FACULTE DE MEDECINE DE BEJAIA INTRODUCTION
UNITE D’ENSEIGNEMENT INTERGREE 1
o La demande de soulagement d’une douleur est un motif de
consultation des plus fréquents. La recherche de l’étiologie et
son traitement, quand ils sont possibles, amènent un
apaisement rapide et durable. La douleur aiguë a alors rempli
PSYCHOLOGIE DE LA DOULEUR son rôle d’alarme.
o Plus rarement, parce que la pathologie n’est pas curable, mais
aussi du fait de facteurs personnels ou environnementaux, la
douleur a tendance à se chroniciser avec le risque d’évolution
vers un “syndrome douloureux chronique”. C’est alors la
globalité du sujet souffrant qui est bouleversée dans ses
dimensions somatique, affective, cognitive et comportementale
Pr. EH. ADJA - CHU DE Bejaia et qui doit mobiliser ses capacités adaptatives.
Campus Aboudaou 07 octobre 2025
o Une intervention pluridisciplinaire s’impose alors pour garantir
au patient la prise en compte de la globalité d’une situation
07/10/2025 1 complexe au risque d’un morcellement toujours préjudiciable.2
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Qu'est-ce que la psychologie de la douleur ? LES DIFFERENTS TYPES DE LA DOULEUR :
On parle de douleur discrète ou aiguë, éventuellement chronique ou
récidivante, mais « habituellement, la douleur est divisée en deux
Composantes psychologiques de la douleur : catégories en fonction de la durée ».
A. Douleur aiguë : La douleur aiguë est une douleur vive
La douleur n'est pas seulement une sensation physique, mais immédiate, et généralement brève. Elle est causée par une
aussi une expérience complexe qui comprend des aspects stimulation nociceptive de l'organisme, telle une lésion
psychologiques tels que la peur, la tristesse et l'anxiété. tissulaire, pouvant se produire sous la forme d'un stimulus
thermique (contact de la peau avec du feu) ou mécanique (un
❑ Comorbidités psychologiques : pincement, un coup). « La douleur aiguë joue donc un rôle
d’alarme qui va permettre à l’organisme de réagir et de se
Des troubles comme la dépression et l'anxiété sont courants chez protéger face à un stimulus mécanique, chimique ou thermique.
les personnes souffrant de douleurs chroniques, et des facteurs » ; sa fonction d'alerte est alors justifiée.
psychologiques comme le soutien émotionnel et la résilience B. Douleur chronique : « La douleur est dite chronique ou
peuvent influencer le ressenti de la douleur. pathologique, lorsque la sensation douloureuse excède trois
mois et devient récurrente. » Il est actuellement admis qu’une
❑ Douleur psychosomatique : douleur chronique à une double dimension :
La douleur psychosomatique est une douleur réelle ressentie La dimension sensorielle représente la composante neurologique
même sans cause physique évidente. Elle peut être une à l’origine de la sensation douloureuse.
manifestation des émotions submergées du corps, nécessitant La dimension psychologique représente la réponse affective
une prise en charge psychologique. émotionnelle, cognitive ou comportementale à une agression
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douloureuse.
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RÉACTION PSYCHOLOGIQUE A LA DOULEUR C. COMPOSANTE COGNITIVE DE LA DOULEUR Le terme
Les douleurs chroniques s’accompagnent de difficultés psychologiques. cognitif désigne l’ensemble des processus intellectuels
Progressivement, le désordre physique va provoquer des réactions
psychologiques diverses : fatigue, insomnie, anxiété, dépression, désintérêt susceptible d’influencer la perception de la douleur et les
sexuel. Avec le temps, ces réactions psychologiques constituent un facteur réactions qu’elle détermine :
d’exacerbation, d’entretien de la douleur et on se retrouve devant un mécanisme
de cercle vicieux. ❖ Processus d’attention et de détournement de l’attention,
❖ Interprétation et valeurs attribuées à la douleur, anticipation,
A. PHENOMENES D’ATTENTION –DISTRACTION: Les données cliniques références à des expériences douloureuses antérieures
indiquent qu’une douleur augmente lorsque l’attention du sujet est focalisée
sur sa douleur. A l’inverse, lorsqu’un sujet est distrait, la douleur parait alors personnelles ou observées,
diminuer, la douleur réapparait secondairement lorsque l’état d’attention
redevient normal. La reprise des activités professionnelles, ou de loisirs est ❖ Décisions sur le comportement à adopter.
une étape importante du traitement. Qui doit se faire progressivement, selon D. COMPOSANTE COMPORTEMENTALES DE LA DOULEUR
un rythme adapté aux possibilités du malade.
B. COMPOSANTE AFFECTIVE DE LA DOULEUR: Si la douleur occupe une La composante comportementale englobe l’ensemble des
place particulière parmi les perceptions, c’est aussi du fait de la composante manifestations verbales et non verbales observables chez la
affective qui lui confère sa tonalité, pénible, parfois insupportable. Cette personne qui souffre (plaintes, gémissement, mimique, posture
composante fait partie intégrante de l’expérience douloureuse et peut se
prolonger vers des états plus différencies telles que l’anxiété et la dépression. antalgique…). Ces manifestations réactionnelles à un stimulus
La composante affective est déterminée par : nociceptif assurent une fonction de communication avec
1. Le stimulus nociceptif lui-même,
2. Le contexte dans lequel le stimulus est appliqué (la signification de la
l’entourage. Ces comportements acquis, sont fonction de
maladie, l’incertitude sur son évaluation). l’environnement familial, de la culture, des standards sociaux
liés à l’âge et même au sexe.
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Grille d’évaluation
ÉVALUATION BIOPSYCHOSOCIALE DU MALADE biopsychosociale du malade
DOULOUREUX douloureux chronique
Agence Nationale d’accréditation et d’évaluation de la santé
Le premier contact avec un douloureux chronique peut être
délicat du fait de l'agressivité du patient, des sentiments de
frustration et de mise en échec qui se dégagent de son
discours. La relation est toujours facilitée lorsque le thérapeute
montre clairement au patient qu'il croit à sa douleur et qu'il fait
preuve d'empathie. Croire à la douleur ne signifie pas accepter
toutes les conceptions du malade sur son état ou sur la nature
de la douleur : il faudra savoir expliquer que les causes ne sont
pas univoques et faire partager un modèle de représentation du
problème posé qui pourra rendre légitime la démarche
thérapeutique. Dans tous les cas, la consultation avec le
malade douloureux chronique ne peut se concevoir dans une
atmosphère d'urgence : il faudra savoir être disponible pour
écouter et créer le climat de confiance indispensable à une relation
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PRISE EN CHARGE DE LA PHARMACOLOGIE À LA PRISE EN CHARGE GLOBALE
◗ Clarification du cadre DE LA DOULEUR : INTÉGRATION DANS UNE APPROCHE
o Il faut lever le clivage psyché-soma chez le patient, il est nécessaire que les PLURIMODALE
soignants sortent, eux-mêmes, du clivage médical classique, à savoir les
médecins et infirmières d’un côté, les “psy” de l’autre. Il ne suffit pas d’afficher des
équipes pluridisciplinaires pour que cela fonctionne.
o D’autres clivages sont à lever dans la prise en charge des patients et les querelles
d’école doivent être dépassées : psychanalyse ou comportementalisme,
approches verbales ou abords corporels.
Lorsqu’un traitement étiologique permettant une disparition
En effet, il faut aborder avec chaque patient : des douleurs n’est pas envisageable, un programme
1) la place et le rôle psychodynamique de sa douleur à la lumière des défenses thérapeutique comprenant diverses approches doit être
mises en jeu et de la structure de personnalité, élaboré, en fonction de chaque patient. Ces programmes
2) Son histoire personnelle et familiale afin qu’il puisse y trouver des éléments de plurimodaux tendent à diminuer les douleurs, améliorer
compréhension en lien avec ce qu’il vit,
3) une réflexion sur sa vie actuelle, sur le type de relation qu’il génère avec les
l’activité physique et l’état psychologique ainsi qu’à
autres, sur les interactions avec son milieu…, diminuer la consommation de soins
4) une prise de conscience sur la déstabilisation occasionnée par certains
événements,
5) la façon dont il se projette dans le futur et l’avenir qu’il se donne,
6) que représente pour lui la relation au corps,s’autorise-t-il à vivre des sensations
agréables ?
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CONCLUSION
▪ si la blessure est une rupture dans la chair, la souffrance
quotidienne est une rupture/effraction à plusieurs niveaux : au
niveau du vécu subjectif des sensations corporelles, bien sûr, et
donc rupture dans les capacités physiques, au niveau relationnel
aussi avec les ruptures familiales et amicales qui s’ensuivent, au
niveau social et professionnel, enfin, avec le risque ultime de la
marginalisation.
▪ La quête des patients est ainsi souvent à la hauteur de leur
désarroi, se manifestant par une avidité de reconnaissance par le
médecin, la famille et la société, pour ne pas être pris pour un “fou”
qui souffre dans sa tête ou, pire, un menteur. Une avidité d’écoute,
également, qui se manifeste lorsqu’un lien de confiance peut enfin
s’établir et qui permet au discours du patient de ne plus être
monopolisé par la plainte douloureuse. C’est alors qu’il peut se
mettre à parler de sa souffrance globale
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