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Béton Hydraulique - Mise en Œuvre: Coffrage Et Protection Des Armatures

Ce document traite des techniques de mise en œuvre du béton hydraulique, en se concentrant sur le coffrage et la protection des armatures. Il décrit les fonctions des coffrages, les rôles des différents intervenants, ainsi que les précautions à prendre pour assurer la durabilité des armatures dans le béton armé. La documentation présente également une typologie des coffrages et des recommandations pour leur utilisation.

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Béton Hydraulique - Mise en Œuvre: Coffrage Et Protection Des Armatures

Ce document traite des techniques de mise en œuvre du béton hydraulique, en se concentrant sur le coffrage et la protection des armatures. Il décrit les fonctions des coffrages, les rôles des différents intervenants, ainsi que les précautions à prendre pour assurer la durabilité des armatures dans le béton armé. La documentation présente également une typologie des coffrages et des recommandations pour leur utilisation.

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08/10/2008

Béton hydraulique – Mise en œuvre


Coffrage et protection des armatures

par Jean-Marie GEOFFRAY


Cete de Lyon. Laboratoire régional de Clermont-Ferrand

1. Coffrage du béton.................................................................................... C 2 228 – 2


1.1 Fonctions générales..................................................................................... – 2
1.2 Rôle des intervenants pour la conception ................................................. – 2
1.3 Typologie des coffrages .............................................................................. – 2
1.4 Choix des composants et des matériaux ................................................... – 5
1.5 Sécurité......................................................................................................... – 8
1.6 Préparation, emploi et entretien des coffrages ......................................... – 12
2. Armatures dans le béton........................................................................ – 18
2.1 Préparation des armatures.......................................................................... – 18
2.2 Enrobage minimal des armatures .............................................................. – 18
2.3 Prévention des risques liés à la carbonatation.......................................... – 21
2.4 Prévention contre l’action des chlorures ................................................... – 22
2.5 Intervalle d’écoulement des bétons auto-plaçants ................................... – 22
2.6 Précautions avant bétonnage ..................................................................... – 22
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. C 2 231

ette seconde partie des techniques liées à la mise en œuvre des bétons
C hydrauliques recense les points essentiels à traiter en matière de choix,
de conception et d’utilisation des coffrages d’une part, et les précautions à
prendre pour assurer une bonne durabilité aux armatures employées dans le
matériau béton armé, d’autre part.
Elle fait suite au dossier [C 2 227] et sera, à son tour, prolongée par les dos-
siers [C 2 229], [C 2 230v2] et [C 2 231].
5 - 2008
C 2 228

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1. Coffrage du béton 1.1.3 Étanchéité


L’étanchéité en fond de coffrage, entre panneaux jointifs de la
Au moment de sa mise en œuvre dans un moule, le béton se peau coffrante et éléments coffrants adjacents, doit être traitée pour
présente sous une forme plus ou moins fluide. Cette fluidité lui qu’aucune fuite de laitance ne soit possible après fermeture du cof-
permet de s’écouler sous l’effet de la vibration, ou de son propre frage. La déformabilité des éléments coffrants sous la poussée du
poids s’il est suffisamment fluide, et d’occuper complètement la béton frais et les impacts de la vibration doit être prise en compte.
forme du coffrage. Avec le temps, ce béton hydraulique durcit, ou
devient suffisamment auto-stable pour être décoffré. Ses caracté- 1.1.4 Cure
ristiques à l’état durci sont influencées par la qualité des éléments
constitutifs du coffrage, entretien et préparation compris. La présence du coffrage constitue la meilleure protection de la
Dans tous les cas, le coffrage fait l’objet d’une étude spécifique surface du béton. Dès l’ouverture des coffrages, cette protection
avec distinction des différents emplois du fait de variété des disparaît et une dessiccation se produit immédiatement. Ceci peut
niveaux de charges à reprendre [11]. conduire, pour les parties d’ouvrage dont l’esthétique des pare-
ments n’est pas primordiale, à laisser les coffrages fermés quel-
ques jours supplémentaires, et à adopter des dispositions de cure
pour limiter la dessiccation.
1.1 Fonctions générales
Outre sa fonction première de moulage de la forme, le coffrage
remplit d’autres fonctions telles que le moulage de la texture de 1.2 Rôle des intervenants
surface, le maintien de la stabilité jusqu’au durcissement, et la pro- pour la conception
tection contre la dessiccation pendant la prise et le durcissement.
Le maître d’ouvrage précise ses exigences essentielles pour
Selon les nécessités de chantier les coffrages peuvent aussi
l’ouvrage (généralement l’usage, la stabilité, la sécurité en cas
jouer les rôles suivants :
d’incendie, l’environnement, la sécurité d’utilisation, la protection
– protection contre les intempéries (pluie, neige) ; contre le bruit, ...).
– protection contre les chocs mécaniques ;
L’architecte définit le modèle d’ouvrage répondant aux exigen-
– limitation des échanges thermiques avec l’environnement ;
ces précédentes, notamment en précisant les formes, les textures
– élément vecteur de vibration dans le cas de vibration externe ;
superficielles, les couleurs à atteindre, ...
– possibilité d’intégrer une plate-forme de travail.
Le maître d’œuvre traduit ces exigences en spécifications de résul-
tats et peut, le cas échéant, ajouter des prescriptions de moyens.
1.1.1 Moulage de la forme Le maître d’œuvre privilégie l’obligation de résultats par rapport
Le coffrage donnant sa forme à l’élément en béton, il est primor- à celles des moyens [5]. Ses spécifications ne se limitent souvent
dial de garantir l’absence de déformation de sa structure, tant pen- qu’à la satisfaction des exigences essentielles de stabilité, de
dant l’emploi, que pendant les opérations de transport, de nettoyage, sécurité d’utilisation et d’environnement.
de préparation et de stockage. Les causes de déformation de coffra- L’entrepreneur effectue le choix de ses moyens et matériaux, et
ges peuvent être multiples, mais certaines sont plus fréquentes : de ses sous-traitants (projeteur, fabricant, monteur et contrôleur
– certains matériaux utilisés comme peau coffrante présentent de coffrages).
des gonflements notables sous l’effet de l’humidité ; si la rigidité Les rôles de chaque intervenant peuvent être répartis comme
du support contrarie ces gonflements, des flambements locaux indiqué dans le tableau 1.
peuvent se former ;
– les chocs sur la peau coffrante entraînent des déformations,
des blessures ou des trous ; si ces défauts ne sont pas réparés, la Tableau 1 – Rôle des intervenants
paroi moulée de béton présentera des défauts en négatif de pla- pour la conception de coffrage
néité ou de protubérances ;
– le voilement des coffrages métalliques provenant d’une mau- Intervenant
Opération
vaise fabrication ou de stockages défectueux engendre des défauts concerné
de forme répétitifs ;
– les déformations progressives des tôles coffrantes entre raidis- Définition des spécifications traduisant les
seurs, du fait d’une épaisseur insuffisante des tôles, provoquent exigences d’aspect formulées par le maître Maître d’œuvre
des défauts de forme de même type dont l’amplitude s’aggrave au d’ouvrage
fur et à mesure des bétonnages.
Définition des charges de service intéressant
Entrepreneur
les coffrages et étais
1.1.2 Soutien
Choix des coffrages et étais Entrepreneur
Les coffrages et étais doivent être suffisamment rigides pour
supporter, sans tassement ni déformation excessive, les charges Programme prévisionnel de bétonnages Entrepreneur
permanentes ou de service auxquelles ils sont exposés pendant la
construction. Note de calcul et plans pour les coffrages Projeteur
Pour dimensionner les coffrages, le projeteur prend en compte, et étaiements du coffrage
avec une marge de sécurité, les éléments suivants :
– la poussée du béton frais ;
– le poids du béton mis en œuvre ; 1.3 Typologie des coffrages
– les charges de service (personnel et matériel de mise en œuvre) ;
– les contraintes dues à l’environnement climatique ; Les coffrages peuvent être classés suivant leur mode d’utilisa-
– les notes techniques du fabricant sur le comportement des tion ou les fonctions particulières remplies. Les principales familles
matériaux de coffrages et des composants ; comprennent les coffrages verticaux, horizontaux, spéciaux
– le nombre de remplois prévisibles. (galerie, voussoir, préfabrication) et les coffrages perdus.

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Garde-corps
Trappe d’accès
Plate-forme de bétonnage

Raidisseur de peau coffrante


Filière de blocage des raidisseurs
Console de bétonnage Étai contrepoids
Échelle d'accès

Étai de réglage
contre-flèche
Face coffrante

Figure 1 – Principaux éléments d’une banche

1.3.1 Coffrages verticaux Levage


Mis à part les coffrages « tunnel » qui permettent le bétonnage
simultané d’une dalle et de voiles, les coffrages verticaux sont Portillon
réservés aux appuis ou aux murs. Parmi ceux-ci, on distingue les
petits panneaux, les banches, les coffrages de poteaux, les coffra-
Passerelle et
ges tunnel, les coffrages circulaires, et les coffrages grimpants. garde-corps
■ Les petits panneaux sont faits d’une peau coffrante (contrepla- Console
qué ou composite) fixée sur une ossature métallique (acier ou alu-
minium). Ils sont surtout utilisés pour la construction de
soutènements de maisons individuelles, de longrines, et de murs. Échelle de sécurité
et crinoline
■ Les banches (figure 1), utilisées pour le coffrage des murs ou
des voiles, peuvent être constituées par : Fixation échelle
sur filière double
– la peau coffrante (contreplaqué, contreplaqué bakélisé, métal,
composite, matrices collées, apport possible de pièces décoratives) ; Étai de réglage
– les raidisseurs de cette peau ;
– les poutres de poussée empêchant la déformation des Fixation filière
double
raidisseurs ; sur poutrelle
– les étais de réglage de contre-flèche, les buttons (fonction de
béquilles de stabilité) ;
– les étais de contreventement et de contrepoids ;
Figure 2 – Coffrage de poteau
– les échelles de sécurité et les passerelles de travail avec leur
équipement ; • Les coffrages grimpants proprement dits sont constitués par un
– les portiques et autres dispositifs de préhension. à trois étages d’éléments coffrants, avec un support doté de passerel-
■ La conception des panneaux servant au coffrage des poteaux se les permettant le bétonnage, la dépose, et la repose des éléments de
rapproche de celle des banches. Plusieurs types peuvent se trou- fixation à la paroi. Chaque levée nécessite une désolidarisation d’un
ver sur le marché : étage d’élément coffrant avec la paroi bétonnée, sa montée à la grue
vers le nouveau niveau de bétonnage, sa fixation et son réglage.
– en aile de moulin (figure 2), permettant de réaliser des poteaux
L’équipage est parfois muni d’une ou deux banches de reprise per-
de section variable (forme carrée ou rectangulaire) ;
mettant aux dernière parties bétonnées de rester sous coffrage.
– en deux demi-coquilles, employés lorsque la section du poteau
est constante (forme carrée, rectangulaire ou circulaire) ; • Dans certains cas, les coffrages peuvent être autogrimpants
– pistons permettant la réalisation de poteaux rectangulaires où pour réduire les manutentions. Les faces restent alors soutenues
une seule dimension est variable ; par une potence fixée à la structure même pendant les transferts.
– circulaires en carton avec toutes les variantes décoratives • Les coffrages semi-glissants qui, lors de leurs transferts, ne sont
possibles. pas sépares de la structure réalisée, mais glissent sur celle-ci jusqu’à
leur mise en position pour le bétonnage du niveau supérieur. Ils
■ Les coffrages tunnel sont des coffrages outils permettant le nécessitent des moyens de supports importants (deux à trois étages).
moulage simultané de voiles et de dalles. Les peaux coffrantes • Les coffrages glissants continus constituent au départ une
sont généralement métalliques. variante des coffrages glissants, avec le glissement vertical pour
Soit le tunnel est réalisé à partir de deux demi-coquilles réunies principale différence (figure 3).
au milieu de la dalle, soit il est monocoque et le décoffrage est Le glissement s’effectue cependant à une vitesse lente, n’excé-
assuré par le fléchissement du plateau par dévérinage. dant pas 6 m par jour, pour des raisons évidentes de reprise de
charges par le béton jeune. La vitesse de glissement doit éga-
■ Les coffrages circulaires sont utilisés pour la réalisation de pièces lement prendre en compte les possibilités de talochage des bétons
circulaires de grands rayons. La courbure peut être obtenue par bri- à leur sortie du coffrage. Il est recommandé de prendre en compte
dage d’une paroi de coffrage avec des tendeurs à vis ou par fixation le degré de maturité du béton à sa sortie de coffrage pour définir
des éléments de coffrage sur des profilés cintrés et à haute inertie. cette vitesse de glissement.
■ Les coffrages grimpants regroupent tous les coffrages à pro- La régularité des structures et de leurs parements est étroite-
gression verticale, parmi lesquels se distinguent les coffrages ment liée à celle de l’ascension et à la forme du moule. À cet effet,
grimpants proprement dits, les auto-grimpants, les semi-glissants les vérins hydrauliques synchronisés sont préférables aux vérins à
et les glissants continus. vis manuels qui interdisent toute montée régulière et synchrone.

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Le recours aux coffrages grimpants nécessite sur chantier bakélisé ou non) est fixée sur des traverses, elles-mêmes fixées sur
une organisation générale complète, notamment au niveau de des poutrelles supportées par des étais à tête escamotable ainsi que
la mise en place, du calage des armatures, des réservations, par des trépieds ;
du coulage et de la vibration des bétons. – les panneaux modulaires de dimensions faibles et identiques
(cadres métalliques encadrant une plaque de contreplaqué baké-
Les parois d’épaisseurs inférieures à 15 cm sont à proscrire lisé) sont glissés sur des poutrelles reposant sur des étais munis
dans ce type de mise en œuvre. de tête de décoffrage rapide ;
– les tables (échafaudage roulant et télescopique de surface
variant entre 10 et 30 m2), constituées par une série de longerons
fixés sur deux poutres à treillis.
Barre d'appui
Chevalet ■ Les machines à coffrage glissant horizontalement comportent
un bâti supporté par un train de chenilles par l’intermédiaire de
vérins hydrauliques. Les machines utilisées sont très variables
Étrier Vérin « étoile » puisque leur masse varie entre 2 et 20 t et leur puissance entre 35
et 200 ch. Les machines, guidées par des palpeurs, peuvent couler
Plate-forme
de travail le béton en déporté à gauche ou à droite, et plusieurs types de
machines peuvent être utilisées [12] :
– les vibro-finisseurs, munis de trois poutres vibrantes et se
déplaçant sur des rails servant de coffrage latéral. La largeur de
travail peut varier entre 1 et 6,5 m ;
Poutraison – les finisseurs adaptés, engins automoteurs sur roues ou sur
Console de
couronnement Coffrage chenilles, très proches de ceux utilisés pour les bétons
Châssis Fourreau bitumineux ;
– les machines pour l’exécution des chaussées en grande
largeur (7,5 m).
Ces machines possèdent deux fonctions et deux dispositifs
particuliers ayant une influence primordiale sur l’uni de la dalle :
– la fonction répartition du béton, pour éviter les manques
locaux de béton et exercer une pression uniforme sur le béton ;
– la fonction moulage de la dalle, avec dispositifs de réglage, de
lissage et de vibration ;
– les dispositifs pour l’assise de la machine avec chenilles
motrices et vérins stabilisateurs ;
– le guidage permettant, selon l’état des chemins de roulement,
la réalisation des profils théoriques, matérialisés par la couche
sous-jacente si la machine travaille à vérins calés, ou par des fils
Galerie tendus si la machine travaille avec des palpeurs.
suspendue Béton

Figure 3 – Coffrage glissant vertical (Doc PMI) 1.3.3 Coffrages perdus


Le bétonnage des hourdis au-dessus de poutres nécessite sou-
1.3.2 Coffrages horizontaux vent l’emploi de coffrages non démontables, ou perdus, ne partici-
Les coffrages horizontaux servent au bétonnage des poutres, pant pas à la résistance de la structure, mais devant résister aux
des planchers, et des dalles. Par extension, les coffrages glissants sollicitations en cours de construction. Une note d’information du
sont principalement utilisés en technique routière (chaussée béton, Setra (service d’études techniques des routes et autoroutes) pré-
séparateur en béton, caniveaux continus, ...). cise les conditions d’emploi de ces éléments coffrants et définit les
actions et sollicitations à prendre en compte [13].
■ Les coffrages à poutre sont constitués par un fond de moule et Lorsque la portée entre poutres dépasse 0,80 m, il est nécessaire
deux parties verticales (jouées de poutre). Le choix du type de cof-
d’utiliser des éléments coffrants en béton armé et, en dessous de
frage est conditionné par le nombre de réemplois :
cette portée, les coffrages perdus pourront être constitués par des
– si ce nombre est faible, les coffrages peuvent être réalisés en
plaques minces en mortier fibre. Lors de leur démoulage et de leur
bois : peau coffrante en contreplaqué sur raidisseurs en bois ;
manutention à la fabrication, ces coffrages préfabriqués sont sou-
– si le nombre de poutres augmente, les coffrages métalliques mis à diverses actions :
ou mixtes sont conseillés. Dans ce cas, les moules peuvent être
démontables (jouées amovibles) ou non, mais doivent comporter – dans le cas d’un levage normal (tirage en plusieurs points per-
un fruit des parties verticales pour faciliter le démoulage ; pendiculaires au plan de coffrage), l’effort de décoffrage F est
– si les poutres sont de petites dimensions et sans dépouille, évalué à :
elles peuvent être préfabriquées dans un seul moule comparti- F = 1,36 M
menté appelé « batterie » ;
– les poutres précontraintes présentant des dépouilles doivent avec M masse propre de l’élément ;
être coulées dans des moules spéciaux dotés de chevêtres à cha- – dans les autres cas, les recommandations du centre national
que extrémité pour effectuer la mise en précontrainte ; technique du bâtiment et des travaux publics, concernant le
– dans le cas où l’étaiement des poutres coulées en place n’est démoulage des éléments préfabriqués [14] peuvent leur être
pas envisageable, on a recours à des coffrages de poutre autopor- appliquées.
tants, réalisés en tôles soudées et résistant à la flexion. En cours de bétonnage du hourdis, les éléments de coffrage
■ Trois types de coffrages de dalle pleine sont utilisés suivant les cas : perdu sont soumis à deux types d’actions :
– les coffrages sur étaiement traditionnel, pour les dalles de dimen- – les actions permanentes G, comprenant le poids propre de
sions faibles à contours non simples. La face coffrante (contreplaqué l’élément et celui du béton du hourdis ;

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Tableau 2 – Taux de gravité de la fissuration en fonction de l’enrobage des armatures


Fissuration peu Fissuration Fissuration très
Spécifications particulières
préjudiciable préjudiciable préjudiciable
Épaisseur minimale du coffrage > 4,5 cm > 5 cm > 6 cm
Enrobage minimal en intrados des armatures porteuses > 2 cm > 2,5 cm
Enrobage minimal en extrados des armatures de répartition > 1 cm

– les actions variables Q, prenant en compte la pression exercée production foraine et de raccourcir les délais globaux de construc-
par le béton frais lors des déversements localisés et les charges tion. Tous les composants du gros-œuvre en bâtiment peuvent
courantes de chantier estimées généralement comme suit : être produits :
• 500 kg/m2 sur une surface de 9 m2 disposée de la manière la – murs de refends et de façades des bâtiments ;
plus défavorable, – poutres précontraintes de grande portée ;
– poutrelles, longrines, hourdis, planchers, prédalles ;
• 75 kg/m2 sur le reste de la surface horizontale à bétonner. – escaliers, balcons, acrotères ;
Les sollicitations de calcul à considérer sont les suivantes, vis-à- – autres composants plus élémentaires, tels que les parpaings,
vis des états limites ultimes : les tuiles...
de résistance : 1,35 G + 1,5 Q ; Les coffrages pour préfabrication sont conçus comme des coffra-
de service : G + Q. ges spéciaux et offrent les possibilités courantes de vibration externe,
traitement thermique, ... . Ils se présentent sous différentes formes :
Pour ces éléments coffrants, la fissuration doit être considérée :
– bancs de poutres ou de dalles ;
– peu préjudiciable si le milieu est peu agressif (en exposition
– tables relevables (fixes ou mobiles) ;
non agressive) ;
– batteries pour murs et cloisons ;
– préjudiciable en milieu moyennement agressif (sous des con-
– moules particuliers (escaliers, corniches, éléments décoratifs) ;
densations fréquentes) ;
– ateliers automatiques de moulage, souvent à démoulage ins-
– très préjudiciable en milieu fortement agressif (zones tantané (pavés, caniveaux, bordures...).
d’embruns avec sels).
Dans chacun de ces cas, des prescriptions particulières sont
appliquées en matière d’enrobage des armatures par le béton 1.4 Choix des composants
(tableau 2) : et des matériaux
Pour éviter toute fuite de laitance au moment du bétonnage du Dans la conception d’un outil coffrant, les choix portant sur la
hourdis, des produits de calfeutrement ou de pontage sont mis en structure coffrante, la peau coffrante, les divers composants
œuvre au droit des joints. De plus, la partie de l’élément coffrant (inserts, entretoises, ...), les dispositifs d’étanchéité des joints, et
appuyée sur la poutre doit être armée, ainsi que la partie de la pou- les démoulants, ont une importance technique et économique pri-
tre servant d’appui. Des armatures de liaison sont utilisées entre mordiale pour le chantier.
l’élément coffrant et le béton de hourdis pour éviter toute chute de
tout ou partie de cet élément coffrant en cas de dégradations.
1.4.1 Structure coffrante
Si la structure coffrante assure, en premier lieu, la rigidité de l’outil
1.3.4 Coffrages spéciaux
coffrant et sa stabilité, elle est également conçue pour permettre :
La construction des ouvrages à éléments répétitifs (voussoirs, – l’accès et le travail des équipes avec toute la sécurité requise ;
tuyaux, ...) nécessite le recours à des coffrages spécifiques justifiés – le décoffrage le plus facile possible ;
par des études de conception. Les démarches du bureau d’études – le transport et le stockage ;
associé à l’atelier de montage prennent en compte les éléments – l’application de vibration externe si elle est prévue ;
suivants : – les traitements thermiques (actifs ou passifs) envisagés pen-
– la forme des pièces à mouler et les problèmes de dépouilles ; dant le chantier.
– le poids du coffrage ou de l’équipage supportant le coffrage ;
– les dispositifs de préhension, de manutention, de déplacement 1.4.2 Peau coffrante
et d’accessibilité peur la préparation ; Si la peau coffrante est un des facteurs influents sur les
– les conditions d’emploi (fenêtres d’accès, position des vibra- homogénéités de teinte et de texture des bétons, elle constitue un
teurs externes, arrêts et reprises de bétonnage, décoffrage et facteur maîtrisable et son choix est fonction :
décintrement) ; – de la qualité requise pour le parement (texture, teinte et forme) ;
– le nombre et les conditions de remplois ; – du nombre d’emplois prévus ;
– le choix de la peau coffrante ; – des traitements éventuels du béton (traitement thermique) ;
– la protection thermique éventuelle ; – des traitements ultérieurs du parement (désactivation, polis-
– les dispositifs éventuels de traitement thermique actif, ou de sage, peinture, ...) ;
refroidissement ; – des possibilités de sa fixation sur la structure coffrante.
– les équipements de sécurité des personnels (accès, passerelles Vis-à-vis des compatibilités pouvant apparaître entre le nombre
de travail, garde-corps, isolation électrique, éclairage, ventilation, ...) ; prévu de remplois et les techniques utilisables, la solution sera
– l’étanchéité du coffrage fermé ; recherchée dans les conditions de renouvellement des peaux cof-
– les dispositifs permettant l’emploi des inserts. frantes, et inscrite au programme de coffrage.
■ Peaux courantes
1.3.5 Coffrage de préfabrication
Si les conditions d’utilisation et d’entretien restent normales
Outre la production de séries de composants identiques en après chaque bétonnage, les taux de remplois des peaux couran-
béton, la préfabrication permet de soulager les plannings de la tes sont indiqués par le tableau 3.

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Tableau 3 – Nombre de remplois selon les peaux coffrantes (d’après [7])


Parement fin
Parois ordinaires Parement simple
Peau Type ou ouvragé
Nombre de remplois normaux
Éléments légers assemblés 50 à 150 50 à 150 10 à 50
Métal
Éléments lourds uniques > 100 > 100 emploi rare
Béton Fond de moule > 100 > 100 sans objet
Planches 1 à 20 1 à 20 < 10
Bois Contreplaqué bakélisé 15 à 60 15 à 60 < 15
Contreplaqué ordinaire 10 à 40 < 20 < 10
Rigides 50 à 300 50 à 300 < 100
Composites Souples sans objet < 50 < 50
Polystyrène 1 1 1
Géotextile sans objet 1 1
Drainante
Grille composite ou métal 1 sans objet

Les matrices destinées à peu de remplois (moins d’une dizaine)


et présentant de forts reliefs sont réalisées à base de mousse de Structure Nappe
polyuréthane expansé. Ces matrices résistent à l’abrasion du béton coffrante drainante Aiguille vibrante
et à la déchirure, pour des hauteurs de bétonnage inférieures à
3 m environ, mais craignent les chocs ours. Lorsque le taux de
remplois augmente, les matrices sont réalisées en élastomère
compact, ou allégé, à haute résistance à la déchirure et à l’abra-
sion. Certains types de matrices peuvent résister à plus d’une
centaine de remplois si l’entretien est réalisé correctement.
Trous d'évacuation
La peau coffrante en composite est, en général, un système mul- de l'eau drainée
ticouches de voiles de polyester, de stratifiés additionnés de poly-
ester, de tôles et d’une couche de gelcoat « anti-béton » sur un
cadre en bois. Enfin, la peau coffrante en tôle émaillée (usage rare)
est constituée par une tôle d’environ 0,3 mm recouverte de deux Béton
couches d’émail au-dessus et d’une couche d’émail au-dessous
(épaisseur de chaque couche d’émail : 0,1 mm). Elle peut être col-
lée sur toutes les matières (bois, acier, composite, aluminium) et
Mouvements de l’eau
ne nécessite pas l’application d’huile de décoffrage.
■ Double peau Figure 4 – Fonctionnement du coffrage drainant

Le principe de la double peau coffrante est utilisé pour homogé- réintègre à ce niveau la peau du béton lui conférant une perméabi-
néiser la teinte des parements en béton. Il consiste principalement à lité dommageable à la durabilité ;
ajouter sur une paroi coffrante une feuille de contre-plaqué mince (5
– le réemploi des membranes drainantes provoque une diminu-
à 10 mm). Cette feuille, seulement fixée à la périphérie, permet
tion très rapide des capacités drainantes, du fait de l’encrassement
d’atténuer les excès locaux inévitables de la vibration et leurs consé-
par la laitance de ciment ;
quences néfastes (variations de teinte, pommelages, taches noires).
– la conservation de la nappe drainante, lors des opérations de
Dans le cas de murs dont une face est enterrée, l’application de la décoffrage, reste une opération délicate.
double peau, côté parement, peut être utilement complétée par l’inter-
position d’une feuille d’amortissement de vibration (feuille mince de Ces derniers problèmes imposent le renouvellement de la mem-
polystyrène, par exemple) sur le coffrage côté partie enterrée. brane à chaque emploi.

■ Peau drainante
1.4.3 Composants
Pour éviter le bullage de surface des parements lisses en béton,
notamment sur les plans inclinés, les coffrages sont revêtus par ■ Les étais sont assemblés en respectant les prescriptions des
une peau drainante qui absorbera l’excès d’eau arrivant à l’inter- fabricants et du concepteur des coffrages, et le monteur doit veiller
face béton-coffrage sous l’influence de la vibration (figure 4). notamment aux points suivants :
La peau drainante est constituée, soit par un textile à double tis- – ne pas employer simultanément des matériaux de modules
sage de fibres polyester et polypropylène [16], soit par un d’élasticité différents ;
géotextile non tissé en fibres de polypropylène, soit par des – l’emploi de matériaux métalliques différents risque d’engen-
systèmes plus épais en aiguilleté recouvert d’un tissage côté béton. drer une corrosion d’origine électrolytique ;
Les résultats sont probants avec l’emploi de ces coffrages drai- – dans le cas d’emploi d’éléments corrodés, les contraintes
nants, puisque tout bullage de surface disparaît, mais plusieurs admissibles seront affectées d’un coefficient de réduction défini
problèmes restent mal résolus : dans le tableau 4 ;
– l’eau drainée migre par gravité en partie basse du coffrage et, – l’emploi des tubes gauchis ou incomplets (platines d’appui en
sous l’effet de la pression, l’eau contenue dans la membrane mauvais état ou absentes) est interdit.

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Tableau 4 – Coefficient de réduction des contraintes admissibles


par l’étaiement en cas de corrosion
Taux de corrosion Nature de la corrosion Coefficient de réduction
Légère Traces de rouille éliminables par essuyage 0,95
Notable Piqûres superficielles de rouille non éliminables 0,85
Importante Section réduite par la corrosion 0

Tableau 5 – Conditions d’emploi des divers types de joints


Types de joints
Peaux coffrantes Bourrage par Liaison par mastic Joint par rainure
Simple contact
matériau résilient adhérent et languette
Métal ou arêtes métalliques 0 •• 0 •
Planches en bois 0 0 0 ••
Contreplaqué (bakélisé ou non) 0 •• •• 0
Panneaux de fibres agglomérés 0 • •• 0
Panneaux synthétiques 0 •• 0 0
Panneaux composites 0 • •• •
Légende : 0 déconseillé ; • utilisable ; • • recommandé

Tableau 6 – Choix du démoulant en fonction des peaux coffrantes


Peau coffrante Démoulant
Bois brut scié ou raboté Produits en émulsion directe dans l’eau, en double application
Contreplaqué non traité pour nourrir le bois
Bois ou contreplaqué vernis Huile ou cire (liquide ou pâteuse)
Contreplaqué bakélisé ou métal (à température normale) Cire liquide
Métal (à basse température) Cire pâteuse
Matrices synthétiques (caoutchouc, plastique, polystyrène, ...) Huile fluide pure, cire pâteuse à solide, émulsion inverse,
sans solvants nocifs
Moules en béton recouverts d’un vernis époxydique Cire pâteuse

■ Les serre-joints ne doivent pas être employés pour des poussées – anti-abrasion (pour éviter l’adhérence à la peau coffrante).
de béton frais supérieures à 50 kPa. Les démoulants sont répartis en 4 catégories :
■ Les entretoises étant des pièces travaillant en traction, toutes les – les produits à base d’hydrocarbures ;
soudures doivent être plus résistantes que les pièces reliées. Les – les produits avec solvants de synthèse ;
coefficients de sécurité correspondants sont − 2,5 pour l’acier – les produits biodégradables ;
doux, et 1,5 pour l’acier dur. – les émulsions en phase aqueuse (variante des trois catégories
précédentes).
1.4.4 Dispositifs d’étanchéité des joints
Dans le cas de séparation immédiate entre le béton et la peau
Pour éviter toute perte de béton ou de laitance lors des bétonna- coffrante, le démoulant est préférentiellement un liquide peu vis-
ges, il est recommandé d’utiliser des coffrages étanches. Cette queux à base de tensioactif spécifique.
étanchéité peut être obtenue par différents dispositifs relativement
spécifiques à la nature des peaux coffrantes (tableau 5) : Dans le cas de séparation différée, et si le béton n’est pas étuvé
L’emploi d’un couvre-joint rigide peut apporter une sécurité ou ne subit qu’un étuvage à moins de 60 ˚C (en surface), le
complémentaire si les conditions suivantes sont satisfaites : démoulant doit être :
– le motif en creux créé par ce couvre-joint est esthétiquement – exempt de solvant pour les peaux coffrantes en composite ;
acceptable ; – plus visqueux et adhérent pour les bétonnages en grandes
– le couvre-joint est parfaitement plaqué aux surfaces coffrantes hauteurs ;
pour éviter toute pénétration d’éléments fins ; – riche en éléments gras pour bétonnage par temps froid.
– la forme du couvre-joint ne doit pas créer d’épaufrures lors du Si le béton subit un étuvage à plus de 60 ˚C (en surface), le
décoffrage. démoulant sera moins chargé en éléments gras (dopes), mais plus
visqueux pour un étuvage à haute température.
1.4.5 Démoulants
Le choix du démoulant est établi en fonction des peaux coffran-
Les démoulants sont des produits d’interposition pour faciliter la tes (tableau 6).
séparation entre le béton et la peau coffrante. Les principaux élé-
ments constituant les agents de démoulage sont les suivants : Les excès de produits sur les peaux coffrantes sont néfastes
– séparation proprement dite (paraffines, cires liquides ou en pâtes, et doivent être essuyés. Lorsque le démoulant est pulvérisa-
corps gras acides ou esters et tensioactifs) ; ble, il est conseillé d’employer un pulvérisateur muni d’une
– protecteurs des peaux coffrantes (antirouille, anticorrosion) ; buse avec filtre pour les impuretés.

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1.5 Sécurité – le stockage temporaire et localisé des armatures avant leur


mise en place ;
– les déversements massifs et localisés de béton ;
1.5.1 Stabilité des banches – les chocs et effets d’impact dus au déchargement brutal d’une
Les banches doivent être conçues pour résister simultanément benne de béton ;
aux efforts dus : – la transmission d’efforts de précontrainte par le coffrage.
– au poids propre et à la manutention ;
– aux charges de service (circulation du personnel et matériels 1.5.3 Charges permanentes
de mise en œuvre) ;
– à la pression du béton ; Les charges propres au matériau et à son moulage
– aux charges climatiques, en particulier dues au vent. comprennent :
Les éléments essentiels à considérer en matière de sécurité sont – le poids propre des coffrages ;
multiples : – le poids propre des étais (bâtiment à plusieurs niveaux) ;
– les dispositifs de préhension ; – le poids des armatures et des inserts dans le béton ;
– la plate-forme de bétonnage ; – le poids du béton frais.
– les protections de la plate-forme ;
– l’ossature et la surface coffrante ;
– les dispositifs de stabilité des banches sous l’effet du vent 1.5.4 Poussée du béton frais courant
(vitesse de service), quelle que soit sa direction ; sur les coffrages
– les dispositifs de maintien et de réglage, lesquels peuvent être
confondus en un seul système. Le béton serré par vibration, ou par toute autre méthode adap-
tée à sa plasticité, exerce sur les parois verticales du coffrage une
La pression dynamique créée par l’action du vent et l’action pression de type hydrostatique qui ne peut qu’être estimée du fait
résultante unitaire sur une banche est la combinaison des actions de l’influence d’un grand nombre de paramètres mal contrôlés.
unitaires sur chacune des faces de la paroi : Pour des parties d’ouvrage présentant des hauteurs inférieures à
(c1 − c2 ) V2 2 m, la poussée du béton frais (de masse volumique apparente
p= (Pa) < 2 500 kg/m3) peut être estimée par la relation :
1,63
P = 25 h (en kN/m2)
avec V (m/s) vitesse du vent,
avec h (m) hauteur réelle < 2 m.
c1 = 0,8 pour la face au vent,
Pour des parties d’ouvrages présentant des hauteurs supérieu-
c2 = 0,5 pour la face sous le vent.
res à 2 m, le mémento Cated, d’octobre 1992 et relatif aux coffra-
La vitesse du « vent de service », pour un coffrage vertical lesté ges [11], présente une méthode pratique de calcul qui s’appuie sur
ou à patins, est fixée à 85 km/h, soit une poussée de 342 Pa [17]. trois valeurs simultanées de la pression sur les parois du coffrage :
La vitesse maximale du « vent hors service » est fixée, par con- – P1 qui affiche la pression hydrostatique et est fonction de la
vention, à 150 km/h, soit une poussée de 1 065 Pa. hauteur du béton dans le coffrage (béton de masse volumique
apparente < 2 500 kg/m3) ;
– P2 qui prend en compte l’effet de voûte pour les blocs de béton
1.5.2 Charges en service peu épais (épaisseur < 0,50 m) ;
Parmi les principales charges verticales, les charges inhérentes – P3 qui intègre le niveau, dans le coffrage, où un effet de durcis-
au matériau et à son moulage sont à dissocier des charges de ser- sement du béton est normalement susceptible de se manifester.
vice ou d’exploitation, souvent très variées : Seule la plus petite de ces trois valeurs de pressions, P1, P2 et
– charges dues à la circulation du personnel de mise en œuvre ; P3, données par les tableaux 7, 8 et 9 est prise en compte pour le
– matériels de bétonnage et de vibration ; calcul du coffrage.
– voies particulières de circulation ;
– charges provisoires de matériaux ; Tableau 7 – Pression hydrostatique P1 en fonction
– effets dynamiques (benne de béton, ...). de la hauteur de béton frais
Les précautions particulières à prendre concernent : Hauteur (m) 2 3 4 5 >6
– l’incidence des dispositifs vibrants, et des matériels de mise en
précontrainte ; P1 (kN/m2) 50 75 100 125 150

Tableau 8 – Pression P2. Prise en compte de l’effet de voûte (en kN/m2)


Vitesse de remplissage v (m/h)
Épaisseur
(m)
1 2 3 4 5 6 8 10 15 20 30 > 40

0,15 35 35 40 45 45 50 55 60 75 90 120 150

0,20 40 40 45 50 50 55 60 65 80 95 125 150

0,30 50 50 55 60 60 65 70 75 90 105 135 150

0,40 60 60 65 70 70 75 80 85 100 115 145 150

0,50 70 70 75 80 80 85 90 95 110 125 150 150

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Tableau 9 – Pression P3. Prise en compte de l’effet de durcissement (en kN/m2)


Affaissement Température Vitesse de remplissage v (m/h)
au cône du béton
(cm) (˚C) 1 1,5 2 2,5 3 4 5 6 7 8
5 50 70 95 115 135 150 150 150 150
10 40 55 70 85 100 135 150 150 150
5
15 40 45 55 65 75 100 125 150 150
20 35 40 45 50 55 70 90 105 125
5 60 85 110 140 150 150 150 150
10 50 65 85 105 125 150 150 150
7,5 150
15 40 50 65 80 95 125 150 150
20 35 40 50 60 70 90 115 135
150
5 70 100 130 150 150 150 150 150
10 55 75 100 120 150 150 150 150
10
15 45 60 75 90 110 150 150 150
20 35 45 55 70 80 110 130 150

1.5.5 Poussée du béton auto-plaçant


sur les coffrages
Actuellement, il n’existe pas de modèle scientifique permettant
d’évaluer la pression qui peut être atteinte dans le coffrage. Le
recours à quelques règles empiriques déterminées sur certains
types de bétons est alors inévitable :
– la fluidification du béton auto-plaçant, ou simplement fluide,
conduit à estimer que les poussées sur les coffrages sont a priori
sensiblement supérieures à celles prises en compte avec les
bétons courants plastiques ou très plastiques ;
2,5 m

– la pression du béton est fonction des dimensions (hauteur,


éton
hmax = 3 m

mais aussi largeur) de l’élément coulé, de la nature du béton (évo-


ion b

lution de la fluidité et de la viscosité du mortier, teneur en gra-


Pression ea

villons, ...) et de ses conditions de mise en œuvre (température,


s
Pres

hauteur de chute, vitesse de montée dans le coffrage).


Les premières expérimentations ont montré :
– que la poussée à prendre en compte était la poussée hydrosta-
tique du béton frais pour une vitesse de montée normale dans le
coffrage ;
– qu’il existe une vitesse critique, au-delà de laquelle il convient
de prévoir des renforcements de structure coffrante ;
– et qu’à vitesse lente, il est possible de considérer une poussée
un peu plus faible que la poussée hydrostatique.
Pression
béton La mise en place par pompage par le bas des coffrages peut
limitée à entraîner des pressions localement supérieures à la poussée
60 kN/m2 hydrostatique.

1.5.6 Déformation des ouvrages provisoires


Figure 5 – Limitation de la poussée du béton frais Les systèmes coffrants utilisés pour l’exécution des dalles ou
des tabliers sont supportés, soit par un étaiement vertical cons-
Les frottements appliqués au béton par la paroi de coffrage et
titué de tours, soit par un cintre fait d’un système de poutres
les armatures permettent de considérer que la pression n’aug-
horizontales. L’expérience montre que les déformations du cin-
mente pratiquement plus à partir de 2,5 m de hauteur de béton. La
tre ou des étaiements peuvent engendrer des désordres au
norme NF P 93-350, relative aux banches pour ouvrages en béton,
niveau de l’ouvrage, comme une fissuration du béton jeune,
limite alors cette pression à 60 kN/m2. Un diagramme triangulaire
est donc adopté jusqu’à 2,50 m, et rectangulaire en dessous des cassures et des ruptures d’adhérence dans le béton en
(figure 5). cours de prise, ou dans le béton coulé lors d’une phase précé-
dente.
La conception du coffrage doit conduire à une structure pouvant
résister, sans flèche intempestive, à des vitesses normales de
bétonnage, des températures habituelles, et supporter les efforts Il y a donc intérêt à limiter les contraintes de traction dans
dus à leur manutention à l’élingue. le béton pendant les premières heures suivant leur coulage.

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Zones sensibles vis -à-vis de la fissuration

f (cm) 艎
f=
Béton à couler Béton à couler 300
en première phase en seconde phase
12

10
3
8
2
6
Appuis
sur cintres 4 艎
f= +2
2 000
2
1
Figure 6 – Phases de bétonnage sur ouvrage à plusieurs travées
0
Pour un ouvrage nécessitant un cintre à plusieurs travées, il est 0 103 2 · 103 3 · 103 艎 (cm)
indispensable, dans l’impossibilité de retarder le béton, de procé-
der à un phasage du bétonnage pour éviter que la fissuration se
développe dans les zones des appuis (figure 6). Le Setra précise
les limites admissibles de la déformation des ouvrages provisoires
sous le poids du béton frais [19] : Figure 7 – Admissibilité des flèches des cintres en fonction
– les étaiements ne doivent pas subir de déplacement supérieur de leur portée
à 2 cm pendant la durée de bétonnage et de maintien sur cintre ;
– la flèche limite du cintre, sous le poids du béton frais et des – le poids total des coffrages et des étais est appliqué en tête des
charges de services liées à sa mise en œuvre, est admissible si elle étais ;
reste inférieure à : – le poids total du ré-étaiement est appliqué en tête de celui-ci ;
– les étais et ré-étaiements sont infiniment rigides par rapport aux
ᐉ dalles ;
f < +2
2 000 – les charges de service sont retirées avant tout décoffrage ;
– les charges maximales sur les dalles prennent en compte :
avec f et ᐉ exprimés en centimètres. • la masse propre du béton P ;
L’admissibilité de cette flèche limite peut être appréciée sur la • la masse des coffrages et étais 0,1 P ;
ᐉ ᐉ • la masse propre des étais de reprise 6,05 P ;
figure 7 où les droites d’équation f = + 2 et f =
partagent le secteur en trois zones : 2 000 300 • les charges de service 0,5 P.
– zone 1, les flèches sont admissibles sans précautions Les charges reprises par les dalles successives doivent être com-
particulières ; parées aux caractéristiques du béton des dalles, aux instants res-
– zone 2, les flèches sont admissibles dans la mesure où des pectifs des reprises de charges, avec prise en compte du planning
vérifications sont effectuées et des précautions particulières sont à des bétonnages et des cadences de retrait des étais.
respecter (par exemple, phasage de bétonnage approprié ou
limitation de la traction du béton) ;
1.5.8 Prévention des risques liés à la conception
– zone 3, les flèches ne sont pas admissibles.
La sécurité sur chantier est primordiale aux niveaux du montage
et de l’emploi des coffrages et repose sur [23] :
1.5.7 Charges sur planchers
– le respect des règlements nationaux et locaux ;
Pour les bâtiments, les cadences de bétonnage restent élevées – la garantie de la sécurité des personnels travaillant sur le
et le dernier béton coulé n’atteint pas la résistance pour supporter chantier ;
une nouvelle dalle avec ses charges. Les dalles restent alors – l’assurance de la sécurité du public susceptible de passer, ou
étayées pendant plusieurs semaines. Avant que la structure com- de séjourner, sur le site ou à proximité des travaux ;
mence à reprendre une partie de son poids propre, les étais infé- – la garantie de stabilité des ouvrages provisoires.
rieurs supportent la totalité des étages bétonnés avant leur retrait.
Si les accidents de coffrages relèvent souvent d’erreurs de cons-
Le calcul prend en compte la totalité du béton, des coffrages et truction ou de défauts de surveillance sur chantier, ils peuvent
des charges de service existant avant cette échéance. Aucune aussi impliquer la conception du chantier :
réduction dans les charges n’est admise quand on replace des – mauvaise prise en compte de la poussée du béton frais ;
étais, mais une telle opération provoque toujours un – appréciation erronée des reprises de charges sur les étages
accroissement de la charge sur le plancher qui reçoit les étais. sous-jacents ;
L’exemple (tableau 10) donne l’analyse simplifiée des charges sur – non-prises en compte des composantes de force non verticale
les étais et sur les dalles d’une structure à 4 étages construite avec et de la composante verticale vers le haut des coffrages en
les hypothèses suivantes [20] : surplomb ;
– une dalle est bétonnée en mobilisant, au plus, 3 niveaux consécu- – non-reprise des efforts aux extrémités des structures ;
tifs par des étais ; – ignorance des consignes d’emploi données par le fabricant ;
– lorsque les étais du niveau le plus bas sont retirés, les charges – non-prise en compte du développement d’efforts
qu’ils reprenaient sont réparties sur les niveaux supérieurs, y compris dissymétriques ;
le dernier niveau coulé ; – définition incorrecte des points de transmission des forces.

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Tableau 10 – Exemple d’analyse simplifiée des charges sur étais et sur dalles
en cours de construction d’une structure à 4 étages (d’après [20])
Charges reprises par les étais (E) et les dalles (D)
Opérations (en multiple de P, masse propre du béton) Aides au calcul des charges
constructives
E1 D1 E2 D2 E3 D3 E4 D4
• La dalle étant étayée, elle ne reprend
1 Bétonnage de la dalle 1 1,6 0 aucune charge, la charge totale est reprise
par les étais.
• Les dalles étant étayées, elles ne repren-
nent aucune charge.
2 Bétonnage de la dalle 2 2,7 0 1,6 0 • La charge totale est reprise par les deux
niveaux d’étais : les charges de service
s’appliquent au niveau 2 des étais.
Retrait des charges
3 2,2 0 1,1 0 • Ce retrait soulage les étais.
de service
• Les charges sont reprises par les dalles 1
et 2.
Décoffrage et retrait • Le retrait du coffrage et des étais est à
4 0 1,05 0,05 1,05
de l’étai 1 déduire de ces charges.
• Chaque étai reprend la charge non reprise
par la dalle supérieure.
5 Ré-étaiement niveau 1 0,05 1,05 0,05 1,05 • Le ré-étaiement supporte son propre poids.
• Les dalles 1 et 2 ne peuvent plus fléchir.
6 Bétonnage de la dalle 3 1,65 1,05 1,65 1,05 1,6 0 • La nouvelle charge est reprise par les
3 niveaux d’étais.
Retrait des charges de
7 1,15 1,05 1,15 1,05 1,1 0 • Ce retrait soulage les étais.
service
• La charge, que reprenait le ré-étaiement
diminuée du poids de ce ré-étaiement, est
Retrait du ré-étaiement
8 0 1,41 0,41 1,42 0,73 0,37 reprise équitablement par les trois dalles.
niveau 1
• Chaque étai reprend la charge non reprise
par la dalle supérieure.
• La charge reprise par la dalle 1, diminuée
du poids de cette dalle et du poids du cof-
Décoffrage et retrait frage et des étais, est reprise équitablement
9 0 1 0 1,58 0,58 0,52
de l’étai 2 par les dalles 2 et 3.
• Chaque étai reprend la charge non reprise
par la dalle supérieurs.
10 Ré-étaiement niveau 2 0 1,05 0,1 1,58 0,58 0,52 • Ce ré-étaiement supporte son propre poids.
• Les dalles 1, 2 et 3 reprennent équitable-
ment la nouvelle charge.
11 Bétonnage de la dalle 4 0 1,59 0,59 2,11 1,65 1,05 1,6 0
• Chaque étai reprend la charge non reprise
par la dalle supérieure.
Retrait des charges de • La décharge de ce retrait est répartie
12 0 1,42 0,42 1,94 1,31 0,89 1,1 0
service équitablement sur les étais 2, 3 et 4.
• La charge reprise par la dalle 1, diminuée
du poids de cette dalle et du ré-étaiement, est
Retrait du ré-étaiement
13 0 1 0 2,07 1,07 1,01 0,98 0,12 reprise équitablement par les autres dalles.
niveau 2
• Chaque étai reprend la change non reprise
par la dalle supérieure.
• La charge reprise par la dalle 2, diminuée
du poids de cette dalle et de l’étai 3, est
Décoffrage et retrait
14 0 1 0 1 0,10 1,50 0,50 0,60 reprise équitablement par les dalles 3 et 4.
de l’étai 3
• Chaque étai reprend la charge non reprise
par la dalle supérieure.
Décoffrage et retrait • Les dalles 3 et 4 prennent la charge de leur
15 0 1 0 1 0 1 0 1
de l’étai 4 propre poids.

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Tableau 11 – Rôle des intervenants dans une opération de coffrage


Opération Intervenant concerné

Préparation des appuis (fondations provisoires, etc.) Entrepreneur

Vérification de la portance du sol (appuis) Entrepreneur ou son contrôleur

Préparation de surface des coffrages avant bétonnage :


Entrepreneur ou son monteur (si sous-traitance)
nettoyage, démoulant, ...

Mise en place des coffrages Entrepreneur ou son monteur (si sous-traitance)

Entrepreneur ou son contrôleur


Vérification avant bétonnage
Le maître d’œuvre, dans le cadre de son contrôle extérieur

Pendant la mise en place du béton (transport, pompage, Entrepreneur ou son contrôleur


coulage, vibration, protection) Le maître d’œuvre, dans le cadre de son contrôle extérieur

Épreuves d’information pour décoffrer Entrepreneur ou son contrôleur

Décoffrage Entrepreneur

Application des produits de cure et protection


Entrepreneur
des parties bétonnées

Nettoyage des coffrages Entrepreneur ou son monteur

Stockage des coffrages Entrepreneur ou son monteur

1.6 Préparation, emploi et entretien de travail : une surpopulation dans un espace de travail, ou sur un
passage commun, abaisse le rendement.
des coffrages
Ainsi, pour une tâche dont l’exécution nécessite un nombre
d’heures donné, le programmateur a le choix entre :
1.6.1 Rôle des intervenants sur chantier – fixer la durée du poste et calculer le nombre d’ouvriers ;
– ou fixer le nombre d’ouvriers et déduire la durée du poste.
Pendant l’exécution des travaux, la responsabilité de l’entrepre-
neur est totale vis-à-vis du maître d’ouvrage, tant en cas de dom- Ce choix est, bien entendu, fonction des types de chantier et
mages causés aux tiers, qu’en cas d’accident survenu sur peut évoluer suivant les conditions climatiques ou les phases du
l’ouvrage en construction. L’entrepreneur communiquera ses exi- chantier.
gences particulières à ses sous-traitants : le projeteur, le fabricant, Le programme comporte au minimum les phases courantes
le monteur et le contrôleur. Les rôles de chaque intervenant suivantes :
peuvent être répartis comme indiqué dans le tableau 11. – mise en place des coffrages ;
– mise en place des armatures ;
1.6.2 Programme de coffrage – fermeture des coffrages (verticaux) avec vérifications ;
– bétonnage ;
Les objectifs principaux d’un programme de coffrage, établi par – durcissement du béton ;
le directeur ou le chef de chantier, sont la bonne coordination des – décoffrage ;
opérations et l’optimisation des moyens de chantier (personnel, – démontage et remise en état des coffrages.
matériel). Le programme débouche sur des méthodes de travail :
Ces opérations sont détaillées dans le plan assurance qualité qui
– respectant les stipulations du marché, les plans, les divers constitue, en fait, une garantie fournie par l’entrepreneur et ses
règlements et les délais imposés ; sous-traitants au maître d’œuvre [22] :
– prenant en compte les conditions d’environnement pendant – pour le maintien sur le chantier des moyens en personnels et
toute la durée du chantier (influence des variations climatiques sur en matériels ;
le durcissement du béton) ; – pour la bonne utilisation des matériaux annoncés, et des métho-
– optimisant l’investissement dans les coffrages et leurs des de construction et de vérification définies préalablement.
conditions de remplois ;
– assurant la continuité de débit des équipes.
1.6.3 Préparation des coffrages
Dans le cas de chantier où un cycle de construction peut être
établi, la coordination des opérations s’appuie naturellement sur la Le coffrage est généralement conçu et fabriqué en amont, puis
continuité des équipes, en adéquation avec les types de bétons, la livré sur chantier. Il doit alors être réceptionné par le monteur. Ce
nature des lots, et les conditions particulières de chantier. La taille dernier réceptionne tous les éléments constituant l’outil coffrant et
de chaque équipe est définie de façon à leur assurer une durée l’assemble in situ, en conformité avec les prescriptions du concep-
égale d’intervention. Ces équipes peuvent alors réaliser les mêmes teur et du fabricant. Après vérifications (stabilité, sécurité générale,
tâches en continu, optimisant par là le coût des opérations et la dimensions), il le remet à l’entrepreneur avec toutes les
sécurité. Elle prend également en compte l’accessibilité au poste prescriptions d’emploi et d’entretien.

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[Link] Préparation de la peau coffrante – les conditions de fonctionnement de l’huile aux interfaces
La préparation des opérations de décoffrage commence bien prévues sur le charnier ;
avant les opérations de détonnage, car la première précaution – la maîtrise du mode d’application propre à l’huile, d’une part,
consiste à préparer la peau coffrante, c’est-à-dire la surface du et à la nature de la peau coffrante, d’autre part.
moule qui sera en contact direct avec le béton. Les vérifications Les fonctions générales demandées aux huiles de démoulage
préalables à effectuer, avant tout emploi de peau coffrante, sont sont de divers ordres :
chronologiquement les suivantes : – éviter tout phénomène d’adhérence entre le béton durci et la
– l’intégrité de la peau (pas de déchirure, ni de trous) ; peau coffrante ;
– si la peau est fixée sur la structure coffrante, cette fixation doit
– éviter toute altération superficielle de la peau du béton (tache
être générale sur toute la surface (bon collage et bonne tension) ;
– la propreté de la peau, avant application de produits ou souillure) ;
démoulants (pas de restes de laitance de béton, ni de traces – préserver l’intégrité des peaux coffrantes si le réemploi est
grasses, de boue, de rouille ou de craie de traçage). prévu et, dans ce cas, accroître le nombre de réemplois ;
– limiter l’encrassement des moules pour réduire les opérations
■ Les problèmes d’adhérence du béton à la peau coffrante doivent de nettoyage.
ensuite être traités. Les mécanismes d’affinité à l’interface béton-
peau coffrante étant difficiles à déterminer, l’interposition d’une ■ Les types de démoulants se distinguent à partir de leur origine :
couche séparatrice anti-adhérente (huile de décoffrage) semble la végétale, produit de synthèse, minérale, ou produit recyclé. À cet
solution plus pratique, mais le recours à ce procédé sur chantier effet, les producteurs ont adopté une classification qui intègre les
impose la maîtrise des critères suivants [68] : critères d’information relatifs à la sécurité feu, la santé et l’environ-
– une bonne connaissance du rôle de l’huile de décoffrage nement ([69], tableau 12).
retenue ;
– les paramètres de choix de l’huile en fonction du cahier des ■ Le mode d’application des huiles a un effet sensible sur le rendu
charges du chantier (démoulage instantané ou différé, nature de la des parements, selon que la peau coffrante est neuve ou usagée
peau coffrante, type de béton, ...) ; (tableau 13).

Tableau 12 – Classification Synad des agents de démoulage (d’après [69])


Critères d’information
Appellation Sécurité feu Santé Environnement
Point d’éclair Évaporation de COV* Biodégradabilité ultime
Pur végétal > 100 ˚C Nulle Totale, sans pollution d’atmosphère
Faible avec teneur en aromatiques
À base végétale 61 à 100 ˚C Totale, avec très légère évaporation
<1%
de COV
Émulsion d’huile végétale Nulle
> 100 ˚C
Pur synthèse Très faible Pas de biodégradabilité ultime,
Synthèse 61 à 100 ˚C avec évaporation de COV
Faible avec teneur en aromatiques
Émulsion d’huile de synthèse <1%
Pas de biodégradabilité ultime,
Importante avec teneur en aromatiques avec évaporation importante de COV
Minérale neuve
Toutes possibilités <1%
Importante avec teneur en aromatiques Pas de biodégradabilité ultime, avec
Produit recyclé
>1% évaporation de COV et d’aromatiques
COV : composés organiques volatiles

Tableau 13 – Influence du mode d’application de l’huile de démoulage sur l’aspect des parements
Mode Huile Végétale Minérale De synthèse
Pulvérisation Sur moule Neuf Usagé Neuf Usagé Neuf Usagé
Qualité aspect Bon Passable Mauvais
Buse conique Microbullage Passable Bon Passable
Poussièrage Très bon Excellent
Qualité aspect Bon Mauvais Mauvais Passable Mauvais
Passable
Avec raclage Microbullage Bon Bon Passable
Poussièrage Excellent Très bon Excellent
Qualité aspect Passable Mauvais Très mauvais Mauvais Très mauvais
Buse plate Microbullage Mauvais
Poussièrage Très bon Excellent

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Tableau 14 – Charges de service de chantier


Nature de la charge Modélisation
Masse répartie d’une équipe de bétonnage • Charge 5 kN/m2 sur une surface de 3 m × 3 m, disposée de la manière la plus
pénalisante.
• Charge de 0,75 kN/m2 sur le reste de la surface horizontale à bétonner (tous
les coefficients ψ correspondants étant égaux à 1).
Charge ponctuelle : stockage des matériaux 1,5 kN/m2 (sur une surface maximale de 1 m × 1 m)
Charge ponctuelle : poids d’un homme placé dans les 90 daN (selon norme NF P 93-350)
conditions les plus pénalisantes
Poids du béton frais 24,5 kN/m3 (selon norme NF P 93-350)

À titre indicatif, les charges de service les plus courantes, avec


Tableau 15 – Paramètres v et q en fonction l’hypothèse d’une hauteur de chute de béton inférieure à 1 m et
des zones de la carte des vents d’absence de choc (benne à béton, par exemple), sont reprises au
tableau 14.
Valeurs normales Valeurs extrêmes
Zones [Link] Stabilité sous l’action du vent
v q v q L’effet du vent sur les coffrages est surtout sensible avant le
bétonnage. La stabilité des coffrages vides constitue un risque
km/h Pa km/h Pa important pour la sécurité des personnes, pendant cette période. Les
éléments de calcul présentés ci-après sont tirés de la fiche Memoar
1 103,0 500 136,9 875 « stabilité des coffrages », éditée par le Setra ([72], voir figure 8).
2 112,7 600 149,1 1 050 L’action du vent dépend de la configuration de l’obstacle et com-
prend des surpressions et des dépressions s’exerçant sur les diffé-
rentes surfaces du coffrage. La traînée, ou projection de la
3 126,0 750 166,6 1 310
résultante de l’action du vent sur la direction du vent, est exprimée
par la formule :
4 137,9 900 182,5 1 575
T = CtSq
avec S (m2) surface de la projection du contour apparent de
■ Pour le choix du type d’huile, généralement fait au niveau chan- l’élément sur le plan perpendiculaire à la
tier, il convient de retenir que les nulles végétales conduisent à de direction du vent, les éventuelles nervures
bons résultats et offrent une bonne protection vis-à-vis de l’encras- saillantes prises en compte, et la surface des
sement des peaux coffrantes, mais elles facilitent le poussièrage vides déduite,
sur les parois des moules après décoffrage. Il sera donc nécessaire
Ct coefficient de traînée,
de prévoir une protection de ces peaux lors du stockage, et un
nettoyage avant réemploi. q (daN/m2) pression dynamique calculée à partir de la
masse volumique de l’air ρ (kg/m3), et la vitesse
Avant tout emploi, il convient de ré-homogénéiser les huiles de du vent (m/s) par la formule :
démoulage. De plus, il convient de noter que la pulvérisation, suivi
du raclage du film d’huile végétale, permet l’obtention d’un film v2
homogène, mais que le raclage d’un film d’huile minérale endom- q=ρ
mage ce dernier. Cependant, certaines huiles végétales voient aug- 16,3
menter sensiblement leur viscosité avec une baisse de Par exemple q = 46 daN/m2
températures, et nécessitent donc alors des précautions d’emploi.
avec ρ = 1,332 kg/m3 pour un air saturé à 0 ˚C, sous 780 mm de Hg
et v = 23,6 m/s. Voir les valeurs de v et q données au tableau 15.
Les huiles à base minérale ont une faible compatibilité avec
l’environnement et peuvent provoquer des désagréments Le coefficient global de traînée à prendre en compte pour la
auprès des opérateurs. Mais, de façon générale, l’application détermination de la stabilité d’une banche courante doit être équiva-
d’un produit de démoulage par pulvérisation nécessite le port lent à Ct = 1,75. Cette valeur s’entend hors majoration de site
de masque et de lunettes. La protection du corps et le port de « ponctuel », c’est-à-dire les positions relatives que peut occuper
gants sont également recommandés. une banche sur le plan de travail, comme par exemple une banche
placée entre deux voiles parallèles déjà réalisés et orthogonalement
à ceux-ci.
[Link] Stabilité des banches et ouvrages provisoires
La rigidité et la stabilité du coffrage, vis-à-vis des contraintes Bien que les pressions indiquées pour la prise en compte du
mécaniques, doivent assurer les dimensions prescrites de la partie vent dans les ponts, en cours de construction, ne soient pas
d’ouvrage concernée. Certaines actions, comme la poussée du applicables à la stabilité des coffrages, celles-ci ne s’appli-
béton frais, les actions du vent, ou la stabilité des appuis sont, en quant qu’au calcul des ponts proprement dits, il y a lieu de
général, prévisibles. D’autres actions, comme l’ouverture des cof- tenir compte, sur la structure, de l’effet de cette pression
frages en cours de bétonnage (serrage de l’outil coffrant défec- appliquée aux coffrages, lorsque ceux-ci présentent une sur-
tueux), les chocs d’origine externe, les surcharges ponctuelles face nette supérieure à celle de la structure qu’ils enveloppent.
(personnel et matériels) sur des coffrages mal assurés constituent
les efforts accidentels, donc imprévisibles, et pour lesquels la seule Les équipements des banches et, particulièrement les plates-for-
solution repose sur une meilleure organisation et un savoir-faire mes, doivent être conçus de façon à offrir une résistance au vent la
d’entreprise. plus réduite possible : lisses tubulaires, platelages ajourés, etc.

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Pas-de-Calais
Nord

Somme
Seine- Ardennes
Maritime Aisne
Oise

Manche Calvados Moselle


Eure Marne Meuse
Bas-
Finistère Orne Sene-et- Meurthe- Rhin
Marne et-Moselle
Côtes-d'Armor
Eure-
Mayenne Aube
Ille-et- et-loir Vosges
Vilaine Haute- Haut-
Sarthe Marne
Morbihan Loiret Rhin
Yonne Haute-
Saône
Loire- Loir-et-
Atlantique Maine-et- Cher
Loire Indre-et- Côte-d'Or Doubs Territoire
Loire de Belfort
Nièvre
Cher

Indre Jura
Vendée Saône-et-Loire
Vienne
Deux- Allier
Sèvres
Haute-
Creuse Ain Savoie
Charente-
Maritime Haute- Loire Rhône
Charente Vienne Puy-de-Dôme
Savoie
Corrèze Isère
Cantal Haute-
Dordogne Loire

Gironde Ardèche Hautes-Alpes


Drôme
Lot
Lozère
Lot-et-
Garonne Aveyron Alpes-de-
Tarn-et- Haute-
Landes Garonne Gard Vaucluse Provence Alpes-
Maritimes
Gers Tarn
Hérault Bouches-du
Rhône Var
Pyrénées- Haute-
Atlantiques Garonne
Hautes-
Aude Hautes- Zone 1
Pyrénées Ariège Corse
Pyrénées- Zone 2
Orientales Corse-
du- Zone 3
Sud
Zone 4

Figure 8 – Carte des zones de vents en France métropolitaine (DTU P06-002)

Lorsque les armatures en attente sont en acier HA, le pliage


n’est pas autorisé (sauf justification) et deux solutions de mas-
Coulage quage sont envisageables :
Défoncé

phase 2 – masque par surface pleine (tôle, panneau de bois ou contrepla-


Arrêt de qué) avec ouvertures pour le passage des armatures et joints, de
bétonnage façon à rendre possibles toutes les opérations de coffrage et
décoffrage ;
Décoffrage

– masque par grille en composite ou métal déployé avec raidis-


seurs. Ces grilles doivent être retirées avec soin juste après la fin
de prise.

[Link] Étanchéité
Coulage L’étanchéité en fond de coffrage, entre panneaux jointifs de la
phase 1 peau coffrante et entre éléments coffrants adjacents, doit être trai-
tée de façon telle qu’aucune fuite de laitance ne soit possible après
fermeture du coffrage.

Figure 9 – Arrêt de bétonnage avec joint marqué La déformabilité des éléments coffrants sous la poussée du
béton frais et sous les conséquences de la vibration doit être
[Link] Joints de construction prise en compte.
Pour l’exécution des joints de construction, il est nécessaire de
prévoir (figure 9) : [Link] Vérifications avant bétonnage
– des règles trapézoïdales pour réaliser les défoncés sans arra- La vérification de la préparation avant le bétonnage incombe au
chement du béton au décoffrage ; chargé des ouvrages provisoires (ou coffrages) et porte essentiel-
– des baguettes au droit du joint pour obtenir l’alignement au lement sur les points suivants :
niveau des reprises (rainures par exemple) ;
– dans le cas d’emploi de panneaux de contreplaqué, le fil des
– interposer des baguettes pour chanfreiner les angles ;
– des joints d’étanchéité pour éviter toute fuite de laitance ou de plis extérieurs est disposé dans le sens de la portée principale ;
mortier ; – les réservations sont prévues de façon à éviter les épaufrures
– de veiller au serrage efficace des outils coffrants sur les parties ou ecornures au décoffrage ;
d’ouvrages déjà exécutées ; – les inserts sont positionnés de façon à rester intacts et fixes
– d’assurer une protection des attentes pour éviter les aux bétonnage et décoffrage ;
formations et coulures de rouille ; – l’application et la vérification de la pérennité du démoulant
– et de coffrer au droit des arrêts de bétonnage. sur la peau coffrante ;

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– l’élimination de l’huile ou de l’eau présente en partie basse du [Link] Peau coffrante métallique
coffrage ;
Le nettoyage à l’aide d’acide n’est pas conseillé du fait de
– l’élimination des souillures ou des déchets divers (chutes de l’endommagement progressif qu’il apporte à la rugosité de la peau
ligatures, gravillons, poussières, outils, pointes, ...) ; coffrante (risque d’adhérences entre la peau coffrante et le béton),
– éventuellement la fixation correcte des systèmes de désactivation et de l’aspect rouillé qu’il confère au béton moulé.
de surface ;
– la vérification générale de l’étaiement. Le polissage des banches métalliques entraîne des risques de
marbrures sur le béton et doit être refait pratiquement à chaque
Ces opérations propres aux coffrages restent indépendantes des utilisation [7].
autres vérifications nécessitées par les conditions propres du
chantier : Le sablage léger des banches métalliques donne des résultats
acceptables, mais doit être refait approximativement tous les 10
– la conformité du ferraillage ;
emplois.
– le positionnement des gaines de précontrainte ;
– le fonctionnement des vibrateurs externes ;
[Link] Peau coffrante en tôle émaillée
– les dispositifs de traitement thermique actif.
Pour les peaux coffrantes en tôle émaillée, un simple arrosage
d’eau sous pression suffit pour le nettoyage. Les défauts de sur-
1.6.4 Cas des armatures coffrantes face consécutifs à un choc sur l’émail (profondeur < 0,3 mm) peu-
vent être rebouchés à l’aide de produit de rebouchage spécifique
Ces armatures coffrantes font l’objet d’un brevet. Le produit,
(produit vitrifiable).
constitué d’un outil coffrant solidaire des armatures, est préfabri-
qué en usine à la demande pour garantir son adaptabilité aux con-
ditions du chantier. Les cages préfabriquées sont livrées en [Link] Peau coffrante en composite
panneaux de hauteur d’étage et leur mise en œuvre ne nécessite Après quelques réemplois, les peaux coffrantes en composite
pas d’engin de levage. peuvent être nettoyées à l’eau ou avec un produit légèrement
Les nappes de treillis de la cage d’armature sont disposées de détersif pour éviter l’accumulation de laitance de ciment. Les répa-
chaque côté du voile à réaliser et reliées par des crochets en acier rations de rayures ou de percements accidentels peuvent être
tressés autour des aciers HA principaux et disposés dans des plans réalisées sur chantier par application de résine auto-gélifiante.
sécants. Le tissage ainsi réalisé assure un frettage optimal, indé-
pendant de la qualité des soudures. [Link] Matrice coffrante
La peau rigide filtrante a pour fonction principale la réduction de Les matrices se nettoient avec des solvants spécifiques à la nature
la pression hydrostatique de coulage. Elle comporte des cales en même de la matrice. Il est alors conseillé de se rapprocher du four-
plastique pour garantir l’enrobage minimal réglementaire des nisseur dans chaque cas d’espèce pour connaître le solvant adapté.
aciers HA. En cours d’utilisation (montage, vibration, décoffrage et transport), il
Les peaux filtrantes sont réalisées en métal galvanisé, pour les peut se produire des chocs qui entraînent des altérations des reliefs
ouvrages courants en atmosphère sèche, ou en composite, dans le de la matrice. Dans le cas d’altérations mineures (surfaces de l’ordre
cas de risque de corrosion. Le problème de réemploi ne se pose de quelques dizaines de centimètres carrés), il est possible de
pas puisque les peaux restent solidaires du béton durci. reconstituer la forme à partir de mastic polymérisable et de même
nature que la matrice.

1.6.5 Nettoyage et entretien des peaux coffrantes [Link] Autres peaux coffrantes
Dans le cas d’emploi de banches, celles-ci sont immédiatement Les peaux coffrantes en carton ou en polystyrène n’étant générale-
entreposées après décoffrage en assurant leur stabilité vis-à-vis du ment pas réutilisables, les travaux porteront essentiellement sur une
vent et la protection de leur peau coffrante contre les chocs. Les dépose de la peau coffrante, non dommageable pour le support.
autres types de coffrages sont déposés, ou retirés, de façon à pou-
voir effectuer toutes les opérations de nettoyage, d’entretien et de
remise en état de la peau coffrante. Les peaux coffrantes sont
1.6.6 Stockage des coffrages
ensuite nettoyées des différentes souillures rémanentes (restes de Bien qu’ayant des conséquences importantes sur la qualité
laitance de ciment, excès d’huile, coulures de rouilles, ...), lavées, d’aspect des parements en béton, l’opération de stockage des cof-
au besoin, avec remise en état de la forme ou de la texture des frages reste assez souvent négligée sur chantier. Pour éviter le
peaux endommagées (trous, arrachements, décollements, ...). maximum de déboires, un ensemble de précautions, avec prise en
Dans le cas où le coffrage peut être stocké hors poussière, la cou- compte du type de structure coffrante et de la nature des peaux
che de démoulant peut être appliquée sur la peau coffrante pour coffrantes, doivent être prises :
assurer une fonction protectrice. – de façon générale, le stockage du coffrage est assuré après net-
toyage complet et remise en état de la peau coffrante. En effet, un
[Link] Peau coffrante en bois et en contreplaqué nettoyage juste après décoffrage est beaucoup plus facile et rapide à
Les peaux coffrantes en bois ou en contreplaqué peuvent être réaliser, et les résultats des remises en état beaucoup plus probants ;
brossées, soufflées, puis recirées. L’emploi d’huile sur le bois brut, ou – en aucun cas les peaux coffrantes ne doivent être posées sur le
le contreplaqué ordinaire, est dommageable pour la texture du béton. sol ;
– le meilleur stockage de coffrage reste le stockage vertical, en
[Link] Peau coffrante en contreplaqué bakélisé prenant soin d’assurer sa stabilité (vent notamment) ;
– pendant le stockage, éviter toutes souillures, telles que
Les peaux coffrantes en contreplaqué bakélisé peuvent être projection d’eau, huiles, graisses, peintures, ...
lavées à l’eau sous pression, et essuyées au chiffon. Toute opéra-
tion effectuée sur les revêtements bakélisés doit tendre à ne pas D’autres précautions spécifiques à la nature de la peau coffrante
provoquer de rayures ou de blessures. Dans le cas de blessures, il doivent également être prises (tableau 16).
conviendra d’utiliser un mastic polymérisable dont l’adhérence a Certaines peaux coffrantes en composite nécessitent des précau-
été reconnue au préalable. tions spéciales pour le stockage des systèmes coffrants (tableau 17).

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Tableau 16 – Précautions spécifiques de stockage des coffrages avec une peau coffrante courante
Peau coffrante Précautions spécifiques

Stockage avec produit de protection superficielle

Stockage à l’abri de l’humidité

Ne pas appuyer la peau coffrante contre une arête vive ou un point dur

Éviter tout choc dur sur la peau coffrante

En cas d’impossibilité de s’affranchir de la présence de poussières pendant le stockage, prévoir un nettoyage


Métal général avant réemploi

Le coffrage stocké doit être calé et arrimé pour éliminer tous risques de chutes sur le sol, ou sur un autre
élément quelconque

Le stockage doit être assuré pour éviter tous risques de chutes d’éléments lourds ou de matériaux sur la
peau coffrante

Le stockage du coffrage doit être réalisé de façon à éviter son voilement, le plus léger soit-il
(risque de désaffleur du parement > 2 mm)

L’application d’huile sur les peaux coffrantes, avant stockage des coffrages, risque de former un amalgame
pâteux qui pénétrera dans la peau du béton au coulage

Ne pas appliquer de cire avant stockage, tout contact créant une marque indélébile
Bois brut ou traité
Éviter tout choc d’outils métalliques ou d’autres pièces lourdes sur la peau coffrante
Contreplaqué ordinaire
Tout contact de la peau coffrante avec un quelconque élément entraîne des traces indélébiles
sur le parement en béton

Limiter les risques de condensation dans le cas où la peau coffrante est protégée par une bâche imperméable

Ne pas appuyer la peau coffrante contre une arête vive ou un point dur

Éviter tout choc sur la peau coffrante

Contreplaqué bakélisé L’application d’huile sur les peaux coffrantes avant stockage risque de former avec la poussière
un amalgame gras qui pénétrera dans la peau du béton au coulage

Tout choc d’outils métalliques ou de toutes autres pièces lourdes sur la peau coffrante nécessite
le remplacement de celle-ci dans son intégralité

Tableau 17 – Précautions spécifiques de stockage des coffrages


avec une peau coffrante spéciale
Peau coffrante Précautions spécifiques

• L’expérience montre que ces matrices sont généralement blessées lors du décoffrage et qu’elles doivent
être remplacées à chaque emploi
Matrice en polystyrène
• Il est conseillé de préparer le support destiné à recevoir la matrice avant stockage, et à la protéger contre
les intempéries et la poussière

• Stocker le système coffrant pour éviter tout risque de décollage de la matrice de son support
• Ne pas appuyer la peau coffrante contre une arête vive ou un point dur. À cet effet, stocker deux éléments
Matrice en caoutchouc coffrants, les peaux coffrantes face à face, mais sans contact
ou souple • Éviter tout choc sur la peau coffrante
• L’application d’huile sur les peaux coffrantes avant stockage risque de former, avec la poussière,
un amalgame gras qui pénétrera dans le béton au moment du coulage

• Éviter tout choc violent sur la peau coffrante


• L’application de cire sur les peaux coffrantes avant stockage risque de former, avec la poussière,
Peau coffrante
un amalgame gras qui tachera la peau du béton
en composite
• Prendre les précautions nécessaires pour éviter toute coulure de rouille provenant d’éléments métalliques
extérieurs

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1.6.7 Prévention des risques sur chantier – des réactions sulfatiques (dues aux constituants du béton) ;
– de la carbonatation ;
Les accidents de coffrages les plus fréquents relèvent, de – de l’attaque par les chlorures contenus dans le béton ;
façon quasi systématique, d’erreurs de construction ou de – de la pénétration des chlorures (eau de mer, sels de
défauts de surveillance sur chantier. Ces carences peuvent appa- déverglaçage) ;
raître avant, pendant, ou après le bétonnage. – des attaques chimiques (sols naturels ou stockage de produits
agressifs).
■ Avant le bétonnage, les anomalies les plus fréquentes se situent Pour assurer la prévention contre les risques multiples de corro-
bien souvent au niveau de l’étaiement ou du calage : sion, il convient donc d’utiliser des bétons les plus compacts pos-
– mauvais contreventement des étais ; sibles et exempts de risques de réaction de gonflement (alcali-
– mauvais couplage d’étais en bois ; réaction, ou réaction sulfatique), d’une part, et de veiller à assurer
– raboutement d’étais ; des épaisseurs minimales d’enrobage des armatures en acier,
– entretoisement aux jonctions d’étais absents ou défectueux ; d’autre part.
– mauvaise verticalité des étais ;
– blocage des tubes d’étais défectueux ;
– entretoisement de banches insuffisant ou défectueux ; 2.1 Préparation des armatures
– insuffisance de la portance du sol d’appui ;
– ignorance des consignes de montage données par le projeteur. Les aciers pour béton armé utilisés pour des besoins structuraux
doivent être conformes aux caractéristiques essentielles spécifiées
■ Pendant le bétonnage, les causes d’anomalie sont également par la norme NF EN 10080, et le rester de façon significative après
multiples et nécessitent une vigilance accrue : redressage, coupe, façonnage, assemblage ou soudage, et adjonc-
– un manque de surveillance de la déformation des coffrages tion de dispositifs spéciaux. De plus, toutes les armatures coupées,
sous la poussée du béton ; façonnées ou assemblées doivent répondre aux spécifications de
– une mauvaise vitesse de remplissage des coffrages ; la norme NFA 35-027. Les armatures de même apparence géomé-
– un manque de contrôle de la plasticité du béton ; trique, mais différentes par leurs caractéristiques, ne doivent pas
– l’inobservation du plan de bétonnage ; être utilisées sur un même ouvrage. Il convient donc de prévoir en
– des chocs violents (bennes, camions, ...) ; amont la réception des matériaux et produits de base avec identifi-
– des déversements locaux et imprévus de béton ; cation et vérification de la conformité aux normes.
– une vibration intensive et incontrôlée.
Par temps froids le façonnage des armatures doit être arrêté
La surveillance du comportement de l’outil coffrant pendant le (température < − 5 ˚C) ou soumis à des précautions particulières
bétonnage relève de la responsabilité du coordinateur de coffrage (température comprise entre − 5 et + 5 ˚C). Une fois fabriquées, les
ou du chargé des ouvrages provisoires, suivant les types de chan- conditions de transport et de mise en place ne doivent pas engen-
tier (personnel appartenant à l’entreprise). Les tâches de ce dernier drer de déformation, souillures, altérations de surfaces ou rupture.
sont principalement les suivantes :
Les vérifications à effectuer avant bétonnage doivent comprendre :
– pour rappel, vérification du blocage des étais et de la stabilité
des sols d’appui ; – conformité des aciers constitutifs ;
– surveillance des flèches prises par les coffrages pour prévenir – conformité des pièces assemblées aux plans (forme et dimen-
tout risque de rupture ; sion, quantité d’éléments constitutifs) ;
– surveillance du respect des zones de travail (positions des – absence d’anomalies visuelles sur les parties dressées et les
camions de livraison, des pompes, ...) ; assemblages soudés ;
– vérification du respect des zones de stockage préalablement – rigidité de l’ensemble façonné ;
définies ; – calage dans le coffrage avec respect des enrobages prévus.
– maintien des dispositifs de sécurité pour le personnel d’exécu-
tion (passerelles, garde-corps, échelles, ventilation, éclairage, ...).
2.2 Enrobage minimal des armatures
Par ailleurs, l’entrepreneur doit veiller à l’homogénéité du béton
livré et à la régularité du bétonnage. Un enrobage minimal des aciers doit être assuré pour garantir la
■ Après le bétonnage, les risques sont en moins grand nombre, transmission des forces d’adhérence, la protection de l’acier contre
mais tout aussi redoutables : la corrosion, et la résistance convenable au feu. L’enrobage est
– démontage prématuré des étais ; mesuré par l’écart existant entre la surface de l’armature la plus
– stabilité des banches non assurée après décoffrage ; proche de la surface du béton et cette dernière [eurocode 2 -
– chute de panneaux de coffrages mal arrimés. norme NF EN 1992-1-1].

2.2.1 Cas de la fabrication sur site


2. Armatures dans le béton L’enrobage nominal est défini par l’enrobage minimal (Cmin),
augmenté des tolérances d’exécution (ΔCdev) :
La réalisation de structure en béton armé est justifiée par la
Cnom = Cmin + ΔCdev
nécessité de :
– reprendre les efforts de traction non supportables par le béton L’enrobage minimal Cmin est précisé par l’eurocode 2 comme la
seul ; valeur maximale d’un des trois paramètres suivants :
– limiter la fissuration ; – 10 mm ;
– assurer la liaison entre parties d’ouvrage ; – ou l’enrobage minimal Cmin,b vis-à-vis des exigences
– garantir une certaine sécurité. d’adhérence ;
Assurer ces fonctions à l’ouvrage neuf implique naturellement – ou l’enrobage déterminé par la quantité Cmin,dur + ΔCdur,y −
de les conserver pendant la durée de vie de l’ouvrage. Il convient ΔCdur,st − ΔCdur,add,
donc de prévoir, dès la conception, les conditions de protection de avec Cmin,b fixé par l’eurocode 2 (NF EN 1992-1-1- et NF EN 1992-1-
ces armatures noyées dans le béton. Les principaux risques d’alté- 1/NA) comme égal au diamètre de la barre pour une armature
ration de ces fonctions peuvent provenir du béton lui-même, ou de individuelle et au diamètre équivalent Φn pour un paquet avec :
son environnement :
– des réactions alcalis granulats (dues aux constituants du béton) ; Φn = Φnb1/ 2 艋 55 mm

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avec Cmin,dur enrobage minimal vis-à-vis des conditions Dans le cas de précontrainte, le tableau précédent est sensible-
d’exposition (norme NF EN 206-1 paragraphe 4), ment plus contraignant (tableau 19).
ΔCdur,y marge de sécurité propre à chaque pays, Pour les classes d’exposition XF, l’enrobage est déterminé par
ΔCdur,st réduction d’enrobage minimal dans le cas d’acier référence à une classe XC, ou XD si les dispositions propres au
inoxydable, béton pour ces classes XF sont respectées. La norme NF EN 1992-
1-1/NA fixe les règles de correspondance (tableau 20).
ΔCdur,add réduction d’enrobage minimal, si application
d’un revêtement de protection. Les recommandations de modifications de classe structurale pré-
vues par la norme précédente sont récapitulées dans le tableau 21.
Pour les bâtiments et ouvrages courants en béton armé, l’enro-
bage minimal Cmin,dur, requis vis-à-vis de la durabilité, est déte- Pour les tolérances d’exécution, la norme NF EN 1992-1-1 fixe
rminé en fonction des classes d’exposition de la norme NF EN 206-1 des plages recommandées pour le paramètre ΔCdev, récapitulées
et des classes structurales suivant les prescriptions du tableau 18. dans le tableau 22.

Tableau 18 – Valeurs de Cmin,dur pour béton armé en fonction des classes structurales
et des classes d’expositions
Classes Classes d’exposition suivant NF EN 206-1
structurales X0 XC1 XC2/XC3 XC4 XD1/XD2 XD3/XS2 XD3/XS3
S1 10 10 10 15 20 25 30
S2 10 10 15 20 25 30 35
S3 10 10 20 25 30 35 40
S4* 10 15 25 30 35 40 45
S5 15 20 30 35 40 45 50
S6 20 25 35 40 45 50 55
* La classe structurale à retenir pour les bâtiments et ouvrages de génie civil courants (durée de service de 50 ans) est S4.

Tableau 19 – Valeurs de Cmin,dur pour béton précontraint en fonction des classes structurales
et des classes d’expositions
Classes Classes d’exposition suivant NF EN 206-1
structurales X0 XC1 XC2/XC3 XC4 XD1/XXS1 XD3/XS2 XD3/XS3
S1 10 15 20 25 30 35 40
S2 10 15 25 30 35 40 45
S3 10 20 30 35 40 45 50
S4* 10 25 35 40 45 50 55
S5 15 30 40 45 50 55 60
S6 20 35 45 50 55 60 65

Tableau 20 – Classes de référence à retenir pour les classes XF en fonction du type de salage
(hors produits industriels du béton)
Classes d’exposition
Type de salage
XF1 XF2 XF3 XF4
Peu fréquent XC4 Sans objet XC4 (sans air entraîné) Sans objet
XD1 (avec air entraîné)
Fréquent Sans objet XD1 Sans objet XD2
XD3 pour éléments très XD3 pour éléments très
exposés exposés
Très fréquent Sans objet XD3

Tableau 21 – Modulation de la classe structurale recommandée


Classes d’exposition suivant NF EN 206-1
Classes structurales XD1/XS1/ XD2/XS2/ XD3/XS3/
X0 XC1 XC2/XC3 XC4
XA1 XA2 XA3

Durée de 100 ans Majoration de deux classes structurales


service 艋 25 ans Minoration d’une classe structurale

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Tableau 21 – Modulation de la classe structurale recommandée (suite)


Classes d’exposition suivant NF EN 206-1
Classes structurales XD1/XS1/ XD2/XS2/ XD3/XS3/
X0 XC1 XC2/XC3 XC4
XA1 XA2 XA3
艌 C 30 / 37 艌 C 30 / 37 艌 C 35 / 45 艌 C 40 / 50 艌 C 45 / 55
et < C50/60 et < C55/67 et < C60/75 et < C60/75 et < C70/85

Classe de béton Minoration d’une classe structurale


> C50/60 > C55/67 > C60/75 > C70/85
Minoration de deux classes structurales
Avec béton
Emploi de ciment CEM I, Avec béton C35/45
C40/50
sans cendres volantes
Minoration d’une classe structurale
Enrobage compact Minoration possible d’une classe structurale

Tableau 22 – Recommandations pour fixer la marge due aux tolérances d’exécution


ΔCdev
Conditions de surveillance de chantier
Minimal Maximal
Système d’assurance qualité sur l’enrobage avant coulage 5 mm
Si possibilité de mesure précise avec rejet des non-conformités (préfabrication par exemple) 10 mm
0 mm
Système d’assurance qualité complet, de la conception à l’exécution

2.2.2 Cas de la préfabrication en usine bage minimal – en harmonie avec les prescriptions de la norme
NF EN 206-1 – sont détaillées pour des conditions courantes, d’une
La norme NF EN 13369 Compil précise l’enrobage minimal des part (tableaux 23 et 24), et pour des conditions alternatives,
armatures en acier vis-à-vis de la protection contre la corrosion d’autre part (tableau 25).
dans les produits préfabriqués en béton. Les spécifications d’enro-

Tableau 23 – Classes de référence à retenir pour les classes XF en fonction


du type de salage (hors produits industriels du béton)
Classes d’exposition
Type de salage
XF1 XF2 XF3 XF4
Peu fréquent XC3 Sans objet XC2 Sans objet
Fréquent Sans objet XD1 Sans objet XD1
XD3 pour éléments très XD3 pour éléments très
exposés exposés
Très fréquent Sans objet XD3

Tableau 24 – Enrobage minimal pour produits industriels du béton


en conditions courantes (mm)
Armatures
Autres armatures
Classe Classes Armatures de béton Autres armatures de précontrainte
de précontrainte
de béton de d’exposition armé dans les dalles de béton armé par pré-tension
par pré-tension
référence C0 NF EN 206-1 dans les dalles
艌 C0 < C0 艌 C0 < C0 艌 C0 < C0 艌 C0 < C0
C30/37 X0 10
XC1 10 15 20
C35/45 XC2/XC3 10 15 20 25 30
C40/50 XC4 15 20 25 30 35
XD1/XS1 20 25 30 35 40
XD2/XS2 25 30 35 40 45
C45/55 XD3/XS3 30 35 40 45 50

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Tableau 25 – Enrobage minimal pour produits industriels du béton


avec conditions alternatives (mm)

Conditions Classes d’exposition NF EN 206-1


Armatures
alternatives X0 XC1 XC2/XC3 XC4 XD1/XS1 XD2/XS2 XD3/XS3
Cas 1 15 20 25
De béton armé dans les dalles 10
Cas 2 10 15 20
10
Cas 1 15 20 25 30
Autres cas de béton armé 10
Cas 2 10 15 20 25
10
De précontrainte par pré-tension Cas 1 15 20 25 30 35
dans les dalles Cas 2 10 15 20 25 30

Autres armatures de précontrainte Cas 1 15 20 25 30 35 40


par pré-tension Cas 2 10 15 20 25 30 35
Conditions alternatives de cas 1 Conditions alternatives de cas 2

• Emploi d’aciers auto-résistants


Emploi de béton C50/60 avec une absorption d’eau
• Protection anti-corrosion des aciers
<4%
• Emploi de béton C40/50 avec une absorption d’eau < 5 %

Tableau 26 – Facteurs sensibles aggravant la carbonatation du béton


Origines Facteurs

Béton Matériau • Nature inadaptée du ciment


• Dosage insuffisant en ciment (figure 11)
• Excès d’air entraîné
• Porosité du béton
Structure • Manque de compacité dû à un défaut de serrage dans la zone d’enrobage
• Défauts de texture superficielle : nids de cailloux, huilage excessif, tassure
• Ressuage sur dalle ou semelle avec ouvertures de fissures
• Défaut d’épaisseur d’enrobage
• Fissuration importante

Milieu ambiant Conditions naturelles • Humidité de l’air


• Températures élevées

Conditions environnementales • Atmosphères industrielles


• Gaz d’échappement provoquant l’acidification des pluies

■ Conditions courantes
Les conditions dites « dans les dalles » sont à utiliser
Fissure due au ressuage lorsqu’une seule face du produit industriel est exposée aux
agents externes.
Zone carbonatée
■ Conditions alternatives
Aciers non passivés
Comme pour les ouvrages coulés sur site, certaines conditions
alternatives sont envisageables pour les produits préfabriqués en
usine.

Nids de
cailloux 2.3 Prévention des risques liés
Zone non à la carbonatation
carbonatée
À titre de rappel, la chaux libérée par les silicates de calcium du
Aciers passivés
ciment apporte une basicité suffisante pour protéger les armatures
en acier présentes dans le béton. La pénétration de gaz carbonique
dans la matrice cimentaire va engendrer une carbonatation qui
aura pour effet de faire chuter la basicité du milieu (évolution du
Figure 10 – Influence de la carbonatation sur la dépassivation pH voisin de 12-13 vers un pH de 9) insuffisante pour assurer la
des armatures passivation des armatures en acier (figure 10).

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Tableau 27 – Teneurs maximales tolérées dans le béton armé (NF EN 206-1 NA)
Teneurs maximales en Cl−
Armatures dans le béton
Classe Valeurs (%)
Armatures en acier de béton armé et pièces métalliques noyées avec emploi de ciment CEM III Cl 0,65 0,65
Armatures en acier de béton armé et pièces métalliques noyées Cl 0,40 0,4
Armatures de précontrainte en acier Cl 0,20 0,2

de chlorures (tableau 27) apportés par les constituants du béton.


Profondeur de carbonatation (cm)

3
Ces teneurs maximales spécifiées sont rapportées à la masse de
liant équivalent. La teneur en chlorure d’un béton est calculée à par-
tir des teneurs maximales en chlorures de tous les constituants.
2 La prévention contre la migration des chlorures apportés par
l’exposition passe par la limitation maximale de la porosité dans la
couche d’enrobage superficielle, donc par un bon choix :
– de la teneur en eau du béton, avec interdiction de tout ajout
1 d’eau après fabrication ;
5 ans – de moyens de coulage suffisants pour assurer de le remplis-
1 an sage correct des moules ;
3 mois – d’un programme de vibration évitant des sites insuffisamment
0 serrés, aussi bien en surface, que dans la masse, comprenant les
260 300 340 400 500 implantation des vibrateurs externes et/ou des aiguilles vibrantes
Dosage en ciment (kg/m3) (site et altitude), et des temps de vibration pour chaque poste.

Figure 11 – Influence moyenne du dosage ciment sur l’évolution En cas de difficulté pour obtenir une surface compacte, il
de la profondeur de carbonatation convient d’avoir recours à l’application d’un produit superficiel
de protection. Mais le recours à cette solution ultime
nécessitera un entretien permanent de la couche protectrice.

2.5 Intervalle d’écoulement des bétons


auto-plaçants
Intervalle d’écoulement

espace minimal

Pour que le béton auto-plaçant remplisse correctement le moule,


il faut lui assurer la libre circulation de tous ses composants sur
tous les sites.
=

Les passages les plus concernés sont les zones superficielles


d’enrobage et entre les différentes armatures ou inserts. L’inter-
valle d’écoulement est défini comme le passage le plus étroit entre
ces obstacles. Cet intervalle d’écoulement est utilisé dans la
classification des bétons auto-plaçants (figure 12).

2.6 Précautions avant bétonnage


Béton
Avant bétonnage, les armatures ne doivent avoir, ni plaques de
Coffrage rouille, ni calamine non adhérentes, ni souillures de graisse, de
terre ou de boue. Elles doivent être fixées entre elles, et calées par
Armatures en acier rapport aux peaux coffrantes, de façon telle qu’elles restent immo-
biles pendant le coulage et la vibration. L’épaisseur minimale
Figure 12 – Définition de l’intervalle minimal d’écoulement
d’enrobage est scrupuleusement maintenue et, notamment, dans
L’air étant vecteur de ce gaz carbonique, cette carbonatation le cas éventuel d’engravures. Si attentes longues, il est recom-
mandé de protéger les armatures en attente contre les intempéries
décroît normalement en s’enfonçant dans le béton, et ce d’autant
pour éviter leur oxydation ou souillure.
que la pénétration du gaz carbonique se trouve elle-même freinée
par la formation des composés carbonatés. Une autre façon de La nature des cales et leur positionnement doivent rester com-
limiter cette pénétration consiste à travailler avec des bétons com- patibles avec le bon comportement de l’ouvrage (DTU 21 – norme
pacts en surface et, pour ce faire, de privilégier des enrobages plus NF P18-201), notamment vis-à-vis de la corrosion des armatures et
importants. Si la progression du front de carbonatation est influen- de la protection anti-feu. Leur calibre assure directement l’épais-
cée par le béton, elle l’est également par le milieu ambiant. Les seur d’enrobage requise et tout empilement de cales reste proscrit.
principaux facteurs sont ceux du tableau 26 et figure 11. Plusieurs solutions peuvent être retenues pour éviter les accidents
dus aux armatures en attente :
– modification de la nature ou de la forme des armatures ;
2.4 Prévention contre l’action – ceinturage des attentes en partie supérieure par un cadre fixé ;
des chlorures – rehaussement du niveau de recouvrement des armatures
verticales ;
Les chlorures présents dans le béton, ou migrant par capillarité à – mise en place des panneaux d’armatures dont l’acier de
l’intérieur de la structure en béton, attaquent par phénomène elec- répartition est proche des extrémités en attente ;
trochimique la couche passive des armatures en acier et provoquent – isolation des postes de travail et de circulations dans ces zones
ainsi leur corrosion. La norme NF EN 206-1 fixe les taux maximaux dangereuses.

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