Adaptation et fin du contrat en cas de changement de circonstances
1. Problématique générale
Lorsque seuls le prix ou la monnaie sont affectés :
o des mécanismes contractuels classiques peuvent s’appliquer :
révision,
indexation,
clauses monétaires.
Lorsque la prestation non monétaire du contrat est remise en cause :
o la difficulté est plus grave,
o elle touche souvent la prestation caractéristique du contrat.
Les droits nationaux proposent des solutions variées :
o parfois contradictoires,
o souvent fondées sur l’imprévision ou la force majeure.
En pratique, il est préférable de prévoir contractuellement les conséquences d’un
changement de circonstances.
2. La clause de hardship (imprévision)
Définition
Clause permettant aux parties de demander un réaménagement du contrat lorsque :
o un changement de circonstances,
o imprévisible lors de la conclusion du contrat,
o bouleverse gravement l’équilibre contractuel,
o au point de créer une rigueur excessive (hardship) pour l’une des parties.
Conditions de mise en œuvre
Les circonstances doivent être :
o imprévisibles,
o indépendantes de la volonté des parties,
o susceptibles de provoquer un déséquilibre grave du contrat.
Elles peuvent concerner :
o événements politiques,
o crises économiques ou financières,
o hausse importante du coût des matières premières,
o augmentation des coûts de fabrication,
o nouvelles taxes, droits d’importation ou d’exportation.
Effets de la clause de hardship
Elle ouvre une phase de renégociation du contrat.
Objectif :
o adapter les conditions contractuelles,
o rétablir l’équilibre économique du contrat.
La renégociation peut être :
o menée directement entre les parties,
o confiée à un tiers (souvent un arbitre).
Le rôle de l’arbitre dépend :
o de la clause contractuelle,
o soit simple recommandation,
o soit décision contraignante (si pouvoir prévu).
Remarque importante
Les droits positifs ne prévoient pas toujours une procédure de renégociation.
D’où l’intérêt majeur des clauses de hardship, contrairement à la force majeure,
largement reconnue.
3. Les clauses qui permettent de mettre fin au contrat (clauses de résolution)
Intérêt des clauses de résolution
Elles évitent :
o une procédure judiciaire lourde,
o longue,
o et aléatoire.
Elles permettent une résolution unilatérale, sous conditions prévues au contrat.
Contenu des clauses
Elles organisent :
o la reprise des stocks,
o le retour des marchandises ou échantillons,
o la restitution des éléments matériels,
o le paiement d’indemnités,
o la conservation de certains avantages acquis.
La Convention de Vienne
Autorise la résolution unilatérale du contrat lorsque :
o l’inexécution constitue une contravention essentielle.
Articles clés :
o Article 49 : résolution par l’acheteur,
o Article 64 : résolution par le vendeur.
Effets juridiques de la résolution
La résolution :
o libère les parties de leurs obligations,
o sans affecter :
les clauses de règlement des différends,
les clauses relatives aux dommages-intérêts.
La partie ayant exécuté le contrat peut :
o demander la restitution de ce qu’elle a fourni.
Les restitutions doivent être :
o simultanées si les deux parties y sont tenues
o (article 81 alinéa 2)
4. Techniques d’adaptation du contrat international au changement de circonstances
Les contrats de longue durée sont exposés à :
o des changements économiques,
o politiques,
o monétaires.
Ces changements peuvent :
o rendre l’exécution plus coûteuse,
o temporairement ou définitivement impossible.
Exemples de situations
Variation importante :
o du prix d’une matière première,
o des coûts nécessaires à l’exécution du contrat.
Déséquilibre :
o d’un indice de prix,
o d’une monnaie (dévaluation brutale).
Décisions politiques :
o suppression d’autorisations d’import/export,
o instauration d’un embargo.
Solutions contractuelles
Lorsque seul le prix ou la monnaie est affecté :
o clauses de révision,
o clauses d’indexation,
o clauses monétaires.
I. La négociation des contrats internationaux
1. Définition et utilité de la négociation
La négociation est une phase essentielle et préalable à la formation du contrat
international.
Elle intervient dans un contexte marqué par :
o la mondialisation,
o la diversité juridique, culturelle et économique,
o des risques commerciaux élevés.
Elle permet :
o de concilier les intérêts des parties,
o de réduire les risques,
o de préparer un accord équilibré.
La négociation constitue un engagement de négocier, mais pas une obligation de
conclure.
2. Les étapes de la négociation
A. La préparation
Phase déterminante pour la réussite du contrat.
Le négociateur doit :
o définir précisément les besoins,
o étudier le partenaire (culture, droit, solvabilité),
o élaborer une stratégie de négociation.
La prospection du marché étranger est indispensable.
B. La discussion
Échange d’offres et de contre-offres :
o offre technique : qualité, livraison, garantie, transport, assurance,
o offre financière : prix, monnaie, délai de paiement, taux de change.
Le négociateur doit être :
o diplomate,
o stratège,
o bon communicant et bon auditeur.
La négociation est souvent collégiale :
o juriste,
o expert technique,
o commercial.
C. La conclusion
Le paraphe :
o pré-signature,
o initiales sur chaque page,
o sécurise le document.
La signature :
o engagement juridique définitif,
o exprime le consentement final.
3. Les outils de la négociation
Lettre d’intention :
o document précontractuel,
o non contraignant,
o fixe le cadre des négociations,
o peut contenir des clauses de confidentialité et d’exclusivité.
Négociation électronique :
o contrats conclus par emails ou plateformes numériques,
o reconnaissance juridique de l’écrit électronique :
ONU (1996),
directives européennes,
loi tunisienne n°2000-83 (commerce électronique).
4. Les contrats préparatoires
Contrats conclus avant le contrat principal.
Objectifs :
o sécuriser la négociation,
o encadrer sa durée,
o répartir les coûts d’études,
o garantir l’exclusivité,
o protéger la confidentialité.
L’obligation de négocier doit être exécutée de bonne foi.
II. La Convention de Vienne sur la vente internationale de marchandises (CVIM / CISG)
1. Objectifs de la CVIM
Unifier le droit de la vente internationale.
Clarifier les droits et obligations des parties.
Faciliter les échanges commerciaux internationaux.
Réduire les conflits de lois nationales.
2. Champ d’application
S’applique aux contrats de vente internationale de marchandises.
Exclut :
o la validité du contrat,
o la propriété intellectuelle,
o certaines catégories de ventes.
Complémentarité avec les Incoterms :
o Incoterms → logistique et transfert des risques,
o CVIM → obligations contractuelles et recours.
3. Apports essentiels de la CVIM
Formation du contrat :
o contrat formé dès réception de l’acceptation (art. 23).
Conformité des marchandises (art. 35) :
o quantité,
o qualité,
o description,
o emballage approprié.
Examen et notification (art. 38-39) :
o obligation d’examiner rapidement,
o notification précise du défaut,
o sinon perte des droits.
Transfert des risques (art. 67) :
o aligné avec les Incoterms.
Recours de l’acheteur (art. 45) :
o réparation,
o remplacement,
o réduction du prix,
o résolution du contrat.
4. Limites de la CVIM
Ne règle pas :
o la validité du contrat (dol, fraude),
o la propriété intellectuelle.
Possibilité pour les parties :
o d’exclure volontairement la CVIM.
Difficultés :
o interprétations divergentes,
o absence d’organe central d’interprétation,
o ratification inégale par les États.
III. Les clauses d’adaptation dans les contrats internationaux
1. Définition
Clauses permettant de modifier le contrat lorsque :
o un événement imprévisible,
o extérieur,
o indépendant de la volonté des parties,
o rend l’exécution excessivement onéreuse.
3. Principales clauses d’adaptation
Clause de force majeure :
o imprévisibilité,
o irrésistibilité,
o extériorité,
o exonération de responsabilité.
Clause de hardship (imprévision) :
o renégociation du contrat,
o rééquilibrage économique.
Clause d’indexation :
o ajustement automatique du prix selon un indice.
4. Utilité des clauses d’adaptation
Réduction des litiges.
Continuité des contrats.
Protection des entreprises.
Stabilité des chaînes logistiques.
Doivent être prévues dès la négociation initiale.