~1~
EPIGRAPHE
« L’inflation est toujours et partout un
phénomène monétaire. »
Milton Friedman
~2~
DEDICACE
À Toi, le Tout-Puissant, source de grâce et d’amour,
Que soient les premiers mots de ma gratitude,
Car sans Ta lumière, aucun chemin n’aurait de sens.
À mon père, LEANDRE KANIKI,
Rocher inébranlable et modèle de sagesse,
Merci pour tes sacrifices et ta voix qui guide.
À ma mère, THERESE KASEVIA,
Cœur tendre et bras infatigables,
Ton amour a été mon premier refuge.
À mon frère, KITH KIMPUTU,
Complice des défis et des rires,
Frère dont la présence est un don permanent.
À mon frère Narcisse MULORI,
Pour les liens tissés et les soutiens invisibles,
Que cette mention soit un témoignage de ma reconnaissance.
À mes sœurs, MARIE MUNGA et DORCAS KANIKI,
Étoiles jumelles de ma vie,
Votre affection a illuminé chaque épreuve.
Enfin, à tous ceux, visibles ou discrets,
Qui ont contribué à ce chemin,
Que ces mots portent l’écho de ma profonde gratitude.
~3~
REMERCIEMENTS
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont
contribué à la réalisation de ce travail.
À mes directeurs de recherche :
Professeur Ordinaire Josué Mwania, pour son encadrement rigoureux, ses précieuses
orientations et sa patience tout au long de ce parcours. Son expertise et sa vision ont été
des piliers indispensables.
CT Claude Kabemba, mon codirecteur, pour son soutien constant, ses conseils avisés et
sa disponibilité malgré un emploi du temps chargé.
À mes amis :
Un merci spécial à Mr DK Sheck, Andy Okito, Séverin Kimba, Grégoire, Noé, KDM, Dicky
Larson et Benita Rubuz, pour leur encouragement, leur présence et les moments de partage qui
ont allégé les périodes exigeantes de ce travail.
À mes collègues et camarades :
Merci à Nick Kitwa, Ersevenie Numbi, Marie Polesha, Marie Kabobo, Jeannine Kapya et
Rachel Twite, pour leur solidarité, leurs échanges enrichissants et leur soutien moral durant cette
aventure académique.
À ma famille :
Enfin, une pensée émue pour ma famille, dont l’amour inconditionnel et les sacrifices silencieux
ont été ma source de force et de motivation.
Que chacun trouve ici l’expression de ma sincère reconnaissance.
~4~
LISTE DES ABRÉVIATIONS
1. BCC : Banque Centrale du Congo
2. CDF : Franc Congolais (devise nationale)
3. COVID-19 : Coronavirus Disease 2019
4. EPIGRAPHE : Espace de Recherche sur les Inflations Globale et des Politiques
Hétérodoxes Économiques (votre champ d'investigation)
5. FAO : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
6. FMI : Fonds Monétaire International
7. HAC : Estimateurs robustes à l’hétéroscédasticité et à l’autocorrélation des erreurs
8. INS : Institut National de la Statistique (RDC)
9. IPC : Indice des Prix à la Consommation
10. MCO : Moindres Carrés Ordinaires
11. NAIRU : Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment
12. OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Économiques
13. PIB : Produit Intérieur Brut
14. PPA : Parité de Pouvoir d'Achat
15. PVD : Pays en Voie de Développement
16. RDC : République Démocratique du Congo
17. TFE/TFC : Travail de Fin d'Études / Travail de Fin de Cycle
18. ULPGL : Université Libre des Pays des Grands Lacs
19. USD : Dollar américain.
INTRODUCTION GENARALE
~5~
1. Contexte de l’étude
L'inflation est l'une des préoccupations économiques majeures dans de nombreux
pays, et la République Démocratique du Congo (RDC) n'échappe pas à cette réalité. En tant que
pays riche en ressources naturelles, la RDC fait face à des défis économiques complexes qui
influencent son niveau d'inflation. L'inflation peut être définie comme une augmentation générale
et continue de niveau des prix des biens et services dans une économie sur une période donnée
(Friedman, 1976). Dans le contexte congolais, plusieurs déterminants contribuent à cette
dynamique inflationniste, notamment les politiques monétaires, les chocs d'offre, les fluctuations
des taux de change, ainsi que les facteurs structurels liés à la gouvernance et à l'environnement
économique global (IMF, 2021).
La littérature économique a identifié divers facteurs susceptibles d'affecter
l'inflation. Par exemple, selon l'approche de la demande et de l'offre, une demande excédentaire
par rapport à l'offre disponible entraîne une pression inflationniste (Mankiw, 2020). Par ailleurs,
les chocs externes tels que les variations des prix des matières premières sur le marché
international peuvent avoir un impact significatif sur l'économie congolaise, étant donné sa
dépendance vis-à-vis de ces ressources (IMF, 2021).
Ainsi, cette étude vise à analyser les principaux déterminants de l'inflation en
RDC afin de mieux comprendre leurs interactions et leurs implications sur l'économie nationale.
En examinant ces éléments, nous espérons contribuer à une meilleure compréhension des
mécanismes inflationnistes en RDC et proposer des recommandations susceptibles d'aider à
stabiliser l'économie.
2. Phénomène Observé
Au cours des dernières années, la République Démocratique du Congo a connu
une inflation volatile, avec des fluctuations significatives dans le taux d'inflation annuel. Selon
les données de la Banque Centrale du Congo, l'inflation a atteint environ 17, 5 % en 2021, après
avoir connu un pic à 24 % en 2020 (Banque Centrale du Congo, 2021). Cette hausse de l'inflation
est principalement attribuée à des facteurs tels que les chocs d'approvisionnement liés aux
conflits internes et aux perturbations économiques causées par la pandémie de COVID-19.
~6~
En 2022, l'inflation a continué d'augmenter pour atteindre 22 % en moyenne
(World Bank, 2022). Les prix des denrées alimentaires ont été particulièrement affectés, avec une
augmentation de près de 30 % par rapport à l'année précédente (FAO, 2022). Cette situation a eu
des répercussions significatives sur le pouvoir d'achat des ménages congolais, exacerbant la
pauvreté et l'insécurité alimentaire dans le pays.
Les fluctuations des taux de change ont également joué un rôle déterminant dans
le comportement de l'inflation. La dépréciation du franc congolais face au dollar américain a
entraîné une augmentation des coûts d'importation, ce qui a alimenté la pression inflationniste
(IMF, 2023). En conséquence, les ménages ont dû faire face à une augmentation continue des
prix des biens et services essentiels.
Au regard de la volatilité de l’inflation en RDC, mener une étude sur cette
question devient une nécessité car comprendre les facteurs qui influencent l’inflation en RDC ne
peut que permettre de formuler les strategies pour sa stabilisation.
3. Objectifs de la recherche
a. Objectif général
Analyser les principaux déterminants de l'inflation en République Démocratique
du Congo afin d'identifier les facteurs structurels, conjoncturels et institutionnels qui influencent
la dynamique des prix, dans le but de proposer des recommandations politiques visant à maîtriser
l'inflation et à favoriser la stabilité économique.
3.2. Objectifs opérationnels
Dans le cadre de notre recherche, il nous sera question de:
Definir l’inflation,
Analyser les variables qui influencent sur les déterminants de l’inflation en République
Démocratique du Congo
Formuler les stratégies pour la stabilité de l’inflation en République Démocratique du
Congo
~7~
4. Revue de littérature
Le présent point fait une brève revue de littérature sur les déterminants de
l’inflation. Le premier sous-point est consacré à la revue de littérature théorique et le second aux
travaux empiriques.
4.1 Revue de littérature théorique
Les économistes classiques, tels qu'Adam Smith et David Ricardo, soutiennent
que l'inflation est principalement causée par une augmentation de la masse monétaire. Selon cette
perspective, une offre monétaire excessive sans une augmentation correspondante de la
production entraîne une hausse des prix (Friedman, 1968).
Les keynésiens, représentés par John Maynard Keynes, mettent l'accent sur le rôle
de la demande globale dans l'inflation. Ils soutiennent que l'inflation peut résulter d'une demande
excédentaire dans l'économie, surtout en période de plein emploi (Keynes, 1936). Selon cette
approche, des politiques fiscales et monétaires expansionnistes peuvent exacerber l'inflation si
elles ne sont pas accompagnées d'une croissance proportionnelle de la production.
Les monétaristes, dirigés par Milton Friedman, affirment que l'inflation est
toujours et partout un phénomène monétaire. Ils soutiennent que seule une augmentation
contrôlée de la masse monétaire peut stabiliser les prix à long terme (Friedman, 1970). Cette
école critique les politiques keynésiennes pour leur tendance à provoquer des déséquilibres
inflationnistes.
L'école néoclassique intègre des éléments des théories classiques et keynésiennes.
Elle considère que l'inflation peut résulter d'une interaction complexe entre l'offre et la demande,
tout en tenant compte des attentes adaptatives des agents économiques (Lucas, 1972). Cette école
met également en avant le rôle des anticipations dans la dynamique inflationniste.
Les économistes autrichiens, tels que Friedrich Hayek, soutiennent que l'inflation
est souvent le résultat d'interventions gouvernementales dans le marché monétaire. Ils
argumentent que les politiques monétaires expansionnistes peuvent conduire à une mauvaise
allocation des ressources et à des cycles économiques instables (Hayek, 1931).
~8~
Cette école met l'accent sur le rôle des institutions et des structures sociales dans la
détermination de l'inflation. Les économistes institutionnalistes soutiennent que les facteurs
historiques, culturels et politiques influencent les comportements inflationnistes (North, 1990).
Ils soulignent également que la corruption et l'inefficacité institutionnelle peuvent exacerber les
pressions inflationnistes.
Les post-keynésiens, tels que Joan Robinson et Paul Davidson, soutiennent que
l’inflation résulte principalement de la demande effective dans l’économie. Ils affirment que
lorsque la demande globale dépasse la capacité productive, cela entraîne une pression à la hausse
sur le prix (Robinson, J.1962).
Cette perspective contredit la théorie néoclassique qui voit l’inflation comme étant
principalement causée par l’augmentation de la masse monétaire. Les néoclassiques soutiennent
que si l’offre de biens et services ne suit pas l’augmentation de la monnaie, alors l’inflation
survient Davidson, P.2002).
Les économistes instutionnalistes, Dorey,P et Froud,J, plaident pour une
régulation économique proactive afin de contrôler l’inflation. Ils croient que l’intervention
gouvernementale est essentielle pour équilibrer le pouvoir du marché et protéger les
consommateurs contre les hausses de prix injustifiées (Dorey,P et Froud,J.2001)
Cela constraste avec la perspective libérale ou monétairiste qui prône un marché
libre sans intervention gouvernementale excessive, soutenant que cela pourrait engendrer
davantage d’inefficacités économiques et d’inflation.
Une approche intégrative qui combine les éléments essentiels de chaque école
pour développer une compréhension plus complète de l’inflation. Cela implique d’adopter une
vision pragmatique qui reconnaît la complexité du phénomène inflationniste et qui prône un
équilibre entre intervention gouvernementale et respect des mécanismes du marché. Cette
position permettrait d’élaborer des politiques plus efficaces pour gérer l’inflation tout en tenant
compte des spécificités économiques et institutionnelles locales.
~9~
4.2 Revue de littérature empirique
Etant de la question est l’inventaire des publications existantes dans le domaine
qui permet au chercheur de situer son apport à ces travaux.
C’est une évidence que tout chercheur avant d’entamer son étude doit passer en
revue d’un certain nombre d’ouvrages à la lumière de son analyse. En effet, cela dit, et par
honnêteté scientique, nous avons consulté les écrits de plusieurs auteurs touchant au sujet que
nous traitons dans notre étude. C’est le cas notamment de:
Moukondji Blaise (2018), Dans son étude intitulée Inflation et déterminants
économiques en RDC: Une analyse empirique, Mokondji examine les principales variables
économiques qui influencent l'inflation en République Démocratique du Congo. Il conclut que
les fluctuations du taux de change et la politique monétaire sont des déterminants cruciaux.
L'auteur utilise un modèle économétrique pour analyser les données sur plusieurs années,
montrant que la dévaluation du franc congolais entraîne une hausse significative des prix des
biens importés, ce qui contribue à l'inflation.
Ngoy Kambale & N'singa Thierry (2020), Dans leur article "Les effets des chocs
externes sur l'inflation en RDC: Une approche dynamique", Ngoy et N'singa explorent comment
les chocs externes, notamment les variations des prix des matières premières sur le marché
mondial, impactent l'inflation locale. Leur analyse montre que la dépendance de la RDC aux
exportations de ressources naturelles rend l'économie vulnérable aux fluctuations des prix
mondiaux, ce qui se traduit par une volatilité accrue des prix intérieurs.
Henry N. Muganza, Dans son article portant sur les indicateurs avancés de
l’inflation en République Démocratique du Congo: Henry a cherché à appécier la pertinence de
la masse monétaire utilisée par la Banque Centrale du Congo comme cible intermédiaire et
identifier le cas échéant d’autres indicateurs performants qui peuvent être suivis par les autorités
monétaires dans la conduites de leur action. Pour mener à bout cette étude, le modèle dévoloppé
par [Link] et [Link](1999) tel que synthétisé par [Link] (2001) et adapté aux
spécificités de la R.D.C lui ont servi de cadre de référence. Il a également recouru à l’approche
de johansen pour déterminer le nombre des vecteurs de cointégration et justifier l’utilisation du
~ 10 ~
modèle à correction d’erreurs. Le résultats obtenus rélèvent qu’en R.D.C les indicateurs
d’inflation les plus pertinents sont tant d’origine monétaire que réelle. Ce sont donc les chocs
d’origine qui affectent beaucoup plus l’économie congolaise.
Kanyamuna Alain (2021), Kanyamuna, dans son ouvrage Instabilité politique et
inflation en république démocratique du congo: un lien direct, examine le lien entre la stabilité
politique et l'inflation. L'auteur soutient que l'instabilité politique engendre une perte de
confiance dans la monnaie nationale et complique la mise en œuvre efficace des politiques
monétaires. À travers une analyse qualitative et quantitative, il démontre comment les crises
politiques contribuent à une inflation persistante en perturbant le fonctionnement normal de
l'économie.
Mbuyi Mbuyi & Tshibanda Jean (2022), Dans leur étude Analyse des
déterminants structurels de l'inflation en RDC: Enjeux et perspectives, Mbuyi et Tshibanda se
concentrent sur les aspects structurels qui alimentent l'inflation dans le pays. Ils mettent en
évidence des facteurs tels que la faiblesse des infrastructures économiques, la dépendance
excessive aux importations alimentaires et le manque d'intégration régionale comme causes
fondamentales de l'inflation chronique en RDC. Leur recherche suggère que pour maîtriser
l'inflation, il est essentiel d'améliorer les infrastructures et de diversifier l'économie.
La RDC a une histoire marquée par des conflits armés, des tensions politiques et
des crises humanitaires qui ont un effet direct sur l'économie. Ces facteurs peuvent perturber les
chaînes d'approvisionnement, affecter la production agricole et industrielle, et engendrer une
insécurité qui limite les investissements. Par conséquent, l'analyse de comment ces éléments
influencent l'inflation pourrait révéler des corrélations uniques entre la situation politique et
économique du pays.
Ce travail innove par son modèle économétrique corrigé (HAC) intégrant des
variables informelles (taux de change parallèle) et des tests de robustesse absents des études
antérieures sur la RDC. Il propose le cadre EPIGRAPHE, fusionnant monétarisme,
institutionnalisme et anticipations psychologiques pour expliquer l’inflation congolaise. une
approche sans équivalent dans la littérature. Démontrant la primauté du taux de change (p =
~ 11 ~
0.0001) et invalidant l’efficacité des outils monétaires classiques, il offre des solutions politiques
ancrées dans les réalités locales (ciblage du change, diversification), transférables aux pays
fragiles.
5. Problématique de la recherche
Dans la littérature, les approches définitionnelles du concept «
problématique » sont multiples. Les auteurs tels que SEM MBIMBI et ANNIE CORNET
(2018, p.42), la considèrent comme un ensemble des questions pertinentes que se pose un
chercheur sur le phénomène observé.
L’inflation en République Démocratique du Congo (RDC) est devenue une
préoccupation majeure pour les décideurs économiques et citoyens. Au cours des
dernières années, le pays a connu des taux d’inflation élevés, atteignant environ 10% en
2023, selon les données de la Banque Centre du Congo (BCC, 2023). Cette inflation est
alimentée par divers facteurs tels que l’instabilité politique, les conflits armés, les
fluctuations des prix des matières premières sur le marché international, et une gestion
monétaire parfois inefficace. Cette situation soulève plusieurs problématiques: comment
l’inflation affecte-t-elle la capacité des ménages à satisfaire leurs besoins fondamentaux?
Quelles sont les répercussions sur les entreprises locales et l'économie nationale dans son
ensemble? En quoi l'inflation constitue-t-elle un obstacle au développement socio-
économique de la RDC?
L'inflation est problématique car elle réduit le pouvoir d'achat des citoyens,
ce qui entraîne une érosion de leur niveau de vie. Selon une étude de l'Institut National de
la Statistique (INS), près de 70 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, et
l'augmentation des prix des biens essentiels aggrave cette précarité (Institut National de la
Statistique, 2022). En outre, l'inflation crée un climat d'incertitude économique qui
décourage à la fois les investissements étrangers et nationaux. Les entreprises locales se
retrouvent dans une situation difficile où elles doivent faire face à des coûts croissants
tout en cherchant à maintenir leur compétitivité.
De plus, cette dynamique inflationniste exacerbe les inégalités sociales en
touchant de manière disproportionnée les populations vulnérables qui consacrent une part
~ 12 ~
plus importante de leurs revenus à l'achat de biens essentiels (World Bank, 2023). Ainsi,
la problématique de l'inflation en RDC ne se limite pas à un simple indicateur
économique ; elle est intrinsèquement liée à des enjeux sociaux et politiques qui
nécessitent une attention urgente pour garantir un avenir stable et prospère pour le pays et
ses citoyens.
À partir de ce constant, nous avons formuler notre question de recherche:
- Quels sont les déterminants qui expliquent l’inflation en RDC?
6. Hypothèses de recherche
Selon SEM MBIMBI et ANNIE CORNET (2018, p.46), l’hypothèse est
l’ensemble des propositions de réponses à la question de recherche. Il s’agit d’une réponse
anticipée, une affirmation provisoire qui décrit, qui explique un phénomène.
Par rapport à notre question de départ, nous retenons l’hypothese suivante:
Le taux de croissance économique a un impact réel sur l’inflation durant la
période sous étude suite à plusieurs facteurs.
7. Méthodologie de la recherche
D’après Roger PINTO et Madeleine GRAWITZ (1964, p.318), « la méthodologie
est une démarche intellectuelle au moyen de laquelle un chercheur poursuit une vérité, la vérifie
et la remontre ».
Comme tout travail scientifique, la présente étude nécessite l’utilisation d’un
certain nombre de méthodes de recherche et de téchnique pouvant varier selon la nature du
problème étudié.
7.1 Méthodes de recherche
La méthode est definit comme l’ensemble d’opérations intellectuelles permettant
d’analyser, de comprendre, et d’expliquer la réalité étudiée (J.L LAUBET DEL BAYLE (2010).
Dans le cadre de notre travail, nous avons utulisé les méthodes suivantes:
~ 13 ~
7.1.1 Méthode analytique
Cette méthode consiste à collecter, à analyser et à interpreter des informations afin
de faire des déductions et parvenir à des conclusions.
Cette méthode nous a été indispensable parce qu’elle nous a permis à déterminer
le lien de causaliter entre l’inflation et les variables influençant le niveau de l’inflation.
7.1.2 Méthode statistique
Cette méthode nous a été indispensable parce qu’elle nous permis de décrire de
manière numérique les caractéristiques clés des variables d’étude (telles que la moyenne
arithmétique, écart-type …)
7.1.3 Méthode économetrique
Concernant notre étude, elle nous a permis de déterminer les facteurs explicatifs
de l’inflation.
7.2 Téchniques de recherche
Elle désigne un outil, un moyen, un instrument utilisé pour ateindre un resultat
partiel, à un stade pécis de la recherche. Le chercheur recours à ce moyen pour couvrir des étapes
d’opérations limitées, pour déployer une méthode de façon à rendre plus efficace dans sa
recherche (Dr Nour el houlda LAROUI, 2021).
Dans le cadre de notre étude, nous avons utilisé les téchniques suivantes:
7.2.1 Téchnique documentaire
C’est une téchnique indispensable à tout chercheur, elle consiste en consultation
des ouvrages, édits, des documents susceptibles de nous aider dans l’élaboration de ce travail.
Elle ous a permis de consulter plusieurs ouvrages; les rapports annuels, les TFC, mémoires,
theses, articles et d’autres documents en rapport avec notre sujet de recherché. Enfin d’en tirer
quelques notions et enseignements essentiels cadrant avec notre presente étude. (Dr Nour el
houlda LAROUI, 2021).
Pour notre part, cette téchnique nous a permis d’enrichir le présent travail par des
consultations des différents documents rélatifs à notre sujet de recherche.
~ 14 ~
7.2.2 Téchnique d’observation
Nous a permis de recueillir des informations sur les comportements des
consommateurs et des producteurs, ainsi que sur les pratiques de marché.
8. Pertinence de la recherche
8.1 Choix du sujet
Nous avons choisi ce sujet du faite que l'inflation affecte le coût de la vie, les prix
des biens essentiels et le pouvoir d'achat des ménages. Dans un pays où une grande partie de la
population vit déjà dans la pauvreté, comprendre les facteurs qui influencent l'inflation peut aider
à mettre en lumière des solutions pour atténuer ses effets néfastes. Cela permettrait également
d'orienter les politiques économiques vers des mesures plus efficaces pour stabiliser les prix et
améliorer la qualité de vie des Congolais.
8.2. Intéret de l’étude
Notre travail comporte un triple intèret:
8.2.1 Interet personnel
Il nous a permis d’améliorer ou de parfaire les compétences rélatives à notre
profit qui est principalement les domaines économiques, particuliérement l’économie monétaire.
8.2.2 Intérêt social
Comme il est dit anticipativement; à l’issue de cette étude, il sera question de
dégager les propositions nécessaires à la resolution de cette angoisse économique qui a l’impact
direct sur le pouvoir d'achat des ménages, surtout dans un pays où une grande partie de la
population vit avec des revenus modestes.
8.2.3 Intérêt scientifique
Suite à la fluctuation de l’inflation en RDC, nous avons porté notre choix sur les
déterminants de l’inflation en RDC afin d’analyser et mesurer les variables explicatives et les
variables à expliquer liées à cette recherche.
~ 15 ~
9. Délimitation du sujet
Les phénomènes économiques étant changeants et mouvants, il est imprérieux de
délimiter le sujet afin qu’on sache précisément à quel univers et à quelle tranche de temps les
informations rapportées sont valablement applicables. Ainsi, Les déterminants de l’inflation en
RDC. Il y a donc intérêt à le circonscrire dans le temps et dans l’espace.
Sur le plan temporel, nous nous intéressons à la période allant de 2000 à 2023.
L'année 2000 marque un taux d'inflation très élevé en République Démocratique du Congo. Cette
situation d'hyperinflation a eu des conséquences dramatiques sur l'économie du pays, entraînant
une dévaluation significative de la monnaie et un affaiblissement du pouvoir d'achat des
ménages. Les causes de cette inflation élevée incluent des facteurs structurels, des déséquilibres
macroéconomiques et des crises politiques qui ont perturbé les activités économiques normales.
La Banque Centrale du Congo (BCC) a souligné dans ses rapports que cette inflation extrême
nécessitait des mesures urgentes pour stabiliser l'économie et restaurer la confiance dans le
système monétaire et l’année 2023, la République Démocratique du Congo a connu une inflation.
Cette hausse de l'inflation a été attribuée à plusieurs facteurs, notamment les perturbations des
chaînes d'approvisionnement, les augmentations des prix des denrées alimentaires et des
combustibles, ainsi que des déséquilibres macroéconomiques persistants.
La Banque Centrale du Congo (BCC) a souligné que cette situation d'inflation
accélérée a eu des répercussions notables sur le pouvoir d'achat des consommateurs et sur
l'économie en général, nécessitant des mesures pour stabiliser la situation économique et
contrôler l'inflation.
Sur le plan spatial, nous nous intéressons à la République Démocratique du Congo
en déterminant les différents déterminants de l’inflation en RDC. Pour ce faire, nous nous basons
sur les rapports annuels de la Banque Centrale du Congo.
10. Structure du travail
En plus l’introduction générale et la conclusion générale, notre travail comprend
trois chapitres:
Le premier chapitre porte sur le cadre conceptuel et présentation de la RDC,
~ 16 ~
Le second chapitre présente le cadre théorique de la recherche,
Le troisième chapitre porte sur les déterminants de l’inflation en RDC.
CHAPITRE 1
CADRE CONCEPTUEL ET PRESENTATION DE LA RDC
La littérature sur le phénomène de l’inflation est assez abondante mais ce chapitre
ne se limitera qu’à une brève présentation de l’historique de l’inflation et de ses causes
théoriques traditionnelles. Aussi, il fait l’objet de la présentation de quelques outils de mesure de
l’inflation.
1.1. Cadre conceptuel
Cette partie nous permet de définir clairement les concepts et les variables qui sont
liés à notre étude de recherche. Cela nous aide à éviter toute ambiguïté et à s’assurer que tous les
chercheurs comprennent les termes de la même manière.
En effet, dans cette partie nous allons définir les sections essentilles qui font le
contour de notre travail.
1.1.1 L'inflation
L’économiste Allemant Friedrich hayek, la haussse des prix resultant de l’inflation
est le symptom d’une politique monétaire laxiste et d’une distorsion des signaux de marché,
entrainant des déséquilibres économiques.
Pour Milton Friedman, l’inflation est toujours est partout un phénomène
monètaire, soulignant ainsi le role de la création excessive de la monnaie dans l’augmentation
des prix.
~ 17 ~
L’inflation est un déséquilibre économique caractérisé par une (enflure) hausse
générale, durable, cumulative et plus ou moins forte des prix ou par l'allongement des délais de
livraison ou des files d'attente pour un grand nombre de produit dans les pays pratiquant la
fixation administrative de prix. (A. SILEM et al., Lexique d’économie, 2004, p. 405).
En économie les concepts inflation et déflation, sont des termes désignant la
diminution ou l'augmentation du pouvoir d'achat de la monnaie en biens et services.
L'inflation est une augmentation ample et soutenue du niveau général des prix, mesurée par un
index du coût de différents biens et services. Une augmentation répétée des prix érode le pouvoir
d'achat de la monnaie et des autres actifs financiers à valeur fixe, provoquant ainsi de graves
distorsions et incertitudes économiques.
L'inflation apparaît lorsque des pressions économiques et l'anticipation de certains
événements font monter la demande en biens et en services au-delà de l'offre disponible aux prix
existants, ou lorsque la production disponible est réduite par une productivité défaillante ou par
les contraintes du marché.
1.1.2 La déflation
La déflation est une baisse soutenue du niveau général des prix, comme celle qui
est survenue au cours de la crise économique de 1929. Elle est généralement associée à une
érosion prolongée de l'activité économique et à un niveau de chômage élevé. Néanmoins, les
baisses de prix généralisées sont aujourd'hui très rares, et l'inflation est devenue la principale
variable macroéconomique affectant la planification économique, publique ou privée. (A. SILEM
et al, 2004, p. 405).
1.1.3 Politique monétaire
La politique monétaire est l'ensemble des actions mises en œuvre par une banque
centrale pour contrôler la quantité de monnaie en circulation et les taux d'intérêt afin d'atteindre
des objectifs économiques, tels que la stabilité des prix et le plein emploi (Friedman, M.1968).
~ 18 ~
Il soutient que la gestion de la masse monétaire est cruciale pour stabiliser
l’économie, influencer l’inflation et réguler le cycle économique. Friedman insiste sur
l’importance d’une politique monétaire prévisible et stable pour favoriser la croissance
économique (Friedman, M.& Schwartz,A.J, 1867-1960).
1.1.4 Répartition des richesses
Dans son ouvrage le capital au XXIe siècle, Thomas Piketty analyse la répartition
des richesses en mettant en lumière les inégalités croissantes dans les sociétés contemporaines.
Piketty soutient que la concentration de la richesse est souvent le résultat d'un retour sur capital
qui dépasse le taux de croissance économique.
Il définit la répartition des richesses comme l'allocation des ressources
économiques entre différents individus et groupes au sein d'une société, soulignant l'importance
des politiques fiscales et de redistribution pour atténuer les inégalités. Selon lui, une répartition
plus équitable des richesses est essentielle pour garantir la justice sociale et la stabilité
économique (Piketty, T. 2013).
Bien que John Rawls soit surtout connu pour sa théorie de la justice, ses idées ont
également influencé la manière dont nous comprenons la répartition des richesses. Dans son livre
Théorie de la justice (Rawls, 1971), Rawls propose le principe de différence, qui stipule que les
inégalités économiques sont justifiées uniquement si elles bénéficient aux membres les moins
avantagés de la société. Selon Rawls, la répartition des richesses doit être organisée de manière à
promouvoir l'égalité des opportunités et à minimiser les désavantages pour les plus vulnérables.
Il considère que la justice sociale exige une redistribution des ressources pour garantir un niveau
de vie décent à tous.
1.1.5 Epargne
Dans sa théorie économique, John Maynard Keynes définit l'épargne comme la
portion du revenu qui n'est pas consommée. Selon lui, l'épargne est le résultat d'une décision
volontaire des individus de ne pas dépenser tout leur revenu, ce qui peut être influencé par divers
facteurs tels que les attentes économiques, le niveau de confiance et les taux d'intérêt. Keynes
~ 19 ~
souligne que l'épargne joue un rôle crucial dans l'économie, car elle peut financer des
investissements et influencer le niveau de production et d'emploi (John Maynard Keynes, 1936).
Il est également connu pour sa critique de la "paradoxe de l'épargne", où une
augmentation de l'épargne collective peut entraîner une diminution de la demande globale et, par
conséquent, une contraction économique.
Un économiste et philosophe connu pour ses contributions au libéralisme
économique, définit l'épargne comme la partie du revenu qui est réservée pour une
consommation future plutôt que d'être dépensée immédiatement.
Hayek insiste sur le fait que l'épargne est essentielle pour le processus
économique, car elle permet d'accumuler du capital qui peut être investi dans des projets
productifs. Selon lui, une épargne accrue favorise la croissance économique à long terme en
permettant aux entreprises de financer des innovations et des expansions. Hayek met en avant
l'importance d'un environnement économique stable pour encourager l'épargne (Friedrich Hayek,
1941)
1.1.6 Investissement
Dans la théorie économique keynésienne, John Maynard Keynes définit
l'investissement comme la dépense en capital qui vise à accroître la capacité de production d'une
économie. Il souligne que l'investissement est influencé par les attentes des entrepreneurs
concernant les profits futurs et le niveau de demande dans l'économie (John,J.M 1936).
Selon Keynes, l'investissement est un moteur essentiel de la croissance
économique, car il crée des emplois, stimule la demande et contribue à l'augmentation du produit
national. Il met également en avant le rôle des taux d'intérêt et de la politique monétaire dans la
décision d'investir.
~ 20 ~
1.1.7 Pouvoir d’achat
Paul Samuelson, un économiste lauréat du prix Nobel, définit le pouvoir d'achat
comme la capacité d'un individu ou d'un ménage à acheter des biens et des services avec un
revenu donné. Selon lui, le pouvoir d'achat est influencé par plusieurs facteurs, tels que le niveau
des prix, le revenu nominal et les variations de l'inflation. Samuelson souligne que le pouvoir
d'achat est un indicateur clé du bien-être économique, car il reflète la capacité des
consommateurs à satisfaire leurs besoins et désirs (Samuelson, P.A., & Nordhaus, W.D, 2010).
Il insiste également sur l'importance d'analyser les variations du pouvoir d'achat au
fil du temps pour comprendre les tendances économiques.
Milton Friedman, un économiste influent et également lauréat du prix Nobel,
aborde le pouvoir d'achat à travers sa théorie de la consommation. Il définit le pouvoir d'achat
comme une fonction du revenu permanent, qui est la moyenne des revenus anticipés sur une
longue période, plutôt que simplement du revenu courant (Friedman, M, 1957).
Friedman soutient que les consommateurs prennent leurs décisions d'achat en
fonction de leur revenu permanent plutôt que de leur revenu instantané. Cette approche met en
lumière comment les attentes futures et les variations de revenus peuvent influencer le
comportement des consommateurs et, par conséquent, leur pouvoir d'achat.
1.1.8 Coût de la vie
Alfred Marshall, un économiste britannique influent, définit le coût de la vie
comme le montant nécessaire pour maintenir un certain niveau de vie dans une société donnée.
Selon lui, le coût de la vie englobe les dépenses liées aux besoins fondamentaux tels que le
logement, la nourriture, l'habillement et les services essentiels (Marshall.A, 1890).
Marshall souligne que ce coût peut varier en fonction de divers facteurs, tels que
la localisation géographique, les conditions économiques et l'évolution des prix. Il insiste sur
l'importance de comprendre le coût de la vie pour analyser les niveaux de bien-être et d'inégalité
dans une société.
~ 21 ~
John Stuart Mill, un autre économiste et philosophe influent, aborde le coût de la
vie en se concentrant sur son impact sur le bien-être individuel et collectif. Mill définit le coût de
la vie comme l'ensemble des dépenses qu'un individu ou une famille doit engager pour vivre
décemment et participer pleinement à la société (Mill, J.S, 1848).
Il met en avant le fait que le coût de la vie ne se limite pas seulement aux
dépenses monétaires, mais inclut également des aspects tels que le temps consacré à gagner un
revenu et les sacrifices que les individus doivent faire pour maintenir leur niveau de vie. Pour
Mill, comprendre le coût de la vie est essentiel pour évaluer les politiques économiques et leur
impact sur la qualité de vie des citoyens.
1.1.9 Taux d'intérêt
Irving Fisher, un économiste américain influent, définit le taux d'intérêt comme le
prix de l'argent, c'est-à-dire le coût que les emprunteurs paient pour utiliser des fonds empruntés,
exprimé en pourcentage du montant emprunté. Fisher souligne que le taux d'intérêt est déterminé
par l'offre et la demande de capitaux sur le marché financier (Fisher, I, 1930).
Il introduit également la distinction entre le taux d'intérêt nominal (celui qui est
observé sur les prêts) et le taux d'intérêt réel (qui prend en compte l'inflation). Selon Fisher, une
compréhension claire des taux d'intérêt est essentielle pour prendre des décisions éclairées en
matière d'investissement et de consommation.
John Maynard Keynes aborde le taux d'intérêt dans le contexte de sa théorie
économique keynésienne. Il définit le taux d'intérêt comme un facteur clé qui influence les
décisions d'investissement et la demande globale dans l'économie (Keynes, J.M, 1936).
Selon Keynes, le taux d'intérêt est déterminé par la préférence des individus pour
la liquidité (c'est-à-dire leur désir de détenir des actifs liquides plutôt que de les investir) et par
les attentes concernant les rendements futurs. Il soutient que des taux d'intérêt plus bas
encouragent l'emprunt et l'investissement, ce qui stimule la croissance économique, tandis que
des taux plus élevés peuvent freiner ces activités.
~ 22 ~
1.1.10 Salaire
Le célèbre économiste et philosophe, définit le salaire comme la rémunération que
reçoit un travailleur en échange de son travail. Dans sa théorie, Marx considère le salaire comme
une expression de la relation de classe entre les capitalistes (propriétaires des moyens de
production) et les travailleurs (prolétariat) (Marx, K, 1867).
Il soutient que le salaire est souvent inférieur à la valeur réelle que le travailleur
produit, ce qui conduit à l'exploitation. Pour Marx, comprendre le salaire est essentiel pour
analyser les dynamiques de pouvoir et d'inégalité dans le système capitaliste (Marx, K, 1884).
Adam Smith, souvent considéré comme le père de l'économie moderne, définit le
salaire comme la compensation monétaire versée aux travailleurs pour leur contribution au
processus de production (Smith, A, 1776).
Dans son ouvrage La richesse des nations, Smith souligne que les salaires sont
déterminés par plusieurs facteurs, notamment l’offre et la demande sur le marché du travail, les
compétences requises pour un emploi et les conditions économiques générales. Il met également
en avant l'importance des salaires pour inciter les individus à travailler et à produire, soulignant
ainsi leur rôle crucial dans la dynamique économique.
1.1.11 Revenu
John Stuart Mill, un économiste et philosophe britannique, définit le revenu
comme l'ensemble des ressources financières qu'un individu ou un ménage reçoit sur une période
donnée. Cela inclut les salaires, les profits, les rentes, et tout autre type de revenus générés par
des investissements ou des biens. Mill souligne l'importance du revenu pour déterminer le niveau
de vie et le bien-être économique d'un individu (Mill, J.S, 1848).
Il insiste également sur la nécessité d'une distribution équitable du revenu pour
favoriser la justice sociale et réduire les inégalités.
~ 23 ~
Paul Samuelson, un économiste américain et lauréat du prix Nobel, définit le
revenu comme la somme d'argent qu'une personne ou un ménage perçoit au cours d'une période
donnée, généralement sous forme de salaires, de revenus d'investissements ou de transferts
gouvernementaux (Samuelson, A, 1948).
Samuelson met en avant l'idée que le revenu est un facteur clé dans la
consommation et l'épargne des ménages, influençant ainsi la demande globale dans l'économie. Il
souligne aussi que le revenu doit être analysé en relation avec d'autres variables économiques
telles que l'inflation et le taux d'intérêt pour comprendre son impact sur l'économie (Samuelson,
A., & Nordhaus, W.D, 2010).
1.1.12 Déterminant
Pour les économistes, un déterminant est un variable ou un facteur qui influence
un phénomène économique particulier. Les déterminants sont des élements qui ont un impact
direct ou indirect sur un phénomène économique donné.
1.2. Présentation de la RDC
Ici, nous allons présenter notre champ d’investigation, qui est la République
Démocratique du Congo, ainsi que l’istitution chargée de la mise en œuvre de sa politique
monétaire : la Banque centrale du Congo.
La République démocratique du Congo (RDC), avec une superficie de
2 345 410 km², est le deuxième pays le plus vaste du continent africain après l’Algérie. Située en
Afrique centrale, elle est à cheval sur l’équateur et s’étend entre 6° de latitude nord et 14° de
latitude sud, ainsi qu’entre les 12e et 32e méridiens est. Elle partage ses frontières, d’une
longueur totale de 9 165 km, avec neuf pays :
Au nord : la République centrafricaine et le Soudan du Sud.
À l’est : l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie.
Au sud : la Zambie et l’Angola.
À l’ouest : la République du Congo.
~ 24 ~
La RDC se caractérise par une grande variété de reliefs. On distingue notamment
quatre types de relief :
La cuvette centrale, qui occupe 48 % de la superficie du territoire national et abrite la
forêt équatoriale.
La plaine côtière à l’ouest : Une zone relativement étroite bordant l’océan Atlantique.
Les plateaux au nord, au nord-est et au sud : Ces plateaux sont caractérisés par une
végétation de savanes arborées entrecoupées de galeries forestières.
Les massifs montagneux à l’est, au sud-est et à l’ouest : La RDC abrite de nombreux
sommets parmi les plus hauts d’Afrique. Parmi les plus importants, on trouve le pic
Marguerite (5 119 m) dans le Sud-Kivu, le Mikeno (4 437 m), le Nyiragongo (3 470 m) et
le Nyamulagira (3 050 m) dans le Nord-Kivu.
Ressources agricoles : Le pays possède d’immenses étendues de terres arables (80
millions d’hectares), mais seulement 12 millions sont actuellement cultivés. Le potentiel
agricole est donc considérable.
Ressources minières : La RDC est riche en ressources minières diversifiées et
abondantes, notamment : le diamant, l’or, la cassitérite, le chrome, le manganèse, le fer, le cobalt,
le cuivre et ses dérivés, le zinc, et le coltan.
Ressources énergétiques : Le potentiel énergétique de la RDC est important et
diversifié. On y trouve des ressources non renouvelables telles que le charbon, l’uranium, le gaz
naturel et le pétrole, ainsi que des ressources renouvelables comme le bois, l’énergie éolienne et
l’énergie géothermique. Les ressources en eau, naturelles et thermiques, constituent également
un atout majeur.
Hydrographie : Le réseau hydrographique est dense, avec le fleuve Congo
(4 700 km de long, deuxième fleuve mondial après l’Amazone, avec un débit de 41 000 m³/s à
l’embouchure du fleuve Congo, deuxième du monde après l’Amazomie. On dénombre en RDC,
15 Lacs d’une surperficie totale de 180.000 km2. Les potentialités hypdroélectriques sont
~ 25 ~
estimées à 106.000 MW dont 42% sont concentrées dans le seul site d’Inga situé dans la province
du Kongo-Central. Ce potentiel équivaut à 30 millions de tonnes de pétrole par an.
En outre, on y trouve d’énormes ressources en eau de surface et souterraine non
encore évaluées à travers toute l’étendue du territoire national. La RDC a une pluviométrie
représentant une moyenne de 1.000 mm par an. Cependant, elle est semi-enclavée avec moins de
100 km de littoral sur l’océan Atlantique. Pour contourner cet enclavement, le pays recourt aux
voies routières et ferroviaires donnant accès aux façades Ouest et Sud de l’Afrique.
La prédominance de transit est une conséquence de cet état d’enclavement du
pays. Elle dispose également de l’une des plus riches biodiversités au monde en raison
d’innomblables et les variables richesses fauniques et floristiques qui les composent sont
considérables. En effet, du point de vue de la faune, on observe 352 espèces de reptiles dont 33
sont endémiques ; 168 espèces d’amphibiens, 1086 espèces d’oiseaux dont 23 sont endémiques ;
421 espèces de mammifères dont 28 sont endémiques, et plus d’un millier d’espèces de poissons.
Quant à la flore, tous les embranchements confondus comptent près de 377 familles, 2 196
genres et 10 324 espèces. Son évolution est à la fois liée à l’ancienneté des terrains et à ses
origines.
[Link] Organisation politico-administrative
Aux termes de la Constitution de 2006, la République démocratique du Congo
(RDC) est un État unitaire fortement décentralisé. Elle est subdivisée en 26 provinces depuis
2015, y compris la ville de Kinshasa. Ces dernières disposent d’une large autonomie dans
certaines matières définies par la Constitution. Les provinces sont subdivisées en villes et en
territoires ; les villes en communes urbaines, et les territoires en communes rurales, secteurs et
chefferies. Les communes urbaines ou rurales sont divisées en quartiers. Les secteurs et les
chefferies sont subdivisés en groupements, et les groupements en villages.
En 2017, la RDC comptait 33 villes, 145 territoires, 137 communes urbaines, 174
communes rurales, 471 secteurs, 264 chefferies et 5 908 groupements. Au niveau central, la RDC
possède quatre institutions politiques :
~ 26 ~
Le président de la République ;
Le Parlement, composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le
Sénat ;
Le gouvernement central ;
Les cours et tribunaux.
Au niveau provincial, chaque province est dotée d’un gouvernement provincial et
d’une assemblée provinciale. S’agissant des tableaux sur l’organisation administrative des
provinces, il sied de noter :
Dans la colonne territoire/ville, tout ce qui ne coomence pas par ville, est
territoire ;
Dans la colonne de commune rirale, chefferie et secteur, tout ce qui ne
porte pas la mention commune rurale, urbaine et chefferie, est secteur.
[Link] Situation démographique
La RDC est un pays d’une grande diversité culturelle et linguistique. Elle
commpte plus de 10 millions d’habitants avec un taux de croissance démographique estimé à
3,3% en 2023. La densité est de 45 habitants au km2. Il faut cependant signaler que cette densité
moyenne masque d’énormes disparités entre provinces du faite que la majorité de la population
est concentrée sur un petit nombre de provinces situées principalement à l’Est et au Sud et au
Sud-ouest du pays. Les femmes répresentent 51% de la population.
Comme dans les autres pays d’Afrique, la population de la République
Démocratiqe du Congo est dans sa plus grande majorité jeune et se répartit comme suit: les
moins de 15 ans constituent 49% ; de 15 à 59 ans répresentent 49% et ceux de 60 ans et plus
répresentent 2% de la population. La population urbaine réprésente 40% de la poplation totale,
avec une forte concentration dans la capitale du pays, Kinshasa dont la population est estimée à
plus de 17 millons d’habitants. Ce qui fait de cette ville l’une des 25 plus grandes agglomerations
urbaines du monde.
~ 27 ~
[Link] Situation Économique
L’année 2002 était caractérisée par la reprise de la coopération multilatérale et
bilatérale, l’application des politiques économiques conjoncturelles restrictives et des réformes
structurelles de première génération (partenariat dans le secteur minier, guichet unique au Port de
MATADI, mise en place de la chaîne de la dépense, etc.
Comme conséquence : la maîtrise de l’hyperinflation ( (hausse du niveau général
des prix de 17% en moyenne annuelle, la relance de la croissance économique, la réduction de
chômage (passant de 84% à 40 % en moyenne) et la pauvreté de 80% à 63%.
A l’amorce de la période de 2002 à fin décembre 2019, et toutes choses restant
égales par ailleurs, la situation économique de la R.D.C est caractérisée par l’orthodoxie de la
politique économique et des performances imputables aux effets des réformes engagées qui ont
permis d’importants investissements dans les secteurs minier et autres qui porte la croissance.
Cette période constitue un tournant décisif pour l’économie congolaise, avec l’amélioration des
taux de croissance économique, atteignant un pic de 9,5% en 2014, associée à une baisse sensible
des volatilités des prix intérieurs et une relative amélioration de l’environnement des affaires.
Ladite croissance s’est ralentie à près de 2,5% du PIB en 2016, suite à la baisse sensible des
cours des matières premières occasionnant ainsi la réduction des revenus des entreprises
minières. Entre 2017 et 2019, ce taux de croissance est passé respectivement à 3,7% ; 5,8% et
4,6% occasionné par l’augmentation sur le marché international des cours de certaines matières
dont le cobalt.
Pendant la même période, l’inflation a été maintenue suite à une politique
monétaire voire budgétaire orthodoxe. En effet en l’absence des chocs extérieurs importants, le
cadre macroéconomique est demeuré stable. L’évolution du taux d’inflation se présente comme
suit :15,8% ;4,4% 21,3% ;18,2% ;27,6% ;53,4% ;9,8% ;2,7% ;1,1% ;0,5% ;0,8% ;26% ;53% ;7,2
% et 4,4%
Le marché de change était également caractérisé par une stabilité structurelle.
~ 28 ~
Il sied de souligner qu’à la suite de l’avènement de la crise sanitaire mondiale
causée par la pandémie de Covid-19, l’économie congolaise est affectée à l’instar d’autres pays
de la planète et des mesures conjoncturelles sont en train d’être prises progressivement pour
juguler les méfaits de ladite crise et permettre aux entreprises de se maintenir.
L'année 2019 a été marquée par un ralentissement de la croissance économique en
République Démocratique du Congo (RDC). Le taux de croissance a atteint 4,4 %, contre 5,8 %
en 2018. Ce ralentissement s'explique principalement par le manque de dynamisme dans le
secteur de l'extraction minière, qui a enregistré une croissance de seulement 0,98 % contre 16,9
% en 2018. Cette baisse est attribuable à la chute des cours des matières premières, notamment
le cobalt et le cuivre, sur les marchés internationaux. La baisse de production de ces deux
métaux a directement impacté la croissance économique du pays.
Concernant l'inflation, elle a diminué de 2,6 points, passant de 7,2 % en 2018 à 4,6
% à la fin de 2019. Ce taux reste cependant inférieur à l'objectif à moyen terme de 7 %.
Au niveau des finances publiques, l'année 2019 s'est soldée par un déficit nominal
de 592,51 milliards de CDF, contre 238,1 milliards de CDF en 2018. Ce déficit est dû à un écart
entre les recettes (7 019,2 milliards de CDF) et les dépenses (7 603,7 milliards de CDF), incluant
l'amortissement de la dette.
S'agissant du secteur extérieur, la balance commerciale a affiché un excédent
moins important qu'en 2018. Néanmoins, on observe une augmentation significative des réserves
de change et une relative stabilité du marché des changes.
Le marché des changes a connu une dépréciation annuelle du franc congolais
(CDF) de 2,23 % au taux indicatif et de 2,94 % au taux parallèle par rapport à l'USD en 2019. La
parité CDF/USD est passée de 1 635,6 à 1 673,0 au taux indicatif et de 1 675,0 à 1 725,6 entre fin
2018 et fin 2019. Pour ce qui est des réserves de changes, en 2019, l’accumulation des devises
s’est élevée à USD 156,1 millions, ramenant le niveau des réserves internationales à (USD 1
030,97 millions), couvrant à peine 4,2 semaines d'importations. Ceci représente une légère
augmentation par rapport à la fin 2018 (3,8 semaines), mais reste insuffisant. Le secteur
~ 29 ~
monétaire et du crédit montrait une tendance haussière, reflétée par l'augmentation de la masse
monétaire, de la base monétaire, et des dépôts bancaires..
Conclusion partielle
Dans ce chapritre nous avons définis quelques concepts clés en rapport avec notre
sujet d’étude, selon les differents auteurs économiques tout en abordant une approche
conceptuelle qui nous a permis de mettre en lumière les différentes définitions, en mettant
particulièrement l’accent sur le champ d’investigation qui est la RDC .
CHAPITRE 2
CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE
Dans ce chapitre, il est question de pésenter les théories explicatives de notre
phénomène étudié en faisant une approche théorique envue de mieux comprendre le sujet sous
étude.
2.1 Historique de l'inflation (Goux (1998)
Le phénomène de hausse de prix est ancien et universel, mais il a été net durant le
20e siècle dans les pays industrialisés.
Au 3e siècle, l'Empire romain occidental a connu une crise grave accompagnée
d'une forte hausse des prix des produits alimentaires. Cette situation a occasionné la mise en
place de la première politique désinflationniste par l'empereur Dioclétien en 301. Celui-ci, par
l'édit du prix maximum, décida de punir de la peine de mort quiconque augmenterait
abusivement les prix.
~ 30 ~
Au début du 16e siècle, apparaît en Espagne une hausse des prix qui se propagera
ensuite dans toute l'Europe. L'économiste de l'époque, Bodin, reliait cette hausse des prix à
l'afflux des métaux précieux en provenance du Nouveau Monde. Il proposait là une des premières
interprétations quantitativistes de la hausse des prix. La période de 17-18 e siècles a été
caractérisée par des fluctuations et des hausses des prix. L'épisode le plus remarquable est
évidemment celui de la révolution française. L'inflation enregistrée pendant cette période en
France a son origine dans l'émission des quantités excessives d'assignat, la monnaie de l'époque,
pour faire face aux dépenses de la révolution.
Au 20e siècle, on peut repérer deux périodes principales de hausse des prix, à la
fois proches et différentes entre elles: une première période va de la fin du siècle précédent
jusqu'à la crise de 1929, et une seconde correspond à ce qu'il est convenu d'appeler les Trente
Glorieuses, les années 50, 60 et 70. En effet, la période 1895-1920 est celle de la nouvelle
révolution industrielle s'appuyant sur de nouvelles sources d'énergie (l'électricité et le pétrole)
ainsi que les nouvelles matières premières, en particulier l'aluminium. Il s'agit de la naissance de
trois grandes branches industrielles qui vont marquer l'époque: l'industrie du matériel électrique,
l'industrie chimique et l'industrie automobile. D'une façon générale, il y a jusqu'à la fin des
années 20 un essor remarquable de la production industrielle reposant sur un développement de
l'investissement lourd, sur une intégration rapide du progrès téchnique dans l'appareil de
production et sur une hausse sensible des salaires nominaux. Cette augmentation de la production
s'accompagne d'une hausse des prix, la corrélation entre les fluctuations de l'activité économique
et les variations des prix apparaissant avec netteté.
D'après Niveau, on peut distinguer, dans l'après-guerre deux périodes : l'une qui va
du début des années 60, où l'inflation qui accompagne la croissance reste modérée, l'autre qui
démarre peu avant les années 70 et se termine avec le deuxième choc pétrolier (1979), où
l'inflation s'accélère alors que la croissance économique s'essouffle.
La première période de croissance et d'inflation rampante (1950-1970) est
essentiellement caractérisée par la permanence de l'expansion économique et l'apparition de
plusieurs crises inflationnistes que les gouvernements de l'époque ont tenté de contrôler avec les
~ 31 ~
moyens traditionnels que sont: le blocage des prix, le contrôle du crédit et la compression des
dépenses publiques. En France par exemple, on a relevé des taux d'inflation de 12, 5 %, 21, 6 %
et 10 % respectivement en 1950, 1951 et 1958.
La deuxième période est celle de l'accélération de l'inflation dans les années
70. Depuis 1972, on constate une accélération de l'inflation dans la plupart des pays industriels
occidentaux. La hausse des prix à la consommation est en moyenne de 4,2 % pour les neuf pays
de la CEE et de 3,9 % pour les pays de l'OCDE au cours de la période 1962-1972. En 1973, la
hausse des prix atteint 8,3 % pour les pays de la CEE et 7,9 % pour les pays de l'OCDE. En 1974,
ces deux pourcentages s'élèvent respectueusement à 12,6 % et 13,3 % mais les taux d'inflation
relatifs des USA et du Royaume-Uni se situent respectivement à 12, 2 % et 25 %. L'ouverture des
frontières et la généralisation du flottement des monnaies vont, à partir de cette décennie,
contribuer à une mondialisation et à une uniformisation des taux d'inflation parmi les grands pays
industrialisés. Mais cette tendance inflationniste sera renversée dans la plupart de ces pays vers le
milieu des années 1980. Des mesures budgétaires et des politiques monétaires audacieuses
engagées au début de la décennie, combinées à la baisse brutale du prix du pétrole et des matières
premières, ont permis de retrouver des taux annuels d'inflation de moins de 4 %.
Les statistiques récentes mettent en exergue une nette différence en matière
d'inflation entre les pays industrialisés et les pays en développement (PVD) ou en transition.
D'après le FMI (Fonds Monétaire International), en 1992, alors que le taux moyen d'inflation se
situait à 3,2 % dans les pays industrialisés, il s'élevait à 35,7 % pur les PVD et 681,2 % pour les
pays en transition. En 1996, ces chiffres sont redescendus respectivement à 1, 9 %, 13, 3 % et 41,
3 %.
2.2 Les différents types d'inflation (A. SILEM et al ; Lexique
d'économie,2004).
En tant que phénomène affectant la vie économique des nations, l'inflation a fait
l'objet de plusieurs classifications. Ainsi, parmi les types d'inflation, on peut distinguer les
suivants.
~ 32 ~
2.2.1 L'inflation rampante
C'est une inflation de quelques points de pourcentage par an et ne constitue pas
une menace grave pour le progrès économique et social. Elle peut même stimuler l'activité
économique. En effet, l'illusion d'une augmentation du revenu au-delà de la productivité réelle
encourage la consommation, et l'investissement dans l'immobilier s'accroît par l'anticipation
d'une future hausse des prix.
Dans l'activité commerciale, l'investissement en usines et en équipements
s'accélère car les prix montent plus vite que les coûts, et les particuliers, entreprises et organismes
publics emprunteurs prennent conscience que les prêts seront remboursés avec de l'argent porteur
de moins de pouvoir d'achat.
2.2.2 L'inflation chronique
C'est le modèle d'inflation le plus grave et est caractérisé par une hausse des prix
plus importante atteignant des taux annuels compris entre 10 % et 30 % dans certains pays
industrialisés et parfois même 100 % ou plus dans quelques pays du tiers-monde.
L'inflation chronique tend à devenir permanente et installe un cercle vicieux. Pour
s'adapter à l'inflation chronique, les activités économiques normales se dérèglent : les
consommateurs achètent des biens et des services pour éviter de payer des prix encore plus
élevés dans le futur ; la spéculation immobilière s'accroît ; les investissements commerciaux se
concentrent sur le court terme ; les incitations à épargner, ou à souscrire à une assurance, à un
plan de retraite ou à des obligations à long terme sont restreintes, car l'inflation réduit le pouvoir
d'achat à terme de ces produits financiers ; les gouvernements accroissent rapidement leurs
dépenses dans l'attente de revenus gonflés ; les nations exportatrices voient la compétitivité de
leur commerce compromise et sont contraintes de recourir au protectionnisme et à un contrôle
arbitraire de la monnaie.
~ 33 ~
2.2.3 L'hyperinflation
Dans sa forme extrême, la hausse chronique des prix devient de l'hyperinflation et
provoque la chute du système économique entier.
Par exemple, l'hyperinflation qui frappa l'Allemagne après la Première Guerre
mondiale eut pour effet de multiplier le volume de la monnaie en circulation par plus de
7 millions et les prix par 10 millions sur les seize mois qui précédèrent novembre 1923. D'autres
exemples d'hyperinflation se produisirent aux États-Unis et en France à la fin du XVIIIe siècle,
en URSS et en après la Première Guerre mondiale, en Hongrie, en Chine et en Grèce après la
Seconde Autriche Guerre mondiale, et dans quelques pays du tiers-monde au cours de ces
dernières années. Au cours d'une période d'hyperinflation, la monnaie et le crédit s'accroissent à
un rythme exponentiel, détruisant tous les liens existant entre valeur réelle et valeur nominale et
rendant nécessaires des systèmes complexes de troc.
Les gouvernements recourent à la planche à billets pour financer l'augmentation
des programmes de dépenses, et ces financements inflationnistes des déficits budgétaires
détruisent la stabilité économique, sociale et politique.
2.2.4 L'adultération de la monnaie
A l'époque du bimétallisme ou de l'étalon or, une forme importante d'inflation
était, l'adultération de la monnaie qui consistait pour un souverain à réduire la quantité de métal
précieux contenue dans les pièces de monnaie.
Si cette opération assurait des profits à court terme à l'État, qui pouvait frapper
plus de monnaie pour la même quantité de métal précieux, elle faisait monter les prix à long
terme, en raison de la loi de Gresham, qui veut que la « mauvaise monnaie chasse la bonne ».
Ces adultérations servaient souvent à financer l'effort de guerre, ce qui explique en partie la
corrélation qui existe entre l'inflation et les soulèvements politiques.
En Europe, l'afflux d'argent venu du Nouveau Monde à partir du XVIe siècle
aurait également contribué à la croissance progressive de l'inflation à partir de cette époque, la
~ 34 ~
valeur du métal précieux tendant à diminuer. Les gouvernements actuels procèdent à de telles
adultérations lorsqu'ils impriment plus de monnaie ou en modifient la valeur par un autre moyen.
2.2.5 L'inflation légère
C'est celle qui se caractérise par une hausse de prix de l'ordre de 20 à 30% qui se
situe dans une période de 15 ans. (11 E. POLEPOLE O., Le vécu du phénomène de dollarisation
dans le territoire anciennement sous contrôle du RCD, Mémoire inédit, FAGA ULPGL, juin
2004, p .17)
2.2.6 L'inflation ouverte ou déclarée
On en parle lorsque le taux de croissance de prix est supérieur à 5% sans
outrepasser 10% par an. Elle est plus dangereuse que la précédente. (11 E. POLEPOLE O., Le
vécu du phénomène de dollarisation dans le territoire anciennement sous contrôle du RCD,
Mémoire inédit, FAGA ULPGL, juin 2004, p .17).
2.3 Causes théoriques et traditionnelles de l'inflation contemporaine
Définie comme une hausse du niveau général des prix, l'inflation est un
phénomène apprécié très subjectivement par des économistes voire le grand public. Les
explications de l'inflation les plus répandues sont en termes de déséquilibres réels ou monétaires
de l'économie et de l'évolution des structures économiques ou socioculturelles.
2.3.1 Inflation comme déséquilibre réel
Les explications de l'inflation relatives au déséquilibre réel de l'économie peuvent
être regroupées en deux grandes catégories : celles qui voient l'origine de l'inflation dans
la demande et celles qui soutiennent qu'elle est le fait des coûts de production, donc de l'offre.
[Link] L'inflation par la demande
D'après Goux, on parle de l'inflation par la demande lorsque, globalement, la
demande de produits excède durablement l'offre sur les marchés. L'excès de demande peut avoir
plusieurs origines : accroissement des dépenses publiques avec déficit budgétaire ; accroissement
~ 35 ~
des dépenses de consommation des ménages dû à une hausse des salaires ou au développement
excessif du crédit ; accroissement des dépenses d'investissement des entreprises financés par le
crédit bancaire sans épargne préalable ; accroissement des revenus provenant d'un excédent de la
balance des paiements. Quant à l'insuffisance de l'offre, elle peut résulter de différents facteurs :
plein emploi ; absence de capitaux ; insuffisance des stocks ou inélasticité de la production ;
pénuries ; blocage des importations. Face à cette situation, une hausse des prix est inévitable pour
rétablir l'équilibre sur le marché des biens et services.
[Link] L'inflation par les coûts
Selon les tenants de cette théorie, la hausse des prix serait provoquée par des
hausses excessives des coûts de production. Les coûts les plus souvent mis en cause sont le prix
des matières premières, les charges financières et fiscales, les salaires et charges sociales. Cette
approche explique le fait que, dans certains cas, l'inflation perdure même en situation de
demande défaillante, de récession ou de sous-utilisation des capacités de production. D'après
cette théorie, les salaires et les charges sociales sont responsables à partir de la différence entre
leur augmentation et celle de la productivité. L'impact sur l'inflation dépend de leur part dans les
charges de l'entreprise et est fonction de l'excédent de leur hausse sur celle de la productivité.
Quant aux coûts des matières premières, plus particulièrement ceux des produits pétroliers, ils
agissent dans le processus inflationniste par deux effets :
Un effet mécanique qui débute par la hausse immédiate des prix intérieurs des
hydrocarbures et la propagation de ce choc s'étend à toute l'économie ;
Un second effet sur les prix provenant de la réaction de certains agents qui
cherchent à se prémunir contre ces chocs (les producteurs effectuent une augmentation des prix
supérieure à celle de l'effet mécanique).
2.3.2 L'inflation de croissance
Plus généralement, en période de croissance économique, la demande de biens de
consommation et de biens d'investissement est forte, les salaires et la plupart des coûts sont
élevés, et le chômage est faible ; on risque donc de connaître une situation de « surchauffe
~ 36 ~
économique » et de tensions inflationnistes. La théorie keynésienne, qui explique les prix par les
coûts salariaux, considère que les prix sont stables ou orientés à la baisse en période de sous-
emploi, mais qu'il existe des tensions inflationnistes à proximité du plein emploi. Le risque
d'inflation n'existerait qu'en situation de plein emploi, se serait une conséquence de la
« surchauffe économique ». L'explication keynésienne consiste finalement à considérer que
l'inflation est un résultat plus moins inéluctable de la croissance économique et des hausses des
salaires qu'elle engendre.
2.3.3 L'influence des structures économiques
Les structures économiques ont d'une manière ou d'une autre une certaine
influence sur l'inflation et cela peut s'expliquer de la manière suivante.
D'après de nombreux auteurs, l'inflation est due au pouvoir de fixer les prix dont
disposent les structures oligopolistiques dans certains pays. Pour les entreprises oligopoles, le
prix n'est plus déterminé par la loi du marché mais une variable fixée par elles-mêmes en
fonction de leurs propres critères.
Les banques sont aussi indexées comme facteurs influents de la hausse des prix
par les monétaristes qui voient en la monnaie la cause essentielle, sinon unique, de l'inflation.
Pour ces auteurs, les banques contribuent au processus de l'inflation par le flux du pouvoir
d'achat supplémentaire qu'elles injectent dans l'économie à travers les crédits accordés aux agents
économiques.
La troisième explication est donnée par le rôle de l'environnement international
dans le processus inflationniste. La hausse du coût des produits importés peut s'analyser comme
une inflation par les coûts. La hausse brutale du prix de pétrole en 1973 en est un exemple. Tout
excès de demande extérieure peut également être analysé comme une inflation par la demande
telle que nous l'avons présentée précédemment.
La quatrième explication est donnée par l'influence des structures industrielles de
production sur l'inflation. En effet, lorsque l'appareil de production est obsolète ou inadapté, il est
~ 37 ~
dans l'incapacité de répondre rapidement à la demande ; la seule réponse possible est la hausse
des prix. Il s'agit là d'une inflation par l'insuffisance de l'offre face à la demande.
2.3.4 L'influence des structures socioculturelles
Cette théorie est soutenue par le psychologue Katona (Cité par Goux (1998)
d'après qui, les causes premières de l'inflation sont d'ordre psychologique en raison du rôle
prépondérant des anticipations. Pour lui, les individus sont convaincus que le processus est
cumulatif et sans fin (phénomène de spirale). Les prévisions sont auto réalisantes : les
anticipations créent les conditions de leur réalisation et renforcent la croyance dans la poursuite
de l'inflation. Les contagions mimétiques y participent également.
2.3.5 L'influence des structures institutionnelles
D'après la théorie régulationniste, les institutions économiques et politiques d'un
pays peuvent également être considérées comme facteurs influents de la hausse des prix à travers
ce qu'elle appelle le mode de régulation. De la multitude des régulations praticables a priori, dans
le cas d'une économie capitaliste, deux sont privilégiées : la régulation concurrentielle et la
régulation monopolistique. Mais l'inflation actuelle s'explique uniquement en référence à ce
deuxième type de régulation. En effet, dans la régulation monopolistique ou administrée,
apparaissent des nouvelles formes institutionnelles: concentration financière, structure
oligopolistique de l'économie, conventions collectives. D'une manière ou d'une autre, ces
nouvelles structures institutionnelles entraînent des procédures particulières de formation des
prix et de salaires : prix rigides, salaires nominaux déterminées par des conventions collectives,
prix du monopole, impliquant un relâchement de la contrainte monétaire avec le développement
du crédit.
2.4 Approche Keynésienne face à la demande de monnaie (P. KISONIA 2007
M., Op. cit. , pp.22-23)
Keynes prend en compte les deux fonctions «d’intermédiaire des échanges » et de
« réserve de valeur » de la monnaie, il les juxtapose en distinguant trois motifs de détention de la
monnaie :
~ 38 ~
Le motif de transaction : Keynes élargit cette notion en distinguant les encaisses
de transactions celles qui sont liées à la structure du système financier, aux dépenses courantes, à
la fréquence, la régularité des recettes et leur coordination avec les paiements à effectuer.
Le motif de précaution : les encaisses de précaution sont liées au besoin de
disposer d'encaisses supplémentaires pour faire face à des dépenses imprévues.
La demande de monnaie pour les transactions (courantes ou imprévues) est
fonction essentiellement du revenu courant des agents économiques.
Le motif de spéculation : Pour Keynes, les agents économiques conservent aussi
des encaisses pour pouvoir acheter ou vendre des obligations en fonction des gains ou pertes en
capital anticipés, selon l'évolution prévue du taux d'intérêt. Contrairement à la monnaie, dont la
valeur en capital ne varie pas, le cours des obligations sur le marché secondaire varie en effet
avec le niveau des taux d'intérêt. En fonction de l'évolution des taux d'intérêts courants et de celle
qu'ils anticipent, les agents économiques vont donc conserver des obligations plutôt que de la
monnaie ou l'inverse. Et pour pouvoir effectuer cet arbitrage, ils conservent des encaisses
monétaires au-delà de ce que les seuls motifs de transaction et de précaution exigeraient.
Dans ce schéma, la monnaie n'est plus neutre : il existe une interaction entre la
demande de monnaie et l'activité économique puisque pour Keynes, le taux d'intérêt joue un rôle
central dans la décision d'investissement et, par ce canal, sur le niveau de l'activité. Cette
approche a donné lieu à deux extensions. Baumol a montré que même en se limitant au motif de
transaction, il était possible de faire apparaître une influence du taux d'intérêt sur la demande de
monnaie, dès lors que l'on prenait en compte les coûts de transaction.
Et Tobin a montré que si l'on intégrait l'incertitude, la prise en compte du motif de
spéculation devenait compatible avec l'extension au long terme du modèle keynésien de demande
de monnaie.
~ 39 ~
2.5 Inflation comme déséquilibre monétaire
Cette approche de l'inflation en termes de déséquilibre monétaire est celle des
monétaristes dont un des principes généraux est ; l'inflation a essentiellement pour origine un
taux d'expansion monétaire trop élevé par rapport au taux de croissance réel de l'économie. Elle
repose sur les hypothèses suivantes :
L'offre de monnaie est exogène (déterminée par les autorités monétaires) ;
La demande de monnaie est stable ;
L’inflation est « partout et toujours un phénomène monétaire » dû à l'augmentation trop
rapide de la masse monétaire (moyens de paiement mis en circulation) ;
Les agents font des anticipations adaptatives qui diminuent à long terme l'effet des
politiques conjoncturelles ;
Il existe un taux de chômage naturel en dessous duquel l'économie ne peut pas
descendre sans déclencher l'inflation.
Ces hypothèses sont à la base des différentes formulations de la théorie
quantitative de la monnaie données par Fisher (1911) (Encyclopédie Wikipédia) et les
économistes dits de l'école de Cambridge.
- Équation de Fisher
MV = PQ.
Selon cette équation, M représente la masse monétaire, V est la vitesse de
circulation de monnaie ou le nombre moyen d'utilisations de chaque unité monétaire pour
effectuer une quantité d'échanges donnée ; P le niveau général des prix et Q le volume de la
production. D'après Fisher, V et Q sont constants alors toute hausse de M ne peut s'équilibrer que
par une hausse de P.
- Equation de l'école de Cambridge
~ 40 ~
C'est Alfred Marshall de l'école de Cambridge qui, en 1923, a transformé la simple
écriture comptable de Fisher en une fonction de demande de monnaie de la forme suivante :
M = k PY
Dans cette équation, P représente le niveau général des prix, M est l'encaisse
monétaire nominale, autrement dit, la trésorerie que les individus souhaitent détenir (c'est
pourquoi on parle de demande), Y représente le revenu réel et le coefficient k traduit la
préférence pour la liquidité des agents économiques. Cette équation fait du niveau général des
prix, la résultante, pour une certaine production, de l'offre de monnaie et d'une demande de
monnaie représentée par le coefficient k.
- Le modèle de Milton Friedman
Friedman pour qui, la monnaie doit avoir une place importante dans l'explication
des phénomènes économiques, a proposé un modèle qui considère que la réallocation du
portefeuille des individus ne va plus se faire simplement entre la dépense de biens et services et
la monnaie, mais entre de nombreux actifs, financiers ou non.
D'après ce modèle, une hausse brutale de la quantité de monnaie va rendre
excédentaires les encaisses monétaires et par conséquent, les individus vont modifier la
composition de leur portefeuille financier. Ils vont par exemple acheter des titres, ce qui
entraînera sans doute l'augmentation des prix et inciter d'autres agents économiques à vendre
davantage. Ainsi, de proche en proche, de nombreux agents économiques seront concernés. Les
actifs financiers devenant plus chers que les actifs non financiers (immobiliers, par exemple), ces
derniers seront alors recherchés et leurs prix vont croître. Le marché des biens et services est
touché en dernier lieu. La stimulation monétaire se transmet donc au domaine non monétaire
(immobilier, puis biens et services) par l'intermédiaire du marché financier. L'inflation n'apparaît
vraiment et n'est reconnue en tant que telle qu'à ce moment là.
Cette théorie a fait l'objet de plusieurs critiques portant essentiellement sur ses
hypothèses de base. Nombreuses sont les études empiriques qui remettent en cause le caractère
~ 41 ~
absolu de la démonstration de Friedman. D'après certains économistes, en observant la réalité, le
caractère autonome de l'offre ainsi que la stabilité de la demande de monnaie sont des
raisonnements très théoriques. On peut mentionner, par exemple, le fait qu'il n'est pas toujours
facile d'expliquer comment la vitesse de circulation de la monnaie tend à varier et aussi, le fait
que le stock de monnaie n'est pas toujours contrôlé par la banque centrale (en particulier dans une
économie ouverte avec un taux de change fixe, les taux d'intérêts doivent s'établir à un niveau tel
que la parité fixe de la monnaie est maintenue).
2.6 Mesure de l'inflation
L'inflation est un phénomène quantifiable dont le taux est évalué comme la
variation du niveau général des prix d'une période t-1 à une période t. Le plus souvent, on la
mesure à l'aide de la variation de deux instruments suivants : le déflateur du PIB et l'indice des
prix à la consommation (IPC).
2.6.1 Le déflateur du PIB
Le déflateur du PIB est défini comme le rapport du PIB nominal au PIB réel. Il
mesure les prix de tous les biens et services produits dans l'économie. En effet, le déflateur du
PIB ne tient compte que des prix des biens et services produits sur le territoire national en tenant
compte d'un panier de biens et services évolutifs. En d'autres termes, il tient compte d'un panier
de biens et de services qui évolue au gré de la composition du PIB. Cependant, le déflateur du
PIB n'est pas le meilleur instrument de mesure de l'inflation car, en fonction du volume et de
l'évolution des prix des importations, il mésestime l'inflation. Toutefois, il faut noter que d'après
les utilisateurs, le biais observé dans l'usage de cet instrument est habituellement faible.
2.6.2 L'indice des prix à la consommation (IPC)
L'IPC est un indice synthétique qui décrit l'évolution des prix d'un panier de biens
et services entre deux périodes. Le calcul de cet indice nécessite une période de base déterminée
en effectuant des observations sur l'évolution des prix des biens et services pendant une période
relativement longue et l'estimation des coefficients budgétaires qui rentrent dans le calcul de cet
indice. L'IPC est l'instrument le plus utilisé pour mesurer l'inflation malgré le fait qu'il reste
~ 42 ~
limité. En effet, dans la pratique, ne sont pris en compte dans la mesure des variations des prix
que des biens de consommation et services achetés par les ménages. Ainsi, les prix des biens
d'équipement tels que logement et services consommés par les entreprises ou les pouvoirs publics
ne sont pas pris en compte dans le calcul de l'IPC.
La différence entre l'IPC et le déflateur du PIB réside dans le fait que :
le déflateur du PIB prend en compte les prix de tous les biens et services produits dans
l'économie, alors que l'IPC mesure uniquement les prix des biens et services achetés par
les consommateurs ;
le déflateur du PIB tient compte exclusivement du prix des biens et services produits sur
le territoire national tandis que l'IPC ne fait aucune exception quant à la provenance des
produits entrant dans son calcul ;
l'IPC attribue des poids fixes aux prix des différents biens et services (indice de
Laspeyres) alors que le déflateur du PIB utilise des pondérations évolutives.
La préférence de l'IPC dans de nombreuses études se justifie par le fait qu'il est
suivi régulièrement car calculé mensuellement. Il est donc facilement disponible. Par contre le
déflateur n'est souvent disponible qu'après des mois, voire une ou des années de retard, a cause
des délais de production des comptes nationaux. En ce qui concerne l'étude de l'inflation au
Congo, nous retiendrons l'IPC comme outil de mesure de l'inflation.
2.6.3 Théorie sur l’inflation
L'inflation a été le grand fléau des économies occidentales depuis la fin des Trente
Glorieuses et la crise de 1973. Accompagnée de la hausse du chômage, ce qui était considéré
comme théoriquement impossible, elle a accouché d'un monstre appelé la stagflation (stagnation
+ inflation). La comprendre et la combattre a été la priorité des gouvernements occidentaux.
Après beaucoup d'hésitations, c'est l'analyse de Milton Friedman qui s'est imposée.
~ 43 ~
[Link] Les approches traditionnelles
Généralement, les économistes ont eu tendance à expliquer l'inflation de trois manières :
par l'offre, par la demande et par les structures.
a) Par l'offre
Dans un monde traumatisé par le choc pétrolier, le premier réflexe des économistes a été
d'attribuer l'inflation à la hausse des coûts de production. Le pétrole d'abord, puis les matières
premières, enfin les salaires. Bien qu'importante, la hausse du prix du pétrole n'expliquait que
très partiellement les taux d'inflation qui atteignaient 15 % dans les pays développés, voire plus
(en Angleterre et en Italie).
b) Par la demande
L'autre source de l'inflation invoquée a été la demande. Elle était d'ailleurs prévue et
acceptée par les keynésiens qui voyaient dans la hausse des salaires et des dépenses publiques
une manière de dynamiser l'économie. Dans le dilemme de la courbe de Phillips, l'inflation était
préférable au chômage.
c) Par les structures
L'inflation étant devenue endémique, on a essayé d'expliquer l'inflation par les structures
: monopoles et oligopoles fixant des prix élevés en dehors de tout contrôle, syndicats puissants
transformant en hausse des salaires leurs revendications et patronat récupérant à coups de hausse
de prix les hausses des salaires.
La dimension psychologique est aussi prise en compte : les agents intègrent l'inflation
dans leurs comportements et la rendent endémique.
[Link] La leçon de Friedman : l'alcoolisme et le NAIRU
Face à cette pléthore de théories, Milton Friedman va mettre tout le monde
d'accord en affirmant de manière péremptoire que « l'inflation est partout et toujours un
~ 44 ~
phénomène monétaire ». C'est le rappel de la bonne vieille loi de la théorie quantitative de la
monnaie : si les prix augmentent, c'est parce que la masse monétaire augmente. Cette
augmentation est de la responsabilité exclusive des banques centrales et des gouvernements.
Limiter la création monétaire devrait être leur seul souci, car l'inflation est le fléau
économique fondamental qui entraîne tous les autres. Friedman compare alors l'inflation à
l'alcoolisme : à petites doses, elle stimule, elle fait du bien, mais on s'habitue et les doses
augmentent jusqu'à provoquer l'hébétude et la cirrhose. Les gouvernements sont accusés d'avoir
cru pouvoir combattre le chômage en acceptant l'inflation.
En réalité, ils ont créé plus d'inflation et plus de chômage. Friedman critique
sévèrement la courbe de Phillips : elle ignore qu'il existe le NAIRU (Non-accelerating inflation
rate of unemployment), c'est-à-dire le taux de chômage qui n'accélère pas l'inflation. Ce taux de
chômage, de l'ordre de 5 %, est incompressible ; on ne peut pas le faire baisser : c'est le taux de
chômage naturel. Les gouvernements l'ont ignoré et ont essayé de faire baisser ce taux pour le
ramener aux niveaux des Trente Glorieuses, qui étaient bien inférieurs.
En 1969, le nombre de chômeurs en France était, tenez-vous bien, de 200 000
personnes ! Ce que l'on a pris pour une situation normale était en réalité une situation
exceptionnelle. En luttant contre le chômage à coups de politiques de relance, d'allocations et de
hausses des salaires, les gouvernements, au lieu de soigner le mal, l'ont aggravé. La leçon de
Friedman a été retenue. Depuis les années 1980, la lutte contre l'inflation par des politiques de
rigueur monétaire et budgétaire est devenue la règle.
On ne l'a mise entre parenthèses qu'après la crise des subprimes, lorsqu'un autre
monstre a montré le bout de son nez : la déflation.
[Link] L'inflation est partout et toujours un phénomène monétaire
C'est sur la base de cette analyse que Friedman a pu affirmer que l'inflation est
partout et toujours un phénomène monétaire. Une phrase bien connue des étudiants en économie.
Elle balaie d'un revers de la main plusieurs décennies de théorie et de pratiques keynésiennes,
~ 45 ~
notamment les politiques de relance par les déficits budgétaires et par une création monétaire
hors contrôle. Friedman s'est toujours battu pour l'abandon des politiques monétaires volontaires,
même lorsque celles-ci semblaient aller dans le sens de ses recommandations.
Partisan de règles strictes pour la création monétaire, il a même proposé d'inscrire
dans la Constitution un taux de croissance fixe pour la masse monétaire, correspondant au taux
de croissance moyen de la production sur le long terme. Bien entendu, les taux d'intérêt seraient
fixés par l'inévitable loi de l'offre et de la demande.
En cas de croissance faible, l'offre de monnaie serait excédentaire, provoquant la
baisse des taux d'intérêt et une reprise de la croissance. Si la croissance augmente de manière
excessive, l'offre de monnaie sera trop faible et les taux d'intérêt augmenteront, provoquant une
stabilisation de la croissance.
Encore une manière de réaffirmer le vieux dogme : les politiques de pilotage de
l'économie sont inutiles. Le marché peut tout réguler.
Conclusion parcielle
Dans ce chapitre, nous avons fait un tour des différentes théories explicatives de
l’inflation, envue d’avoir une idée plus precise des différentes variables qui expliquent
l’inflation. Par ailleurs, il a été demontré par le monétariste Fisher que l’inflation est toujours et
partour un phénomène monétaire.
~ 46 ~
CHAPITRE 3
LES DETERMINANTS DE L’INFLATION EN RDC
L’objectif de cette étude est de comprendre les déterminants de l’inflation en
RDC, voilà pourquoi dans ce chapitre nous commençons par présenter les données d’étude, les
analyser et les traiter puis procéder à l’interprétation des résultats.
3.1 Présentation des données
Pour bien verifier les hypotheses à la base de la présente étude, quelques
indicateurs économiques sont mis en exergue (le taux directeur, le taux de la croissance
économique, le taux de change et la masse monétaire). Nous avons utulisé les données annuelles
plubliées dans les rapports annuels de la Banque centrale du Congo, de 2000-2023.
3.1.1 Le taux d’inflation
Milton Friedman, un économiste influent du XXe siècle, a défini le taux d'inflation
de manière étroite avec la croissance de la masse monétaire. Selon lui, l'inflation est
généralement causée par une augmentation de la quantité de monnaie en circulation dans une
économie. Il a exprimé que "l'inflation est toujours et partout un phénomène monétaire",
~ 47 ~
soulignant que si la croissance de la masse monétaire dépasse celle de la production des biens et
services, cela entraîne une hausse des prix.
En ce qui concerne la Parité de Pouvoir d'Achat (PPA), Friedman a contribué à
populariser cette théorie qui stipule que les taux de change entre les devises devraient s'ajuster
pour refléter les niveaux des prix dans différents pays. En d'autres termes, dans le long terme, le
taux de change entre deux monnaies devrait s'aligner sur le rapport des prix des biens et services
dans ces deux pays. Cela signifie qu'une unité de monnaie devrait avoir le même pouvoir d'achat,
quelle que soit la devise.
Les marchés financiers réagissent aux prévisions d’inflation. Si les investisseurs
anticipent une hausse d’inflation, ils peuvent vendre la monnaie d’un pays, entrainant une
dépréciation de celle-ci (Mankiw [Link], 2016).
Dans le tableau ci-dessous, nous allons visualiser le comportement du taux
d’inflation en RDC sur la période étudiée.
ANNEES TAUX D’INFLATION Tableau N°01: Evolution du taux
2000 5,11200 2012 0,02720 d’inflation en RDC de 2000-2023 en
%
2001 1,35100 2013 0,01070
2002 0,15800 2014 0,01010
2003 0,04400 2015 0,00815
2004 0,09200 2016 0,23600
2005 0,21500 2017 0,46820
2006 0,18200 2018 0,07730
2007 0,09900 2019 0,04600
2008 0,27600 2020 0,15700
2009 0,53400 2021 0,05300
2010 0,09800 2022 0,13100
2011 0,10350 2023 0,17867
~ 48 ~
Source: Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo
Graphique N°01: Evolution du taux d’inflation
Taux d'inflation
6
0
1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025
Source: nous-même à partir du tableau N°01
Le tableau présente les taux d'inflation de 2000 à 2023, Voici une analyse des données:
~ 49 ~
Les taux d'inflation varient considérablement au fil des ans, avec des pics notables. Par
exemple, le taux d'inflation le plus élevé est enregistré en 2009 avec 0,53400, tandis que
les taux les plus bas sont observés en 2012 (0,02720) et 2013 (0,01070).
On remarque une tendance à la baisse des taux d'inflation dans les années 2012 à 2015,
suivie d'une légère augmentation dans les années suivantes.
Les fluctuations importantes en 2008 et 2009 pourraient être liées à des événements
économiques ou politiques majeurs qui ont affecté l'économie.
Après 2015, les taux semblent se stabiliser autour de valeurs relativement faibles,
indiquant possiblement une période de contrôle de l'inflation.
Pour l'année 2023, le taux d'inflation est estimé à 0,17867, ce qui suggère que l'inflation
pourrait rester sous contrôle par rapport aux périodes précédentes.
3.1.2 TAUX DIRECTEUR
Le taux directeur est le taux d'intérêt fixé par une banque centrale pour les prêts
qu'elle accorde aux banques commerciales. Ce taux sert de référence pour les autres taux d'intérêt
dans l'économie, influençant ainsi le coût du crédit et, par conséquent, la consommation et
l'investissement. En ajustant le taux directeur, la banque centrale peut tenter de contrôler
l'inflation et stabiliser l'économie.
Selon Paul Krugman, un économiste lauréat du prix Nobel, le taux directeur est
essentiel pour la politique monétaire. Il définit le taux directeur comme suit :
"Le taux d'intérêt que la banque centrale fixe pour les prêts à court terme aux banques
commerciales. Ce taux influence les taux d'intérêt sur les prêts aux consommateurs et aux
entreprises, affectant ainsi l'activité économique globale (Krugman, P & Wells.R, 2018)."
Tableau N°02: Evolution du taux dicteur en RDC de 2000-2023 (USD/CDF)
~ 50 ~
ANNEES TAUX DIRECTEUR
2000 120 2012 3,00
2001 140 2013 3,00
2002 140 2014 2,50
2003 20,00 2015 2,50
2004 8,00 2016 2,25
2005 65,00 2017 2,25
2006 35,00 2018 2,25
2007 22,50 2019 2,25
2008 40,00 2020 2,25
2009 55,00 2021 1,50
2010 3,25 2022 8,25
2011 3,25 2023 25
Source: Rapport annuel de la Banque Centrale du Congo
Graphique N°02: évolution du taux directeur
~ 51 ~
Taux directeur
160
140
120
100
80
60
40
20
0
1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025
Source: nous-même à partir du tableau N°02
Le tableau présente l'évolution du taux directeur en République Démocratique du Congo (RDC)
de 2000 à 2023, exprimé en USD/CDF.
Le taux directeur a connu des fluctuations significatives au cours des deux dernières
décennies, avec des valeurs variant entre 1,50 et 120.
Une tendance à la baisse est observable à partir de 2000 jusqu'à 2004, où le taux a chuté à
8,00.
Entre 2013 et 2019, le taux directeur est resté relativement stable autour de 2,25, ce qui
pourrait indiquer une période de stabilité économique ou monétaire.
En 2020, le taux a été maintenu à 2,25 avant une forte augmentation en 2022 à 8,25, puis
une nouvelle hausse significative en 2023 à 25. Cela pourrait refléter une réaction aux
pressions inflationnistes ou à des besoins de politique monétaire plus stricts.
Les années précédant la période de stabilité (2013-2019) montrent des taux beaucoup plus
élevés, notamment un pic à 120 en 2000 et d'autres valeurs élevées dans les années
suivantes (65,00 en 2005 par exemple).
~ 52 ~
3.1.3 TAUX DE CROISSANCE ECONOMIQUE
La croissance économique est un concept fondamental en économie qui désigne
l'augmentation soutenue de la production de biens et services dans une économie sur une période
donnée. Elle est généralement mesurée par l'évolution du Produit Intérieur Brut (PIB) réel, qui
est le PIB ajusté de l'inflation. Une croissance économique positive signifie que l'économie
produit plus, ce qui peut se traduire par une amélioration du niveau de vie, une baisse du
chômage et une augmentation des revenus.
Pour définir la croissance économique, je peux me référer à l'économiste Robert J.
Barro, un spécialiste reconnu de la croissance économique et de la macroéconomie.
Selon Robert J. Barro, la croissance économique peut être définie comme suit:
"La croissance économique est l'augmentation du produit par habitant au fil du temps. Elle est le
résultat de l'accumulation de capital physique et humain, de l'amélioration de la technologie et de
l'efficacité de l'organisation économique (Barro, R. J, 1997)."
Cette définition met en lumière les principaux moteurs de la croissance économique:
l'investissement dans le capital (usines, machines, infrastructures), l'amélioration des
compétences et de l'éducation de la main-d'œuvre (capital humain), les innovations
technologiques et une meilleure allocation des ressources.
~ 53 ~
Tableau N°03: Evolution de la croissance économique en RDC de 2000-2023 (USD/CDF)
ANNEES TAUX DE CROISSANCE
ECONOMIQUE
2000 -6,911 2012 7,087
2001 -2,948 2013 8,482
2002 2,948 2014 9,470
2003 5,578 2015 6,916
2004 6,738 2016 2,399
2005 6,135 2017 3,727
2006 5,321 2018 5,821
2007 6,259 2019 4,385
2008 6,226 2020 1,735
2009 2,855 2021 6,200
2010 7,108 2022 8,924
2011 6,875 2023 8,561
Source: rapport annuel de la banque centrale du Congo
~ 54 ~
Graphique N°03: Evolution du taux de croissance économique
Taux de croissance économique
12
10
8
6
4
2
0
1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025
-2
-4
-6
-8
Source: Nous-même à partir du tableau N°3
Le tableau présente les taux de croissance économique allant de 2000 à 2023.
Le tableau montre une variabilité des taux de croissance au fil des ans, avec des périodes
de croissance positive et des périodes de contraction économique.
Les années 2000 et 2001 sont marquées par des taux négatifs, indiquant une récession,
avec des taux de -6,911 % en 2000 et -2,948 % en 2001.
Après les années difficiles du début des années 2000, il y a une reprise progressive qui
commence à partir de 2002, atteignant un pic en 2014 avec un taux de 9,470 %.
Les années 2010 à 2018 montrent une tendance générale à la hausse dans le taux de
croissance, avec plusieurs années dépassant les 6 %.
L'année 2013 affiche le taux le plus élevé de la période avec 8,482 %.
L'année 2020 montre un ralentissement significatif avec un taux de croissance de
seulement 1,735 %, probablement en raison des impacts économiques liés à la pandémie
de COVID-19.
Cependant, les années suivantes montrent une reprise rapide avec un taux de 6,200 % en
2021 et une croissance continue en 2022 (8,924 %) et en 2023 (8,561 %).
Graphique N°1
~ 55 ~
3.1.4 Les taux de change
Le taux de change d'une monnaie est son prix par rapport à une autre, déterminé
sur les marchés internationaux des devises. Il reflète l'offre et la demande relatives de ces
monnaies.
Une hausse du taux de change (appréciation de la monnaie nationale) diminue le
prix des importations pour les consommateurs nationaux, car ils peuvent acquérir davantage de
biens et services étrangers avec la même quantité de monnaie nationale. Cela incite à substituer
une partie des achats de produits locaux par des importations. Inversement, une baisse du taux de
change (dépréciation de la monnaie nationale) rend les importations plus coûteuses, ce qui peut
avoir un impact négatif sur la consommation nationale, en particulier si les entreprises et les
individus sont fortement dépendants de produits importés ou de matières premières étrangères.
Cependant, cela peut stimuler les exportations.
Dans le cas où la hausse du taux de change est provoquée par les exportations d'un
secteur spécifique, notamment l'exploitation de ressources naturelles, cela peut avoir un impact
négatif sur l'ensemble de l'économie. Les autres secteurs sont pénalisés dans leurs exportations
(elles deviennent plus chères) et sont progressivement supplantés par des concurrents
internationaux. Ce phénomène est connu sous le nom de "maladie hollandaise", initialement
observé aux Pays-Bas après la découverte et l'exploitation de gisements de gaz naturel.
La baisse du taux de change a des effets immédiats opposés: elle augmente le prix
des importations, ce qui, à court terme, réduit le pouvoir d'achat des ménages. À moyen terme,
c’est possible, elle encourage à substituer les biens importés par la production locale. Le prix des
exportations diminue (elles deviennent donc plus attractives pour les autres pays), ce qui
améliore la compétitivité-coût des entreprises sans nécessiter d'investissement ou d'amélioration
des processus de production. À long terme, l'augmentation des bénéfices des firmes et l'inflation
causée par les importations peuvent entraîner une hausse des salaires, qui annule l'effet de la
dépréciation.
Dans le tableau ci-dessous, nous présentons l'évolution du taux de change annuelle
en RDC de 2000 à 2023.
~ 56 ~
Tableau N°04: Evolution du taux change en RDC de 2000-2023 (USD/CDF)
ANNEES TAUX DE CHANGE
2000 50 2012 915,2
2001 311,6 2013 925,5
2002 382,14 2014 920
2003 372,5 2015 926,9
2004 444,1 2016 986,7
2005 473,78 2017 1001,5
2006 503,4 2018 1015,6
2007 502,9 2019 1790,25
2008 639,3 2020 1971,8
2009 902,66 2021 2000,0
2010 915,13 2022 2016,91
2011 910,65 2023 2.668,95
Graphique N°04: Evolution du taux de change
~ 57 ~
Taux de change
3000
2500
2000
1500
1000
500
0
1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025
Source: nous-même à partir du tableau N°04
Le tableau présente l'évolution des taux de change des Francs Congolais par rapport au dollar
américain une période allant de 2000 à 2023.
On observe une tendance à la hausse des taux de change au fil des ans. En 2000, le taux
était de 50, tandis qu'en 2023, il a atteint 2.668,95. Cela indique une dépréciation
significative de la monnaie sur cette période.
Entre 2000 et 2008, les taux augmentent progressivement, avec des variations marquées,
par exemple en 2008 où le taux atteint 639,3.
À partir de 2019, il y a une augmentation plus brusque du taux, culminant à 2.668,95 en
2023. Cela pourrait suggérer des événements économiques ou politiques impactant la
stabilité de la monnaie.
2000-2010: Le taux de change reste relativement stable avec une augmentation modérée.
2011-2020: Une augmentation plus rapide est observée, particulièrement après 2019.
2021-2023: La dépréciation s'accélère fortement, ce qui peut être le résultat d'une
inflation élevée ou d'une crise économique.
~ 58 ~
3.1.5 La masse monétaire
La masse monétaire d'un pays, ou d'une zone monétaire, se définit comme la
quantité de monnaie en circulation dans l'économie. Cette mesure inclut l'ensemble des moyens
de paiement disponibles, tels que les espèces et les dépôts bancaires. Elle joue un rôle crucial
dans l'économie, car elle influence à la fois l'inflation et les taux d'intérêt.
La masse monétaire, en circulation ou constituée de placements financiers
liquides, représente un stock déterminé par les agents économiques à un moment donné. Ce stock
est mesuré selon différentes catégories de moyens monétaires.
La banque centrale peut influencer la masse monétaire par le biais de ses
opérations d'open market, de la fixation des taux d'intérêt et des taux de réserves.
La banque centrale utilise le taux d'intérêt directeur comme un outil pour contrôler
l'inflation et stimuler la croissance économique.
Le tableau N°5 ci-dessous présente l'évolution de la masse monétaire en RDC sur
la période étudiée.
Tableau N°05: Evolution de la masse monètaire en RDC de 2000-2023 (en milliards)
ANNEES MASSE MONETAIRE
2000 23,60 2012 2956,70
2001 76,00 2013 3493,50
2002 98,80 2014 3493,20
2003 130,10 2015 4354,80
2004 222,20 2016 5304,60 Graphique N°05: Evolution de la masse
2005 277,10 2017 7841,20 monétaire
2006 436,90 2018 9846,60
Source: nous-même à partir du tableau N°05
2007 658,80 2019 12726,20
2008 1041,40 2020 19255,60
2009 1543,60 2021 26774,40
2010 2008,60 2022 37216,40
2011 789,80 2023 45357,90
~ 59 ~
Le tableau présente l'évolution de la masse monétaire en République Démocratique du Congo
(RDC) de 2000 à 2023.
La masse monétaire a connu une croissance significative au cours de cette période,
passant de 23,60 millions en 2000 à 45 357,90 millions en 2023. Cela indique une
expansion de l'économie et une augmentation des liquidités disponibles dans le pays.
Les augmentations ne sont pas linéaires; certaines années montrent des hausses plus
marquées. Par exemple, entre 2019 et 2020, la masse monétaire a presque doublé, passant
de 12 726,20 millions à 19 255,60 millions.
Les années avec des hausses notables incluent aussi la période entre 2021 et 2022, où la
masse est passée de 26 774,40 millions à 37 216,40 millions.
Entre 2013 et 2014, on observe une légère baisse de la masse monétaire (3493,50 millions
à 3493,20 millions), ce qui peut indiquer une période d'ajustements économiques ou des
politiques monétaires restrictives.
Globalement, la tendance reste à la hausse malgré quelques fluctuations.
Une augmentation rapide de la masse monétaire peut avoir des implications sur l'inflation.
Si cette croissance n'est pas accompagnée d'une augmentation proportionnelle de la
production économique, cela peut entraîner une inflation élevée.
Il est également essentiel d'examiner les facteurs sous-jacents à cette croissance :
politiques gouvernementales, investissements étrangers, etc.
Les données proviennent d'un rapport annuel, ce qui indique qu'elles peuvent être fiables
et basées sur des analyses officielles.
3.2 TRAITEMENT ET ANALYSE DES DONNÉES
3.2.1 Traitement des données
Dans le cadre de notre recherche, nous allons appliquer la statistique et
l’économétrie: la statistique pour décrire de manière numérique les caractéristiques clés des
variables d’étude (telles que la moyenne arithmétique, l’écart-type, etc.) et l’économétrie pour
déterminer les facteurs explicatifs de l’inflation.
~ 60 ~
a. Statistique descriptive
Statistiques descriptives, utilisant les observations 2000 - 2023
(Sans prendre en compte les valeurs manquantes)
Variable Moyenne Médiane E.T. Min Max
TXDIR 29,5 5,62 44,0 1,50 140,
TXIFL 0,403 0,117 1,04 0,00815 5,11
TXPIB 5,03 6,17 3,65 -6,91 9,47
pc_TXCH 33,8 1,50 108, -2,52 523,
pc_MM 50,3 31,7 67,9 -60,7 274,
Source: tableau N°01, N°02, N°03, N°04, N°05
Le taux d’inflation moyen enregistré durant la période allant de 2000 à 2023 est de
0,403%; croissance économique moyenne est de 5,03%; le taux directeur moyen est de 29,5%; le
taux moyen de croissance du taux de change en franc congolais et en dollar américain est de 33,8
et la croissance moyenne de la masse monétaire est de 50,3%. La croissance économique et le
taux d’inflation possèdent des écart-type faible contrairement aux autres variables d’étude.
a. Analyse correlative
Coeff. de corrélation, utilisant les observations 2001 - 2023
valeur critique à 5% (bilatérale) = 0,4132 pour n = 23
TXDIR TXIFL TXPIB pc_TXCH pc_MM
1,0000 0,6619 -0,5804 0,6406 0,3109 TXDIR
1,0000 -0,7459 0,8887 0,4709 TXIFL
1,0000 -0,6542 -0,3562 TXPIB
1,0000 0,5389 pc_TXCH
1,0000 pc_MM
Source: tableau N°01, N°02, N°03, N°4, N°5
Le coefficient de corrélation entre le taux d’inflation et la masse monétaire est de
0,4709; une corrélation moyenne positive, c’est-à-dire que l’augmentation de la masse monétaire
~ 61 ~
correspond à l’augmentation du taux d’inflation. La corrélation positive entre le taux d’inflation
et le taux de change est de 0,8887: une corrélation forte, l’augmentation du taux de change
entraine une augmentation significative du taux d’inflation.
La corrélation entre l’inflation et la croissance économique est de -0,7459: une
corrélation négative, c’est-à-dire que l’augmentation de la croissance économique correspond à
la diminution du taux d’inflation.
b. Modélisation économétrique
Comme nous l’avons dit ci-dessus, l’analyse économétrique nous a permis
d’identifier des déterminants significatifs ainsi que la nature de leur impact sur le taux
d’inflation. Nous avons retenu les déterminants suivants de l’inflation: le taux directeur
(TXDIR), le taux croissance économique (TXPIB), le taux de change (I_TXCH), et la masse
monétaire (I_MM).
Le modèle d’analyse est donné par :
TXINFLt= o+ a a TXDIRt+a
1 2 a I_TXCHt+ a I_MMt+µt
TXPIBt+ 3 4
Où:
TXINFLt : le taux d’inflation
TXDIRt : le taux directeur
TXPIBt : le taux croissance économique
I_TXCHt : le taux de change
I_MMt : la masse monétaire
µt : le terme d’erreur
ai: les paramèteres à estimer
On a estimé ai en appliquant la méthode de moindre carré ordinaire (MCO) par la
formule suivante:
âi = (x´x)-1xy
~ 62 ~
Où:
(x´x)-1: c’est la matrice inverse des variables indépendantes.
Xy: c’est la matrice des variables indépendantes et dépendantes.
On évalue la validité du modèle par le test de Fisher, de student ainsi que par les
tests relatifs à la normalités du terme erreur (µt).
Test de de student
Ce test permet d’identifier le paramètre significatif dans le modèle ainsi la
statistique de student est:
¿
t= ¿ âi∨ δ â ¿ i
On peut calculer la valeur p de t[(p¿ p (t≥ t)].
p: est la probabilité critique.
Les hypothèses de student
HO: ai=0: le paramètre est non significatif
Ha: ai≠ 0: le paramètre significatif
Règle de décision:
Au seuil⋉, on rejettte HO si p≤ ⋉
Test de Fisher
Il est calculé à partir du coéfficient de déterminant (R2).
~ 63 ~
2 ∑ ( ^y i − y)2
R = ∑ ( y − y)2
i
Où: 0≤R2 ≤ 1
La statistique de test:
2
R
F= 2
k
(1−R )/(n−k−1)
D’où on calcule la probabilité critique p:
p=p (F≥F)
HO: R2 =0
Ha: R2≠0
Test sur la normalité des résidus
Lorsque les résidus ne sont pas distribués selon la loi normale, les tests de student
et de fisher ne sont pas constents.
HO: les résidus sont distribués selon la loi normale.
Ha: les résidus ne sont pas distribués selon la loi normale.
Rejet de HO si p ≤ ∝
Test d’homoscédasticité
HO: Il y a homoscédasticité.
Ha: Il y a hétéroscédascité
Rejet de HO si p ≤ ∝
~ 64 ~
Test d’autocorrélation des erreurs
HO: Il n’ya pas d’autocorrélation des erreurs.
Ha: Il y a autocorrélation des erreurs.
Rejet HO si p ≤ ∝
3.2.2 Résultat de la régression
Modèle 3: MCO, utilisant les observations 2001-2023 (T = 23)
Variable dépendante: TXIFL
Éc. types HAC, largeur de bande 2, Kernel de Bartlett
Coefficient Erreur Std t de Student p. critique
Const 0,205462 0,0895782 2,294 0,0341
TXDIR 0,000894452 0,00108789 0,8222 0,4217
TXPIB −0,0279503 0,0136683 −2,045 0,0558
pc_TXCH 0,00172941 0,000350299 4,937 0,0001
l_MM 0,00867423 0,0106069 0,8178 0,4242
Moyenne var. dép. 0,198079 Éc. type var. dép. 0,285204
Somme carrés résidus 0,280967 Éc. type régression 0,124937
R2 0,842993 R2 ajusté 0,808102
F(4, 18) 503,6995 P. critique (F) 3,32e-18
Log de vraisemblance 18,02206 Critère d'Akaike −26,04413
Critère de Schwarz −20,36666 Hannan-Quinn −24,61626
Rho 0,245561 Durbin-Watson 1,504487
Test pour la normalité des résidus -
Hypothèse nulle: l'erreur est distribuée selon une loi normale
Statistique de test: Khi-deux(2) = 1,00107
avec p. critique = 0,606206
Test de Breusch-Pagan pour l'hétéroscédasticité -
Hypothèse nulle: homoscédasticité
Statistique de test: LM = 0,708512
avec p. critique = P(Khi-deux(4) > 0,708512) = 0,950275
Test LM d'autocorrélation d’ordre 1 max -
Hypothèse nulle: pas d'autocorrélation
Statistique de test: LMF = 2,76712
avec p. critique = P(F(1, 18) > 2,76712) = 0,113532
^TXIFL = 0,205 + 0,000894TXDIR - 0,0280TXPIB + 0,00173pc_TXCH + 0,00867l_MM
(0,0896)(0,00109) (0,0137) (0,000350) (0,0106)
~ 65 ~
T = 23, R2 = 0,843
(écarts-types entre parenthèses)
[Link] Interprétation statistique
La valeur p de la statistique du test pour la normalité des résidus est de 0,606206 ≃ 0, 60.
Au seuil ∝=0 , 05 ; les résidus sont distribués selon la loi normale (0,60¿ 0,05).
La valeur p pour le test de Breush-pagan est de 0,950275≃ 0,95.
Au seuil alpha de 5% (∝=0 , 05 ¿ ; la variance est homoscédastique.
La valeur p est de 0,113532≃ 0,11 du test LM d’autocorrélation des erreurs.
Au seuil ∝ = 0,05; le terme erreur n’est pas autocorrélée.
La régression est bien faite, ses résultats sont valides et peuvent faire l’objet
d’interprétation économique.
Le test de student ou test individual
Le taux de croissance (TXPIB) et le taux de change (TXCH) sont significatifs car
leurs valeurs p sont inférieurs à ∝= 0,05, (respectivement 0,05 et 0,0001≤0,05).
Le taux directeur (TXDIR) a un coéfficient non significatif (0,3284¿0,05);
également la masse monétaire (0,4242¿0,05).
Le test de fisher ou test global
R2= 0,84≃84%
La valeur p de fisher est de 3,32e-18≃ 0,000.
Au seuil ∝=0 , 05 ; le modèle est significatif (3,32e-18¿0,05).
Au moins une des variables indépendantes explique la variable dépendante.
~ 66 ~
[Link] Interprétation économique
Le signe attendu entre le taux directeur et le taux d’inflation est négatif, car
l’augmentation du taux directeur rend le credit plus cher, reduit la demande et la
consummation, et enfin réduit les pressions inflationnistes.
Cependant, le signe observé est positif, ce qui est contraire au signe attend. Cela peut
traduire que la politique monétaire congolaise est réactive et non préventive; la BCC tente
d’augmenter le taux directeur après l’inflation pour tenter de contenir. Toutefois,
l’influence du taux directeur sur l’inflation est non significative.
Le signe attendu entre le taux de croissance économique et le taux d’inflation est position;
toute augmentation de production ou de revenu se fait accompagner de l’inflation.
Notre régression nous donne un signe négatif, ceci exprime que la croissance économique
enregistrée ne profite pas à la majorité des (il y a une mauvaise distribution de cette
croissance).
Le signe attendu entre le taux de change et le taux d’inflation estposif; si le taux de
change augmente, le taux d’inflation augmente aussi car cette augmentation entraine aussi
l’augmentation des importations.
Le signe observé est conforme au signe attendu; les variations du taux de change
influencent significatiquement les variations du taux d’inflation.
Le signe attendu entre la masse monétaire et le taux d’inflation est positif; l’augmentation
de la masse monétaire entraine l’inflation.
Le signe observé est conforme au signe attendu, l’augmentation de la masse monétaire
conduit à l’inflation mais cette influence est non significative.
~ 67 ~
CONCLUSION GÉNÉRALE
Cette étude a analysé les déterminants de l’inflation en République Démocratique
du Congo (RDC) sur la période 2000–2023, en répondant à la question centrale : Quels sont les
facteurs explicatifs de l’inflation en RDC ? L’hypothèse principale postulait que le taux de
croissance économique influence significativement l’inflation, tandis que d’autres variables
comme le taux directeur, le taux de change et la masse monétaire jouent également un rôle. Pour
vérifier ces hypothèses, une méthodologie mixte a été employée, combinant l’analyse statistique
descriptive et un modèle économétrique (MCO) basé sur des données secondaires issues de la
Banque Centrale du Congo. Les techniques documentaires et d’observation ont enrichi
l’interprétation des résultats.
Les résultats révèlent que :
1. Le taux de change a un impact positif et significatif sur l’inflation (p = 0,0001),
confirmant son rôle clé dans la dynamique inflationniste congolaise, notamment via les
coûts d’importation.
2. La croissance économique affiche une corrélation négative avec l’inflation (p = 0,0558),
infirmant partiellement l’hypothèse initiale. Cela suggère une croissance mal redistribuée
ou concentrée dans des secteurs non-inflationnistes (extraction minière).
~ 68 ~
3. Le taux directeur et la masse monétaire, bien que de signe attendu (positif pour la masse
monétaire), ne sont pas statistiquement significatifs (p > 0,05), indiquant une faible
efficacité des outils monétaires traditionnels pour contrôler l’inflation en RDC.
Propositions et Implications
Pour stabiliser l’inflation, les autorités devraient :
Renforcer la politique de change pour limiter la dépréciation du franc congolais et ses
effets sur les prix.
Diversifier l’économie afin de rendre la croissance inclusive et réduire sa vulnérabilité
aux chocs externes.
Améliorer la crédibilité de la politique monétaire en ciblant mieux la masse monétaire et
en évitant des ajustements réactifs du taux directeur.
Limites et Perspectives
Les limites incluent l’absence de variables structurelles (conflits, corruption) dans le modèle. Des
recherches futures pourraient intégrer ces dimensions ou utiliser des données trimestrielles pour
affiner l’analyse. En somme, cette étude souligne la nécessité d’une approche
multidimensionnelle pour maîtriser l’inflation en RDC, combinant réformes monétaires,
économiques et institutionnelles.
~ 69 ~
BIBLIOGRAPHIE
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PIKETTY, T., Le Capital au XXIe siècle, Seuil, 2013.
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IV. Thèses, Mémoires, DEA, TFE, TFC et supports de cours
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Centrale du Congo.
- Analyse des cibles monétaires et indicateurs réels.
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- Typologies de l’inflation (légère, ouverte).
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- Motifs de détention de monnaie (transaction, précaution, spéculation).
V. Webographie
Banque Centrale du Congo (BCC), Rapports annuels, 2000-2023.
- Données macroéconomiques : inflation, taux directeur, croissance.
- Lien : [[Link]]([Link]
Fonds Monétaire International (FMI), Perspectives économiques mondiales, 2021-2023.
- Analyses comparatives des taux d’inflation globaux.
- Lien : [[Link]]([Link]
Banque Mondiale, Indicateurs de développement en RDC, 2022.
- Statistiques sur la pauvreté et le pouvoir d’achat.
- Lien : [[Link]]([Link]
FAO, Impact des prix alimentaires sur l’inflation en RDC, 2022.
~ 71 ~
- Lien : [[Link]]([Link]
TABLE DES MATIERES
EPIGRAPHE...................................................................................................................................................1
DEDICACE.....................................................................................................................................................2
REMERCIEMENTS.........................................................................................................................................3
INTRODUCTION GENARALE..........................................................................................................................5
1. Contexte de l’étude..........................................................................................................................5
2. Phénomène Observé........................................................................................................................5
3. Objectifs de la recherche.................................................................................................................6
a. Objectif général............................................................................................................................6
3.2. Objectifs opérationnels.................................................................................................................6
4. Revue de littérature.........................................................................................................................7
4.1 Revue de littérature théorique.......................................................................................................7
4.2 Revue de littérature empirique......................................................................................................9
5. Problématique de la recherche......................................................................................................11
6. Hypothèses de recherche...............................................................................................................12
7. Méthodologie de la recherche.......................................................................................................12
7.1 Méthodes de recherche...............................................................................................................12
7.1.1 Méthode analytique..................................................................................................................12
7.1.2 Méthode statistique..................................................................................................................13
7.1.3 Méthode économetrique..........................................................................................................13
7.2 Téchniques de recherche.............................................................................................................13
7.2.1 Téchnique documentaire..........................................................................................................13
7.2.2 Téchnique d’observation...........................................................................................................13
8. Pertinence de la recherche................................................................................................................14
8.1 Choix du sujet...............................................................................................................................14
8.2. Intéret de l’étude........................................................................................................................14
8.2.1 Interet personnel......................................................................................................................14
8.2.2 Intérêt social.............................................................................................................................14
8.2.3 Intérêt scientifique....................................................................................................................14
~ 72 ~
9. Délimitation du sujet..........................................................................................................................14
10. Structure du travail..........................................................................................................................15
CHAPITRE 1................................................................................................................................................16
CADRE CONCEPTUEL ET PRESENTATION DE LA RDC..................................................................................16
1.1. Cadre conceptuel.......................................................................................................................16
1.1.1 L'inflation..................................................................................................................................16
1.1.2 La déflation...............................................................................................................................17
1.1.3 Politique monétaire..................................................................................................................17
1.1.4 Répartition des richesses..........................................................................................................17
1.1.5 Epargne.....................................................................................................................................18
1.1.6 Investissement..........................................................................................................................19
1.1.7 Pouvoir d’achat.........................................................................................................................19
1.1.8 Coût de la vie.............................................................................................................................20
1.1.9 Taux d'intérêt............................................................................................................................21
1.1.10 Salaire.....................................................................................................................................21
1.1.11 Revenu....................................................................................................................................22
1.1.12 Déterminant............................................................................................................................23
1.2. Présentation de la RDC....................................................................................................................23
[Link] Organisation politico-administrative......................................................................................25
[Link] Situation démographique.......................................................................................................26
[Link] Situation Économique............................................................................................................26
Conclusion partielle...............................................................................................................................28
CHAPITRE 2................................................................................................................................................29
CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE......................................................................................................29
2.1 Historique de l'inflation (Goux (1998)..............................................................................................29
2.2 Les différents types d'inflation (A. SILEM et al., Lexique d'économie,2004)...............................31
2.2.1 L'inflation rampante..................................................................................................................31
2.2.2 L'inflation chronique.................................................................................................................32
2.2.3 L'hyperinflation.........................................................................................................................32
2.2.4 L'adultération de la monnaie....................................................................................................33
2.2.5 L'inflation légère........................................................................................................................33
~ 73 ~
2.2.6 L'inflation ouverte ou déclarée................................................................................................33
2.3 Causes théoriques et traditionnelles de l'inflation contemporaine.................................................34
2.3.1 Inflation comme déséquilibre réel............................................................................................34
[Link] L'inflation par la demande......................................................................................................34
[Link] L'inflation par les coûts..........................................................................................................34
2.3.2 L'inflation de croissance............................................................................................................35
2.3.3 L'influence des structures économiques...................................................................................35
2.3.4 L'influence des structures socioculturelles................................................................................36
2.3.5 L'influence des structures institutionnelles...............................................................................36
2.4 Approche Keynésienne face à la demande de monnaie (P. KISONIA 2007 M., Op. cit. , pp.22-23)
...........................................................................................................................................................37
2.5 Inflation comme déséquilibre monétaire.....................................................................................38
2.6 Mesure de l'inflation....................................................................................................................40
2.6.1 Le déflateur du PIB....................................................................................................................41
2.6.2 L'indice des prix à la consommation (IPC).................................................................................41
2.6.3 Théorie sur l’inflation................................................................................................................42
[Link] Les approches traditionnelles................................................................................................42
[Link] La leçon de Friedman : l'alcoolisme et le NAIRU....................................................................43
[Link] L'inflation est partout et toujours un phénomène monétaire................................................44
Conclusion parcielle...............................................................................................................................45
CHAPITRE 3................................................................................................................................................46
LES DETERMINANTS DE L’INFLATION EN RDC............................................................................................46
3.1 Présentation des données................................................................................................................46
3.1.1 Le taux d’inflation......................................................................................................................46
3.1.2 TAUX DIRECTEUR.......................................................................................................................48
3.1.3 TAUX DE CROISSANCE ECONOMIQUE.......................................................................................51
3.1.4 Les taux de change....................................................................................................................54
3.1.5 La masse monétaire..................................................................................................................57
Tableau N°05: Evolution de la masse monètaire en RDC de 2000-2023 (en milliards).........................57
3.2 TRAITEMENT ET ANALYSE DES DONNÉES.........................................................................................59
3.2.1 Traitement des données...........................................................................................................59
~ 74 ~
[Link] Interprétation statistique.......................................................................................................64
[Link] Interprétation économique....................................................................................................65
CONCLUSION GÉNÉRALE............................................................................................................................67
BIBLIOGRAPHIE..........................................................................................................................................69
I. Dictionnaires.......................................................................................................................................69
II. Ouvrages............................................................................................................................................69
III. Articles..............................................................................................................................................69
IV. Thèses, Mémoires, DEA, TFE, TFC et supports de cours....................................................................70
V. Webographie.....................................................................................................................................70
ANNEXE..................................................................................................................................................75
~ 75 ~
ANNEXE
OBS TXDIR TXCH TXIFL MM TXPIB
2000 120,00 50,00 5,11200 23,60 -6,911
2001 140,00 311,60 1,35100 76,00 -2,100
2002 140,00 382,14 0,15800 98,80 2,948
2003 20,00 372,50 0,04400 130,10 5,578
2004 8,00 444,10 0,09200 222,20 6,738
2005 65,00 473,78 0,21500 277,10 6,135
2006 35,00 503,40 0,18200 436,90 5,321
2007 22,50 502,90 0,09900 658,80 6,259
2008 40,00 639,30 0,27600 1041,40 6,226
2009 55,00 902,66 0,53400 1543,60 2,855
2010 3,25 915,13 0,09800 2008,60 7,108
2011 3,25 910,65 0,10350 789,80 6,875
2012 3,00 915,20 0,02720 2956,70 7,087
2013 3,00 925,50 0,01070 3493,50 8,482
2014 2,50 920,00 0,01010 3493,20 9,470
2015 2,50 926,90 0,00815 4354,80 6,916
2016 2,25 986,70 0,23600 5304,60 2,399
2017 2,25 1001,50 0,46820 7841,20 3,727
2018 2,25 1015,60 0,07730 9846,60 5,821
2019 2,25 1790,25 0,04600 12726,20 4,385
2020 2,25 1971,80 0,15700 19255,60 1,735
2021 1,50 2000,00 0,05300 26774,40 6,200
2022 8,25 2016,91 0,13100 37216,40 8,924
2023 25,00 2668,95 0,17867 45357,90 8,561