
MA
A
( )
⃗R
{T } A = torseur glisseur, uniforme le long de la droite d’app. (∆)
⃗0
A
Les figures ci-dessous montrent le schéma technologique et la modélisation associée d’un sys-
tème bielle-manivelle. Un système bielle-manivelle permet de transformer un mouvement de
rotation continu en un mouvement de translation alternatif et vis et versa. Ce type de dispositif
est présent, par exemple, dans les moteurs thermiques 2 ou 4 temps.
Le système bielle-manivelle décrit ci-dessous est supposé être à l’équilibre. Il subit des actions
mécaniques extérieures :
⃗0
n o f ⃗x0
{Tc→1 }O = et T f →3 = ⃗0 (131)
O
c ⃗z0 D
D
L’objectif de cet exercice est de donner la loi d’entrée-sortie de ce mécanisme. Cette loi exprime la
relation entre le couple c en entrée et l’effort f en sortie du mécanisme en fonction des paramètres
géométriques θ, L et R.
Q1. Écrire les torseurs des actions mécaniques transmissibles des liaisons mécaniques. La liaison 3/2
est une liaison pivot glissante qui possède un degré de liberté en rotation et en translation suivant
⃗x.
Q2. Ré-écrire ces torseurs en prenant en compte l’hypothèse de symétrie dans le plan (⃗x, ⃗y).
Q8. Traduire la fermeture géométrique OAB afin de trouver une relation entre A et θ.
Q9. Donner finalement la loi d’entrée-sortie qui lie le couple c à la force f en fonction des paramètres
géométriques θ, L et R.
⃗y0
2 bielle
A
1 manivelle 3 piston
R L
O B
θ C ⃗f
⃗x0 D
⃗c A
0 bati
Supposons un état de contrainte plan, on connaît en un point M les valeurs des contraintes
normales et tangentielles dans le repère R (⃗x, ⃗y, ⃗z), soit :
Q1. Écrire le tenseur des contraintes Σ ( M ) au point M dans le repère R (⃗x, ⃗y, ⃗z)
Q2. Déterminer le vecteur contrainte ⃗Σ ( M, ⃗x ) dans la base (⃗x, ⃗y) puis représenter graphiquement
ce vecteur contrainte ⃗Σ ( M, ⃗x ) avec sa facette de coupure au point M. La direction ⃗x est-elle une
direction principale ?
Q3. Déterminer le vecteur contrainte ⃗Σ ( M, ⃗y) dans la base (⃗x, ⃗y) puis représenter graphiquement
ce vecteur contrainte ⃗Σ ( M, ⃗y) avec sa facette de coupure au point M. La direction ⃗y est-elle une
direction principale ?
i Soit en M une facette de normale ⃗n telle que (⃗x, ⃗n) = φ. Soit le vecteur unitaire ⃗t, tel que (⃗n,⃗t)
forme une base orthonormée directe.
Q5. À l’aide de la formule 32, Exprimer le vecteur contrainte ⃗Σ ( M, ⃗n) dans la base (⃗n,⃗t).
X, ⃗
Q6. En vous aidant de cette dernière relation, déterminer la base ( ⃗ Y ) des directions principales.
Q8. Construire le cercle de Mohr de cet état de contrainte et vérifier les résultats obtenus.
Exercice 2
Supposons un état de contrainte plan, on connaît en un point M les valeurs des contraintes
X, ⃗
principales σXX et σYY dans le repère R1 ( ⃗ Y, ⃗Z ).
Supposons le vecteur unitaire ⃗t tel que (⃗n,⃗t, ⃗Z ) forme une base orthonormée directe.
X et ⃗
Q3. Exprimer ⃗ Y en fonction de ⃗n, ⃗t et φ.
Q4. Démontrer alors que la contrainte normale et tangentielle d’une facette de normale ⃗n s’exprime
par rapport aux contraintes principales par :
i La démonstration est un peu longue, si vous êtes en difficulté, vous pouvez accepter les formules
ci-dessus sans les redémontrer.
Q5. Calculer les contraintes normales (σn1 n1 et σn2 n2 ) et tangentielles (τn1 t1 et τn2 t2 ) pour :
1. la facette de normale ⃗n1 orientée de φ1 = 60◦
2. la facette de normale ⃗n2 orientée de φ2 = −30◦
Q7. Donner la représentation graphique sur ces deux facettes de ⃗n1 et ⃗n2 des deux vecteurs
contraintes ⃗Σ ( M, ⃗n1 ) et ⃗Σ ( M, ⃗n2 ).
Q8. À partir de la relation τij = ⃗Σ( M,⃗i ) · ⃗j, exprimer la contrainte tangentielle τt1 n1 en fonction du
vecteur contrainte ⃗Σ ( M, ⃗n2 ). Pour cela, aidez-vous du théorème de Cauchy et de la construction
graphique précédemment effectuée. La réciprocité des contraintes tangentielles est-elle vérifiée ?
i Pour cela, l’astuce consiste simplement à remarquer que l’angle entre ⃗n1 et ⃗n2 est de 90◦ .
Q9. En supposant que le matériau étudié est de l’alumine. Vérifier la tenue du matériau avec un
coefficient de sécurité de s = 2.
Exercice 3
Supposons un état de contrainte plan, on connaît en un point M les valeurs des contraintes
normales et tangentielles dans le repère R0 (⃗x, ⃗y, ⃗z), soit :
Q1. Écrire le tenseur des contraintes Σ ( M ) au point M dans le repère R (⃗x, ⃗y, ⃗z). La base (⃗x, ⃗y, ⃗z)
est elle une base principale ?
Q2. Déterminer le vecteur contrainte ⃗Σ ( M, ⃗y) dans la base (⃗x, ⃗y) puis représenter graphiquement
ce vecteur contrainte ⃗Σ ( M, ⃗x ) avec sa facette de coupure au point M. La direction ⃗y est-elle une
direction principale ? Pourquoi ?
X, ⃗
Q3. À l’aide de la relation 33, déterminer l’orientation du repère des directions principales R( ⃗ Y ).
Q4. Déterminer les valeurs des contraintes principales σXX et σYY . Écrire le tenseur des
contraintes
exprimé dans le repère principal. Représenter graphiquement le vecteur contrainte Σ M, ⃗
⃗ X avec
sa facette de coupure au point M.
i Supposons une facette de coupure de normale ⃗n telle que ( ⃗X, ⃗n) = π4 . Supposons le vecteur ⃗t
tel que (⃗n,⃗t) forme une base orthonormée directe.
Q7. Supposons que le matériau soit de l’alumine dense dont la contrainte limite à rupture est
σlim = 400 MPa. Ce matériau peut-il résister à cette état de contrainte avec un coefficient de
sécurité de 2 ?
La figure 22a présente une photographie d’une jauge de déformation de marque HBM. Les
jauges de déformations sont toutes basées sur le même principe. Les jauges sont composées d’un
fil très fin imprimé sur un support flexible isolant (le corps d’épreuve) en serpentin. Les jauges
sont ensuite collées sur la surface de l’objet dont on veut mesurer la déformation. Lorsque l’objet
se déforme, le corps d’épreuve de la jauge se déforme également ce qui entraîne une variation
de longueur du fil résistif.
ρL
La résistance du fil étant donné par R = S où ρ est la résistivité du fil, L sa longueur et S sa
section, on peut démontrer que la variation relative de résistance est donnée par :
∆R ∆L
=K× = Kε (134)
R0 L0
où le coefficient K est appelé facteur de jauge et R0 est la résistance nominale de la jauge. Les
valeurs de K et R0 sont données par le constructeur. Les jauges permettent donc de mesurer une
déformation ε grâce à la mesure de la variation de résistance ∆R à l’aide d’un micro-ohmmètre.
⃗y
⃗e1
jauge 1
jauge 2
M
φ ⃗x = ⃗e2
−φ
⃗z
jauge 3
⃗e3
ε xx + ε yy ε xx − ε yy
ε1 = + cos 2φ + ε xy sin 2φ
2 2
ε 2 = ε xx
ε xx + ε yy ε xx − ε yy
ε3 = + cos −2φ + ε xy sin −2φ
2 2
Sachant que les déformations ε 1 , ε 2 et ε 3 sont directement mesurées par les jauges 1,2 et 3.
Supposons que le matériau possède un comportement linéaire élastique et que l’état de contrainte
est plan.
Q2. À l’aide de la loi de Hooke généralisée 70, exprimer les contraintes σxx , σyy et τxy en fonction
des déformations ε xx , ε yy et ε xy , du module de Young E et du coefficient de Poisson ν.
Les valeurs des déformations mesurées sont : ε 1 = −450 µdef, ε 2 = 120 µdef et ε 3 = 280 µdef
Q6. À l’aide du cercle de Mohr, déterminer si les contraintes sont d’un niveau acceptable.
Plaque
Soit une plaque de silice (une vitre par exemple) rectangulaire mince centrée sur le repère dans
son plan moyen (0, ⃗x, ⃗y). Les côtés de la plaque sont soumis à différentes forces surfaciques
uniformément réparties (voir figure ci-dessous). On considère que les surfaces de normales per-
pendiculaires au plan moyen sont libres et que la plaque se comporte en élasticité plane.
⃗y
6 MPa
8 MPa
10 MPa 10 MPa
O ⃗x
8 MPa 8 MPa
8 MPa
6 MPa
Q1. Quels sont les différents cas de sollicitations simples auxquels est soumise la plaque ?
Q2. Quels sont pour chacun de ces cas les déformations engendrées en un point M de la plaque ?
Q3. Déterminer grâce au principe de superposition la matrice en M associé au tenseur des contraintes
et des déformations.
Soit une poutre droite, de section constante, de longueur l, encastrée à son extrémité A et sup-
portant en son extrémité B un effort concentré ⃗F tel que le montre la figure ci-dessous. Soit
R0 (⃗x0 , ⃗y0 , ⃗z0 ) le repère lié à la poutre. Soit le point G d’abscisse x, le centre de surface de la
section droite.
⃗y0
Bâti 0 Poutre 1
x
G B ⃗x0
A l α
⃗F
En supposant que le système possède un plan de symétrie dans le plan ( A, ⃗x0 , ⃗y0 ).
Q1. Déterminer l’expression au point A du torseur des actions transmissibles {T0→1 } A de la liaison
encastrement entre le bâti 0 et la poutre 1 dans le repère R0 .
Q2. Déterminer l’expression du torseur de cohésion {Tcoh }G exprimé au point G à l’aide des
équations d’équilibre 98.
Q4. Tracer les diagrammes qui décrivent les évolutions des intensités des composantes du torseur
de cohésion en fonction de l’abscisse x.
Essai d’extension
La partie utile d’une éprouvette d’alumine pour un essai d’extension est un cylindre de dia-
mètre D = 10 mm2 et de longueur utile L = 100 mm. Au cours de l’essai, un dynamomètre
et des extensomètres permettent de mesurer la force appliquée, la longueur et le diamètre de
l’éprouvette. Ces données sont indiquées dans le tableau ci-dessous. La dernière valeur corres-
pond à la rupture de l’éprouvette. L’objectif de cet exercice est de dépouiller cet essai.
Force (kN) Longueur (mm) Diamètre (mm)
0 100,00000 10,00000
7,54 100,02850 9,99937
15,39 100,05699 9,99875
23,56 100,08549 9,99812
On associe à l’éprouvette un repère R (⃗x, ⃗y, ⃗z) où l’axe (O, ⃗x ) est confondu avec l’axe de révo-
lution de l’éprouvette et l’on suppose que les contraintes et déformations sont uniformes dans
l’ensemble de l’échantillon.
Q2. Estimer grâce aux valeurs précédemment obtenues le module de Young E en GPa, le coefficient
de Poisson ν et la contrainte à rupture σlim en MPa de cette éprouvette en alumine. Estimer
également l’incertitude de vos résultats. Commenter vos résultats.
Q3. Calculer la « valeur vraie » (ou plutôt un peu moins fausse) de la contrainte à rupture et
l’erreur relative résultant de cette hypothèse.
Considérons une structure verticale axi-symétrique telle que décrite ci-dessous de masse volu-
mique ρ. La section droite S est variable selon x. On notera donc S( x ) cette section droite. On
souhaite déterminer le profil optimal de la structure telle que la contrainte normale (en compres-
sion) σxx soit constante et égale à :
σ
σxx = lim
s
où σlim est la résistance limite en compression du matériau considéré et s est le coefficient de
sécurité de la structure.
r0
A ⃗y0
v( x ) x
r(x) G s( x )
l
⃗x0
Il est possible de démontrer que la contrainte normale σxx est constante pour une une évolution
exponentielle du rayon de la structure telle que :
r ( x ) = A × eC.x
Supposons que la structure soit pleine et réalisée en béton donc les caractéristiques sont :
• une masse volumique ρ = 2400 kg.m−3 ,
• une contrainte limite en compression σlim = 30 MPa,
• un coefficient de sécurité s = 2.
Q7. Calculer la valeur de C, quelle est sont unité ?
Flexion 1
La figure suivante donne la modélisation d’une poutre en sollicitation de flexion. Le plan ( A, ⃗x0 , ⃗y0 )
est un plan de symétrie pour la poutre et les charges qui lui sont appliquées. On donne les va-
leurs suivantes : A⃗ = A = 800 N ; ⃗B = B = 1000 N ; l = 2 m ; a = 0, 8 m. Le poids propre
de la poutre 1 sera négligé.
⃗y0
Poutre 1 Bâti 2
x
A B G C ⃗x0
⃗
A a
⃗B
l
Q1. Donner dans le repère galiléen R (⃗x0 , ⃗y0 , ⃗z0 ) les composantes du torseur des actions transmis-
sibles relatif à la liaison 2/1.
En sachant que Le module de Young de la poutre est E = 200 GPa et le moment quadratique de
sa section droite est IGz = 328cm4
Flexion 2
poutre 1
⃗y
l
⃗F
2
A I B ⃗x
l
bati 2
Q4. Vérifier les formules données par le formulaire de flexion (voir section 7.6.6).
Q5. À l’aide des résultats précédents, de la relation 113 et du formulaire en annexe 9.4, déterminer
la relation entre la contrainte normale σxx et la force appliquée sur la poutre F.
Q6. À l’aide des résultats précédents et du formulaire en annexe 9.4 déterminer la relation entre la
contrainte normale maximale σxxmax et la force appliquée sur la poutre F.
Q7. Déterminer la contrainte à rupture σ f de ce matériau. De quel type de matériau peut-il s’agir ?
9 Annexes
9.1 Ergonomie et effort
Les pages suivantes décrivent les efforts journaliers de manutention en fonction de différentes
postures et de la répétition du geste par heure. Ces 2 pages sont extraites de [6].
TIRER C6
Garder la
plus
BAISSER C5 même
Garder la 20%
valeur
même /2
LEVER C6 valeur
TRANSPORTER une
DEBOUT charge (1 à 3 m)* C6
Exemple :
Effort exercé au pied Pour un rythme de travail
de 60 f/h en position debout,
Courbes Posture Posture lever une charge à une
repères bonne mauvaise main dans une bonne
posture ;
POUSSER du pied prendre la courbe C6
DEBOUT sur une pédale
C2 Garder la qui indique :
perpendiculaire à l’axe même /2 7 kg maximum pour
ASSIS C1 valeur un homme,
avec dossier de la jambe
4,2 kg pour une femme.
35 21
C1 30 18
C2 25 15
C3 20 12
C4
15 9
C5
C6
10 6
C7
C8
C9
5 3
0 0
1 30 60 90 120 150 180 210 240 270
Valeurs théoriques
Fréquence Horaire en continu
(Effort Statique)
17
Résistance Des Matériaux comportement mécanique
B b
cotan(x) Kb
eix = zM
π sin(x) cos(x) π 1
Pour x ∈
/ + πZ, tan(x) = et pour x ∈
/ πZ, cotan(x) = . Enfin pour x ∈
/ Z, cotan(x) = .
2 cos(x) sin(x) 2 tan(x)
Valeurs usuelles.
x en ◦
0 30 45 60 90
π π π π
x en rd 0
6 4 3 2
√ √
1 1 2 3
sin(x) 0 √ = 1
2 2 2 2
√ √
3 1 2 1
cos(x) 1 √ = 0
2 2 2 2
1 √
tan(x) 0 √ 1 3 ∞
3
√ 1
cotan(x) ∞ 3 1 √ 0
3
∀x ∈ R, cos2 x + sin2 x = 1
π 1
/ + πZ, 1 + tan2 x =
∀x ∈ .
2 cos2 x
1
/ πZ, 1 + cotan2 x =
∀x ∈ .
sin2 x
addition d’un tour addition d’un demi-tour angle opposé angle supplémentaire
cos(x + 2π) = cos x cos(x + π) = − cos x cos(−x) = cos x cos(π − x) = − cos x
sin(x + 2π) = sin x sin(x + π) = − sin x sin(−x) = − sin x sin(π − x) = sin x
tan(x + 2π) = tan x tan(x + π) = tan x tan(−x) = − tan x tan(π − x) = − tan x
cotan(x + 2π) = cotan x cotan(x + π) = cotan x cotan(−x) = − cotan x cotan(π − x) = − cotan x
angle complémentaire quart de tour direct quart de tour indirect
π π π
cos( − x) = sin x cos(x + ) = − sin x cos(x − ) = sin x
2 2 2
π π π
sin( − x) = cos x sin(x + ) = cos x sin(x − ) = − cos x
2 2 2
π π π
tan( − x) = cotan x tan(x + ) = − cotan x tan(x − ) = − cotan x
2 2 2
π π π
cotan( − x) = tan x cotan(x + ) = − tan x cotan(x − ) = − tan x
2 2 2
Formules de linéarisation
1 1 + cos(2a)
cos a cos b = (cos(a − b) + cos(a + b)) cos2 a =
2 2
1 1 − cos(2a)
sin a sin b = (cos(a − b) − cos(a + b)) sin a =
2
2 2
1
sin a cos b = (sin(a + b) + sin(a − b))
2
Résolution d’équations
cos x = cos a ⇔ sin x = sin a ⇔ tan x = tan a ⇔
∃k ∈ Z/ x = a + 2kπ ∃k ∈ Z/ x = a + 2kπ ∃k ∈ Z/ x = a + kπ
ou ou
∃k ∈ Z/ x = −a + 2kπ ∃k ∈ Z/ x = π − a + 2kπ
Exponentielle complexe
∀x ∈ R, e ix
= cos x + i sin x.
Valeurs usuelles
√
1 3 √ iπ/4
e0 = 1, eiπ/2 = i, eiπ = −1, e−iπ/2 = −i, e2iπ/3 = j = − + i , 2e = 1 + i.
2 2
Propriétés algébriques
∀x ∈ R, |e | = 1.
ix
eix 1
∀(x, y) ∈ R2 , eix × eiy = ei(x+y) , = ei(x−y) , = e−ix = eix
eiy eix
Formules d’Euler
eix + e−ix
∀x ∈ R, cos x = et eix + e−ix = 2 cos x.
2
eix − e−ix
∀x ∈ R, sin x = et eix − e−ix = 2i sin x.
2i
Formule de Moivre
∀x ∈ R, ∀n ∈ Z, (eix )n = einx .
M
ds
(S)
G
⃗z O ⃗x
Le centre de la surface (S) est le barycentre G de l’ensemble des points M ∈ S affectés chacun
d’un coefficient égal à son élément d’aire ds :
−→ −−→
ZZ
OG · S = OM · ds (135)
(S)
Moment statique
Le moment statique WOx de la surface (S) par rapport à l’axe (O, ⃗x ) est défini par :
ZZ
WOx = y ds = yG × S (136)
(S)
Moment quadratique
Le moment quadratique IOx de la surface (S) par rapport à l’axe (O, ⃗x ) est défini par :
ZZ
IOx = y2 ds (137)
(S)
Théorème de Huygens
Le moment quadratique d’une surface (S) par rapport à un axe (O, ⃗x ) de son plan est égal au
moment quadratique de (S) par rapport à l’axe ( G, ⃗x ) et passant par sont centre de surface G,
augmenté du produit de l’aire S par le carré de la distance des deux axes :
Le moment quadratique polaire IO de la surface plane (S) par rapport au point O est défini par :
ZZ
IO = x2 + y2 ds = IOx + IOy (139)
(S)
Moment produit
Le moment produit IOxy de la surface plane (S) par rapport aux axes (O, ⃗x ) et (O, ⃗y) est défini
par : ZZ
IOxy = x y ds (140)
(S)
Axes principaux
−2IOxy
tan 2φ = (142)
IOx − IOy
Formulaire
B B
⃗y ⃗y
S = BH S = BH − bh
G H h G H
BH 3 BH 3 − bh3
IGx = IGx =
12 12
B3 H B3 H − b3 h
IGy = b IGy =
12 12
O ⃗x O ⃗x
⃗y ⃗y
D D
2
S = πR d S = π ( R2 − r 2 )
G G
πD4 π ( D 4 − d4 )
IGx = IGx =
64 64
πD4 π ( D − d4 )
4
IGy = IGy =
64 64
O ⃗x O ⃗x
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