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Le Microcrédit

Le microcrédit, développé par Muhammad Yunus, permet d'accorder de petits prêts à des entrepreneurs sans accès aux banques, favorisant ainsi la création de richesse dans les pays en développement. Il se distingue par son approche centrée sur la personne plutôt que sur le projet, visant à émanciper les exclus et à réduire le coût social du chômage. Bien qu'efficace pour revitaliser l'économie locale et réduire les inégalités, le microcrédit a ses limites et ne peut pas résoudre la grande précarité sans un cadre réglementaire adéquat.
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Le Microcrédit

Le microcrédit, développé par Muhammad Yunus, permet d'accorder de petits prêts à des entrepreneurs sans accès aux banques, favorisant ainsi la création de richesse dans les pays en développement. Il se distingue par son approche centrée sur la personne plutôt que sur le projet, visant à émanciper les exclus et à réduire le coût social du chômage. Bien qu'efficace pour revitaliser l'économie locale et réduire les inégalités, le microcrédit a ses limites et ne peut pas résoudre la grande précarité sans un cadre réglementaire adéquat.
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Le microcrédit

Introduction
Le microcrédit trouve son origine ancienne dans les mutuelles de crédit agricole créées en Europe à la fin
du XIXe siècle. Le système a été repris, adapté puis développé par le professeur d'économie Muhammad
Yunus au cours des 30 dernières années (1983). Il a connu son essor dans les pays en développement où il
permet de concrétiser des microprojets favorisant ainsi l'activité et la création de richesse.
L'activité de microcrédit consiste généralement en l'attribution de prêts de faibles montants à des entrepreneurs ou
des artisans qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques. Il s'inscrit dans une sphère plus complète. Le
micro-financement comprend d'autres outils financiers tels que la micro-épargne, service de dépôt qui permet à un
individu d'engranger de faibles sommes d'argent pour une utilisation future et de faire face à des dépenses
imprévues ou planifier de futurs investissements mais aussi, la micro-assurance, système par lequel un individu
effectue un paiement pour partager le risque. Cela permet à l'entrepreneur de se concentrer sur la croissance de son
entreprise tout en atténuant les risques qui affectent la pauvreté, la santé ou la capacité à travailler.
L'objectif du microcrédit est de promouvoir un secteur financier ouvert qui permet de soutenir la pleine
participation des secteurs de la population à faible revenu et favoriser la croissance économique.
Le mécanisme du microcrédit
Avant d'accorder un financement, les établissements financiers se servent d'un business plan bâti sur des
hypothèses. Ils utilisent alors des modèles statistiques basés pour évaluer les risques. En l'absence de données
historiques (états financiers, fonctionnement de compte…), le financement de la création se trouve de fait exclu de
ce mode d'évaluation. Les établissements financiers sont alors conduits à rechercher un niveau d'apport personnel
cohérent par rapport à la demande de prêt et des garanties, notamment sous forme de caution, ce qui suppose que le
créateur ait un patrimoine. Si celui-ci se trouve en situation de précarité et qu'il ne dispose pas de patrimoine,
l'entrepreneur se voit refuser son financement. C'est pour contourner ces difficultés que le microcrédit est mis en
place. La première est le financement de projets par l'intermédiaire du microcrédit adapté au marché français. Cela
passe par un montant du prêt initial plus élevé que dans d'autres pays du sud du fait du contexte économique ou par
des conditions particulières. La deuxième mission peut se résumer à l'accompagnement du nouvel entrepreneur en
ce qui concerne les formalités, la formation, le marketing… La difficulté consiste à concilier une approche qui se
veut sociale mais dans un contexte de libéralisme économique régulé. En effet, les exclus sont invisibles en tant
qu'acteurs économiques potentiels car ils sont jugés sur leur statut s'assisté et en fonction de leurs ressources
financières et non plus de leurs compétences et capacités. Le but est de faire renaître chez l'exclu ses valeurs
personnelles et son droit à l'initiative économique. C'est pourquoi, il vaut mieux ne pas distribuer des subventions
mais accorder des prêts dont le remboursement est destiné à dégager des bénéfices. Les objectifs du prêteur comme
de l'emprunteur sont alignés dans le sens de la rentabilité et de la pérennité de l'entreprise créée.
Fonctionnement et impact social du microcrédit
Puisque l'originalité du microcrédit par rapport au crédit classique est d'être orienté vers une cible
nouvelle, les pauvres ou les exclus, la logique de sélection doit renoncer à l'approche projet et à sa
viabilité pour se porter sur la personne, sa motivation, son sens de la débrouillardise, les réseaux dont il
dispose, sa personnalité. Ainsi, Mme H, Rmiste de 55 ans, 4 enfants à charge, ne trouve pas d'emploi salarié en
raison de son âge et se trouve en situation d'exclusion bancaire et sociale. Elle a pratiqué la vente de vêtement
pendant dix ans de façon informelle dans un quartier populaire de Marseille. Elle porte maintenant un projet de
magasin de prêt-à-porter et a besoin de 2000 € pour financer le stock de départ. On constate ainsi que le
microcrédit permet de sortir de l'assistance et, dans ce cas précis, promeut l'émancipation des femmes.
En guise de conclusionL'octroi de microcrédit servant à la création d'entreprises permet de réduire
le coût social du chômage. Le coût de financement de la création d'une entreprise représente à
peine 25 % du coût d'un chômeur, évalué à 20 000 euros
L'octroi de microcrédit servant à la création d'entreprises permet de réduire le coût social du chômage. Le coût de
financement de la création d'une entreprise représente à peine 25 % du coût d'un chômeur, évalué à 20 000 euros
par an. Cela permet parfois de réintégrer des activités non déclarées dans l'économie officielle. Parallèlement, la
création d'entreprise permet de revitaliser les quartiers sensibles et les zones rurales devenues économiquement
désertes grâce au développement de services ou de commerces de proximité. Plus fondamentalement, le
microcrédit favorise la prise en charge des citoyens par eux-mêmes, leur ouvre des perspectives et réduit l'inégalité
des chances.
Ses limites sont réelles. Il est une contribution utile au développement économique et social mais ne peut être un
instrument de lutte contre la grande précarité. Il ne fonctionne que dans un cadre réglementaire favorable. Reste
que la réinsertion économique sur un projet personnel est source de confiance retrouvée, ce qui contribue à
redonner de la densité au lien social.
[1] Cette étude a été synthétisée par Benek Eraydin

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