TITRE VI : LES PROCÉDURES COLLECTIVES INTERNATIONALES
(Articles 247 à 255 de l’Acte uniforme OHADA)**
Section 1 : La reconnaissance internationale des décisions relatives aux procédures collectives
Article 247 : Autorité de la chose jugée internationale
L’article 247 consacre le principe de la reconnaissance mutuelle des décisions judiciaires rendues en
matière de procédures collectives dans l’espace OHADA. Ainsi, dès lors que les décisions d’ouverture ou
de clôture des procédures collectives sont devenues irrévocables, elles produisent leurs effets juridiques
dans l’ensemble des États-parties.
Ce principe garantit l’unité et l’efficacité des procédures collectives à l’échelle communautaire.
Article 248 : La publicité internationale des décisions
Cet article organise la publicité des décisions relatives aux procédures collectives. À la demande du
syndic, le contenu essentiel des décisions, ainsi que la décision de sa nomination le cas échéant, peut
être publié dans tout État-partie lorsque cette publication est utile à la sécurité juridique ou à la
protection des intérêts des créanciers.
La juridiction compétente peut également ordonner cette publicité d’office.
En outre, le syndic est autorisé à publier ces décisions dans les registres publics appropriés, notamment
le livre foncier ou le Registre du commerce et du crédit mobilier.
Section 2 : Les pouvoirs du syndic dans l’espace OHADA
Article 249 : L’exercice transfrontalier des pouvoirs du syndic
Le syndic désigné par une juridiction compétente peut exercer ses pouvoirs sur le territoire d’un autre
État-partie tant qu’aucune procédure collective n’y est ouverte.
La preuve de sa nomination est apportée par la production d’une copie certifiée conforme de la décision
judiciaire ou de tout certificat équivalent, éventuellement accompagnée d’une traduction dans la langue
officielle de l’État concerné.
Section 3 : La protection de l’égalité des créanciers
Article 250 : La restitution des paiements indus
L’article 250 vise à préserver l’égalité des créanciers. Tout créancier qui obtient, après l’ouverture de la
procédure collective, le paiement total ou partiel de sa créance sur des biens situés dans un autre État-
partie est tenu de restituer les sommes perçues au syndic.
Toutefois, sont réservées les clauses de réserve de propriété ainsi que les actions en revendication.
L’article prévoit également la libération du débiteur de bonne foi qui a exécuté son obligation avant les
mesures de publicité prévues.
Section 4 : La coordination entre procédures collectives principales et secondaires
Article 251 : Ouverture de procédures collectives multiples
La reconnaissance d’une procédure collective ouverte dans un État-partie ne fait pas obstacle à
l’ouverture d’une autre procédure dans un autre État-partie.
La procédure ouverte dans l’État où le débiteur a son principal établissement est qualifiée de procédure
collective principale, tandis que les autres sont des procédures collectives secondaires.
Article 252 : Obligation de coopération entre syndics
Les syndics des procédures principales et secondaires sont soumis à une obligation d’information
réciproque. Ils doivent se communiquer sans délai toute information utile, notamment sur l’état des
créances et les mesures de clôture.
Le syndic de la procédure secondaire doit permettre au syndic principal de formuler des propositions
relatives à l’utilisation ou à la liquidation des actifs.
Article 253 : Production des créances
Tout créancier peut produire sa créance tant dans la procédure collective principale que dans les
procédures secondaires.
Les syndics sont également habilités à produire des créances dans d’autres procédures, sous réserve du
droit des créanciers de s’y opposer ou de retirer leur production.
Article 254 : Clôture des procédures secondaires
La clôture d’une procédure collective secondaire est subordonnée à l’accord préalable du syndic de la
procédure principale.
Cet accord est réputé acquis en cas de silence pendant un délai de trente jours.
En cas de litige, la juridiction compétente statue conformément aux règles applicables au concordat ou à
la liquidation des biens.
Article 255 : Principe d’égalité dans les répartitions
Un créancier ayant perçu un dividende dans une procédure collective ne peut participer aux répartitions
d’une autre procédure que lorsque les créanciers de même rang y ont obtenu un dividende équivalent.