1.
Définition :
Les seuils de nuisibilités ou seuils économiques définissent le niveau des populations
d'organismes nuisibles qu'un agriculteur peut admettre sans grand risque pour sa récolte, ou
sans que la dépense en pesticides ne dépasse le gain de récolte.
2. Le STRIGA :
Classification :
Règne : PLANTAE
Embranchement : PHANEROGAMES
Sous-embranchement : ANGIOSPERME
Classe : DICOTYLEDONES
Ordre : LAMIALES
Famille : OROBANCHACEAE
Genre : Striga
Espèce : Il existe une quarantaine d’espèces de Striga (ex : S. hermonthica ; S. asiatica)
Biologie :
Le striga est l’un des principaux parasites des végétaux, une mauvaise herbe qui suce le jus et
les nutriments des plantes de céréales comme le mil, le sorgho et le maïs et qui cause des
pertes énormes en rendement. En fait, une seule plante de striga peut produire des centaines
de milliers de graines. Il existe une quarantaine d’espèces de Striga, mais trois d’entre elles
causent les dégâts les plus importants : S. hermonthica (Del) Benth et S. asiatica (L) Kuntze,
sur les céréales, et S. gesnerioides. Le Striga est un parasite qui fixe sur les racines de la
plante hôte: épirhize. Le striga aime pousser dans les endroits où le sol n’est pas fertile car il
trouve sa nourriture dans les racines des autres plantes. Le Striga appartient à la famille des
Orobanchaceae (Scrophulariaceae). C’est un hémiparasite car après l’émergence, le Striga
peut effectuer l’activité photosynthétique. Le Striga peut pousser jusqu’à 50 cm de hauteur et
porte de fleurs qui produisent des capsules contenant une multitude de graines minuscules de
couleur sombre ayant 0,15 mm de large et 0,3 mm de long et 1000 graines pèsent 5,5 mg.
Ecologie :
Le Striga est endémique des zones arides ou semi-arides des régions tropicales et plus
particulièrement en Afrique sub-saharienne. Il se développe dans les zones à faible
pluviométrie (inférieure à 1 500 mm par an) avec une longue saison sèche et des températures
annuelles élevées. Le plus souvent, le striga est favorable sur des sols de faible teneur en
matières organiques ou de faible fertilité et de texture grossière favorable au stress hydrique.
Dans ces conditions, il se rencontre surtout, dans les parcelles où l’agriculteur apporte un
faible amendement. Généralement, la sévérité de l’infestation se fait aussi remarquer lorsque
l’apport en éléments minéraux est faible en particulier l’azote et le phosphore, c’est-à-dire, les
éléments majeurs nécessaires pour la croissance d’une plante, sans pour autant négliger les
autres éléments minéraux mineurs. En effet, la germination de cette plante parasite est induite
par le strigolactone, une substance synthétisée par les racines des plantes hôtes lorsque l’azote
et le phosphore sont déficients dans le milieu. Ainsi, les dégâts dans les parcelles à restitution
en amendement élevé ou sol plus riche y sont moins importants que ceux dans le cas
contraire.
cycle de vie d’un striga :
La première étape du cycle de Striga débute dans la racine de la plante hôte : la phase
souterraine. A ce stade, la plante parasite dépend entièrement de son hôte et elle détourne à
son profit l’eau et les minéraux (sève brute) du xylème à l’aide d’un suçoir appelé
haustorium. Les graines après 4 à 6 mois de période de dormance germent quand les
conditions sont favorables : humidité adéquate pour l’imbibition des graines, température
entre 20 à 30°C et la présence de strigolactone. Le strigolactone est sécrété en général par les
racines des plantes hôtes (céréales) ou autres. Quand les graines de Striga sont germées, le
sens du tube germinatif est orienté vers la provenance de cette substance chimique et se fixe
par la suite au niveau de la racine hôte, 5 jours après la germination. La distance qui sépare la
graine de la racine se situe entre 4mm à 10mm.
La deuxième étape du développement de Striga se déroule au-dessus du sol : la phase
aérienne. Cette phase comprend l’émergence du jeune plant, la floraison (trois à quatre
semaines après émergence), la fructification et la dissémination des graines. A ce stade, Striga
développe des feuilles chlorophylliennes après émergence et devient moins tributaire de la
plante hôte.
Cycle de Striga
Lutte contre le striga :
1) L’amélioration de la fertilité du sol
L’apport d’engrais organique (compost, fumier, ...) et chimique à la culture.
2) Le sarclage
L’arrachage complet à la main et brûler les pousses de Striga avant leur floraison est le
meilleur moyen pour les paysans d’éliminer le Striga.
3) Le traitement chimique
De nombreux produits chimiques (éthylène, strigol, cytokinine) favorisent la germination de
graines de Striga. En absence de racines pour se fixer, les pousses meurent rapidement. Le
coût des herbicides n’est pas à la portée des paysans.
4) La rotation des cultures
Il faut éviter la monoculture des céréales. La culture des plantes qui ne sont pas affectées par
Striga ou qui stimulent la germination des graines de Striga sans être infectées est à
encourager.
5) Les cultures pièges
Certaines plantes stimulent la germination des graines de Striga mais il est ensuite incapable
de pénétrer à l’intérieur de la racine. Les plantes pièges sont : le cotonnier, les arachides, ...
6) L’utilisation des semences tolérantes ou résistantes
Beaucoup de recherches essaient de découvrir des variétés résistantes ou tolérantes à Striga
pour des cultures telles que le sorgho, le riz, le maïs. Ces variétés améliorées sont moins
endommagées ou tolèrent la présence de Striga.
7) La lutte biologique
La recherche est orientée à identifier et à isoler des organismes présents dans les sols et qui
ont la propriété d’attaquer Striga ou de réduire ses dégâts. Ce sont les champignons pathogène
(Fusarium oxysporum [Link]. striga) et symbiotique (Champignon mycorhizien à arbuscules)
qui sont microscopiques. Fusarium oxysporum [Link]. Striga est sélectionné dans le but
de tuer le Striga sans endommager la plante hôte.
3. Type de lutte contre les mauvaises herbes :
Pour lutter contre les mauvaises herbes, le meilleur moyen est de les priver de soleil et
d’espace. Les trois techniques ci-après permettent de le faire: couper ou enterrer les
mauvaises herbes à l’aide d’une houe ou d’une faucille, avant que leurs fleurs ne donnent des
graines; couvrir le sol de 6 cm de paillis (les mauvaises herbes coupées à la houe ou à la
faucille peuvent être utilisées comme matériel de paillage); cultiver des plantes rampantes à
croissance rapide pour couvrir le sol (par exemple, des cultures de couverture comme la
citrouille, le niébé ou la patate douce). Pour lutter de façon plus durable contre les mauvaises
herbes, il faut cultiver des plantes qui couvrent le sol en permanence. Le système des cultures
étagées, où des plantes de différentes tailles poussent ensemble, constitue le moyen le plus
efficace.