Béton Hydraulique - Mise en Œuvre: Coffrage Et Protection Des Armatures
Béton Hydraulique - Mise en Œuvre: Coffrage Et Protection Des Armatures
DOCUMENTATION
08/10/2008
ette seconde partie des techniques liées à la mise en œuvre des bétons
C hydrauliques recense les points essentiels à traiter en matière de choix,
de conception et d’utilisation des coffrages d’une part, et les précautions à
prendre pour assurer une bonne durabilité aux armatures employées dans le
matériau béton armé, d’autre part.
Elle fait suite au dossier [C 2 227] et sera, à son tour, prolongée par les dos-
siers [C 2 229], [C 2 230v2] et [C 2 231].
5 - 2008
C 2 228
Garde-corps
Trappe d’accès
Plate-forme de bétonnage
Étai de réglage
contre-flèche
Face coffrante
Le recours aux coffrages grimpants nécessite sur chantier bakélisé ou non) est fixée sur des traverses, elles-mêmes fixées sur
une organisation générale complète, notamment au niveau de des poutrelles supportées par des étais à tête escamotable ainsi que
la mise en place, du calage des armatures, des réservations, par des trépieds ;
du coulage et de la vibration des bétons. – les panneaux modulaires de dimensions faibles et identiques
(cadres métalliques encadrant une plaque de contreplaqué baké-
Les parois d’épaisseurs inférieures à 15 cm sont à proscrire lisé) sont glissés sur des poutrelles reposant sur des étais munis
dans ce type de mise en œuvre. de tête de décoffrage rapide ;
– les tables (échafaudage roulant et télescopique de surface
variant entre 10 et 30 m2), constituées par une série de longerons
fixés sur deux poutres à treillis.
Barre d'appui
Chevalet ■ Les machines à coffrage glissant horizontalement comportent
un bâti supporté par un train de chenilles par l’intermédiaire de
vérins hydrauliques. Les machines utilisées sont très variables
Étrier Vérin « étoile » puisque leur masse varie entre 2 et 20 t et leur puissance entre 35
et 200 ch. Les machines, guidées par des palpeurs, peuvent couler
Plate-forme
de travail le béton en déporté à gauche ou à droite, et plusieurs types de
machines peuvent être utilisées [12] :
– les vibro-finisseurs, munis de trois poutres vibrantes et se
déplaçant sur des rails servant de coffrage latéral. La largeur de
travail peut varier entre 1 et 6,5 m ;
Poutraison – les finisseurs adaptés, engins automoteurs sur roues ou sur
Console de
couronnement Coffrage chenilles, très proches de ceux utilisés pour les bétons
Châssis Fourreau bitumineux ;
– les machines pour l’exécution des chaussées en grande
largeur (7,5 m).
Ces machines possèdent deux fonctions et deux dispositifs
particuliers ayant une influence primordiale sur l’uni de la dalle :
– la fonction répartition du béton, pour éviter les manques
locaux de béton et exercer une pression uniforme sur le béton ;
– la fonction moulage de la dalle, avec dispositifs de réglage, de
lissage et de vibration ;
– les dispositifs pour l’assise de la machine avec chenilles
motrices et vérins stabilisateurs ;
– le guidage permettant, selon l’état des chemins de roulement,
la réalisation des profils théoriques, matérialisés par la couche
sous-jacente si la machine travaille à vérins calés, ou par des fils
Galerie tendus si la machine travaille avec des palpeurs.
suspendue Béton
– les actions variables Q, prenant en compte la pression exercée production foraine et de raccourcir les délais globaux de construc-
par le béton frais lors des déversements localisés et les charges tion. Tous les composants du gros-œuvre en bâtiment peuvent
courantes de chantier estimées généralement comme suit : être produits :
• 500 kg/m2 sur une surface de 9 m2 disposée de la manière la – murs de refends et de façades des bâtiments ;
plus défavorable, – poutres précontraintes de grande portée ;
– poutrelles, longrines, hourdis, planchers, prédalles ;
• 75 kg/m2 sur le reste de la surface horizontale à bétonner. – escaliers, balcons, acrotères ;
Les sollicitations de calcul à considérer sont les suivantes, vis-à- – autres composants plus élémentaires, tels que les parpaings,
vis des états limites ultimes : les tuiles...
de résistance : 1,35 G + 1,5 Q ; Les coffrages pour préfabrication sont conçus comme des coffra-
de service : G + Q. ges spéciaux et offrent les possibilités courantes de vibration externe,
traitement thermique, ... . Ils se présentent sous différentes formes :
Pour ces éléments coffrants, la fissuration doit être considérée :
– bancs de poutres ou de dalles ;
– peu préjudiciable si le milieu est peu agressif (en exposition
– tables relevables (fixes ou mobiles) ;
non agressive) ;
– batteries pour murs et cloisons ;
– préjudiciable en milieu moyennement agressif (sous des con-
– moules particuliers (escaliers, corniches, éléments décoratifs) ;
densations fréquentes) ;
– ateliers automatiques de moulage, souvent à démoulage ins-
– très préjudiciable en milieu fortement agressif (zones tantané (pavés, caniveaux, bordures...).
d’embruns avec sels).
Dans chacun de ces cas, des prescriptions particulières sont
appliquées en matière d’enrobage des armatures par le béton 1.4 Choix des composants
(tableau 2) : et des matériaux
Pour éviter toute fuite de laitance au moment du bétonnage du Dans la conception d’un outil coffrant, les choix portant sur la
hourdis, des produits de calfeutrement ou de pontage sont mis en structure coffrante, la peau coffrante, les divers composants
œuvre au droit des joints. De plus, la partie de l’élément coffrant (inserts, entretoises, ...), les dispositifs d’étanchéité des joints, et
appuyée sur la poutre doit être armée, ainsi que la partie de la pou- les démoulants, ont une importance technique et économique pri-
tre servant d’appui. Des armatures de liaison sont utilisées entre mordiale pour le chantier.
l’élément coffrant et le béton de hourdis pour éviter toute chute de
tout ou partie de cet élément coffrant en cas de dégradations.
1.4.1 Structure coffrante
Si la structure coffrante assure, en premier lieu, la rigidité de l’outil
1.3.4 Coffrages spéciaux
coffrant et sa stabilité, elle est également conçue pour permettre :
La construction des ouvrages à éléments répétitifs (voussoirs, – l’accès et le travail des équipes avec toute la sécurité requise ;
tuyaux, ...) nécessite le recours à des coffrages spécifiques justifiés – le décoffrage le plus facile possible ;
par des études de conception. Les démarches du bureau d’études – le transport et le stockage ;
associé à l’atelier de montage prennent en compte les éléments – l’application de vibration externe si elle est prévue ;
suivants : – les traitements thermiques (actifs ou passifs) envisagés pen-
– la forme des pièces à mouler et les problèmes de dépouilles ; dant le chantier.
– le poids du coffrage ou de l’équipage supportant le coffrage ;
– les dispositifs de préhension, de manutention, de déplacement 1.4.2 Peau coffrante
et d’accessibilité peur la préparation ; Si la peau coffrante est un des facteurs influents sur les
– les conditions d’emploi (fenêtres d’accès, position des vibra- homogénéités de teinte et de texture des bétons, elle constitue un
teurs externes, arrêts et reprises de bétonnage, décoffrage et facteur maîtrisable et son choix est fonction :
décintrement) ; – de la qualité requise pour le parement (texture, teinte et forme) ;
– le nombre et les conditions de remplois ; – du nombre d’emplois prévus ;
– le choix de la peau coffrante ; – des traitements éventuels du béton (traitement thermique) ;
– la protection thermique éventuelle ; – des traitements ultérieurs du parement (désactivation, polis-
– les dispositifs éventuels de traitement thermique actif, ou de sage, peinture, ...) ;
refroidissement ; – des possibilités de sa fixation sur la structure coffrante.
– les équipements de sécurité des personnels (accès, passerelles Vis-à-vis des compatibilités pouvant apparaître entre le nombre
de travail, garde-corps, isolation électrique, éclairage, ventilation, ...) ; prévu de remplois et les techniques utilisables, la solution sera
– l’étanchéité du coffrage fermé ; recherchée dans les conditions de renouvellement des peaux cof-
– les dispositifs permettant l’emploi des inserts. frantes, et inscrite au programme de coffrage.
■ Peaux courantes
1.3.5 Coffrage de préfabrication
Si les conditions d’utilisation et d’entretien restent normales
Outre la production de séries de composants identiques en après chaque bétonnage, les taux de remplois des peaux couran-
béton, la préfabrication permet de soulager les plannings de la tes sont indiqués par le tableau 3.
Le principe de la double peau coffrante est utilisé pour homogé- réintègre à ce niveau la peau du béton lui conférant une perméabi-
néiser la teinte des parements en béton. Il consiste principalement à lité dommageable à la durabilité ;
ajouter sur une paroi coffrante une feuille de contre-plaqué mince (5
– le réemploi des membranes drainantes provoque une diminu-
à 10 mm). Cette feuille, seulement fixée à la périphérie, permet
tion très rapide des capacités drainantes, du fait de l’encrassement
d’atténuer les excès locaux inévitables de la vibration et leurs consé-
par la laitance de ciment ;
quences néfastes (variations de teinte, pommelages, taches noires).
– la conservation de la nappe drainante, lors des opérations de
Dans le cas de murs dont une face est enterrée, l’application de la décoffrage, reste une opération délicate.
double peau, côté parement, peut être utilement complétée par l’inter-
position d’une feuille d’amortissement de vibration (feuille mince de Ces derniers problèmes imposent le renouvellement de la mem-
polystyrène, par exemple) sur le coffrage côté partie enterrée. brane à chaque emploi.
■ Peau drainante
1.4.3 Composants
Pour éviter le bullage de surface des parements lisses en béton,
notamment sur les plans inclinés, les coffrages sont revêtus par ■ Les étais sont assemblés en respectant les prescriptions des
une peau drainante qui absorbera l’excès d’eau arrivant à l’inter- fabricants et du concepteur des coffrages, et le monteur doit veiller
face béton-coffrage sous l’influence de la vibration (figure 4). notamment aux points suivants :
La peau drainante est constituée, soit par un textile à double tis- – ne pas employer simultanément des matériaux de modules
sage de fibres polyester et polypropylène [16], soit par un d’élasticité différents ;
géotextile non tissé en fibres de polypropylène, soit par des – l’emploi de matériaux métalliques différents risque d’engen-
systèmes plus épais en aiguilleté recouvert d’un tissage côté béton. drer une corrosion d’origine électrolytique ;
Les résultats sont probants avec l’emploi de ces coffrages drai- – dans le cas d’emploi d’éléments corrodés, les contraintes
nants, puisque tout bullage de surface disparaît, mais plusieurs admissibles seront affectées d’un coefficient de réduction défini
problèmes restent mal résolus : dans le tableau 4 ;
– l’eau drainée migre par gravité en partie basse du coffrage et, – l’emploi des tubes gauchis ou incomplets (platines d’appui en
sous l’effet de la pression, l’eau contenue dans la membrane mauvais état ou absentes) est interdit.
■ Les serre-joints ne doivent pas être employés pour des poussées – anti-abrasion (pour éviter l’adhérence à la peau coffrante).
de béton frais supérieures à 50 kPa. Les démoulants sont répartis en 4 catégories :
■ Les entretoises étant des pièces travaillant en traction, toutes les – les produits à base d’hydrocarbures ;
soudures doivent être plus résistantes que les pièces reliées. Les – les produits avec solvants de synthèse ;
coefficients de sécurité correspondants sont − 2,5 pour l’acier – les produits biodégradables ;
doux, et 1,5 pour l’acier dur. – les émulsions en phase aqueuse (variante des trois catégories
précédentes).
1.4.4 Dispositifs d’étanchéité des joints
Dans le cas de séparation immédiate entre le béton et la peau
Pour éviter toute perte de béton ou de laitance lors des bétonna- coffrante, le démoulant est préférentiellement un liquide peu vis-
ges, il est recommandé d’utiliser des coffrages étanches. Cette queux à base de tensioactif spécifique.
étanchéité peut être obtenue par différents dispositifs relativement
spécifiques à la nature des peaux coffrantes (tableau 5) : Dans le cas de séparation différée, et si le béton n’est pas étuvé
L’emploi d’un couvre-joint rigide peut apporter une sécurité ou ne subit qu’un étuvage à moins de 60 ˚C (en surface), le
complémentaire si les conditions suivantes sont satisfaites : démoulant doit être :
– le motif en creux créé par ce couvre-joint est esthétiquement – exempt de solvant pour les peaux coffrantes en composite ;
acceptable ; – plus visqueux et adhérent pour les bétonnages en grandes
– le couvre-joint est parfaitement plaqué aux surfaces coffrantes hauteurs ;
pour éviter toute pénétration d’éléments fins ; – riche en éléments gras pour bétonnage par temps froid.
– la forme du couvre-joint ne doit pas créer d’épaufrures lors du Si le béton subit un étuvage à plus de 60 ˚C (en surface), le
décoffrage. démoulant sera moins chargé en éléments gras (dopes), mais plus
visqueux pour un étuvage à haute température.
1.4.5 Démoulants
Le choix du démoulant est établi en fonction des peaux coffran-
Les démoulants sont des produits d’interposition pour faciliter la tes (tableau 6).
séparation entre le béton et la peau coffrante. Les principaux élé-
ments constituant les agents de démoulage sont les suivants : Les excès de produits sur les peaux coffrantes sont néfastes
– séparation proprement dite (paraffines, cires liquides ou en pâtes, et doivent être essuyés. Lorsque le démoulant est pulvérisa-
corps gras acides ou esters et tensioactifs) ; ble, il est conseillé d’employer un pulvérisateur muni d’une
– protecteurs des peaux coffrantes (antirouille, anticorrosion) ; buse avec filtre pour les impuretés.
f (cm) 艎
f=
Béton à couler Béton à couler 300
en première phase en seconde phase
12
10
3
8
2
6
Appuis
sur cintres 4 艎
f= +2
2 000
2
1
Figure 6 – Phases de bétonnage sur ouvrage à plusieurs travées
0
Pour un ouvrage nécessitant un cintre à plusieurs travées, il est 0 103 2 · 103 3 · 103 艎 (cm)
indispensable, dans l’impossibilité de retarder le béton, de procé-
der à un phasage du bétonnage pour éviter que la fissuration se
développe dans les zones des appuis (figure 6). Le Setra précise
les limites admissibles de la déformation des ouvrages provisoires
sous le poids du béton frais [19] : Figure 7 – Admissibilité des flèches des cintres en fonction
– les étaiements ne doivent pas subir de déplacement supérieur de leur portée
à 2 cm pendant la durée de bétonnage et de maintien sur cintre ;
– la flèche limite du cintre, sous le poids du béton frais et des – le poids total des coffrages et des étais est appliqué en tête des
charges de services liées à sa mise en œuvre, est admissible si elle étais ;
reste inférieure à : – le poids total du ré-étaiement est appliqué en tête de celui-ci ;
– les étais et ré-étaiements sont infiniment rigides par rapport aux
ᐉ dalles ;
f < +2
2 000 – les charges de service sont retirées avant tout décoffrage ;
– les charges maximales sur les dalles prennent en compte :
avec f et ᐉ exprimés en centimètres. • la masse propre du béton P ;
L’admissibilité de cette flèche limite peut être appréciée sur la • la masse des coffrages et étais 0,1 P ;
ᐉ ᐉ • la masse propre des étais de reprise 6,05 P ;
figure 7 où les droites d’équation f = + 2 et f =
partagent le secteur en trois zones : 2 000 300 • les charges de service 0,5 P.
– zone 1, les flèches sont admissibles sans précautions Les charges reprises par les dalles successives doivent être com-
particulières ; parées aux caractéristiques du béton des dalles, aux instants res-
– zone 2, les flèches sont admissibles dans la mesure où des pectifs des reprises de charges, avec prise en compte du planning
vérifications sont effectuées et des précautions particulières sont à des bétonnages et des cadences de retrait des étais.
respecter (par exemple, phasage de bétonnage approprié ou
limitation de la traction du béton) ;
1.5.8 Prévention des risques liés à la conception
– zone 3, les flèches ne sont pas admissibles.
La sécurité sur chantier est primordiale aux niveaux du montage
et de l’emploi des coffrages et repose sur [23] :
1.5.7 Charges sur planchers
– le respect des règlements nationaux et locaux ;
Pour les bâtiments, les cadences de bétonnage restent élevées – la garantie de la sécurité des personnels travaillant sur le
et le dernier béton coulé n’atteint pas la résistance pour supporter chantier ;
une nouvelle dalle avec ses charges. Les dalles restent alors – l’assurance de la sécurité du public susceptible de passer, ou
étayées pendant plusieurs semaines. Avant que la structure com- de séjourner, sur le site ou à proximité des travaux ;
mence à reprendre une partie de son poids propre, les étais infé- – la garantie de stabilité des ouvrages provisoires.
rieurs supportent la totalité des étages bétonnés avant leur retrait.
Si les accidents de coffrages relèvent souvent d’erreurs de cons-
Le calcul prend en compte la totalité du béton, des coffrages et truction ou de défauts de surveillance sur chantier, ils peuvent
des charges de service existant avant cette échéance. Aucune aussi impliquer la conception du chantier :
réduction dans les charges n’est admise quand on replace des – mauvaise prise en compte de la poussée du béton frais ;
étais, mais une telle opération provoque toujours un – appréciation erronée des reprises de charges sur les étages
accroissement de la charge sur le plancher qui reçoit les étais. sous-jacents ;
L’exemple (tableau 10) donne l’analyse simplifiée des charges sur – non-prises en compte des composantes de force non verticale
les étais et sur les dalles d’une structure à 4 étages construite avec et de la composante verticale vers le haut des coffrages en
les hypothèses suivantes [20] : surplomb ;
– une dalle est bétonnée en mobilisant, au plus, 3 niveaux consécu- – non-reprise des efforts aux extrémités des structures ;
tifs par des étais ; – ignorance des consignes d’emploi données par le fabricant ;
– lorsque les étais du niveau le plus bas sont retirés, les charges – non-prise en compte du développement d’efforts
qu’ils reprenaient sont réparties sur les niveaux supérieurs, y compris dissymétriques ;
le dernier niveau coulé ; – définition incorrecte des points de transmission des forces.
Tableau 10 – Exemple d’analyse simplifiée des charges sur étais et sur dalles
en cours de construction d’une structure à 4 étages (d’après [20])
Charges reprises par les étais (E) et les dalles (D)
Opérations (en multiple de P, masse propre du béton) Aides au calcul des charges
constructives
E1 D1 E2 D2 E3 D3 E4 D4
• La dalle étant étayée, elle ne reprend
1 Bétonnage de la dalle 1 1,6 0 aucune charge, la charge totale est reprise
par les étais.
• Les dalles étant étayées, elles ne repren-
nent aucune charge.
2 Bétonnage de la dalle 2 2,7 0 1,6 0 • La charge totale est reprise par les deux
niveaux d’étais : les charges de service
s’appliquent au niveau 2 des étais.
Retrait des charges
3 2,2 0 1,1 0 • Ce retrait soulage les étais.
de service
• Les charges sont reprises par les dalles 1
et 2.
Décoffrage et retrait • Le retrait du coffrage et des étais est à
4 0 1,05 0,05 1,05
de l’étai 1 déduire de ces charges.
• Chaque étai reprend la charge non reprise
par la dalle supérieure.
5 Ré-étaiement niveau 1 0,05 1,05 0,05 1,05 • Le ré-étaiement supporte son propre poids.
• Les dalles 1 et 2 ne peuvent plus fléchir.
6 Bétonnage de la dalle 3 1,65 1,05 1,65 1,05 1,6 0 • La nouvelle charge est reprise par les
3 niveaux d’étais.
Retrait des charges de
7 1,15 1,05 1,15 1,05 1,1 0 • Ce retrait soulage les étais.
service
• La charge, que reprenait le ré-étaiement
diminuée du poids de ce ré-étaiement, est
Retrait du ré-étaiement
8 0 1,41 0,41 1,42 0,73 0,37 reprise équitablement par les trois dalles.
niveau 1
• Chaque étai reprend la charge non reprise
par la dalle supérieure.
• La charge reprise par la dalle 1, diminuée
du poids de cette dalle et du poids du cof-
Décoffrage et retrait frage et des étais, est reprise équitablement
9 0 1 0 1,58 0,58 0,52
de l’étai 2 par les dalles 2 et 3.
• Chaque étai reprend la charge non reprise
par la dalle supérieurs.
10 Ré-étaiement niveau 2 0 1,05 0,1 1,58 0,58 0,52 • Ce ré-étaiement supporte son propre poids.
• Les dalles 1, 2 et 3 reprennent équitable-
ment la nouvelle charge.
11 Bétonnage de la dalle 4 0 1,59 0,59 2,11 1,65 1,05 1,6 0
• Chaque étai reprend la charge non reprise
par la dalle supérieure.
Retrait des charges de • La décharge de ce retrait est répartie
12 0 1,42 0,42 1,94 1,31 0,89 1,1 0
service équitablement sur les étais 2, 3 et 4.
• La charge reprise par la dalle 1, diminuée
du poids de cette dalle et du ré-étaiement, est
Retrait du ré-étaiement
13 0 1 0 2,07 1,07 1,01 0,98 0,12 reprise équitablement par les autres dalles.
niveau 2
• Chaque étai reprend la change non reprise
par la dalle supérieure.
• La charge reprise par la dalle 2, diminuée
du poids de cette dalle et de l’étai 3, est
Décoffrage et retrait
14 0 1 0 1 0,10 1,50 0,50 0,60 reprise équitablement par les dalles 3 et 4.
de l’étai 3
• Chaque étai reprend la charge non reprise
par la dalle supérieure.
Décoffrage et retrait • Les dalles 3 et 4 prennent la charge de leur
15 0 1 0 1 0 1 0 1
de l’étai 4 propre poids.
Décoffrage Entrepreneur
1.6 Préparation, emploi et entretien de travail : une surpopulation dans un espace de travail, ou sur un
passage commun, abaisse le rendement.
des coffrages
Ainsi, pour une tâche dont l’exécution nécessite un nombre
d’heures donné, le programmateur a le choix entre :
1.6.1 Rôle des intervenants sur chantier – fixer la durée du poste et calculer le nombre d’ouvriers ;
– ou fixer le nombre d’ouvriers et déduire la durée du poste.
Pendant l’exécution des travaux, la responsabilité de l’entrepre-
neur est totale vis-à-vis du maître d’ouvrage, tant en cas de dom- Ce choix est, bien entendu, fonction des types de chantier et
mages causés aux tiers, qu’en cas d’accident survenu sur peut évoluer suivant les conditions climatiques ou les phases du
l’ouvrage en construction. L’entrepreneur communiquera ses exi- chantier.
gences particulières à ses sous-traitants : le projeteur, le fabricant, Le programme comporte au minimum les phases courantes
le monteur et le contrôleur. Les rôles de chaque intervenant suivantes :
peuvent être répartis comme indiqué dans le tableau 11. – mise en place des coffrages ;
– mise en place des armatures ;
1.6.2 Programme de coffrage – fermeture des coffrages (verticaux) avec vérifications ;
– bétonnage ;
Les objectifs principaux d’un programme de coffrage, établi par – durcissement du béton ;
le directeur ou le chef de chantier, sont la bonne coordination des – décoffrage ;
opérations et l’optimisation des moyens de chantier (personnel, – démontage et remise en état des coffrages.
matériel). Le programme débouche sur des méthodes de travail :
Ces opérations sont détaillées dans le plan assurance qualité qui
– respectant les stipulations du marché, les plans, les divers constitue, en fait, une garantie fournie par l’entrepreneur et ses
règlements et les délais imposés ; sous-traitants au maître d’œuvre [22] :
– prenant en compte les conditions d’environnement pendant – pour le maintien sur le chantier des moyens en personnels et
toute la durée du chantier (influence des variations climatiques sur en matériels ;
le durcissement du béton) ; – pour la bonne utilisation des matériaux annoncés, et des métho-
– optimisant l’investissement dans les coffrages et leurs des de construction et de vérification définies préalablement.
conditions de remplois ;
– assurant la continuité de débit des équipes.
1.6.3 Préparation des coffrages
Dans le cas de chantier où un cycle de construction peut être
établi, la coordination des opérations s’appuie naturellement sur la Le coffrage est généralement conçu et fabriqué en amont, puis
continuité des équipes, en adéquation avec les types de bétons, la livré sur chantier. Il doit alors être réceptionné par le monteur. Ce
nature des lots, et les conditions particulières de chantier. La taille dernier réceptionne tous les éléments constituant l’outil coffrant et
de chaque équipe est définie de façon à leur assurer une durée l’assemble in situ, en conformité avec les prescriptions du concep-
égale d’intervention. Ces équipes peuvent alors réaliser les mêmes teur et du fabricant. Après vérifications (stabilité, sécurité générale,
tâches en continu, optimisant par là le coût des opérations et la dimensions), il le remet à l’entrepreneur avec toutes les
sécurité. Elle prend également en compte l’accessibilité au poste prescriptions d’emploi et d’entretien.
[Link] Préparation de la peau coffrante – les conditions de fonctionnement de l’huile aux interfaces
La préparation des opérations de décoffrage commence bien prévues sur le charnier ;
avant les opérations de détonnage, car la première précaution – la maîtrise du mode d’application propre à l’huile, d’une part,
consiste à préparer la peau coffrante, c’est-à-dire la surface du et à la nature de la peau coffrante, d’autre part.
moule qui sera en contact direct avec le béton. Les vérifications Les fonctions générales demandées aux huiles de démoulage
préalables à effectuer, avant tout emploi de peau coffrante, sont sont de divers ordres :
chronologiquement les suivantes : – éviter tout phénomène d’adhérence entre le béton durci et la
– l’intégrité de la peau (pas de déchirure, ni de trous) ; peau coffrante ;
– si la peau est fixée sur la structure coffrante, cette fixation doit
– éviter toute altération superficielle de la peau du béton (tache
être générale sur toute la surface (bon collage et bonne tension) ;
– la propreté de la peau, avant application de produits ou souillure) ;
démoulants (pas de restes de laitance de béton, ni de traces – préserver l’intégrité des peaux coffrantes si le réemploi est
grasses, de boue, de rouille ou de craie de traçage). prévu et, dans ce cas, accroître le nombre de réemplois ;
– limiter l’encrassement des moules pour réduire les opérations
■ Les problèmes d’adhérence du béton à la peau coffrante doivent de nettoyage.
ensuite être traités. Les mécanismes d’affinité à l’interface béton-
peau coffrante étant difficiles à déterminer, l’interposition d’une ■ Les types de démoulants se distinguent à partir de leur origine :
couche séparatrice anti-adhérente (huile de décoffrage) semble la végétale, produit de synthèse, minérale, ou produit recyclé. À cet
solution plus pratique, mais le recours à ce procédé sur chantier effet, les producteurs ont adopté une classification qui intègre les
impose la maîtrise des critères suivants [68] : critères d’information relatifs à la sécurité feu, la santé et l’environ-
– une bonne connaissance du rôle de l’huile de décoffrage nement ([69], tableau 12).
retenue ;
– les paramètres de choix de l’huile en fonction du cahier des ■ Le mode d’application des huiles a un effet sensible sur le rendu
charges du chantier (démoulage instantané ou différé, nature de la des parements, selon que la peau coffrante est neuve ou usagée
peau coffrante, type de béton, ...) ; (tableau 13).
Tableau 13 – Influence du mode d’application de l’huile de démoulage sur l’aspect des parements
Mode Huile Végétale Minérale De synthèse
Pulvérisation Sur moule Neuf Usagé Neuf Usagé Neuf Usagé
Qualité aspect Bon Passable Mauvais
Buse conique Microbullage Passable Bon Passable
Poussièrage Très bon Excellent
Qualité aspect Bon Mauvais Mauvais Passable Mauvais
Passable
Avec raclage Microbullage Bon Bon Passable
Poussièrage Excellent Très bon Excellent
Qualité aspect Passable Mauvais Très mauvais Mauvais Très mauvais
Buse plate Microbullage Mauvais
Poussièrage Très bon Excellent
Pas-de-Calais
Nord
Somme
Seine- Ardennes
Maritime Aisne
Oise
Indre Jura
Vendée Saône-et-Loire
Vienne
Deux- Allier
Sèvres
Haute-
Creuse Ain Savoie
Charente-
Maritime Haute- Loire Rhône
Charente Vienne Puy-de-Dôme
Savoie
Corrèze Isère
Cantal Haute-
Dordogne Loire
[Link] Étanchéité
Coulage L’étanchéité en fond de coffrage, entre panneaux jointifs de la
phase 1 peau coffrante et entre éléments coffrants adjacents, doit être trai-
tée de façon telle qu’aucune fuite de laitance ne soit possible après
fermeture du coffrage.
Figure 9 – Arrêt de bétonnage avec joint marqué La déformabilité des éléments coffrants sous la poussée du
béton frais et sous les conséquences de la vibration doit être
[Link] Joints de construction prise en compte.
Pour l’exécution des joints de construction, il est nécessaire de
prévoir (figure 9) : [Link] Vérifications avant bétonnage
– des règles trapézoïdales pour réaliser les défoncés sans arra- La vérification de la préparation avant le bétonnage incombe au
chement du béton au décoffrage ; chargé des ouvrages provisoires (ou coffrages) et porte essentiel-
– des baguettes au droit du joint pour obtenir l’alignement au lement sur les points suivants :
niveau des reprises (rainures par exemple) ;
– dans le cas d’emploi de panneaux de contreplaqué, le fil des
– interposer des baguettes pour chanfreiner les angles ;
– des joints d’étanchéité pour éviter toute fuite de laitance ou de plis extérieurs est disposé dans le sens de la portée principale ;
mortier ; – les réservations sont prévues de façon à éviter les épaufrures
– de veiller au serrage efficace des outils coffrants sur les parties ou ecornures au décoffrage ;
d’ouvrages déjà exécutées ; – les inserts sont positionnés de façon à rester intacts et fixes
– d’assurer une protection des attentes pour éviter les aux bétonnage et décoffrage ;
formations et coulures de rouille ; – l’application et la vérification de la pérennité du démoulant
– et de coffrer au droit des arrêts de bétonnage. sur la peau coffrante ;
– l’élimination de l’huile ou de l’eau présente en partie basse du [Link] Peau coffrante métallique
coffrage ;
Le nettoyage à l’aide d’acide n’est pas conseillé du fait de
– l’élimination des souillures ou des déchets divers (chutes de l’endommagement progressif qu’il apporte à la rugosité de la peau
ligatures, gravillons, poussières, outils, pointes, ...) ; coffrante (risque d’adhérences entre la peau coffrante et le béton),
– éventuellement la fixation correcte des systèmes de désactivation et de l’aspect rouillé qu’il confère au béton moulé.
de surface ;
– la vérification générale de l’étaiement. Le polissage des banches métalliques entraîne des risques de
marbrures sur le béton et doit être refait pratiquement à chaque
Ces opérations propres aux coffrages restent indépendantes des utilisation [7].
autres vérifications nécessitées par les conditions propres du
chantier : Le sablage léger des banches métalliques donne des résultats
acceptables, mais doit être refait approximativement tous les 10
– la conformité du ferraillage ;
emplois.
– le positionnement des gaines de précontrainte ;
– le fonctionnement des vibrateurs externes ;
[Link] Peau coffrante en tôle émaillée
– les dispositifs de traitement thermique actif.
Pour les peaux coffrantes en tôle émaillée, un simple arrosage
d’eau sous pression suffit pour le nettoyage. Les défauts de sur-
1.6.4 Cas des armatures coffrantes face consécutifs à un choc sur l’émail (profondeur < 0,3 mm) peu-
vent être rebouchés à l’aide de produit de rebouchage spécifique
Ces armatures coffrantes font l’objet d’un brevet. Le produit,
(produit vitrifiable).
constitué d’un outil coffrant solidaire des armatures, est préfabri-
qué en usine à la demande pour garantir son adaptabilité aux con-
ditions du chantier. Les cages préfabriquées sont livrées en [Link] Peau coffrante en composite
panneaux de hauteur d’étage et leur mise en œuvre ne nécessite Après quelques réemplois, les peaux coffrantes en composite
pas d’engin de levage. peuvent être nettoyées à l’eau ou avec un produit légèrement
Les nappes de treillis de la cage d’armature sont disposées de détersif pour éviter l’accumulation de laitance de ciment. Les répa-
chaque côté du voile à réaliser et reliées par des crochets en acier rations de rayures ou de percements accidentels peuvent être
tressés autour des aciers HA principaux et disposés dans des plans réalisées sur chantier par application de résine auto-gélifiante.
sécants. Le tissage ainsi réalisé assure un frettage optimal, indé-
pendant de la qualité des soudures. [Link] Matrice coffrante
La peau rigide filtrante a pour fonction principale la réduction de Les matrices se nettoient avec des solvants spécifiques à la nature
la pression hydrostatique de coulage. Elle comporte des cales en même de la matrice. Il est alors conseillé de se rapprocher du four-
plastique pour garantir l’enrobage minimal réglementaire des nisseur dans chaque cas d’espèce pour connaître le solvant adapté.
aciers HA. En cours d’utilisation (montage, vibration, décoffrage et transport), il
Les peaux filtrantes sont réalisées en métal galvanisé, pour les peut se produire des chocs qui entraînent des altérations des reliefs
ouvrages courants en atmosphère sèche, ou en composite, dans le de la matrice. Dans le cas d’altérations mineures (surfaces de l’ordre
cas de risque de corrosion. Le problème de réemploi ne se pose de quelques dizaines de centimètres carrés), il est possible de
pas puisque les peaux restent solidaires du béton durci. reconstituer la forme à partir de mastic polymérisable et de même
nature que la matrice.
1.6.5 Nettoyage et entretien des peaux coffrantes [Link] Autres peaux coffrantes
Dans le cas d’emploi de banches, celles-ci sont immédiatement Les peaux coffrantes en carton ou en polystyrène n’étant générale-
entreposées après décoffrage en assurant leur stabilité vis-à-vis du ment pas réutilisables, les travaux porteront essentiellement sur une
vent et la protection de leur peau coffrante contre les chocs. Les dépose de la peau coffrante, non dommageable pour le support.
autres types de coffrages sont déposés, ou retirés, de façon à pou-
voir effectuer toutes les opérations de nettoyage, d’entretien et de
remise en état de la peau coffrante. Les peaux coffrantes sont
1.6.6 Stockage des coffrages
ensuite nettoyées des différentes souillures rémanentes (restes de Bien qu’ayant des conséquences importantes sur la qualité
laitance de ciment, excès d’huile, coulures de rouilles, ...), lavées, d’aspect des parements en béton, l’opération de stockage des cof-
au besoin, avec remise en état de la forme ou de la texture des frages reste assez souvent négligée sur chantier. Pour éviter le
peaux endommagées (trous, arrachements, décollements, ...). maximum de déboires, un ensemble de précautions, avec prise en
Dans le cas où le coffrage peut être stocké hors poussière, la cou- compte du type de structure coffrante et de la nature des peaux
che de démoulant peut être appliquée sur la peau coffrante pour coffrantes, doivent être prises :
assurer une fonction protectrice. – de façon générale, le stockage du coffrage est assuré après net-
toyage complet et remise en état de la peau coffrante. En effet, un
[Link] Peau coffrante en bois et en contreplaqué nettoyage juste après décoffrage est beaucoup plus facile et rapide à
Les peaux coffrantes en bois ou en contreplaqué peuvent être réaliser, et les résultats des remises en état beaucoup plus probants ;
brossées, soufflées, puis recirées. L’emploi d’huile sur le bois brut, ou – en aucun cas les peaux coffrantes ne doivent être posées sur le
le contreplaqué ordinaire, est dommageable pour la texture du béton. sol ;
– le meilleur stockage de coffrage reste le stockage vertical, en
[Link] Peau coffrante en contreplaqué bakélisé prenant soin d’assurer sa stabilité (vent notamment) ;
– pendant le stockage, éviter toutes souillures, telles que
Les peaux coffrantes en contreplaqué bakélisé peuvent être projection d’eau, huiles, graisses, peintures, ...
lavées à l’eau sous pression, et essuyées au chiffon. Toute opéra-
tion effectuée sur les revêtements bakélisés doit tendre à ne pas D’autres précautions spécifiques à la nature de la peau coffrante
provoquer de rayures ou de blessures. Dans le cas de blessures, il doivent également être prises (tableau 16).
conviendra d’utiliser un mastic polymérisable dont l’adhérence a Certaines peaux coffrantes en composite nécessitent des précau-
été reconnue au préalable. tions spéciales pour le stockage des systèmes coffrants (tableau 17).
Tableau 16 – Précautions spécifiques de stockage des coffrages avec une peau coffrante courante
Peau coffrante Précautions spécifiques
Ne pas appuyer la peau coffrante contre une arête vive ou un point dur
Le coffrage stocké doit être calé et arrimé pour éliminer tous risques de chutes sur le sol, ou sur un autre
élément quelconque
Le stockage doit être assuré pour éviter tous risques de chutes d’éléments lourds ou de matériaux sur la
peau coffrante
Le stockage du coffrage doit être réalisé de façon à éviter son voilement, le plus léger soit-il
(risque de désaffleur du parement > 2 mm)
L’application d’huile sur les peaux coffrantes, avant stockage des coffrages, risque de former un amalgame
pâteux qui pénétrera dans la peau du béton au coulage
Ne pas appliquer de cire avant stockage, tout contact créant une marque indélébile
Bois brut ou traité
Éviter tout choc d’outils métalliques ou d’autres pièces lourdes sur la peau coffrante
Contreplaqué ordinaire
Tout contact de la peau coffrante avec un quelconque élément entraîne des traces indélébiles
sur le parement en béton
Limiter les risques de condensation dans le cas où la peau coffrante est protégée par une bâche imperméable
Ne pas appuyer la peau coffrante contre une arête vive ou un point dur
Contreplaqué bakélisé L’application d’huile sur les peaux coffrantes avant stockage risque de former avec la poussière
un amalgame gras qui pénétrera dans la peau du béton au coulage
Tout choc d’outils métalliques ou de toutes autres pièces lourdes sur la peau coffrante nécessite
le remplacement de celle-ci dans son intégralité
• L’expérience montre que ces matrices sont généralement blessées lors du décoffrage et qu’elles doivent
être remplacées à chaque emploi
Matrice en polystyrène
• Il est conseillé de préparer le support destiné à recevoir la matrice avant stockage, et à la protéger contre
les intempéries et la poussière
• Stocker le système coffrant pour éviter tout risque de décollage de la matrice de son support
• Ne pas appuyer la peau coffrante contre une arête vive ou un point dur. À cet effet, stocker deux éléments
Matrice en caoutchouc coffrants, les peaux coffrantes face à face, mais sans contact
ou souple • Éviter tout choc sur la peau coffrante
• L’application d’huile sur les peaux coffrantes avant stockage risque de former, avec la poussière,
un amalgame gras qui pénétrera dans le béton au moment du coulage
1.6.7 Prévention des risques sur chantier – des réactions sulfatiques (dues aux constituants du béton) ;
– de la carbonatation ;
Les accidents de coffrages les plus fréquents relèvent, de – de l’attaque par les chlorures contenus dans le béton ;
façon quasi systématique, d’erreurs de construction ou de – de la pénétration des chlorures (eau de mer, sels de
défauts de surveillance sur chantier. Ces carences peuvent appa- déverglaçage) ;
raître avant, pendant, ou après le bétonnage. – des attaques chimiques (sols naturels ou stockage de produits
agressifs).
■ Avant le bétonnage, les anomalies les plus fréquentes se situent Pour assurer la prévention contre les risques multiples de corro-
bien souvent au niveau de l’étaiement ou du calage : sion, il convient donc d’utiliser des bétons les plus compacts pos-
– mauvais contreventement des étais ; sibles et exempts de risques de réaction de gonflement (alcali-
– mauvais couplage d’étais en bois ; réaction, ou réaction sulfatique), d’une part, et de veiller à assurer
– raboutement d’étais ; des épaisseurs minimales d’enrobage des armatures en acier,
– entretoisement aux jonctions d’étais absents ou défectueux ; d’autre part.
– mauvaise verticalité des étais ;
– blocage des tubes d’étais défectueux ;
– entretoisement de banches insuffisant ou défectueux ; 2.1 Préparation des armatures
– insuffisance de la portance du sol d’appui ;
– ignorance des consignes de montage données par le projeteur. Les aciers pour béton armé utilisés pour des besoins structuraux
doivent être conformes aux caractéristiques essentielles spécifiées
■ Pendant le bétonnage, les causes d’anomalie sont également par la norme NF EN 10080, et le rester de façon significative après
multiples et nécessitent une vigilance accrue : redressage, coupe, façonnage, assemblage ou soudage, et adjonc-
– un manque de surveillance de la déformation des coffrages tion de dispositifs spéciaux. De plus, toutes les armatures coupées,
sous la poussée du béton ; façonnées ou assemblées doivent répondre aux spécifications de
– une mauvaise vitesse de remplissage des coffrages ; la norme NFA 35-027. Les armatures de même apparence géomé-
– un manque de contrôle de la plasticité du béton ; trique, mais différentes par leurs caractéristiques, ne doivent pas
– l’inobservation du plan de bétonnage ; être utilisées sur un même ouvrage. Il convient donc de prévoir en
– des chocs violents (bennes, camions, ...) ; amont la réception des matériaux et produits de base avec identifi-
– des déversements locaux et imprévus de béton ; cation et vérification de la conformité aux normes.
– une vibration intensive et incontrôlée.
Par temps froids le façonnage des armatures doit être arrêté
La surveillance du comportement de l’outil coffrant pendant le (température < − 5 ˚C) ou soumis à des précautions particulières
bétonnage relève de la responsabilité du coordinateur de coffrage (température comprise entre − 5 et + 5 ˚C). Une fois fabriquées, les
ou du chargé des ouvrages provisoires, suivant les types de chan- conditions de transport et de mise en place ne doivent pas engen-
tier (personnel appartenant à l’entreprise). Les tâches de ce dernier drer de déformation, souillures, altérations de surfaces ou rupture.
sont principalement les suivantes :
Les vérifications à effectuer avant bétonnage doivent comprendre :
– pour rappel, vérification du blocage des étais et de la stabilité
des sols d’appui ; – conformité des aciers constitutifs ;
– surveillance des flèches prises par les coffrages pour prévenir – conformité des pièces assemblées aux plans (forme et dimen-
tout risque de rupture ; sion, quantité d’éléments constitutifs) ;
– surveillance du respect des zones de travail (positions des – absence d’anomalies visuelles sur les parties dressées et les
camions de livraison, des pompes, ...) ; assemblages soudés ;
– vérification du respect des zones de stockage préalablement – rigidité de l’ensemble façonné ;
définies ; – calage dans le coffrage avec respect des enrobages prévus.
– maintien des dispositifs de sécurité pour le personnel d’exécu-
tion (passerelles, garde-corps, échelles, ventilation, éclairage, ...).
2.2 Enrobage minimal des armatures
Par ailleurs, l’entrepreneur doit veiller à l’homogénéité du béton
livré et à la régularité du bétonnage. Un enrobage minimal des aciers doit être assuré pour garantir la
■ Après le bétonnage, les risques sont en moins grand nombre, transmission des forces d’adhérence, la protection de l’acier contre
mais tout aussi redoutables : la corrosion, et la résistance convenable au feu. L’enrobage est
– démontage prématuré des étais ; mesuré par l’écart existant entre la surface de l’armature la plus
– stabilité des banches non assurée après décoffrage ; proche de la surface du béton et cette dernière [eurocode 2 -
– chute de panneaux de coffrages mal arrimés. norme NF EN 1992-1-1].
avec Cmin,dur enrobage minimal vis-à-vis des conditions Dans le cas de précontrainte, le tableau précédent est sensible-
d’exposition (norme NF EN 206-1 paragraphe 4), ment plus contraignant (tableau 19).
ΔCdur,y marge de sécurité propre à chaque pays, Pour les classes d’exposition XF, l’enrobage est déterminé par
ΔCdur,st réduction d’enrobage minimal dans le cas d’acier référence à une classe XC, ou XD si les dispositions propres au
inoxydable, béton pour ces classes XF sont respectées. La norme NF EN 1992-
1-1/NA fixe les règles de correspondance (tableau 20).
ΔCdur,add réduction d’enrobage minimal, si application
d’un revêtement de protection. Les recommandations de modifications de classe structurale pré-
vues par la norme précédente sont récapitulées dans le tableau 21.
Pour les bâtiments et ouvrages courants en béton armé, l’enro-
bage minimal Cmin,dur, requis vis-à-vis de la durabilité, est déte- Pour les tolérances d’exécution, la norme NF EN 1992-1-1 fixe
rminé en fonction des classes d’exposition de la norme NF EN 206-1 des plages recommandées pour le paramètre ΔCdev, récapitulées
et des classes structurales suivant les prescriptions du tableau 18. dans le tableau 22.
Tableau 18 – Valeurs de Cmin,dur pour béton armé en fonction des classes structurales
et des classes d’expositions
Classes Classes d’exposition suivant NF EN 206-1
structurales X0 XC1 XC2/XC3 XC4 XD1/XD2 XD3/XS2 XD3/XS3
S1 10 10 10 15 20 25 30
S2 10 10 15 20 25 30 35
S3 10 10 20 25 30 35 40
S4* 10 15 25 30 35 40 45
S5 15 20 30 35 40 45 50
S6 20 25 35 40 45 50 55
* La classe structurale à retenir pour les bâtiments et ouvrages de génie civil courants (durée de service de 50 ans) est S4.
Tableau 19 – Valeurs de Cmin,dur pour béton précontraint en fonction des classes structurales
et des classes d’expositions
Classes Classes d’exposition suivant NF EN 206-1
structurales X0 XC1 XC2/XC3 XC4 XD1/XXS1 XD3/XS2 XD3/XS3
S1 10 15 20 25 30 35 40
S2 10 15 25 30 35 40 45
S3 10 20 30 35 40 45 50
S4* 10 25 35 40 45 50 55
S5 15 30 40 45 50 55 60
S6 20 35 45 50 55 60 65
Tableau 20 – Classes de référence à retenir pour les classes XF en fonction du type de salage
(hors produits industriels du béton)
Classes d’exposition
Type de salage
XF1 XF2 XF3 XF4
Peu fréquent XC4 Sans objet XC4 (sans air entraîné) Sans objet
XD1 (avec air entraîné)
Fréquent Sans objet XD1 Sans objet XD2
XD3 pour éléments très XD3 pour éléments très
exposés exposés
Très fréquent Sans objet XD3
2.2.2 Cas de la préfabrication en usine bage minimal – en harmonie avec les prescriptions de la norme
NF EN 206-1 – sont détaillées pour des conditions courantes, d’une
La norme NF EN 13369 Compil précise l’enrobage minimal des part (tableaux 23 et 24), et pour des conditions alternatives,
armatures en acier vis-à-vis de la protection contre la corrosion d’autre part (tableau 25).
dans les produits préfabriqués en béton. Les spécifications d’enro-
■ Conditions courantes
Les conditions dites « dans les dalles » sont à utiliser
Fissure due au ressuage lorsqu’une seule face du produit industriel est exposée aux
agents externes.
Zone carbonatée
■ Conditions alternatives
Aciers non passivés
Comme pour les ouvrages coulés sur site, certaines conditions
alternatives sont envisageables pour les produits préfabriqués en
usine.
Nids de
cailloux 2.3 Prévention des risques liés
Zone non à la carbonatation
carbonatée
À titre de rappel, la chaux libérée par les silicates de calcium du
Aciers passivés
ciment apporte une basicité suffisante pour protéger les armatures
en acier présentes dans le béton. La pénétration de gaz carbonique
dans la matrice cimentaire va engendrer une carbonatation qui
aura pour effet de faire chuter la basicité du milieu (évolution du
Figure 10 – Influence de la carbonatation sur la dépassivation pH voisin de 12-13 vers un pH de 9) insuffisante pour assurer la
des armatures passivation des armatures en acier (figure 10).
Tableau 27 – Teneurs maximales tolérées dans le béton armé (NF EN 206-1 NA)
Teneurs maximales en Cl−
Armatures dans le béton
Classe Valeurs (%)
Armatures en acier de béton armé et pièces métalliques noyées avec emploi de ciment CEM III Cl 0,65 0,65
Armatures en acier de béton armé et pièces métalliques noyées Cl 0,40 0,4
Armatures de précontrainte en acier Cl 0,20 0,2
3
Ces teneurs maximales spécifiées sont rapportées à la masse de
liant équivalent. La teneur en chlorure d’un béton est calculée à par-
tir des teneurs maximales en chlorures de tous les constituants.
2 La prévention contre la migration des chlorures apportés par
l’exposition passe par la limitation maximale de la porosité dans la
couche d’enrobage superficielle, donc par un bon choix :
– de la teneur en eau du béton, avec interdiction de tout ajout
1 d’eau après fabrication ;
5 ans – de moyens de coulage suffisants pour assurer de le remplis-
1 an sage correct des moules ;
3 mois – d’un programme de vibration évitant des sites insuffisamment
0 serrés, aussi bien en surface, que dans la masse, comprenant les
260 300 340 400 500 implantation des vibrateurs externes et/ou des aiguilles vibrantes
Dosage en ciment (kg/m3) (site et altitude), et des temps de vibration pour chaque poste.
Figure 11 – Influence moyenne du dosage ciment sur l’évolution En cas de difficulté pour obtenir une surface compacte, il
de la profondeur de carbonatation convient d’avoir recours à l’application d’un produit superficiel
de protection. Mais le recours à cette solution ultime
nécessitera un entretien permanent de la couche protectrice.
espace minimal