République Tunisienne
Ministère de l’Enseignement Supérieur Et de la Recherche Scientifique
Université de Gabes
Ecole Nationale d’Ingénieurs de Gabès
Compte rendu :
Osmose inverse
Elaboré par :
Maalaoui Rymel Bensalem Oumaima
Sdiri Manel Mahjoubi Nour
Saoudi Montaha Rhimi Wiem
Ferjaoui Lina Bali Yosra
Bargui Nada Bejaoui Ranim
Chaabeni Marwa
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Objectifs de manipulation
L’objectif de ce travail pratique sur l’osmose inverse est d’étudier expérimentalement les
paramètres qui gouvernent les performances d’un procédé de dessalement par membrane. Il
s’agit notamment de déterminer l’influence de la pression effective et du taux de conversion
sur le débit de perméat et les résistances hydrauliques de la membrane, afin d’identifier les
conditions opératoires optimales.
I. Etude théorique
1. Définition
Le phénomène d’osmose est un phénomène qui tend à équilibrer la concentration en solutés
de part et d’autre d’une membrane semi-perméable. Ce phénomène est un phénomène naturel
courant, notamment à travers les membranes cellulaires. La membrane semiperméable
laissera passer le solvant (le soluté ne passe pas) pour équilibrer la concentration. La
différence de concentration crée une pression, appelée Pression osmotique. Pour inverser le
passage du solvant et augmenter la différence de concentration, il faut appliquer une pression
supérieure à la pression osmotique.
2. Principe de l’osmose inverse
L’osmose est le transfert de solvant à travers une membrane sous l’effet d’un gradient de
concentration. Soit un système à deux compartiments séparés par une membrane
semisélective et contenant deux solutions de concentrations différentes, l’osmose se traduit
par un flux d’eau dirigé de la solution diluée vers la solution concentrée. Si on applique une
pression sur la solution concentrée, la quantité d’eau transférée par osmose va diminuer. Avec
une pression suffisamment forte le flux d’eau va même s’annuler : cette pression est nommée
la pression osmotique Π. Si on dépasse la valeur de la pression osmotique, on observe un flux
d’eau dirigé en sens inverse du flux osmotique : c’est le phénomène de l’osmose inverse.
Figure 1:Principe des phénomènes d’osmose et d’osmose inverse
3. Sélectivité
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La sélectivité d’une membrane : se détermine en mesurant sa capacité à laisser passer une
espèce tout en en retenant une autre : on compare les concentrations en amont et en aval pour
calculer le taux de rejet R
Avec :
𝐶𝑝: Concentration du soluté dans le perméat (eau traitée, aval)
𝐶𝑓: Concentration du soluté dans le flux d'alimentation (amont)
4. Les facteurs influençant l’osmose inverse
Les principaux facteurs influençant l’osmose inverse sont :
La pression appliquée :
Doit dépasser la pression osmotique pour forcer l’eau à travers
la membrane
La température
Qui augmente la perméabilité de l’eau mais peut réduire la durée de vie de la membrane
La qualité de l’eau d’alimentation
Turbidité, présence de colloïdes, matières organiques qui peut entraîner l’encrassement
la salinité
Qui augmente la pression osmotique et réduit le flux
Le pH
Qui peut affecter à la fois la structure de la membrane et la solubilité des impuretés
L’état de la membrane
Colmatage, mise en dépôt, interactions chimiques qui influence directement le flux d’eau et
le taux de rejet
3
5. Application industrielle de l’osmose inverse
L’osmose inverse est un procédé de séparation membranaire largement utilisé dans l’industrie
pour produire une eau de haute qualité, éliminer les sels dissous, concentrer certaines
solutions ou encore recycler les eaux usées.
o Production d’eau potable : dessalement de l’eau de mer et d’eau saumâtre.
o Industries chimiques et pétrochimiques : purification de l’eau de process,
élimination des sels et contaminants.
o Industrie agroalimentaire : concentration des jus, du lait, des sirops ;
amélioration de la qualité de l’eau utilisée.
o Industrie pharmaceutique : production d’eau purifiée et d’eau ultra pure pour
les formulations et le nettoyage.
o Industrie électronique : fabrication d’eau ultra pure pour les semi-
conducteurs et circuits intégrés.
o Traitement des eaux usées industrielles : recyclage, réutilisation et réduction
de la charge polluante.
o Brasseries et boissons : traitement et standardisation de l’eau utilisée dans la
production.
o Textile : purification de l’eau et réduction de la teneur en colorants et en sels
dans les effluents.
6. Avantage du procédé d’osmose inverse
Le procédé d’osmose inverse présente plusieurs avantages qui expliquent son utilisation
croissante dans les domaines du traitement et de la purification de l’eau :
Haute qualité de purification : élimine efficacement les sels dissous, les ions, les
métaux lourds, les bactéries et une large gamme de contaminants.
4
Production d’eau ultra pure : utilisée dans les industries exigeant une grande pureté
(pharmaceutique, électronique).
Faible consommation de produits chimiques : contrairement à d’autres procédés
(échange d’ions, coagulation), l’osmose inverse requiert peu d’ajouts chimiques.
Processus continu et automatisable : le fonctionnement peut être contrôlé et
optimisé facilement.
Économie d’énergie par rapport à la distillation : séparation à froid, donc pas
besoin de chauffer l’eau, ce qui réduit les coûts énergétiques.
Réduction du volume des effluents : la membrane retient une grande partie des
polluants, permettant de concentrer les rejets.
Polyvalence : applicable au dessalement, à la purification, au recyclage et à la
concentration de solutions dans de nombreux secteurs.
Compacte et modulaire : les installations peuvent être adaptées et agrandies
selon les besoins industriels.
II. Etude Expérimental
1. Description d’une Unité Pilote d’Osmose Inverse
Une unité pilote d’osmose inverse (OI) est une installation expérimentale à échelle réduite
conçue pour étudier, optimiser et valider les conditions de traitement d’une eau donnée avant
un passage à l’échelle industrielle. Elle permet de reproduire fidèlement le fonctionnement
d’une station d’OI tout en offrant une grande flexibilité d’exploitation et de mesure.
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Figure : Unité Pilote d’osmose inverse pour le traitement et la purification de l’eau
L’installation présentée est une unité d’osmose inverse (OI), utilisée pour l’étude
expérimentale des procédés de séparation par membrane. Elle permet de traiter une eau
brute en la faisant passer à travers une membrane semi-perméable, retenant les sels,
impuretés et particules dissoutes.
L’ensemble est constitué :
d’une colonne d’alimentation en plexiglas permettant de stocker l’eau à traiter ;
d’un système de pompage haute pression, indispensable pour appliquer la pression
nécessaire au passage de l’eau à travers la membrane ;
d’un module de membrane cylindrique (logement noir vertical) dans lequel
s’effectue la séparation ;
de rotamètres et manomètres pour mesurer le débit, la pression d’alimentation, la
pression concentrât et la pression perméat ;
6
d’un panneau de contrôle équipé d’afficheurs numériques, permettant de suivre les
paramètres de fonctionnement (pression, conductivité, température) et de régler les
conditions opératoires ;
d’un réseau de tuyauteries, vannes et filtres assurant la circulation de l’eau, la
purge, la récupération du perméat et du concentrât.
Cette unité permet d’étudier :
l’influence de la pression, du débit et de la température sur le rendement de l’OI ;
la performance de la membrane (flux, taux de rétention) ;
la qualité du perméat comparée à l’eau d’alimentation.
2. Tracage des courbes et interprétations
Traçage de courbe Qp1=f (ΔP−Δπ)
Tableau 1 : Tableau récapitulatif des résultats obtenus
débit Pressio débit de (m^3/s) débit de (m^3/ ΔP(Pa) Δπ ΔP-Δπ
alimentatio n (Pa) perméat concentr s)
n (m^3/s) ( L/h) at (L/h)
8,33333E- 820000 35 9,72E- 260 7,22E- 820000 1069125,9 -
05 06 05 3 249125,9
3
990000 42 1,17E- 250 6,94E- 990000 1023240,7 -
05 05 0 33240,70
110000 60 1,67E- 250 6,94E- 110000 679101,45 420898,5
0 05 05 0 5
120000 65 1,81E- 245 6,81E- 120000
0 05 05 0
0,00011111 800000 50 1,39E- 350 9,72E- 800000 1002978,1 -
1 05 05 0 202978,1
0
7
900000 58 1,61E- 350 9,72E- 900000 976583,94 -
05 05 76583,94
100000 62 1,72E- 350 9,72E- 100000 712642,34 287357,6
0 05 05 0 6
110000 73 2,03E- 340 9,44E- 110000
0 05 05 0
120000 81 2,25E- 325 9,03E- 120000
0 05 05 0
Pour QP1
Qp1=f(ΔP-Δπ )
1.80E-05
1.60E-05 x + 1.22019873172118E-05
f(x) = 1.04639675303144E-11
R² = 0.99785919208486
1.40E-05
1.20E-05
Qp((m^3/s) )
1.00E-05
8.00E-06
6.00E-06
4.00E-06
2.00E-06
0.00E+00
-300000.00 -200000.00 -100000.00 0.00 100000.00 200000.00 300000.00 400000.00 500000.00
ΔP-Δπ(Pas)
Figure 1 : Courbe Qp₁ = f(ΔP – Δπ)
La courbe 1 Qp1=f (ΔP−Δπ) présente une relation linéaire quasi parfaite entre le débit de
perméat et la force motrice effective, avec un coefficient de corrélation très élevé
(R2≈0,[Link] linéarité traduit un comportement hydraulique idéal du système
membranaire, conforme à la loi de Darcy, et indique que le transfert de l’eau à travers la
membrane est principalement gouverné par la pression appliquée, sans limitations
significatives.
La perméabilité de la membrane, égale :
A ×S
Qp= ×( ΔP−Δπ )
ρ
8
A×S −11
= pente=10
ρ
Donc A × S=1000 ×10−11 =10−8 s .m
Pour QP2
Qp2=f(ΔP-Δπ)
2.00E-05
1.80E-05
f(x) = 5.9654351842754E-12
1.60E-05 x + 1.57252393124705E-05
R² = 0.800631070581595
1.40E-05
1.20E-05
1.00E-05
Qp
8.00E-06
6.00E-06
4.00E-06
2.00E-06
0.00E+00
-300000.00 -200000.00 -100000.00 0.00 100000.00 200000.00 300000.00 400000.00
ΔP-Δπ
Figure 2 : Courbe Qp2= f(ΔP – Δπ)
La courbe Qp2 = f (ΔP − Δπ) présente une relation quasi linéaire entre le débit de perméat et
la force motrice effective, avec un coefficient de corrélation R² ≈ 0,80.
La pente de la droite, égale à 6 × 10⁻¹², représente la perméabilité hydraulique apparente de
la membrane. Cette valeur relativement faible indique que le transfert est principalement
gouverné par la pression appliquée, mais avec la présence de résistances supplémentaires
telles que la polarisation de concentration ou le colmatage.
La perméabilité de la membrane, égale :
A ×S
Qp= ×( ΔP−Δπ )
ρ
A×S −12
= pente=6 × 10
ρ
Donc A × S=1000 ×6 × 10⁻¹² = 6×10−9 s . m
Tracage de courbe Rm=f(Dpe)
Tableau 1 : Tableau récapitulatif des résultats obtenus
9
pression (Pa)
800000 Qa(m^3/s) 8,33333E-05 0,000111111 0,000138889
Qp(m^3/s) 1,52778E-05 1,30556E-05 1,38889E-05
Y 0,183333333 0,1175 0,1
μp(μS/cm) 233 223 148
μp(μS/cm)corr 358,4615385 343,0769231 227,6923077
Cp(g/L) 0,259004002 0,24788795 0,164517563
πp(Pas) 1069125,928 1023240,695 679101,4479
Δpe -269125,928 -223240,695 120898,5521
Rm(%) 82,73306655 83,47413665 89,03216244
T(°C) 29 31 32,5
1200000 Qa(m^3/s) 8,33333E-05 0,000111111 0,000138889
Qp(m^3/s) 1,94444E-05 1,94444E-05 1,94444E-05
Y 0,233333333 0,175 0,14
μp(μS/cm) 190 185 135
μp(μS/cm)corr 336,2831858 327,4336283 238,9380531
Cp(g/L) 0,242979181 0,236584992 0,172643102
πp(Pas) 1002978,101 976583,9406 712642,335
Δpe 197021,8988 223416,0594 487357,665
Rm(%) 83,80138797 84,22766723 88,49045987
T(°C) 35 34,5 33,7
Rm1=f(Dpe)
10
Rm1=f(ΔPe)
90
88
86
Axis Title
84
82
80
78
-300000 -250000 -200000 -150000 -100000 -50000 0 50000 100000 150000
Axis Title
Series2
Figure 3 : Courbe Rm1 = f(ΔPe)
La courbe Rm1 = f(ΔPe) représente l'évolution de la résistance hydraulique propre de la
membrane en fonction de la pression effective appliquée. La tendance observée est
une augmentation quasi linéaire de Rm1 avec ΔPe.
Cette croissance linéaire est caractéristique du phénomène de compaction mécanique
de la membrane. Sous l'effet de la pression, la structure poreuse de la membrane se densifie
progressivement : les pores se resserrent, la tortuosité des chemins d'écoulement augmente, et
l'épaisseur de la couche active peut légèrement diminuer. Cette compaction entraîne
une réduction systématique de la perméabilité intrinsèque du matériau membranaire.
Rm2=f(Dpe)
11
Rm2=f(ΔPe)
89
88
87
86
Axis Title
85
84
83
82
81
150000 200000 250000 300000 350000 400000 450000 500000 550000
Axis Title
Figure 4 : Courbe Rm2 = f(ΔPe)
La tendance observée est une augmentation quasi linéaire de Rm2 avec ΔPe.
L'augmentation de la pression effective de 800 000 à 1 200 000 Pa entraîne une
augmentation significative et disproportionnée de la résistance hydraulique totale Rm2. Cette
croissance accélérée de Rm2 traduit un phénomène de colmatage intensifié : sous l'effet d'une
pression plus élevée, les matières en suspension et les solutés sont transportés plus
violemment vers la surface membranaire, où elles s'accumulent pour former une couche de
gâteau plus dense, plus compacte et donc plus résistante au passage du [Link]
observation confirme que la pression optimale de fonctionnement se situe en deçà de 800 000
Pa, dans une zone où l'augmentation de Rm2 reste modérée et où le procédé conserve son
efficacité.
Tracage du courbe Rm1 =f(Y)
QP
Avec Y =
QA
12
Rm1 =f(Y)
Series1 Series2 Series3 Rm1=f(Y)
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
0.183333333333333 0.1175 0.1
Figure 3 : Courbe Rm1 =f(Y)
La courbe Rm1 = f(Y) montre une décroissance de la résistance hydraulique apparente de la
membrane lorsque le taux de conversion Y (QP/QA) augmente. Cette tendance contre-
intuitive suggère que le calcul de Rm1 intègre des effets variables tels que l'évolution de la
viscosité du concentrat ou des changements dans les conditions d'écoulement liés à
l'augmentation de la [Link] courbe montre que la résistance apparente de la
membrane diminue quand on récupère plus de perméat (Y augmente). Cela reflète
probablement des effets indirects (viscosité, polarisation) plutôt qu'une vraie diminution de la
résistance physique de la membrane.
3. Les conditions optimales de dessalement d'une eau de concentration C0 se
déduisent des deux courbes :
- La pression ΔPe optimale est déterminée par le point précédant l'augmentation exponentielle
de Rm2, typiquement entre 500 000 et 800 000 Pa ici.
- Le taux de conversion Y optimal peut être poussé jusqu'à 0,7–0,75 grâce à la stabilité de
Rm1, mais doit être limité par la montée de Rm2 et les risques de précipitation liés à C0.
-L'optimum global est le couple (ΔPe, Y) qui maximise le flux d'eau douce tout en
minimisant l'augmentation de Rm2 et en garantissant une qualité de perméat constante. »
13
En pratique : Pour notre système, travailler à ΔPe ≈ 600 000 Pa avec Y ≈ 0,7 semble un bon
point de départ optimal, à ajuster selon l'évolution de Rm et la concentration réelle C0.
4. Conclusion
Ce travail pratique sur l’osmose inverse nous a permis d’étudier expérimentalement le
comportement d’une membrane sous pression et d’en déduire les conditions optimales de
fonctionnement pour le dessalement. Nous avons observé que l’augmentation de la pression
améliore initialement le débit de perméat, mais qu’au-delà d’un seuil d’environ 800 000 Pa, la
résistance hydraulique augmente fortement en raison de la compaction de la membrane et du
colmatage accéléré. Par ailleurs, le taux de récupération en eau (rapport QP/QA) influe sur la
résistance apparente du système, bien que la résistance propre de la membrane reste
relativement stable. En croisant ces résultats, nous en déduisons que les conditions optimales
se situent autour d’une pression de 600 000 à 800 000 Pa et d’un taux de récupération
d’environ 70 %, permettant de maximiser la production d’eau douce tout en limitant
l’encrassement et la dégradation de la membrane. Cette analyse nous offre ainsi une base
concrète pour régler et exploiter de manière efficace et durable une unité d’osmose inverse
dans un contexte industriel ou expérimental.
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