Guide de PSGA
Guide de PSGA
SURVEILLANCE DE LA GROSSESSE ET
DU POST-PARTUM
Edition Décembre
2011
Préface
La Déclaration du Millénaire, adoptée par les dirigeants de la planète en septembre 2000, est concrétisée
par huit Objectifs du Millénaire pour le Développement mesurables. Le cinquième objectif vise à
améliorer la santé maternelle et se traduit par la réduction de trois quarts du taux de mortalité maternelle
entre 1990 et 2015.
La mortalité maternelle est l’indicateur révélateur de la condition féminine, de l’accès des femmes aux
soins de santé et de la façon dont le système de santé répond à leurs besoins. L’amélioration de l’offre
de soins à tous les niveaux de prise en charge de la femme enceinte notamment la surveillance de la
grossesse et du postpartum y compris le système d’évacuation constitue un élément déterminant du
problème.
Dans notre pays, le Ministère de la Santé s’est engagé dans la réduction de ce fléau à travers la mise
en place d’un plan d’action qui répond aux objectifs du millénaire pour le développement à l’horizon
2015 (Objectifs 4 et 5) dont la promotion de la santé de la mère et du nouveau-né constitue l’une des
principales priorités par la fixation des objectifs de réduction de la mortalité maternelle à 50/100000
naissances vivantes et la réduction de la mortalité infantile à 15/1000 naissances vivantes.
Les efforts déployés jusqu’à présent ont abouti à une amélioration notable de la santé maternelle. Selon les
résultats de l’Enquête Nationale Démographique à passages répétés 2009-2010 du Haut Commissariat
au Plan, on note une régression du taux de mortalité maternelle de presque 50% par rapport aux données
enregistrées en 2004.
La grossesse est un événement naturel qui se déroule normalement pour la majorité des femmes enceintes
et pour améliorer le confort de la femme enceinte et identifier d’éventuelles difficultés ou complications
de la grossesse et de l’accouchement, le suivi prénatal et postnatal sont nécessaires.
Afin que les professionnels de santé puissent fournir d’une manière judicieuse et efficace des soins
de qualité pendant la grossesse, l’accouchement et le post-partum, prenant en compte les besoins
de la mère et du nouveau-né, il faudrait développer un comportement nouveau et renforcer leurs
compétences en mettant à leur disposition un document de référence pour la pratique quotidienne.
C’est dans ce contexte qu’a été élaboré ce manuel à l’usage des professionnels de santé.
Nous espérons que ce manuel soit utile pour les gestionnaires, les responsables de programmes de santé
maternelle et infantile ainsi que les prestataires de soins et qu’il guidera leur feuille de route en direction
des besoins de santé de toutes les mères et de tous les nouveau-nés.
Nous possédons les connaissances, notre défi majeur est maintenant de les mettre en pratique et que
notre action atteigne les femmes et les enfants qui en ont le plus besoin.
YASMINA BADOU
Ministre de la Santé
3
REMERCIEMENTS
Les membres de la Direction de la Population tiennent à remercier vivement toutes les personnes qui ont
contribué de près ou de loin à l’élaboration de ce manuel.
Ce manuel a été conçu grâce à l’appui et l’engagement du Docteur Lahlou Khalid, Directeur de la
Population et grâce aux orientations du Docteur Charradi Mohammed, Chef de la Division de la Santé
Maternelle et Infantile conformément aux directives stratégiques du Plan National du Ministère de la
Santé 2008-2012.
Il devra être un outil de travail et un appui pratique aux professionnels de santé chargés des activités
de surveillance de la grossesse et du post partum et sera également un document de référence pour les
étudiants des facultés de médecine et des élèves des Instituts de Formation aux Carrières de Santé.
Il est le résultat d’un travail assidu et soutenu d’une équipe multidisciplinaire constituée de cadres du
Ministère de la Santé des niveaux central et périphérique et des professeurs universitaires gynécologues,
obstétriciens et pédiatres.
Nos remerciements vont aussi à l’UNICEF pour le support technique, financier ainsi que l’engagement
en vue de contribuer à l’atteinte des objectifs du Ministère de la Santé fixés pour l’an 2012.
A ce titre, des remerciements particuliers sont sincèrement dirigés à toutes les personnes qui ont
contribué à l’élaboration, à la rédaction et à la lecture de ce document pour leurs apports techniques et
scientifiques qui ont permis d’enrichir son contenu :
Dr Houria RHARBAOUI ;
4
TABLE DES MATIERES
ACRONYMES ................................................................................................................................... 7
INTRODUCTION ............................................................................................................................ 9
OBJECTIFS DU MANUEL .......................................................................................................... 11
PARTIE I : SURVEILLANCE DE LA GROSSESSE ............................................................ 13
1. CONSULTATION PRENATALE .............................................................................................. 14
1.1 DEFINITION ......................................................................................................................... 14
1.2 OBJECTIFS ........................................................................................................................... 15
1.3. PREMIERE CONSULTATION PRENATALE OU CONSULTATION DU PREMIER
TRIMESTRE .................................................................................................................... 15
1.4. DEUXIEME CONSULTATION PRENATALE OU CONSULTATION DU DEUXIEME
TRIMESTRE ..................................................................................................................... 22
1.5. TROISIEME CONSULTATION PRENATALE OU CONSULTATION DU 8ème MOIS ..... 25
1.6. QUATRIEME CONSULTATION PRENATALE OU CONSULTATION DU 9ème MOIS .....30
2. DEPISTAGE ET PRISE EN CHARGE DES PATHOLOGIES COMPLIQUANT LA
GROSSESSE ............................................................................................................................... 31
2.1. REFERENCES DES CAS AVEC PROBLEMES COMPLIQUANT LA GROSSESSE ..... 31
2.2. LES SIGNES D’ALARME EN DEBUT DE TRAVAIL ...................................................... 34
2.3. INDICATIONS DES CESARIENNES PROPHYLACTIQUES .......................................... 35
2.4. CONDUITE A TENIR DEVANT DES METRORAGIES AU COURS DE LA
GROSSESSE ................................................................................................................................ 36
2.5. DEPISTER ET PRENDRE EN CHARGE UNE PRE-ECLAMPSIE .................................. 40
2.6. DEPISTER ET PRENDRE EN CHARGE UNE ANEMIE FERRIPRIVE .......................... 45
2.7. DEPISTER ET PRISE EN CHARGE DU DIABETE ET GROSSESSE ............................ 47
2.8. DEPISTER ET PRENDRE EN CHARGE UNE CARDIOPATHIE ET GROSSESSE ........ 52
2.9. DEPISTER ET PRENDRE EN CHARGE UNE FIEVRE PENDANT LA GROSSESSE ....55
2.10. DEPISTER ET PRENDRE EN CHARGE DES PERTES VAGINALES ........................... 59
2.11. DEPISTER ET PRENDRE EN CHARGE UNE SYPHILIS .............................................. 60
2.12. DEPISTER ET PRENDRE EN CHARGE UNE INFECTION AU VIH ........................ 62
2.13. CONDUITE DEVANT UNE TOUX OU DIFFICULTES RESPIRATOIRES .................... 63
2.14. DEPISTER ET PRENDRE EN CHARGE LA GROSSESSE MULTIPLE ......................... 64
2.15. PREVENTION ET PRISE EN CHARGE DE LA MENACE D’ACCOUCHEMENT
PREMATURE ..................................................................................................................... 66
2.16. DEPISTER, PREVENIR ET PRENDRE EN CHARGE L’ALLO-IMMUNISATION
FŒTO-MATERNELLE ....................................................................................>................72
2.17. CONDUITE A TENIR DEVANT L’ABSENCE DE MOUVEMENTS FŒTAUX ACTIFS
(MFA) ................................................................................................................................. 74
PARTIE II SURVEILLANCE DU POST PARTUM ............................................................... 75
1. CONSULTATION DU POST PARTUM OU CONSULTATION POSTNATALE ................. 76
1. 1. DEFINITION DU POST PARTUM ...................................................................................... 76
5
1. 2. OBJECTIFS DES CONSULTATIONS DU POST PARTUM ............................................. 76
1.3. ETAT MATERNEL DANS LE POST PARTUM .................................................................. 76
1. 4. CONSULTATIONS MATERNELLES DU POST PARTUM .............................................. 77
1. 5. CONSULTATIONS POST NATALES DU NOUVEAU-NE ............................................... 79
2. POST-PARTUM PATHOLOGIQUE ....................................................................................... 84
2 .1. POST-PARTUM PATHOLOGIQUE CHEZ LA MERE ..................................................... 84
2.2. PATHOLOGIES NEONATALES DU POST-PARTUM CHEZ LE NOUVEAU-NE .......... 89
PARTIE III MESURES PRÉVENTIVES .................................................................................. 93
1. INFORMER ET CONSEILLER EN MATIÈRE DE NUTRITION ET HYGIENE DE VIE
DE LA FEMMME ENCEINTE ................................................................................................. 94
1.1. ALIMENTATION DE LA FEMME ENCEINTE ET DE LA FEMME ALLAITANTE ..... 94
1.2. CONSEILS HYGIENO-DIETETIQUES POUR LA FEMME ENCEINTE ET LA FEMME
ALLAITANTE ................................................................................................................... 96
2. INFORMER ET CONSEILLER EN MATIERE DE PLANIFICATION FAMILIALE ..... 99
3. RECOMMANDATIONS PARTICULIÈRES POUR SOUTENIR LES FEMMES
VICTIMES DE VIOLENCE .................................................................................................... 100
4. VACCINS ET GROSSESSE ..................................................................................................... 101
PARTIE IV PLANIFICATION ET GESTION DES ACTIVITES DE SURVEILLANCE
DE LA GROSSESSE ET DU POST-PARTUM .................................................. 103
INTRODUCTION ............................................................................................................................. 104
1. PLANIFICATION DES ACTIVITES ...................................................................................... 104
1.1. ETAT DEX LIEUX ET ANALAYSE DE LA SITUATION ................................................ 104
1.2. FIXATION DES OBJECTIFS OPERATIONNELS ............................................................ 105
1.3. DETERMINATION DE LA POPULATION CIBLE DU PROGRAMME ......................... 105
1.4. DETERMINATION ET PROGRAMMAATION DES MOYENS, DES ACTIONS ET DES
ACTIVITES ..................................................................................................................... 105
1.5. PLAN DU SUIVI ET D’EVALUATION DU PROGRAMME .......................................... 108
1.6. BESOINS EN MATERIEL, PRODUITS (médicaments, fongibles...), SYSTÈME
D’INFORMATION ........................................................................................................... 109
2. DOMAINES DE GESTION DU PROGRAMME .................................................................. 109
PARTIE V ANNEXES .................................................................................................................. 111
Annexe 1. LA PREPARATION A LA NAISSANCE ..................................................................... 112
Annexe 2. FICHE TECHNIQUE SUR LA CLASSE DES MERES ............................................ 118
Annexe 3. CONSULTATIONS PRÉ ET POST NATALES / EQUIPEMENTS ET MÉDICAMENTS
ESSENTIELS ...................................................................................................................... 121
Annexe 4. UTILISATION DU SULFATE DE MAGNESIUM ...................................................... 125
Annexe 5. LES SUPPORTS D’INFORMATION ET DE SUIVI .................................................. 126
BIBLIOGRAPHIE ........................................................................................................................ 135
6
ACRONYMES
7
Méthode SWOT S-trengths (forces), W-eaknesses (faiblesses),
O-pportunities (opportunités), T-hreats (menaces).
MFIU Mort Foetale In Utero
MSR Maternité sans risque
N1 N2 N3 Niveau 1, 2, 3
NFS Numération formule sanguine
NV Naissance vivante
OAP Œdème Aigu du Poumon
OMI Oedème des membres inférieurs
OMS Organisation mondiale de la santé
ORL Oto-rhino-laryngologie
PAD Pression artérielle diastolique
PAM Pression artérielle moyenne
PAS Pression artérielle systolique
PPI Post-partum immédiat
PPP Post-partum précoce
PPT Post-partum tardif
PRP Diamètre promonto-retro-pubien
PTME Prévention de transmission mère enfant
RAI Recherche d’agglutinines irrégulières
RCF Rythme Cardiaque Fœtal
RCIU Retard de croissance intra utérine
ROT Reflexes ostéo-tendineux
RPDE Rupture prématurée de la poche des eaux
RPM Rupture prématurée des membranes
SDRA Syndrome de Détresse Respiratoire Aigue
SRO Réhydratation orale
SMI Santé maternelle et infantile
TA Tension artérielle
TM Diamètre transverse médian
TP Taux de prothrombine
TCA Temps de céphaline activé
TPHA Méthode à antigène tréponèmique
TV Toucher vaginal
UI Unité internationale
VAR Vaccination anti-rougeole
VAT Vaccin antitétanique
VDRL Méthode à antigène non tréponèmique
VME Version par Manoeuvres Externes
VPO Vaccin par voie orale
8
INTRODUCTION
Depuis la fin des années quatre vingt, l’amélioration de la santé maternelle et la réduction des
décès maternels et néonatals ont été au centre des préoccupations de plusieurs sommets et
conférences internationaux.
Ceci a été concrétisé par l’engagement à l’échelle internationale, des stratégies visant à réduire
le taux de la mortalité maternelle et néonatale en accord avec les objectifs du Millénaire pour
le Développement.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le décès maternel correspond au décès d’une
femme survenu au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours après sa terminaison,
quelle qu’en soit la durée ou la localisation, pour une cause quelconque déterminée ou aggravée
par la grossesse ou les soins qu’elle a motivés, mais qui ne résulte pas de causes accidentelles
ou secondaires.
A l’échelle nationale, les orientations du Programme de la Maternité Sans Risque ont été
adoptées par le Ministère de la Santé afin de contribuer à la réduction de la mortalité maternelle
et néonatale et ce à travers les phases historiques suivantes :
• Année 50-70: Protection Maternelle et Infantile (PMI) ;
• Année 1987: Restructuration en Programme de Surveillance de la Grossesse et de
l’Accouchement (PSGA) ;
• Année 1990: le PSGA érigé en Service de Protection de la Santé de la Mère ;
• Année 1995: Mise en œuvre des Soins Obstétricaux Néonatals d’Urgence (SONU) basés
sur « le Modèle des trois délais » ;
• 1998: Extension des SONU à l’ensemble du Royaume ;
• A partir de 2008: Mise en place du plan d’accélération de la réduction de la mortalité
maternelle et néonatale.
Ce plan d’action est basé sur trois axes stratégiques :
o Axe 1: Réduction des barrières d’accès aux Soins Obstétricaux et Néonatals
d’Urgence et amélioration de la disponibilité d’un personnel qualifié dans les structures
d’accouchement;
o Axe 2 : Amélioration de la qualité de prise en charge de la grossesse et de l’accouchement;
o Axe 3 : Amélioration du pilotage du programme de lutte contre la surmortalité
maternelle et néonatale.
Au niveau national, malgré les efforts déployés, on note la persistance des écarts entre le milieu
urbain et le milieu rural, comme le montre l’Enquête Nationale Démographique à passages
répétés 2009-2010, HCP ; le taux de mortalité maternelle a atteint 112 pour 100 000 naissances
9
vivantes soit 148 en milieu rural contre 73 en milieu urbain et le taux de mortalité infantile est
de 30,2 pour 1000 naissances vivantes avec 35,3 pour 1000 pour le milieu rural contre 25,3
pour 1000 en milieu urbain . En plus l’amélioration de la qualité de prise en charge des femmes
enceintes nous interpelle à relever les défis pour atteindre les objectifs escomptés.
10
OBJECTIFS DU MANUEL
OBJECTIF GÉNÉRAL
Fournir les éléments de référence aux professionnels de santé pour la mise en œuvre des activités
de surveillance de la grossesse et du post partum.
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES
Le présent manuel permet aux professionnels de santé de :
- Mettre à jour les connaissances globales en matière de :
• Consultations prénatales ;
• Diagnostic de la grossesse et l’âge gestationnel ;
• Consultations postnatales ;
• Examen clinique de la femme et du nouveau-né.
Ce manuel met en œuvre l’ensemble de ces actions en s’inspirant des questions suivantes :
• Pourquoi dépister une anomalie ?
• Chez qui dépister parmi les femmes enceintes ?
• Quand dépister pour être efficace ?
11
• Comment dépister ?
• Comment surveiller?
• Que faire ?
Cependant, la prise de décision ne peut être optimale que si elle a été précédée au bon
moment par un dépistage correct qui relève de tous.
12
PARTIE I
SURVEILLANCE DE LA GROSSESSE
La Santé Maternelle et Infantile (SMI) est l’ensemble des activités préventives, curatives
et promotionnelles qui contribuent à l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant. La
SMI a été intégrée dans les Etablissements de Soins de Santé de base (ESSB), elle s’adresse
essentiellement aux femmes en âge de procréer (15-49 ans) et aux enfants de moins de cinq
ans (0-5 ans).
Les prestations offertes à la mère et au nouveau-né sont diversifiées de la grossesse à
l’accouchement et au post-partum:
• Surveillance de la grossesse ;
• Dépistage et prise en charge des grossesses à risque ;
• Promotion de l’accouchement en milieu surveillé ;
• Consultations du post-partum du couple mère nouveau-né ;
• Planification familiale ;
• Lutte contre les infections sexuellement transmissibles/ sida ;
• Information éducation, communication.
1. CONSULTATION PRENATALE
1.1 DEFINITION
La consultation prénatale est une consultation clinique. Elle permet une prise en charge globale
de la femme enceinte et du fœtus par un personnel qualifié.
14
1.2 OBJECTIFS
OBJECTIF GENERAL
Accompagner les femmes enceintes, dépister les risques précocement lors des différentes
consultations afin de réduire la morbidité et la mortalité maternelle et périnatale ainsi que le
handicap lié à une pathologie de la grossesse ou de l’accouchement.
OBJECTIFS SPECIFIQUES
• Accueillir, écouter, informer et conseiller la femme enceinte ;
• Confirmer le diagnostic de la grossesse ;
• Assurer le suivi de la grossesse ;
• Dépister et prendre en charge les pathologies gravidiques et ou associées à la grossesse ;
• Sensibiliser les femmes sur l’importance du suivi régulier de la grossesse et de
l’accouchement en milieu surveillé.
1.3. PREMIERE CONSULTATION PRENATALE OU CONSULTATION
DU PREMIER TRIMESTRE
La première consultation prénatale doit avoir lieu avant 15 Semaines d’Aménorrhée (SA).
1.3.1. OBJECTIFS
Les objectifs de cette consultation sont:
• Confirmer la grossesse ;
• Préciser le début de la grossesse et le terme ;
• Evaluer les facteurs de risque ;
• Appliquer les mesures préventives prioritaires (anémie, tétanos néonatal, transmission
mère-enfant du VIH…) ;
• Appliquer les actions curatives selon le cas ;
• Établir un plan de surveillance ;
• Fournir des conseils.
1.3.2. DEROULEMENT
La consultation prénatale doit se dérouler dans un cadre humanisé. L’accueil et l’entretien
devront constituer une étape importante de la consultation prénatale. En effet, l’histoire sociale,
médicale et obstétricale de la femme aide à définir le contexte de la grossesse et à en établir le
pronostic.
[Link]. ANAMNESE
[Link].1. CONFIRMER LA GROSSESSE
• L’entretien avec la femme permet de :
- Préciser la date des dernières règles (DDR) et l’apparition des signes sympathiques
de la grossesse ;
- Calculer l’âge gestationnel en semaines d’aménorrhée pour préciser le terme de la
grossesse ;
• La datation de la grossesse d’après la DDR est d’autant plus précise que la femme :
- Connaît la date des dernières règles avec précision ;
- N’était pas sous contraception ;
- A des cycles réguliers.
15
• La connaissance de l’âge gestationnel permet de :
- Fixer le calendrier des consultations prénatales ;
- Préciser la période présumée de l’accouchement.
• Le diagnostic de la grossesse sera basé sur les signes classiques de probabilité et de
certitude.
• Les signes biologiques de grossesse sont représentés par :
Le maximum de précisions doit être obtenu à travers l’entretien et les documents précis tirés
des dossiers antérieurs.
Dans certaines affections, le risque de récidive existe, souvent au moment même où la précédente
pathologie s’est produite.
En cas d’antécédents de malformations congénitales et de pathologies génétiques, l’enquête
génétique, si elle n’a pas été faite en période préconceptionnelle, est indispensable dès le début
de la grossesse.
16
Antécédents obstétricaux Risques potentiels
Avortement spontané Récidive
Avortement spontané tardif Récidive
Accouchement prématuré
Maladie abortive supérieur à 2 avortements Récidive très importante +++
Mort fœtale in utero Récidive
Accouchement prématuré Récidive (risque x 2 à 3)
RCIU Récidive
Macrosomie Récidive - Diabète
Malformation fœtale Récidive
Anomalie chromosomique Récidive
Maladie héréditaire génétique Récidive
Allo-immunisation Récidive
b. Antécédents gynécologiques
Facteurs gynécologiques Risques potentiels
Antécédents infectieux pelviens, pathologie tubaire Grossesse Extra Utérine (GEU)
connue
Endométriose Avortement
Malformation utérine Avortement
Fibromyomatrose utérine AP, avortement, RCIU, hématome
rétro placentaire
Les grossesses survenant après infécondité nécessitent un suivi spécialisé dès le premier
trimestre.
c. Antécédents médicaux et chirurgicaux
Toutes les maladies préexistantes à la grossesse entraînent un risque d’aggravation de la
morbidité périnatale. La surveillance doit être multidisciplinaire car le bon déroulement de la
grossesse dépend autant du traitement de la maladie que de la surveillance prénatale.
17
Épilepsie Aggravation, risque malformatif
Traumatisme du bassin et de la colonne Dystocie
Hépatite, VIH Transmission mère-enfant;
Anémie Accouchement à risque,
RCIU, AP,
Forte myopie Décollement de rétine si
accouchement par Voie Basse
d. Facteurs individuels et sociaux
Ils jouent un rôle important dans la genèse de l’accouchement prématuré, certains sont connus
d’autres le sont moins car moins bien étudiés, notamment les facteurs psychologiques.
18
Facteurs Risques potentiels
Âge inférieur à 16 ans Accouchement Prématuré.
Âge supérieur à 38 ans Aberration chromosomique,
AP, hypertension, morbidité
périnatale.
Maigreur RCIU, Accouchement Prématuré,
Obésité Diabète gestationnel, HTAG,
Macrosomie ;
Taille inférieure à 1,50 m RCIU, dystocie
b. Mesure de la pression artérielle
- La tension artérielle doit être prise à chaque consultation ;
- Après un repos de 15 mn en position assise avec un brassard adapté (prise en deux reprises);
- Une systolique supérieure ou égale à 140 mm Hg et/ou une diastolique supérieure ou égale
à 90 mm Hg est pathologique.
c. Recherche d’une glycosurie et d’une albuminurie
La recherche doit être systématique à chaque consultation
19
g. Examen de l’abdomen
L’examen de l’abdomen permet :
• la recherche de cicatrice
• la palpation du foie, de la rate et des fosses lombaires.
h. Examen des membres inférieurs
L’examen systématique des membres inférieurs permet notamment de rechercher des varices.
i. Examen de l’état buccodentaire
L’examen buccodentaire permet de rechercher une carie, une maladie parodontale ou des
gencives.
[Link].2. EXAMEN OBSTETRICAL
Il doit être pratiqué sur table gynécologique, vessie et rectum vides.
a. Auscultation des bruits du cœur
Les bruits du cœur fœtal ne sont perçus que vers la 11ème Semaine d’Aménorrhée (SA), à l’aide
d’un appareil à effet Doppler.
b. Palpation
Elle est peu informative avant huit Semaine d’Aménorrhée (SA).
c. Examen de la vulve et du périnée
Il permet la recherche de :
• Lésions cutanéo-muqueuses (condylomes, herpès) ;
• Cicatrices ;
• Pathologie veineuse (varices vulvaires, hémorroïdes) ;
• Accentuation de la pigmentation des organes génitaux externes.
d. Examen au spéculum
L’examen au spéculum est fait systématiquement :
• En début de grossesse ;
• En cas de leucorrhées pathologiques, d’un écoulement de liquide ou de métrorragies.
20
e. Toucher vaginal
Le toucher vaginal permet d’apprécier :
• la taille de l’utérus, l’augmentation du volume ne peut être affirmée avant un mois de
grossesse (six SA) ; Il présente un diamètre d’environ sept cm (taille d’un citron) à
sept SA, 10 cm (taille d’une orange) à 10 SA et à 12 SA (taille d’un pamplemousse).
• la forme de l’utérus se modifie également ; Piriforme en dehors de la grossesse,
il devient sphérique. Le doigt qui suit le cul de sac latéral au lieu de s’enfoncer
librement butte contre le pourtour évasé de l’utérus (signe de Noble).
• La consistance de l’utérus devient, elle aussi, différente. Le ramollissement de l’isthme
utérin est connu sous le signe de Hégar. Pour le rechercher, les doigts vaginaux se
placent en arrière du col, la main abdominale va à leur rencontre en rasant le bord
supérieur du pubis. Ce signe est souvent inconstant.
Signe de Hégar
[Link]. EXAMENS COMPLEMENTAIRES
a. Examen échographique du 1er trimestre
L’échographie du 1er trimestre est à réaliser entre 12 et 14 SA. Elle a pour intérêt de:
• Confirmer une grossesse intra-utérine évolutive
• Dater la grossesse et préciser la période présumée de l’accouchement
• Détecter une grossesse multiple
• Rechercher des anomalies : grossesse extra-utérine, grossesse molaire,
• Mesurer la clarté nucale
b. Examens biologiques
Les Examens à prescrire lors de la 1ère consultation de suivi de grossesse sont :
• Le groupage sanguin et facteur Rh,
• La numération formule sanguine (NFS),
• La recherche d’agglutinines irrégulières si rhésus négatif
• La sérologie de la rubéole,
• La sérologie de la toxoplasmose,
• Le VDRL et le TPHA,
• Autres examens complémentaires si nécessaires (Ag HBs, glycémie,…),
• Le test VIH est à proposer.
21
[Link]. PRESCRIPTION DE MÉDICAMENTS
Une supplémentation systématique en fer et en folate doit être préconisée pour toute femme
enceinte dès le premier contact avec la formation sanitaire.
22
1.4.2. DEROULEMENT
[Link]. ANAMNESE
• Se renseigner sur le déroulement de la grossesse depuis la dernière consultation.
• Demander à la femme si elle perçoit les mouvements fœtaux (normalement présents à partir
de la 20 SA) ;
• Chercher un signe anormal.
[Link]. EXAMEN CLINIQUE
a. Pesée
La prise de poids moyenne durant la grossesse est de 12 kg : un kg par mois pour les six
premiers mois, puis un kg par 15 jours durant le dernier trimestre.
b. Tension artérielle
La prise de la tension artérielle est pratiquée dans les mêmes conditions qu’au 1er trimestre :
Une systolique supérieure ou égale à 140 mm Hg et ou une diastolique supérieure ou égale à 90
mm Hg, est/sont pathologique(s).
c. Mesure de la hauteur utérine
23
- Macrosomie ;
- Grossesse multiple ;
- Hydramnios.
• Si la hauteur utérine est diminuée par rapport à l’âge gestationnel, il peut s’agir d’une:
- Erreur de datation ;
- Arrêt de la grossesse ;
- Retard de croissance intra-utérine.
d. Palpation abdominale
Elle doit se pratiquer avec des mains réchauffées, posées à plat sur l’abdomen pour déprimer sa
paroi, la palpation permet de situer le fond utérin normalement au niveau de l’ombilic au 4ème
mois et d’évaluer l’augmentation du volume et la souplesse de l’utérus.
e. Auscultation des Bruits Cardiaques Fœtaux (BCF)
• L’auscultation à l’aide d’un stéthoscope obstétrical (stéthoscope de Pinard) est pratiquée à
partir de 20-22 SA ;
• Après localisation du foyer des bruits du cœur qui varie avec le terme, la position, la
présentation et le côté du dos du ou des fœtus ;
• L’auscultation fœtale doit associer le comptage de la fréquence des bruits du cœur qui se
situe entre 120 et 160 bat /min (toute une minute), l’appréciation du rythme et la tonalité.
f. Toucher vaginal
Il est essentiel pour dépister et confirmer une menace d’accouchement prématuré (MAP) par la
recherche des modifications cervicales.
[Link]. EXAMEN ECHOGRAPHIQUE
L’échographie du 2ème trimestre est à réaliser entre 20 et 24 SA dont l’intérêt est d’ :
• Apprécier la croissance et la vitalité fœtale ;
• Etudier la morphologie fœtale ;
• Etudier les annexes fœtales.
[Link]. EXAMENS BIOLOGIQUES
Les examens biologiques préconisés au 2ème trimestre sont :
• recherche de protéinurie aux bandelettes ;
• La NFS si nécessaire ;
• La recherche d’agglutinines irrégulières si rhésus négatif ;
• Le contrôle des sérologies (rubéole et toxoplasmose) ;
• La glycémie est à prévoir entre 24 et 28 SA ;
Si la femme se présente à la consultation prénatale pour la première fois au 2ème trimestre, les
examens suivants doivent être prescrits : le groupage ABO et rhésus, la sérologie (toxoplasmose,
VDRL/TPHA) ainsi que la proposition d’un test VIH.
24
• Anomalie du volume utérin par rapport à l’âge gestationnel;
• Autre(s) pathologie(s) associée(s) à la grossesse.
1.4.4. CONSEILS
Les messages du deuxième trimestre portent sur :
• L’intérêt du suivi de la grossesse;
• Les signes de danger liés au 2ème trimestre ;
• La nutrition et l’hygiène de vie ;
• La participation aux cours des classes des mères ;
• L’intérêt du carnet de santé de la femme.
1.5.1. OBJECTIFS
• Etablir le pronostic d’accouchement après examen de la parturiente ;
• Déterminer le lieu de l’accouchement en tenant compte des facteurs de risque ;
• Prendre en charge les éventuelles anomalies détectées ;
• Préparer la femme à l’accouchement ;
• Prévoir les modalités de l’accouchement : spontané, programmé, par voie basse ou
césarienne.
1.5.2. DEROULEMENT
[Link]. ANAMNESE
Se renseigner sur le déroulement et l’évolution de la grossesse.
[Link]. EXAMEN CLINIQUE
[Link].1. Examen général
• Rechercher une cicatrice abdominale
• Décrire la forme de l’utérus (longitudinal ou transversal)
• Prendre le poids
• Prendre la TA qui doit rester inférieur à 140/90
• Recherche d’œdème.
[Link].2. Hauteur utérine
Elle permet d’apprécier le volume utérin.
Une hauteur utérine à terme supérieure à 35cm est une indication de référence.
25
[Link].3. Palpation abdominale
La palpation abdominale au 3ème trimestre de la grossesse est un élément de diagnostique et de
pronostique qui a pour intérêt :
• D’étudier la consistance, la souplesse ou la tension (relâchement/ contraction) et la
sensibilité de l’utérus à la mobilisation ;
• De situer le ou les fœtus dans l’utérus (présentation, rapports de celle-ci avec le bassin
maternel, position du fœtus, côté du dos et volume) ;
• D’apprécier le contenu utérin : signe du flot (hydramnios) et le volume fœtal (impression
de l’utérus plein de fœtus).
La palpation doit être méthodique, indolore. Elle commence par la région sus-pubienne,
continue par le fond utérin pour terminer par les parois latérales :
• Faite des deux mains posées à plat cherchant par leur face palmaire à délimiter les contours
du pôle fœtal, la pulpe des doigts dirigée en dedans plonge vers l’excavation pelvienne à
travers la paroi abdominale; le pôle céphalique, rond, dur, régulier, est ainsi reconnu si la
présentation est céphalique ;
• Les doigts des deux mains posées à plat sur le fond utérin en le déprimant à travers la
paroi, reconnaissent le siège du fœtus à son plus fort volume, sa consistance moins dure,
ses contours moins réguliers ;
• La meilleure façon de rechercher le dos est d’utiliser la manœuvre de Budin :
- La main gauche placée sur le fond de l’utérus appuie sur le siège du fœtus pour
accentuer la flexion générale de son corps ; le dos devient ainsi plus saillant.
- dépression : le sillon du cou surmonté de la saillie
- Les doigts de l’autre main appuient alternativement des côtés droit et gauche de
l’utérus. D’un côté, ils dépriment facilement sa paroi, de l’autre ils rencontrent un
plan résistant : le dos. Ce plan se continue régulièrement en haut avec le siège. En
bas, il est séparé de la tête par une acromiale.
- Du côté opposé au dos, on peut percevoir plus ou moins nettement les membres du
fœtus sous forme de petites masses fuyantes ;
- Dans les variétés antérieures, le dos est largement accessible au palper; dans les
variétés postérieures, les doigts ne perçoivent souvent que son bord latéral.
26
[Link].4. Auscultation des bruits du cœur du fœtus
Les bruits du cœur du fœtus (BCF) sont auscultés à l’aide d’un stéthoscope obstétrical
(stéthoscope de Pinard) au niveau de la région péri-ombilicale.
27
a. Le détroit supérieur
· On étudie d’abord le diamètre antéro-postérieur ou promonto-rétro-
pubien (sup ou = à 10.5cm)
Le doigt suit la face postérieure du vagin, reconnaît la face antérieure
de la dernière vertèbre sacrée, remonte vers le haut. Le contact
osseux ne peut être maintenu sur le tiers supérieur du sacrum ,
et l’angle sacro vertébral ou promontoire, saillant en avant, reste
inaccessible, même si le périnée est très souple.
· L’arc antérieur (ou moitié du détroit supérieur située en avant du
diamètre transverse médian) peut être entièrement exploré. Le doigt
partant du bord supérieur de la symphyse pubienne, suit d’un côté
puis de l’autre, la crête pectinéale puis la partie antérieure de la ligne
innominée.
28
· Le diamètre bi-ischiatique : Les pouces s’appuient, ongles en dedans sur la face interne
des ischions et l’on mesure à l’aide d’un ruban métrique la distance qui les sépare; on
ajoute 1.5cm pour l’épaisseur des parties molles et des pouces; la distance ainsi obtenue est
normalement de 11cm. Cette mesure n’est qu’approximative.
[Link]. EXAMEN ECHOGRAPHIQUE
L’échographie du 3ème trimestre est à réaliser entre 32 et 34 SA. Elle a pour intérêt:
· D’apprécier la croissance et la vitalité fœtale ;
· De vérifier l’insertion du placenta et son degré de maturité ;
· De vérifier la quantité du liquide amniotique ;
· D’étudier la morphologie fœtale.
29
Ces patientes vont être suivies par des spécialistes en consultation des grossesses à risque.
L’accouchement se fera par voie basse ou par césarienne en fonction de l’indication et des
données obstétricales.
Le lieu d’accouchement est la maternité hospitalière.
c. L’accouchement par césarienne est obligatoire en cas d’un:
• Obstacle prævia ;
• Bassin chirurgical ;
• Utérus cicatriciel défavorable ;
• Antécédent d’accouchement dystocique ;
• Autres situations…
1.5.4. CONSEILS
Les messages du troisième trimestre (8ème et 9ème mois) comportent :
• Les signes de danger liés au 3ème trimestre ;
• L’intérêt de l’accouchement en milieu surveillé et risques d’accouchement à domicile ;
• La préparation à l’accouchement (exercices physiques, Processus du travail et de
l’accouchement, carnet de santé, couche, habillement) ;
• La nutrition et l’hygiène de vie ;
• La gymnastique de la femme enceinte ;
• La Préparation à l’allaitement maternel;
• Les soins et toilette du nouveau né ;
• L’intérêt de la consultation du post partum ;
• La visite de la salle d’accouchement.
1.6.2. DEROULEMENT
La 4ème Visite prénatale ou CPN 4 doit être réalisée au 9ème mois de grossesse au-delà de 36 SA.
La 4ème consultation prénatale consiste principalement en l’appréciation de :
• La hauteur utérine : estimation du poids fœtal et de la quantité de liquide amniotique.
• La présentation par le palper abdominal : sommet, siège, transverse ;
• Le col et de la présentation par le toucher vaginal ;
• L’engagement par le toucher vaginal : signe de Faraboeuf ;
• L’examen de la filière génitale et du périnée ;
• L’exploration du bassin par le toucher vaginal ;
30
• La Scanno-pelvimétrie en cas de nécessité ;
• L’examen échographique ;
• Le bilan biologique (NFS+plaquettes) ;
Si la femme enceinte se présente pour la première fois au cours du 9ème mois de la grossesse, les
examens suivants doivent lui être prescrits :
• Le groupage sanguin et facteur Rh ;
• La NFS.
Ce bilan peut être complété, éventuellement, par d’autres examens en cas de nécessité.
1.6.3. CONSEILS
En plus des conseils de la 3ème consultation du 8ème il faut informer la femme sur l’importance
de l’accouchement dans un établissement de santé.
31
• Remplir une fiche de liaison ;
• Prendre contact avec le lieu de transfert (téléphone) ;
• Accompagner la parturiente en cas de nécessité et de disponibilité ;
• Respecter les conditions et les règles de transfert.
2.1.1. NIVEAUX DE REFERENCE
Les structures sont représentées par trois niveaux :
• Le niveau 1 est le premier contact de la parturiente avec les services de santé.
Il doit pouvoir dispenser les principales fonctions de soins obstétricaux d’urgence de
base (SOUB) ;
• Les niveaux 2 et 3 doivent pouvoir dispenser des soins obstétricaux d’urgence complets
(SOUC) ;
• La référence se fait toujours du niveau 1 vers les niveaux 2 ou 3.
2.1.2. MODALITES DE REFERENCE
• Les modalités de référence sont fonction du type de l’urgence ;
• Les critères de référence sont relatifs aux ressources disponibles de prise en charge des
situations compliquées ou des potentielles urgences obstétricales ;
• Au niveau de l’examen de l’admission, il est impératif de rechercher :
- Les facteurs de risque et d’évaluer la situation obstétricale,
- Les signes d’alarme qui doivent inciter à organiser le transfert précocement.
2.1.3. INDICATIONS DES REFERENCES
Quand référer une femme au cours de la de grossesse ?
• Bassin cliniquement suspect ;
• Primipare de moins de 18 ans et plus de 35 ans ;
• Parité > 5 ;
• Primipare de taille inférieure à 1,5 m ;
• En cas d’antécédents particuliers :
- Antécédent (ATCD) de mort fœtale à répétition ou dernier enfant mort-né ou décédé le
premier jour ;
- Utérus cicatriciel ;
- ATCD d’accouchement dystocique ;
- ATCD de déchirure périnéale du deuxième et troisième degré ;
- Saignement important lors d’un précédent accouchement ;
- Convulsions lors d’un précédent accouchement.
• En cas de pathologie maternelle
- Hypertension artérielle ;
- Protéinurie ;
- Diabète ;
- Cardiopathies ;
- Infection urinaire haute.
• En cas de pathologies obstétricales
- Menace d’accouchement prématuré ;
- Saignement sur col fermé ;
- Rupture prématurée des membranes ;
32
- Incompatibilité fœto-maternelle (IFM) dans le système rhésus ;
- Placenta bas inséré ;
- Présentations non céphaliques évidentes à un mois de la date d’accouchement
prévue ;
- Grossesses multiples.
• En cas d’anomalie de la hauteur utérine en fonction de l’âge de la grossesse :
- HU excessive ;
- HU diminuée ;
Quand référer une femme en début du travail ou qui a entamé le travail?
• En cas d’examen clinique anormal :
- Utérus cicatriciel,
- Hypertension artérielle,
- Hauteur utérine excessive (HU > 34 cm),
- Bassin cliniquement suspect,
- Présentation irrégulière.
• En cas de situation obstétricale anormale :
- Hypertonie utérine ;
- Liquide amniotique méconial (teinté ou purée du pois) ;
- Saignement anormal ;
- Procidence du cordon qui bat ;
- Grossesse multiple ;
- En cas de signes de souffrance fœtale (virage du liquide amniotique, anomalies
des BCF).
Quand référer une femme qui vient d’accoucher ?
• Saignement anormal persistant malgré les thérapeutiques ;
• Délabrement périnéal ;
• Absence de globe utérin de sécurité malgré les utéro toniques ;
• Inversion utérine ;
• Syndrome de pré rupture ;
• Rupture utérine ;
• HTA du post-partum > à 16/10 mm Hg.
2.1.4. CONDITIONS DE TRANSFERT
• L’état de la patiente nécessite souvent une mise en condition en fonction de l’étiologie
avant le transfert ;
- Une éclampsie doit être traitée par un sédatif avant le transfert ;
- Une patiente présentant une hémorragie obstétricale doit être transférée sous
perfusion ;
• Prendre toujours contact avec la structure du transfert, afin de préparer le personnel à la
réception de la patiente.
2.1.5. FICHE DE REFERENCE-CONTRE REFERENCE DOIT COMPORTER
LES ELEMENTS SUIVANTS :
• La date et l’heure de transfert ;
• L’identité de la patiente ;
• Le type de l’urgence ;
33
• L’état de gravité ;
• L’évolution de l’état de la femme pendant son hospitalisation (si elle a été hospitalisée) ;
• La prise en charge initiale dans sa globalité ;
• Le traitement en cours ;
• L’identité de la personne qui a organisé le transfert ;
• Le niveau qui reçoit la référence doit répondre par une contre référence qui permet une
mise à niveau constante des connaissances (formation médicale continue).
La partie contre référence comporte : la date, le diagnostic et les décisions prises (les
thérapeutiques prescrites, le bilan demandé…).
34
2.3. INDICATIONS DES CESARIENNES PROPHYLACTIQUES
Césariennes prophylactiques d’indication maternelle
• Lésion compliquée des parties molles maternelles.
• Malformation utérine, vaginale
• Fistule vésico ou recto vaginale traitée ou non ;
• Utérus cicatriciel :
- Utérus cicatriciel associé à une autre anomalie (macrosomie, siège, bassin anormal….)
- Utérus bi ou multi cicatriciel
• Tare médicale maternelle grave (cardiopathie décompensée, troubles neurologiques
sévères en dehors de la paraplégie traumatique, indications posées en raison de
l’impossibilité de déclenchement du travail par voies naturelles).
Césariennes prophylactiques d’indication maternelle et fœtale
• Grossesse à risque, avec souffrance fœtale chronique ;
- Allo immunisation rhésus ;
- Pré éclampsie sévère
• Indications médicales - Grossesse prolongée avec impossibilité de
déclenchement par voie basse ;
• Retard de croissance intra-utérin (hypotrophie)
• Présentation dystocique (transverse…)
• Indications obstétricales • Présentation du siège et anomalie (rétrécissement
pelvien, primipare âgée)
Césariennes prophylactiques pour indication mécanique
Rétrécissement du détroit supérieur :
• PR.P < 9 cm
• T.M <10.5 cm,
• Dystocie osseuse • Indice du détroit supérieur <21cm
Rétrécissement du détroit moyen:
• Diamètre bisciatique < 9cm.
Rétrécissement du détroit inférieur :
• Diamètre bi-ischiatique < 8,5cm.
Bassin asymétrique :
• Diamètres sacro-iliaque présentant une différence de
plus de 3 cm.
• Bassin obstrué (fracture, tumeur osseuse)
spondylolisthésis.
• Kyste de l’ovaire prævia ;
• Obstacle prævia • Myome prævia ;
• Placenta prævia recouvrant ;
• Autres tumeurs prævia (rein pelvien, kyste hydatique).
• Dystocie des parties molles • Diaphragme vaginal
• Hypoplasie cervicale
• Cancer du col.
35
2.4. CONDUITE A TENIR DEVANT DES METRORAGIES AU COURS
DE LA GROSSESSE
Toute métrorragie, même minime, est un signe anormal chez une femme enceinte. Elle doit
amener la femme à consulter au plus vite et inciter le personnel de santé à explorer sérieusement
le cas.
Une conduite appropriée devra alors être mise en œuvre car, à tout moment, et de façon brutale,
la situation peut s’aggraver.
36
Saignement en début de grossesse (<22 SA)
(Éliminer une cause non gravidique)
Evaluation de l’état hémodynamique
(TA, pouls, coloration des conjonctives,
importance du saignement)
Stable Instable
Avortement Avortement
Menace Mise en condition
en cours compliqué
et transfert
. Repos et
Evacuation surveillance
utérine . Référer si
nécessaire SA : Semaine d’aménorrhée
βHCG : Gonadotrophine Chorionique Humaine
TA : Tension artérielle
37
2.4.2. CONDUITE DEVANT UNE METRORRAGIE DE LA DEUXIEME
MOITIE DE LA GROSSESSE > 22 SA
Toute spoliation sanguine par voie génitale, même minime, est un signe anormal chez la femme
enceinte et impose une consultation médicale rapide.
a. Objectifs
Devant tout saignement génital au cours de la grossesse il faut être capable de :
• Reconnaître un saignement d’origine endo-utérine ;
• Apprécier le retentissement de l’hémorragie sur l’état général de la patiente ;
• Connaître la cause de l’hémorragie.
38
Saignement de la deuxième moitié
de la grossesse (≥ 22 SA)
Stable Instable
39
2.5. DEPISTER ET PRENDRE EN CHARGE UNE PRE-ECLAMPSIE
2.5. 1. DÉFINITION
a. Hypertension artérielle gravidique (HTAG) :
HTA avec PA Systolique ≥ 140 mm Hg et/ou PA Diastolique ≥ 90 mm Hg
• Isolée, sans protéinurie ;
• Apparue à partir de 20 SA en l’absence d’antécédent.
b. Différents stades de Pré éclampsie :
• Pré-éclampsie modérée :
- HTAG et protéinurie > 0,3 g/24h ou > 2 croix et de façon variable œdèmes d’apparition
ou d’aggravation brutale ;
- Chiffres tentionels : 90< PAD < 110 mm Hg, absence de signes fonctionnels.
• Pré éclampsie sévère : HTA grave PAS ≥ 170 mm Hg et/ou PAD ≥ 110 mm Hg ou HTA
associée à un ou plusieurs signes :
- Signes fonctionnels : Douleurs épigastriques, nausées, vomissements ; céphalées
persistantes et intenses, troubles visuels ;
- Biologie : ASAT>deux fois la valeur normale, plaquettes < 100000/mm3 ; protéinurie
>1g/l ou 3 à 5g/24h.
c. Complications du pré éclampsie :
- Complications maternelles
Eclampsie ;
Hématome rétro placentaire (HRP) ;
HELLP Syndrome ;
Insuffisance rénale aigue ;
Coagulopathie (CIVD) ;
Troubles oculaires (cécité) d’origine ischémique, corticale ou rétinienne ;
Autres : Œdème Aigu du Poumon (OAP), Syndrome de Détresse Respiratoire Aigu
(SDRA).
- Complications fœtales
Retard de croissance intra utérin ;
Oligoamnios sévère ;
Anomalies dopplers ;
Anomalies du rythme cardiaque fœtal ;
Mort fœtale in utéro.
40
2.5.2. RECHERCHER UNE PRE ECLAMPSIE CHEZ TOUTES LES FEMMES
ENCEINTES A CHAQUE CONSULTATION.
INTERROGER, ÉTUDIER LE DOSSIER
41
2.5.3. PRISE EN CHARGE DE LA PRE-ECLAMPSIE SEVERE
a. Bilan maternel
• Diurèse horaire, protéinurie de 24 h ;
• NFS, plaquettes, TP, TCA, fibrinogène, D-dimères (pour leur aspect évolutif), ionogramme,
urée, créatinine, acide urique, transaminases, bilirubine directe et conjuguée ;
• Surveillance tensionnelle ;
• Electro-Cardio-Gramme (ECG) maternel (pour la surveillance du traitement).
b. Bilan fœtal
• Biométrie ;
• Estimation de poids fœtal ;
• Doppler ;
• Profil biophysique de Manning.
c. Critères de sévérité
• TA systolique > 160 ou TA diastolique > 110 mm Hg ;
• Signes fonctionnels : céphalées, troubles visuels, acouphènes ;
• Barre épigastrique, nausées, vomissements ;
• HELLP syndrome (défini avec des plaquettes < 100 000 /mm3, hémolyse, cytolyse) ;
• Diurèse < 400ml/24h.
42
2.5.4. CONDUITE A TENIR AU COURS DE L’HTA ET GROSSESSE
a. Au niveau 1
• Oxygénothérapie ;
• Mise en place d’une sonde vésicale.
Diagnostic
43
b. Aux niveaux 2 ou 3
44
2.6. DEPISTER ET PRENDRE EN CHARGE UNE ANEMIE
FERRIPRIVE :
Rechercher une anémie chez toutes les femmes enceintes à chaque consultation.
45
Anémie au cours de la grossesse
1. Anamnèse
2. Examen clinique
3. Hémoglobinémie
46
2.7. DEPISTAGE ET PRISE EN CHARGE DU DIABETE ET GROSSESSE
2.7.1. DEFINITION
Le diabète gestationnel est un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie
de sévérité variable, diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse (OMS).
2.7.2. QUI DÉPISTER ?
Les femmes présentant au moins un des facteurs de risque suivants :
- Antécédents familiaux de diabète (parents, frère, sœur),
- Antécédents de diabète gestationnel,
- Surcharge pondérale,
- Glycosurie,
- Age ≥ 35 ans,
- Antécédents obstétricaux : infections urinaires à répétition, macrosomie, mort in utero ou
néonatale, malformation, plus de 2 avortements, hydramnios inexpliqué,
- Prise de poids exagérée pendant la grossesse.
Le dépistage non systématique va concerner à travers ces critères 80% des patientes.
2.7.3. QUAND ET COMMENT DÉPISTER ?
a. Lors de la première consultation prénatale (au 1er trimestre) chez une patiente
à risque :
La glycémie à jeun :
- Si ≥ 1,26 g/l (7 mmol/L) : diagnostic de diabète de type II ;
- Si ≥ 0,92 g/l (5.1 mmol/L) et ≤ 1,25 g/l : diagnostic de diabète gestationnel ;
- Si le diagnostic de diabète (gestationnel ou de type 2) par la glycémie à jeun est fait au 1er
trimestre de la grossesse, le test au 2ème trimestre n’est plus nécessaire.
b. Au 2ème trimestre, entre 24 et 28 SA, chez une patiente à risque en l’absence de
glycémie à jeûn faite en début de grossesse ou si cette glycémie était normale :
Hyper Glycémie Provoqué par voie Orale (HGPO) à 75g de glucose.
Réaliser un test à jeun, à 1 h et à 2 h après ingestion de 75 g de glucose.
47
2.7.4. CONDUITE A TENIR EN CAS DE DIABÈTE GESTATIONNEL
a. Consignes diététiques :
▪ Consultation spécialisée et éducation nutritionnelle par une diététicienne ;
▪ Enquête alimentaire ;
▪ Correction des erreurs alimentaires ;
▪ Définition d’objectifs ciblés.
b. Exercice physique régulier
En l’absence de contre-indications obstétricales, 30 min 3 à 5 fois / semaine.
c. Insulinothérapie
• Indications :
Si le régime ne suffit pas à une glycémie à jeun inférieure à 0,95g/l (ou 5-3 mmol/L) ou une
glycémie postprandiale deux heures après le début du repas inférieure à 1.20 gl ou 6.6 mmol/L,
une insulinothérapie doit être instaurée.
L’insulinothérapie est de mise, d’emblée, si la glycémie à jeun est supérieure à 1,30 g/ l.
• Posologie :
- Insuline ultra-rapide : 1 à 3 injections avant les repas. On commence par 4 unités en moyenne
avec augmentation progressive selon les glycémies 2 heures après le repas ;
- Insuline intermédiaire : 1 injection au coucher. On commence par 4-6 unités en moyenne avec
augmentation progressive selon la glycémie à jeûn du matin.
d. Auto surveillance glycémique
A jeun et deux heures après le début de chaque repas pendant 8 à 10 jours (soit 4 fois par jour).
L’objectif est celui d’obtenir une glycémie à jeun inférieure à 0,95 g/l (ou 5.3 mmol/L) et une
glycémie post prandiale 2 h après le début du repas inférieure à 1,20 g/l (ou 6.6 mmol/L).
• Si les objectifs glycémiques sont atteints on diminue la surveillance selon les valeurs (2 à
3 fois/semaine) ;
• Si les objectifs glycémiques ne sont pas atteints après 7 à 10 j de règles hygiéno-diététiques
on doit débuter une insulinothérapie.
2.7.5. EN CAS DE MENACE D’ACCOUCHEMENT PREMATURE
Les inhibiteurs calciques et les antagonistes de l’ocytocine peuvent être utilisés sans précaution
spécifique. Les bêta-mimétiques ne doivent être utilisés qu’en dernier recours et avec une
surveillance glycémique rapprochée.
2.7.6. EN CAS DE CORTICOTHERAPIE ANTENATALE
La maturation pulmonaire fœtale par glucocorticoïdes peut être réalisée :
Sous couvert d’une surveillance glycémique 6 fois par jour : en préprandial et 2h après le début
de chaque repas.
Et d’une insulinothérapie si 3 jours après le début de la corticothérapie les dextros à jeûn restent
supérieurs à 1.10 g/L et/ou si les dextros postprandiaux (2h après le début du repas) restent > à
1.50 g/L.
Si un dépistage du diabète gestationnel est indiqué, le test de dépistage est à réaliser plusieurs
jours (une semaine à 10 jours) après la dernière injection de glucocorticoïdes.
48
2.7.7. CONDUITE A TENIR POUR LA SURVEILLANCE OBSTETRICALE
DE LA GROSSESSE
• En cas de diabète gestationnel équilibré (c’est-à-dire si moins de 10% des glycémies
dépassent les taux limites), avec régime seul ou avec insulinothérapie, sans autres facteurs
de risque et sans retentissement fœtal (biométrie < 97°p, pas d’hydramnios) :
- Le suivi clinique est identique à celui d’une grossesse normale ;
- Pas de suivi clinique différent des autres grossesses ;
- L’enregistrement du RCF n’a pas d’utilité démontrée en cas de diabète gestationnel bien
équilibré ;
- L’échographie supplémentaire en fin de grossesse (vers 36 SA) peut être proposée avec
biométrie fœtale et index de liquide amniotique. La recherche d’une hypertrophie
myocardique fœtale n’a pas d’utilité démontrée, tout comme la réalisation systématique
de doppler ombilical en l’absence de retard de croissance ou d’hypertension artérielle
associée ;
- Le dépassement de terme est possible ;
• Si présence de facteurs de risque surajoutés au diabète gestationnel (obésité, mauvais
équilibre glycémique, hypertension artérielle chronique, macrosomie > 97ème percentile)
ou si diabète de type 2 découvert pendant la grossesse.
Jusqu’à 32 SA :
- Si les glycémies sont correctes : consultations prénatales et diabétologiques mensuelles +
échographies mensuelles ;
- Si déséquilibre glycémique : consultation spécialisée +/- hospitalisation.
A partir de 32 SA :
- Consultations prénatales mensuelles ;
- Consultations échographiques mensuelles (circonférence abdominale++) ;
- Si déséquilibre glycémique : hospitaliser la patiente pour prise en charge multidisciplinaire
(diabétologue, réanimateur, obstétricien) ;
- En cas d’hospitalisation, surveillance du RCF une fois/jour.
2.7.8. CONDUITE A TENIR POUR L’ACCOUCHEMENT :
• L’objectif principal est d’éviter la dystocie des épaules sans entraîner d’interventions inutiles
et iatrogènes ;
• Les indications éventuelles d’une césarienne ou d’un déclenchement artificiel du travail
seront discutées au cas par cas en fonction des antécédents obstétricaux, de l’équilibre
glycémique, de l’estimation de poids fœtal, et des procédures de l’équipe obstétricale ;
• En cas de diabète gestationnel, la naissance peut avoir lieu dans tous les types de maternité
sauf en cas de prématurité, de malformation grave ou d’anomalie majeure de la croissance
fœtale ;
• Si le diabète gestationnel est bien équilibré sous régime ou insuline l’accouchement sera
identique à celui d’une grossesse normale ;
• Si présence de facteurs de risque surajoutés au diabète gestationnel (obésité, mauvais
équilibre glycémique, hypertension artérielle chronique) ou de diabète de type 2 découvert
pendant la grossesse on essaye d’atteindre 39 SA ;
49
• En cas de macrosomie, une césarienne à 39 SA est recommandée si le poids fœtal estimé
est > 4500 g ;
• Si diabète gestationnel et antécédent de césarienne : pas de césarienne itérative systématique;
En cas d’acceptation de la voie basse, la surveillance du travail ne nécessite pas de
surveillance spécifique ;
• Une insulinothérapie systématique pendant le travail peut être responsable d’hypoglycémie
maternelle et n’est pas recommandée ;
• Pour les patientes traitées par de fortes doses d’insuline, une concertation préalable avec le
diabétologue est recommandée pour décider de la prise en charge pendant le travail.
2.7.9. CONDUITE A TENIR EN POST-PARTUM
• Insulinothérapie a été arrêtée à l’accouchement ;
• Auto-surveillance des glycémies : 6 fois par jour : en préprandial et 2h après le début de
chaque repas pendant 48h. (reprise rapide de l’alimentation après une césarienne : 2-3h
après la sortie de la salle de réveil) ;
• Régime alimentaire en post-partum normal ;
• Consultation spécialisée et bilan à 3 mois : glycémie à jeun et HbA1c ;
• En l’absence de facteurs de risque en plus du diabète gestationnel : une contraception orale
est autorisée ;
• Si obésité, HTA ou dyslipidémie, préférer une contraception sans impact cardiovasculaire
comme le dispositif intra utérin.
2.7.10. SURVEILLANCE DE LA GLYCÉMIE DU NOUVEAU-NE
• Le risque d’hypoglycémie sévère est faible en cas de diabète gestationnel ;
• La macrosomie augmente le risque d’hypoglycémie ;
• La surveillance systématique de la glycémie n’est pas indiquée chez les enfants de mère
avec Diabète Gestationnel (DG) traité par régime seul et dont le poids de naissance est entre
le 10ème et le 90ème percentile ;
• La surveillance de la glycémie est recommandée pour les nouveau-nés de mère avec diabète
gestationnel traité par insuline ou dont le poids de naissance est < 10ème ou > 90ème
percentile ;
• Les nouveau-nés doivent être nourris le plus tôt possible après la naissance (environ 30
minutes) et à intervalles fréquents (au moins toutes les 2à 3 h) ;
• La surveillance de la glycémie ne doit débuter, en l’absence de signes cliniques, qu’après la
1ère tétée et juste avant la 2ème ;
• La présence de signes cliniques indique une surveillance plus précoce de la glycémie ;
• Le nouveau-né doit bénéficier de la surveillance habituelle de l’ictère néonatal ;
• Le dosage de la calcémie et la réalisation d’une numération formule sanguine à la recherche
d’une polyglobulie sont indiqués en fonction des signes cliniques ;
• La réalisation d’examens complémentaires à la recherche d’une malformation cardiaque ;
osseuse ou cérébrale doit être orientée en fonction des signes à l’examen clinique ;
• Les indications de transfert des nouveau-nés de mère avec diabète gestationnel en unité de
néonatologie sont les mêmes que pour tout nouveau-né.
2.7.11. PRONOSTIC MATERNEL ULTERIEUR
• Risque de récidive du diabète gestationnel entre 30 à 84 % selon les études ;
• Le risque élevé de diabète de type II après un diabète gestationnel, justifie l’information
50
(poursuite d’activités physiques, alimentation équilibrée, arrêt du tabagisme, importance de
programmation des grossesses ultérieures) et le dépistage (par glycémie à jeun) lors de la
3ème consultation post-natale, avant une nouvelle grossesse, puis tous les 1 à 3 ans selon
les facteurs de risque pendant au moins 25 ans ;
• L’allaitement et la contraception ne justifient pas de différer les tests.
Diabète et grossesse
Jeun
Contrôle de
Type I Type II glycémie
Insulinothérapie Glycémie normale
en cours
51
2.8. DEPISTAGE ET PRISE EN CHARGE D’UNE CARDIOPATHIE ET
GROSSESSE
La grossesse, l’accouchement et le post-partum entraînent des modifications hémodynamiques,
biologiques et humorales ;
Physiologiquement, le cœur et les vaisseaux s’adaptent, un cœur défaillant peut être gravement
compromis par le surcroît de travail induit par la gestation et l’accouchement.
La grossesse chez les cardiaques constitue un risque pour la mère et le fœtus. On distingue:
• Cardiopathies acquises : rétrécissement mitral plus fréquent ;
• Cardiopathies congénitales : plus fréquentes (communication inter auriculaire et
communication inter ventriculaire) ;
• Cardiopathies traitées chirurgicalement.
a. Bilan initial :
• Anamnèse
- Age ;
- Type de cardiopathies ;
- Parité ;
- Evolution des grossesses antérieures ;
- Notion de chirurgie cardiaque ;
- Traitement suivi ;
- Tolérance fonctionnelle.
b. Examen Clinique :
• Examen Cardio-vasculaire :
- Pouls ;
- Tension artérielle.
• Examen obstétrical :
- Hauteur utérine ;
- Bruits du cœur fœtal ;
- Toucher vaginal: col -présentation- ;
- Oedèmes des membres inférieurs.
c. Bilan para-clinique
• Eléctro-cardiogramme ;
• Echo-cardiaque ;
• Biologie : groupage – NFS – sérologies ... ;
• Echographie obstétricale.
52
d. Deux situations
i) Bonne tolérance fonctionnelle :
Surveillance : grossesse – accouchement – suites de couche.
e. Surveillance de la grossesse
i) Maternelle :
• Réduction de l’activité physique ;
• Hospitalisation en fin de grossesse ;
• Repos ;
• Régime sans sel : si Insuffisance Cardiaque (IC) ou cardiopathie à retentissement
hémodynamique ;
• Diurétiques :
- Furosémide : Lasilix,
- Biologie : hyponatrémie – hypokaliémie,
• Digitaliques : sans nocivité pour le fœtus.
• Tocolyse :
- Eviter les bétamimétiques ;
- Recours aux autres (inhibiteurs calciques).
• Anticoagulants :
- Les anticoagulants sont contre indiqués au 1er trimestre ;
- L’Héparine : traverse le placenta ;
Utilisé au 1er trimestre ;
Interrompue au début du travail ;
Reprise quelques heures après l’accouchement (risque thrombo-embolique).
ii) Fœtal :
• Risque : MAP – RCIU ;
• Echo précoce : datation (Age Gestationnel : AG) ;
• 22 SA : Biométrie + écho anatomie fœtale (diagnostic de malformation cardiaque) ;
• > 30 SA : croissance fœtale ;
• Dépistage : infection (prélèvements bactériologiques) ;
• RCIU : nécessite le repos en DLG (améliorer la perfusion utérine).
53
Cardiopathie et grossesse
Consultation
cardioobstétricale . Echec du traitement médical
. Retrecissement mitral
. Cardiopathie cyanogène
< 20 SA
Repos +++ Repos +++
Interruption
Hospitalisation à Régime sans sel
thérapeutique de
36 SA Digitaliques, Hospitalisation à 32 SA
la grossesse
54
2.9. DEPISTAGE ET PRISE EN CHARGE D’UNE FIEVRE PENDANT
LA GROSSESSE
2.9.1. INTRODUCTION
Situation quotidienne, la fièvre de la femme enceinte est le plus souvent en rapport avec une
infection bénigne qui autorise une prise en charge à domicile (grippe, gastroentérite). D’autres
infections exposent au contraire à de graves complications obstétricales ou néonatales,
notamment :
· La pyélonéphrite, qui affecte plus de 2% des femmes enceintes, mais a souvent une
symptomatologie trompeuse. Ces faits justifient le principe de l’ECBU systématique
devant toute fièvre chez une femme enceinte.
· La listériose et la chorioamniotite, beaucoup plus rares mais redoutables. La listériose
est de plus en plus rare et réalise un syndrome grippal en apparence banal, mais le
taux de pertes fœtales reste d’environ 25% et la mort fœtale in utero peut survenir
brutalement.
2.9.2. CONDUITE DE L’EXAMEN
Il a deux objectifs :
· Rechercher une cause, en particulier : infection urinaire +++, chorioamniotite, associée
ou non à une rupture prématurée des membranes et la listériose.
· Evaluer le retentissement obstétrical : menace d’accouchement prématuré, souffrance
fœtale.
Interrogatoire :
· ATCD prédisposant (uropathies, pathologie cervicale, prématurité, tabac, ...) ;
· Contexte (épidémie, voyage) ;
· Signes d’accompagnement, en particulier :
- Généraux : frissons, ORL, pulmonaires, digestifs, syndrome grippal, ...
- Urinaires : douleurs lombaires, brûlures mictionnelles, urines troubles ;
- Obstétricaux : contractions utérines, notion de rupture des membranes, leucorrhées,
· Mouvements actifs du fœtus ;
· Résultats des sérologies.
Examen :
· Température, pouls, tension artérielle;
· Général : ORL, cardiorespiratoire, aires ganglionnaires, état cutané, recherche d’un
syndrome méningé (listériose), palpation de l’abdomen, fosses lombaires ;
· Obstétrical :
o Hauteur et tension utérines;
o Auscultation des bruits du cœur ;
o Vulve : vésicules ou ulcérations herpétiques ;
o Spéculum : rupture des membranes, cervicite, leucorrhées, vésicules
herpétiques ;…
o Toucher vaginal : état du col ;
· Urinaire : aspect des urines, (bandelette urinaire).
55
2.9.3. ORIENTATION DIAGNOSTIQUE ET PRISE EN CHARGE IMMEDIATE
a. Certaines situations autorisent une prise en charge à domicile :
· Etiologie bénigne clairement identifiée : syndrome grippal typique en période
d’épidémie, gastroentérite...;
· Absence de contractions utérines ;
· Mouvements et activité cardiaque fœtale normaux.
56
b. Sans attendre les résultats de ces examens, la prise en charge comprend:
· Antibiothérapie parentérale active sur le Listeria, type amoxicilline, secondairement
adaptée à l’antibiogramme et erythromycine en cas d’allergie ;
· Antipyrétique (type paracétamol) ;
· Surveillance étroite: température, contractions, col utérin, enregistrement
cardiotocographique.
c. La prise en charge ultérieure dépend de l’étiologie :
· Pyélonéphrite :
- Boissons abondantes ;
- Antibiothérapie parentérale type céphalosporine de 3ème génération, jusqu’à 48 heures
d’apyrexie puis relais per os (3 semaines au total) ;
- Echographie rénale à la recherche d’une dilatation significative des cavités
pyélocalicielles pouvant justifier un avis urologique. Cet examen est indispensable en
cas de résistance du syndrome infectieux au traitement médical ;
- La sortie sera autorisée après plusieurs jours d’apyrexie, stérilisation des urines et si
l’état obstétrical (col, CU, RCF) est satisfaisant et stable .
· Chorioamniotite :
- La tocolyse est formellement contre-indiquée dans ce contexte ;
- Il faut, au contraire, faire naître l’enfant dans les plus brefs délais, le plus souvent par
césarienne ;
- Risque de décès périnatal et de leucomalacie périventriculaire.
· Listériose :
- Antibiothérapie prolongée associant amoxicilline à forte dose et aminosides (5j), puis
amoxicilline prolongée per os pendant au minimum 3 semaines ;
- Une guérison clinique rapide avec rythme cardiaque fœtal parfait chez une femme à
distance du terme fait parfois discuter la poursuite de la grossesse ;
- Dans tous les autres cas, il faut faire naître l’enfant dans les plus brefs délais ;
- Déclaration obligatoire aux autorités sanitaires.
57
Fièvre pendant la grossesse
(Température ≥ 38°C)
ATB : Antibiotique
SAT : Serum antitetanique
RPM : rupture prématurée des membranes
58
2.10. DEPISTAGE ET PRISE EN CHARGE DES PERTES VAGINALES
Age gestationnel supérieur à 20 semaines d’aménorrhée
Demander à la patiente :
• L’aspect des pertes et leur odeur ;
• si elle a un prurit vulvaire ;
• si son partenaire a un écoulement urétral ou des brûlures mictionnelles.
POSER UN DIAGNOSTIC
GONORRHEE
OU INFECTION CANDIDOSE TRICHOMONASE
A CHLAMYDIA
• Administrer à la patiente les • Administrer un • Administrer du métronidazole
antibiotiques appropriés par antimycosique ; par voie locale ;
voie orale ; • Recommander à la • Recommander d’utiliser
• (Cyclines contre indiquées patiente d’utiliser systématiquement des
pendant la grossesse) ; systématiquement préservatifs et lui expliquer
• Soigner le partenaire en lui des préservatifs et lui comment s’en servir ;
administrant les antibiotiques expliquer comment s’en • Traiter le partenaire.
appropriés par voie orale ; servir.
• Leur recommander d’utiliser
systématiquement des
préservatifs et leur expliquer
comment s’en servir.
59
2.11. DEPISTAGE ET PRISE EN CHARGE D’UNE SYPHILIS
Prescrire l’examen de dépistage à toutes les femmes enceintes lors de la première
consultation.
60
Syphilis au cours de la grossesse
1. Anamnèse
- Syphilis antérieure
- Notion de traitement du partenaire
2. Examen physique
- Chancre syphilitique
- Adénopathie inguinale
- Lésions cutanées
3. VDRL / TPHA
Traitement du couple
Information Orientation
- Benzathine péni 2 400 000 UI en IM à répéter
Education vers le niveau
15 jours après.
Communication supérieur
- Si allergie donner les macrolides :
Erythromicyne 500mg par voie orale toutes les
6h pendant 15 jours.
- Recommander l’utilisation des préservatifs.
61
2.12. DEPISTAGE ET PRISE EN CHARGE D’UNE INFECTION AU VIH
Proposer un test VIH à la femme enceinte pour la pTME lors de la première consultation.
62
2.13. CONDUITE A TENIR DEVANT UNE TOUX OU DIFFICULTES
RESPIRATOIRES :
Age gestationnel supérieur à 20 semaines d’aménorrhée
63
2.14. DEPISTAGE ET PRISE EN CHARGE DE LA GROSSESSE
MULTIPLE
Les grossesses gémellaires présentent un risque d’accouchement prématuré (AP) et un risque
d’HTA. Faire le diagnostic positif le plus tôt possible est indispensable pour prendre les mesures
de surveillance préventives les mieux adaptées.
Seule l’échographie permet le diagnostic, la période optimale de réalisation de la première
échographie est comprise entre 12 et 14 SA.
Elle permet de déterminer :
· Le nombre d’œufs;
· Le type de placentation : bichoriale biamniotique (les plus fréquentes), monochoriale
plus rare, ou l’exceptionnelle monoamniotique : plus on avance dans l’âge gestationnel,
plus la différenciation entre placentation monochoriale et bichoriale est difficile ;
· L’âge gestationnel;
· La présence de certaines malformations (coelosomies, anencéphalie), une clarté
nucale > à 3mm ou un hygroma sont en faveur d’un risque augmenté de trisomie 21);
· La biométrie de départ à comparer avec l’âge calculé d’après la date de conception
(facile à faire dans les grossesses après induction d’ovulation).
Après la première consultation, un plan de surveillance est établi pour :
· Prévenir l’accouchement prématuré ;
· Dépister un RCIU ;
· Dépister une HTAG;
· Prévoir un examen clinique mensuel jusqu’à 32 SA ;
· Rechercher de façon hebdomadaire une protéinurie à partir de 20 SA ;
· Prendre à partir de 24 SA la TA tous les 15 jours ;
· Réaliser une échographie mensuelle pour biométrie complète des jumeaux avec
établissement d’une courbe de croissance. En cas de ralentissement de la croissance, la
mesure de l’index de résistance placentaire (Doppler ombilical) des 2 jumeaux est utile.
La mise au repos doit être systématique au-delà de 24 SA, même s’il n’y a pas de signe
d’accouchement prématuré.
La prise de contact avec le lieu d’accouchement doit être précoce (3 premiers mois) afin
d’établir le plan de surveillance. Mais celle-ci, en dehors des actes techniques (en particulier
l’échographie), peut et doit être faite près du domicile pour éviter les déplacements.
L’hospitalisation classique est réservée aux risques graves (menace d’accouchement prématuré,
RCIU, toxémie ou souffrance fœtale).
En l’absence de facteurs patents de risque (ouverture du col, RCIU), elle ne doit pas être
prophylactique mais curative.
Le lieu d’accouchement est celui de tout accouchement à risque. Si la naissance doit se produire
avant 33 SA, il est nécessaire que les enfants naissent dans une maternité de niveau 3, couplée à
un service de réanimation néonatale (transfert in utero).
64
Hauteur utérine excessive
Suspicion
- Antécédents familiaux maternels ou personnels de
GG
Référer
- Traitement préalable à la grossesse par les
inducteurs d’ovulation
Certitude
Echographie ⇒ Diagnostic
Recherche de complications
GG : Grossesse Gémellaire
RCIU : Retard de croissance intra uterine
MFIU : Mort foetale in utero
MAP : Menace d’accouchement prématurée
65
2.15. PREVENTION ET PRISE EN CHARGE DE LA MENACE
D’ACCOUCHEMENT PREMATURE
2.15.1. DEFINITION
La menace d’accouchement prématuré est un état clinique risquant d’aboutir à un accouchement
entre 22 et 37 SA révolues.
2.15.2. CAUSES DE LA MENACE D’ACCOUCHEMENT PREMATURE
• Causes gynéco-obstétricales :
o Grossesse gémellaire ou grossesse multiple (10 à 20%) ;
o Placenta prævia (10%) ;
o Hydramnios.
• Causes maternelles locales :
o Malformations congénitales (utérus bicorne, …) ;
o Malformations acquises (synéchies) ;
o Béance cervico-isthmique (+ + +).
• Causes maternelles générales :
o Altération de l’état général maternel ;
o Pathologie infectieuse favorisant les CU ;
o L’hyperthermie quelque soit son origine ;
o Pathologique infectieuse urinaire haute ou basse.
2.15.3. DEPISTAGE DES FACTEURS DE RISQUE
a. Anamnèse :
Mise en évidence d’une cause favorisante :
o Avortements à répétition (+/- curetages) ;
o Accouchements prématurés ;
o Modalités des accouchements antérieures ;
o Facteurs socio-économiques : (travail à l’extérieur, long trajet).
b. Examen obstétrical :
• Il permet de connaître toute menace d’accouchement prématuré.
o Coefficient de Risque d’Accouchement Prématuré (CRAP) : tableau élaboré en 1960
par le Pr Papiernik.
Il est fondé sur l’étude de différents facteurs :
o Socio-économiques ;
o Antécédents ;
o Mode de vie ;
o Données de l’examen clinique ;
66
• Ces facteurs sont importants à connaître un certain nombre d’accouchements prématurés
surviennent sans facteurs de risque particulier.
67
a. Les facteurs médicaux
• Risques infectieux
o Bandelette urinaire pour l’infection urinaire ;
o Toxoplasmose, listériose ;
o Cardio Mégalo Virus (CMV)…
• Problème de perfusion placentaire
o Surveillance de la TA ;
o Intérêt de l’écho doppler utérin dès la première échographie de 12 SA, à répéter
si besoin à 18 SA ;
o Intérêt de l’aspirine à 100 m g/jour entre 13 et 34 SA ;
o Intérêt de la position en décubitus latéral gauche qui évite que le fœtus n’appuie
sur la veine cave ;
o Intérêt de l’échographie endovaginale en fin de grossesse et en cas de contractions
nombreuses : si col court < à 22 mm et si l’orifice interne est supérieur à 8 mm :
l’hospitalisation est nécessaire.
• Diabète…
c. Les facteurs sociaux
Fatigue, stress, situation économique :
• Place de l’arrêt de travail :
o Déculpabiliser la mère de s’arrêter précocement ;
o Problème de la baisse de salaire, ou de licenciement,…
• Evaluer la possibilité d’aide de l’entourage.
d. Les facteurs psychiques
• Importance du support. Les femmes entourées ont moins de risque de prématurité,
• Période de remaniement psychique fertile.
2.15.4. DIAGNOSTIC DE LA MENACE D’ACCOUCHEMENT PREMATURE
Apparition des contractions utérines (CU) :
• CU régulières ;
• Facteurs déclenchants : stress, voyage récent, activité physique accentuée, notion
d’hyperthermie ;
68
Une évaluation de toute la longueur du col, dont la portion supra-vaginale n’est pas mesurable
par l’examen clinique, et une appréciation de l’orifice interne.
a. Examens complémentaires
Ces examens sont nécessaires avant la tocolyse :
• Echographie : datation, biométrie, anatomie ;
• Examen cytobactériologique des urines (ECBU) ;
• Cardiotocographie.
b. Traitement
Préventif : Supprimer les facteurs de risque.
Curatif :
• Hospitalisation + Repos ;
• Prévention de l’infection ;
• Tocolyse +/- Sédatifs.
2.15.6. PROTOCOLE DE LA TOCOLYSE
a. Inhibiteurs calciques
Le traitement habituellement pratiqué est la nicardipine par voie intraveineuse à la seringue
électrique. Il n’y a pas de contre-indication formelle mais de rares cas d’oedèmes aigus du
poumon ont été décrits avec le Loxen intraveineux. La nifédipine per os peut également être
utilisée.
- Posologie :
• Loxen: 2 à 4 mg/h par voie intraveineuse pendant 24 à 48 heures ;
• Adalate 20 LP : 1 comprimé deux fois par jour ;
- Surveillance :
Fréquence cardiaque, tension artérielle ;
- Effets indésirables ;
Céphalées, bouffées de chaleur, flush, hypotension artérielle (rare), veinites en cas de perfusion
par nicardipine ;
- Précautions d’emploi :
• Pas de lever brutal en raison du risque d’hypotension orthostatique ;
69
• Pas d’association à un traitement par sulfate de magnésium à cause du risque de troubles
de la conduction cardiaque.
b. Béta-mimétiques
• La voie d’administration est intraveineuse ;
• Contre-indications : cardiopathie, maladie coronarienne, troubles du rythme cardiaque,
allergie au produit ; hypertension artérielle sévère ;
• Bilan préthérapeutique : Examen cardiovasculaire et électrocardiogramme ; Ionogramme
sanguin (kaliémie), glycémie ;
• Posologie : un bon moyen d’administration est la seringue électrique qui autorise un
faible apport de solutés ;
• Surveillance : le pouls maternel, la tension artérielle, l’existence de signes fonctionnels
(palpitations, tremblements, dyspnée, vertiges) permettent d’apprécier la tolérance au
traitement. L’oligurie est l’un des premiers signes de toxicité des b-mimétiques.
c. Antagonistes de l’ocytocine
• La voie d’administration est intraveineuse ;
• Les posologies sont les suivantes pour l’atosiban :
- Bolus de 6,75 mg en intraveineuse directe dans 0,9 ml sérum physiologique ;
- Puis dose de charge intraveineuse pendant 3 heures (1 flacon de 5 ml dilués dans 45
ml à la seringue électrique): 24 ml/h (18 mg/h) ;
- Puis traitement d’entretien pendant 21 à 45 heures à 8 ml/h (6 mg/h) ;
• Les effets secondaires (tachycardie maternelle, douleurs thoraciques...) sont possibles
mais avec une fréquence bien moindre que lorsque les b-mimétiques sont utilisés.
d. Corticothérapie
La corticothérapie anténatale permet une réduction de la mortalité néonatale, du risque de
détresse respiratoire néonatale, des hémorragies intra ventriculaires et du risque d’entérocolite
ulcéronécrosante.
Célestène chronodose 2 injections intramusculaires de 12 mg à 24 heures d’intervalle.
70
Menace d’accouchement prématuré sans
Rupture Prématurée des Membranes
- Repos ;
- Repos ; - Bilan, échographie ;
- Bilan, échographie ; - Tocolyse si nécessaire ;
- ATB adaptée ; - Nifédipine dose de charge : 30mg
per os puis 20mg 1 heure après si
- Tocolyse si nécessaire ;
contractions utérines persistantes ;
- Corticothérapie (en fonction du - Corticothérapie : 2 inj de céléstène
terme 30-34 SA) ; 12mg à 12h d’intervalle
- (Si niv 1 : Transfert in utéro). (si niv 1 : Transfert in utéro en fonction
du terme 30-34 SA).
GG : Grossesse Gémellaire
71
2.16. DEPISTER, PREVENIR ET PRENDRE EN CHARGE L’ALLO-
IMMUNISATION FŒTO-MATERNELLE
2.16.1. PREVENTION DE L’ALLO-IMMUNISATION ANTI-RHESUS-D
L’allo-immunisation anti-Rhésus D (RhD) est responsable d’anémies fœtales et néonatales
sévères, ainsi que d’ictère néonatal grave. Sa fréquence a considérablement diminué depuis
la généralisation des injections d’immunoglobine anti-D chez les femmes Rh- au cours de la
grossesse et après l’accouchement.
Le dépistage obligatoire :
• Groupe sanguin, Rhésus ;
• Agglutinines irrégulières si femme Rh négatif ou si antécédents de transfusion.
72
2.16.2. PROPHYLAXIE AU PREMIER TRIMESTRE DE LA GROSSESSE
a. Indications de la prophylaxie
Ce sont les circonstances pouvant induire des hémorragies foeto-maternelles. Le risque de
passage des hématies fœtales est modéré à ce stade de la grossesse :
• Toute fausse couche spontanée ou menace de FC du 1er trimestre ;
• Toute interruption de grossesse (IMG), quelque soit le terme et la méthode utilisée ;
• Grossesse môlaire ;
• Grossesse extra-utérine (GEU) ;
• Métrorragies ;
• Choriocentèse (biopsie de villosités choriales), amniocentèse ;
• Réduction embryonnaire ;
• Traumatisme abdominal ;
• Cerclage cervical.
Il n’y a pas de limite inférieure d’âge gestationnel pour la réalisation de la prévention.
b. Modalités
1. S’assurer de l’absence d’immunisation anti-D par un dosage de RAI de moins d’une semaine;
2. Un test de Kleihauer n’est pas nécessaire avant l’injection d’immunoglobulines ;
3. immunoglobuline humaine anti-D :
• Dose unique de 200 μg par voie IM ou IV à faire dans les 72 h après événement
potentiellement immunisant ;
• La voie IV sera préférée pour la prophylaxie post-exposition, surtout lorsqu’on
s’approche du délai de 72 heures ;
• Noter le nom du produit et le numéro du lot dans le dossier patient.
2.16.3. PROPHYLAXIE AUX DEUXIEME ET TROISIEME TRIMESTRES DE
LA GROSSESSE
Indications de la prophylaxie :
Circonstances pouvant induire des hémorragies foeto-maternelles au cours de la grossesse:
• Certaines entraînent un risque modéré de passage d’hématies fœtales :
Métrorragies ;
cerclage du col utérin ;
menace d’accouchement prématuré (MAP) nécessitant un traitement.
• D’autres entraînent un risque important de passage d’hématies fœtales :
Interruption Médicale de Grossesse ;
Fausse Couche Spontanée Tardive ;
Mort Foetale In Utero (MFIU) ;
Version par Manoeuvres Externes (VME) ;
Traumatisme abdominal ou pelvien (quel que soit le terme de la grossesse) ;
Intervention chirurgicale abdominale ou pelvienne (quel que soit le terme de la
grossesse) ;
Prélèvement ovulaire : amniocentèse, cordocentèse, placentocentèse ;
Accouchement, quelle que soit la voie.
73
2.17. CONDUITE A TENIR DEVANT L’ABSENCE DE MOUVEMENTS
FŒTAUX ACTIFS (MFA)
Age gestationnel supérieur à 20 semaines d’aménorrhée
74
PARTIE II
SURVEILLANCE DU POST-PARTUM
1. CONSULTATION DU POST-PARTUM OU CONSULTATION
POSTNATALE
1. 1. DEFINITION DU POST-PARTUM
Le post-partum est défini comme la période qui commence une heure après la délivrance et qui
s’étend jusqu’à six semaines après celle ci.
Les consultations du post-partum (CPoN) se passent dans les 42 jours qui suivent
l’accouchement.
Le couple mère-nouveau-né doit bénéficier de trois examens systématiques en post-partum en
plus du premier examen effectué en salle d’accouchement et de la surveillance des premières
48 heures du post-partum :
A la sortie de l’établissement sanitaire où a eu lieu l’accouchement (post-partum
immédiat) ;
Au 8ème jour après l’accouchement (post-partum précoce) ;
Vers le 40ème jour après l’accouchement (post-partum tardif).
Les principales complications du post-partum :
Chez la mère : l’hémorragie, les infections, les complications thromboemboliques, l’anémie
et les troubles psychiatriques.
Chez le nouveau-né: l’asphyxie périnatale, les traumatismes obstétricaux, les infections
néonatales et l’ictère. Ces complications sont plus graves chez le nouveau-né de faible
poids de naissance.
Les soins à apporter dans le post-partum doivent répondre aux besoins particuliers de la mère
et de l’enfant. Ils comportent les prestations de prévention, de dépistage, de prise en charge et
d’IEC.
76
La muqueuse utérine subit un phénomène de régénération qui passe par 4 phases:
Phase de régression (j1 – j5), la paroi est recouverte d’un enduit fibrineux ;
Phase de cicatrisation (j6 – j25), indépendante de la stimulation hormonale l’épithélium de
surface est complètement reconstitué sous l’effet d’une prolifération anarchique cicatricielle
banale ;
Phase de prolifération (j26 - j45), sous l’effet de la stimulation ostrogénique, l’endomètre
présente un aspect normal de phase folliculaire ;
Phase de reprise du cycle menstruel « le retour de couches ». généralement vers le 6ème
mois si la femme allaite exclusivement au sein, vers le 45ème jour si la femme n’allaite pas
et vers le 30ème jour si la montée laiteuse a été médicalement bloquée.
Le vagin s’atrophie rapidement, reprend sa trophicité à partir de la stimulation hormonale
du 25ème jour ;
L’hymen dilacéré par le passage du nouveau-né, il n’en reste que les vestiges «les caroncules
myrtiformes» ;
La vulve reste béante le 1er jour, puis reprend sa tonicité et perd son aspect congestif ;
Le périnée retrouve sa tonicité progressivement en fonction de la qualité de l’accouchement
et de la réalisation ou non d’une épisiotomie ;
Les glandes mammaires : la montée laiteuse se produit 48 heures après l’accouchement
sous l’effet de la prolactine (PRL) et grâce à l’effondrement des stéroïdes sexuels.
Pour l’ensemble de l’organisme, le retour à l’état antérieur est progressif et il ne faudra prévoir
aucun bilan morphologique avant 3 mois.
77
a. Objectifs :
Examiner le périnée ;
Dépister précocement les complications ;
Promouvoir la mise au sein précoce ;
Informer et sensibiliser sur l’intérêt des consultations du post-partum.
Les risques sont dominés essentiellement par l’hémorragie.
b. Paramètres à contrôler :
La prise des constantes : pouls, tension artérielle, température ;
L’examen des conjonctives ;
L’examen des seins (montée laiteuse) ;
L’examen de l’utérus (globe de sécurité,) ;
L’examen du périnée (épisiotomie, saignement …) ;
Les fonctions d’évacuation (miction, défécation, …) ;
L’examen des mollets (phlébite).
NB : Si césarienne, la surveillance doit être faite par le spécialiste qui l’a effectué.
1.4.2. DEUXIEME CONSULTATION DU POST-PARTUM
La 2ème consultation du post-partum doit être effectuée vers de préférence entre le septième et le
neuvième jour après l’accouchement.
a. Objectifs :
Dépister les complications éventuelles (infection, phlébite, psychose du post-partum) ;
Promouvoir l’allaitement maternel ;
Fournir les prestations de supplémentation préventive ;
Informer et sensibiliser sur l’hygiène de vie.
b. Paramètres à contrôler :
La prise des constantes : pouls, tension artérielle, température ;
L’examen des conjonctives ;
L’examen des seins (montée laiteuse) ;
L’examen de l’utérus (lochies, globe de sécurité) ;
L’examen du périnée (épisiotomie …) ;
L’examen des mollets (phlébite).
NB : Si césarienne, il faut changer le 1er pansement vers le 4ème jour.
1.4.3. TROISIEME CONSULTATION DU POST-PARTUM
La 3ème consultation du post-partum doit être effectuée vers le 40ème jour.
a. Objectifs :
Dépister les complications éventuelles (infection, phlébite, psychose du post-partum) ;
Promouvoir l’allaitement maternel ;
Proposer une contraception adaptée ;
Vérifier le calendrier de vaccination (VAT si nécessaire) ;
Informer et sensibiliser sur l’hygiène de vie.
b. Paramètres à contrôler :
Prise des constantes : pouls, tension artérielle, température ;
78
Les conjonctives ;
L’examen des seins (mamelons, crevasses, engorgement, …) ;
L’examen du périnée (cicatrisation de l’épisiotomie …) ;
L’examen de l’utérus (involution, retour de couches,..) ;
L’examen des mollets (phlébite) ;
Signes urinaires (incontinence urinaire, fistule vésico-vaginale, …) ;
Le comportement psychologique (psychose du post-partum).
Important :
Si césarienne examiner la cicatrice ;
Proposer une méthode contraceptive adaptée ;
Expliquer à la femme que l’allaitement au sein exclusif pendant les 6 premiers mois est
bénéfique pour la santé de l’enfant ;
Qu’un espacement des grossesses d’au moins deux ans est bénéfique pour sa santé et la
santé de son enfant.
a. Objectifs :
Etablir une bonne relation parents - enfant lors de la période du post-partum immédiat ;
Rechercher : une infection, un ictère, une malformation ;
Dépister et prendre en charge une maladie congénitale (Hypothyroïdie, maladie métabolique,
cardiopathie congénitale).
79
b. Examen:
Vérifier si le nouveau-né a reçu les soins des yeux et de l’ombilic et la vitamine K ;
Prendre la température, le poids, la taille et le périmètre crânien ;
Rechercher les signes d’une affection grave ;
Rechercher une infection materno-fœtale ;
Rechercher des convulsions ;
Rechercher des malformations congénitales ;
Rechercher des contusions et des lésions traumatiques obstétricales ;
Evaluer le degré de prématurité et d’insuffisance pondérale ;
Evaluer les problèmes d’alimentation en l’absence d’un problème grave ;
Evaluer la stimulation du développement psychoaffectif.
c. Prestations intégrées à prodiguer:
Vacciner selon le calendrier national ;
Traiter une éventuelle affection.
d. Conseils :
Conseiller la femme sur :
L’allaitement maternel exclusif ;
Comment maintenir le nouveau-né au chaud ;
Comment administrer le traitement à domicile (soins de l’ombilic, muguet, conjonctivite,..) ;
Les soins et l’hygiène du nouveau-né;
Informer la femme sur :
- Les signes de gravité devant lesquels elle doit faire consulter son nouveau né en urgence
par un professionnel de santé : convulsions, respiration rapide ou difficile, difficulté à téter ou
à boire, fièvre ou froideur persistante des pieds, saignement, diarrhée, rougeur au niveau de
l’ombilic, sécrétions dans les yeux ;
- L’importance et la nécessité de venir accompagnée de son nouveau-né au centre de santé
à la fin de la première semaine (J8) et à 6 semaines pour bénéficier de la deuxième et de la
troisième consultation post-natale.
1.5.2. DEUXIEME CONSULTATION DU NOUVEAU-NE
La 2ème consultation du post-partum doit être effectuée vers le 8ème jour après l’accouchement,
au niveau de l’établissement des soins de santé de base le plus proche .
a. Objectifs :
Dépister une infection, un ictère ;
S’assurer de la bonne pratique de l’allaitement maternel ;
Vacciner et supplémenter en vitamines selon le calendrier national ;
Surveiller la croissance pondérale.
b. Examen :
Il vise à :
Prendre la température, le poids, la taille et le périmètre crânien ;
Rechercher une infection ;
Rechercher un ictère ;
Rechercher une diarrhée ;
80
Rechercher des convulsions ;
Vérifier et mettre à jour le statut vaccinal du nouveau-né ;
Evaluer les problèmes éventuels d’allaitement ou d’insuffisance pondérale ;
Evaluer la stimulation du développement psychoaffectif.
c. Prestations intégrées à prodiguer:
Eventuellement le(s) traitement(s) nécessaire(s) ;
Les vaccinations nécessaires selon le calendrier national de vaccination ;
La supplémentation préventive selon le calendrier de supplémentassion.
d. Conseils :
Conseiller la mère sur :
La conduite correcte de l’allaitement maternel ;
Le maintien au chaud du nouveau-né ;
La connaissance des signes de gravité nécessitant une consultation immédiate ;
La date de la prochaine consultation et l’importance d’amener le nouveau-né.
1.5.3. TROISIEME CONSULTATION DU NOUVEAU-NE
La 3ème consultation du post-partum doit être effectuée vers le 40ème jour.
a. Objectifs :
Rechercher une infection, un ictère ;
S’assurer de la bonne pratique de l’allaitement ;
Surveiller la croissance pondérale et vérifier le statut vaccinal.
b. Examen :
Prendre les constantes : température, poids, taille et périmètre crânien ;
Rechercher des infections éventuelles ;
Rechercher un ictère ;
Rechercher une diarrhée, des vomissements ou une constipation ;
Rechercher des convulsions.
c. Prestations intégrées à prodiguer:
Vérifier le statut vaccinal du nourrisson ;
Evaluer les problèmes d’allaitement ou d’insuffisance pondérale ;
Evaluer la stimulation du développement psychoaffectif ;
d. Conseils :
Conseiller la mère sur :
La bonne conduite de l’allaitement maternel ;
Le maintien au chaud du nouveau-né ;
La connaissance des signes de gravité nécessitant une consultation immédiate ;
La date de la prochaine consultation et l’importance d’amener le nouveau-né.
1. 5.4. SOINS DU NOUVEAU-NE A DOMICILE
a. Apprendre à la mère comment prendre soin du nourrisson à domicile
• Allaitement maternel exclusif : de la naissance jusqu’à la fin du 6ème mois, il ne faut rien
donner d’autre que le lait maternel (même pas l’eau) ;
81
• S’assurer que le nourrisson est tenu à la bonne température et au calme :
S’il fait froid, il faut couvrir la tête et les pieds du nourrisson et l’habiller
chaudement, par contre si le climat est chaud, il faut le vêtir légèrement ;
Le nourrisson est sensible aux bruits : pour éviter de l’irriter, veiller à ce
que l’ambiance soit calme et reposante, la nuit éviter l’éclairage vif pour
un sommeil de bonne qualité ;
• Expliquer à la mère de revenir immédiatement à la formation sanitaire si le nourrisson
présente l’un des signes suivants :
Difficulté à téter ou à boire ;
Fièvre ou hypothermie ;
Respiration rapide ou difficile ;
Ictère ;
Diarrhée ;
Sang dans les selles.
82
o Ensuite, appliquer la pommade à la Tétracycline dans les deux yeux, 3 fois par
jour ;
o Appliquer une petite quantité de pommade à l’intérieur de la paupière inférieure
en ouvrant doucement les yeux ;
o Se laver les mains de nouveau :
- Traiter jusqu’à ce que la rougeur disparaisse pendant 5 jours ;
- Eviter de mettre tout autre produit dans les yeux.
c. Expliquer à la mère comment stimuler le développement psychoaffectif, sensoriel et
moteur de son nourrisson à domicile
• Combler ses besoins d’affection : le tenir tendrement, le caresser et l’embrasser tout en
chantant tendrement notamment au moment des changes et de bain ;
• Communiquer avec lui par le regard et le sourire et ne pas oublier qu’à cet âge le
nourrisson communique souvent ses besoins par le mouvement du corps et par les cris ;
• Stimuler sa vision et son ouie : accrocher à son lit des jouets multicolores émettant des
sons doux, ne pas couvrir pendant de longues périodes le visage du nourrisson ;
• Stimuler ses mouvements : changer sa position et faire bouger ses membres, éviter de
lui mettre des vêtements serrés pour pouvoir bouger normalement.
83
2. POST-PARTUM PATHOLOGIQUE
2 .1. POST-PARTUM PATHOLOGIQUE CHEZ LA MERE
2 .1. 1. POST-PARTUM IMMEDIAT
2 .1.1.1. HEMORRAGIE
C’est un saignement provenant des voies génitales qui survient dans les 24 heures qui suivent
l’accouchement. Il peut être d’origine endo-utérine, cervicale, vaginale (déchirure) ou périnéale
(épisiotomie, déchirure).
CONDUITE A TENIR :
En urgence dans tous les cas Selon le tableau clinique
Surveillance du pouls, TA, pertes - La délivrance n’a pas encore eu lieu :
sanguines ; Délivrance artificielle toujours associée à
Mettre la patiente en position de la
Trendelenburg ; révision utérine ;
Oxygénothérapie ; Puis ocytociques : 5 UI en IVD puis
Voie veineuse de gros calibre (N° 14 G ou perfusion
16 G) ; de 10 UI dans 500 cc de SG ISO ;
Groupage sanguin, crase sanguine, N.F.S. ; Examen sous valves de la filière génitale si
Demande de sang si nécessaire ; l’hémorragie ne tarit pas.
Prévenir le réanimateur dès que le
diagnostic est posé. - La délivrance a eu lieu :
• Révision utérine avec perfusion
d’ocytocique
• (Injecter 10 UI de syntocinon en I.V.D. et
• accélérer le débit de la perfusion
ocytocique).
84
2 .1. 1.2. DISJONCTION SYMPHYSAIRE
La disjonction symphysaire modérée peut s’accompagner d’une douleur pubienne avec une
gène à la marche qui est traînante (jambes écartées),
La grande rupture symphysaire est une véritable luxation pubienne (Radio du bassin est
nécessaire).
Ces douleurs réagissent favorablement aux anti-inflammatoires non stéroïdiens et à un
simple bandage du corps serré
2 .1. 1.3. INCONTINENCE URINAIRE
Toute fuite urinaire non contrôlée du post-partum doit faire évoquer une fistule vésico-
vaginale surtout si l’accouchement a été laborieux ou instrumental.
85
Culs de sac latéraux douloureux et empâtés.
Le bilan à faire :
Prélèvement des lochies ;
NFS, ECBU et Hémoculture souhaitable ;
Echographie abdominale et Radiographie pulmonaire.
La conduite à tenir :
Hospitalisation ;
Antibiothèrapie : Triple association (ampicilline, aminoside, métronidazole) ;
Surveillance : Clinique et échographique (10 jours après).
PERITONITE :
Le tableau clinique comprend :
Altération de l’état général ;
Fièvre à 40° ;
Douleur abdominale diffuse peu intense ;
Vomissements ;
Diarrhées ;
Météorisme.
Le bilan à faire :
NFS, Ionogramme ;
Echographie qui va montrer un épanchement abdominal ;
Prélèvements.
La conduite à tenir :
Hospitalisation en réanimation ;
Antibiothèrapie à large spectre et à fortes doses (triple association en perfusion) ;
Réanimation hydro-électrolytique ;
Chirurgie : laparotomie en urgence (lavage et drainage péritonéal).
SEPTICEMIE :
Le tableau clinique comprend un syndrome général grave:
Fièvre élevée, avec frissons ;
Faciès terreux ;
Prostration ;
Pouls accéléré irrégulier ;
Troubles hémodynamiques : hypotension, état de choc ;
Oligurie, urines foncées.
La conduite à tenir :
Hospitalisation en milieu de soins intensifs ;
Bilan et hémocultures répétées ;
Antibiothérapie adaptée.
2 .1.2.2. PATHOLOGIES MAMMAIRES
CREVASSES :
Les crevasses représentent une complication mécanique de l’allaitement au sein. Elles se
manifestent par des fissures au niveau du mamelon. Elles sont favorisées par une mauvaise
hygiène et un mamelon ombiliqué. La conduite à tenir repose sur les soins locaux et l’application
de pommade cicatrisante.
86
ENGORGEMENT :
C’est un trouble de l’excrétion lactée. Il se manifeste par une fébricule à 38°, les seins
deviennent tendus, douloureux et chauds, le traitement repose sur la prescription d’antalgique,
l’administration d’une demi-ampoule d’ocytocine en IM suivi d’une vidange du sein atteint par
le tire lait une demi-heure plus tard.
L’allaitement maternel ne doit pas être interrompu.
INFECTION MAMMAIRE :
Elle est favorisée par l’engorgement, les crevasses et le manque d’hygiène. On peut rencontrer
deux tableaux cliniques en fonction du stade :
o La mastite aiguë :
La mastite aiguë est une infection d’origine bactérienne à germe pyogène qui se manifeste par:
Une fièvre 38 à 39° ;
Une douleur unilatérale permanente ;
Un sein tuméfié avec une masse mal limitée douloureuse ;
Et parfois issue de pus à la pression du mamelon (signe de Budin) .
o L’abcès du sein :
Il s’agit d’une collection purulente du sein. Elle se manifeste par :
Une fièvre oscillante ;
Une douleur pulsatile, insomniante ;
Une rougeur diffuse du sein ;
Une tuméfaction fluctuante à la palpation.
Le traitement repose sur un drainage chirurgical sous sédation suivi d’une antibiothérapie
adaptée.
[Link]. PHLEBITE DU MEMBRE INFERIEUR
LES FACTEURS FAVORISANT SONT:
L’accouchement laborieux (instrumental) ;
L’allaitement prolongé ;
La césarienne ;
Les antécédents de maladies thromboemboliques ;
Les varices des membres inférieurs ;
L’anémie ;
L’obésité ….
DIAGNOSTIC CLINIQUE :
La température est inférieure à 38° ;
Le pouls est accéléré et dissocié par rapport à la température ;
L’angoisse ;
La tension du mollet ;
La douleur à la dorsi-flexion (Signe de Homans positif).
CONDUITE A TENIR :
Hospitalisation en milieu de soins intensifs ;
Immobilisation du membre inférieur ;
87
Anticoagulants ;
Prévention ;
Lever précoce ;
Bas de contention (varices des membres inférieurs) ;
Héparinothérapie chez les femmes à risques (obèses, césarisées, cardiaques…).
2 .1.2.4. INFECTIONS URINAIRES
Elles sont fréquentes, favorisées essentiellement par le sondage vésical au cours du travail.
Elles se manifestent par une dysurie, une pollakiurie, parfois une fièvre.
L’ECBU confirme le diagnostic. Le traitement repose sur une antibiothérapie adaptée.
2 .1.2.5. BABY BLUES
Il survient entre le 3ème et le 5ème jour du post-partum. Il se manifeste cliniquement par :
Des crises itératives de larmes ;
Une instabilité de l’humeur avec anxiété ;
Un trouble du sommeil (insomnie) ;
Une asthénie, plaintes somatiques, et idées d’incapacité concernant le bébé.
Le baby blues dont l’importance est fonction de la fatigue physique, nerveuse et affective,
précédant l’accouchement. Son évolution est favorable à condition que la femme soit aidée
par son entourage mais non surprotégée. La prescription d’anxiolytiques est possible, mais
rarement nécessaire.
2 .1.3. POST-PARTUM TARDIF :
[Link]. COMPLICATIONS PERINEALES :
INCONTINENCE URINAIRE :
Il s’agit d’une incontinence d’effort de gravité variable, souvent transitoire. Il faut toujours
éliminer par un examen clinique une fistule vésico-vaginale. La rééducation et le traitement
médical (spasmolytique) donnent de bons résultats.
INCONTINENCE ANALE :
Il peut exister des lésions occultes du sphincter anal lors de l’accouchement même quand le
périnée semble intact. En dehors de la déchirure du sphincter anal, le traitement repose sur des
mesures diététiques et la rééducation.
88
ASPECTS PATHOLOGIQUES BENINS :
Les cervicites ;
Le polype du col utérin ;
Les œufs de Naboth : ce sont des kystes glandulaires remplis de mucus jaunâtre faisant
saillie à la surface du col, de volume variable.
ASPECTS PATHOLOGIQUES SUSPECTS OU MALINS :
Ces lésions imposent un examen clinique, une colposcopie et des biopsies dirigées, avec une
prise en charge spécialisée.
La leucoplasie : zone blanchâtre au niveau du col ;
Les condylomes : surélévations papillaires à la surface du col ;
Les cancers invasifs du col qui peuvent se présenter sous forme d’une ulcération, d’un
bourgeon ou les 2 à la fois. La biopsie est obligatoire pour la confirmation histologique.
[Link]. TROUBLES PSYCHIATRIQUES
Dépression du post-partum :
Elle survient entre le 15ème jour et le 3ème mois, souvent chez une femme prédisposée (mère
célibataire, mauvais soutien du conjoint, manque de satisfaction dans la vie du couple, …)
Psychoses du post-partum :
Elles surviennent dans les 15 premiers jours du Post Partum. elles se manifestent par une grande
instabilité de l’humeur : abattement, exaltation avec un risque suicidaire ou infanticide.
89
2.2.1. PATHOLOGIES NEONATALES A RECHERCHER AU POST-PARTUM
IMMEDIAT
PATHOLOGIES SIGNES CONDUITE A TENIR
Atrésie de Hydramnios en prénatal Test à la seringue pour confirmer
l’œsophage A la naissance : l’atrésie ;
Hypersalivation ; Transfert d’urgence après mise en
Détresse respiratoire à la moindre condition au niveau 3 (position
tentative d’alimentation. demi-assise et aspiration continue du
pharynx).
Atrésie bilatérale Détresse respiratoire quand la Cathétérisme nasale par sonde
des choanes bouche est fermée ou au cours de d’aspiration ;
la tétée. Transfert d’urgence après mise en place
d’une canule de Mayo au niveau 3.
Imperforation anale Imperforation anale détectée lors Sonde gastrique en siphonage et arrêt
de l’examen systématique ; de toute alimentation ;
Retard d’émission du méconium ; Transfert d’urgence au niveau 3.
Ballonnement abdominal.
Luxation Examen systématique (manœuvre Déconseiller le langeage en adduction
congénitale de la de Barlow ou d’Ortolani). Référer pour bilan et prise en charge en
hanche (LCH) orthopédie.
Ambiguïté sexuelle Examen systématique des organes Retarder la déclaration du sexe de
génitaux externes (recherche des l’enfant ;
testicules par la palpation au niveau Référer aux niveaux II ou III pour bilan
des grandes lèvres ou du scrotum) et prise en charge.
Glaucome Examen des globes oculaires : gros Transférer d’urgence au service
congénital yeux. d’ophtalmologie pour bilan et prise en
charge.
Mouvements anormaux (tonique, Glycémie capillaire ;
Convulsions clonique, rarement tonicocloniques Si hypoglycémie, administrer 2ml/kg de
néonatales ou autres équivalents à type de sérum glucosé à 10% par voie orale ou
clonies des paupières, mouvements IV ;
de mâchonnements…). Si persistance des convulsions,
Recherche : Administration du Diazépam en intra
d’une souffrance néonatale, rectale : 0.5 mg/kg par prise ;
de macrosomie, des lésions Transférer au service de pédiatrie pour
traumatiques : paralysie faciale, bilan et prise en charge.
céphalhématome, etc.
Anomalie de Détection à l’examen systématique Référer aux niveaux II ou III pour prise
fermeture du tube de toute solution de continuité en charge.
neural (spinabifida, depuis l’occiput jusqu’au coccyx.
méningocèle)
Infection materno- Données anamnéstiques et/ou Transférer au service de pédiatrie pour
foetale signes cliniques en faveur de bilan et prise en charge.
l’infection.
Ictère par Ictère avant 24 heures de vie. Transférer au service de pédiatrie pour
Incompatibilité bilan et prise en charge.
Rhésus ou autres
Occlusions Vomissements bilieux ; Transférer d’urgence au service de
néonatales Distension abdominale ; chirurgie infantile pour prise en charge
Retard d’émission du méconium. après mise en condition.
Toutes ces pathologies doivent systématiquement être dépistées en salle de naissance, avant la
sortie et avant l’apparition de tout symptôme
90
2.2.2. PATHOLOGIES NEONATALES A RECHERCHER AU POST PARTUM
PRECOCE
PATHOLOGIES SIGNES CONDUITE A TENIR
Luxation Examen systématique : perception Déconseiller le langeage en
congénitale de la d’un ressaut aux manœuvres de adduction ;
hanche (LCH) Barlow ou d’Ortolani. Référer pour bilan et prise en
charge en orthopédie.
Coarctation de Détresse respiratoire ; Transfert d’urgence pour prise
l’aorte Pouls fémoraux absents ou faibles en charge au niveau III.
sans pouls radial.
Ictère néonatal Coloration jaune des téguments ; Transfert d’urgence au service
Autres signes associés de pédiatrie pour bilan et prise
en charge.
Infection néonatale Pas de signes spécifiques (refus de Transfert d’urgence au service
tétée, fièvre ou hypothermie, détresse de pédiatrie pour bilan et prise
respiratoire, hypotonie, diarrhée en charge.
vomissements, etc.).
Mouvements anormaux (tonique, Glycémie capillaire
Convulsions clonique, rarement tonicocloniques Si hypoglycémie, administrer
néonatales ou autres équivalents à type de 2ml/kg de sérum glucosé à 10%
clonies des paupières, mouvements de par voie orale ou IV ;
mâchonnements…) ; Si persistance des convulsions,
Recherche : Administration du Diazépam
d’une souffrance néonatale, de en intra rectale : 0.5 mg/kg par
macrosomie, prise ;
des lésions traumatiques : paralysie Transférer au service de
faciale, céphalhématome, etc. pédiatrie pour bilan et prise en
charge.
Syndrome Hématémèses ; Examen clinique complet ;
hémorragique Rectorragies ; Administration de la vitamine
Hémorragie à la chute du cordon K1 en IVD (2mg/kg) ;
ombilical. Transfert d’urgence au service
de pédiatrie pour bilan et prise
en charge.
Reflux Vomissements post prandiaux Mesures hygiéno-diététiques ;
gastrooesophagien précoces. Référer à la consultation de
pédiatrie pour bilan et prise en
charge.
Infection Rougeur de l’ombilic avec Soins de l’ombilic à l’éosine
ombilicale suintement + purulent. aqueuse 2 %.
Conjonctivite Conjonctive et paupières rouges Soins des yeux à
Sécrétions purulentes. l’auréomycine, pommade
ophtalmique.
Muguet Dépôts blanchâtres sur la langue, le Soins locaux avec une
palais, les faces internes des joues. suspension antifongique.
91
2.2.3. PATHOLOGIES NEONATALES A RECHERCHER AU POST PARTUM
TARDIF
Pathologies Signes Conduite à tenir
Infection Il peut s’agir de n’importe quel Transfert d’urgence au service de
néonatale tardive signe : refus de tétée, fièvre ou pédiatrie pour bilan et prise en
hypothermie, détresse respiratoire, charge.
diarrhée, hypotonie, vomissements,
etc.
Ictère néonatal Coloration jaune des téguments ; Transfert d’urgence au service de
tardif Autres signes associés possibles : pédiatrie pour bilan et prise en
urines foncées, selles décolorées charge.
Sténose Vomissements tardifs de lait caillé ; Transfert d’urgence au service de
hypertrophique Perte de poids ; pédiatrie pour bilan et prise en
du pylore Déshydratation. charge
Constipation Selles rares et dures. Examen clinique complet ;
Référer à la consultation de
pédiatrie pour bilan et prise en
charge.
Diarrhée Augmentation du nombre de selles Examen clinique à la recherche
par 24 heures par rapport au transit de signes d’infection néonatale
habituel ; tardive et pour apprécier l’état
Changement de l’aspect qui devient d’hydratation ;
plus liquide que d’habitude . Si signes d’infection néonatale
tardive et/ou déshydratation
sévère Transfert d’urgence au
service de pédiatrie pour bilan et
prise en charge.
92
PARTIE III
MESURES PRÉVENTIVES
1. INFORMER ET CONSEILLER EN MATIÈRE DE NUTRITION ET
HYGIENE DE VIE DE LA FEMMME ENCEINTE
1.1. ALIMENTATION DE LA FEMME ENCEINTE ET DE LA FEMME
ALLAITANTE
1.1.1. BASES THEORIQUES DE LA DIETETIQUE DE LA FEMME
ENCEINTE
L’état nutritionnel de la femme avant et durant la grossesse influence la santé de la mère et celle
du fœtus et de l’enfant après la naissance.
Les effets d’un mauvais état nutritionnel de la mère se répercutent sur sa santé et celle de son
enfant avec risque de malformations, d’avortement, d’accouchement prématuré, de retard de
croissance intra utérin, de mort fœtale in utéro, ...
Besoins énergétiques de la femme enceinte
Les besoins énergétiques quantitatifs :
Sont pratiquement inchangés pendant le 1er trimestre ;
Augmentent de 200 Cal au cours du 2ème trimestre ;
Augmentent de 400 Cal pendant le 3ème trimestre.
Le poids de la femme enceinte doit :
Augmenter de 1kg par mois les 6 premiers mois ;
Augmenter de 2 kg par mois le troisième trimestre ;
Soit 12 kg pendant toute la grossesse ;
Cette prise de poids est bien sûr, en fonction du poids initial de la femme avant la
grossesse.
Le poids idéal en fin de grossesse est estimé à 120% du poids initial de la femme non enceinte.
Pour assurer cette prise de poids, il faut un régime apportant quantitativement 2000 à 2500 Cal
par jour majoré de 200 Cal par jour le 2ème trimestre et de 400 Cal le 3ème trimestre.
Une alimentation équilibrée qualitativement
a. L’apport glucidique
Il est indispensable que la ration glucidique chez la femme enceinte ne soit jamais inférieure
à 250 g par jour car il a été démontré qu’un régime pauvre en glucides accroît le risque
d’hypotrophie fœtale. Les sucres à absorption rapide seront limités car ils risquent d’aggraver
l’hyperinsulinisme.
Soit 55% de glucides avec un rapport Calories des sucres solubles /calories totales inférieur ou
égal à 1/10.
b. L’apport protéique
Les apports recommandés passent de 60g/jour chez la femme en temps normal à 70g/jour en
cas de grossesse.
Soit 15% de protéines avec un rapport Protides animaux/ Protides végétaux supérieure ou égal à 1.
c. L’apport lipidique
Les lipides étant la source principale des vitamines liposolubles (A, D, E, K) et des acides gras
essentiels, l’apport recommandé chez la femme enceinte est de 25 à 30% des apports caloriques
totaux.
94
Soit 30% de lipides avec un rapport lipides végétaux et de poissons par rapport aux lipides
totaux supérieur ou égal à 2/5.
d. Le besoin en substances de protection
Du fait du développement fœtal, la grossesse élève le besoin en vitamines et en sels minéraux:
CAS PARTICULIERS :
a. La femme âgée de moins de 18 ans
La croissance n’est pas achevée. Il faut un apport quotidien du calcium oligoéléments, de sels
minéraux et de fer.
95
b. La grossesse gémellaire
Le gain pondéral est plus important (au moins 18 Kg). Les besoins sont accrus. Il faut un apport
suffisant en protides d’origine animale, en vitamines et en sels minéraux (calcium, magnésium,
fer et oligoéléments)
La quantité de lait maternel varie énormément : elle est de 700 à 800 ml par jour pour un bébé
de 4 mois nourri exclusivement au lait maternel pour dépasser les 1000 ml par jour après.
Les nutriments présents dans ce lait viennent de l’alimentation de la mère ou de ses réserves
nutritionnelles.
Durant la période d’allaitement exclusif, la femme n’a généralement pas de règles. La durée de
l’aménorrhée va de 4 mois au minimum à 18 mois ou plus. Durant cette période, la femme qui
allaite ne perdra pas le fer qu’elle perd normalement chaque mois en période de règles.
Le lait maternel a une composition constante qui n’est influencée de manière sélective que par
le régime alimentaire de la femme.
Les besoins d’une femme allaitante sont de 500 Kcal/jour.
La teneur en matières grasses du lait maternel varie quelque peu. Le contenu en hydrates de
carbone, en protéines, en lipides, en calcium et en fer ne varient pas beaucoup même si la mère
en a très peu dans son régime alimentaire. Cependant une mère dont l’alimentation est carencée
en thiamine (vitamine B1), en vitamine A et en vitamine C en aura moins dans son lait.
96
Consommer 5 à 6 portions de végétaux (légumes et fruits) crus et cuits par jour pour leur
apport en vitamines, minéraux (bon fonctionnement de l’organisme) et en fibres ;
Varier au maximum les fruits et légumes pour avoir un apport satisfaisant en vitamines,
minéraux et oligo-éléments ;
Privilégier les graisses insaturées car elles apportent au lait maternel les acides gras essentiels
qui ont un rôle structural fondamental dans l’élaboration des cellules nerveuses du bébé.
Les graisses se trouvent dans les poissons gras (maquereau, sardines…) et dans les huiles
végétales (olive, soja, Colza, noix, tournesol, maïs, …) ;
Limiter la consommation des produits sucrés (sucre en morceaux, sucre en poudre, bonbons,
friandises, pâtisseries…) car ils peuvent provoquer une prise de poids aussi bien pour la
femme que pour le bébé ;
Limiter la consommation du sel de table et du sel caché qui se trouve dans les charcuteries,
les fromages, les plats cuisinés du commerce, les eaux minérales gazeuses car le sel est
néfaste pour le bon fonctionnement du système cardiovasculaire ;
Boire au moins 2 litres d’eau par jour et de façon régulière car elle permet de produire le lait ;
Limiter la consommation de thé et de café à 2 à 3 verres par jour ;
Eviter les plantes médicinales.
1.2.1. CONSEILS EN CAS DE PETITS ENNUIS DE LA GROSSESSE
Durant la grossesse, la femme peut présenter un certain nombre de signes qui peuvent être
gênants dont la prise en charge repose essentiellement sur des conseils très simples:
Fractionner les repas ;
Réduire la consommation des aliments gras et acides ;
Eviter de boire de grande quantité dès le réveil ;
Surveiller la consommation de café, et de tabac qui accentuent les nausées ;
Ne pas se coucher immédiatement après le repas ;
Eviter les odeurs de cuisine persistantes ;
Prendre le petit- déjeuner au lit.
Remontées acides
Nausées et vomissements
Fractionner les repas ;
Manger lentement et bien mâcher ;
Eviter les aliments gras, pimentés ;
Eviter les aliments qui augmentent l’acidité gastrique et ceux qui fermentent : café ; thé,
chocolat, colas, menthe, choux ;
Boire si possible en dehors des repas ;
Ne pas se coucher directement après le repas ;
Relever la tête du lit.
Constipation
Boire au moins 1,5 litre d’eau par jour ;
Apporter des fibres par les légumes, les fruits, le pain complet, les pâtes et le riz ;
complets, les graines de lin, les pruneaux ;
Ne pas supprimer les matières grasses ;
Faire régulièrement la marche.
97
Crampes
Augmenter les apports alimentaires riches en magnésium et en vitamine B
1.2.2. PREVENTION DE LA TOXOPLASMOSE
La toxoplasmose est une maladie parasitaire transmise essentiellement par les déjections des
chats, les telluriques et la viande. La femme non immunisée doit :
Se laver les mains fréquemment ;
Consommer la viande bien cuite ;
Laver à grande eau tous les aliments pouvant être souillés de terre ;
Éviter les contacts avec les chats.
1.2.3. PROTECTION DE L’ENFANT CONTRE LE TABAC
Les produits contenus dans le tabac (nicotine, monoxyde de carbone, goudron, métaux
lourds...) passent dans le lait maternel. Par ailleurs, les maladies respiratoires de l’enfant
dues au tabagisme passif sont plus fréquentes. Ainsi, il ne ne faut pas exposer l’enfant
à la fumée de cigarettes.
Il faut arrêter de fumer surtout en période de grossesse et d’allaitement. Les substituts
nicotiniques sont possibles.
1.2.4. PROTECTION DE L’ENFANT CONTRE LA CAFEINE ET LES
PRODUITS A BASE DE SOJA
La caféine passe dans le lait. Son élimination est beaucoup plus lente chez le nouveau-né
que chez l’adulte. Si la consommation de café n’excède pas 3 tasses par jour, il n’y a pas
de problème. Au-delà, l’enfant peut présenter un risque d’hyperexcitabilité transitoire.
Les produits à base de Soja contiennent des phyto-estrogènes qui passent dans le lait
maternel. Il faut éviter de consommer des compléments alimentaires contenant des
extraits de soja qui peuvent exposer l’enfant aux risques des œstrogènes.
1.2.5. HYGIENE VESTIMENTAIRE
La femme enceinte doit se protéger du froid en s’habillant chaudement. Cette précaution est une
mesure prophylactique essentielle de l’éclampsie. Il est conseillé de:
Porter des vêtements amples et souples ;
Prendre un soutien gorge de grossesse adapté au volume des seins ;
Proscrire les chaussures à talons hauts ou sans talent.
1.2.6. HYGIENE CORPORELLE
Il est conseillé aux femmes enceintes de :
Se laver souvent les mains, avant et après les repas ;
Se brosser les dents après chaque repas ;
Se doucher quotidiennement (en privilégiant la douche au bain) ;
Ne pas faire les douches vaginales ;
Se protéger le visage avec une crème protectrice type «écran total» lors d’exposition au
soleil afin d’éviter l’apparition de tâches brunes inesthétiques chloasma.
98
1.2.7. HYGIENE DE VIE
Des activités physiques douces et régulières sont préconisées (marche, natation, etc.).
La femme enceinte doit éviter les transports inutiles, les voyages et privilégier le repos.
Pendant la grossesse, un temps de sommeil d’au moins huit heures par nuit est conseillé.
1.2.8. SEXUALITE
Les rapports sexuels peuvent être poursuivis durant la grossesse sauf en cas de contre indication
médicale (modification du col = risque d’accouchement prématuré).
Les modifications de la réponse sexuelle varient selon les trimestres.
Au premier trimestre : une diminution du désir à cause de la fatigue, des nausées, des seins
douloureux et parfois trop sensibles. Les positions des rapports sexuels sont les même que en
dehors de la grossesse.
Au deuxième trimestre : une plus grande stabilité émotive et une baisse des nausées et de la
fatigue.
Au troisième trimestre: une baisse du désir sexuel modifié, à cause du désagrément physique :
lourdeurs gastriques, essoufflement, hémorroïdes, crampes utérines. Au cours de ce trimestre la
position habituelle du rapport sexuel est déconseillée car elle peut provoquer la compression de
la veine cave. La position de la femme à quatre pattes, ou allongée sur le coté sont conseillées.
99
Veiller à ce que la patiente soit bien conseillée et que le consentement du couple ait donné avant
le travail et l’accouchement.
Si la patiente opte pour un dispositif intra-utérin (DIU) : Celui-ci peut être posé 6 semaines
après l’accouchement.
METHODES DE CONTRACEPTION POUR LES FEMMES QUI N’ALLAITENT PAS
Immédiatement après l’accouchement
• Ligature tubaire ;
• Après 21 jours : Pilule micro progestative ;
Après 6 semaines
• Dispositif intra utérin (DIU), si césarienne le DIU est indiqué après 3 mois ;
• Contraceptifs oraux combinés ;
• Progestatifs injectables ;
• Ligature tubaire.
METHODES DE CONTRACEPTION POUR LES FEMMES QUI ALLAITENT
Immédiatement après l’accouchement
• Méthode de l’aménorrhée de lactation et de l’allaitement maternel MAMA) ;
• Préservatifs ;
• Ligature tubaire.
Après 6 semaines :
• Dispositif intra utérin (DIU), si césarienne le DIU est indiqué après 3 mois ;
• Pilule micro progestative ;
• Progestatifs injectables ;
• Ligature tubaire.
100
Prévoir de lui proposer un rendez-vous de suivi ;
Documenter toute forme d’abus identifié ou préoccupations dans le dossier ;
Encourager une action du service de santé pour répondre aux besoins des femmes victimes
de violence ;
Prendre contact avec des organismes de lutte contre la violence présents dans la région
et déterminer lesquels peuvent apporter un soutien aux femmes victimes de violences
domestiques ;
Veiller à avoir une liste des ressources locales.
Ces informations peuvent être affichées à l’intention du public.
4. VACCINS ET GROSSESSE
Une certaine prudence doit être observée vis-à-vis de la vaccination chez la femme enceinte,
surtout pendant les trois premiers mois. La période du post-partum est, en revanche, une période
très propice pour compléter les vaccinations, en particulier contre la rubéole, contre l’hépatite
B et le tétanos.
Une consultation de vaccination est nécessaire, notamment en cas de voyage ou en cas de doute.
Trois classes de vaccins sont distinguées :
101
PARTIE IV
PLANIFICATION ET GESTION DES
ACTIVITES DE SURVEILLANCE DE LA
GROSSESSE ET DU POST-PARTUM
INTRODUCTION
La concrétisation des objectifs des activités de surveillance de la grossesse et du post-partum
dépend de l’implication et du degré de motivation des professionnels de santé à tous les
niveaux. A ce titre, ils sont appelés à assurer essentiellement quatre fonctions :
1. La fonction de la mise en œuvre des protocoles, des standards et la prise en charge
préventive et curative des populations cibles du programme (femmes enceintes,
accouchés, nouveaux nés) simultanément avec la conduite des activités d’Information,
d’Education et de Communication (IEC) (actions de promotion de la santé maternelle
et infantile, de plaidoyer…) ;
2. La fonction de planification et de gestion de toutes les composantes des activités depuis
la phase de l’élaboration du plan d’action, le suivi jusqu’à l’évaluation périodique ;
3. La fonction pédagogique qui englobe la formation continue et l’encadrement régulier
par la supervision formative et les réunions de coordination et de suivi ;
4. La fonction de la mobilisation communautaire et de la collaboration intersectorielle
(partenariat, approches communautaires, organisation des mini campagnes, choix des
points de rassemblement de l’équipe mobile…).
1. PLANIFICATION DES ACTIVITES
La planification est essentiellement un instrument de gestion qui doit permettre aux responsables
et aux prestataires de prendre des décisions sur une base plus rationnelle. C’est un processus
d’aide à la décision qui vise, par concertation les acteurs concernés, à prévoir des ressources
et des services requis pour atteindre des objectifs déterminés, selon un ordre de priorité établi,
permettant ainsi le choix d’une solution préférable parmi plusieurs alternatives.
Au niveau opérationnel, la planification des activités de surveillance de la grossesse et du
post-partum doit être réalisée par une équipe multidisciplinaire capable de réaliser les étapes
nécessaires s’articulant autour de :
• L’analyse de la situation ;
• La définition de l’objectif général et des objectifs spécifiques et opérationnels ;
• La détermination de la population ciblée ;
• La programmation des moyens et des activités ;
• L’élaboration d’un plan de suivi et d’évaluation.
1.1. ETAT DES LIEUX ET ANALYSE DE LA SITUATION
Cette étape est fondamentale, elle doit prendre en considération :
• Les orientations et les objectifs du Ministère de la Santé, notamment celles inscrites dans le
plan dans d’action national ;
• Les réalités et les ressources locales (données monographiques).
104
1.2. FIXATION DES OBJECTIFS OPERATIONNELS
Les objectifs opérationnels fixés doivent répondre à l’objectif général qui est la réduction de la
morbidité et de la mortalité maternelle et néonatale.
Il faut exprimer les objectifs à réaliser en termes de résultats attendus, de changements à opérer
et d’améliorations à apporter.
Les objectifs opérationnels sont la traduction des objectifs stratégiques du programme.
Ils représentent la cible assignée à chaque action du programme pour un territoire ou une activité
donnée ou un niveau d’intervention. Ils doivent être conformes aux caractéristiques connues
par l’acronyme « SMART » signifiant Spécifiques, Mesurables, Accessible, Réaliste et bien
définis dans le temps.
105
Ceci est à renforcer par des activités de soutien et d’appui au programme à savoir :
- La formation continue et le recyclage principalement en CPN, CPoN des sages femmes,
des infirmières des cellules de SMI/PF et des médecins généralistes ;
- La communication pour le changement du comportement (CCC) à travers la mise en
place des cours classe des mères et des séances d’IEC ;
- Le développement des actions communautaires par le développement de partenariats
avec les ONG/associations locales l’implication des volontaires communautaires et la
participation aux comités locaux de soutien aux activités du programme.
1.4.2. Identification et mise en œuvre des ressources à engager
Pour chaque activité, l’équipe chargée de la planification doit lister :
• Les ressources humaines à mobiliser :
o Médecins généralistes ;
o Médecins spécialistes (gynéco-obstétriciens, pédiatres, cardiologues,
réanimateurs…) ;
o Sages femmes ;
o Accoucheuses ;
o Infirmier (e)s polyvalent(e) ;
o Autres.
• Les ressources matérielles nécessaires pour :
o L’humanisation des structures et la réalisation des prestations (intimité, table
gynécologique, tensiomètre, toise murale, pèse personne, mètre ruban...;
o La formation, l’IEC, le plaidoyer, les supervisions…;
o Le système d’information et les différents supports ;
• Les produits pharmaceutiques : médicaments et fongibles : comprimés de
fer, bandelettes urinaires, Sulfate de magnésium, gluconate de calcium, doigtiers,
réactifs des analyses biologiques (minianalyseurs), gel pour échographie…
L’ensemble de ces ressouces doit être adapté à la stratégie d’intervention (fixe ou mobile) et au
type de structures sanitaires concernées par l’activité :
o Maternités hospitalières ;
o Maisons d’accouchement ;
o Centres de santé urbains ;
o Centres de santé communaux avec module d’accouchement ;
o Centres de santé communaux ;
o Dispensaires ruraux ;
o Unités d’équipe mobile.
1.4.3. Gestion des ressources
La qualité de la gestion des produits dépend essentiellement de la qualité de l’information
fournie par le système d’information et du circuit de distribution des produits. De ce fait, la
disponibilité et la mise à jour des documents de recueil des données s’avèrent nécessaires à tous
les maillons de distribution. La gestion des produits comprend les étapes suivantes :
• La commande des ressources matérielles et des produits pharmaceutiques doit être
adressée à temps au niveau hiérarchique supérieur direct en précisant les besoins,
les quantités commandées ainsi que les stocks disponibles avec leurs dates de
péremption ;
• L’approvisionnement : la satisfaction des besoins doit être assurée dans les meilleurs
106
délais. Elle doit coïncider avec le rythme d’approvisionnement des autres produits ;
• La réception et le stockage : à chaque niveau, les produits du programme doivent
être correctement stockés au même titre que les médicaments, loin d’une source
de chaleur et à l’abri de la lumière et de l’humidité. Il faut respecter le principe
« Premier périmé, premier sorti » Toute opération (entrée, sortie) doit être mentionnée
sur les documents de gestion des produits (main courante, fiches de stocks, bon
de livraison). Il faut veiller à ce que le stock de sécurité soit maintenu, contrôlé et
renouvelé ;
• La répartition et la distribution à tous les niveaux : la répartition doit satisfaire
les commandes des différentes structures sanitaires et dans les meilleurs délais.
La distribution doit être assurée régulièrement selon un circuit prédéfini avec les
produits des autres programmes.
1.4.4. Gestion du système d’information
Le système national d’information sanitaire (SNIS) est défini comme un ensemble de personnes,
de moyens et de méthodes organisés pour fournir les données et l’information nécessaire sur
la situation sanitaire du pays et les facteurs qui l’influencent et enfin sur la répartition des
ressources disponibles et leurs utilisations.
Il s’agit d’un ensemble de processus mis en oeuvre afin de fournir aux différents acteurs des
services de santé les informations nécessaires à la gestion.
L’objectif du système d’information sanitaire marocain est de fournir les informations nécessaires
à la gestion des services de soins à tous les niveaux de la pyramide sanitaire au Maroc.
Le système national d’information sanitaire est organisé par réseau de soins pour répondre aux
besoins informationnels des programmes de santé. Les informations concernant la santé de la
mère et du nouveau-né font partie du sous système d’information relatif à la santé maternelle
et infantile et planification familiale. Ce sous système englobe les informations relatives aux
programmes de prévention à savoir la santé maternelle et infantile et la planification familiale.
Il a été révisé durant les années 90 pour :
• Elaborer les indicateurs pertinents pour la gestion des activités et des
programmes ;
• Standardiser les supports d’information ;
• Décentraliser l’exploitation et l’analyse des données ;
• Améliorer la qualité des données ;
• Renforcer les capacités techniques des cadres provinciaux pour l’utilisation
des données.
Les informations collectées par le biais du sous système d’information SMI/PF permettent à
chaque niveau hiérarchique de remplir ses fonctions de gestion, de suivi et de planification :
1. Gestion du client/malade: l’information est définie à travers des standards et des
normes de soins (offrir des soins de qualité) ;
2. Gestion de l’unité de santé et du système: l’information exprimée en indicateurs
(mesurer des changements) utiliser pour planifier et prioriser les actions et les
interventions.
107
La principale source d’information est la formation sanitaire. Les données sont enregistrées
quotidiennement sur les registres, fiches journalières des programmes SMI/PF, le dossier
médical du patient et le carnet de santé de la mère et de l’enfant. Ces données sont agrégées
régulièrement (mensuellement, trimestriellement, semestriellement ou annuellement) et ensuite
envoyées au niveau hiérarchique supérieur, une copie est gardée localement.
Pour la santé de la mère, les supports d’information sont comme suit :
- La fiche de surveillance de la grossesse et du post partum,
• Le registre de la consultation prénatale ;
• Le registre de la consultation post natale ;
• Registre de vaccination antitétanique des femmes ;
• La fiche journalière des activités de CPN et CPoN ;
• Carnet de la santé de la femme ;
• Registre obstétrical ;
• Dossier accouchement y compris le partogramme ;
• Carnet de santé de l’enfant.
Echéancier
Actions
J F M A M J J A S O N D
108
Les indicateurs sont :
• Indicateurs de performance (production) :
- Taux de recrutement en consultation prénatal ;
- Nombre moyen de consultations prénatales par femme enceinte ;
- Taux de couverture vaccinale des femmes enceintes ;
- Taux de couverture en consultation post natale ;
- Pourcentage d’accouchement en milieu surveillé ;
- Taux de césarienne ;
- Pourcentage de cas compliqués des mères pris en charge ;
- Taux de recrutement de nouveau né en BCG.
• Indicateurs de qualité :
- Taux de létalité intra-hospitalière des cas compliqués ;
- Pourcentage des cas maternels compliqués référés ;
- Pourcentage des cas de nouveau-nés compliqués référés ;
- Pourcentage de morts nés dans les formations sanitaires ;
- Proportions de nouveaux nés vivants décédés dans les 24h.
• Indicateurs de satisfaction :
Consultations prénatales et celles du postpartum (étude de satisfaction, observation du
poste, conclusions tirées des grilles de supervisions) :
- Taux de continuité des consultations prénatales ;
- Taux de continuité des consultations postnatales ;
- Taux d’assiduité et de présence aux cours de la classe des mères…
1.6. BESOINS EN MATERIEL, PRODUITS (MÉDICAMENTS,
FONGIBLES…), SYSTÈME D’INFORMATION…
Désignation Existant Besoins Observations
109
Le niveau opérationnel aura à gérer les ressources du programme :
Les ressources humaines :
• Disponibilité et continuité du service en créant la polyvalence et la complémentarité ;
• Gestion des attitudes et comportements, conflits interpersonnels en développant les outils
qui favorisent l’esprit d’équipe et la motivation ;
• Gestion de l’esprit éthique et disciplinaire ;
• Gestion des compétences.
Le matériel :
• La gestion de l’inventaire ;
• La gestion des commandes correctes ;
• La gestion de l’utilisation des ressources matérielles ;
• La maintenance préventive….
110
PARTIE V
ANNEXES
Annexe 1. LA PREPARATION A LA NAISSANCE
La préparation à la naissance vise en premier lieu à tranquilliser, rassurer et informer la femme
enceinte sur la grossesse, les différentes phases de l’accouchement et du postpartum, en utilisant
des techniques qui lui permettra de supporter la douleur du travail, les angoisses et les craintes
liées à la grossesse et de faire de ces moments exceptionnels, des instants de détente et de
sérénité.
La préparation à la naissance doit se dérouler, et accompagner la femme tout au long de la
grossesse, pour mieux évaluer l’évolution psychologique et physique de la femme enceinte,
elle va lui permettre d’acquérir des informations et les exercices qui vont l’aider à vivre sa
grossesse de façon plus épanouie jusqu’au jour de l’accouchement.
Cette préparation repose sur les cours des classes des mères, qui associent un soutien
psychologique et une préparation physique qui débute dés la confirmation de la grossesse.
• Le deuxième trimestre :
C’est la croissance du fœtus ; il prend 5g de poids par jour ;
Perception des mouvements du fœtus par la mère ;
L’échographie permet de connaître la morphologie du fœtus ; le sexe ; les
malformations et les anomalies de croissance.
112
• Le troisième trimestre :
Le fœtus prend 25g par jour ;
L’échographie renseigne sur la biométrie et la morphologie fœtale, les anomalies
du développement tardif des organes (voies urinaires ou digestifs) et précise la
présentation du fœtus et la localisation du placenta.
Saignement ;
Céphalées, bourdonnement des oreilles, sensation de mouches volantes ;
Oedèmes ;
Fièvre.
C’est la psychoprophylaxie obstétricale. Cette méthode est la plus connue et la plus pratiquée.
Son but
L’objectif des séances de psychoprophylaxie obstétricale (PPO), comme on les appelle
aujourd’hui : prévenir la douleur en agissant sur le psychisme. Cet accompagnement consiste
surtout à informer les futures mamans (surtout les primipares) sur le déroulement de la grossesse
et de l’accouchement, afin de limiter autant que possible leur anxiété. Cette méthode classique
consiste à dédramatiser l’accouchement en réduisant l’angoisse de l’inconnu, à maîtriser la
douleur, et à diminuer les tensions au moment de l’accouchement. La femme enceinte apprendra
à se détendre et à respirer pour se relaxer.
Les deux premiers thèmes sont discutés, repris et renouvelés avec la femme enceinte tout au
long de sa grossesse. Le reste est discuté, surtout, au troisième trimestre de la grossesse.
Programme pratique
Ce programme commence dès la confirmation de la grossesse. Se fait par petits groupes de huit
à douze femmes enceintes, comporte six séances, s’adressant surtout aux primipares.
113
L’apprentissage d’exercices de relaxation, respiration et entraînement musculaire. On apprend
aux femmes grâce à des petits exercices, à découvrir les postures qui soulagent les douleurs
et celles qui favorisent la naissance du bébé. Les séances ont lieu dans une pièce tranquille,
éclairée par des lumières douces, accompagnées d’une musique de fond apaisante.
Les femmes doivent disposer de tapis de sol confortable.
La respiration
• Pour respirer librement, le ventre doit être détendu, le dos droit et les épaules doivent
être baissées (et non courbées) ;
• Respirer par le nez est important car il aide à chauffer et filtrer l’air inspiré, les poils
jouant à merveille leur rôle de capteurs de polluants. Des chercheurs ont d’ailleurs
remarqué que les personnes qui respiraient par la bouche pendant la nuit bénéficiaient
d’un sommeil beaucoup moins récupérateur que les autres ;
• Dès les premiers mois de la grossesse, la respiration est plus rapide et la future maman
s’essouffle plus vite. C’est que déjà, le volume sanguin augmente pour répondre aux
besoins en oxygène de l’utérus et du bébé. Le cœur bat plus vite pour augmenter le volume
du sang et, conséquemment, la respiration se fait plus rapide. On remarque encore qu’au
sixième mois de grossesse, le fœtus qui grandit va repousser le diaphragme de sa mère
vers le haut et comprimer la base des poumons. Ce qui explique les essoufflements et la
sensation de respiration « courte » des derniers mois.
Il est donc très important de bien respirer pendant toute la grossesse en gardant la colonne
vertébrale bien droite, et de pratiquer toutes les heures des respirations complètes.
114
Le rythme est régulier, la femme souffle par la bouche, de plus en plus fort : au bout d’une
dizaine d’expirations, on passe d’un souffle long et léger à une sorte de long soupir sonore, c’est
ce souffle là, ample et fort, qui sera utile lors des contractions,. A faire une dizaine de fois, puis
on revient doucement à une respiration calme et « normale », par le nez. Puis la femme refait
ces exercices en position assise. Cet exercice est conseillé pour chaque jour pendant toute la
grossesse.
Quand la femme a des contractions, elle a souvent tendance à se crisper, à se bloquer : c’est
vraiment la chose à ne pas faire. Si elle se bloque, forcément les contractions qui arrivent sur
un corps qui est déjà tendu, font mal. Donc la respiration doit être calme, régulière, basée sur
le souffle.
• A dilatation non complète :
Expirer et souffler lentement ou au contraire très fort et rapidement du début à la fin de la
contraction.
1- Expirer par la bouche ;
2- Inspirer par le nez (inspiration profonde) le ventre se gonfle, puis le thorax et les épaules
se relèvent ;
3- Se relaxer entre les contractions.
• A dilatation complète
A- La poussée en inspiration bloquée :
• Attraper les genoux ou les étriers en les ramenant vers soi et ramener le menton sur
la poitrine ;
• Souffler pour vider les poumons ;
• Inspirer profondément et garder l’air dans les poumons ;
• Pousser avec le ventre (la durée est en fonction de la possibilité ; avec 2 à 3 blocages
par contraction) ;
• Souffler et reprendre de l’air ;
• Se relaxer entre les contractions en relâchant les étriers.
La relaxation
La relaxation psychologique induira une relaxation physique. Son but est d’améliorer la réaction
face à une situation inconnue, appréhendée mais prévisible.
Le relâchement des muscles abdominaux agira de telle sorte que, dans la phase de dilatation
115
les contractions de l’utérus ne seront contrariés et auront une meilleur efficacité .la relaxation
générale permettra a la mère de se reposer de reprendre ses forces entre deux contractions
utérines jusqu’à la phase d’expulsion qui exigent d’elle une participation consciente et une
grande réserve énergétiques. La décontraction procurée par cette pratique permet fréquemment
de surmonter la douleur, mais il faut un entraînement attentif et régulier pour arriver à acquérir
sa maîtrise. La femme apprend a relâcher petit à petit ses muscles en commençant par les
orteils pour atteindre la tête et le cou jusqu’à arriver à la sensation d’un corps très lourd,
parfaitement détendu. Après un moment d’immobilité elle bouge doucement ses orteils pour
réveiller progressivement les muscles de son corps.
Autres méthodes
1. La sophrologie
Appliquée à l’obstétrique qui est l’un de ses terrains d’élection. Cette méthode propose un
véritable entraînement de la conscience aux différentes étapes de l’accouchement, vécues d’une
façon non directive, positive et au bord du sommeil. Son but est l’optimisation des capacités
naturelles maternelles ; l’accouchement n’est pas subi mais vécu, puisque ainsi entraînées, les
mères peuvent agir volontairement sur la dilatation de leur col, sur leurs douleurs, tout en
accompagnant mentalement l’enfant dans sa descente et sa rotation. C’est là où « donner un
sens » prend le pas sur « subir la douleur ».
La sophrologie est, donc, une étude de la conscience humaine et des moyens qui permettent
d’obtenir la tranquillité, l’équilibre et l’harmonie de l’esprit. C’est une technique de relaxation
qui s’apparente à l’hypnose. Le sophrologue qui, par une voix douce et monocorde, permettra à
la femme enceinte de se laisser aller vers l’état de relaxation visé et de visualiser les différents
moments de la grossesse et de l’accouchement.
2. Le Yoga
Plus qu’une simple méthode de préparation à l’accouchement, le yoga est une philosophie,
une gymnastique accompagnée de respiration qui aide à atteindre un équilibre physique et
émotionnel, grâce à un travail musculaire et par le biais des séances et postures enseignées. La
femme enceinte renouera un dialogue avec son corps et elle retrouvera l’apaisement physique
et moral. Le yoga propose un travail musculaire très complet et efficace contre les blocages, les
tensions et les mauvaises postures. Il peut être pratiqué dès le quatrième mois de grossesse et
après l’accouchement.
3. L’acupuncture
La médecine traditionnelle chinoise à sa place dans le suivi d’une grossesse, elle est efficace
dans les déséquilibres qu’engendre parfois la gestation.
A l’approche du terme de la grossesse, la sage-femme formée en acupuncture, pourra réaliser
quelques séances pour la femme enceinte, afin de favoriser un déclenchement spontané et
naturel de l’accouchement.
4. L’Eutonie
L’eutonie, littéralement « bon tonus », est une pratique corporelle visant à atteindre un juste
tonus, une tonicité harmonieuse dans les gestes courants comme dans l’effort. Ceci a pour but
d’économiser son énergie tout en restant efficace dans ses mouvements.
116
Les positions conseillées pendant le travail
Selon l’OMS, « aucune donnée ne justifie d’encourager la position allongée sur le dos (...) les
femmes devraient être libres de choisir, et encouragées à le faire, la position qu’elles préfèrent
pour l’accouchement. (...) Il paraît préférable d’éviter les périodes prolongées en position
dorsale ».
Pour le Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF), « il paraît possible
de conseiller largement les positions verticales lors de l’expulsion, tout en étant vigilant sur le
risque hémorragique. ».
Position debout
La position debout facilite la descente du bébé grâce à la pesanteur, les contractions sont plus
efficaces sans pour autant être plus douloureuses, la dilatation du col est facilitée et la tête
du bébé s’engage plus facilement dans le bassin. Cette position accélère le travail mais il est
difficile de la maintenir lorsque le bébé appuie sur le périnée.
Position assise
La parturiente assise à califourchon sur une chaise place un oreiller entre son ventre et le
dossier de la chaise pour protéger l’abdomen. Ensuite, elle doit passer les bras par-dessus du
dossier. Pencher vers l’avant pour libérer le coccyx et le sacrum.
Ecarter les jambes sur une chaise pour élargir le pelvis, cette position enlève la pression sur
le dos et offre la possibilité de masser la parturiente par la sage femme ou l’accompagnateur.
Position Accroupie
La position accroupie semble améliorer le confort des femmes.
Le dos droit et les genoux fléchis, la future maman peut aussi s’aider, pendant l’accouchement,
en se tenant à une suspension. Cela favorisel’étirement et ménage son périnée. Pourtant, il n’y
a pratiquement pas d’accouchement dans cette posture, faute d’installations adéquates dans les
hôpitaux. Les mamans qui mettent au monde leur enfant en position accroupie sont souvent
celles qui accouchent chez elles, soutenues par le papa.
117
Position allongée dite gynécologique
Allongée sur le lit, les pieds dans les étiers ou sur le lit.
Cette position est rassurante et pratique pour l’accoucheur qui peut surveiller le périnée, voir
le col de l’utérus et la sortie du bébé. Elle est indiquée pour les interventions médicales :
monitoring, péridurale, forceps, etc.
Objectifs généraux :
Améliorer et promouvoir la santé de la mère, le nouveau né et de l’enfant
Objectifs Spécifiques :
• Développer les connaissances et les pratiques des femmes en matière de suivi de la grossesse
et l’accouchement ;
• Sensibiliser les femmes sur l’importance du suivi de la grossesse ;
• Comprendre le développement, l’évolution de la grossesse, le déroulement de l’accouchement
et la périnatalité, les changements psychologiques; le développement du fœtus et la
physiologie du nouveau-né ;
• Apporter un appui à la femme enceinte (Nutrition, exercice physiques et mode de vie sain) ;
• Inciter les femmes à consulter en urgence en cas d’anomalies ;
• Faire comprendre aux femmes l’intérêt de l’accouchement en milieu surveillé ;
• Développer les compétences des femmes en matière de suivi du nouveau-né (Allaitement
maternel, toilette et bain du bébé…) ;
• Prendre conscience de l’importance du soutien émotionnel ;
• Améliorer les rapports entre les professionnels santé et les femmes participantes.
118
Phase de préparation :
Aménagement d’un espace pour « Classe des mères » ;
Equipement de l’espace « Classe de mères » ;
• Petit local propre plus disponibilité des chaises et du matériel didactique ;
Les supports et moyens didactiques permettent d’assurer une bonne organisation et une
animation des séances éducatives planifiées. Ils incluent :
• Le guide méthodologique destiné aux professionnels de santé sur la « classe des
mères » comme outil de référence avec un modèle pour le recueil des données (le
registre et rapports mensuel / trimestriel ;
• Le flanellographe ;
• Les vidéocassettes ( la promotion de la consultation prénatale(Hayat), la clase des
mères, la gymnastique de la femme enceinte, la nutrition chez la femme enceinte, la
toilette et soins du nouveau né, l’allaitement maternel) ;
• les maquettes, les fiches éclaires, les affiches, dépliants et brochures...
Déroulement de la séance :
• Accueil des participantes ;
• Ramassage des carnets de santé des femmes ;
• Présentation des thèmes du cours ;
• Discussions ;
• Feed-back des participantes ;
• Prise en charge des femmes présentant des complications par le médecin (généralistes ou
spécialiste) ;
• Remise des carnets de santé des femmes et la date du prochain cours inscrit dessus ;
• Visite des salles d’expectante, d’accouchement et des suites de couches lors du 3ème cours.
SUIVI ET EVALUATION
L’encadrement, suivi et évaluation de la classe des mères se fait par l’équipe de la circonscription
sanitaire et par l’équipe du SIAAP.
Avant le démarrage de la classe dans une formation sanitaire la situation initiale de certains
indicateurs doit être arrêtée pour permette de mesurer les changements :
• Taux de recrutement en consultation prénatale ;
• Taux de continuité de la consultation prénatale ;
• Taux d’accouchement en milieu surveillé ;
• Taux de consultation en post partum ;
• Taux d’utilisation du carnet de santé de la femme.
Le registre de la classe des mères permet de consigner les données relatives aux activités de la
classe des mères. Son exploitation se fait à la fin de chaque mois pour identifier les absentes et
pour alimenter le rapport mensuel des activités.
119
LISTE DES THEMES DEVELOPPES SELON L’AGE DE LA GROSSESSE
120
Annexe 3. CONSULTATIONS PRÉ ET POST NATALES /
EQUIPEMENTS ET MÉDICAMENTS ESSENTIELS
1. Besoins en matériel des maisons d’accouchements urbaines et rurales
- Boite d’accouchement
- Boite à valves pour examen vaginal
- Boite à pansements
- Boite de chirurgie pour curetage
- Boite d’épisiotomie
- Boite à suture pour déchirure vaginale
- Kit d’accouchement
- Kit d’épisiotomie
- Kit de réanimation du nouveau-né
- Boite inox, 170 x 70 x 30 mm
- Boite inox, 200 x 80 x 60 mm
- Boite inox, 250 x 150 x 60 mm
- Boite inox, 300 x 100 x 70 mm
- Boite cylindrique, inox, pour autoclave, D : 150, H : 150 mm
- Boite cylindrique, inox, pour autoclave, D : 220, H : 200 mm
- Tambour stérile. Vert.250mm
- Tambour stérile. Vert. Inox,180 mm
- Tambour stérilisateur, inox, 150mm
- Plateau, inox, 170 x 110, hauteur : 20 mm
- Plateau, inox, 240 x 180, hauteur : 30 mm
- Plateau, inox, 310 2100, hauteur : 40 mm
- Table à instrument réglable
- Cupule inox, fond plat, 120 mm haut
- Cuvette haricot, inox, 25 cm
- Porte pince a servir, inox, 40
- Table d’accouchement
- Table d’examen gynécologique
- Stéthoscope de pinard en aluminium
- Détecteur du pouls fœtal
- Stéthoscope de pinard en aluminium
- Ventouse électrique
- Balance pèse-bébés
- Balance pèse-personne mécanique
- Appareil à tension pour adultes + stéthoscope
- Thermomètre
- Potence à sérum sur roulettes
- Escabeau à 2 marches
- Toise murale type adulte
- Bassin de lit en plastique 25 cm environ avec couvercle
- Back laveur inox
- Seau avec couvercle et pédale 13 l
- Guéridon avec plateau d’accouchement
- Lampe d’examen sur pied
- Aspirateur électrique
- Horloge murale
121
- Paravent sur roulettes
- Flacons laveurs lobo 250 ml
- Stéthoscope biauriculaire complet
- Chariot brancard
- Chariot à traitement
- Chaise roulante
- Couveuse portative
- Autoclave petit modèle + distillateur
- Obus d’oxygène
- Concentrateur O2 petit modèle
- Table chauffante pour nouveau-né
- Échographe
- Automate
- Spectrophotomètre
- Réfrigérateur avec thermomètre
- Réchaud à gaz 3 feux avec détendeur
- Système de climatisation
2. Consultation prénatale
- Lampe d’examen sur pied
- Tensiomètre pour adulte
- Stéthoscope biauriculaire complet
- Mètre ruban / coton plastifie
- Thermomètre médical rectal
- Cuvette haricot
- Table d’examen gynécologique
- Tasse a solution
- Balance pèse-personne mécanique
- Stéthoscope de pinard
- Détecteur de BCF à effet Doppler
- Spéculum vaginal grand type graves
- Speculum vaginal moyen type graves
- Escabeau à 2 marches
- Toise murale type adulte
- Pince stérilisateur tout usage
- Gants steriles
- Bocal pour pince stérilisateur inox
- Tambour stérile Vertical, inox,180mm
- Tambour stérilisateur, inox, 150mm
- Plateau, inox, 170 x 110, hauteur: 20 mm
- Plateau, inox, 240 x 180, hauteur: 30 mm
- Table a instrument type mayo
- Seau avec couvercle et pédale 13 l
- Paravent sur roulettes
- Flacons laveurs lobo 250 ml
- Autoclave petit modèle
- Spéculums jetables
- Échographe
- Réchaud à gaz
- Bandelettes urinaires
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- Matériel éducatif
- Téléviseur
- Magnétoscope
- Kits d’IEC
3. Consultation post natale
- Comptoir avec évier et armoire de soubassement en dur
- Patère murale, 3 crochets
- Paravent sur roulettes
- Négatoscope, fixation murale, 2 plages (attn : + prise électrique)
- Table d’examen gynécologique, inox
- Marche pieds,2 marches
- Tabouret standard, ajustable en hauteur, 40 à 60 cm.
- Lampe d’examen, standard, mobile
- Table à instruments mobiles, inox, 2 portes cuvettes avec cuvettes, 2 étagères avec
galléries, 60 X 40 X 85 cm approx.
- Armoire à instruments, 2 portes en verre, 4 étagères en verre, dim. : 80 x 30 x 160
cm approx.
- Poubelle à couvercle, ouverture par pédale, inox, cap. 30 l
- Trousse diagnostique avec oto-laryngoscope, complet avec accessoires, pour adultes
et nouveau-né
- Mètre ruban
- Tensiomètre pour adulte, suspension murale, complet avec corbeille
- Stéthoscope pour adulte
- Jeu de plateaux, bassins, réniformes et tambours, pince avec support inox
- Jeu d’instruments complémentaires pour la consultation de gynécologie
- Balance nouveau-né, mécanique, inox, grand cadran
- Toise pour mesurer le nouveau-né
- Coussin à langer le nouveau-né
- Ciseau à pansement, stérilisable
- Prises électriques à hauteur 110 à 120 cm, implantation ergonomique
- Rechaud à gaz
- Réfrigérateur avec thermomètre
123
- Adrénaline 1 mg ampoule injectable
- Sérum glucosé iso à 5 % sachet de 500 ml
- Sérum salé à 9 %° sachet de 500 ml et 1000 ml
- Sérum bicarbonaté à 14 %° flacons de 250 ml
- Polyvidone iodé moussante de 4 gr, flacon de 500 ml à usage gynécologique
- Polyvidone iodée 10 gr, à PH5 flacon de 500 ml
- Réfrigérateur avec thermomètre
- Système de climatisation
Fongibles :
- Intranule N° 16 G ou 14 G
- Gants latex propre boite de 100 (médian)
- Gants latex N° 7,7,5 et 8 à usage unique
- Doigtiers à 2 doigts jetables
- Tubulures pour perfusion
- Seringues jetables à bout centré 3 éléments, 2,5 ml, 5 ml, 10 ml
- Sparadraps non tissé extensible de 10 cm/ 10mètres
- Coton hydrophile 500 gr emballage en plastique
- Coton cardé 500 gr emballage en plastique
- Gaze hydrophile 65 cm x 5 mètres/PCX 20 PC
- Gel pour l’échographe
- Réactifs pour l’automate :
Agent de lyse (1 L)
Nettoyant (1L)
Diluant (20 L)
Kit pour l’urée
Kit pour la créatinine
Kit pour le glucose
Sérum de contrôle
N.B : le spectrophotomètre utilise des réactifs en fonction des applications
désirées
- Réactifs pour spectrophotomètre
- Bandelettes urinaires.
124
Annexe 4. UTILISATION DU SULFATE DE MAGNESIUM
125
Annexe 5. LES SUPPORTS D’INFORMATION ET DE SUIVI
Pour la CPN :
Pour la CPoN :
126
ANTÉCÉDENTS OBSTÉTRICAUX
Anomalies du déroulement des grossesses antérieures
Nature Nombre
Avortement
Accouchement
prématuré
Autres à préciser
ANTÉCÉDENTS DE LA FEMME
Médicaux Chirurgicaux Gynécologiques
GROSSESSE ACTUELLE
127
128
129
130
Registre de la CPN
131
Registre de la CPoN
132
Royaume du Maroc اململكة املغربية
Ministère de la santé وزارة الصحة
Région
Province
133
Fiche journalière de la CPN et la CPoN
134
BIBLIOGRAPHIE
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2. Classes des mères : guide méthodologique à l’usage des professionnels de santé DP/MS
2010
4. Evaluation de la qualité des soins en sante génésique offerts dans les formations sanitaires
de la zone d’intervention du projet passage / B. Joseph Moucassa / 2007
9. Guides de soins continus à la Femme et au Nouveau-né liés aux SSP. Centre Latino-
américain de Périnatalogie/CLAP/SFR – OPS/OMS/ Montevideo - Uruguay/ 2010
11. Guide sur la salubrité des aliments pour les femmes enceintes/ Santé Canada, 2010
13. La santé néonatale dans le contexte de la santé maternelle, infantile et juvénile pour atteindre
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Conseil Directeur de l’Organisation panaméricaine de la Santé/ 2006
136
15. L’échographie fœtale Marc Dommergues Roger Bessis
20. Les soins à la mère et au nouveau-né dans une perspective familiale : lignes directrices
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21. Les suites de couches difficiles / Jean-Luc VANDERSTEEN/ Les cahiers du Formathon...
2011 - Colloques - /Date de mise en ligne : samedi 19 mars 2011 /Site du Formathon.
22. Le nouveau code de travail /Bulletin Officiel n° 5210 du Jeudi 6 Mai 2004
23. Les soins à la mère et au nouveau-né dans une perspective familiale : lignes directrices
nationales : Soins pendant la grossesse /2000.
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26. Normes relatives aux infrastructures et équipement de poste de sante communautaire, centre
de sante, hôpital de district / Octobre 2009
27. Obstétrique en situation d’isolement : guide pratique / AS. Coutin, V. Grouzad, M. Henkens,
T. Marquardt /3ème édition/2007
28. Plan d’action santé, 2008-2012 « Réconcilier le citoyen avec son système de santé »
Ministère de la Santé/ Juillet 2008
29. Politique quant au transport de la mère/ Déclaration de principe commune JOGC octobre
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31. Pratique d’obstétrique /J. Lansac Edition Masson 2008
34. Recommandation nationale relative aux soins prénatals: Une base pour un itinéraire clinique
de suivi des grossesses / Bruxelles KCE reports vol. 6B 2004.
37. Soins obstétricaux d’urgence: Outils pour l’évaluation des sites/ AMDD/SMN/ JHPIEGO/
2004
39. Suivi des grossesses et des nouveau-nés par les médecins généralistes / Lemeille Catherine
/Thèse De Médecine Reims /2007
41. Surveillance du post partum/ guide pratique destiné aux prestataires de soins / MSP/ DP/
Maroc 2005
42. WHO Technical Consultation on Postpartum and Postnatal Care/ World Health Organization
2010 /Geneva, Switzerland
138