EXPOSÉ : CONDUITE À TENIR EN CAS D’ÉPIDÉMIE DUE À
UNE BACTÉRIE MULTI-RÉSISTANTE (BMR)
INTRODUCTION
Les bactéries multi-résistantes (BMR) sont des bactéries devenues
résistantes à plusieurs classes d’antibiotiques, rendant leur traitement
complexe. En milieu hospitalier, elles peuvent être responsables
d’épidémies graves.
Une épidémie se définit par une augmentation soudaine du nombre de
cas d’infection dans un lieu et un temps donnés.
Face à une épidémie liée à une BMR, une conduite à tenir rapide et
structurée est indispensable pour limiter la propagation et protéger
les patients.
I. IDENTIFICATION ET CONFIRMATION DE L’EPIDEMIE
Détection des cas : signalement d’infections inhabituelles, taux
anormalement élevé de BMR isolées.
Confirmation biologique : isolement bactérien, antibiogramme,
typage clonale si besoin.
Notification : déclaration à la cellule d’hygiène hospitalière ou
aux autorités sanitaires (ex : Direction Régionale de la Santé).
II. MISE EN PLACE D’UN DISPOSITIF DE GESTION DE
CRISE
Activation de l’Équipe Opérationnelle d’Hygiène (EOH).
Réunion de crise avec les parties prenantes : médecins,
infirmiers, hygiénistes, direction.
Définition d’un plan d’action immédiat avec responsable de
coordination.
III. MESURES IMMEDIATES DE CONTROLE
Isolement des cas confirmés (chambre individuelle ou en
cohorte).
Mesures d’hygiène strictes : lavage des mains, port de gants et
de blouses, limitation des déplacements.
Désinfection environnementale : nettoyage renforcé des
locaux, du matériel médical.
Restriction des admissions et transferts si nécessaire.
IV. SURVEILLANCE ET INVESTIGATION
EPIDEMIOLOGIQUE
Recensement des cas (colonisés et infectés).
Analyse épidémiologique : date de survenue, localisation,
facteurs de risque, liens épidémiologiques.
Traçabilité des patients exposés et des soignants en contact.
V. PRISE EN CHARGE DES PATIENTS
Traitement selon l’antibiogramme, parfois recours à des
antibiotiques de réserve (colistine, tigécycline).
Suivi clinique rigoureux : évolution des symptômes, réponse au
traitement.
Soutien psychologique en cas de stress chez les patients ou les
équipes.
VI. COMMUNICATION EXTERNE
Information claire et rassurante aux patients, familles,
personnels.
Déclaration obligatoire à l’ARS ou à la tutelle sanitaire (selon
pays).
Transparence pour maintenir la confiance et limiter la panique.
VII. ÉVALUATION ET MESURES CORRECTIVES
Audit des pratiques de soins : hygiène, antibiothérapie, gestion
des dispositifs médicaux.
Formation du personnel aux précautions standards et
complémentaires.
Révision des protocoles de soins et des procédures d’hygiène.
XIII. PREVENTION DES RECIDIVES
Politique d’antibiothérapie raisonnée (antibiogouvernance).
Surveillance continue : prélèvements systématiques, audits
réguliers.
Renforcement des mesures d’hygiène en permanence.
CONCLUSION
La lutte contre les épidémies dues aux BMR repose sur la rapidité
d’identification, la mise en place immédiate de mesures de
contrôle, et la collaboration entre tous les acteurs de santé.
La prévention reste l’arme principale : hygiène, surveillance, et bon
usage des antibiotiques.
Bibliographie
1. Organisation mondiale de la Santé (OMS). (2017). Plan
d’action mondial pour combattre la résistance aux
antimicrobiens.
[Link]
2. Haute Autorité de Santé (HAS). (2016). Prévention de la
transmission croisée : BMR et BHRe.
[Link]
3. Société Française d’Hygiène Hospitalière (SF2H). (2019).
Recommandations pour la prévention de la transmission des
BMR en établissements de santé.
4. Ministère de la Santé (France). Plan national de prévention
des infections associées aux soins 2022-2025.
[Link]
5. Centre européen de prévention et de contrôle des maladies
(ECDC). (2023). Surveillance of antimicrobial resistance in
Europe.
6. Infection Control Today. (2021). Managing Outbreaks of
Multidrug-Resistant Organisms in Healthcare Settings.