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Le document traite des fonctions mathématiques, en définissant ce qu'est une fonction, comment déterminer les images et antécédents, ainsi que les ensembles de définition. Il aborde également des propriétés des fonctions telles que la parité, la monotonie et les fonctions bornées, avec des exemples illustratifs. Enfin, il fournit des méthodes pour étudier ces propriétés et des représentations graphiques associées.

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Le document traite des fonctions mathématiques, en définissant ce qu'est une fonction, comment déterminer les images et antécédents, ainsi que les ensembles de définition. Il aborde également des propriétés des fonctions telles que la parité, la monotonie et les fonctions bornées, avec des exemples illustratifs. Enfin, il fournit des méthodes pour étudier ces propriétés et des représentations graphiques associées.

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© Alex Gélin ECT1 – Lycée Les Bruyères – Sotteville-lès-Rouen

3 | Généralités sur les fonctions


I – Quelques rappels sur les fonctions

Définition 3.1 – Une fonction est un procédé qui, à un nombre x appartenant à un ensemble D,
associe un nombre y. On note
D → R
f :
x 7→ y
y = f (x) est appelé l’image de x par f , tandis que x est appelé antécédent de y par f .

Méthode 3.2 – Déterminer une image ou un antécédent par le calcul


On suppose que l’on dispose de l’expression littérale d’une fonction f .
• Pour déterminer l’image d’un nombre a, il suffit de remplacer x par a dans l’expression de f (x)
et de faire le calcul.
• Pour déterminer le ou les antécédents (s’ils existent) d’un nombre b, il faut essayer de résoudre
l’équation f (x) = b.

Exemple 3.3 –
1. Soit f la fonction définie sur R par f (x) = 2x + 3.
Déterminer l’image de 2 et le ou les antécédents (s’ils existent) de 4.
• L’image de 2 est f (2) = 2 × 2 + 3 = 7.
• Les antécédents de 4 vérifient f (x) = 4, i.e.

1
2x + 3 = 4 ⇐⇒ 2x = 1 ⇐⇒ x= .
2

2. Soit g la fonction définie sur R par g (x) = x 2 − 5x.


Déterminer l’image de −1 et le ou les antécédents (s’ils existent) de −6 et de −7.
• L’image de −1 est g (−1) = (−1)2 − 5 × (−1) = 1 + 5 = 6.
• Les antécédents de −6 vérifient g (x) = −6, i.e. x 2 − 5x = −6 ⇐⇒ x 2 − 5x + 6 = 0.
Je calcule le discriminant ∆ = (−5)2 − 4 × 1 × 6 = 25 − 24 = 1 > 0. Il y a donc deux solutions
p p
−(−5) − 1 5 − 1 −(−5) + 1 5 + 1
x1 = = =2 et x2 = = = 3.
2×1 2 2×1 2
Ainsi −6 admet deux antécédents par g , à savoir 2 et 3.
• Les antécédents de −7 vérifient g (x) = −7, i.e. x 2 − 5x = −7 ⇐⇒ x 2 − 5x + 7 = 0.
Je calcule le discriminant ∆ = (−5)2 − 4 × 1 × 7 = 25 − 28 = −3 < 0.
L’équation n’a donc aucune solution. Ainsi −7 n’admet aucun antécédent par g .

Remarque 3.4 – Il peut y avoir un, plusieurs ou même aucun antécédent.


En revanche, il ne peut y avoir qu’UNE SEULE IMAGE !

Définition 3.5 – Pour une fonction f donnée, l’ensemble de tous les nombres réels qui ont une image
calculable par cette fonction est appelé ensemble de définition de la fonction f .
On parle aussi de domaine de définition de la fonction f . Il est souvent noté D f .

1
Mathématiques 2024/25 Ch. 3 – Généralités sur les fonctions ECT1

1
Exemple 3.6 – La fonction f : x 7→ a pour ensemble de définition R \ {2}.
2x − 4

Définition 3.7 – Dans le plan, muni d’un repère O,⃗ı,⃗ȷ , on nomme courbe représentative d’une
¡ ¢
¡ ¢
fonction numérique f , l’ensemble des points de coordonnées x, f (x) du plan, pour x parcourant
l’ensemble de définition de f . On la note souvent C f . Ainsi
n¡ ¢ o
Cf = x, f (x) | x ∈ D f .

Remarque 3.8 – En résumé, les images f (x) se lisent sur l’axe des ordonnées et les antécédents x sur l’axe
des abscisses.

Méthode 3.9 – Lire une image ou un antécédent à partir d’une courbe


Trouver l’image d’un nombre Trouver le ou les antécédents d’un nombre

y y
Cf Cf
2 2

1 1

x 0 1 2 3 4 x
0 1 2 3 4
−1 −1

−2 −2

1. On trace la droite horizontale passant par


1. On place x sur l’axe des abscisses.
cette valeur.
2. On se déplace verticalement jusqu’à ren-
2. Aux points d’intersection, on se déplace
contrer la courbe C f .
verticalement vers l’axe des abscisses pour
3. On lit f (x) sur l’axe des ordonnées. lire les antécédents.
Ici, l’image de 1 par f est −2. Ici, les antécédents de 1 par f sont 0 et 4.

Exemple 3.10 – Soit f la fonction dont on donne la courbe représentative C f suivante.

y Cf
2

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 x

−1

1. Utiliser le graphique pour déterminer les valeurs de f (−4), f (−3) et f (0).

f (−4) = −1, f (−3) = 0 et f (0) = −1.5

2
Mathématiques 2024/25 Ch. 3 – Généralités sur les fonctions ECT1

2. Déterminer les images par f de 1 et 3.


Graphiquement, l’image de 1 est −1 et l’image de 3 est 1.5.
1
3. Trouver le ou les antécédents (s’ils existent) par la fonction f des nombres , −1 et 2.
2
1
• Les antécédents de sont −2 et 2.4.
2
• Les antécédents de −1 sont −4, −0.4 et 1.
• L’unique antécédent de 2 est 3.4.

II – Propriétés éventuelles d’une fonction

1 – Parité

Définition 3.11 –
• On dit que la fonction f est paire si l’ensemble de définition D f est symétrique par rapport à 0
et que pour tout x ∈ D f ,
f (−x) = f (x).

• On dit que la fonction f est impaire si l’ensemble de définition est symétrique par rapport à 0
et que pour tout x ∈ D f ,
f (−x) = − f (x).

Remarque 3.12 – La condition "D f est symétrique par rapport à 0" ne doit pas être oubliée lorsque l’on
démontre qu’une fonction est paire ou impaire. Par exemple, une fonction f : − 1, 2 → R, quelque soit son
£ ¤
£ ¤
expression, ne saurait être paire ou impaire, puisque son ensemble de définition −1, 2 n’est pas une partie
de R symétrique par rapport à 0.

Méthode 3.13 – Étudier la parité d’une fonction


On procède toujours en deux temps.
1. On vérifie que l’ensemble de définition D f est symétrique par rapport à 0.
(Pour cela, on se contente souvent de le constater en observant D f .)
2. On exprime f (−x) à l’aide de f (x), pour tout x ∈ D f .

Remarque 3.14 – On peut retenir, pour la mise en oeuvre de cette méthode, la règle suivante :

xn
(
si n est pair,
(−x)n = n
−x si n est impair.

Par exemple, (−x)2 = x 2 mais (−x)3 = −x 3 .

Exemple 3.15 –
x
1. Étudier la parité de la fonction f définie sur R par f (x) = .
1 + x2
−x x
R est bien symétrique par rapport à 0 et ∀x ∈ R, f (−x) = 2
=− = − f (x).
1 + (−x) 1 + x2
Donc la fonction f est impaire.
¤ ¤ £ £ p
2. Étudier la parité de la fonction f définie sur − ∞, −1 ∪ 1, +∞ par f (x) = x 2 − 1.
¤ ¤ £ £ ¤ ¤ £ £
− ∞, −1 ∪ 1, +∞ est bien symétrique par rapport à 0 et ∀x ∈ − ∞, −1 ∪ 1, +∞ ,
p p
f (−x) = (−x)2 − 1 = x 2 − 1 = f (x). Donc la fonction f est paire.

3
Mathématiques 2024/25 Ch. 3 – Généralités sur les fonctions ECT1

Théorème 3.16 – Interprétation graphique

• La courbe représentative d’une fonction paire est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées.
• La courbe représentative d’une fonction impaire est symétrique par rapport à l’origine du repère.

y y Cf
Cf 2
3
1
2

1 −3 −2 −1 0 1 2 3x
−1

−3 −2 −1 0 1 2 3x −2

Courbe représentative d’une fonction paire Courbe représentative d’une fonction impaire

2 – Monotonie

Définition 3.17 – Soit f une fonction définie sur un intervalle I . On dit que
• f est croissante sur I lorsque • f est décroissante sur I lorsque

∀x, y ∈ I , x ⩽ y ⇐⇒ f (x) ⩽ f (y) ∀x, y ∈ I , x ⩽ y ⇐⇒ f (x) ⩾ f (y)

• f est strictement croissante sur I lorsque • f est strictement décroissante sur I lorsque

∀x, y ∈ I , x < y ⇐⇒ f (x) < f (y) ∀x, y ∈ I , x < y ⇐⇒ f (x) > f (y)

Lorsqu’une fonction f est croissante ou décroissante (resp. strictement croissante ou décroissante),


on dit que f est monotone (resp. strictement monotone).
Enfin la fonction f est dite constante sur I lorsque

∀x, y ∈ I , f (x) = f (y).

Remarque 3.18 –
• On dit qu’une fonction croissante conserve l’ordre et qu’une fonction décroissante inverse l’ordre.
• Il existe des fonctions qui ne sont pas monotones, c’est-à-dire qu’elles ne sont ni croissantes
ni décroissantes. Elles peuvent par exemple être l’un puis l’autre.

3 – Fonctions bornées

Définition 3.19 – Soit f une fonction définie sur un intervalle I . On dit que
• f est majorée sur I lorsqu’elle vérifie • f est minorée sur I lorsqu’elle vérifie

∃M ∈ R, ∀x ∈ I , f (x) ⩽ M ∃m ∈ R, ∀x ∈ I , f (x) ⩾ m.

On dit alors que M est un majorant de f . On dit alors que m est un minorant de f .

Enfin la fonction f est dite bornée sur I lorsqu’elle est à la fois majorée et minorée sur I .

Remarque 3.20 – Graphiquement, une fonction f est majorée par un réel M (resp. minorée par un réel m)
lorsque sa courbe représentative est située en dessous (resp. au-dessus) de la droite horizontale d’équation
y = M (resp. y = m).

4
Mathématiques 2024/25 Ch. 3 – Généralités sur les fonctions ECT1

y y y
Cf
y =M y =M

Cf
x x x

y =m y =m
Cf

Courbe représentative Courbe représentative Courbe représentative


d’une fonction minorée d’une fonction majorée d’une fonction bornée

Méthode 3.21 – Montrer qu’une fonction est majorée/minorée/bornée


Pour montrer qu’une fonction est majorée ou minorée, il y a plusieurs possibilités :
• Lorsque la fonction f est définie sur un intervalle borné, on peut partir du domaine de défini-
tion de f : x ∈ . . . puis on essaie de reconstituer la fonction f en appliquant les opérations et
fonctions élémentaires (en faisant bien attention au maintien ou non des inégalités, selon que
la fonction appliquée est croissante ou décroissante).
• Si la question posée est "Montrer que f (x) ⩽ M .", on peut étudier le signe de la différence
f (x) − M et montrer que f (x) − M ⩽ 0.
Inversement, si la question posée est "Montrer que f (x) ⩾ m.", on peut étudier le signe de
f (x) − m et montrer que f (x) − m ⩾ 0.

Exemple 3.22 –
£ ¤ 1
1. Soit f la fonction définie pour x ∈ 0, 1 par f (x) = .
£ ¤ 1 + x2
Montrer que ∀x ∈ 0, 1 , 0 ⩽ f (x) ⩽ 1.
£ ¤
Je pars du domaine de définition de f , à savoir x ∈ 0, 1 puis je reconstitue la fonction f :
1 1 1 1
0 ⩽ x ⩽ 1 ⇐⇒ 0 = 02 ⩽ x 2 ⩽ 12 = 1 ⇐⇒ 1 ⩽ 1+x 2 ⩽ 2 ⇐⇒ ⩽ 2
⩽ = 1 ⇐⇒ ⩽ f (x) ⩽ 1
2 1+x 1 2
£ ¤ 1 1
J’ai ainsi montré que pour tout x ∈ 0, 1 , ⩽ f (x) ⩽ 1. Et puisque 0 ⩽ , j’ai bien montré que
2 2
£ ¤
∀x ∈ 0, 1 , 0 ⩽ f (x) ⩽ 1.

¤ £ 3x
2. Soit g la fonction définie pour x ∈ − 1, +∞ par g (x) = . Montrer g est majorée par 3.
1+x
J’étudie cette fois le signe de la différence g (x) − 3 et montre que g (x) − 3 ⩽ 0.
3x 3x 3(1 + x) 3x − 3 − 3x −3
g (x) − 3 = −3 = − = =
1+x 1+x 1+x 1+x 1+x
Je peux alors établir le tableau de signe suivant :

x −1 +∞

−3 −

1+x 0 +

g (x) − 3 −

¤ £
J’ai bien montré que g (x) − 3 ⩽ 0 sur − 1, +∞ , i.e.
¤ £
∀x ∈ − 1, +∞ , g (x) ⩽ 3.

5
Mathématiques 2024/25 Ch. 3 – Généralités sur les fonctions ECT1

III – Fonctions usuelles

1 – Fonction carrée
y y = x2
Soit f : x 7→ x 2 la fonction carrée, dont la courbe représentative
y =4 est donnée ci-contre.
• Son ensemble de définition est D f = R.
• 2 et −2 ont la même image par la fonction carrée : 4.
y =2 En effet, 22 = (−2)2 = 4.
p p
• Les antécédents de 2 par la fonction carrée sont 2, − 2.
En effet, solutions de l’équation x 2 = 2 sont
p les deux p
x = 2 et x = − 2.
• −1 n’a pas d’antécédent par la fonction carrée, puisque
−2 p 0 p 2x l’équation x 2 = −1 n’admet pas de solution réelle.
− 2 2
y = −1

Théorème 3.23 – La fonction carrée


R → R+
La fonction carrée, donnée par f : vérifie les propriétés suivantes :
x 7→ x 2
• f est à valeurs positives,
• f est paire,
¤ ¤ £ £
• f est strictement décroissante sur − ∞, 0 et strictement croissante sur 0, +∞ .

2 – Fonction cube
y = x3
Soit g : x 7→ x 3 la fonction cube, dont la courbe représentative
y
y =2 est donnée ci-contre.
• Son ensemble de définition est D g = R.
• −1 a pour image −1.
−1 En effet, g (−1) = (−1)3 = −1.
p p
0 3 x • 2 a pour unique antécédent par g le nombre
3
2 ≈ 1.26.
2
−1 • En fait, tout élément y ∈ R admet un unique antécédent x
p
par g , noté 3 y. On dit que la fonction cube g : x 7→ x 3 est
une bijection de R sur R.

Théorème 3.24 – La fonction cube


R → R
La fonction cube, donnée par g: vérifie les propriétés suivantes :
x 7→ x3
• g est impaire,
• g est strictement croissante sur R,
• g n’est ni majorée, ni minorée sur R.

6
Mathématiques 2024/25 Ch. 3 – Généralités sur les fonctions ECT1

3 – Fonction inverse
y
1 1
y= Soit h la fonction inverse h : x 7→dont la courbe
x x
représentative est donnée ci-contre.

1 • Son ensemble de définition est


1 D h = R \ {0} = R∗ .
−1 y=
3 En effet, 1 n’est pas défini pour x = 0.
0 1 3 x x
• Les images respectives de 1 et −1 sont 1, −1.
−1 1 1
En effet, h(1) = = 1 et h(−1) = = −1.
1 −1
1
• L’unique antécédent de est 3.
3

Théorème 3.25 – La fonction inverse


R∗ → R∗
La fonction inverse, donnée par h: 1 vérifie les propriétés suivantes :
x 7→
x
• h est impaire,
¤ £ ¤ £
• h est strictement décroissante sur − ∞, 0 et sur 0, +∞ ,
• h n’est ni majorée, ni minorée sur R∗ .

4 – Fonction racine carrée


p p p
y =x Soit · la fonction racine carrée · : x 7→ x dont
y y = x2 la courbe représentative est donnée ci-contre.
• Sa courbe représentative est la branche de
parabole obtenue par symétrie par rapport
à la droite y = x de la courbe représentative
p
y= x de la fonction carrée sur l’intervalle R+ .
• Son domaine de définition est D p· = R+ .
2
p • Les images de 0, 1, 2 et 3 sont
2
1 p p
0 = 0, 1 = 1,
p p
0 x 2 ≈ 1.41, 3 ≈ 1.73.
1 2 3 4
y = −1 • −1 n’a pas d’antécédent par la fonction
racine carrée.

Théorème 3.26 – La fonction racine carrée


p R+ → R+
La fonction racine carrée, donnée par ·: p vérifie les propriétés suivantes :
x 7→ x
p
• · est strictement croissante sur R+ ,
p
• · est minorée par 0 mais n’est pas majorée.

7
Mathématiques 2024/25 Ch. 3 – Généralités sur les fonctions ECT1

5 – Fonction valeur absolue


Pour un réel x, on peut le décomposer en regardant son signe ("+" ou "−") et sa valeur sans le signe.
Cette valeur est appelée valeur absolue de x (le contraire d’absolu étant ici relatif ).
La valeur absolue d’un nombre peut ainsi être vue comme "le nombre sans son signe".

y
Soit |·| la fonction valeur absolue |·| : x 7→ |x| dont
5 la courbe représentative est donnée ci-dessus.

4 • Son domaine de définition est D |·| = R.


• 5 et −5 ont la même image par la fonction
3 valeur absolue : 5.
2 • Les antécédents de 4 par la fonction valeur
absolue sont 4 et −4.
1 • −1 n’a pas d’antécédent par la fonction va-
leur absolue, puisque celle-ci est toujours
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5 x positive.

Théorème 3.27 – La fonction valeur absolue


R → R+
(
La fonction valeur absolue, donnée par |·| : x si x ⩾ 0, vérifie les propriétés :
x 7→
• | · | est à valeurs positives, −x si x < 0.

• | · | est paire,
• | · | est strictement décroissante sur R− et strictement croissante sur R+ .

Remarque 3.28 – Il s’agit d’une fonction définie par morceaux : il existe deux formules pour la définir,
selon que x soit positif ou négatif. C’est pour cela que sa courbe représentative est composée de deux demi-
droites ayant pour origine l’origine du repère (0, 0). Le "coin" formé par ses deux demi-droites sera abordé
dans le Chapitre 8.
Proposition 3.29
Soient x ∈ R et y ∈ R+ . Alors
¡p ¢2 p
y =y et x 2 = |x|.

p p
Exemple 3.30 – (−3)2 = 9 = 3 = | − 3|

Proposition 3.31
Soient a et b deux réels.
• On appelle distance entre a et b la valeur |b − a|. Il s’agit d’un réel positif.
£ ¤ ¤ ¤
• On appelle longueur de l’intervalle a, b (ou a, b ou . . .) la valeur |b − a|.

Exemple 3.32 –
1. Donner la distance entre les réels suivants.
¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢
• dist 0, 8 = |8 − 0| = 8, • dist − 2, 5 = |5 + 2| = 7, • dist 5, −4 = |−4−5| = 9.

2. Donner la longueur des intervalles suivants.


³£ ¤´ ³¤ ¤´ ³¤ £´
• lg 3, 4 = |4 − 3| = 1, • lg − 9, 2 = |2 + 9| = 11, • lg − 6, 9 = |9 + 6| = 15.

8
Mathématiques 2024/25 Ch. 3 – Généralités sur les fonctions ECT1

IV – Opérations sur les fonctions


Remarque 3.33 – Les symboles "réunion ∪", "intersection ∩" et "privé de \"
Soient A et B deux ensembles.
• On appelle réunion (ou union) de A et de B l’ensemble des x, noté A ∪ B , tels que

x∈A OU x ∈ B.
© ª © ª
A ∪B Par exemple, si A = 1, 2, 4, 7 et B = 2, 3, 7, 8, 9 ,
alors
© ª
A ∪ B = 1, 2, 3, 4, 7, 8, 9 .
A B

• On appelle intersection de A et de B l’ensemble des x, noté A ∩ B , tels que

x∈A ET x ∈ B.
£ ¤ £ ¤
A ∩B Par exemple, si A = 1, 3 et B = − 1, 2 , alors
£ ¤
A ∩ B = 1, 2 .
A B

• On note A \ B (lire A "privé de" B ), l’ensemble des x tels que

x∈A ET x ∉ B.
© ª © ª
A \B Par exemple, si A = 1, 2, 4, 7 et B = 2, 3, 7, 8, 9 ,
alors
© ª
A \ B = 1, 4 .
A B

Définition 3.34 – Soient f et g deux fonctions définies respectivement sur D f et D g .


• Addition : La somme f + g désigne la fonction définie sur D f ∩ D g par
¡ ¢
∀x ∈ D f ∩ D g , f + g (x) = f (x) + g (x).

• Multiplication : Le produit f g désigne la fonction définie sur D f ∩ D g par


¡ ¢
∀x ∈ D f ∩ D g , f g (x) = f (x) × g (x).

f © ª
• Division : Le quotient désigne la fonction définie D = D f ∩ D g \ x ∈ D g | g (x) = 0 par
g

f f (x)
µ ¶
∀x ∈ D, (x) = .
g g (x)

9
Mathématiques 2024/25 Ch. 3 – Généralités sur les fonctions ECT1

R → R R+ → R+
Exemple 3.35 – On considère les fonctions 2f : et g : p .
x 7→ x − 1 x 7→ x
Pour chacune des fonctions suivantes, déterminer son domaine de définition et son expression.
• f + g : f est définie sur R et g est définie sur R+ donc f + g est définie sur R ∩ R+ = R+ par
p
∀x ∈ R+ , f + g (x) = f (x) + g (x) = x 2 − 1 + x.
¡ ¢

• f g : f est définie sur R et g est définie sur R+ donc f g est définie sur R ∩ R+ = R+ par
¢p p p
∀x ∈ R+ , f g (x) = f (x)g (x) = x 2 − 1 x = x 2 x − x.
¡ ¢ ¡

g
• : f est définie sur R et g est définie sur R+ .
f
Aussi f (x) = 0 ⇐⇒ x 2 − 1 = 0 ⇐⇒ x 2 = 1 ⇐⇒ x = 1 ou x = −1.
g
Donc est définie sur R ∩ R+ \ {−1, 1} = R+ \ {1} et
f
p
g g (x) x
µ ¶
∀x ∈ R+ \ {1}, (x) = = 2 .
f f (x) x − 1

Définition 3.36 – Soient f et g deux fonctions définies respectivement sur D f et D g .


La composée de f suivie de g , notée g ◦ f , est définie pour les x ∈ D f tels que f (x) ∈ D g par
¡ ¢
g ◦ f (x) = g f (x) .
© ª
Ainsi g ◦ f est définie sur D g ◦ f = x ∈ D f | f (x) ∈ D g .

Exemple 3.37 –
• Soient f (x) = 3x − 4 et g (x) = x 2 . Donner l’ensemble de définition et l’expression de g ◦ f .
Les deux fonctions sont définies sur R donc la fonction g ◦ f est aussi définie sur R. De plus,

g ◦ f (x) = g f (x) = g (3x − 4) = (3x − 4)2 .


¡ ¢

p
• Soient f (x) = x 2 + 1 et g (x) = x. Donner l’ensemble de définition et l’expression de g ◦ f .
La fonction f est définie sur R et g est définie sur R+ . Par ailleurs,

f (x) ⩾ 0 ⇐⇒ x 2 + 1 ⩾ 0 ⇐⇒ x 2 ⩾ −1 ⇐⇒ x ∈ R.

Donc j’en déduis que g ◦ f est définie sur R tout entier. Et


¢ p
g ◦ f (x) = g f (x) = g x 2 + 1 = x 2 + 1.
¡ ¢ ¡

Méthode 3.38 – Déterminer l’ensemble de définition d’une fonction


1. Fonctions usuelles
• Une fonction polynomiale est définie sur R.
• Une fraction rationnelle est définie sur R privé des valeurs qui annulent son dénomina-
teur, appelées valeurs interdites. En pratique, on résout l’équation "dénominateur = 0".
• La fonction racine carrée est définie sur R+ .

10
Mathématiques 2024/25 Ch. 3 – Généralités sur les fonctions ECT1

2. Fonctions quelconques
On commence par déterminer la forme de l’expression (somme, produit, quotient, composée) :
• Pour une somme ou un produit : déterminer l’ensemble de définition de chacun des ter-
mes/facteurs et prendre l’intersection de ces ensembles.
• Pour un quotient : prendre l’intersection des ensembles de définition respectifs du numé-
rateur et du dénominateur puis retirer les valeurs qui annulent le dénominateur.
• Pour une composée : déterminer l’ensemble de définition de la première fonction et ex-
primer la condition assurant que l’image de la première fonction soit dans q
l’ensemble de
définition de la seconde fonction. En particulier, une composée de la forme f est définie
lorsque f est définie ET que f (x) est positif.

Exemple 3.39 – Déterminer les ensembles de définition des fonctions suivantes.


1. f (x) = x 3 − 3x 2 + 2x − 5
f est une fonction polynomiale donc f est définie sur R.
2x + 3
2. g (x) =
4x − 1
g est une fraction rationnelle donc g est définie sur R privé de ses valeurs interdites.
1
Les valeurs interdites sont les solutions de 4x − 1 = 0 ⇐⇒ 4x = 1 ⇐⇒ x = .
½ ¾ 4
1
Donc g est définie sur R \ .
4
p
3. h(x) = 4x − 1 + x
h est la somme de la fonction x 7→ 4x − 1, polynomiale donc définie sur R, et de la fonction
p
x 7→ x, définie sur R+ . Donc h est définie sur R ∩ R+ = R+ .
p
x
4. j (x) =
x p
j est le quotient de la fonction x 7→ x, définie sur R+ , et de la fonction x 7→ x, définie sur R et
qui s’annule en 0. Donc j est définie sur R ∩ R+ \ {0} = R∗+ .
p
5. k(x) = x 2 − 5x +q6
k est de la forme f , avec f (x) = x 2 − 5x + 6. k est définie sur lorsque f (x) ⩾ 0.
Je résous donc x 2 − 5x + 6 ⩾ 0. Pour cela, il me faut le tableau de signe du polynôme x 2 − 5x + 6.
Je calcule le discriminant : ∆ = (−5)2 − 4 × 1 × 6 = 25 − 24 = 1 > 0.
Il y a donc deux racines
p
−(−5) − 1 5 − 1 5+1
x1 = = =2 et x2 = = 3.
2×1 2 2
J’en déduis le tableau de signe suivant :

x −∞ 2 3 +∞

x 2 −5x +6 + 0 − 0 +

¤ ¤ £ £
Donc k est définie là où f est positive, i.e. sur − ∞, 2 ∪ 3, +∞ .

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Mathématiques 2024/25 Ch. 3 – Généralités sur les fonctions ECT1

V – Fonction bijective

Définition 3.40 – Soient I et J deux intervalles. On dit qu’une fonction f est une bijection de I dans J
ou que f : I → J est bijective si les deux conditions suivantes sont réunies :
1. pour tout x ∈ I , f (x) ∈ J ,
2. pour tout y ∈ J , il existe un unique x ∈ I tel que f (x) = y.
On peut alors définir une fonction appelée bijection réciproque ou fonction réciproque de f , que
l’on note f −1 , définie sur J et à valeurs dans I , et qui, à un réel y ∈ J , associe l’unique solution x ∈ I
de l’équation f (x) = y.
∀x ∈ I , ∀y ∈ J , y = f (x) ⇐⇒ x = f −1 (y).

y = x3 y y = x2
y
y

0 x x
p 0 p x
− y y
y

R → R
Pour la fonction carrée f : dont
x 7→ x 2
la courbe est représentée ci-dessus, la situation varie
R → R selon le signe de y. Graphiquement,
Pour la fonction cube g : dont
x 7→ x 3 p p
la courbe est représentée ci-dessus, on observe gra- • si y > 0, il y a deux antécédents y et − y,
phiquement que tout élément y de R admet un • si y < 0, il n’y a aucun antécédent.
unique antécédent x.
Autrement dit, pour toute ordonnée y ∈ R, il existe Du fait de l’absence d’existence ou d’unicité pour les
une unique abscisse x ∈ R telle que y = x 3 . antécédents de y, la fonction carrée n’est pas une bi-
La fonction cube est donc une bijection de R sur R. jection de R sur R.
R+ → R+
Remarque 3.41 – En revanche, la restriction de la fonction carré aux seuls réels positifs f+ :
x 7 → x2
est une bijection de R+ sur R+ .

Exemple 3.42 – Montrer que la fonction f définie sur R par f (x) = 3x − 2 est une bijection de R
dans R.
Tout d’abord, pour tout x ∈ R, il est clair que f (x) = 3x − 2 ∈ R. Je fixe ensuite un y ∈ R et je résous
l’équation f (x) = y. Si la solution est unique, alors la fonction f est bijective.
y +2
f (x) = y ⇐⇒ 3x − 2 = y ⇐⇒ 3x = y + 2 ⇐⇒ x= .
3
J’arrive à exprimer x en fonction de y donc pour tout y ∈ R, il y a bien un unique antécédent x ∈ R.
Donc la fonction f décrit bien une bijection de R dans R.
y +2
La réciproque de la fonction f est f −1 : y 7→ .
3

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