Université de Bordeaux L1 - Outils Mathématiques, 2021-2022
Corrigé du devoir à la maison numéro 1
Exercice 1
3−2x
Soit f la fonction définie par f (x) = 3x2 −3x−6
.
(1) Déterminer le domaine de définition de f .
Le dénominateur de la fraction qui définit f est 3x2 − 3x − 6 = 3(x2 − x − 2).
Le discriminant du polynôme x2 − x − 2 est égal à ∆ = 1 − 4(−2) = 9 = 32 . Ses
1−3 1+3
racines sont donc = −1 et = 2. Ainsi,
2 2
1 3 − 2x
f (x) =
3 (x − 2)(x + 1)
Comme f est égal au quotient de deux polynômes, f est définie sur l’ensemble R
privé des racines du dénominateur de ce quotient.
Df = R r {−1, 2}
(2) Calculer les limites de f en −∞, −1, 2, 3 et +∞ (si nécessaire, distinguer les cas
des limites à gauche et à droite).
• Comme le dénominateur de f ne s’annule pas en 3, f est continue en 3 et
−1
lim f (x) = f (3) = .
x→3 4
• Pour la limite de f (x) en −∞, il y a indétermination puisqu’en −∞, le
numérateur et le dénominateur de f (x) tendent tous deux vers +∞. Pour
lever cette indétermination, on utilise la factorisation suivante. Pour x 6= 0,
3 − 2x
f (x) =
3x2 − 3x − 6
3
−2x 1 − 2x
=
1 2
3x2 1 − x
− x2
3
!
−2 1 − 2x
=
3x 1 − x1 − x22
1
3
−2 1 − 2x
Or lim = 0 et lim = 1. On en déduit que la limite
x→−∞ 3x x→−∞ 1 − 1 − 2
x x 2
cherchée est 0.
lim f (x) = 0
x→−∞
• En +∞, la même factorisation donne aussi le résultat
3
!
−2 1 − 2x
lim f (x) = lim =0
x→+∞ x→+∞ 3x 1 − x1 − x22
• Quand x tend vers −1, le numérateur de f (x) tend vers 5. Pour le dénomi-
nateur, on constate que
lim − 3(x − 2)(x + 1) = 0+ et lim + 3(x − 2)(x + 1) = 0−
x→−1 x→−1
donc
lim f (x) = +∞ , lim f (x) = −∞
x→−1− x→−1+
• Quand x tend vers 2, le numérateur de f (x) tend vers −1. Pour le dénomi-
nateur, on constate que
lim 3(x − 2)(x + 1) = 0− et lim+ 3(x − 2)(x + 1) = 0+
x→2− x→2
donc
lim f (x) = +∞ , lim f (x) = −∞
x→2− x→2+
(3) Donner le domaine de dérivabilité Df 0 de f puis calculer f 0 (x) pour x ∈ Df 0 .
Comme f est le quotient de deux polynômes, son domaine de dérivabilité est
égal à son domaine de définition.
Df 0 = Df = R r {−1, 2}
1 3 − 2x
Dérivons f (x) = sur Df 0 .
3 x −x−2
2
Pour x ∈ Df 0 ,
!
0 1 −2(x2 − x − 2) − (2x − 1)(3 − 2x)
f (x) =
3 (x2 − x − 2)2
2x2 − 6x + 7
=
3(x2 − x − 2)2
2x2 − 6x + 7
=
3(x − 2)2 (x + 1)2
(4) Dresser le tableau de variations de f .
2
Le polynôme du numérateur N (x) = 2x2 −6x+7 est de degré 2. Son discriminant
est égal à 62 − (4 × 7 × 2) = 36 − 56 = −20. Il est strictement négatif. On sait
que dans ce cas, le polynôme ne s’annule pas et est du signe de son coefficient
dominant sur R. Donc
N (x) > 0 ∀x ∈ R
On en déduit que
f 0 (x) > 0 ∀x ∈ Df 0
Voici le tableau de variation de f .
x −∞ −1 2 +∞
0
f (x) + + +
+∞ +∞ 0
f (x)
0 −∞ −∞
Ce n’était pas demandé, mais voici tout de même la courbe représentative de f .
Elle possède deux asymptotes verticales (en rouge) d’équations respectives x = −1
et x = 2 et une asyptote horizontale d’équation y = 0.
(5) Montrer que l’équation f (x) = − 15 admet une unique solution dans l’intervalle
]3, 4[ (il n’est pas demandé de déterminer explicitement cette solution).
3
1 1
La fonction f est continue sur l’intervalle [3, 4]. Or f (3) = − et f (4) = − .
4 6
1 1 1
Comme − appartient à l’intervalle − , − , le théorème des valeurs intermédi-
5 4 6
aires permet de conclure qu’il existe au moins une solution x0 ∈]3, 4[ à l’équation
1
f (x) = − .
5
De plus, f est dérivable sur [3, 4]. Comme
f 0 (x) > 0 ∀x ∈ [3, 4]
f est strictement croissante sur cet intervalle. On en déduit que l’équation a une
unique solution.
Exercice 2
Résoudre dans R les équations suivantes.
a) sin(3x) = √12
1
Comme √ = sin(π/4), l’équation s’écrit
2
sin(3x) = sin(π/4)
Cette équation est équivalente à
π/4 + 2kπ où k ∈ Z
3x = ou
(π − π/4) + 2kπ où k ∈ Z
4
c’est-à-dire
π/4 + 2kπ où k ∈ Z
3x = ou
3π/4 + 2kπ où k ∈ Z
c’est-à-dire
π/12 + 2kπ/3 où k ∈ Z
x= ou
π/4 + 2kπ/3 où k ∈ Z
L’ensemble des solutions est donc égale à
( ) ( )
π 2kπ π 2kπ
+ :k∈Z ∪ + :k∈Z
12 3 4 3
Remarque. Les solutions comprises dans l’intervalle ] − π, π] sont
π/12 , π/12 + 2π/3 = 3π/4 , π/12 − 2π/3 = −7π/12
π/4 , π/4 + 2π/3 = 11π/12 , π/4 − 2π/3 = −5π/12
b) cos(x) = sin(x).
Première méthode.
Souvenons nous que cos(π/2 − x) = sin(x) pour tout réel x (voir aussi la figure ci-
dessous).
5
Alors l’équation cos(x) = sin(x) est équivalente à
cos(x) = cos(π/2 − x)
c’est-à-dire
(π/2 − x) + 2kπ où k ∈ Z
x= ou
− (π/2 − x) + 2kπ où k ∈ Z
or la seconde possibilité x = −(π/2 − x) + 2kπ où k ∈ Z signifierait qu’il existe un entier
relatif k tel que x = x + π/2 + 2kπ où k ∈ Z, donc tel que 0 = π/2 + 2kπ. En divisant
par π, cela donnerait 0 = 1/2 + 2k, où k est entier : c’est absurde.
Donc l’équation est équivalente à la première possibilité x = (π/2 − x) + 2kπ où k ∈ Z.
Ainsi, cos(x) = sin(x) si et seulement s’il existe k dans Z tel que
x = π/2 − x + 2kπ
ce qui s’écrit aussi
2x = π/2 + 2kπ
ou enfin
x = π/4 + kπ
L’ensemble des solutions est donc
π
+ kπ : k ∈ Z
4
Remarque. Les solutions comprises dans l’intervalle ] − π, π] sont π/4 et −3π/4.
6
Deuxième méthode. On peut tenir compte du fait que cos(x)2 + sin(x)2 = 1. Alors
1
si cos(x) = sin(x), c’est que 2 cos(x)2 = 1, donc cos(x)2 = 1/2, donc cos(x) = √ ou
2
1 1 1
cos(x) = − √ . Ainsi, cos(x) = sin(x) = √ ou cos(x) = sin(x) = − √ . Or,
2 2 2
1
sin(π/4) = cos(π/4) = √
2
1
sin(−3π/4) = cos(−3π/4) = − √
2
Comme la donnée du sinus et du cosinus détermine la mesure d’angle à addition près par
un multiple de 2π, cela veut dire qu’il existe k ∈ Z tel que
x = π/4 + 2kπ
ou
x = −3π/4 + 2kπ
Comme −3π/4 + 2kπ = π/4 + (2k − 1)π, on conclut qu’il existe un entier relatif k tel que
x = π/4 + kπ
Nous avons donc montré que toute solution de l’équation s’écrit sous la forme x = π/4+kπ
où k est un entier relatif. Réciproquement, supposons que x = π/4+kπ. Si k est un entier
1 1
relatif pair, cos(x) = cos(π/4) = √ et sin(x) = sin(π/4) = √ . Si k est un entier relatif
2 2
1 1
impair, cos(x) = cos(π/4 − π) = cos(−3π/4) = − √ et sin(x) = cos(−3π/4) = − √ .
2 2
L’ensemble des solutions est donc
π
+ kπ : k ∈ Z
4
7
Troisième méthode. On peut utiliser la fonction tangente. Si sin(x) = cos(x), alors
cos(x) ne peut être nul car alors sin(x) le serait aussi et cela contredirait l’égalité cos(x)2 +
sin(x)2 = 1.
Comme cos(x) ne peut être nul, on divise par cos(x) des deux cotés de l’égalité sin(x) =
cos(x) et on constate que l’équation est équivalente à l’équation
tan(x) = 1
Or on sait que tan(π/4) = 1. De plus, la fonction tangente induit une bijection de
] − π/2, π/2[ dans R. Donc π/4 est l’unique élément x de ] − π/2, π/2[ tel que tan(x) = 1.
Comme la fonction tangente est périodique de période π, on en déduit que l’ensemble des
solutions est
π
+ kπ : k ∈ Z
4
Interprétation graphique. Dans un repère orthonormé du plan, soit O l’origine des
axes. Soit M le point (cos(x), sin(x)). L’équation est vérifiée si et seulement si M appar-
tient à la droite D d’équation x = y et au cercle de centre O et de rayon 1. Soient I et J
les points de coordonnées respectives (1, 0) et (0, 1).
La symétrie orthogonale par rapport à la droite D échange les demi-droites [OI) et
\ en deux
[OJ). C’est l’axe de symétrie entre ces demi-droites et elle partage l’angle (IOJ)
angles égaux.
Un point M sur le cercle appartient donc à D si et seulement si la demi-droite [OM )
\ en deux angles égaux. Comme π/2 est une mesure de (IOJ)
partage l’angle (IOJ) \ et x
\), cela veut dire qu’il existe un entier relatif k tel que
une mesure de (IOM
2x = π/2 + 2kπ
8
ce qui signifie que
x = π/4 + kπ
L’ensemble des solutions est donc
π
+ kπ : k ∈ Z
4
Sur la figure ci-dessus, les points correspondant aux solutions sont notés M1 et M2 . La
\1 ) et (M
mesure principale des angles (IOM \ \ \
1 OJ) est π/4. Celle de (IOM2 ) et (M2 OJ)
est −3π/4.