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Reference Spray

Le chapitre 6 présente les caractéristiques du spray généré par un injecteur piézo-électrique, en se basant sur des études menées à l'IMFT et au laboratoire CORIA. Il décrit la géométrie et la nature du spray, ainsi que l'influence de divers paramètres tels que la pression d'injection et la levée d'aiguille sur la morphologie et la granulométrie du spray. Les résultats montrent que l'augmentation de la pression d'injection diminue le diamètre des gouttes et modifie la structure du spray, avec des observations sur son évolution temporelle.

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Reference Spray

Le chapitre 6 présente les caractéristiques du spray généré par un injecteur piézo-électrique, en se basant sur des études menées à l'IMFT et au laboratoire CORIA. Il décrit la géométrie et la nature du spray, ainsi que l'influence de divers paramètres tels que la pression d'injection et la levée d'aiguille sur la morphologie et la granulométrie du spray. Les résultats montrent que l'augmentation de la pression d'injection diminue le diamètre des gouttes et modifie la structure du spray, avec des observations sur son évolution temporelle.

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Chapitre 6

CARACTERISTIQUES DU SPRAY
DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Les résultats suivants proviennent d’études menées au cours de cette thèse à l’IMFT et de
travaux réalisés au laboratoire du CORIA (UMR 6614) à Rouen par C. Dumouchel, J. Cousin,
P. Desjonquères et C. Gobin. Cette collaboration inclue aussi SIEMENS VDO -Automotive et
EFS Electronique dans le cadre du projet ADEME n ± 01 66 P10 intitulé "Caractérisation des
jets transitoires pour la deuxième génération des moteurs à injection directe essence".

Nous tenons à remercier vivement les di¤érents partenaires pour leur accord quant à l’utili-
sation et la di¤usion de leurs travaux. Pour cette raison, nous spéci…erons les sources de chacun
des résultats suivants.

6.1 CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES


Le spray diphasique généré par l’injecteur piézo-électrique présente une géométrie très par-
ticulière due à la conception de l’ori…ce de sortie aussi appelé nez de l’injecteur.

L’injection est réalisée au travers d’une ouverture annulaire sans génération de mouvement
orthoradial (absence de swirl ). L’injection du carburant se fait alors suivant la direction imposée
par l’angle dé…ni par la partie …xe et la partie mobile de l’injecteur respectivement appelés corps
et aiguille (…gure 6.1).

145
Chapitre 6. CARACTERISTIQUES DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Le déplacement de l’aiguille, qui permet la sortie du carburant, se fait vers l’extérieur, ce


qui classe l’injecteur piézo-électrique dans la catégorie des injecteurs dits à ouverture externe
(outward opening injector, Arndt [2], Seibel [29]). Notons toutefois que le terme de levée d’aiguille
sera utilisé pour quali…er l’espace compris entre l’aiguille et le siège.

Fig. 6.1 – Génération du spray de l’injecteur piézo-électrique

De nombreux paramètres in‡uent sur le comportement du spray de l’injecteur piézo-électrique.


Outre la fréquence et la durée d’injection, la pression du carburant à injecter, la levée de l’aiguille
ainsi que les conditions thermodynamiques du milieu dans lequel l’injection est réalisée (densité,
température, présence d’un écoulement) sont autant de facteurs in‡uant sur les caractéristiques
géométrique (et physiques) du spray. De manière analogue aux travaux de Vich [71], on peut
dé…nir le spray par l’utilisation des paramètres repérés sur la …gure 6.2 et dé…nis ci-après.

Fig. 6.2 – Grandeurs géométriques caractéristiques du spray de l’injecteur piézo-électrique

Chacune des grandeurs pouvant être évaluée de part ou d’autre de l’axe, ces dernières sont
di¤érenciées par le symbole prime pour les positions symétriques par rapport à l’axe.

146
6.2 NATURE DU SPRAY

L’angle du spray (noté ) est dé…ni proche de sa sortie avant d’atteindre la zone de recir-
culation. Le point D est le lieu de la première intersection entre l’angle nominal du spray et la
zone de recirculation, le point I étant le lieu de la dernière intersection.

Les points E, F, G et H caractérisent la zone de recirculation en indiquant respectivement


la distance minimale entre la zone et le nez de l’injecteur (suivant l’axe de l’injecteur), le point
d’épaisseur maximale (normalement au prolongement …ctif de la frontière du spray), le point le
plus éloigné radialement de l’axe du spray et en…n la distance maximale entre la zone et le nez
de l’injecteur (toujours suivant l’axe de l’injecteur).

Le point I quant à lui est appelé pénétration et c’est par son suivi temporel qu’est estimée
la vitesse de pénétration du spray.

6.2 NATURE DU SPRAY

6.2.1 Morphologie de la nappe de carburant

Une autre caractéristique très particulière de ce spray est que la forme des structures com-
posant la nappe diphasique dépend fortement de la pression d’injection. La …gure 6.3 sert de
support aux commentaires suivants.

En raison de la rapidité des écoulements visualisés et de la petite taille des champs d’intérêts,
les images sont obtenues en disposant une source lumineuse de type lampe ‡ash (Nanolite, société
High-Speed Photo Systems) dont la durée du ‡ash (CORIA 11 qv, IMFT 16 qv) permet de limiter
fortement le ‡ou de bouger.

L’acquisition des images 6.3 et 6.4 (CORIA) est assurée par un appareil Re‡ex numérique à
haute résolution spatiale (Fuji Digital, 3040 ¤ 2016 sl{hov) équipé d’une lunette à visée lointaine,
source de lumière et appareil photo étant disposés de part et d’autres de la frontière du spray
dans le cas présent.

147
Chapitre 6. CARACTERISTIQUES DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 6.3 – Visualisation de la nappe liquide. Pression d’injection de 20 à 200 bars. Levée mini-
male. Images CORIA, communication personnelle.

Pour des pressions de carburant très faibles (Slqmhfwlrq = 20 eduv), l’écoulement peut être
divisé en trois régions. La première est constituée d’une nappe liquide continue présentant de
nombreuses structures longitudinales appelées ligaments (streaks) reliées entre elles par de très
…ns …lms liquides. Les causes de formation des ligaments n’est pas encore clairement établie mais
semble être liée à la géométrie interne de l’injecteur favorisant un développement d’instabilités
longitudinales dans l’écoulement liquide au sein de l’injecteur (Saric [72]).

La deuxième zone est caractérisée par le développement d’ondes transversales. On pense que
ce sont des instabilités de type Kelvin-Helmoltz qui, s’ampli…ant, déstabilisent progressivement la
nappe et entraînent une fragmentation cellulaire de cette dernière. Certains ligaments s’apparient
alors pour former de plus grosses structures.

La dernière zone de l’écoulement est celle de l’atomisation des structures ordonnées. Cette
atomisation diminue les di¤érences azimutales de concentration liquide subsitant encore et dues
aux grosses structures obtenues après appariement des ligaments initiaux.

L’augmentation de la pression d’injection a pour e¤et d’augmenter le débit de l’injecteur


et donc la vitesse du liquide en sortie. Les instabilités se développent plus précocement et plus
violemment. La distance entre première et deuxième partie de la nappe diminue, au même titre
d’ailleurs que la taille de la zone de fragmentation cellulaire.

148
6.2 NATURE DU SPRAY

Pour une pression d’injection de 50 eduv, les trois régions sont encore identi…ables. Il est
di¢cile de les distinguer à des pressions supérieures, le spray étant alors uniquement constitué
de nombreux ligaments. Ces derniers sont initialement reliés çà et là par des nappes liquides
conduisant à la création de petites gouttes lors de leur désintégration.

La persistance des ligaments au delà de la zone de transition est d’autant plus prononcée
que la pression est élevée en raison de l’énergie cinétique croissante qui leur est conférée. Leur
nombre est variable en fonction de la pression d’injection et de la levée mais il reste compris
entre 150 et 400.

Le deuxième paramètre in‡uant sur le spray est la consigne de levée d’aiguille (16 valeurs de
20 à 36 p, réglage sur le calculateur). Les observations précédentes concernant l’in‡uence de la
pression sont transposables de la plus faible à la plus forte levée d’aiguille en prenant en compte
que l’augmentation de la levée se traduit par une déstructuration de l’écoulement (atténuation
de la cohérence des ligaments, …gure 6.4).

Les points de fonctionnement retenus pour les études de l’entraînement d’air du chapitre
suivant ont été réalisés avec le niveau de levée intermédiaire et des pressions d’injection comprises
entre 50 et 200 eduv, paramètres pour lesquels les ligaments sont toujours bien discernables.

Fig. 6.4 – In‡uence de la levée d’aiguille sur la structure du spray. Levée minimale (haut) et
maximale (bas) ; pressions d’injection de 20 (gauche), 110 (centre) et 200 bars (droite). Images
CORIA, communication personnelle.

149
Chapitre 6. CARACTERISTIQUES DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

La considération de vues plus générales du spray nous conduit aux mêmes conclusions que
celles obtenues pour des champs plus réduits. Ainsi, l’image 6.5 que nous avons obtenue par
disposition de part et d’autre du spray d’un ‡ash "long" et d’une caméra numérique 12 elwv
Sensicam PCO est particulièrement intéressante.

Malgré le ‡ou de bouger dû à la trop longue durée du ‡ash utilisé, on remarque un trou
dans la nappe du spray. Ce vide est présent depuis la sortie du liquide jusqu’à la pénétration
maximale du spray. Ce phénomène est certainement dû à la présence d’une impureté dans l’ori…ce
d’injection en dépit d’une …ltration à 5 p.

Fig. 6.5 – Visualisation de la structure de la nappe du spray lors d’une interruption de la nappe
liquide par des impuretés. Pression d’injection de 50 bars, levée intermédiaire.

Cet heureux incident permet de distinguer les trois zones de l’écoulement en supprimant
un des deux côtés du cône. On distingue tout d’abord la nappe liquide continue constituée de
nombreux ligaments dont certains plus marqués que les autres en raison de la géométrie interne
de l’injecteur utilisé (guides de l’aiguille).

150
6.2 NATURE DU SPRAY

Les ondes transversales déstabilisent alors le spray qui se déstructure et s’épaissit de manière
notable en raison de l’arrachement de gouttelettes. En…n, les ligaments persistent jusqu’à la
pénétration maximale, ici de l’ordre de 20 pp.

L’apparition de ces ligaments est un phénomène présentant une très grande répétabilité.
La …gure 6.6 permet de comparer une image instantanée extraite d’une série de 20 réalisations
utilisées pour déterminer la forme moyenne du spray. La similitude de la réalisation et de la
moyenne est remarquable, chaque ligament présent sur l’image instantanée étant identi…able sur
la moyenne. Les variation de position et de pénétration de la zone …nale du spray (comprise
ici entre 35 et 45 pp) sont relativement faibles, l’écart type moyen étant de 7 % (9 % au
maximum).

Fig. 6.6 – Visualisation globale du spray. Image instantanée (gauche), moyenne sur 20 réalisa-
tions et écart-type (droite). Pression d’injection de 100 bars, retard de 0,7 ms après le début de
l’injection, levee intermédiaire.

6.2.2 Granulometrie

Les résultats suivants de granulométrie du spray proviennent de mesures réalisées par les
services de SIEMENS-VDO Automotive Pisa, Italie et communiquées par M Marco Salvini.

La granulométrie a été obtenue par un appareil de caractérisation industrielle de type MAL-


VERN qui génère un faisceau laser traversant de part en part le spray. Les mesures obtenues
sont donc intégrées sur toute la longueur de croisement entre le faisceau et le spray, contraire-
ment aux mesures par Analyseur de Phase Doppler (PDA) qui sont dites "locales" en raison de
la taille réduite du volume de mesure. La zone de mesure se situe à longueur de pénétration de
10 mm, suivant un diamètre et dans un plan perpendiculaire à l’axe du spray.

151
Chapitre 6. CARACTERISTIQUES DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

On Pprésente les résultats à l’aide d’une variable globale usuelle, le diamètre moyen de Sauter,
g3
G32 = P 2 . Le diamètre moyen de Sauter diminue fortement avec la pression d’injection entre
g
50 et 150 bars (chute de 50 %). Par la suite, le diamètre varie toujours en fonction de la pression
d’injection mais de manière moins forte, ce qui constitue un résultat classique pour des injecteurs
automobiles (Berg [56], Wigley [73])

Fig. 6.7 – Granulométrie du spray (diamètre de Sauter, D32) en fonction de la pression d’injec-
tion.

6.3 Evolution temporelle du spray

L’évolution temporelle du spray présentée ci-après a été réalisée pour une pression d’injection
de 100 eduv, une contre pression atmosphérique, une durée d’injection de 1 pv et une levée
intermédiaire. Les images sont des moyennes de 20 réalisations obtenues par l’utilisation d’une
lampe ‡ash Nanolite, similaire à celle utilisée au CORIA mais délivrant un ‡ash d’une durée de
16 qv, l’acquisition étant toujours assurée par une caméra numérique Sensicam. La …gure 6.8
suivante illustre le développement du spray au cours de l’injection.

152
6.3 Evolution temporelle du spray

Fig. 6.8 – Evolution temporelle du spray. Pression d’injection de 100 bars, durée d’injection de
1 ms, levée intermédiaire.

Durant les 200 premières microsecondes après le début de l’injection (première et deuxième
image) on constate que le spray de l’injecteur utilisé présente une certaine dissymétrie. Le liquide
injecté sur le coté droit se déplace plus rapidement, sa pénétration étant supérieure de presque
22 % pour un retard de 100 v.

Ce phénomène s’atténue toutefois très rapidement, l’avance chutant à 13 % pour un retard


de 200 v et n’étant plus visible au delà de 400 v après le début de l’injection, au même titre
que la précocité du développement du vortex sur le côté gauche. Notons que les ligaments sont
déjà formés et que leur stabilité, précédemment analysée pour di¤érentes réalisations à un retard
…xé, peut être ici étendue à l’ensemble du cycle d’injection.

L’injection se poursuit et la convection du vortex initialement crée en tête du spray se fait


plus lentement que la propagation du spray. Il en résulte que la distance entre le centre du vortex
et la pénétration du spray ne cesse d’augmenter au cours de l’injection, la pénétration du vortex
étant deux fois plus faible que celle du spray 400 v après le début de l’injection et presque trois
fois plus pour un retard de 1 pv.

Remarquons de plus que le grand angle du spray (proche de 80± ) induit un défaut de mise au
point de plus en plus prononcé au cours de l’injection et maximum sur l’extrémité des ligaments.

153
Chapitre 6. CARACTERISTIQUES DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

La consigne d’injection étant ici de 1 pv, on constate cependant que cette dernière n’est
toujours pas …nie 1=1 pv après son début en raison du délai de fermeture de l’injecteur. En e¤et,
une …ne nappe de carburant persiste et sa très faible épaisseur permet même de distinguer le
nez de l’injecteur

Par la suite, la partie la plus avancée du spray continue sa pénétration rectiligne avec une
vitesse de plus en plus réduite alors que l’autre partie du carburant injecté est captée par une
grosse structure tourbillonnaire toroïdale organisée autour du vortex crée en tête du spray au
début de l’injection.

La vitesse de pénétration du spray est déterminée à partir des images moyennes précédentes,
la …gure 6.9 illustrant la dernière partie de la procédure suivante. On réalise tout d’abord une
image moyenne de la zone visualisation éclairée sans le spray.

Après normalisation, cette image de fond est soustraite à chaque image moyenne du spray
obtenue (elles aussi normalisées), une binarisation étant appliquée a…n de réduire les éventuelles
imperfections résiduelles.

Fig. 6.9 – Contour du spray et fonction de cumul des niveaux de gris. La profondeur de péné-
tration obtenue est ici de proche de 42 mm (droite horizontale).

154
6.3 Evolution temporelle du spray

On calcule alors, pour chaque distance à la sortie de l’injecteur, le cumul des niveaux de
gris obtenus sur l’intégralité de la section perpendiculaire à l’axe de l’injecteur (chaque ligne
ou colonne de l’image suivant l’orientation considérée). La détection du retour à zéro de cette
fonction permet alors de déterminer la pénétration du spray.

Par cette méthode, on peut estimer la pénétration ainsi que la vitesse axiale du spray en
fonction du retard après le début de l’injection. Ainsi, la vitesse de pénétration est quasiment
constante durant les 700 premières microsecondes (de l’ordre de 65 p@v) puis décroît régulière-
ment en raison de l’inertie du gaz et des e¤ets visqueux ralentissant les gouttes (traînée).

Fig. 6.10 – Pénétration du spray. Mesures et régression linéaire dans les premiers instants de
l’injection. Paramètres d’injection : pression de 100 bars, durée de 1 ms.

On retrouve ici les résultats d’études précédentes menées par Vich [71] qui conclut que la
vitesse de pénétration en début d’injection augmente lors d’une hausse de la pression d’injection
en raison d’une plus forte énergie cinétique conférée aux gouttes.

155
Chapitre 6. CARACTERISTIQUES DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

6.4 CONCLUSIONS
Ce chapitre avait pour but de présenter le spray de l’injecteur piézo-électrique. Les principales
caractéristiques à retenir sont :
- la forme de nappe conique creuse du spray générée par une fente annulaire d’épaisseur de
20 p à 36 p ;
- la présence d’un vortex externe (nous verrons son homologue interne plus tard par ‡uo-
rescence) ;
- la présence de structures longitudinales très bien identi…ables (streaks) ;
- une très grande répétabilité des caractéristiques géométriques d’une injection à l’autre ;
- une dépendance de la granulométrie à la pression d’injection (G32 variant de 20 p sous
50 eduv à 9 p sous 200 eduv) ;
- des vitesses de carburant en sortie d’injecteur dépassant 100 p@v.

Ces ordres de grandeur situent bien le contexte de cette étude dans des échelles de temps et
d’espace très petites. Les courtes durées d’injections (quelques millisecondes), les fortes vitesses
de carburant (» 100 p@v) et la faible épaisseur de la nappe (» 30 p) présagent d’écoule-
ments très complexes à analyser expérimentalement et à modéliser. C’est la raison pour laquelle
nous avons du mettre en oeuvre des techniques de mesure adaptées à ce type d’écoulements
diphasiques particulièrement denses et rapides.

156
Chapitre 7

MESURE DE L’ECOULEMENT
D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

Ce chapitre présente une méthode expérimentale d’analyse de l’écoulement d’air généré par
un jet diphasique dense de type spray d’injecteur automobile, la géométrie de ce dernier pouvant
être conique creuse (cas de l’injecteur piézo-électrique utilisé dans cette étude) ou conique pleine
(Arbeau [27]). On utilise comme technique la Vélocimétrie par Images de Particules Fluorescentes
a…n de s’a¤ranchir le plus possible des contraintes qu’impose l’étude d’écoulements diphasiques.

7.1 VELOCIMETRIE PAR IMAGES DE PARTICULES FLUO-


RESCENTES

7.1.1 Principe de la vélocimétrie bidimensionnelle bicomposante par images


de particules

La vélocimétrie par images de particules (Particle Image Velocimetry, PIV) est une méthode
de mesure optique permettant l’obtention d’un champ de vitesse instantanée bi-composante
d’un écoulement par la visualisation et l’analyse d’images de particules (traceurs) illuminées
par deux nappes laser successives. Tout comme pour l’Anémométrie Laser Doppler, brièvement
présentée dans le chapitre 3, la mesure de la vitesse des particules permet, sous réserve d’un
dimensionnement pertinent, d’accéder à la vitesse du ‡uide ensemencé, mais pour un champ
spatial ici.

157
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

L’utilisation de deux nappes laser coplanaires, espacées temporellement d’une durée ¢w im-
posée par la dynamique de l’écoulement et les paramètres de calcul de l’algorithme PIV (cf §
7.1.2), permet d’obtenir deux images des positions des particules à deux instants successifs. On
peut alors, grâce à une analyse statistique de ces images, déduire le déplacement le plus probable
au sein de zones d’intérêts obtenues à partir d’un pré-découpage des images.

En répétant cette opération sur toutes les zones de l’image (de l’écoulement), on reconstitue
le champ de déplacement en pixels du ‡uide. La vitesse réelle est alors déduite du délai entre les
deux tirs laser et du grandissement optique du système, ce dernier étant obtenu par visualisation
d’une mire calibrée.

L’utilisation d’un laser à impulsion est motivée par l’analyse d’un écoulement rapide (30
p@v) qui nécessite une très courte durée d’illumination (10 qv) a…n de "…ger" l’écoulement sur
chaque image. La cohérence de la lumière permet d’obtenir des nappes laser beaucoup plus
…nes qu’avec une lumière polychromatique. En réduisant l’épaisseur de la nappe, on réduit la
profondeur de la zone de l’écoulement analysée ce qui permet une meilleure résolution spatiale
et diminue tout e¤et de lissage des mesures dont le problème a déjà été évoqué pour les mesures
par ALD (cf. § 3.2.2 Résolution spatiale e¤ective). Il est cependant nécessaire que la particule
réside dans l’épaisseur de la nappe laser entre les deux illuminations laser, c’est-à-dire que son
déplacement perpendiculaire au plan de mesure (i.e. à la nappe laser) doit être su¢samment
faible (cf. § 7.3.3).

Une caméra réalisant l’acquisition de ces deux illuminations laser séparément sur deux images
di¤érentes, il faut alors e¤ectuer le traitement de ces dernières a…n de déterminer les déplace-
ments des traceurs (c’est-à-dire du ‡uide). Pour cela, on découpe dans un premier temps chaque
image en cellules dont la taille est déterminée par la qualité de l’ensemencement. Une concen-
tration en particules visibles trop pauvre dans certaines cellules d’analyse peut conduire à une
insu¢sance de données statistiques de déplacement.

Ces évaluations reposent entre autres sur le calcul de fonctions d’inter-corrélation entre les
mêmes zones de deux images di¤érentes. En analysant ces fonctions (recherche de leur maxi-
mum), on détermine, pour un ensemble de particules repérées à l’instant w, leur nouvelle position
la plus probable à l’instant w + ¢w. En fait, on n’obtiendra pas de déplacement particule par
particule mais bien le déplacement le plus probable au sein d’une cellule de calcul. Mathéma-
tiquement, il vient que la fonction d’inter-corrélation présente un pic centré sur la valeur de
déplacement le plus probable (soit en ([ + ¢[> \ + ¢\ )), cette caractéristique étant présentée
sur la …gure 7.1 pour un calcul réalisé sur une cellule de 32@32 sl{hov à partir d’images de PIV.

158
7.1 VELOCIMETRIE PAR IMAGES DE PARTICULES FLUORESCENTES

Fig. 7.1 – Pic de la fonction d’intercorrélation centré en (0,0). Calcul sur des mailles de 32 / 32
pixels.

Le déroulement de ce calcul se fait cellule par cellule, sachant qu’il est possible que plu-
sieurs zones se chevauchent (paramètre de recouvrement) et ce a…n d’augmenter la résolution
spatiale des mesures. On prend classiquement un recouvrement de l’ordre de 50 % ce qui permet
d’obtenir un maximum d’informations sans dépenser inutilement du temps de calcul PIV en
sur-échantillonnage, dont les résultats peuvent être obtenus par interpolation a posteriori.

Certains algorithmes utilisent aussi des méthodes dites de déformation de mailles et d’images,
augmentant la performance de la localisation du pic maximum d’inter-corrélation et permettant
des mesures de déplacement à 0=05 sl{ho près. Pour plus d’informations à ce sujet, le lecteur
est invité à se rapporter aux travaux de Adrian [76], Westerweel [77], Riethmuller [78], Scarano
[79], Maurel [80] et Lecordier [81]. Les caractéristiques de l’algorithme utilisé dans cette étude
sont détaillées dans le paragraphe 7.1.2 suivant.

7.1.2 Caractéristique de l’algorithme de PIV utilisé

Le logiciel de calcul de PIV utilisé est un code interne à l’IMFT, BkPIV, développé par S.
Maurel au cours de son doctorat [80]. L’algorithme est de type itératif, multi-grille, avec calcul
de fonctions d’inter-corrélation et estimation de déplacement de cellule sub-pixel. Le maillage
utilisé est structuré régulier et la taille des cellules d’interrogation est de 32@32 sl{hov à la
première passe de calcul et 16@16 lors des itérations suivantes.

En considérant le grandissement optique utilisé (17 sl{hov@pp), chaque cellule de calcul


a une dimension de 940@940 p. Un recouvrement de 50 % (cf. §7.1.1) conduit en…n à une
résolution spatiale des champs de vitesse mesurés de 470 p @ 470 p, l’épaisseur de la nappe
laser étant de l’ordre de 500 p.

159
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

Une des conditions pour la réussite des calculs de PIV est qu’environ 75 % des traceurs
visibles sur la cellule de calcul de la première image soit toujours présents sur la deuxième image.
En fait, il ne faut pas seulement prendre en compte les traceurs qui "sortent" de la cellule mais
aussi ceux qui y pénètrent, le critère est donc basé sur la proportion de traceurs visibles sur les
deux images du doublet sur l’ensemble des traceurs visibles quelle que soit l’image considérée.
En faisant l’hypothèse que le déplacement des particules se fait uniquement dans le plan des
feuillets laser (mouvement 2D, véri…é plus tard), la condition de conservation des particules
précédentes peut être exprimée en terme de ratio entre la taille des cellules utilisées (de côté
¢O) et le déplacement maximum des particules (pd{(¢{> ¢|)).

!
¡
Ainsi, une particule animée d’une vitesse Y (Y{ > Y| ), parcourt entre deux tirs laser espacés de
¡¡! !
¡ ¢O
¢w une distance ¢[(¢{> ¢|) = Y (Y{ > Y| )¤¢w qui doit véri…er pd{(¢{> ¢|) ? . On obtient
4
donc une relation (équation 7.1) permettant de dé…nir l’écart temporel maximum entre les deux
mêmes tirs d’un doublet. Toutefois, il est recommandé d’utiliser un délai le plus proche possible
de sa valeur maximale a…n de pouvoir disposer d’une meilleur résolution sur tout le spectre de
mesure et surtout de diminuer l’importance relative des erreurs constantes de l’algorithme de
résolution (de l’ordre de 0=05 sl{ho, Maurel [20]).

¢O
¢w ? ¡
! (7.1)
4 ¤ Y (Y{ > Y| )

Le déroulement du calcul de PIV s’e¤ectue en deux parties, appelées passes, la taille des
cellules d’interrogation étant optimisée de la première passe de calcul aux itérations suivantes. Il
est admis que si le calcul de vitesse est erroné à la première passe, la deuxième passe n’améliorera
pas le résultat. Ainsi, c’est sur la première passe que le critère de déplacement maximum est
1
imposé, conduisant à un déplacement maximal de 32 ¤ = 8 sl{hov, et ce pour chacune des
¡¡! 4
composantes du vecteur ¢[(¢{> ¢|).

Il est donc nécessaire d’adapter le délai entre les deux tirs laser à la dynamique de l’écoule-
ment pour maintenir les déplacements des traceurs en deçà de la valeur limite de 8 sl{hov. Ici,
ce délai est de 45 v dans les premiers instants de l’injection ou l’air environnant est quasiment
au repos. Il diminue jusqu’à 15 v pour les phases où les vitesses sont les plus fortes c’est-à-dire
pour des retards après le début de l’injection supérieurs à 600 v.

160
7.1 VELOCIMETRIE PAR IMAGES DE PARTICULES FLUORESCENTES

7.1.3 Contraintes en milieu diphasique dense

L’utilisation de la PIV pour l’analyse de l’entraînement d’air des jets diphasiques denses (de
type injection automobile diesel ou essence) est utilisée depuis de nombreuses années (Ferrand
[24], Arbeau [25, 26, 27, 28], Seibel [29], Arndt [2], Delay [16], Donghee [82]).

Le principal avantage de la PIV par rapport à d’autres techniques de vélocimétrie (ALD par
exemple, Rottenkolber [32, 33, 34], Das [55], Cossali [83]) est l’obtention d’un champ spatial
de vitesse instantané. Notons que les performances temporelles de cette technique de mesure
sont limitées essentiellement par le matériel disponible et que le développement des laser (à
vapeurs de cuivre) et caméra permet d’atteindre des fréquences d’acquisition supérieures à 25
nK} (Tanahashi [84]).

Il existe de fortes contraintes expérimentales lors de l’utilisation de ce type de métrologie


laser dans des milieux diphasiques aussi denses que les sprays automobiles. La di¤usion de Mie
des gouttes de carburant lors de leur illumination par la nappe laser est beaucoup plus impor-
tante que celles des traceurs, qui sont de tailles et de concentration beaucoup plus modestes.
La première conséquence de ce phénomène est que cette multidi¤usion éclairera des particules
n’appartenant pas au plan de mesure initialement dé…ni par la nappe laser incidente. D’autre
part, cela peut aussi induire une saturation des capteurs de la caméra, l’ouverture du diaphragme
de l’objectif étant en général adaptée à la détection des faibles signaux provenant des traceurs.
Ainsi, il est malheureusement possible d’endommager une caméra sur un très faible nombre
d’expositions trop fortes localisées sur une même zone du capteur.

Ce risque est particulièrement important si le spray à analyser présente d’importantes ‡uc-


tuations spatiales des zones denses en carburant au cours des phases à analyser (di¤érents retards
après le début de l’injection). Ces variations peuvent provenir par exemple de la création en tête
de spray d’un vortex aérodynamique chargé en gouttelettes ou d’un phénomène de battement
du spray (‡apping).

Il est alors nécessaire de prendre en compte ces phénomènes pour ne pas se risquer à réa-
liser une prise de vue à un moment où la nappe laser illumine une zone fortement chargée en
liquide (…gure 7.2). De ce fait, la mesure par PIV "classique" des champs de vitesse à proximité
immédiate du spray est proscrite, du moins ne permet d’étudier l’écoulement qu’à une certaine
distance de la frontière du spray, de l’ordre de quelques millimètre (références en début du présent
§ 7.1.3).

161
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

Fig. 7.2 – Illustration des contraintes des milieux diphasiques denses en PIV classique.

L’utilisation de traceurs ‡uorescents est alors très intéressante pour la réalisation de ces
mesures en proche frontière du spray, voire à l’intérieur dans le cas de sprays à cône creux
(Rottenkolber [30, 31], Boëdec [37], Yamakawa [38], Richter [39], Lee [42, 43], Driscoll [45],
Delay [17, 18], Nauwerk [46]).

Pour ce faire, on utilise un traceur de phase gazeuse réagissant à une impulsion laser par
l’émission d’un signal lumineux de courte durée dans une bande spectrale di¤érente de celle de
l’excitation : c’est le phénomène de ‡uorescence induite par laser (…gure 7.3). Sous réserve que
les longueurs d’onde d’excitation (délivrée par un laser) et de ‡uorescence soient su¢samment
di¤érentes, il est possible de les séparer en utilisant un …ltre optique à la fréquence de coupure
comprise entre ces dernières. Le temps de pompage et la durée de ‡uorescence sont inférieurs
au délai entre les deux tirs laser et ne constituent pas de limitation à la mesure par PIV.

Fig. 7.3 – Principe simpli…é de la ‡uorescence, modèle à deux niveaux.

On recherche par une telle technique une taille maximale de champ de vitesse d’air mesuré à
la distance la plus proche possible de la frontière du spray. En e¤et, la caméra étant alors presque
entièrement "aveugle" à la longueur d’onde du laser, elle ne risque plus aucun endommagement
des capteurs par saturation.

162
7.1 VELOCIMETRIE PAR IMAGES DE PARTICULES FLUORESCENTES

L’intensité du signal de longueur d’onde du laser est très atténuée par le …ltre optique et celle
de ‡uorescence est quant à elle de trop faible intensité pour induire quelque dommage que ce
soit. Les champs de vitesse à proximité de la nappe liquide sont alors accessibles à des distances
inférieures au millimètre et il est même possible de mesurer des vitesses à l’intérieur du cône
creux pour des jets de nappes diphasiques dont la densité et l’épaisseur ne sont pas trop élevées
(…gure 7.4).

Fig. 7.4 – Intérêt de l’utilisation de la PIV sur traceurs ‡uorescents (F-PIV).

7.1.4 Choix du dopant ‡uorescent

Le choix du composé ‡uorescent est dicté par plusieurs critères, la dynamique des traceurs,
cruciale, étant analysée au § 7.2.2. Tout d’abord, il faut bien sûr que le dopant ait des propriétés
de ‡uorescence intéressantes et en tout premier lieu un rendement énergétique élevé (rapport
entre les énergie d’excitation et d’émission). De plus, la longueur d’onde d’absorption maximum
du dopant doit être proche de celles générées par les lasers disponibles alors que celle d’émission
doit être détectable par une caméra.

Il est aussi important de considérer les propriétés de phosphorescence du composé, la durée


de ce phénomène étant beaucoup plus longue que celle de la durée de vie de la ‡uorescence. Il
ne faudrait donc pas que les deux signaux se superposent durant la prise de la deuxième image
du doublet, ou que la phosphorescence persiste et soit de plus détectable d’un doublet d’images
à l’autre.

163
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

Un autre critère est l’état du dopant dans les conditions thermodynamiques de réalisation
des mesures. Il peut être solide (polymères de faible densité par exemple), sous forme liquide ou
soluble dans un solvant dont les propriétés permettront l’obtention d’une concentration en tra-
ceur su¢sante en vue d’un rendement de ‡uorescence acceptable. Alors que le signal de di¤usion
de Mie utilisé en PIV classique varie avec le carré du diamètre, le signal de ‡uorescence est une
fonction de la quantité de traceur, donc du volume, raison pour laquelle on souhaite dissoudre
la plus grande quantité possible de traceur dans le solvant. En…n, traceurs et solvants doivent
pouvoir être manipulés sans trop de contraintes, aussi bien vis-à-vis de l’environnement expé-
rimental (compatibilité avec les métaux, plastiques et ‡uide injecté), que de l’expérimentateur
lui-même.

Ces considérations et les travaux de Rottenkolber [30, 31, 32, 33, 34] ont conduit au choix d’un
dopant solide, le dichlorométhane (DCM) dissout jusqu’à saturation dans un solvant liquide, le
carbonate de propylène (PC). La recherche a été e¤ectuée par Livier BEN (IMFT, EEC). Ce
traceur possède d’intéressantes propriétés d’absorption centrées autour d’une longueur d’onde
d’excitation optimum de 475 qp, compatible avec les 532 qp (vert) délivrés par un laser de
type Nd-YAG doublé.

Fig. 7.5 – Spectre d’absorption du dichlorométhane (DCM).

164
7.2 DISPOSITIF EXPERIMENTAL

Le spectre d’absorption est présenté …gure 7.5 et, même si le solvant est alors l’éthanol, cela
procure une bonne idée de la forme globale du spectre. De plus, le signal de ‡uorescence, émis
lors de la descente en énergie des molécules de DCM, se situe dans le spectre du visible, entre
615 pp et 666 qp (rouge orange), le maximum étant situé à 650 qp. Le temps de pompage
est inférieur à 14 sv et la durée de vie de la ‡uorescence (99 % de perte d’intensité) est de 5=2
qv (Rottenkolber [30]).

La séparation du signal de ‡uorescence et de celui du laser est donc aisée et le signal de


‡uorescence étant dans le visible, nous n’avons pas à disposer de caméra sensible à des longueurs
d’ondes de type ultraviolet ou infrarouge (cette dernière étant tout de même détectable par le
capteur CCD). En…n, des tests qualitatifs (prise d’un doublet d’images avec seulement le premier
tir laser activé) ont prouvé que l’intensité de la phosphorescence du DCM n’était pas détectable
par le dispositif expérimental utilisé.

7.2 DISPOSITIF EXPERIMENTAL

7.2.1 Enceinte de visualisation

L’enceinte de visualisation utilisée au cours de cette étude a été fournie au laboratoire lors
d’une coopération précédente avec Renault (réalisation par la société Le Moteur Moderne). Elle
se présente sous la forme d’un cube dont chacune de ses six faces (200 pp de côté) permet le
montage d’un hublot transparent, d’une ‡asque de fermeture ou d’un support d’injecteur (…gure
7.6). Les hublots sont des disques de quartz naturel, de diamètre 100 pp et permettent de très
larges accès optiques à l’intérieur de l’enceinte. La pression maximale d’utilisation est de 12 eduv
et la température est ambiante.

Un capteur de pression ainsi qu’un thermocouple permettent de mesurer la pression et la


température du milieu au sein duquel l’injection est réalisée. En raison des faibles quantités de
carburant injectées, il paraît possible d’injecter du carburant à des températures supérieures à
la température ambiante en utilisant toutefois un gaz inerte comme environnement d’injection
pour éviter tout risque de combustion.

Le travail présenté ici ne concernera que l’étude du développement instationnaire du spray


de carburant à contre-pression et température ambiante. Cependant, une étude prospective du
comportement du spray et de l’entraînement d’air sous contre-pression (1 pv après le début de
l’injection) est présentée en dernière partie du chapitre 8.

165
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

Fig. 7.6 – Enceinte de visualisation.

Deux conduits permettent le remplissage en gaz de l’enceinte (ou sa pressurisation) ainsi que
sa vidange en dehors des phases de mesure. Les injections sont réalisées une fois l’écoulement
tranquillisé, sans balayage par un écoulement d’air, diminuant au maximum les perturbations
externes. La longueur des séries de mesures est fonction de la qualité des images obtenues qui
diminuent lorsque la concentration de gouttelettes (carburant et traceurs) croît dans l’enceinte.
Cela induit une augmentation de la di¤usion de la nappe laser et donc du bruit "indirect" par
rapport au signal de ‡uorescence "direct". Une automatisation du remplissage et de la vidange de
l’enceinte, basée sur les quantités de carburant et de traceurs présentes dans l’enceinte ainsi que
la tranquillisation de l’écoulement, permettrait un confort et un gain de temps non négligeable
lors de la réalisation des mesures.

Une autre di¢culté est liée à la géométrie de l’enceinte et à l’angle du spray de l’injecteur
piézo-électrique qui, comme évoqué au chapitre précédent, est de l’ordre de 80± . De plus, les
vitesses de liquide en sortie de l’injecteur atteignent plus de 100 p@v ce qui signi…e que le front
du spray n’est plus visible pour des retards après le début de l’injection supérieurs à 0=8 pv,
c’est-à-dire qu’il pénètre au-delà de la périphérie du hublot.

L’injecteur ne peut donc être monté qu’au centre d’un support, perpendiculairement à ce
dernier, a…n que le spray puisse se développer sans interaction avec les parois. L’encombrement
du spray étant important, les dépôts de carburant sur les hublots sont très fréquents, nécessitant
les nombreuses phases de démontage, nettoyage et remise en service.

166
7.2 DISPOSITIF EXPERIMENTAL

7.2.2 Ensemencement de l’écoulement

L’ensemencement de l’écoulement en gouttelettes de traceurs est assuré par un nébuliseur


médical ("Up-Mist" Medication nebulizer, CAT. No. 950, Hospitak Inc.) placé à l’intérieur d’une
cuve en laiton alimentant l’enceinte de visualisation (…gure 7.7). Ce dispositif, développé au
cours des travaux de thèse de Nuglisch [85] et de Bury [86], permet l’obtention de gouttelettes
de diamètre moyen 0=25 p lors de l’utilisation d’isopropanol comme liquide (…gure 7.8, mesures
Doppler réalisées par la société TSI).

Fig. 7.7 – Ensemenceur utilisé pour la F-PIV.

L’utilisation d’un liquide di¤érent (carbonate de propylène (PC) au lieu d’isopropanol) induit
un changement des propriétés de densité, de viscosité et de tension super…cielle, le tableau 7.2.2
page suivante présentant les valeurs de ces grandeurs pour l’isopropanol et le carbonate de
propylène. Seules les viscosités dynamiques des deux ‡uides sont très proches (écart de 4=2 %)
alors que les di¤érences de densité et de tension super…cielle sont très importantes, atteignant
respectivement 53 % et 95 %.

Ces écarts ne remettent cependant pas en cause l’utilisation de ce type d’ensemenceur comme
le con…rme les travaux de Durox [87] sur un ensemenceur au fonctionnement analogue. Il y est
mis en évidence une faible dépendance du diamètre de goutte au type de ‡uide, la géométrie
du dispositif étant identi…ée comme étant le paramètre critique, Hespel [88] arrivant aux mêmes
conclusions pour un autre type d’atomiseur.

167
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

Fig. 7.8 – Répartition du nombre de gouttes par classe de diamètre (isopropanol). Nuglisch [38].

La masse volumique du carbonate de propylène est plus grande que celle de l’isopropanol ce
qui aura pour e¤et de faire retomber plus rapidement les grosses gouttelettes dans l’ensemenceur,
les tuyaux ou l’enceinte, augmentant la sélectivité de l’ensemenceur vers les faibles diamètres
recherchés.
jd} Y 2 golt
Il est très utile de calculer pour les deux liquides le nombre de Weber, Z h = , qui
 olt
caractérise le rapport entre les e¤orts inertiels et ceux de surface. Les valeurs de ce paramètre
sont très faibles pour les deux ‡uides (pas d’atomisation secondaire) ce qui con…rme la similitude
des processus d’atomisation en dépit des 48% d’écarts entre les deux nombres de Weber.

Masse Viscosité Tension Nombre de


volumique dynamique super…cielle Weber
 (nj@p3 )  (pS d@v)  (pQ@p) (-)
Isopropanol 785 2.4 21 2.3*10¡3
Carbonate de propylène (PC) 1200 2.5 41 1.2*10¡3
¢surs¡fdue (%) 53 4.2 95 48 %

Tableau 7.2.2 : Propriétés de l’isopropanol et du carbonate de propylène (température de


20± C, [89, 90]).

168
7.2 DISPOSITIF EXPERIMENTAL

Ayant estimé la distribution des diamètres des traceurs en sortie du système d’ensemence-
ment, une analyse, similaire à celle menée lors du dimensionnement des particules solides utili-
sées pour la réalisation des mesures d’ALD (chapitre 3), doit être menée, validant l’utilisation
de l’ensemencement précédent comme traceur de la phase gazeuse.

Le diamètre utilisé dans les calculs suivants sera pris égal à 1 micromètre (au lieu de 0.25 p,
diamètre moyen mesuré …gure 7.8) a…n de maximiser les éventuels écarts de dynamique entre
phase porteuse et gouttes. Le temps de réponse des particules peut être calculé par l’équation
7.2 :

s Gs2
s = = 3=66 v (7.2)
18dlu

Le temps caractéristique de l’écoulement peut quant à lui être évalué à partir de considéra-
tions réalisées à priori sur sa topologie. Les travaux de Seibel [29], concernant l’étude expérimen-
tale et numérique de l’entraînement d’air d’un spray généré par un injecteur IDE à ouverture
externe, sans mouvement de swirl, mettent en évidence l’existence de très fortes accélérations
au sein de l’écoulement, notamment au voisinage du spray.

g 500=10¡6
 i oxlgh = = = 25 v (7.3)
¢Y 20

Les évolutions de vitesse sont de l’ordre de ¢Y = 20 p@v pour un déplacement g = 500


p, ce qui conduit à un temps caractéristique dimensionnant de l’écoulement  i oxlgh = 25 v
(équation 7.3). Le nombre de Stokes des traceurs dans cette con…guration est alors évalué à
s
Vws = = 0=15.
 i oxlgh

Cela permet de conclure que les gouttelettes générées par l’ensemenceur décrit précédemment
adopteront un comportement de traceurs en raison de leur très faible temps de réponse par
rapport aux sollicitations de l’écoulement, et ce bien qu’ayant sur-estimé la valeur du diamètre
de goutte utilisé (…gure 7.8).

Cependant, l’intensité du signal de ‡uorescence d’une gouttelette étant proportionnelle à son


volume, et donc à son diamètre élevé au cube, on doit s’attendre à une distinction préférentielle
par la caméra du signal de ‡uorescence provenant des plus grosses gouttelettes.

169
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

La répartition du nombre de gouttes par classe de diamètre présentée précédemment (…gure


7.8) n’est donc pas la plus pertinente vis-à-vis de la sensibilité de la caméra et on préfère utiliser
une répartition en volume des classes de diamètre.

Pour illustrer la di¤érence entre répartition en nombre et en volume, considérons deux gout-
telettes de diamètre g1 et g2 (g1 ? g2 ), l’intensité du signal de ‡uorescence de la plus grosse sera
µ ¶3
g2
fois plus grande que la plus petite, augmentant de fait ses chances d’être vue.
g1

La fonction de densité de probabilité des diamètres adopte donc une forme di¤érente de celle
présentée précédemment (…gure 7.8), puisque pondérée cette fois-ci par le volume de la classe
considérée (…gure 7.9).

On véri…e bien que, du point de vue de la caméra, le diamètre moyen des particules est plutôt
de l’ordre de 0=4 p (au lieu de 0=25 p), mais toujours inférieur au diamètre de particule utilisé
pour le calcul du nombre de Stokes (1 p), validant dé…nitivement le système d’ensemencement.
En…n, cette analyse met en évidence que les résultats de la méthode de F-PIV sont pondérés
par la masse des traceurs utilisés.

Fig. 7.9 – Fonctions de densité de probabilité du diamètre des traceurs en nombre et en volume.

170
7.2 DISPOSITIF EXPERIMENTAL

Précisons qu’un système de vannes permet d’alimenter l’enceinte en air ensemencé avant une
série de mesures, ou en air pur lors des phases d’évacuation des gouttelettes de carburant et
des traceurs hors de la zone de visualisation. Etant réalisé en matière plastique, l’ensemenceur
ne supporte que de très faibles surpressions par rapport à la pression atmosphérique. Ainsi, la
réalisation de mesures en contre pression nécessite une procédure particulière.

L’enceinte doit être en premier ensemencée en traceurs à la pression atmosphérique. On ferme


alors sa vidange et on isole l’ensemenceur en verrouillant sa vanne de sortie (…gure 7.10). Le
circuit parallèle d’air comprimé est alors ouvert, amenant le gaz à la contre pression souhaitée.
Cela entraîne une élévation de la densité du milieu dans lequel l’injection va être réalisée, et
donc une diminution de la concentration massique du traceur, mais pas de sa concentration
volumique, la vidange de l’enceinte étant fermée. Une fois les mesures réalisées, l’air comprimé
est coupé, la vidange ouverte et le balayage mis en marche, préparant l’enceinte à une nouvelle
série de mesure.

Fig. 7.10 – Circuit pneumatique d’ensemencement de l’enceinte.

La procédure concernant l’utilisation d’un gaz lourd pressurisé comme milieu d’injection est
exactement la même que celle citée précédemment pour l’air, la vidange se faisant à l’air pour
des raisons d’économies alors que l’ensemencement est assuré par le gaz lourd.

7.2.3 Dispositifs optiques

La réalisation de mesures de Vélocimétrie par Images de Particules (par di¤usion de Mie


ou par ‡uorescence) nécessite l’utilisation d’un laser générant deux nappes successives dont le
délai entre les deux émissions est fonction de la dynamique de l’écoulement à analyser et de la
con…guration du système optique de réception (résolution de la caméra et objectif dé…nissant le
grandissement optique du montage).

171
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

Le laser utilisé pour les mesures de F-PIV est de type Nd :YaG doublé (Spectra Physics)
délivrant des doublets de faisceaux (longueur d’onde 532 qp, couleur verte) à une fréquence de
tir de 10 K}. L’énergie en sortie du laser a été réglée à 2 ¤ 170 pM, ce qui est nécessaire en raison
du faible rendement du phénomène de ‡uorescence (cf. § 7.1.4).

L’acquisition des doublets d’images est assurée par une caméra numérique 12 elwv Sensicam
QE, de marque PCO. Les modèles dits QE (Quantum E¢ciency) sont caractérisés par une plus
forte sensibilité aux signaux de faible intensité comme ceux de ‡uorescence par exemple. La
résolution du capteur CCD est de 1040 ¤ 1376 pixels (au lieu de 1024 ¤ 1240 pour les modèles
classiques).

Toutefois, en raison de la faible intensité du signal de ‡uorescence, la fonctionnalité de


regroupement de pixels du capteur de la caméra a été utilisée (binning), réduisant la résolution
à une qualité de 520 ¤ 688 (regroupement 2*2), mais augmentant la sensibilité du capteur.
L’utilisation d’un laser de plus forte puissance permettrait l’obtention d’un signal de ‡uorescence
certes plus intense mais augmenterait aussi le bruit, ne conduisant pas nécessairement à un
rapport signal sur bruit plus intéressant de ce point de vue.

Le montage optique choisi a permis d’obtenir des champs dont la taille caractéristique est de
35 ¤ 40 pp, ce qui permet de visualiser le développement du spray dans les premières phases de
l’injection ainsi que la zone d’intérêt de l’entraînement d’air tout au long de l’injection. L’objectif
utilisé est un Noct-Nikkor (de marque Nikon), de focale 55 pp et dont l’ouverture est prise
maximale (nombre d’ouverture de 1=2) a…n de détecter les signaux de ‡uorescence de faible
intensité.

La séparation des signaux de di¤usion de Mie (provenant de l’impact de la nappe laser sur
les traceurs et sur les gouttelettes du spray) et du signal de ‡uorescence est assurée par un …ltre
Schott de type RJ ¡ 590 qp (rouge-orange, …gure 7.11) monté devant l’objectif de la caméra.

172
7.3 VALIDATION

Fig. 7.11 – Caractéristique du …ltre OG590, longueurs d’onde d’excitation laser, de plage de
‡uorescence et maximum d’émission.

La caractéristique de ce …ltre est d’atténuer très fortement les longueurs d’onde inférieures à
590 qp (…ltre passe-haut) et donc celle de la nappe laser de longueur d’onde 532 qp. Le signal
reçu par le capteur de la caméra est alors composé de la ‡uorescence des traceurs mais aussi de
la di¤usion de Mie du spray vis-à-vis du signal de ‡uorescence émis par les traceurs.

Des quanti…cations de la ‡uorescence propre du liquide injecté (Isane IP155) ont permis de
conclure que la ‡uorescence de ce dernier est plus que négligeable au regard de celle des traceurs.

7.3 VALIDATION

7.3.1 Images caractéristiques

La …gure 7.12 est la première image d’un doublet pris pour réaliser des mesures de F-PIV
(pression d’injection de 50 bars, durée d’injection de 1 pv, contre pression et température
atmosphérique). Le spray est légèrement visible par di¤usion de Mie du signal de ‡uorescence
des traceurs et non par ‡uorescence du liquide injecté lui-même (cf § 7.1.3).

173
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

De ce fait, la frontière du spray est particulièrement bien identi…able en raison de son fort
chargement en liquide qui induit une intense di¤usion de Mie du signal de ‡uorescence provenant
des traceurs présents dans la nappe diphasique.

Fig. 7.12 – Image dédiée de F-PIV. Paramètres d’injection : pression de 50 bars, durée de 1 ms,
retard de 0.9 ms.

Le bruit de fond de la zone interne du spray est plus élevé (aspect laiteux) que celui de la
zone externe. Cela peut être dû en partie au phénomène de "piégeage" du signal de ‡uorescence
par la nappe qui se comporte alors comme un guide d’onde.

De plus, on doit aussi considérer la partie du spray comprise entre le plan de focale et le
capteur de la caméra ainsi que la défocalisation justi…ant cette plus faible intensité. De ce fait,
les mesures d’écoulement d’air interne au spray ne peuvent être réalisées qu’à des pressions
inférieures à 50 eduv (dans le cas de l’injecteur piézo-électrique).

Au-delà de cette pression, la nappe diphasique du spray, plus dense, di¤use alors trop de
signal lumineux et élève le niveau du bruit à celui du signal des traceurs, rendant impossible
leur distinction à l’intérieur du spray. Ce phénomène est illustré par la …gure 7.13 avec une prise
de vue d’une injection réalisée à une pression d’injection de 200 eduv.

174
7.3 VALIDATION

Fig. 7.13 – Image dédiée de F-PIV. Paramètres d’injection : pression de 200 bars, durée de 1.5
ms, retard de 0.9 ms.

Il pourrait être envisageable d’utiliser le balancier de l’enceinte pour permettre au laser de


pénétrer directement à l’intérieur du spray, sans avoir à traverser la nappe diphasique avant
d’exciter les traceurs (…gure 7.14). Cela permettrait de disposer de plus d’énergie lumineuse
d’excitation des particules et donc d’élever l’intensité de leur signal de ‡uorescence au dessus du
bruit de di¤usion de Mie du spray.

Une autre solution consisterait à dédoubler la nappe laser en deux, une nappe orientée comme
celle utilisée dans cette étude et une autre pénétrant dans le sens inverse de la pénétration du
spray, sans inclinaison de l’enceinte.

Notons que ce partage entraînerait aussi une division de l’énergie disponible du laser entre les
deux nappes, introduisant un paramètre de réglage supplémentaire. Des nappes laser coplanaires
seraient aussi plus délicates à obtenir en raison de la complexi…cation du trajet optique.

175
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

Fig. 7.14 – Con…gurations alternatives pour l’étude de la phase gazeuse par F-PIV. Illumination
unique par la base du spray (gauche) ou double par division de la nappe laser (droite).

Insistons ici sur le fait que l’utilisation de telles con…gurations nécessitera tout de même de
toujours prendre des précautions pour éviter toute dégradation de l’état de surface du nez de
l’injecteur par la nappe laser (…gure 7.15).

Fig. 7.15 – Détail de "nez" de l’injecteur, intact (gauche) et marqué suite à des impacts de
nappes laser (droite).

La phase gazeuse (externe ou interne au spray) est bien ensemencée par de nombreux tra-
ceurs ‡uorescents présentant un contraste su¢sant vis-à-vis du fond (…gures 7.12 et 7.13). Il est
d’ailleurs intéressant de connaître l’ordre de grandeur des intensités lumineuses des éléments de
l’écoulement (traceurs et nappe du spray). Les niveaux de gris des traceurs ‡uorescents utilisés
pour les calcul de FPIV varient entre 150 et 400, le pic de distribution étant situé à un niveau
de 240. La dynamique de la caméra pouvant atteindre des niveaux de 4096, le rendement du
signal de ‡uorescence est faible.

176
7.3 VALIDATION

Il est donc crucial d’utiliser des dispositifs optiques adaptés à savoir un laser de forte puis-
sance, un dopant à fort rendement de ‡uorescence et à grande solubilité dans le solvant, un
objectif à forte ouverture et un capteur de caméra à haut rendement quantique. En…n, précisons
que c’est la nappe de carburant qui présente les niveaux de gris les plus élevés puisque supérieurs
à 350, en raison du phénomène de piégeage déjà évoqué, les di¤érents mécanismes de di¤usion
et de ‡uorescence étant illustrés sur la …gure 7.16.

Fig. 7.16 – Mécanismes de di¤usion et de ‡uorescence générés par le spray et les traceurs.

7.3.2 Convergence des mesures de vitesse

Les variations du comportement du spray d’une injection à l’autre ainsi que les erreurs (ou
absences) de mesures de vitesses ont conduit à utiliser une approche par moyenne d’ensemble
pour analyser l’écoulement d’air autour du spray. Il est donc nécessaire de véri…er la convergence
statistique des grandeurs d’intérêt, à savoir les vitesses axiales et radiales de l’air dans notre cas.
Pour ce faire, on utilise un calcul d’écart relatif, ¢Dl , entre une moyenne ne prenant en compte
qu’une partie de toutes les images disponibles, Dl, et la moyenne de l’ensemble des images,
Dl pd{ > équation 7.4.

En appliquant cette méthode aux deux composantes des vitesses mesurées dans un plan
localisé à 8 pp du nez de l’injecteur, on obtient les évolutions d’écart à la moyenne, et donc les
convergences de ces grandeurs, présentées sur la …gure 7.17.

Dl ¡ Dl pd{
¢Dl = avec D, grandeur dont la convergence est étudiée et l le nombre d’images.
Dl pd{
(7.4)

177
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

Fig. 7.17 – Convergence des mesures de vitesse d’air par F-PIV

Un minimum de 20 images est nécessaire pour assurer un écart relatif inférieur à 3 %. 25


images au minimum seront prises pour chaque point de mesure, compromis entre la dispersion des
mesures et le temps nécessaire à leur réalisation, la pollution rapide de l’enceinte ne permettant
que 5 injections sans vidange et nettoyage.

7.3.3 Equation de continuité

Une autre façon d’évaluer la qualité des mesures réalisées est de véri…er globalement l’équa-
tion de continuité concernant la phase gazeuse incompressible. Pour cela, on considère un volume
de contrôle constitué d’un tore à section rectangulaire dont l’axe est confondu avec celui du spray
(…gure 7.18). On réalise alors le calcul des ‡ux de masse entrant et sortant sur chaque face en
découpant celle-là en bandes (sections verticales) ou anneaux (sections horizontales) centrées sur
le point de calcul de la vitesse (équation 7.5).

P
X
Ti dfh = 1 Xn Vn (7.5)
n=1

178
7.3 VALIDATION

Fig. 7.18 – Exemple de zone de véri…cation de l’équation de continuité

Pour un écoulement supposé bidimensionnel et situé dans le plan de mesure, la somme des
débits entrant et sortant doit être théoriquement nulle par conservation de la masse. De fait,
l’erreur relative (¢frqwlqxlw¶h ) est dé…nie comme étant le rapport entre la valeur du bilan de masse
et la somme des valeurs absolues des débits transitant sur chaque face (équation 7.6).

4
X
1 Ti dfh m
m=1
¢frqwlqxlw¶h = 4
(7.6)
X
1 jTi dfh m j
m=1

En adoptant la même méthode que pour la convergence des mesures de vitesse axiale et
radiale, la …gure 7.19 représente l’évolution de l’erreur de l’équation de conservation de la masse,
¢frqwlqxlw¶h , en fonction du nombre d’images utilisées (équation 7.4). On constate ici encore que
l’erreur diminue avec le nombre d’images utilisées et qu’un nombre de 20 images permet une
véri…cation du bilan de masse à moins de 4 % près.

179
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

Fig. 7.19 – Validation de l’équation de continuité en fonction du nombre d’images utilisées.


Paramètres d’injection : pression de 200 bars, durée de 1.5 ms, retard de 1 ms

L’amélioration de la véri…cation de l’équation de continuité en fonction du nombre de réa-


lisations considérées a fait l’objet de plusieurs études dont celle de Donghee [82]. D’après ses
travaux, il estime que la décroissance des erreurs du bilan de masse provient du lissage d’éven-
tuels e¤ets tridimensionnels aléatoires, dont la moyenne d’ensemble aurait pour limite in…nie
une vitesse nulle. Ainsi, l’augmentation du nombre d’images ferait tendre la valeur de la vitesse
moyenne orthoradiale vers zéro, contribuant à une meilleure validation du bilan de masse.

Concernant le type de spray étudié ici (et contrairement aux injecteurs IDE 1hµuh génération),
aucune composante orthoradiale de vitesse n’est imposée au liquide (et donc à l’air). Les me-
sures de vitesse étant réalisées dans le plan de symétrie de l’injecteur, les écoulements moyens
présentent des composantes perpendiculaires au plan de mesure qui sont considérées comme
négligeables. Une première estimation des vitesses orthoradiales maximales peut être proposée
en considérant la performance des mesures F-PIV (valable aussi pour la PIV classique).

180
7.3 VALIDATION

En e¤et, une condition d’obtention d’une mesure de vitesse dans une maille de calcul est
qu’un nombre su¢samment grand de particules vues lors du premier tir laser, soient toujours
visibles lors du deuxième tir du doublet. Il faut donc que le trajet parcouru par les particules
entre les deux tirs soit inférieur au quart de l’épaisseur de la nappe pour que la perte de particules
visible entre la première et la deuxième nappe soit inférieure à 25 %.

Le délai entre les deux tirs d’un même doublet varie entre 40 et 15 v a…n de prendre en
compte l’évolution de la dynamique de l’écoulement d’air tout au long de l’injection. L’épaisseur
de la nappe laser étant de l’ordre de 500 p, la valeur maximale de vitesse orthoradiale permet-
tant à une particule d’être identi…ée sur les deux images est de l’ordre de 4 p@v. Cette valeur
n’est absolument pas négligeable au vu des vitesses d’air mesurées (20 p@v au maximum) et il
ne faut donc pas compter sur l’épaisseur de la nappe pour imposer une quelconque sélectivité
des vitesses de particule perpendiculaires au plan de mesure.

D’autre part, l’évolution de la conservation de la masse en fonction du nombre de réalisations


n’est pas la même suivant la position du point de fonctionnement étudié dans le cycle d’injection
(…gure 7.20).

Fig. 7.20 – Convergence de l’équation de continuité en fonction du nombre d’images au cours


d’une injection. Paramètres d’injection : pression de 200 bars, durée de 1.5 ms.

181
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

En considérant les faibles nombres d’images (? 10), on constate que les points dont le retard
après le début de l’injection est inférieur à 0=60 pv présentent des erreurs plus importantes que
ceux réalisés plus tard dans l’injection. Insistons tout d’abord sur le fait que c’est bien dans les
premiers instants de l’injection que l’intensité relative des ‡uctuations d’une injection à l’autre
est la plus élevée. L’importance relative des e¤ets tridimensionnels sont en e¤et plus importants
au début de l’injection où les vitesses de l’écoulement d’air ne sont pas encore très élevées.

Au fur et à mesure de l’injection, l’écoulement d’air est mis en mouvement et guidé par
la pénétration du spray, réduisant l’importance des mouvements perpendiculaires au plan de
mesure. On constate bien expérimentalement une décroissance de l’erreur en fonction du nombre
d’images utilisées pour les premiers instants de l’injection plus marquée que pour des retards
importants (…gure 7.20).

Finalement, l’erreur de l’équation de continuité tout au long de l’injection (utilisant l’inté-


gralité des 25 images disponibles) est présentée sur la …gure 7.21. Les tendances sont en accord
avec les observations précédentes et on retrouve que les erreurs de l’équation de continuité sont
plus importantes dans les 600 premières v après le début de l’injection atteignant presque 10
% pour décroître à 4=5 % et même plus bas une fois l’injecteur fermé (uhwdug A 1=5 pv).

Fig. 7.21 – Validation de l’équation de continuité tout au long d’une injection sur des champs
moyens de 25 injections. Paramètres d’injection : pression de 200 bars, durée de 1.5 ms.

182
7.3 VALIDATION

Cela est dû au fait que l’écoulement d’air autour du spray ne se met pas en mouvement ins-
tantanément dans l’enceinte mais se propage du voisinage du spray vers l’extérieur. Les champs
de vitesse d’air présentent donc un gradient de vitesse diagonal relativement important puisque
l’air avant l’injection est au repos.

Or, la mesure de vitesse par PIV nécessite un choix de délai entre les deux tirs laser en
adéquation avec la dynamique de l’écoulement et la taille des cellules de calcul choisie, étant
classiquement admis que le déplacement ne doit pas excéder un déplacement supérieur à un
quart de maille de calcul. Il est ainsi plus complexe d’analyser par PIV une zone d’un écoulement
présentant de fortes di¤érences de vitesse.

D’autre part, la dynamique du spray et de l’air sont très di¤érentes, de presque deux ordres
de grandeur (Yoltxlgh ¼ 100 p@v et Ydlu  [0 p@v ; 20 p@v]). Il ne serait donc pas cohérent d’aug-
menter le laps de temps entre les deux tirs laser pour capter toute la dynamique de l’écoulement
d’air, notamment les vitesses les plus faibles.

Les déplacements des zones les plus rapides seraient alors soit inaccessibles, soit moyennées
sur la plage temporelle entre les deux tirs laser du doublet, lissant alors les e¤ets instationnaires
que nous cherchons à caractériser.

En résumé, un choix doit être fait entre résoudre précisément les champs de vitesse à proxi-
mité du spray ou au plus loin, et nous nous focalisons ici sur la proche frontière du spray a…n
de déterminer localement l’entraînement de ce dernier.

Ce faisant, les mesures de F-PIV sont de plus en plus précises au fur et à mesure que
l’écoulement d’air se met en mouvement et atteint la zone de contrôle dé…nie …gure 7.18. Pour
des retards après le début de l’injection supérieurs à 0=7 pv, l’erreur sur l’équation de continuité
est alors constante, de l’ordre de 4> 5 % (…gure 7.21).

La diminution de l’erreur après la fermeture de l’injecteur (retards après le début de l’injec-


tion A 1=5 pv) semble être uniquement due à une meilleure qualité des mesures en raison de
l’éloignement de la phase liquide de la zone à mesurer, ce qui diminue fortement la di¤usion de
Mie du signal de ‡uorescence des traceurs.

183
Chapitre 7. MESURE DE L’ECOULEMENT D’AIR AU VOISINAGE D’UN JET
DIPHASIQUE DENSE

7.4 CONCLUSIONS
Au terme de ce chapitre, nous pouvons a¢rmer que la mise en place de la méthode de
Vélocimétrie par Images de Particules Fluorescentes a été menée avec succès, non seulement
dans le cadre de cette étude, mais plus généralement au sein de l’IMFT.

Le principal inconvénient de cette technique est le faible rendement du phénomène de ‡uores-


cence pour les longueurs d’ondes d’excitation disponibles. L’utilisation de dispositifs changeant
la longueur d’onde du laser PIV utilisé (appelés doubleurs) permettrait de modi…er la longueur
d’onde d’excitation. On pourrait alors obtenir des signaux de ‡uorescence plus forts en excitant
le DCM dans un autre domaine spectral ou en choisissant un traceur plus adapté (Kosiwczuk
[44]).

Quoi qu’il en soit, les équipes du laboratoire disposent maintenant d’un outil performant pour
l’étude d’écoulements d’air au voisinage de jets diphasiques très denses ou la mesure simultanée
(en utilisant une caméra supplémentaire) des vitesses des phases porteuses et dispersées d’autre
écoulements diphasiques.

Ajoutons que cette technique de mesure n’est pas encore très répandue pour l’analyse des
sprays en dehors des laboratoires de Karlsruhe et du CORIA dont les études ont déjà été citées.
Il est donc crucial de poursuivre l’utilisation mais surtout l’amélioration des techniques ‡uores-
centes, l’application concernant les mesures simultanées de l’écoulement d’air et des propriétés
des gouttes (diamètres et vitesses par PDA par exemple) semblant être la plus intéressantes en
terme d’amélioration de la compréhension et de la modélisation des écoulements diphasiques.

184
Chapitre 8

ENTRAINEMENT D’AIR DU
SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Ce dernier chapitre utilise les résultats obtenus par Vélocimétrie par Images de Particules
Fluorescentes (FPIV) présentée dans le chapitre précédent. Elle est utilisée pour quanti…er l’en-
traînement d’air instantané (débit) du spray de l’injecteur piézo-électrique. Nous présentons alors
les avantages et inconvénients de di¤érentes méthodes de mesure de l’entraînement d’air d’un
jet avant d’utiliser la plus appropriée pour mener des études instationaires de sprays diphasiques
denses. La granulométrie, la concentration et la vitesse des gouttes sont notamment régies par
le pression d’injection. Une étude de sensibilité de l’entraînement d’air instantané à la pression
d’injection est donc menée en considérant notamment la traînée aérodynamique des gouttelettes.
Une étude "statique" du comportement du spray vis-à-vis d’une hausse de la densité du milieu
d’injection est réalisée. Nous utilisons en…n un gaz dense permettant d’augmenter la densité du
milieu d’injection et de simuler des pressions supérieures à celles que l’on pourrait obtenir avec
de l’air.

8.1 MODE DE CALCUL DE L’ENTRAINEMENT D’AIR

8.1.1 Méthode "indirecte"

De nombreuses études ont été menées sur l’entraînement de jets, qu’ils soient monopha-
siques ou diphasiques, composé d’un ou de plusieurs jets (coaxiaux, transverses), permanents ou
transitoires (MacGregor [91], Post [92], Ricou [93], Hill [94]).

185
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

La dé…nition de l’entraînement reste la même alors que son mode de calcul est essentiellement
fonction des performances des méthodes de mesures utilisées et de la con…guration du jet étudié
(monophasique, diphasique, dense, réactif)

A titre de rappel, considérons dans un premier temps un jet rond monophasique turbulent
permanent de vitesse débitante X0 , de diamètre initial g, se propageant suivant l’axe des }
croissants (…gure 8.1, Rajaratnam [95]). Le jet présente trois zones distinctes au fur et à mesure
de sa pénétration dans le milieu ambiant. Le cône potentiel s’étend de la sortie du jet jusqu’à
une section dite d’établissement et présente une vitesse constante égale à la vitesse débitante X0 =
Cette zone, complétée par la partie du jet comprise entre sa frontière externe et le cône potentiel
est la région de développement du jet.

Fig. 8.1 – Jet monophasique turbulent. Morphologie et grandeurs caractéristiques.

Au-delà de la région d’établissement, le jet est entièrement développé et la di¤usion turbu-


lente radiale entraîne un épanouissement du jet. Par conservation de la quantité de mouvement,
les pro…ls de vitesse s’étalent radialement et s’aplatissent. La demi largeur du jet, e, dé…nie
comme étant le rayon pour lequel la vitesse est la moitié de la vitesse à l’axe (notée Xp ), suit
une évolution linéaire en fonction de la pénétration du jet, soit e / }. Le débit d’air du jet
augmentant de par l’entraînement de l’air au repos du milieu ambiant, la distribution radiale de
1
vitesse axiale est de plus en plus lissée, la vitesse à l’axe diminuant notamment selon Xp / .
}

L’expression de la distribution de vitesse est classiquement abordée suivant une approche


X (u> }) u
auto-similaire, c’est-à-dire que l’on peut dé…nir = i (n).avec  = rayon sans dimension
Xp (}) e
et n constante. Une des propriétés remarquables du pro…l de vitesse est que sa forme est une
constante du jet, quelle que soit la section considérée (…gure 8.2).

186
8.1 MODE DE CALCUL DE L’ENTRAINEMENT D’AIR

Fig. 8.2 – Pro…l de vitesse sans dimension d’un jet rond turbulent. Sollution de Tollmien.

L’entraînement d’un jet au travers d’une section placée à une distance z de l’ori…ce de sortie
du jet est quant à lui dé…ni comme étant le débit massique d’air au travers de cette dernière,
de l’axe du jet à l’in…ni (dé…nition 8.1, Ricou [93], Hill [94] et Rajaratnam [95]). En intégrant
à cette dé…nition les résultats précédents, on arrive à la conclusion que le débit d’air entraîné
par un jet rond monophasique turbulent augmente linéairement en fonction de la pénétration
du jet.

Z
u=1 Z
u=1

_ dlu (}) =
p 1 X (u> }) 2u gu = 21 X (u> }) u gu / X (u = 0> })=} (8.1)
u=0 u=0

L’utilisation de cette dé…nition de l’entraînement dans le cadre de l’étude expérimentale d’un


jet diphasique dense nécessiterait donc la mesure du pro…l de vitesse de l’air. Il est très di¢cile
de parvenir à obtenir de telles mesures non intrusives à l’intérieur de jets diphasiques denses,
les méthodes optiques n’étant pas adaptées à ces milieux où le trop grand nombre de gouttes et
d’interfaces déforment et dénaturent les faisceaux ou nappes laser utilisés. Il est donc nécessaire
d’envisager une autre méthode de détermination dédiée à l’entraînement de tels jets.

Ainsi, certaines études expérimentales de sprays denses qui se basent sur des mesures de
vitesses d’air par PIV classique, ne pouvant mesurer les vitesses à proximité du spray, se basent
sur l’équation de continuité appliquée à un domaine gazeux pris à l’extérieur du spray (…gure
8.3).

187
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Par conservation de la masse au sein de ce domaine, on obtient une relation entre l’entraî-
nement d’air entre }1 et }3 et le débit sur chacune des trois autres faces du domaine (notées V1 >
V2 et V3 ), la quatrième étant la frontière du spray (équation 8.2). Nous appellerons désormais
ce mode de calcul "méthode indirecte".

Fig. 8.3 – Détermination par PIV classique de l’écoulement d’air externe pour un spray dipha-
sique dense.

Z Z Z
!
¡ ! !
¡ !
¡
_ dlu (}1 > }3 ) = ¡
p  X (}1 > u)=¡
!gv ¡
q1  X 2 =¡
q2 gv ¡  X (}3 > u)=¡
!gv
q3 (8.2)
V1 V2 V3

Très pratique pour parvenir à l’évaluation de l’entraînement, il n’en reste pas moins que cette
méthode a pour désavantage de nécessiter les mesures de vitesse sur trois faces d’un volume de
contrôle présentant des vitesses d’intensité di¤érentes. Il a été mentionné au chapitre précédent
(§ 7.1.2) que les erreurs relatives de détermination étaient plus élevées pour les faibles vitesses
qui sont ici les plus éloignées de la frontière du jet.

L’évaluation de l’entraînement du jet parµ"méthode indirecte"


¶ repose donc sur l’utilisation
¢Yn
des mesures présentant le plus d’incertitude notée =
Yn

188
8.1 MODE DE CALCUL DE L’ENTRAINEMENT D’AIR

Leur localisation à la périphérie implique aussi que leur intégration se fera sur des surfaces
d’autant plus importantes (vn ), conférant aux indéterminations un poids d’autant plus fort.

De plus, "la méthode indirecte" requiert la mesure des débits sur les trois faces, nécessitant
donc P fois plus de mesures¶et générant donc une incertitude de mesure de l’entraînement
µ
¢p_ dlu
notée > dé…nition 8.3 P fois plus grande, avec P de l’ordre de 2.5.
p_ dlu

n=Q
X ¢Yn
¢p_ dlu
= Vn (8.3)
p_ dlu Yn
n=0

Cette méthode présuppose aussi que l’équation de continuité est validée sur le domaine
de gaz délimité par les surfaces de contrôle alors que les études sur sa véri…cation menée au
chapitre 7 ont aussi mis en évidence des erreurs de l’ordre de 8 %, impliquant de fait des erreurs
supplémentaires pour le calcul de l’entraînement par le bilan de masse.

En…n, dans le cadre d’une analyse instationnaire de l’entraînement d’air, il est très délicat
de relier ces résultats obtenus "indirectement" à la dynamique du spray. En e¤et, la mise en
mouvement de l’air situé à distance du spray et utilisé pour le calcul de l’entraînement d’air par
méthode "indirecte" nécessite un certain laps de temps.

Ce temps de réponse implique un déphasage temporel et une distorsion de l’entraînement


d’air instantané, rendant encore plus complexe l’interprétation des résultats.

8.1.2 Méthode "directe"

La mesure indirecte de l’entraînement par utilisation de l’équation de continuité est certes


astucieuse mais sou¤re d’un cumul des erreurs de mesure des vitesses de l’écoulement d’air sur
un nombre trop important de points. La F-PIV, présentée dans le chapitre précédent a comme
avantage sur la PIV classique de pouvoir mesurer la vitesse de l’écoulement d’air à une distance
très proche de la frontière du spray.

L’entraînement d’air de la nappe diphasique peut alors être évalué directement par le calcul
de la quantité d’air transitant au travers de la surface de contrôle conique dé…nie par la frontière
du spray (…gure 8.4 et équation 8.4).

189
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 8.4 – Mode de calcul direct de l’entraînement par F-PIV

Z 2
}=}
g}
_ dlu (}) =
p  Xq (u> }) 2u (8.4)
frv 2
}=}1

Le mode de calcul direct de l’entraînement d’air nécessite donc l’utilisation des seules vitesses
mesurées à proximité immédiate du spray. Les précédentes validations sur la méthode de F-PIV
ne se basent pas uniquement sur des mesures réalisées en proche distance et la convergence des
résultats d’entraînement n’est donc pas forcément la même que celle incluant l’ensemble des
mesures (cf. § 7.3).

C’est ce que l’on constate e¤ectivement sur la …gure 8.5 qui présente la diminution de l’écart
type des mesures de vitesses en proche frontière réalisées 1 pv après le début de l’injection.

190
8.1 MODE DE CALCUL DE L’ENTRAINEMENT D’AIR

Fig. 8.5 – Convergence des mesures de vitesse utilisées pour le calcul de l’entraînement. Para-
mètres d’injection : pression d’injection de 200 Bars, durée de 1.5 ms, retard de 1 ms après le
début de l’injection.

La chute de l’écart type des séries de mesure utilisées pour le calcul de l’entraînement est
plus forte et plus rapide que celle des mesures incluant l’intégralité des mesures (chapitre 7).
Cela peut être en partie dû à l’algorithme de calcul utilisé qui présente des erreurs …xes dans la
détermination du déplacement (inférieure à 0=05 sl{ho).

Ainsi, les vitesses mesurées à proximité du spray sont les plus élevées, l’erreur relative de
l’algorithme de calcul s’en trouvant donc amoindrie par rapport à la détermination des faibles
vitesses à distance du spray. La frontière du spray étant très nette et stable non seulement au
cours du temps (une fois le vortex passé) mais aussi d’une injection à l’autre, les mesures de
vitesse à proximité de cette dernière sont donc exploitables. Elles serviront donc de support à
la détermination "directe" de l’entraînement d’air de la nappe du spray sans avoir à utiliser des
intermédiaires de calcul qui augmentent l’incertitude des mesures.

L’entraînement d’air se base donc sur l’intégration du ‡ux d’air le long de la frontière du
spray entre deux bornes d’intégrations. La borne inférieure (}1 ) est toujours localisée à la sortie
de la nappe liquide soit }1 = 0. La borne d’intégration supérieure (}2 ), dé…nit quant à elle la
distance entre le haut du vortex et la sortie du liquide et dépend donc du temps.

191
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

La proportion de l’entraînement d’air généré par le vortex de front de tête du spray n’est
donc pas prise en compte. Pour ce faire, il serait nécessaire de suivre l’évolution spatio-temporelle
du champ de vitesse tout autour du spray (nappe, vortex et tête) et de dé…nir une enveloppe de
contrôle mobile de manière analogue aux travaux de Seibel [29].

La …gure 8.6 représente schématiquement le spray pour trois retards après le début de l’in-
jection di¤érents. La zone de mesure est quant à elle …xe et sa taille ne permet pas de suivre
l’évolution du spray tout au long de l’injection.

En e¤et, les contraintes d’utilisation de la FPIV, notamment la faible intensité du signal


de ‡uorescence, ont imposé l’utilisation de champs de visualisation restreints, ne permettant
e¤ectivement pas d’analyser l’écoulement d’air autour du spray dans son intégralité.

Fig. 8.6 – Evolution de la surface de contrôle au cours du temps.

On constate e¤ectivement que plus le spray pénètre dans le milieu d’injection, plus la partie
supérieure du vortex s’éloigne du nez de l’injecteur, conduisant à une augmentation de }2 en
fonction du temps (ou de la pénétration).

Pour des retards supérieurs à w = w3 (de l’ordre de 500 v, mais variable suivant la pression
d’injection), la tête du spray ainsi que le vortex sortent du champ de mesure et ](w A w3 ) = ]pd{
devient une constante jusqu’à la …n de l’injection.

192
8.1 MODE DE CALCUL DE L’ENTRAINEMENT D’AIR

La surface de contrôle est donc croissante pour des temps compris entre le début de l’injection
et w = w3 > instant à partir duquel elle reste constante.

Le calcul se fait par découpage de la section d’intégration en q portions de surfaces coniques


tronquées, les q mesures de vitesses par F-PIV étant centrées sur ces dernières (…gure 8.7),
l’intégration des débits de chaque surface conduisant à l’entraînement.

La masse volumique du gaz environnant est prise constante. Ce n’est pas le cas en présence
de combustion ou d’écoulements supersoniques où les variations spatiales de densité ne sont plus
négligeables (Donghee [82]).

Fig. 8.7 – Mode de calcul de l’entraînement d’air par discrétisation de la surface de contrôle.

Ce mode de calcul est très fortement dépendant de la position de la surface de contrôle, les
débits au travers des zones supérieures, inférieures et extérieures (cf. méthode indirecte) n’étant
pas pris en compte.

La …gure 8.8 présente un champ de vitesse d’air mesuré, la surface utilisée pour le calcul de
l’entraînement d’air ainsi qu’une des surfaces de contrôle obtenues par translation radiale de V0
et notée Vl=

193
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 8.8 – Champ de vitesse de l’air, surface de référence de calcul de l’entraînement (S0) et
surface de contrôle translatée radialement (Si).

Les débits volumiques passant au travers de chaque section de contrôle ainsi que l’entraîne-
ment du spray (tous calculés par la méthode directe) sont présentés …gure 8.9. On constate que
l’augmentation de la distance de la zone de contrôle à la frontière du spray se traduit par une
hausse de l’entraînement d’air au travers des surfaces Vl=

En e¤et, le calcul par méthode directe de l’entraînement le long d’une surface de contrôle
éloignée de la frontière du spray ne prend pas en compte les ‡ux d’air compris entre la surface
de calcul et le spray. On évalue seulement le ‡ux de la surface V2 dé…nie dans la méthode
"indirecte", négligeant les débits des surfaces V1 et V3.

Le bilan des ‡ux au travers de V1 et V3 est négatif car V1 est plus petite que V3, les vitesses
normales étant du même ordre de grandeur. L’entraînement obtenu par méthode "directe" aug-
mente donc au fur et à mesure que la surface de contrôle s’éloigne de la frontière du spray,
conformément aux résultats de la …gure 8.9

194
8.1 MODE DE CALCUL DE L’ENTRAINEMENT D’AIR

Fig. 8.9 – Dépendance du mode de calcul de l’entraînement d’air vis-à-vis de la distance de la


zone de contrôle à la frontière du spray.

Le calcul de l’entraînement d’air par méthode "directe" peut donc être réalisé pour des
jets permanents (moteurs continus pour les applications aéronautiques ou les turbomachines
industrielles) ou pulsés (moteurs alternatifs pour les applications automobiles) sous réserve de
disposer des mesures de vitesses à proximité immédiate de la frontière du spray.

Nous préfèrerons donc cette méthode qui permet d’obtenir des résultats de manière plus
locale que la méthode indirecte globale. Cela nous permettra d’obtenir un suivi temporel de
l’entraînement d’air plus performant car réalisé à proximité de la surface d’échange entre spray
et air ambiant.

195
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

8.2 EVOLUTION TEMPORELLE DE L’ENTRAINEMENT

8.2.1 Description de l’écoulement d’air généré par le spray

Avant toute évaluation quantitative de l’entraînement, il est nécessaire de considérer l’inté-


gralité des mesures F-PIV de vitesses de l’écoulement d’air tout autour du spray.

Ainsi, le premier comportement du spray vis-à-vis de l’air environnant est de le repousser


vers l’extérieur comme en témoigne l’analyse locale du champ de vitesse à proximité du spray
pour un retard de 300 v et une pression d’injection de 80 eduv (…gure 8.10, page 197).

C’est la présence du vortex de tête du spray qui est la cause de ce mouvement. Pour des
retards plus importants, le spray a poursuivi sa pénétration dans l’air et la surface d’échange
entre spray et air augmente au fur et à mesure que le vortex s’éloigne. Les vitesses en proximité
de nappe deviennent alors plus importantes que celles créées par le vortex (…gure 8.11, page
197).

Cette atténuation de l’e¤et du vortex par son éloignement à la zone de mesure se poursuit
tout au long de l’injection comme en témoigne le champ de vitesse mesuré 1=4 pv après le
début de l’injection (…gure 8.12, page 198). Les vitesses de re‡ux de l’air ne sont presque plus
perceptibles et l’écoulement d’air autour du spray est en situation dite quasi-statique (directions
et intensités constantes).

Comme évoqué précédemment lors de la présentation de la méthode de F-PIV (chapitre


7), il est possible d’accéder à un plus grand nombre de mesures de l’écoulement d’air lorsque
l’injection est …nie ou pour des pressions d’injections inférieures à 50 eduv. Pour des retards
supérieurs à la durée d’injection (…gure 8.13, page 198) on distingue très bien le sillage du spray
qui induit un très fort cisaillement de l’écoulement.

196
8.2 EVOLUTION TEMPORELLE DE L’ENTRAINEMENT

Fig. 8.10 – Champ de vitesse instantané de l’air autour du spray. Paramètres d’injection :
pression de 80 bars, durée de 1.5 ms, retard de 0.30 ms.

Fig. 8.11 – Champ de vitesse instantané de l’air autour du spray. Paramètres d’injection :
pression de 80 bars, durée de 1.5 ms, retard de 0.70 ms.

197
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 8.12 – Champ de vitesse instantané de l’air autour du spray. Paramètres d’injection :
pression de 80 bars, durée de 1.5 ms, retard de 1.40 ms.

Fig. 8.13 – Champ de vitesse instantané de l’air autour du spray. Paramètres d’injection :
pression de 80 bars, durée de 1.5 ms, retard de 2.10 ms.

198
8.2 EVOLUTION TEMPORELLE DE L’ENTRAINEMENT

Les mesures FPIV de l’écoulement d’air à l’intérieur du spray de l’injecteur piézo-électrique


indiquent aussi la présence d’un vortex interne durant l’injection (…gure 8.14). Ce dernier est po-
sitionné plus en amont que son homologue externe en raison de la présence d’un fort mouvement
d’air ascendant à l’intérieur du spray. Le vortex interne est créé par l’entraînement d’air de la
partie interne la nappe diphasique du spray et le con…nement géométrique dû à la forme conique
du spray conduit à des vitesses d’air supérieures de 30 % environ à celles situées à l’extérieur.

En raison du faible nombre de mesures disponibles à l’intérieur du spray et surtout de


l’éloignement de ces dernières à la frontière interne du spray, il n’a pas été possible de quanti…er
l’entraînement de la totalité de la zone interne de la nappe du spray. Toutefois, le champ de
vitesse d’air en front de pénétration du spray est quant à lui disponible pour des faibles retards
après le début de l’injection (uhwdug ? 450v, quelle que soit la pression d’injection). Il est
possible de déterminer le ‡ux massique d’air entrant par la partie inférieure du spray pour les
premiers instants de l’injection.

Fig. 8.14 – Champs de vitesse interne et externe. Paramètres d’injection : pression de 50 bars,
durée de 1 ms, retard de 0.85 ms.

199
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Pour ce faire, on ne retient parmi toutes les mesures F-PIV réalisées que celles disponibles
sur une surface de calcul en tête de spray et perpendiculaire à l’axe de l’injecteur (…gure 8.15).

Fig. 8.15 – Section de calcul du ‡ux d’air en tête de spray.

On constate bien que la partie centrale de l’écoulement (u ? 5pp) est dirigée vers le nez
de l’injecteur alors que le vortex de tête interne repousse l’air au devant du spray de manière
analogue aux observations de Nauwerk [46]. Le débit d’air au travers est ensuite calculé de la
même manière que l’entraînement d’air externe, par sommation du débit d’air sur des portions
de surfaces (ici annulaires) au centre desquelles se situent les mesures de vitesse.

A…n de connaître le ‡ux global d’air en tête de spray, le ‡ux massique est présenté sous forme
cumulée au fur et à mesure d’un déplacement radial, de l’axe de l’injecteur jusqu’à la frontière
du spray (surface de contrôle précisée …gure 8.16). Notons que cette analyse est menée sur des
retards après le début de l’injection pour lesquels la tête du spray est encore visible (c’est-à-dire
inférieurs à 0=45 pv). Les valeurs positives correspondent donc à un débit cumulé de l’air dirigé
vers l’intérieur du spray (mouvement en sens inverse de la pénétration de ce dernier), une valeur
nulle indiquant que les ‡ux entrant et sortant sont identiques.

200
8.2 EVOLUTION TEMPORELLE DE L’ENTRAINEMENT

Fig. 8.16 – Débit d’air cumulé radialement en tête de spray.

La principale caractéristique commune aux évolutions du débit d’air cumulé au travers d’une
section de contrôle placée en tête de spray est que la valeur …nale du débit est très proche d’un
‡ux total nul, du moins inférieure de presque deux ordres de grandeurs par rapport aux débits
entraînés par l’extérieur de la nappe diphasique. Cela signi…e que, durant cette première partie
de l’injection, l’air est aspiré par la partie centrale de l’intérieur du spray de manière à satisfaire
"l’appétit d’entraînement" de la partie interne de la nappe diphasique.

Il est cependant complexe de comparer l’évolution radiale de ces débits d’air cumulés en raison
de la pénétration du spray au cours du temps qui implique géométriquement un agrandissement
de la surface de contrôle en tête de spray et donc des débits.

U T
On dé…nit donc deux variables sans dimension, U0 = et T0 = , respectivement
Uvsud| Tpd{
représentatives de la géométrie du spray et de l’intensité locale du débit d’air cumulé. Ce chan-
gement de variable permet alors de constater que les fonctions de distribution de vitesse en front
de spray suivent la même dépendance radiale (…gure 8.17).

201
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 8.17 – Fonction de distribution du débit cumulé en front de spray.

Il est donc possible de dé…nir une fonction auto-similaire de répartition de la vitesse en tête
du spray pour des retards après le début de l’injection inférieurs à 0=45 pv.

L’obtention de mesures pour des phases plus avancées dans l’injection permettrait de valider
plus amplement cette observation, pouvant se révéler d’une grande utilité lors du transfert au
spray de l’injecteur piézo-électrique de modèles analytiques d’entraînement d’air établis pour
des sprays à géométrie plus simple (de type cône plein, injection diesel, Cossali [96]).

8.2.2 Forme générale de l’entraînement instantané

Les mesures de l’entraînement d’air instantané de la nappe diphasique du spray sont réalisées
avec des pas de temps de 50 v tout au long de l’injection (de durée 1=5 pv) et jusqu’à 600 v
après la fermeture de l’injecteur, soit des retards après le début de l’injection variant de 0 à 2=1
pv.

Les propriétés thermodynamiques du milieu d’injection sont la pression et la température


ambiante, le paramètre considéré étant dans un premier temps la pression d’injection dont les
valeurs utilisées sont de 50, 80, 100 et 200 eduv.

202
8.2 EVOLUTION TEMPORELLE DE L’ENTRAINEMENT

Comme au cours de l’étude du débit liquide instantané, les pressions dites moyennes (50, 80
et 100 eduv) ont été obtenues grâce au circuit d’alimentation surpresseur moyenne pression alors
que la pression d’injection de 200 eduv est obtenue par le banc système haute pression.

Fig. 8.18 – Evolution de l’entraînement instantané. Paramètres d’injection : pressions de 50, 80,
100 et 200 bars, durée de 1.5 ms.

La …gure 8.18 présente l’évolution temporelle de l’entraînement d’air pour toutes les pressions
d’injection utilisées avec une durée d’injection de 1=5 pv=

La première constatation est que, de manière analogue à la loi de levée de l’aiguille (…gure 3.3)
et du débit en sortie de l’injecteur (§ 5.3.2), l’entraînement instantané comporte trois phases
bien distinctes. La forme de trapèze de la loi de débit en sortie de l’injecteur est ici encore
reconnaissable.

Concernant les résultats obtenus avec le banc système (pression d’injection de 200 eduv), le
pic d’entraînement en …n de phase d’ouverture est beaucoup plus important que ceux observés à
plus basse pression avec alimentation par le surpresseur. D’autre part, on note aussi la présence
d’une modulation de l’entraînement à plus basse fréquence que pour les autres réalisations.

203
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

En…n, la chute de débit liquide liée à la fermeture de l’injecteur lors de la troisième phase
se traduit de même par une chute du débit d’air entraîné d’autant plus brutale que la pression
d’injection est élevée.

Les mesures sur les instants initiaux de la première phase (…gure 8.18) indiquent un en-
traînement d’air négatif, ce qui signi…e que le spray repousse dans un premier temps l’air vers
l’extérieur, en accord avec les observations concernant le champ de vitesse de l’air.

Ce re‡ux d’air est d’autant plus intense et précoce dans le cycle d’injection que la pression
d’injection est élevée (…gure 8.19). L’entraînement augmente alors très fortement en raison de
la pénétration du spray qui implique une augmentation de la surface d’échange de quantité de
mouvement et une convection du vortex de tête (courbes …gure 8.18, champs de vitesse …gure
8.11).

Fig. 8.19 – Evolution de l’entraînement instantané. Paramètres d’injection : pressions de 50, 80


100 et 200 bars, durée de 1.5 ms.

La phase quasi-statique (fonction directe de la durée de l’injection) présente des ‡uctuations


variables selon le circuit d’alimentation en carburant considéré. Pour les points de fonction-
nement utilisant le surpresseur (pressions de 50, 80 et 100 eduv), l’allure des courbes reste la
même, l’entraînement moyen ainsi que l’amplitude des oscillations augmentant avec la pression
d’injection, la fréquence restant quasiment constante.

204
8.2 EVOLUTION TEMPORELLE DE L’ENTRAINEMENT

En…n, l’entraînement d’air est d’autant plus grand que la pression d’injection est élevée. La
granulométrie, la concentration et la vitesses de gouttes du spray dépendent elles aussi de la
pression d’injection.

Notre étude de l’entraînement d’air intègrera donc ces variations de la force de traînée des
gouttes et de leur granulométrie en fonction de la vitesse d’injection du liquide. Notre but
est de mettre en évidence l’impact de la dynamique de l’injection (débit liquide instantané de
carburant) sur l’entraînement d’air.

8.2.3 Dé…nition des grandeurs caractéristiques de l’entraînement d’air

Après cette description globale de l’évolution de l’entraînement d’air par le spray, on se


propose ici de dé…nir des grandeurs caractéristiques de l’entraînement permettant de se focaliser
plus particulièrement sur chacune des trois phases évoquées précédemment.

Il est nécessaire en premier lieu de convertir la pression d’injection en vitesse de sortie du


liquide dont la dynamique de l’entraînement est directement dépendante.

En e¤et, comme détaillé plus loin (§ 8.2.4), la vitesse de glissement d’une goutte par rapport
à l’air environnant est un paramètre majeur de l’échange de quantité de mouvement entre ces
deux phases, et donc de l’entraînement.

D’autre part, une vitesse de liquide plus importante induira une pénétration plus rapide du
spray dans le milieu d’injection et donc une mise en régime plus précoce de l’entraînement par
augmentation de la surface d’échange et de contrôle.

Les résultats obtenus par le débitmètre EMI2 (cf. …gure 5.21) ont permis de déterminer les
débits liquides moyens, et donc les vitesses moyennes, en sortie de l’injecteur piézo-électrique
pour di¤érentes pressions d’injection (tableau 8.2.3, Uhs =Reynolds particulaire, dé…nition 8.8).

On retrouve classiquement que plus la pression d’injection augmente, plus la vitesse du liquide
en sortie de l’injecteur est élevée et il est intéressant de constater que nombre des caractéristiques
de l’évolution temporelle de l’entraînement dépendent de ce changement de vitesse du liquide.

On dé…nit à cet égard les grandeurs suivantes, illustrée sur la …gure 8.20 et dont les valeurs
sont récapitulées dans le tableau 8.2.3 pour les quatre pressions d’injection considérées.

205
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

- le re‡ux initial, noté U{ et correspondant à l’entraînement "négatif" maximum mesuré au


tout début de la pénétration du spray dans l’air ;
_ dlu i, est la moyenne de l’entraînement instantané ;
- l’entraînement statique, noté hp
- le taux d’accroissement de l’entraînement, noté p
Ä dlu ,dérivée temporelle moyenne de l’entraî-
nement durant la phase de mise en régime ;
- ¢w50% , temps nécessaire au spray pour atteindre 50 % de l’entraînement statique.

Fig. 8.20 – Paramètres de l’entraînement d’air instantané. Pression d’injection de 200 bars.

Pression d’injection (eduv) 50 80 100 200


Vitesse de sortie du liquide (p@v) 68.4 83.7 91.5 106.2
D32 (p) 20.7 15.6 12.8 9.2
Uhs 64 59 53 44
Zh 6 6.7 6.6 6.4
U{ (10¡4 p3 @v) -1.03 -1.50 -1.97 -2.55
hp
_ dlu i (10¡3 p3 @v) 3.04 3.73 4.07 5.17
Ä dlu (10¡3 p3 @pv2 )
p 7.62 10.2 12.7 23.2
¢w50% (pv) 0.28 0.23 0.18 0.13

Tableau 8.2.3 : Caractéristiques de l’évolution de l’entraînement au cours de la phase de mise


en régime pour diverses pressions d’injections.

206
8.2 EVOLUTION TEMPORELLE DE L’ENTRAINEMENT

De manière générale, toutes les grandeurs étudiées présentent une dépendance certaine à
la pression d’injection qui régit la vitesse de sortie du carburant. Le re‡ux initial d’air (U{ ),
l’entraînement statique (hp Ä dlu ) sont d’autant plus
_ dlu i) ainsi que le taux d’accroissement (p
importants que la vitesse du liquide est élevée, le temps de demi-entraînement, ¢w50% , présentant
logiquement une dépendance inverse. On perçoit alors bien que plus la vitesse relative entre
liquide et gaz est importante, plus les échanges de quantité de mouvement entre ces phases
seront prononcés, comme les considérations théoriques suivantes permettent de le formaliser.

8.2.4 Mécanismes régissant l’entraînement

L’échange de quantité de mouvement (noté M(}1 > }2 )), entre phases gazeuses et liquides entre
deux sections situées à }1 et }2 de la sortie du liquide peut s’exprimer en fonction de la traînée
des gouttelettes, notée Iwud^~q¶hh , calculée à partir d’un diamètre moyen caractéristique noté gs , et
de la concentration de la nappe diphasique en gouttelettes, q(u> }) (dé…nition 8.5, Cossali [96]).

Z}2 Z1 ¯¡ ¯
¯! ¯
M(}1 > }2 ) = _ 2dlu
q(u> }) ¯ I wud^~q¶hh ¯ 2 ugu g} / p (8.5)
}1 0

Le transfert de quantité de mouvement est donc proportionnel à la traînée des gouttes ainsi
qu’à leur concentration. D’après les travaux de Schiller [97] sur des particules solides rigides,
l’expression de la force de traînée (dé…nition 8.6), moteur du transfert de quantité de mouvement
entre gouttes et gaz, dépend non seulement de leur vitesse relative (¡!
y =¡!x ¡¡!
y ), mais
uhodwlyh jd} s
aussi du coe¢cient de traînée Fg des gouttes (dé…nition 8.7). Ce dernier est calculé à partir de la
valeur du nombre de Reynolds particulaire noté Uhs (dé…nition 8.8) fonction du taux volumique
de vide %jd} , ici évalué à 0=7 (très fort chargement de la nappe diphasique en liquide).

La fonction de porosité i (%jd} ) permet de prendre en compte de l’in‡uence du sillage d’une


particule sur ses voisines, son expression étant de la forme i (%jd} ) = %¡q
jd} (Richardson [98]), la
valeur de l’exposant q étant prise égale à 4=7. Bien que sujette à de nombreuses variations en
fonction du type d’écoulement et de particules considérées (Richardson [99]), cette valeur n’est
pas critique dans notre analyse puisque nous ne considèrerons in …ne que la dépendance de la
traînée (et donc de l’entraînement) à la vitesse de glissement et que %jd} et i (%jd} ) sont ici prises
constantes dans le cadre de cette étude préliminaire (les analyses ultérieures concernant le spray
prendront en compte cette vériation temporelle de concentration). Le diamètre des gouttes (gs ),
la viscosité cinématique du gaz ( jd} ) ainsi que sa masse volumique (jd} ) interviennent aussi
dans ces dé…nitions de la force et du coe¢cient de traînée ainsi que du Reynolds particulaire.

207
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

¡
! Fg 2
I wud^~q¶hh = gs jd} j¡
!
x jd} ¡ ¡
!
y s j (¡
!
x jd} ¡ ¡
!
y s ) %2jd} i (%jd} ) (8.6)
8

24 ¡ ¢
Fg = 1 + 0=15 Uh0=687
s pour Uhs ? 1000 (8.7)
Uhs
= 0=44 pour Uhs ¸ 1000

%jd} j¡
!
x jd} ¡ ¡
!
y s j gs
Uhs = (8.8)
 jd}
L’évaluation du nombre de Reynolds particulaire est donc nécessaire a…n de déterminer le
régime d’écoulement et donc l’expression du coe¢cient de traînée Fg . La …gure 8.21 cartographie
le nombre de Uhs en fonction de la vitesse relative "goutte-gaz" et du diamètre des particules.

Fig. 8.21 – Nombre de Reynolds particulaire en fonction de la vitesse de glissement et du


diamètre de la particule.

On constate que même de très grosses gouttelettes (gs = 50 p) soumises à des vitesses
relatives supérieures à celles estimées précédemment (atteignant près de 110 p@v, cf. tableau
8.2.3) conduisent à des nombres de Reynolds particulaires inférieurs à la valeur critique de 1000
évoquée lors de la dé…nition du coe¢cient de traînée (dé…nition 8.7).

208
8.2 EVOLUTION TEMPORELLE DE L’ENTRAINEMENT

24 ¡ ¢
On retient donc la première expression du coe¢cient de traînée, soit Fg = 1 + 0=15 Uh0=687
s ,
Uhs
ce qui permet de déterminer la dépendance de la force de traînée à la vitesse relative et au dia-
mètre des particules.

La variation de la force de traînée en fonction de la vitesse de glissement est étudiée pour


quatre diamètres de goutte di¤érents, variant de 5 à 20 p, les résultats étant consignés sur la
…gure 8.22.

Cette analyse permet de mettre en évidence que pour des vitesses relatives comprises entre 65
et 110 m/s, intervalle qui inclue les vitesses d’éjection du ‡uide présentées dans le tableau 8.2.3,
on peut considérer, en première approximation, que la traînée d’une goutte est une fonction
linéaire de la vitesse de glissement.

De plus, nous ferons ici l’hypothèse que vitesse de glissement et vitesse de sortie du liquide
suivent la même évolution en fonction de la pression d’injection.

Fig. 8.22 – Force de traînée d’une particule en milieu dense en fonction de la vitesse de glissement
et du diamètre de la particule.

209
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

En…n, la force de traînée a été jusqu’ici présentée variant librement dans un espace à deux
dimensions (vitesse de glissement et diamètre). Cependant, les mesures de granulométrie Malvern
de SIEMENS VDO-Automotive (tableau 8.2.3) ont fait état d’une dépendance entre le diamètre
de Sauter du spray et la pression d’injection dont la vitesse de glissement dépend aussi.

La force de traînée d’une goutte appartenant à la nappe diphasique du spray (…gure 8.23)
est donc déterminée à partir de la dé…nition 8.6 et des mesures de granulométrie et de vitesse
d’éjection en fonction de la pression d’injection.

Fig. 8.23 – Force de traînée d’une goutte au sein du spray pour di¤érentes vitesses d’éjection.
Prise en compte de la variation de la granulométrie moyenne.

L’augmentation de 68=4 à 106=2 p@v de la vitesse de glissement des particules en fonction de


la pression d’injection est plus modérée que la diminution du diamètre de Sauter (d’un facteur
deux sur l’intervalle de pression considéré, de 50 à 200 eduv). Il en résulte pour la force de
traînée, fonction notamment de ces deux grandeurs, une diminution en fonction de la vitesse de
glissement. La tendance, proche d’une fonction linéaire, est propre à l’injecteur en raison de la
dépendance de la granulométrie à la vitesse d’éjection du carburant.

210
8.2 EVOLUTION TEMPORELLE DE L’ENTRAINEMENT

8.2.5 Application au spray de l’injecteur piézo-électrique

La vitesse d’éjection du liquide est un paramètre déterminant des échanges de quantité de


mouvement entre phases liquides et gazeuses. On vient de présenter la forte in‡uence de cette
dernière sur le diamètre de Sauter (diminution de moitié sur la plage de variation considérée)
ainsi que sur la traînée d’une goutte (dépendance linéaire).

Toutefois, en rappelant ci-dessous la dé…nition 8.5 de l’échange de quantité de mouvement


entre gouttes et gaz, on constate que le terme de concentration des gouttes q(u> }) n’est pas
encore identi…é.

Or, la connaissance du débit massique de carburant et du diamètre de Sauter du spray en


fonction de la vitesse d’éjection permet d’avoir accès à l’évolution relative de la concentration
pour les points de fonctionnement considérés.

Z}2 Z1 ¯¡ ¯
¯! ¯
M(}1 > }2 ) = _ 2dlu
q(u> }) ¯ I wud^~q¶hh ¯ 2 ugu g} / p
}1 0

4 3
Ainsi, soit T le débit massique de l’injecteur, on a T =  u Yh¶mhfwlrq q(u> }). On sait
3
à présent que le rayon des gouttes est une fonction de la vitesse. La concentration du spray
n’ayant pas été déterminée expérimentalement, il nous est ici seulement possible de considérer
l’évolution relative de cette dernière par rapport à la concentration à une pression de 50 eduv
(vitesse d’éjection de 68=4 p@v).

La fonction d’intérêt sera donc notée q0s (dé…nition 8.9), son évolution étant présentée …gure
8.24 en fonction de la vitesse d’éjection du ‡uide.

0 1
B T C
@ 4 A
 u3 Yh¶mhfwlrq µ ¶3
qS 3 g50 eduv
q0S = =0 1 s = (8.9)
q50 eduv gS
B T C
@ 4 A
 u3 Yh¶mhfwlrq
3 50 eduv

211
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 8.24 – Fonction n’p. Evolution relative de la concentration en goutte. Concentration de


référence prise pour une vitesse d’éjection de 68.4 m/s (soit une pression de 50 bars).

g50 eduv
Le diamètre des gouttes diminuant de moitié et le rapport intervenant de plus au
gS
0
cube dans l’expression de qs , il en résulte que la concentration relative des gouttes augmente
très fortement en fonction de la vitesse d’éjection.

En raison de la dépendance de l’entraînement moyen de la nappe du spray à la concentration


(équation 8.5), il est nécessaire de dé…nir à présent une autre fonction sans dimension, HS0 ,
entraînement relatif, représentative cette fois ci du rapport entre l’entraînement moyen à un
point de fonctionnement et celui mesuré à 50 eduv (dé…nition 8.10).

¯¡ ¯ 0 ¯¯¡ ¯ 10=5
¯! ¯ ! ¯
hp_ dlu iS (¯ I wud^~q¶hh S ¯ ¤ qs )0=5 ¯ I wud^~q¶hh S ¯ ¡ ¢
HS0 = ¼ ¯¯¡ ¯ = @¯ ¯ A = q0s 0=5 (8.10)
hp
_ dlu i50 eduv ! ¯ ¯¡
! ¯
(¯ I wud^~q¶hh 50 eduv ¯ ¤ qs eduv )0=5 ¯ I wud^~q¶hh 50 eduv ¯

Nous disposons donc de deux moyens d’évaluation de cette fonction. Le premier est issu des
_ dlu i du tableau 8.2.3) et est dé…nit par la 1hµuh
mesures de l’entraînement moyen par FPIV (hp
égalité de 8.10.

212
8.2 EVOLUTION TEMPORELLE DE L’ENTRAINEMENT

Le second, que l’on quali…era de "prédictif", utilise quant à lui les expressions analytiques
de la force de traînée et de q0s (dernière égalité). Insistons sur le fait que l’évaluation de ces
deux dernières grandeurs (traînée et concentration relative) se basent sur les mesures directes
de diamètre de Sauter et de vitesse d’éjection du liquide.

Fig. 8.25 – Fonction E’p. Evolution relative de l’entraînement moyen. Entraînement de référence
pris pour une vitesse d’éjection de 68.4 m/s (pression de 50 bars).

Bien qu’augmentant en fonction de la traînée, les prédictions sur-estiment l’entraînement


relatif mesuré de 5 % à presque 20 % pour des vitesses d’éjection de 100 p@v (pression de 200
eduv). Les prédictions n’intègrent donc pas su¢samment de paramètres.

En particulier, l’utilisation pour chaque point de fonctionnement d’un seul diamètre de goutte
ainsi que d’une concentration uniforme dans l’espace sont des hypothèses très fortes pour le spray
dont la structure présente des hétérogénéités certaines.

Il en va de même pour le coe¢cient de traînée des gouttes car il est aussi fonction de la
concentration en liquide du spray (prise en compte des e¤et de sillage).

Considérons à présent la grandeur ¢w50% qui représente le temps nécessaire au spray pour at-
teindre 50 % de l’entraînement statique est une grandeur qui dépend de la vitesse de pénétration
du spray.

213
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

En e¤et, la …gure 8.26 met bien en évidence que ce temps caractéristique est une fonction
linéaire de la vitesse.

Fig. 8.26 – Temps de demi-mise en régime de l’entraînement.

L’instant d’arrivée du spray à une pénétration donnée est une fonction linéaire de sa vitesse
(¢} = Xs¶hq¶hwudwlrq ¤ ¢w), la vitesse de pénétration du spray étant quasiment constante au début
de l’injection.

Comme l’entraînement est évalué dans les premiers instants sur une surface de longueur égale
à la pénétration du spray (de la partie haute du vortex en fait), il est tout à fait cohérent de
retrouver par les mesures cette dépendance linéaire de ¢w50% à la vitesse d’éjection.

Le taux d’accroissement de l’air entraîné (p


Ä dlu , tableau 8.2.3) est représenté …gure 8.27 en
fonction de la vitesse d’éjection et nous constatons que la mise en place de l’entraînement se
fait d’autant plus rapidement que la vitesse d’éjection des particules est importante (loi en Y n ,
n A 1).

214
8.2 EVOLUTION TEMPORELLE DE L’ENTRAINEMENT

Fig. 8.27 – Taux d’accroissement de l’entraînement en fonction de la vitesse d’éjection du car-


burant (Mesures).

Rappelons ici que l’entraînement est issu de l’intégrale des débits perpendiculaires aux por-
tions de surfaces de contrôles coniques entourrant le spray (…gure 8.7 page 193). Ainsi, le taux
d’accroissement de l’entraînement est aussi fonction non seulement des vitesses normales aux
surfaces de contrôles mais aussi à la pénétration du spray.

En e¤et, cette dernière induit une augmentation de la surface de contrôle dans les premières
centaines de microsecondes après le début de l’injection, après lesquelles elle reste constante
(déjà présenté …gure 8.6).

Nous devons donc considérer à présent les surfaces de contrôle utilisées pour le calcul de
l’entraînement (surfaces d’échanges) pour un retard après le début de l’injection …xé et di¤érentes
vitesses d’éjection (…gure 8.28).

On constate alors que le calcul de l’entraînement est réalisé le long de surfaces de contrôle
dont la taille, à un retard …xe, varie en fonction du carré de la vitesse d’éjection.

215
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 8.28 – Surfaces de contrôle 0.30 ms après le début de l’injection pour di¤érentes vitesses
d’injection.

Nous avons déjà déterminé un modèle global de dépendance de l’entraînement à la vitesse


d’éjection des gouttes, la fonction E’ (dé…nition 8.10), dont nous avons comparé les résultats
théoriques aux mesures (…gure 8.25).

En appliquant à ces deux fonctions les considérations précédentes (dépendance de la sur-


face de contrôle à la vitesse de pénétration), nous obtenons des tendances d’évolution du taux
d’accroissement que nous quali…ons respectivement ici de "théorique" et "mixte".

La comparaison de ces tendances avec l’évolution du taux d’accroissement déterminé de


manière purement expérimentale (tableau 8.2.3) met à nouveau en évidence les faiblesses du
modèle d’entraînement global (…gure 8.29) et rend impossible la validation de la prise en compte
de la variation de la surface de contrôle en fonction de la vitesse d’éjection.

216
8.2 EVOLUTION TEMPORELLE DE L’ENTRAINEMENT

Fig. 8.29 – Tendances d’évolution du taux d’accroissement de l’entraînement en fonction de la


vitesse d’éjection du carburant. Déterminations théorique, mixte et expérimentale.

Il faut en e¤et pour cela comparer les prévisions mixtes aux mesures, où seule la dépendance
de la surface de contrôle à la vitesse d’éjection est prise en compte. La proximité des résultats
"mixtes" et expérimentaux con…rme alors la dépendance de l’accroissement de l’entraînement à
la vitesse d’éjection du liquide.

Il faut donc être très prudent lors de l’interprétation physique de l’entraînement d’un jet
diphasique naissant car sa variation géométrique en fonction du temps ou des conditions d’in-
jection du mélange peut conduire à des taux d’accroissement de l’entraînement d’air variables
(…gure 8.20).

217
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

8.3 DEPENDANCE DE L’ENTRAINEMENT D’AIR AU DE-


BIT LIQUIDE EN SORTIE DE L’INJECTEUR

Cette analyse se base sur les données suivantes, obtenues pour un point de fonctionnement
sous une pression carburant de 200 eduv (banc système haute pression), durée d’injection de 1=5
pv, levée d’aiguille intermédiaire, pression et température ambiantes pour le milieu d’injection :

1) Débit liquide instantané en sortie de l’injecteur piézo-électrique obtenu par modélisation


sous AMESim.
2) Entraînement d’air instantané obtenu par FPIV.

La modélisation est validée par les mesures de pression de rampe d’injection (capteur en
extrémité de rampe) et de débit liquide instantané (mesure laser de débit) et utilise comme
commande de l’injecteur la loi de levée de l’aiguille obtenue par mesure.

On utilise les résultats théoriques du § 8.2.4 pour prédire les ‡uctuations de l’entraînement
d’air à partir des mesures de débit liquide instantané. Tendance et mesures de l’entraînement
d’air sont alors comparées. Les grandeurs d’intérêt sont donc des débits de carburant et d’air
qui seront dorénavant normés suivant 8.11.

Toltxlgh (w) _ dlu (w)


p
Toltxlgh (w) = hw p
_ dlu (w) = (8.11)
pd{(Toltxlgh (w)) pd{(p_ dlu (w))

Le débit liquide instantané en sortie de l’injecteur (…gure 8.30) sert de base à la prédiction de
la tendance de l’entraînement d’air par le spray. On utilise alors les analyses physiques du § 8.2.4
pour déterminer l’évolution de l’entraînement d’air qui serait généré par ce type de conditions
instationnaires.

218
8.3 DEPENDANCE DE L’ENTRAINEMENT D’AIR AU DEBIT LIQUIDE EN
SORTIE DE L’INJECTEUR

Fig. 8.30 – Débit liquide instantané normalisé en sortie de l’injecteur. Modélisation AMESim.

En raison du caractère transitoire de cette étude, nous devons considérer une vitesse d’éjec-
tion du ‡uide variant au cours de l’injection. Elle est déterminée par le rapport (variable dans
le temps) entre le débit injecté et la surface de passage du carburant (loi de levée d’aiguille).

Nous incluons de même la dépendance de la granulométrie moyenne du spray à la vitesse


d’éjection du liquide par interpolation des mesures disponibles (tableau 8.2.3 et § 6.2.2).

Les variations de concentration et de granulométrie en fonction du débit conduisent à une


ampli…cation des oscillations de ce dernier comme nous allons l’expliquer (…gure 8.31).

219
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 8.31 – Tendance normalisée de l’entraînement obtenue à partir du débit liquide en sortie
de l’injecteur.

Le pic initial de la tendance d’entraînement est beaucoup plus marqué que celui du débit
liquide instantané (tracé …gure 8.30). Cela con…rme l’importance des ‡uctuations du débit liquide
dont on rappelle ici les principales conséquences lors de son augmentation :
- augmentation de la vitesse d’éjection ;
- diminution du diamètre des gouttes ;
- diminution de la force de traînée ;
- augmentation de la concentration ;
- augmentation de l’entraînement d’air.

On retrouve dans cette liste des grandeurs telles que la granulométrie et la concentration en
liquide du spray qui dépendent de la vitesse d’éjection (ou du débit liquide instantané) et donc
du temps.

L’obtention de champs de granulométrie et de concentration locales tout au long de l’injection


constitueraient une base de donnée fort utile pour l’élaboration de modèles plus précis que
l’approche phénoménologique globale utilisée ici.

220
8.3 DEPENDANCE DE L’ENTRAINEMENT D’AIR AU DEBIT LIQUIDE EN
SORTIE DE L’INJECTEUR

Il a déja été réalisé des mesures instationnaires de diamètres de goutte par PDA (Wighley [53,
73], Nauwerk [46)) et de concentration en liquide (Arndt [2], Seibel [29], Richter [39], Nauwerck
[46]).

La …gure 8.32 présente les résultats d’entraînement instantané obtenus par FPIV ainsi qu’une
tendance instationnaire calculée à partir du débit liquide instantané. Ce dernier impose aussi
une variation de la vitesse d’éjection des particules, de leur concentration, de leur traînée et de
la granulométrie du spray. La dernière courbe est obtenue par simple décallage temporel de la
tendance précédente.

Fig. 8.32 – Entraînement normalisé. Comparaison de la tendance obtenue à partir du débit


liquide instantané et des mesures de FPIV.

Nous pouvons alors mettre en évidence que les ‡uctuations de débit liquide instantané ont
un impact certain sur les grandeurs déterminantes du mécanisme d’entraînement que sont la
vitesse de glissement des gouttes, la granulométrie, la force de traînée, la concentration et la
géométrie du spray.

221
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

La forme générale trapézoïdale est relativement bien respectée même si les phases transitoires
de la tendance sont beaucoup plus rapides que celles observées expérimentalement. Le modèle
d’entraînement d’air dépendant du débit liquide instantané en sortie de l’injecteur indique des
variations de près de 20 % au cours des 500 premières microsecondes de l’injection, en accord
avec les données expérimentales. Les faibles variations de l’entraînement donné par la tendance
en …n de phase d’injection sont dues à la quasi-constance de la mesure de levée d’aiguille de
l’injecteur pour ces retards.

Nous savons aujourd’hui que les résultats de levées d’aiguille que nous avons utilisés sont à
considérer avec prudence concernant notamment cette constance de la position de l’aiguille pas-
sées les premières centaines de microsecondes. Siemens VDO-Automotive dispose aujourd’hui de
moyens beaucoup plus …ables dont il faudra faire usage pour corriger ces erreurs. Les dilatations
et compressions d’éléments de l’injecteur (cartouche, aiguille) entraînent aussi des mouvements
relatifs pouvant fausser ces mesures.

D’autre part, la modélisation que nous utilisons ici est incomplète car elle ne prend pas en
compte la propagation de l’entraînement d’air par viscosité au sein du milieu gazeux. En…n,
la phase d’intégration des vitesses présentée …gure 8.6 a aussi pour e¤et d’e¤ectuer un lissage
temporel des ‡uctuations d’air puisqu’à un instant donné, on somme les entraînements générés
par des gouttes émises depuis des temps di¤érents (di¤érentes pénétrations), à des conditions
de vitesses d’éjection di¤érentes.

8.4 EFFET DE LA DENSITE DU MILIEU D’INJECTION

8.4.1 Une nécessité au fonctionnement du moteur

La sensibilité du comportement du spray de carburant à la densité du milieu d’injection


nécessite une attention particulière. En e¤et, selon les stratégies de fonctionnement moteur
considérées, l’injection peut être réalisée dans un milieu gazeux présentant une forte densité (),
fonction des conditions de pression (S ) et température (W ) rencontrées (équation 8.12). Outre
l’utilisation de recirculation de gaz d’échappements ou de dispositif de sur-alimentation (moteur
dit turbocompressé), c’est le phasage temporel de l’injection par rapport au cycle du moteur
qui détermine les conditions thermodynamiques du milieu d’injection (Lake [100], Kume [101],
Iwamoto [102]).

S
= (8.12)
uW

222
8.4 EFFET DE LA DENSITE DU MILIEU D’INJECTION

Ce phasage temporel est dé…ni par le paramètre d’avance à l’injection qui détermine l’angle
vilebrequin entre le moment où l’injection est réalisée et l’instant où le piston atteint la position
dite de point mort haut (PMH). Une forte avance à l’injection (160± avant PMH par exemple,
fonctionnement en mélange homogène, cf. chapitre 1) indique que l’injection est réalisée alors
que la (les) soupape(s) d’admission est (sont) ouvertes(s), la pression étant légèrement inférieure
à la pression atmosphérique et la température étant proche de 340 N. La densité au moment de
l’injection est alors inférieure à celle de l’air à température et pression ambiante en raison de la
faible dépression du milieu et de sa température modérée.

L’autre stratégie utilisée en injection directe, appelée strati…ée (chapitre 1) consiste à injecter
le carburant plus tardivement dans le cycle moteur, quelques dizaines de degrés avant le point
mort haut, durant la phase de compression, à contre pression et températures élevées. La densité
du milieu d’injection est alors plus élevée qu’en fonctionnement homogène.

Une richesse très proche de 1 doit être obtenue à proximité de la bougie pour obtenir le
déclenchement de la combustion. Cela nécessite donc une connaissance de la dépendance du
comportement du spray à la densité du milieu d’injection et un contrôle encore plus précis de ses
propriétés (angle, pénétration, granulométrie). En e¤et, si la géométrie du spray varie fortement
en fonction de la contre pression (et donc de l’avance à l’injection), la zone de concentration
nécessaire au démarrage de la réaction de combustion ne sera pas toujours situé à proximité de
l’étincelle. Des "ratés d’allumage" se produisent (miss…res) entraînant baisse de performance,
hausse de la consommation et de la production de polluants (hydrocarbures non brûlés en
particulier).

Ces considérations mettent en évidence la necessité de l’étude du comportement du spray en


fonction de la densité du milieu d’injection. Les études suivantes ont été réalisées à température
ambiante, la variation de densité étant obtenue par augmentation de la pression du milieu
d’injection. La faisabilité concernant l’utilisation d’un gaz dense de substitution comme moyen
d’augmentation de la densité est également présentée.

8.4.2 E¤ets de la densité sur le spray et l’entraînement gazeux

Les e¤ets de la contre pression sur le comportement des sprays pour la première génération
d’injecteurs de type injection directe essence (injecteurs à swirl généralement) a fait l’objet de
nombreuses études (Le Coz [5], Ferrand [24], Arbeau [25, 26, 27], Arndt [2], Iwamoto [102],
Egermann [103], Alfuso [104], Araneo [105], Comer [106], Ren [107], Ipp [108]).

223
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Le comportement de ces sprays vis-à-vis d’une augmentation de la densité du milieu d’in-


jection est d’une part, une réduction de leur profondeur de pénétration, et d’autre part, un
resserrement. Cela est illustré sur la …gure 8.33 qui compare deux injections sous contre pres-
sions di¤érentes (1 et 5 eduv). On peut ici insister de nouveau sur le fait que la PIV "classique"
ne permet pas d’accéder aux mesures de vitesse de l’air à proximité de la frontière du spray quel
que soit le point de fonctionnement considéré. On attribue ce phénomène à une augmentation
de la force de traînée des particules en milieu dense (dé…nition 8.13, Schiller [97]) et donc à
une augmentation du taux de transfert de quantité de mouvement entre phase liquide et phase
gazeuse.

Fig. 8.33 – Injecteur IDE à swirl. Rétrécissement du spray sous l’e¤et d’une hausse de la densité
du milieu d’injection et mesure PIV de l’écoulement d’air. Paramètres d’injection : pression de
80 bars, contre pressions de 1 et 5 bars (Arbeau [27]).

¡
! Fg 2
I wud^~q¶hh = gs jd} j¡
!
x jd} ¡ ¡!
y s j (¡
!x jd} ¡ ¡
!y s ) %2jd} i (%jd} ) (8.13)
8
µ ¶0>687
%jd} j¡
!x jd} ¡ ¡
!y s j gs jd}
/ 1+ (8.14)
jd}
/ N
jd} (8.15)

224
8.4 EFFET DE LA DENSITE DU MILIEU D’INJECTION

En considérant de l’air à température ambiante, des gouttes de 10 microns, un gradient de


vitesse de 50 m/s et une porosité de 0.7, on trouve N = 0> 54 (dlu variant de 1 à 15 nj@p3 )= Cela
a pour conséquence d’augmenter l’entraînement de la nappe diphasique, aspirant littéralement
l’air à proximité du spray et notamment à l’intérieur de ce dernier, générant ainsi une dépression
en son centre. On observe alors un resserrement du spray : modi…cation de la courbure de la
nappe diphasique et réduction de l’angle du spray par rapport à l’axe de l’injecteur.

Ce phénomène de modi…cation de la géométrie des sprays généré par des injecteurs à swirl
pose le problème de la variation de leur position par rapport à celle de la bougie déjà évoquée
précédement (§ 8.4.1). Dans le cas de l’injecteur piézo-électrique, cette dépendance de la forme
du spray est beaucoup plus faible que pour les injecteurs à swirl.

Le spray de l’injecteur piézo-électrique n’étant pas une nappe continue mais plutôt une
succession de micro jets très proches. Il pourrait donc y avoir communication directe entre
l’extérieur et l’intérieur du spray. L’intensité de la dépression interne serait moins intense, ce qui
diminuerait d’autant la déviation de la nappe.

La géométrie du spray piézo-électrique présente cependant une dépendance certaine à la


densité du milieu d’injection. En utilisant des images de F-PIV, on constate en e¤et une réduction
de la profondeur de pénétration ainsi qu’un élargissement de la zone de recirculation en tête du
spray (…gure 8.34 page suivante).

Cela est dû à l’augmentation de la traînée des particules qui implique que les gouttes
échangent plus rapidement leur quantité de mouvement avec le gaz environnant et peuvent
alors être plus facilement convectées par l’écoulement tourbillonnaire hors de la nappe . La
courbure du spray, localisée en amont du vortex externe, apparaît plus précocement dans le
développement du spray et de manière plus intense au fur et à mesure que la contre pression
augmente. Ce phénomène de courbure du spray reste cependant minime par rapport à ceux
rencontrés pour les injecteurs à swirl.

225
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 8.34 – Visualisation du spray de l’injecteur piézo-électrique à partir des images de F-PIV
pour plusieurs contre pressions d’air. Paramètres d’injection : pression de 200 bars, durée de 1.5
ms, retard de 1ms.

L’évaluation de l’e¤et de contre pression sur l’entraînement d’air se base sur des mesures
F-PIV de l’écoulement autour du spray. Contrairement à l’étude transitoire de l’entraînement
d’air du spray de l’injecteur piézo-électrique présentée précédemment (§ 8.2), nous analysons ici
l’entraînement d’air en fonction de la distance à la sortie du nez de l’injecteur (notée }) à un
retard après le début de l’injection …xe de 1 pv quelle que soit la densité du milieu d’injection.

Le champ de vitesse à l’extérieur du spray est fortement a¤ecté par la pression de l’air,
c’est-à-dire par la densité du milieu dans lequel l’injection est réalisée (…gure 8.35). Le spray
pénétrant moins profondément en raison de la densité du milieu, le mouvement de rotation de
l’air en tête du spray dû à la présence du vortex est perceptible à des profondeurs de pénétration
moindres pour les pressions élevées. De plus, les intensités des vitesses mesurées diminuent au
fur et à mesure que la densité du milieu augmente, l’inertie du gaz étant accrue.

226
8.4 EFFET DE LA DENSITE DU MILIEU D’INJECTION

Fig. 8.35 – Champs de vitesse de l’écoulement d’air à l’extérieur du spray de l’injecteur piézo-
électrique pour plusieurs contre pressions d’air. Paramètres d’injection : pression de 200 bars,
durée de 1.5 ms, retard de 1ms.

En raison de la variation de la pression du milieu d’injection, il est nécessaire de considérer


non plus l’entraînement volumique du spray mais bien l’entraînement massique de l’air ambiant.
Les mesures indiquent que l’entraînement massique est une fonction croissante de la pression du
gaz dans lequel l’injection est réalisée (…gure 8.36).

De plus, le ralentissement de la croissance de l’air entraîné en fonction de la pénétration


dénote la présence du vortex extérieur. Ce dernier est situé de plus en plus proche du nez de
l’injecteur au fur et à mesure que la densité du milieu augmente. Ceci est en accord avec les
observations de réduction de la pénétration du spray et de la position du vortex de tête lors de
l’élévation de la contre pression d’injection. Ces résultats expérimentaux sont comparés avec les
résultats d’un modèle intégral d’entraînement au paragraphe 8.4.4.

227
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 8.36 – Entraînement massique d’air du spray de l’injecteur piézo-électrique pour di¤érentes
contre pressions. Paramètres d’injection : pression de 200 bars, durée de 1.5 ms, retard de 1 ms,
contre pressions d’air de 1 à 6 bars.

8.4.3 Utilisation d’un gaz dense

L’augmentation de la pression du milieu dans lequel l’injection a lieu a pour e¤et d’augmenter
la densité de ce dernier. La pression supportable par l’enceinte de visualisation disponible à
l’IMFT est de 12 eduv à une température ambiante de 20± F. Le remplacement de l’air par un
gaz q fois plus dense permet ainsi d’obtenir des densités de milieu d’injection q fois supérieures
à celles atteignables avec de l’air.

On atteint ainsi des densités équivalentes à celle de l’air sous une pression de 36 eduv à
température atmosphérique. Si on considère les conditions thermodynamiques dans un moteur,
la forte température des gaz (400 ± F) entraîne une diminution de la densité du gaz par rapport
à celle observée à même pression pour une température ambiante. Cela signi…e qu’il nous est
possible de découpler les multiples e¤ets du milieu d’injection sur le comportement du spray.

228
8.4 EFFET DE LA DENSITE DU MILIEU D’INJECTION

On peut en e¤et appréhender par l’utilisation d’un gaz lourd des densités identiques à celles
rencontrées par le spray de carburant en conditions de fonctionnement réel sans que l’évapo-
ration, due à la température du milieu, n’entre en ligne de compte. Ces données peuvent être
utilisées pour valider la modélisation des e¤ets de contre pression dans les codes de calcul dont les
nombreux degrés de liberté permettent notamment de choisir les propriétés du milieu d’injection.

La prise en compte des e¤ets d’évaporation au cours d’études expérimentales implique de


nombreuses contraintes. Il faut d’une part disposer d’une enceinte de visualisation conçue à cet
e¤et a…n d’assurer une bonne tenue mécanique à pression et température élevées (ce qui n’est
pas le cas pour l’enceinte utilisée dans cette étude).

D’autre part, le système d’ensemencement doit aussi pouvoir délivrer des traceurs ‡uorescents
compatibles avec ces conditions thermodynamiques en ne s’évaporant pas de manière trop rapide
notamment, l’utilisation de traceurs ‡uorescents solides étant dans ce cas là fortement conseillée.

Les résultats suivants constituent un test de faisabilité du calcul d’entraînement du spray


par PIV sur traceurs ‡uorescents dans un gaz dense. Le gaz utilisé est du tétra‡uorométhane
(de formule FI4 ), aussi appelé FI4 , dont la densité à pression atmosphérique est trois fois
supérieure à celle de l’air.

Une autre propriété intervenant dans le mécanisme d’entraînement par échange de quantité
de mouvement entre les gouttelettes du spray et le milieu ambiant est la viscosité dynamique
(notée , cf. § 8.4.2). La viscosité du FI4 est très proche de celle de l’air puisque FI4 = 17
10¡6 nj @ p=v et dlu = 18=5 10¡6 nj @ p=v, ce qui représente un écart relatif de l’ordre de
¢dlu @= FI4 = 8=1 %.

On peut en premier lieu considérer les images servant de base aux calculs de F-PIV et
comparer la forme du spray obtenue avec de l’air et du FI4 à densité identique. Les …gures 8.37
et 8.38 présentent ces comparaisons pour des pressions équivalentes d’air de 3 et 6 eduv (soit
1 et 2 eduv avec du FI4 ), la pression d’injection étant de 200 eduv. En e¤et, ne disposant pas
de dispositif permettant de travailler en dépression par rapport à la pression atmosphérique, la
densité minimale du FI4 atteignable correspond à celle de l’air à une pression de 3 eduv.

229
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 8.37 – Comparaison de la géométrie du spray (air vs CF4) pour une contre pression d’air
équivalente à 3 bars

Fig. 8.38 – Comparaison de la géométrie du spray (air vs CF4) pour une contre pression d’air
équivalente à 6 bars

On constate que, quelle que soit la densité imposée, le spray présente les mêmes caracté-
ristiques d’angle en sortie de l’injecteur, de pénétration, de taille et de position de la zone de
recirculation externe pour les deux gaz. Les e¤ets de variation de viscosité dynamique d’un gaz
à l’autre ne sont pas perceptibles par ce type d’analyse et cela sera con…rmé ultérieurement
par des considérations quantitatives de l’entraînement du spray (tableau 8.4.3). Comparons à
présent les champs de vitesse obtenus avec les deux gaz, toujours dans des conditions de densité
du milieu d’injection équivalentes (Sdlu = 3 eduv yv SFI4 = 1 edu, …gure 8.39 et Sdlu = 6 eduv
yv SFI4 = 2 eduv, …gure 8.40).

230
8.4 EFFET DE LA DENSITE DU MILIEU D’INJECTION

Fig. 8.39 – Comparaison du champ de vitesse du gaz (air vs CF4) pour une contre pression
d’air équivalente à 3 bars

Fig. 8.40 – Comparaison du champ de vitesse du gaz (air vs CF4) pour une contre pression
d’air équivalente à 6 bars

La topologie de l’écoulement d’air est quasiment la même pour les deux écoulements ainsi que
l’intensité des vitesses d’air mesurées. Les champs de vitesse obtenus pour des contre pression
d’air équivalentes de 6 eduv présentent toutefois une irrégularité des mesures liée à un trop faible
nombre de réalisations, bien que pris égale à ceux des études sans contre pression. On retrouve
une fois de plus les mêmes tendances pour l’entraînement massique du spray que celles mesurées
avec de l’air, l’entraînement massique augmentant avec la contre pression en dépit de la chute
des vitesses d’air mesurées (con…rmation apportée plus loin par utilisation d’un modèle intégral,
page 233).

231
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 8.41 – Entraînement massique de CF4 du spray de l’injecteur piézo-électrique pour di¤é-
rentes contre pressions. Paramètres d’injection : pression de 200 bars, durée de 1.5 ms, retard
de 1 ms, contre pressions de CF4 de 1 à 4.13 bars.

La motivation de l’utilisation du FI4 réside dans le fait qu’il est possible de véri…er si
les propriétés de la phase liquide (dispersée) du spray utilisées dans le modèle intégral sont
toujours constantes si on simule des densités de gaz proche de celles d’intérêts des motoristes et
équipementiers automobiles.

Après ces évaluations qualitatives il est nécessaire de procéder à une comparaison plus sys-
tématique des mesures obtenues avec l’air et le FI4 . Nous dé…nissons ici le terme de contre
pression équivalente compris comme la pression d’air conduisant à une densité équivalente à
celle du milieu d’injection étudié.

On se basera pour cela sur le calcul de l’entraînement du spray mesuré 1 pv après le début
de l’injection pour diverses contre pressions équivalentes (résultats présentés dans le tableau
8.4.3). La di¤érence de viscosité dynamique entre l’air et le FI4 (FI4 = 17 10¡6 nj @ p=v et
dlu = 18=5 10¡6 nj @ p=v) est prise en compte (modèle intégral présenté au paragraphe suivant)
dans le calcul de l’écart dit avec correction de =

232
8.4 EFFET DE LA DENSITE DU MILIEU D’INJECTION

Les contre pressions équivalentes varient de 1 à 6 eduv pour l’air et de 3 à 6 eduv pour le
FI4 . Le point mesuré à une pression équivalente de 12=5 eduv a été réalisé avec du FI4 pour
simuler la densité des gaz frais présents dans une chambre de combustion à une température de
400± F et une pression de 20 eduv.

Contre pression équivalente (eduv) 1 2 3 4 5 12=5


Entraînement d’air (10¡3 nj@p3 ) 7.13 29.8 65.5 112 173 -
Entraînement de FI4 (10¡3 nj@p3 ) - - 64.6 110 170 781
Ecart brut (%) - - - 1.33 - 2.01 - 2.14 -
Ecart avec correction de  (%) - - - 0.7 - 1.34 - 1.51 -

Tableau 8.4.3 : Entraînement mesuré par F-PIV pour di¤érentes contre-pressions.


Comparaison entre résultats obtenus avec de l’air et avec du FI4 .

L’utilisation de FI4 comme milieu d’injection conduit à des résultats d’entraînement d’air
très proches de ceux obtenus avec de l’air. De plus, la prise en compte de la di¤érence de viscosité
dynamique entre les deux gaz (de l’ordre de 9 %) permet d’obtenir des résultats d’une qualité
très légèrement supérieure (gain de 0=6 %).

Cela ne permet toutefois pas de valider la dépendance de l’entraînement à la viscosité dyna-


mique du gaz proposée par le modèle intégral de manière aussi forte que vis-à-vis de la densité du
milieu d’injection. En e¤et, la variation et les écarts observés sont ici trop faibles pour pouvoir
se prononcer fermement.

8.4.4 Modèle intégral d’entraînement

Le modèle intégral que nous utilisons ici a été proposé par Cossali [96] pour l’étude des
sprays coniques de type Diesel. Il permet de prédire la dépendance de l’entraînement d’un spray
aux conditions d’éjections du liquide (vitesse, granulométrie, concentration) et à la densité du
milieu d’injection.

Le spray généré par l’injecteur piézo-électrique est une nappe diphasique conique alors que
ce modèle traite de jets coniques pleins. Nous formulons ici une première hypothèse : il est
possible de trouver un spray conique dense …ctif dont les échanges de quantité de mouvement
entre liquide et air sont équivalents à ceux entre le spray de l’injecteur piézo-électrique et la
partie externe de l’écoulement d’air.

Les autres hypothèses de base de ce modèle sont les suivantes :

233
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

- le spray est de géométrie conique pleine et stationnaire ;


- les e¤ets d’évaporation, de ‡ottabilité et de compressibilité sont négligés ;
- les propriétés de la phase liquide sont régies par des lois géométriques auto-similaires
(granulométrie, concentration et vitesse) ;
- l’écoulement d’air généré par le spray est aussi décrit par une loi géométrique auto-
similaire.

Voici les principales étapes de l’élaboration de ce modèle. Le ‡ux de quantité de mouvement


initiale de la phase liquide, notée Moltx>0 , dépend de la géométrie de l’ori…ce de sortie (de diamètre
G), du débit de carburant T_ oltx et de la densité du liquide oltx (équation 8.16).

T_ oltx
Moltx>0 = (8.16)
G2

4 oltx
On peut dé…nir de même le ‡ux axial de quantité de mouvement de la phase gazeuse à
u
une pénétration z donnée (Mjd} (})). On pose alors que xjd} (u> }) = x(u = 0> }) i ( ) (avec
}
u
x(u = 0> }) = X (}) et  = ) et on obtient l’expression de Mjd} (}) en fonction notamment
}
du débit volumique d’air, T_ jd} (équation 8.17 ), les constantes P et Q résultant de l’étape
d’intégration.

Z 1 T_ 2jd} (}) P
Mjd} (}) = jd} x2jd} (u> })2ugu = (8.17)
0 2} 2 jd} Q 2
Z 1 Z 1
P = i ()g hw Q =  2 i ()g
0 0

Le seul phénomène assurant le transfert de quantité de mouvement entre la phase liquide


et la phase gazeuse est la force de traînée (voir paragraphe 8.2.5). Le ‡ux axial de quantité de
mouvement de la phase liquide entre deux sections localisées entre }0 et } est noté Moltx (}0 > })
(équation 8.18). Cette échange est fonction de la concentration en liquide ainsi que de la force
de traînée des gouttes :

Z} Z1
Moltx (}0 > }) = Moltx (}) ¡ Moltx (}0 ) = q(u> )Iwud^~q¶hh 2ugug (8.18)
}0 0

D’autre part, le ‡ux de quantité de mouvement cédé par la phase liquide est transféré à
la phase gazeuse, impliquant Moltx (}0 > }) = ¡Mjd} (}0 > }) = ¡Mjd} (}) (le gaz étant initialement
au repos on a Mjd} (}0 ) = 0). On dé…nit alors la grandeur adimensionnelle de taux de mélange
(équation 8.19) :

234
8.4 EFFET DE LA DENSITE DU MILIEU D’INJECTION

µ ¶ µ ¶
T_ jd} (}) G jd} 1@2 Mjd} (}0 > }) 1@2
¤(}) = = dyhf  frqvwdqwh (8.19)
T_ oltx } oltx Moltx>0

On parvient à déduire des équations précédentes l’évolution axiale (suivant z) du débit d’air
entrainé (équation di¤érentielle sur ¤(})). Il est toutefois nécessaire de faire l’hypothèse que
les fonctions sans dimension de distribution de vitesse du gaz et des gouttes sont identiques
(équilibre entre phase liquide et gazeuse atteint).

On dispose alors de lois d’entraînement de l’air dans les zones proches de la sortie de l’in-
}
jecteur, 20 ? ? 60 avec G diamètre équivalent de l’injecteur (équation 8.20) et lointaines
G
}
( A 60, équation 8.21). On constate que ces lois dépendent de constantes fonctions du type
G
d’injecteur utilisé (Krs et Nrs ), du débit de liquide injecté (p
_ oltx ), des propriétés du gaz et du
liquide (viscosité dynamique jd} ).

³ ´ µ ¶
} 7@6 jd} 5@6 ³ } ´3@2
_
Tjd} 20 ? _ 1@6
? 60 = Krs Toltx jd} G 1@6
(8.20)
G oltx G

³} ´ µ ¶
jd} 1@2 }
T_ jd} A 60 = Nrs (8.21)
G oltx G

Ces expressions sont très utiles car elles permettent de déterminer les lois d’évolutions de
l’entraînement en fonction des termes d’intérêt dans le cadre de l’étude de la densité du milieu
d’injection. A titre de validation (contre pressions de 1 et 6 bars), la …gure 8.42 illustre le bon
accord entre les mesures et le modèle, pour les deux domaines, proche et lointain, à pression
atmosphérique et seulement pour le domaine proche sous une contre pression d’air de 6 bars.

235
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 8.42 – Mesures d’entraînement d’air par F-PIV et comparaison avec le modèle intégral.
Paramètres d’injection : pression de 200 bars, durée de 1.5 ms, retard de 1 ms, contre pressions
d’air de 1 et 6 bars.

Il faut de plus préciser que le paramètre Krs est bien pris comme étant une constante de
l’injecteur, quel que soit son point de fonctionnement, conduisant à Krs = 0=2 qui se situe dans
la fourchette basse des références sur des sprays diesel. Cela peut être dû au fait qu’une partie
de l’entraînement du spray se fait par la frontière interne du spray qui n’est pas prise en compte
dans cette étude, sous estimant alors Krs .

Le modèle d’entraînement global prend en compte, au travers de l’expression de la force


de traînée (équation 8.6), les e¤ets de densité, ici étudiés dans la zone dite proche du spray,
}
c’est-à-dire pour des pénétrations telles que ? 60.
G

Ainsi, il est théoriquement possible de déduire l’entraînement massique du spray à une contre
pression (S1 ) à partir de mesures réalisées à contre pressions di¤érentes (S0 ) sous réserve que les
autres grandeurs intervenant dans le calcul soient constantes ou que leurs lois de variation soit
connues. Citons par exemple la viscosité dynamique de l’air (dlu ) qui est constante sur cette

236
8.4 EFFET DE LA DENSITE DU MILIEU D’INJECTION

intervalle de pression au même titre que le diamètre de l’injecteur (G).

On suppose de plus que le débit liquide (T_ oltx ) est également insensible à ces contre pressions
6 eduv
puisque n’induisant qu’une variation relative maximale de = 3% de la di¤érence de
p 200 eduv
pression aux bornes de l’injecteur, et donc de l’ordre de 3 ¼ 1=7% sur le débit liquide injecté.

La dernière hypothèse, plus forte, est que l’ensemble des lois auto similaires utilisées pour
caractériser la phase gazeuse sont constantes (diamètres, concentrations, vitesses). Finalement,
l’équation 8.20 permet d’exprimer l’entraînement massique d’air à S1 en fonction de celui mesuré
à S0 (équation 8.23).

³} ´ µ ¶5@6
7@6 jd} S1
T_ jd} ? 60> S1 = Krs T_ oltx 1@6
jd} G
1@6
G oltx
(8.22)
µ ¶5@6 ³
´ µ ¶5@6
7@6 jd} S1 } 3@2 jd} S1
= Krs T_ oltx 1@6
jd} G1@6 ¤ (8.23)
oltx G jd} S0
| {z }
(8.24)
³} ´ µ ¶5@6
jd} S1
= T_ jd} ? 60> S0 ¤
G jd} S0

La validation du modèle est réalisée à partir d’une comparaison de l’entraînement massique


mesuré sous une contre pression de 6 eduv avec les entraînements massiques extrapolés (relation
8.23) à 6 eduv à partir de mesures réalisées pour des pressions d’air moindres.

Plus la contre pression est faible, plus le spray pénètre loin et le vortex est repoussé en aval.
Pour la contre pression qui sert de référence à cette validation (Shqfhlqwh = 6 eduv), la zone
}
d’apparition du vortex se situe au voisinage de » 45.
G

237
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Fig. 8.43 – Entraînement massique d’air mesuré à une pression de 6 bars et comparaison avec
des extrapolations par le modèle global à partir de mesures sous plus faibles contre pressions.

Le modèle global est tout à fait performant pour la prévision de l’entraînement massique sous
les contre pressions considérées (…gure 8.43). Ce résultat est très riche car il permet indirectement
de con…rmer la supposition que les caractéristiques de la phase liquide ne varient pas de manière
sensible entre 1 et 6 eduv.

Même si les conditions de densité rencontrées sur moteur sont loin de celles considérées
ici (proches au paragraphe suivant), cette observation peut être d’un grand secours pour la
compréhension des phénomènes locaux régissant la nappe diphasique du spray. La procédure de
validation du modèle peut aussi être menée sur les mesures réalisées à di¤érentes pressions de
FI4 (…gure 8.44). On rappelle que les pressions de FI4 utilisées de 1, 1=33, 1=67> 2 et 4=17 eduv
correspondent, en terme de densité du milieu d’injection, à des pressions d’air respectives de 3,
4, 5, 6 et 12=5 eduv. Ici encore, les hypothèses et formulations du modèle intégral semblent être
très bien véri…ées. L’utilisation du FI4 nous a permis de véri…er sa validité vis-à-vis de densités
du milieu d’injection plus élevées.

238
8.5 CONCLUSIONS

Compte tenu de la performance du modèle, on peut conclure sur la bonne prise en compte
des propriétés globales de la phase liquide pour des contre pressions d’air variant de 1 à 12=5
eduv (de 1 à 6 eduv avec de l’air et de 3 à 12.5 eduv de contre pression équivalente avec du FI4 )
et notamment sur l’invariance du diamètre caractéristique de goutte utilisé dans le calcul de la
force de traînée.

Fig. 8.44 – Entraînement massique de CF4 mesuré à une pression de 4.17 bars et comparaison
avec des extrapolations par le modèle global à partir de mesures sous plus faibles contre pressions.

8.5 CONCLUSIONS

Nous avons mis en évidence l’intérêt de la FPIV dans la détermination de l’entraînement


d’air d’un jet diphasique dense. De fait, une méthode de mesure "directe" peut alors être utilisée
et donne accès à la mesure instantanée de l’entraînement d’air externe du spray. Des mesures de
l’écoulement gazeux à l’intérieur du spray conique ont aussi pu être réalisées mais n’ont procuré
pour l’instant qu’une information qualitative sur la morphologie de ce dernier. Il a aussi été fait
preuve de la possibilité d’utiliser la FPIV avec un gaz dense comme milieu d’injection (CF4 ).

239
Chapitre 8. ENTRAINEMENT D’AIR DU SPRAY DE L’INJECTEUR PIEZO
ELECTRIQUE

Les résultats obtenus à densité équivalente d’air et de CF4 sont très proches et suivent
les tendances du modèle intégral de Cossali [93] dont la formulation pour spray à cône plein
pourrait être adaptée à la géométrie du spray conique creux de l’injecteur piézo-électrique. En…n,
en dépit de la limitation de la zone de mesure à une région n’incluant pas l’intégralité du spray,
nous avons mis en évidence une dépendance de l’entraînement aux conditions aux limites du
spray en sortie de l’injecteur. Les données de granulométrie proviennent de mesures fournies par
SIEMENS VDO Automotive (MALVERN) alors que le débit liquide instantané de l’injecteur
est obtenu à partir de la méthode laser de mesure de débit liquide instantané (ALD) et de la
modélisation des systèmes de carburant (logiciel AMESim).

Les instationarités du circuit d’alimentation modi…ent à chaque instant de l’injection les


propriétés du spray et nous avons mis en évidence des ‡uctuations de l’entraînement d’air du
spray de l’ordre de 20%. Ces dernières étant fortement dépendantes de la loi de levée d’aiguille
de l’injecteur, elles sont surtout présentent dans 500 premières microsecondes après le début de
l’injection.

Toutefois, en raison du développement de stratégies d’injection multiples au cours d’un même


cycle, on assiste à une diminution des durées d’injections et donc à une importance relative de
plus en plus forte des phénomènes instationnaires. Ce type d’analyse a ainsi permis de mettre
en évidence que les temps caractéristiques des ‡uctuations de l’entraînement du spray sont du
même ordre de grandeur que les durées d’injections des moteurs IDE de deuxième génération.
La compréhension de leur comportement ainsi que leur modélisation ne peut donc plus être
uniquement abordée par des études stationnaires qu’elles soient théoriques, expérimentales ou
numériques.

Notons en…n qu’il existe d’ores et déjà des méthodes industrielles permettant la correction
du pilotage des injecteurs Diesel lors de l’utilisation de stratégies à injection multiples (jusqu’à
5 par cycle pour l’instant) où chaque injection in‡ue sur la suivante de manière di¤érente en
fonction de leur écart d’avance.

240
Chapitre 9

CONCLUSIONS ET
PERSPECTIVES DE L’ETUDE

Cette étude concerne l’analyse de l’in‡uence des ‡uctuations de débit liquide instantané d’un
injecteur automobile sur les propriétés d’entraînement du spray (application Injection Directe
Essence, IDE, 2hµph génération à commande piézo-électrique). Pour ce faire, un banc système
d’alimentation en carburant haute pression (200 bars) est mis en place, incluant tous les dispo-
sitifs rencontrés sur un système "réel" : pompe, régulateur et rampe d’injection commune.

Une méthode de mesure par Anémométrie Laser Doppler est en premier lieu utilisée a…n
de déterminer le débit liquide instantané au sein d’une conduite en Pyrex insérée en amont de
l’injecteur. L’originalité de notre travail réside en particulier dans la méthode de validation qui
constitue une première.

Nous comparons en e¤et les pro…ls de vitesse mesurés par ALD et obtenus par la méthode
de reconstruction. Cette procédure suit les desiderata de Lambossy [12], découvreur de cette
méthode, qui ne pouvait à son époque réaliser ces mesures qui constituaient selon lui la seule
validation possible de ces travaux analytiques. C’est aujourd’hui chose faite !

Cela a permis de mettre en évidence les fortes ‡uctuations de pression et de débit présentes
dans le système d’alimentation en carburant des injecteurs. Les amplitudes des ‡uctuations entre
deux injections sont importantes, pouvant atteindre presque 50 % de celles générées au cours
de l’injection. Les fréquences propres du système sont quant à elles fonction de l’injecteur et du
circuit et sont comprises entre 200 et 3000 K}.

241
Chapitre 9. CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES DE L’ETUDE

D’autre part l’utilisation d’un logiciel de simulation hydraulique (AMESim) nous a aussi
permis d’obtenir le débit liquide en sortie de l’injecteur.

Ce dernier di¤ère de celui mesuré en amont de l’injecteur en raison de la fonction de transfert


de la portion de circuit hydraulique comprise entre la zone de mesure et la sortie de l’injecteur.
Une fois encore, nous n’avons trouvé trace d’un travail similaire dans l’état de l’art. Insistons
cependant sur la nécessité d’avoir accès à l’intégralité des données de conception de ces dispositifs
mécaniques et aux propriétés du ‡uide utilisé (compressibilité notamment) pour parvenir à de
tels résultats.

On peut ici souligner la disponibilité et la marque de con…ance de MM Nuglisch, Marro


et Hélie de SIEMENS VDO Automotive qui nous ont permis un accès rapide et complet à
l’ensemble des données nécessaires. Cette démarche nous a permis d’évaluer l’impact du cir-
cuit d’alimentation en carburant sur le débit liquide instantané en sortie de l’injecteur. Les
compressibilités équivalentes des deux circuits utilisés étant très di¤érentes (‡exible moyenne
pression contre tuyau en métal, module d’Young de 40000 à 600000 bar), la réponse du système
(circuit+injecteur) à la dépression générée à l’ouverture de l’injecteur n’est pas la même.

Les taux d’introduction adoptent alors des évolutions di¤érentes, pouvant cependant éven-
tuellement conduire au même volume injecté pour certaines durées d’injections seulement. Nous
avons aussi retrouvé l’importance de la loi de levée de l’aiguille de l’injecteur dans la modélisation
du comportement de ce dernier et notamment les ‡uctuations de débit durant l’injection.

La deuxième thématique de cette étude concerne l’entraînement d’air instantané du spray


de l’injecteur. Ici encore, une technique de mesure inexistante au laboratoire a du être utilisée
en raison des contraintes optiques en milieux diphasiques denses. La Vélocimétrie par Images
de Particules Fluorescentes (FPIV) est utilisée a…n de s’a¤ranchir de la di¤usion de Mie des
gouttelettes qui rend délicate l’utilisation de la PIV "classique".

Après avoir validé les champs de vitesse d’air obtenus par cette méthode (convergence et
véri…cation de l’équation de continuité), nous avons e¤ectué des mesures d’entraînement d’air
tout au long d’injections sous di¤érentes pressions de carburant (et même après la fermeture de
l’injecteur). L’entraînement d’air étant régi par la force de traînée des gouttelettes, nous avons
aussi pris en compte les variations de vitesse, de concentration et de granulométrie du spray
au cours de l’injection. Ces données proviennent des résultats de mesure laser de débit liquide
instantané que nous avons obtenus et de mesures mises à notre disposition par les partenaires
de cette étude (CORIA et SIEMENS-VDO Automotive).

242
Chapitre 9. CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES DE L’ETUDE

Il nous a été possible de retrouver par cette analyse qualitative les tendances d’évolution de
l’entraînement d’air instantané obtenues par FPIV. Les perspectives de cette étude sont nom-
breuses et s’inscrivent dans le projet de thèse de Brice Prosperi fruit d’une collaboration entre
l’IMFT, SIEMENS-VDO Automotive et PSA Peugeot Citroën (débutée en novembre 2004).

243
ANNEXES

244
Annexe 1 : LE TUBE DE BOSCH (LE COR DE CHASSE)

ANNEXE 1 : LE TUBE BOSCH (LE COR DE CHASSE)


Le principe de fonctionnement de ce débitmètre repose sur la propagation dans un tube de
section V, d’une onde de pression générée par l’injection de carburant. La propagation de l’onde
est régie par l’équation 9.1 dont l’obtention est présentée lors de l’analyse du phénomène de coup
de bélier (§ 4.2.1, chapitre 4). L’évolution de la pression d’un liquide au sein duquel se déplace
un piston à la vitesse X est donc calculable par cette relation :

T(w)
¢S (w) = FX (w) = F = nT(w) (9.1)
V
avec S pression, F célérité du son,  masse volumique
T débit de l’injecteur, V surface d’une section du tube.

Dans le cas présent, c’est la vitesse du "piston liquide" que constitue le carburant injecté
qui est la grandeur d’intérêt puisqu’elle permet d’avoir accès au débit liquide instantané (T(w)
)en sortie de l’injecteur. On constate ainsi qu’il existe une relation de proportionnalité entre
la pression du ‡uide et le débit instantané de l’injecteur aussi appelé taux d’introduction. La
constante de proportionnalité, n, est notamment fonction de la masse volumique du carburant et
de la célérité du son dans ce liquide. Rappelons la relation qui existe entre la masse volumique,
la célérité et le module de compressibilité, " (relation 9.2).

r
"
F= (9.2)


L’architecture du tube Bosch peut se résumer à un tube de grande longueur (» 10 p),


rempli du même liquide que celui à injecter, l’injecteur étant monté à une des extrémités de la
conduite. Le carburant dans le tube est soumis à une pression de 50 eduv a…n de limiter les e¤ets
de cavitation auxquels on peut s’attendre lors d’une injection à haute vitesse de liquide dans du
liquide et qui génèreraient des poches de gaz (dont le volume et la dynamique fausseraient les
mesures).

Un capteur de pression piézo-résistif est monté a­eurant sur le tube et permet d’obtenir
l’évolution temporelle de la pression dans cette section avec une précision de l’ordre de 3 % pour

245
Annexe 1 : LE TUBE DE BOSCH (LE COR DE CHASSE)

des pressions comprises entre 5 et 60 eduv. Il ne manque alors plus qu’à déterminer le lien de
proportionnalité entre pression et débit (n, équation 9.1).

Pour ce faire, on intègre temporellement le signal de pression, qui correspond au signal de


Y
débit liquide instantané à un coe¢cient près, et, on obtient donc , avec V, volume de carburant
n
injecté. Par mesure du volume de carburant e¤ectivement injecté au moyen de pesées ou d’un
débitmètre de type EMI2 par exemple (très performant pour la mesure de débit moyen) on peut
déterminer le coe¢cient de proportionnalité n, et accéder ensuite au débit liquide instantané en
sortie de l’injecteur.

Les mesures des capteurs de pression équipant ce dispositif présentent des erreurs de l’ordre
de 3 % sur la mesure du signal de pression. Les erreurs de mesure des volumes injectées, qu’elles
soient réalisées par pesées ou par EMI2, sont inférieures à 1 %, conduisant ainsi à des erreurs
globales sur le débit liquide instantané de l’ordre de 4 %.

246
Annexe 2 : INJECTION INDIRECTE BASSE PRESSION

ANNEXE 2 : INJECTION INDIRECTE BASSE PRESSION


DISPOSITIF EXPERIMENTAL
Le circuit d’alimentation basse pression est le plus simple de ceux utilisés. Il est constitué
d’un réservoir pressurisé à 4=5 eduv par le circuit d’air comprimé local et contenant le white-spirit
à injecter. Une électrovanne et un détendeur permettent de réguler la pression de l’air s’exerçant
sur le liquide et donc la pression d’injection. Un tuyau semi-rigide en polyamide (diamètre de
9 pp, di¤érentes longueurs de 0=78 à 2=74p) assure la connexion entre réservoir pressurisé et
tube de mesure.

La commande d’injection se fait par un Générateur Basse Fréquence (GBF) délivrant un


signal de type "pulse", de tension 5 yrowv durant l’injection et nulle le reste de la période. Un
boîtier ampli…cateur (Hervé AYROLES, Signaux et Images, IMFT) permet de transformer ce
signal de commande en signal dit de "puissance" en dépit de sa basse tension (12 Y rowv) de
manière à alimenter la bobine de l’injecteur.

Celle ci alors un champ magnétique entraînant la levée de l’aiguille de l’injecteur et ouvrant


alors le passage au carburant. Lors de la mise hors tension de la bobine, un temps de latence
(fonction de la bobine utilisée, proche de 200 v) précède la descente de l’aiguille et la fermeture
de l’injecteur.

Les dispositifs de mesure du débit liquide instantané par la méthode de reconstruction sont
les mêmes que ceux utilisés pour l’étude des injections directes première et deuxième génération.

VALIDATION DE LA METHODE DE RECONSTRUCTION


La …gure 9.1 présente une comparaison entre débits moyens obtenus par pesée et par recons-
truction pour trois fréquences d’injections (10, 20 et 30 K}). La droite en pointillé est la droite
de pente unité et d’ordonnées nulle à l’origine, lieu d’égalité des deux méthodes.

On constate qu’il y a une très bonne adéquation entre pesée et reconstruction, quelle que
soit la fréquence où le débit moyen injecté (équivalent à une variation de la durée d’injection).
Cependant, il semble que les écarts soient relativement importants pour les débits moyens injectés
les plus importants, c’est-à-dire pour les durées d’injection les plus longues.

Il est possible de con…rmer cette observation en ne s’intéressant qu’aux résultats obtenus pour
une fréquence d’injection de 20 K} en fonction de la durée d’ouverture de l’injecteur (…gure 9.2).

247
Annexe 2 : INJECTION INDIRECTE BASSE PRESSION

Fig. 9.1 – Comparaison entre débits moyens obtenus par méthode de reconstruction et par
pesée. Fréquence d’injection de 30, 20 et 10 Hz, injecteur basse pression

En e¤et, alors que les erreurs pour des durées d’injections inférieures à 20 pv sont en deçà de
5%, elles augmentent avec le débit moyen injecté pour atteindre presque 10% pour des injections
de 22 pv.

Notons ici que, mêmes si ces durées d’injections sont beaucoup trop longues pour avoir un
quelconque intérêt pour l’application moteur, elles restent utiles dans la véri…cation de leur
appartenance au domaine de validité.

Rappelons que, plus une injection est longue, plus l’écoulement aura le temps de se dévelop-
per, non seulement spatialement suivant l’axe de la conduite, mais aussi temporellement, par
une di¤usion visqueuse plus profonde.

248
Annexe 2 : INJECTION INDIRECTE BASSE PRESSION

Fig. 9.2 – Comparaison entre débits moyens obtenus par méthode de reconstruction et par
pesée. Fréquence d’injection de 20 Hz, injecteur basse pression

En…n, l’erreur constatée semble suivre une certaine logique d’évolution, sur-estimant de moins
en moins le débit moyen jusqu’à le sous-estimer de plus en plus.

En fait, les pentes des deux lois (reconstruction et pesée) du débit moyen injecté en fonction
de la durée d’injection ne sont pas strictement les mêmes, ce qui implique un croisement des deux
tendances (ici pour une durée d’injection de 12 pv). Finalement, il est primordial de conclure
ici que la fréquence, mais aussi la durée d’injection, sont à considérer dans l’établissement des
critères de validité de la méthode.

En e¤et, les essais à une fréquence d’injection de 10 K}, mais pour des injections plus
courtes, conduisent à de meilleurs résultats que ceux obtenus à des fréquences plus élevées avec
des injections plus longues (…gure 9.3).

249
Annexe 2 : INJECTION INDIRECTE BASSE PRESSION

Fig. 9.3 – Evolution de l’erreur en fonction de la durée d’injection. Injecteur basse pression.

250
Annexe 3 : DIMENSIONNEMENT DU TUBE DE MESURE

ANNEXE 3 : DIMENSIONNEMENT DU TUBE DE ME-


SURE
L’obtention d’un écoulement pulsé laminaire parallèle impose la valeur du rayon interne du
tube de mesure, U1 = 2 pp (chapitre 2). Le choix a priori d’un rayon extérieur de U2 = 6
pp est ici confronté aux résultats de la théorie d’élasticité des tubes à enveloppes épaisses pour
h
lesquelles épaisseur et rayon du tube sont du même ordre de grandeur (soit ). On appellera
U
S , la pression du ‡uide à l’intérieur du tube, U1 le rayon intérieur et U2 le rayon extérieur.

En coordonnées cylindriques u, , } (}, axe de la conduite) le principe fondamental de la dy-


namique permet d’obtenir la relation 9.3 entre , la masse volumique du Pyrex, ¡ !
 > l’accélération
!
¡
(nulle ici), e > les forces volumiques (nulles ici), §> le tenseur des contraintes du tube.

! ¡¡! ¡
¡ !

!
 = e + gly§ = 0 (9.3)

Dans notre cas, le tube est libre en mouvement car uniquement en contact avec son support
par l’intermédiaire de joints toriques (exerçant des e¤orts résistants considérés négligeables, soit
 }} = 0). On obtient alors :

C uu  uu ¡  
+ =0 (9.4)
Cu u

De plus, en se plaçant dans le cadre d’une déformation longitudinale (%}} ) constante et


indépendante de u et de , on peut relier déformation longitudinale et contraintes (équation
9.5).

 }}  %}}
%}} = ¡ ( uu +   ) soit - =  uu +   = 2F1 = fwh (9.5)
H H 

Par sommation de 9.4 et 9.5, on détermine l’expression générale des contraintes radiales
et orthoradiales en fonction du rayon. En prenant comme conditions aux limites  uu (U2 ) = 0
(pression atmosphérique) et  uu (U1 ) = ¡S (pression du carburant) on obtient les équations 9.6
et 9.7.
µ ¶
S U12 U2
 uu = 1 ¡ 22 (9.6)
U2 ¡ U12
2 u

251
Annexe 3 : DIMENSIONNEMENT DU TUBE DE MESURE

µ ¶
S U2 U22
  = 2 1 2 1+ 2 (9.7)
U2 ¡ U1 u

La contrainte maximale au sein de l’épaisseur du tube sera une contrainte orthoradiale, plus
particulièrement celle obtenue en u = U1 (paroi interne du tube, équation 9.8).

S ¡ 2 2
¢
  = U1 + U2 AS (9.8)
U22 ¡ U12

Pour le tube de mesure choisi a priori (U1 = 2 pp, U2 = 4 pp et S = 200 eduv), on


évalue la contrainte maximale à  pd{ = 12=5 P S d. La contrainte maximale limitant le domaine
d’élasticité du Pyrex étant supérieure à 50 P S d, ceci confère au dimensionnement un coe¢cient
de sécurité de l’ordre de 2, justi…é notamment par les éventuels coups de bélier engendrés par
l’ouverture et la fermeture de l’injecteur sous 200 eduv.

Précisons toutefois qu’il est arrivé par deux fois une destruction du tube de mesure suite à
l’utilisation de ‡asques de maintient du tube dont la concentricité et l’alignement n’étaient pas
su¢samment précis. Cela entraînait un montage pré-contraint du tube et des sollicitations de
type ‡ambage, qui ne sont pas prise en compte dans le présent dimensionnement. L’utilisation
du boîtier de protection étanche dans lequel le tube en Pyrex est monté assure une protection
idéale. En e¤et, la rupture du tube ne se faisant pas suivant un comportement de type "grenade à
fragmentation" en raison de la faible compressibilité du liquide, les "morceaux" du tube ne sont
donc pas violemment projetés. L’étanchéité permet de stoker temporairement le carburant dans
le boîtier pendant les quelques instants nécessaires à la mise hors pression du circuit, évitant
toute projection de carburant sur les installations.

252
Annexe 4 : FORMULE DE MICHAUD

ANNEXE 4 : FORMULE DE MICHAUD


La con…guration étudiée ici est constituée d’une vanne (injecteur simpli…é) dont le débit est de
T0 = 0=4 O@plq pour une perte de charge de ¢Slqvw = 80 eduv et d’une conduite d’alimentation
indéformable de longueur O = 50 fp. Le liquide utilisé a une masse volumique 3
r  = 800 nj@p ,

un module de compressibilité  = 10000 eduv et donc une célérité F = = 1120 p@v.

L’amplitude de l’onde de pression générée par la fermeture de la vanne est une fonction de la
O
dynamique de la vanne. On note W la durée de la phase de fermeture et w = le temps que met
F
l’onde pour faire un aller-retour). On dé…nit ainsi trois types de fermeture :
- pour W = 0, la fermeture est dite instantanée ;
- pour W ? 2w, la fermeture est dite brusque ;
- pour W A 2w, la fermeture est dite lente.

Ainsi, pour une fermeture instantanée, l’intégralité de l’énergie cinétique est convertie en
pression suivant l’équation 9.9. Plus la vitesse de l’écoulement à la fermeture est importante,
plus l’amplitude de l’onde de pression sera élevée, l’utilisation d’un ‡uide plus dense contribuant
de même à une augmentation de la surpression. Pour les autres types de fermeture, on utilise
la formule dite de Michaud (formule 9.10, Bonazzi [75]) qui permet de prendre en compte la
dynamique de la manoeuvre de l’injecteur.

T0
¢Slqvw =  F (9.9)
V

T0
2O
¢Slqvw = V (9.10)
W
Cette approche met en évidence qu’une fermeture lente (W élevé) permet de réduire l’ampli-
tude de l’onde de pression. Cela va à l’encontre de l’évolution technologique des injecteurs dont
on cherche à réduire au maximum les temps de manoeuvre a…n d’obtenir le plus rapidement
possible un débit maximum et une taille de gouttelette minimum. La solution consiste donc à
utiliser un volume tampon permettant de lisser ces ‡uctuations sans pour autant être un obs-
tacle à une montée rapide en pression lors de la mise en route du système, c’est le principe de
l’injection directe dite à rampe commune (frpprq udlo).

A…n d’illustrer ces considérations théoriques, on modélise ce phénomène de coup de bélier


à partir du logiciel AMESim pour la con…guration modèle déjà présentée. La …gure 9.4 illustre
l’écoulement obtenu pour une durée de fermeture de 1 pv. Notons que le débit est ici analysé

253
Annexe 4 : FORMULE DE MICHAUD

quelques centimètres en amont de l’injecteur, car, son débit étant nul lorsqu’il est fermé, il est
impossible d’avoir accès aux fréquences de l’écoulement entre deux injections (phase de repos
de l’injecteur).

Fig. 9.4 – Exemple d’écoulement obtenu pour une durée de manoeuvre de 1 ms.

On reconnaît aisément deux période d’injection complètes entre lesquelles les ‡uctuations de
débit dues au coup de bélier présentent une fréquence de 700 K}. On peut ici bien véri…er que
la relation liant fréquence, longueur du circuit et vitesse de l’onde est bien véri…ée (application
9.11).

F 1120
I = = = 700K} (9.11)
4O 4 ¤ 0=4

L’équation 9.10 indique une dépendance de l’amplitude de l’onde de pression au temps de la


1
forme ¢Slqvw / . On impose successivement trois durées de type fermeture soudaine (W = 1>
W
1=5 et 2 pv), la fréquence d’injection étant de 50 K}. Le tableau 9 consigne les variations de
pression obtenues par la modélisation sous AMESim en fonction de l’inverse du temps de ma-
noeuvre. Les expériences numériques sont bien en accord avec l’approche analytique de Michaud,
les ‡uctuations de pression étant proportionnelles à l’inverse de la durée de manoeuvre.

1/T (ms-1) 1 0.67 0.50


P (bars) 100 50 25

Tableau 9 : Amplitude de l’onde de pression

254
Annexe 5 : IMPORTANCE DE LA SYNCHRONISATION ENTRE LA POMPE ET L'INJECTEUR

ANNEXE 5 : IMPORTANCE DE LA SYNCHRONISATION


ENTRE LA POMPE ET L’INJECTEUR
Cette annexe présente des mesures de débit obtenues par méthode de reconstruction lors
d’une mauvaise synchronisation de la pompe et de l’injecteur. La …gure 9.5 présente l’intégralité
des mesures de vitesse à l’axe du tube de mesure au cours d’une expérience d’une durée de
l’ordre de 1 minute et 45 secondes. Il est ici évident que l’écoulement est très fortement ‡uctuant,
présentant des points de fonctionnement successifs induisant des variations de vitesses mesurées
très importantes.

On discerne ainsi des plages temporelles où les vitesses appartiennent à un intervalle borné
entre 4=5 et -2 p@v (w ¼ 37 v) et d’autres où ces valeurs limites deviennent respectivement 3=8
et -1=5 p@v (w ¼ 17 v). De plus, on distingue nettement une basse fréquence de variation des
vitesses mesurées remarquable par exemple par les pics de vitesse maximum mesurée obtenus à
w ¼ 17> 52 et 85 v.

On peut alors évaluer un décalage fréquentiel moyen de l’ordre de 29=4 pK}, soit une erreur
29=4 10-3
relative sur les fréquences de ¢I = ¼ 0=06%, similaire à la précision du réglage de la
50
fréquence d’injection. La remise en phase de ces mesures conduit à une très mauvaise précision
des mesures de vitesses qui sont à la fois dispersées par leurs amplitudes ‡uctuantes mais aussi
par leur dérive temporelle.

Fig. 9.5 – Ensemble des mesures de vitesse réalisées durant une expérience. Paramètres d’injec-
tion : durée de 3 ms, fréquence de 50 Hz, pression de 200 bars.

255
Annexe 5 : IMPORTANCE DE LA SYNCHRONISATION ENTRE LA POMPE ET L'INJECTEUR

Fig. 9.6 – Rephasage des mesures de vitesse réalisées durant une expérience. Paramètres d’in-
jection : durée de 3 ms, fréquence de 50 Hz, pression de 200 bars.

Il faut alors insister sur le fait que ces mesures ont été réalisées en suivant la procédure
établie au chapitre 5 (mesure de la vitesse de rotation pompe par stroboscope et ajustement de
la fréquence d’injection par le GBF) et que, malgré cela, on ne peut trouver de plage temporelle
où le régime d’injection est en accord, ou du moins en très faible dérive, par rapport au reste du
circuit d’alimentation.

Il est donc nécessaire d’utiliser un système de synchronisation de la pompe et de l’injecteur.


Un codeur angulaire monté sur l’arbre de la pompe ainsi qu’un boîtier de retard permettront
d’obtenir une fréquence d’injection identique à la fréquence de rotation de la pompe et un phasage
constant de l’injection au sein du cycle de la pompe. Les mesures par moyenne de phase seront
alors beaucoup plus faciles à réaliser au même titre que les comparaisons avec la modélisation.

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RESUME :
L’objectif de cette étude est de déterminer l’effet des fluctuations de débit liquide instantané
d’un injecteur sur l’entraînement d’air instationnaire d'un spray conique creux de type injection
directe essence. Pour ce faire, nous utilisons plusi eurs outils, expérimentaux et numériques.
Une méthode de mesure de débit liquide instantané, basée sur la modélisation physique des
écoulements pulsés est utilisée. La mesure de la vitesse (Anémométrie Laser Doppler) de
l’écoulement à l’axe de la conduite alimentant l’injecteur suffit pour reconstruire l'écoulement
avant l'injecteur. Un logiciel de modélisation hydraulique et mécanique (AMESim) permet
d’obtenir le débit liquide instantané en sortie de l’injecteur. La validation est réalisée grâce aux
résultats de la méthode de reconstruction et à des mesures de pression de rampe d’injection.
La Vélocimétrie par Images de Particules Fluorescentes (FPIV), adaptée aux milieux
diphasiques denses, donne accès à l’écoulement d’air autour et à l’intérieur du spray cônique. Des
mesures de vitesse d’air à proximité de la nappe diphasique permettent de déterminer
l’entraînement d’air instationnaire du spray. En se basant sur des données de granulométrie et de
vitesse du carburant en sortie de l’injecteur, l'analyse des échanges de quantité de mouvement des
gouttes vers l’air permet enfin de proposer un modèle d’entraînement instationnaire fidèle aux
mesures FPIV.
ENGLISH TITLE :
Analysis of transient flows in gasoline direct injection fuel systems. Effects on spray
instantaneous air entrainment.
ABSTRACT :
The aim of this study is to determine instantaneous liquid flow rate oscillations effect on non
stationary air entrainment of an injector conical spray (Gasoline Direct Injection). The tools we
use are either experim ental or numerical ones.
An instantaneous flow rate determination method is used. It is based on pulsated flows physics
and only requires the velocity at the centerline of a pipe mounted just before the injector. So, it is
possible to “rebuild” the instant aneous velocity distributions and then to get the instantaneous
liquid flow rate (Laser Doppler Anemometry measurements). A mechanical and hydraulics
modeling software (AMESim) is necessary to get injector outlet flow rate. Simulations are
validated by bot h “rebuilding” method results and common rail pressure measurements.
Fluorescent Particle Image Velocimetry (FPIV), suited to dense two -phase flows, is used to
measure air flow around and inside the conical spray. Velocity measurements close to the spray
frontier are used to compute instantaneous air entrainment. Considering droplets momentum
exchange with air and thanks to droplets diameters and liquid velocities measurements at the
nozzle exit, a transient air entrainment model is proposed according to FP IV measurements.
MOTS CLEFS – KEYWORDS :
Spray dense conique creux Dense hollow conical spray
Ecoulements instationnaires en conduite Pipe transient flows
Modélisation de l’entraînement d’air Air entrainment modeling
Anémométrie Laser Doppler Laser Doppler Anemometry
Vélocimétrie par Images de Particules Fluorescentes Fluorescent Particle Image Velocimetry
Mesure de débit liquide instantané Instantaneous liquid flow rate measurement
Modélisation AMESim AMESim modeling
DISCIPLINE :
Energétique et Transferts.
ETABLISSEMENT :
Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse. Groupe Ecoulements et Combustion. Allée du
Professeur Camille Soula. 31400 Toulouse. France.

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