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Fiche

Le document traite des caractéristiques et des sources du droit, en distinguant le droit objectif, qui est un ensemble de règles juridiques obligatoires et générales, du droit subjectif, qui concerne les prérogatives individuelles. Il aborde également les différentes branches du droit, telles que le droit public et le droit privé, ainsi que les sources directes et indirectes du droit, incluant la Constitution, les lois et les conventions internationales. Enfin, il souligne l'importance de la souveraineté de l'État et la hiérarchie des normes juridiques.

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Le document traite des caractéristiques et des sources du droit, en distinguant le droit objectif, qui est un ensemble de règles juridiques obligatoires et générales, du droit subjectif, qui concerne les prérogatives individuelles. Il aborde également les différentes branches du droit, telles que le droit public et le droit privé, ainsi que les sources directes et indirectes du droit, incluant la Constitution, les lois et les conventions internationales. Enfin, il souligne l'importance de la souveraineté de l'État et la hiérarchie des normes juridiques.

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Chapitre premier : Le Droit objectif : Comme un ensemble de Règles

Section I : Les caractéristiques de la règle de droit

1°) La règle de droit est obligatoire


2°) La règle de droit est générale
3°) La règle de droit est permanente
4°) La règle de droit a une finalité sociale ( elle est régulatrice)

Section II : Les matières de droit

1°) L'opposition droit public et droit privé


2°) L'opposition droit interne et droit international

Section III: Les sources du droit

1°) Les sources directes :

A/ La norme
1- La constitution
2- Les conventions internationales
3- Les lois (entrée en vigueur / abrogation)
4- Les décrets
5- Les actes administratifs ( Arrêtés, circulaires, notes, mesures
d'ordre interne etc.).

B/ La coutume

2°) Les sources indirectes ( issues de l'interprétation)

A/ La jurisprudence ( interprétation/ principes généraux du


droit)

B/ La doctrine

Section IV: Les conflits de lois

1°) Conflits de lois dans le temps


2°) Conflits de lois dans l'espace

Introduction
La règle de droit a 2 significations :

1) Droit objectif : Ensemble de règles juridiques (normes) qui régissent la vie en


société.

➡️Exemple : "Il est interdit de voler", "Tout citoyen doit payer ses impôts".
👉 droit objectif car il s’applique à tout le monde, sans distinction.
C’est le "droit" au sens de loi, code, règles générales.

2) Les droits subjectifs : Ensemble de prérogatives que les individus peuvent faire
valoir.

➡️Exemple : droit de propriété, droit de vote, droit à la liberté, droit d’agir en justice.
👉 droits subjectifs car ils appartiennent à un sujet de droit = une personne.

 Droit = phénomène vivant  la règle de droit n’est pas figée et évolue à travers
le temps.
 La loi régit des situations de fait => c’est-à-dire des situations concrètes vécues
par les individus  Elle consiste à analyser une situation concrète (les faits) pour
la rattacher à une règle de droit applicable. Exemple : Si une personne prend un
objet sans autorisation, on qualifie ce fait de vol au sens du Code pénal
Tableau comparatif des différentes règles
Nature de la Champ d’application Effectivité Sanctions
règle
Règle Règle positive Générale Impérative Coercitive
juridique Impersonnelle Concerne (assortie de
différents sanctions)
champs de la
vie en société
Coutume Règle sociale S’applique à une Facultative Rejet social
communauté Indignation
Règle Règle imposée à - Individuelle Relative Rejet
morale soi - Communautaire Sauf si Indignation
individuelle
Règle Comportemental - Individuelle (chacun Concerne tous - Quand
religieus e l’applique à sa les champs de la règle
e façon ) la vie en société religieu
- Communautaire se se
superpo
se à la
règle
juridiqu
e
- Châtim
ent
corporel

Chapitre 1 : Le droit objectif = ensemble de règles juridiques (normes)


L’État de droit repose sur le principe de la légalité : Nul n’est au-dessus de la loi.

I. Les caractéristiques de la règle juridique


1. Obligatoire et impérative
 Obligatoire = assortie de sanctions si elle n’est pas respectée.C’est ce qui la
distingue des autres règles (morales, religieuses, sociales), souvent facultatives.
 Impérative = ordonne, interdit ou permet.
2. Générale et impersonnelle
 Générale = Elle s’applique à toute personne se trouvant dans une situation
juridique donnée (ex : salarié, conducteur, élève).
 Impersonnelle (garantie de l’égalité devant la loi) =Elle ne vise pas une personne
en particulier, mais une catégorie de personnes.
3. Permanente
 Une règle juridique s’applique en continu tant qu’elle n’a pas été abrogée ou
remplacée.
 Cela ne signifie pas qu’elle est figée : elle peut être modifiée ou
remplacé[Link] : la loi sur les sociétés a été réformée (ex : "qanoun
cheriket") pour répondre aux besoins économiques.
4. Régulatrice de la vie en société

 organiser et pacifier les rapports sociaux.

II. Les grandes branches du droit


2 oppositions :

1. Droit public et droit privé


a) Droit public = intérêt général et fonctionnement des institutions
- relations entre les personnes publiques (physiques ou morales) et les citoyens (eux
aussi physiques ou moraux).
Personnes morales de droit public :
 L’État
 Collectivités territoriales : régions, départements, communes
 Institutions publiques : tribunaux, autorités administratives indépendantes,
entreprises publiques
Les branches du droit public :

Régime politique, citoyenneté, Parlement, élections,


Droit constitutionnel souveraineté

Services publics, urbanisme, droit routier


Droit administratif
Impôts, taxes
Droit fiscal
Budget de l’État, dépenses et recettes publiques
Finances publiques
Relations entre États, États et organisations
Droit international
internationales
public

b) Droit privé = intérêt particulier ( individuel)


- rapports entre personnes privées sur un pied d’égalité.
Personnes morales de droit privé :
 Sociétés commerciales
 Associations
Les branches du droit privé

Obligations, contrats, état civil, successions, mariage


Droit civil
sociétés commerciales
Droit commercial ⚠️L’artisanat et l’agriculture n’en font pas partie

Infractions (crimes, délits), peines, corruption


Droit pénal
Constitution et fonctionnement des associations
Droit des associations
Relations entre employeurs et salariés, contrats de travail,
Droit du travail conditions de travail, licenciement, protection des droits
des travailleurs
Relations entre personnes privées de nationalités
Droit international privé différentes

c) Droit mixte
- les domaines qui relèvent à la fois du droit public et du droit privé  car relations entre
l’État et des acteurs privés.

les relations entre le ministère de la Culture (secteur public) et


Droit de la culture
les acteurs ou entreprises privées du domaine culturel.
Encadre les licences, autorisations et règles fixées par l’État, tout
Droit de l’audiovisuel
en régulant les relations avec les sociétés audiovisuelles.
Droit de Associe les obligations publiques (protection, réglementation)
aux responsabilités privées(prévention de la pollution, gestion durable
l’environnement
des ressources).

2. Droit national et droit international

a) Droit national = les règles de droit qui s’appliquent à l’intérieur d’un État
b) Droit international
 Droit international public : relations entre les États ou organisations
internationales.
 Droit international privé : relations entre personnes privées de nationalités
différentes (conflits de lois, mariages mixtes, contrats internationaux…).

III. Les composants de l’État

La souveraineté est le pouvoir suprême détenu par l’État sur son territoire et sa
population.

Un État est reconnu lorsqu’il réunit trois éléments essentiels :


-Un territoire : Espace géographique délimité par des frontières.
-Un peuple : Ensemble des citoyens soumis à la même autorité.
-Un gouvernement : Pouvoir qui organise et dirige

1. Un territoire : délimité géographiquement

A. Souveraineté territoriale

 Terrestre : L’État contrôle le sol à l’intérieur de ses frontières.


 Aérien :La propriété du sol emporte le dessus et le dessous.
 Maritime :

Zone Étendue Souveraineté


Jusqu’à 3 miles marins
Mer territoriale Souveraineté complète
MM
De 3 MM à 12 MM Mer territoriale élargie Souveraineté partielle
De 12 MM à 24 MM Zone contiguë Contrôle douanier, fiscal, sanitaire
Droit d’exploitation des ressources
Au-delà de 24 MM Plateau continental
sous-marines

B. Souveraineté personnelle

Elle concerne le lien juridique entre un citoyen et son État, fondé sur la nationalité. Ce
lien permet :
 La protection des ressortissants à l’étranger (rapatriement, aide consulaire…)
 L’application des lois nationales aux citoyens, même à l’étranger

2. Un peuple : les citoyens

3. Un gouvernement : autorité souveraine qui dirige

Chapitre 2 : Les sources du droit


Les sources du droit = expliquent comment sont crées les règles juridiques et comment
elles sont appliquées.

I. Sources directes du droit = créent directement la règle de droit =


valeur juridique obligatoire.
1. La norme juridique

Hans Kelsen (un grand juriste autrichien) a expliqué que certaines règles de droit sont
supérieures à d’autres = Une règle inférieure doit respecter la règle supérieure: C’est ce
qu’on appelle lahiérarchie des normes.

Pyramide de la hiérarchie des normes selon Hans Kelsen, du sommet (la norme suprême)
à la base (les normes d’application)

CONSTITUTION
🌍 CONVENTIONS INTERNATIONALES
📜 LOIS
⚖️DÉCRETS
🧾 ARRÊTÉS
🏢 ACTES ADMINISTRATIFS INDIVIDUELS

Remarque : Les conventions internationales ont une valeur supra-législative car


elles s’imposent aux lois, mais une valeur infra-constitutionnelle car elles restent
soumises à la Constitution, norme suprême de l’État.

A. La Constitution (Norme suprême/ Loi fondamentale)

 L’appellation ne compte pas : c’est la valeur de la Constitution qui compte


 La forme ne compte pas : écrite ou non écrite (coutumière). Exemple, en Angleterre,
la constitution est coutumière (non écrite)

Le bloc de constitutionnalité : En France, on parle de bloc de constitutionnalité, c’est-


à-dire l’ensemble des textes et principes ayant valeur constitutionnelle  sert
de référence au Conseil constitutionnel pour contrôler la conformité des lois.

1. La Constitution de la Vème République (1958) : Texte fondamental qui définit


l’organisation des pouvoirs publics et les rapports entre eux.
2. + Le Préambule de la Constitution de 1946 : Hérité de la IVᵉ République, il affirme
des principes politiques, économiques et sociaux fondamentaux (égalité, droit au
travail, solidarité nationale…).
3. + La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789
4. + La Charte de l’Environnement de 2004 : le droit de chacun à vivre dans un
environnement équilibré et respectueux de la santé.
5. + Les Principes fondamentaux reconnus par les lois de la République : dégagés
par le juge constitutionnel à partir de la tradition républicaine française, tels que :
la liberté d’enseignement, le droit de la défense, la liberté de conscience,le droit à
l’éducation.

Les éléments constitutifs d’une Constitution :

- Le Préambule = énonce les valeurs et objectifs fondamentaux de l’État.


- L’organisation des pouvoirs ( principe de séparation des pouvoirs,
Montesquieu dans De l’esprit des lois (1748) )
Ces pouvoirs reposent sur trois principes essentiels :
 Équilibre → Aucun pouvoir ne doit dominer les autres.
 Coopération → Les institutions doivent collaborer pour assurer le bon
fonctionnement de l’État.
 Contrôle (principe de redevabilité) → Chaque pouvoir peut être responsable
devant un autre, par exemple à travers le retrait de confiance.

- La charte des droits et libertés = garantit les droits fondamentaux des citoyens (
le droit à l’eau, le droit à la culture, le droit à la santé, le droit à un environnement
sain.)

- Les autorités constitutionnelles indépendantes = La Constitution peut créer


des organes indépendants chargés de garantir la transparence, la démocratie.
Exemple : Haute autorité indépendante pour les élections, Instance des droits de
l’homme, etc.

- Les dispositions transitoires = règlent les périodes de transition politique ou


institutionnelle.
Exemple : en Tunisie, entre 2011 et 2014, des dispositions transitoires ont permis
de passer d’un régime provisoire à l’ordre constitutionnel de la IIᵉ République.

- La révision constitutionnelle = La Constitution prévoit ses propres mécanismes de


modification. En Tunisie, une révision nécessite une majorité des 3/5 du
Parlement, soit 145 voix sur 217.

 On distingue : Constitution rigide, difficile à modifier (ex : Allemagne) ;


Constitution souple, plus facilement révisable (ex : Angleterre).

🧩 Le pouvoir constituant :

B. Les Conventions Internationales (traités internationaux ou pactes


internationaux)

Accord conclu entre :


 Deux États (convention bilatérale : coopération fiscale ou juridique)
 Trois États (tripartite : Tunisie, algérie, libye )
 Plusieurs États (convention multilatérale)
 Entre des États et des organisations internationales (ONU, OIT, etc.) comme
Convention de l’ONU, Convention de Montego Bay sur le droit de la mer

- Principe Pacta Sunt Servanda « Les conventions doivent être respectées ».Ce
principe, issu du droit international (art. 26 de la Convention de Vienne), explique
pourquoi les conventions internationales ont une valeur supérieure à la loi
nationale (elles sont donc supra-législatives). Mais elles restent inférieures à la
Constitution car Souveraineté ( domaine constitutionnel est réservé, aucune
convention ne peut le violer )
- Réserves de l’État : L’État peut émettre des réserves au moment de la
ratification : Il accepte la convention, mais refuse certaines dispositions.
Exemple : en Tunisie, la question de l’héritage → réserve émise car la règle
islamique de l’héritage est constitutionnellement protégée.
- Procédure de conclusion :

1. Négociation et signature → Par les représentants officiels de l’État (ex :


Ambassadeur, ministre).
La signature ne suffit pas.
2. Ratification → Doit être approuvée par le Parlement: Car elle engage l’État et donc
le peuple.
3. Dépôt des instruments de ratification auprès de l’organisation concernée –>
L’Etat est engagé juridiquement
Exemple : Convention de Montego Bay (1982) sur le droit de la mer → Entrée en
vigueur en 1994, donc après 12 ans et donc seulement après ratification par 60
États.

C. Les lois
Définition et hiérarchie juridique :
Les lois fixent les règles applicables à tous les
citoyens.
Elles doivent impérativement respecter :

 La Constitution, qui est la norme suprême.


 Les conventions internationales ratifiées par l’État.

Contrôle de constitutionnalité : vérifier qu’une loi ne contredit pas la


Constitution.

 Contrôle a priori : effectué avant la promulgation de la loi (examen de


conformité).
 Contrôle a posteriori : effectué pendant un procès. C’est ici
qu’intervient l’exception d’inconstitutionnalité : Si la loi est jugée
inconstitutionnelle, elle est annulée

L’élaboration de la loi : L’initiative législative appartient à :

 Le Parlement (députés) = Pouvoir législatif → Proposition de loi : Même si


l’initiative peut venir du gouvernement, le vote final appartient toujours au
Parlement.
Une fois votée, la loi est :
-Signée par le Président de la République
-Publiée dans le JORT (Journal Officiel de la République Tunisienne) = force
exécutoire à la loi.

 Le Gouvernement → Projet de loi (initiative principale en pratique)


 Le Président de la République → Projet de loi (priorité d’examen à l’Assemblée)

Les catégories de lois

1. Lois ordinaires = les matières courantes (économie, finances, droit pénal)


 Majorité requise : plus de 1/3 + 1 des voix (en Tunisie = 56 voix).
 Exemples de lois ordinaires : détermination des crimes et délits, Assiette de
l’impôt, Déclaration du patrimoine, Lois de finances

2. Lois organiques= organisation des libertés fondamentales, des pouvoirs


publics

 Majorité absolue : 50 % + 1 des voix (en Tunisie = 83 voix)


 Exemples :Organisation de la justice et de la magistrature, Organisation de
l’armée nationale ; Libertés et droits de l’Homme

👉 Les lois organiques ont un niveau juridique supérieur aux lois ordinaires.

[Link] soumises à référendum = consulter le peuple sur certains sujets, sur décision
du Président de la République.

Les principes fondamentaux liés à la loi

1. Principe de précaution = l’État doit agir préventivement lorsqu’un risque


grave est possible, même sans certitude scientifique totale ( L’environnement
(pollution, OGM, catastrophes naturelles) ; La santé publique (produits
chimiques, pesticides) )

2. Effet des lois dans le temps

 Effet immédiat : la loi entre en vigueur dès sa promulgation (hayz el tanfidh).


 Effet différé : certaines lois nécessitent une période avant application (ex.
nouvelle loi sur le chèque en Tunisie).

3. Accessibilité et compréhension = Selon l’article 545 du C.O.C : Nul n’est censé


ignorer la loi
Pour cela, les lois doivent être : Simples (claires et compréhensibles) +
Lisibles (accessibles à tous)

Révision ou abrogation des lois : Principe du parallélisme des formes : Le


pouvoir qui promulgue la loi est celui qui l’abroge

 Abrogation totale : refonte complète d’une loi = Tous les articles sont
renumérotés, reformulés ou supprimés. Exemple : refonte du Code du
travail. Exemple : refonte du Code pénal français en 1994 : L’ancien Code pénal
de 1810 (hérité de Napoléon) a été entièrement remplacé par un nouveau Code
pénal.
 Abrogation partielle : modification de quelques articles seulement. Exemple :
modification partielle du Code électoral tunisien (2019). Seuls quelques articles
ont été modifiés:Les conditions de candidature aux élections ; Les règles de
financement des [Link] reste du Code électoral est resté inchangé.

Types d’abrogation
 Abrogation tacite (expresse) : une nouvelle loi déclare explicitement que
l’ancienne est annulée. « Sont abrogées toutes les dispositions contraires à la
nouvelle loi ».
 Abrogation implicite : deux lois se contredisent → on applique la plus récente.
 Abrogation par désuétude (ou par oubli, abandon) : une loi non appliquée
pendant longtemps devient inopérante.

Les principes liés à la légalité pénale

1. Principe de la légalité des peines → Nul ne peut être puni que pour des faits
prévus par la loi.
2. Principe de la non-rétroactivité des lois pénales → Une loi ne s’applique pas aux
faits antérieurs, sauf si elle est plus favorable à l’accusé.
3. Principe de la présomption d’innocence→ tant que la culpabilité n’a pas été
légalement prouvée.

D. Décret-loi : même force juridique qu’une loi ordinaire et supérieurs


aux décrets réglementaires
- Intervient généralement dans les périodes transitoires du pouvoir, notamment en
cas de vide institutionnel ou politique, lorsque le Parlement ne peut pas exercer
pleinement ses fonctions législatives.
- Dans ces circonstances exceptionnelles, le pouvoir exécutif (souvent le
gouvernement ou le chef de l’État) édicte des décrets ayant valeur de loi.

E. Les décrets (pouvoir exécutif : gouvernementaux ou présidentiels)


= Tout ce qui ne relève pas du domaine de la loi appartient
au domaine du règlement

- rôle principal = préciser et mettre en application les lois votées par le pouvoir
législatif  compléter, détailler les dispositions légales.
- Exemples : le décret d’application relatif au financement participatif
(crowdfunding) dans le secteur du cinéma, qui vient définir les conditions
pratiques d’application de la loi.

- Deux grandes catégories de décrets :


 Les décrets réglementaires = règles applicables à tous.
 Les décrets individuels = concernent une personne ou une situation
déterminée (par exemple : la nomination d’un fonctionnaire).

F. Les arrêtés (pouvoir réglementaire)

- Rôle = régler les détails pratiques et techniques d’une mesure décidée par décret
ou par loi.
- Exemples : Les dates des concours nationaux et des vacances scolaires / les dates
d’ouverture et de fermeture de la saison de pêche par arrêté du ministre de
l’Agriculture et des Ressources hydrauliques / Un arrêté du ministre de la santé
peut fixer la liste des médicaments autorisés à la vente ou les conditions de
stockage des produits pharmaceutiques / Un arrêté municipal peut réglementer la
fermeture des cafés pendant le mois de Ramadan ou interdire la circulation dans
certaines rues.

E. Les Actes Administratifs (circulaires, notes, mesures d'ordre interne)


- Ensemble de documents émis par l’administration pour organiser son
fonctionnement interne ou préciser l’application des lois et règlements.
- Pas toujours une valeur normative (contraignante), servent souvent à guider,
informer l’action des services publics.
- Susceptibles de recours devant le tribunal administratif pour excès de pouvoir ou
lorsqu’ils sont illégaux et portent atteinte aux droits des citoyens.

Les circulaires Instructions écrites adressées par un


ministre ou un supérieur hiérarchique à
ses services.
Les directives Ligne de conduite pour guider les
décisions des fonctionnaires dans un
domaine précis.
Les mesures d’ordre interne Visent à maintenir la discipline et le bon
fonctionnement de l’administration.
Exemple : la répartition des tâches entre
services dans un ministère ou un
changement d’horaires de travail.
Notes de service (recommandations) Ce sont des documents internes destinés
à rappeler certaines consignes aux agents
d’un service : valeur informative. Exemple
: une note de service rappelant les règles
d’hygiène ou les procédures à suivre dans
un hôpital.

2. La coutume
- une source de droit non écrite, fondée sur des pratiques répétées dans le temps,
reconnues par une communauté comme ayant valeur obligatoire.
- Rôle de la coutume : intervient en cas de vide juridique, par exemple en matière
d’héritage ou de divorce.
- deux éléments essentiels :

 L’élément matériel : une pratique doit être habituelle et stable pour devenir
coutumière = la répétition constante d’un comportement dans une société.
 L’élément psychologique : la conviction commune que ce comportement est
obligatoire et conforme au droit. Les individus ne se contentent pas de répéter un
usage : ils croient qu’ils doivent le respecter.

Remarque : Le droit international repose largement sur la coutume : avant l’existence


des traités et conventions, les relations entre États étaient régies par des règles
coutumières.

II. Sources indirectes du droit = sources d’interprétation : influencent la


création ou l’application du droit sans avoir elles-mêmes de force
obligatoire.

1. La jurisprudence = décisions rendues par les juges de la Cour de


Cassation.

- Rôle initial du juge : qualification juridique = Avant de rendre un verdict, le juge


doit déterminer juridiquement la nature des actes commis (contrat, faute, délit,
etc.).
- En cas de vide ou de flou juridique : la jurisprudence intervient. Selon article 4 du
Code civil, Le juge a l’obligation de juger, même en cas de : vide juridique,
absence de texte clair, contradiction entre les lois)
- Si aucune loi ne répond à la situation : le juge interprète le droit, il ne l’invente
pas.

 le juge peut recourir à un expert,


 ou se baser sur Le “pouvoir créateur” du juge (mais avec limites) = formuler des
solutions nouvelles, mais:
 Le juge ne peut pas créer du droit
 Ses solutions doivent être inspirées de principes existants (principes généraux
du droit (PGD) ; des règles déjà présentes dans le système juridique.)

2. La doctrine = réflexions et analyses des juristes. pas de force obligatoire


mais une influence intellectuelle majeure.
Elle sert à orienter l’interprétation des juges.

III. Conflit des lois

1. Conflit des lois dans le temps


- Principe 1 : L’effet immédiat de la loi nouvelle : Une loi nouvelle s’applique dès
son entrée en vigueur à

 toutes les situations en cours,


 toutes les situations futures.

- Principe 2 : La non-rétroactivité des lois


 La loi ne s’applique pas au passé. Elle « vaut pour l’avenir » : elle ne modifie pas
les situations antérieurs à sa promulgation.

Pourquoi ?
- Les raisons
 La sécurité juridique = Les individus doivent connaître à l’avance les règles qui
s’appliquent à eux pour prévoir les conséquences de leurs actes.
 Le principe de la légalité des peines = On ne peut pas punir quelqu’un pour un
acte qui n’était pas interdit au moment où il a été commis. Ce principe protège
contre l’arbitraire et garantit la justice.

- Les exceptions au principe de non-rétroactivité


 Les lois expressément rétroactives = Le législateur décide
volontairement que la loi s’applique aussi au passé. Elles « font corps »
avec la loi ancienne. Exemple : certaines lois relatives à la retraite.
 Les lois interprétatives = Elles n’ajoutent rien de nouveau : précisent ce
que la loi a toujours voulu dire → Elles s’appliquent donc au passé par
nature.
 Les lois pénales les plus douces pour l’accusé ( circonstances atténuantes)
Lorsqu’une nouvelle loi pénale est plus favorable à l’accusé → elle
s’applique même à des faits commis avant son entrée en vigueur. C’est
le principe de faveur.

2. Conflits mobiles : Conflits des lois dans l’espace (Quand une affaire concerne
plusieurs pays, quelle loi applique-t-on ?)

Les éléments d’extranéité :


 Le lieu : l’acte a eu lieu à l’étranger
 Le contrat : signé dans un autre pays
 La nationalité : les personnes n’ont pas la même nationalité
 un navire ou avion porte un pavillon étranger

 Les règles pour savoir quelle loi appliquer :

- Le principe de territorialité : La loi d’un pays s’applique sur son territoire :


terrestre,maritime,aérien. Exemple :Un vol commis en Tunisie → on applique la loi
tunisienne.
- La loi d’allégeance (elle suit la personne, même si elle est à l’étranger) ,
comme :la nationalité , les impôts ( Exemple :Un Tunisien vivant à l’étranger peut
devoir payer des impôts tunisiens selon les règles), certains aspects de la vie
familiale (selon les pays)
- La souveraineté personnelle : la loi du pays s’applique aussi :sur les navires, sur
les avions qui portent son pavillon. Exemple : Un crime commis dans un avion
tunisien → loi tunisienne.

 La loi du for (Quand il y a trop de lois possibles)


Si la situation est trop compliquée (plusieurs lois possibles), le juge utilise la loi du for,
c’est-à-dire la loi du pays où il siège. Exemple : Une affaire jugée à Tunis → si aucune
autre solution n’est possible, on applique la loi tunisienne.

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