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Cours 3

Le document traite des groupes, en se concentrant sur les isomorphismes et morphismes, ainsi que sur les propriétés des sous-groupes et des automorphismes. Il présente des définitions clés, des propositions importantes et des exemples illustrant les concepts, notamment la relation entre morphismes et sous-groupes. Enfin, il aborde les groupes cycliques et leur structure, en définissant l'ordre d'un élément et en établissant des isomorphismes avec des groupes de quotients.

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Le document traite des groupes, en se concentrant sur les isomorphismes et morphismes, ainsi que sur les propriétés des sous-groupes et des automorphismes. Il présente des définitions clés, des propositions importantes et des exemples illustrant les concepts, notamment la relation entre morphismes et sous-groupes. Enfin, il aborde les groupes cycliques et leur structure, en définissant l'ordre d'un élément et en établissant des isomorphismes avec des groupes de quotients.

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24 2.

GÉNÉRALITÉS SUR LES GROUPES

stratégie de dévissage en groupes dit simples permet de l’attaquer. Contentons-nous


ici d’observer qu’il n’y a qu’un nombre fini de telles classes d’isomorphismes pour n
donné. En effet, d’après la remarque qui suit (transport de structure !), tout groupe
d’ordre n est isomorphe à un groupe dont l’ensemble sous-jacent est {1, . . . , n}, et
qu’il n’y a qu’un nombre fini de lois de composition sur un ensemble fini (exactement
2
nn sur {1, . . . , n}, et bien sûr la plupart d’entre elles ne sont pas des lois de groupe).

Remarque 2.5. (Transport de structure) Soient G un groupe, X un ensemble


et ϕ : X → G une bijection. Il existe une unique loi de groupe ? sur X telle que ϕ
soit un isomorphisme de groupes, à savoir x ? y = ϕ−1 (ϕ(x)ϕ(y)). La vérification
est immédiate ! Suivant Bourbaki, on dit que la loi ? est déduite de celle de G par
transport de structure via ϕ. Autrement dit, on a simplement indexé les éléments
de X par les éléments de G, disons xg = ϕ−1 (g), et posé xg ? xh = xgh . Par ce
procédé, tout ensemble peut être muni d’une loi de groupe. En effet, si X est fini à

n éléments, toute bijection X → Z/nZ munit X d’une loi de groupe (isomorphe à
Z/nZ !) par transport de structure. De même, si X est infini, alors X est en bijection
avec (Z/2Z)(X) (Exercice 1.16 Chap. 1) et on peut donc transporter à X la loi de
ce dernier. Ces lois étant arbitraires, elles ont toutefois peu d’intérêt en général.

Il existe en général plusieurs isomorphismes différents entre deux groupes iso-


morphes. Pour de nombreuses questions le choix importera peu, mais pas pour
toutes. Si f : G → G0 est un isomorphisme, tous les autres tels isomorphismes
sont de la forme f 0 = g ◦ f où g = f 0 ◦ f −1 est un isomorphisme G0 → G0 . Cela
conduit à introduire la :
Définition 2.6. Si G est un groupe, un automorphisme de G est un isomor-
phisme G → G. L’ensemble de tous les automorphismes de G est un sous-groupe de
SG noté Aut G.
Exemple 2.7. Si g ∈ G, l’application intg : G → G, x 7→ gxg −1 , est un auto-
morphisme appelé automorphisme intérieur associé à g, ou conjugaison par g.

Même si de prime abord la notion d’isomorphisme a l’air plus importante que


celle de morphisme, c’est cette dernière qui s’avère à l’usage la plus cruciale. Par
exemple, pour montrer que deux groupes sont isomorphes, on définira souvent d’abord
un morphisme entre les deux, et on essaiera ensuite de montrer qu’il est bijectif.
Notons que si f : G → G0 est un morphisme, alors on a f (1) = 1 car f (1) =
f (1 ) = f (1)f (1). De plus, pour tout x ∈ G on a f (x−1 ) = f (x)−1 , car 1 = f (1) =
2

f (xx−1 ) = f (x)f (x−1 ), et plus généralement f (xn ) = f (x)n pour tout n ∈ Z.

Exemple 2.8. Pour n ≥ 2, la signature d’une permutation définit un morphisme


de groupes surjectif  : Sn → {±1} (nous le reverrons plus loin). Si V est un k-espace
vectoriel de dimension finie non nul, le déterminant définit un morphisme surjectif
det : GL(V ) → k × .

On note Hom(G, G0 ) l’ensemble des morphismes de groupes de G → G0 . Il


contient toujours au moins le morphisme trivial 1, envoyant tout g ∈ G sur 1G0 . At-
tention : il n’y a pas de loi de groupe naturelle sur Hom(G, G0 ) en général, sauf si G0
est abélien. Dans ce cas, on définit une loi de groupe sur Hom(G, G0 ), (f, f 0 ) 7→ f f 0 ,
en posant (f f 0 )(g) = f (g)f 0 (g) pour g ∈ G.
2. ISOMORPHISMES ET MORPHISMES 25

Il y a des liens forts entre sous-groupes et morphismes. Si f : G → G0 est un


morphisme de groupes, son noyau est défini par
ker f = f −1 ({1}) = {g ∈ G | f (g) = 1}.
det
C’est manifestement un sous-groupe de G. Par exemple, le noyau de GL(V ) → k ×
est un sous-groupe de GL(V ) noté SL(V ) et appelé groupe spécial linéaire de V . De
même Imf = f (G) est un sous-groupe de G0 . Plus généralement, on a :
Proposition 2.9. Soit f : G → G0 un morphisme de groupes. Si H est un
sous-groupe de G alors f (H) est un sous-groupe de G0 . Si H 0 est un sous-groupe de
G0 alors f −1 (H 0 ) est un sous-groupe de G.

Démonstration — Découle immédiatement des définitions et des identités f (1) = 1,


f (xy) = f (x)f (y) et f (x−1 ) = f (x)−1 pour x, y ∈ G. 

L’énoncé suivant est simple mais important.

Proposition 2.10. Soit f : G → G0 un morphisme de groupes. Notons A


l’ensemble des sous-groupes de G contenant ker f , et B celui des sous-groupes de
G0 inclus dans Im f , tous deux ordonnés par l’inclusion ⊂. Alors les applications
A → B, A 7→ f (A), et B → A, B 7→ f −1 (B), sont des bijections croissantes
réciproques.

Démonstration — Noter que pour tout sous-ensemble H ⊂ G on a f (H) ⊂ f (G) =


Im f , et pour H 0 sous-groupe de G0 on a ker f = f −1 ({1}) ⊂ f −1 (H 0 ) : les applica-
tions du (iii) sont bien définies. Le fait qu’elles soient croissantes viennent des faits
généraux f (X) ⊂ f (Y ) pour toutes parties X ⊂ Y de G, et f −1 (X 0 ) ⊂ f −1 (Y 0 )
pour toutes parties X 0 ⊂ Y 0 de G0 .
Pour toute partie H 0 ⊂ Im f , on a trivialement f (f −1 (H 0 )) = H 0 . Il ne reste donc
qu’à montrer que pour tout sous-groupe H de G contenant ker f , on a f −1 (f (H)) =
H. L’inclusion H ⊂ f −1 (f (H)) est encore évidente. Réciproquement, soit g ∈
f −1 (f (H)). On a f (g) ∈ f (H), donc f (g) = f (h) pour un certain h ∈ H, puis
f (gh−1 ) = 1 et donc gh−1 = k avec k ∈ ker f . On en déduit g = kh ∈ H car H est
un sous-groupe de G contenant ker f . On a montré H = f −1 (f (H)). 

Nous appliquerons souvent ce résultat dans le cas où f est surjective, auquel cas
B est l’ensemble de tous les sous-groupes de G0 . Un second énoncé important est :
Proposition 2.11. Soit f : G → G0 un morphisme de groupes. Alors les fibres
non vides de f sont en bijection avec ker f . En particulier :
(i) f est injective si, et seulement si, on a ker f = {1}.
(ii) si G est fini, on a |G| = |Im f | |ker f |.

Démonstration — Soit g ∈ G. L’application Lg : G 7→ G, x 7→ gx, est bijective,


d’inverse Lg−1 . Comme f est un morphisme de groupes, Lg et Lg−1 induisent des
bijections réciproques entre ker f = f −1 ({1}) et f −1 ({h}), où h = f (g). Cela montre
la première assertion. Le (i) et (ii) s’en déduisent. 
26 2. GÉNÉRALITÉS SUR LES GROUPES

Remarque 2.12. Tout morphisme injectif f : G → G0 définit un isomorphisme



de groupes f : G → f (G).

En guise d’application des concepts de ce paragraphe, montrons le résultat sui-


vant dû à Cayley.
Proposition 2.13. (Cayley) Tout groupe d’ordre fini n est isomorphe à un sous-
groupe de Sn .

Cela démontre d’une part le rôle central du groupe Sn en théorie des groupes
finis, mais aussi toute la difficulté à classifier les sous-groupes de Sn en général.

Démonstration — Pour g ∈ G notons Lg : G → G, x 7→ gx, la multiplication à


gauche par g. C’est une bijection de G d’inverse Lg−1 . De plus, on a Lg ◦ Lh = Lgh ,
autrement dit l’application G → SG , g 7→ Lg , est un morphisme de groupes. Il est
injectif, car Lg = idG entraîne g = 1 (prendre x = 1). C’est donc un isomorphisme
sur son image (Remarque 2.12), qui est un sous-groupe de SG . On conclut par le
lemme général suivant, appliqué à une bijection {1, . . . , n} → G (autrement dit, à
une numérotation des éléments de G). 

Lemme 2.14. Soit ϕ : X → Y une bijection. Alors l’application ϕX,Y : SX →


SY , σ 7→ ϕ ◦ σ ◦ ϕ−1 , est un isomorphisme de groupes.

Démonstration — On vérifie immédiatement que ϕX,Y est un morphisme, ainsi que


les égalités ϕX,Y ◦ (ϕ−1 )Y,X = idY et donc (ϕ−1 )Y,X ◦ ϕX,Y = idX (par symétrie). 

On dispose de définitions naturelles de morphismes entre d’autres structures que


les groupes. Un morphisme de monoïdes est une application f : X → Y , avec X et
Y des monoïdes, telle que f (xy) = f (x)f (y) pour tout x, y ∈ X, et f (1) = 1.

Définition 2.15. Un morphisme d’anneaux est une application f : A → B,


avec A et B des anneaux, qui est à la fois un morphisme de groupes additifs et de
monoïdes multiplicatifs : pour tout a, b ∈ A on a f (a + b) = f (a) + f (b) , f (1) = 1
et f (ab) = f (a)f (b).

Dans les deux cas, un isomorphisme est un morphisme bijectif (auquel cas, son
inverse est également un morphisme). Tout (iso-)morphisme d’anneaux A → B
induit un (iso-)morphisme de groupes A× → B × . Plus généralement :
Exemple 2.16. Tout morphisme d’anneaux f : A → B induit un morphisme
d’anneaux Mn (A) → Mn (B), (mi,j ) 7→ (f (mi,j )), et donc un morphisme de groupes
GLn (A) → GLn (B). Par exemple, le morphisme d’anneaux Z → Z/N Z, k 7→ k,
induit un morphisme de groupes GLn (Z) → GLn (Z/N Z) (réduction modulo N ).
Exemple 2.17. Si V est un k-espace vectoriel de dimension finie, et si l’on se
donne une k-base e = (e1 , . . . , en ) de V , alors l’application u 7→ Mate (u) (matrice

associée) induit un isomorphisme d’anneaux End(V ) → Mn (k), et donc un isomor-

phisme de groupes GL(V ) → GLn (k).
3. GROUPES CYCLIQUES ET MONOGÈNES 27

3. Groupes cycliques et monogènes

Soient G un groupe et g ∈ G. On s’intéresse au sous-groupe de G


hgi := {g m | m ∈ Z}
engendré par g. Quand la loi de G est notée additivement, ce sous-groupe est aussi
noté Z g = {mg| m ∈ Z}. Rappelons d’abord la classique : 4
Proposition 3.1. Les sous-groupes de Z sont les Zn avec n ∈ Z.

Démonstration — Soit H un sous-groupe de Z. On peut supposer H 6= {0}, car


{0} = Z 0. L’ensemble A = H ∩ N>0 est alors non vide (considérer h 7→ −h), et
possède donc un plus petit élément, que l’on note n. On a clairement Zn ⊂ H. Soit
h ∈ H. Par division euclidienne on a h = an + b avec a, b ∈ Z et 0 ≤ b < n, mézalor
b = h − an ∈ H car H est un sous-groupe, donc b = 0 par minimalité de n, i.e.
h ∈ Zn. 

Soient G un groupe et g ∈ G. Considérons l’application


(5) ϕ : Z → hgi, m 7→ g m .
On constate que c’est un morphisme de groupe surjectif. Deux cas se présentent :
(Cas a) Soit ϕ est injectif, i.e. tous les éléments g m , avec m ∈ Z, sont distincts.
On dit alors que g est d’ordre infini. Dans ce cas ϕ définit un isomorphisme Z ' hgi.
(Cas b) Soit ϕ n’est pas injectif. Dans ce cas, son noyau ker ϕ est un sous-groupe
non {0} de Z, donc de la forme nZ pour un unique n ≥ 1 par la Proposition 3.1. On
dit alors que g est d’ordre fini, et l’entier n est appellé ordre de g, et parfois noté
ord(g) ou |g|. Par construction, c’est le plus petit entier m ≥ 1 vérifiant g m = 1.
Pour tout m ∈ Z, on a aussi g m = 1 ⇔ n|m.
Proposition 3.2. Soit g ∈ G d’ordre fini n, alors hgi a exactement n éléments,
à savoir 1, g, . . . , g n−1 , et on a un isomorphisme de groupes Z/nZ → hgi, m → g m .

0
Démonstration — La relation g n = 1 entraîne g m ≡ g m pour m ≡ m0 mod n.
D’après la Proposition 2.1 Chap. 1, ϕ définit donc par passage au quotient une
application ϕ : Z/nZ → hgi, m 7→ g m : c’est l’application de l’énoncé. Par définition
de la loi de groupe sur Z/nZ, on constate que ϕ est un morphisme de groupes. Il est
clairement surjectif. Mais son noyau est trivial car g m = 1 équivaut à m = 0 par le
premier point : c’est donc un isomorphisme. Comme Z/nZ admet pour représentants
{0, 1, . . . n − 1} (division euclidienne par n), on en déduit que hgi a exactement n
éléments, à savoir les g r pour 0 ≤ r < n. 

Définition 3.3. Un groupe G est dit monogène s’il existe g ∈ G avec G = hgi.
Un tel élément g est appelé générateur de G. On dit que G est cyclique s’il est
monogène et fini.

4. On préfère souvent la notation nZ pour Zn. La seconde est pourtant plus naturelle du point
de vue groupe, car on a hni = Zn.
28 2. GÉNÉRALITÉS SUR LES GROUPES

Par exemple, le groupe Z (additif) est monogène infini engendré par l’élément
1. De même, pour tout entier n ≥ 1, le groupe µn (resp. Z/nZ) est cyclique d’ordre
n engendré par e2iπ/n (resp. 1). À isomorphisme près, les cas (a) et (b) ci-dessus
montrent que ce sont les seules possibilités.
Corollaire 3.4. Un groupe G est monogène infini si, et seulement si, on a
G ' Z. Un groupe G est cyclique d’ordre n ≥ 1 si, et seulement si, on a G ' Z/nZ.

Dans les deux cas, l’isomorphisme construit fait correspondre au générateur g


(arbitrairement choisi) de G le générateur fixe 1 (resp. 1) de Z (resp. Z/nZ). On a
montré en particulier qu’il existe, à isomorphisme près, un unique groupe cyclique
d’ordre n. Certains auteurs notent Cn un groupe cyclique arbitraire d’ordre n. En
notation additive, il y a presque toujours intérêt à avoir en tête Cn = Z/nZ. En
notation multiplicative, et suivant les goûts, choisir Cn = µn permet d’éviter parfois
les confusions. 5
Les générateurs du groupe Z sont les k ∈ Z tels que Zk = Z, i.e. k = ±1.
Décrivons tous ceux d’un groupe cyclique d’ordre n, disons engendré par un élément
g donné. Pour k ∈ Z, on a les équivalences :
(a) l’élément g k engendre G,
(b) le sous-groupe hg k i ⊂ G contient g,
(c) il existe k 0 ∈ Z tel que kk 0 ≡ 1 mod n,
(d) k ∈ (Z/nZ)× .
(e) k et n sont premiers entre eux.
Seule l’équivalence (c) ⇔ (e) n’est pas tautologique, mais c’est le théorème de Be-
zout. Par exemple, les générateurs de µn sont les racines primitives n-èmes de l’unité.
Corollaire 3.5. Un groupe cyclique d’ordre n a exactement ϕ(n) générateurs.
Lemme 3.6. Si g ∈ G est d’ordre fini n, et si d ≥ 1, alors g d est d’ordre fini égal
n
à (n,d) . En particulier, si d divise n alors g d est d’ordre n/d.

Démonstration — En effet, pour k ∈ Z on a


n d n
(6) (g d )k = g dk = 1 ⇔ n | dk ⇔ | k ⇔ | k.
(n, d) (n, d) (n, d)
n d
La dernière équivalence vient de ce que (n,d)
et (n,d)
sont premiers entre eux. 

Terminons par une description des sous-groupes d’un groupe cyclique. Si G est
un groupe abélien, et pour d ∈ Z, l’application G → G, x 7→ xd , est un morphisme.
Son image G(d) = {xd , x ∈ G} est donc un sous-groupe (puissances d-èmes, c’est
aussi dG = {dx, x ∈ G} en loi additive). Son noyau est souvent noté G[d] := {g ∈
G | g d = 1} et appelé sous-groupe de d-torsion de G.
Lemme 3.7. Soient G = hgi cyclique d’ordre n et d ≥ 1 entier. Le sous-groupe
G(d) = h g d i est cyclique d’ordre n/(n, d), et on a G[d] = h g n/(n,d) i = G(n/(n,d)) .
5. Une source potentielle de confusions est que Z/nZ est muni d’une addition et d’une
multiplication.
3. GROUPES CYCLIQUES ET MONOGÈNES 29

Démonstration — En effet, on a G(d) = hg d i, et le Lemme 3.6 montre que g d est


d’ordre n/(n, d). De plus, tout élément de G est de la forme g k avec k ∈ Z, et (6)
n
montre que l’on a (g k )d = 1 ⇐⇒ (n,d) | k. On a bien montré G[d] = hg n/(n,d) i. 

Proposition 3.8. Soit G un groupe cyclique d’ordre n. L’application d 7→ G(d)


est une bijection de l’ensemble des diviseurs de n sur l’ensemble des sous-groupes de
0
G, et pour deux diviseurs d, d0 de n on a d|d0 ⇔ G(d) ⊃ G(d ) .

En particulier, tout sous-groupe d’un groupe cyclique est cyclique, et uniquement


déterminé par son ordre, car on a |G(d) | = n/d pour d|n.

Démonstration — Soit g un générateur de G. On applique la Proposition 2.10 (iii)


au morphisme surjectif ϕ : Z → G, m 7→ g m , de noyau nZ. Les sous-groupes de Z
contenant nZ sont les dZ avec n ∈ dZ, i.e. d|n. On conclut car on a ϕ(dZ) = hg d i =
G(d) et dZ ⊂ d0 Z ⇔ d0 |d. 

Décrivons maintenant les automorphismes d’un groupe cyclique.


Proposition 3.9. Soit G un groupe cyclique d’ordre n ≥ 1. Les automorphismes
de G sont les ϕk : g 7→ g k , avec k ∈ (Z/nZ)× . De plus, l’application (Z/nZ)× →
Aut(G), k 7→ ϕk , est un isomorphisme de groupes.

Démonstration — Pour tout k ∈ Z/nZ, l’application ϕk : G → G, g 7→ g k , est bien


définie car on a g n = 1 pour tout g ∈ G. C’est clairement un morphisme de groupes.
On a ϕkk0 = ϕk ◦ ϕk0 et ϕ1 = id : cela montre à la fois que ϕk est un isomorphisme
pour k ∈ (Z/nZ)× , et que l’application ϕ : (Z/nZ)× → Aut(G), k 7→ ϕk , est un
morphisme de groupes. Pour voir que ϕ est bijectif on fixe un générateur g0 de G.
On a ϕk (g0 ) = g0k , et donc g0k = g0 implique k ≡ 1 dans Z/nZ car g0 est d’ordre n,
donc ϕ est injectif. Soit α un automorphisme quelconque de G. Il envoie le générateur
g0 sur un autre générateur, nécessairement de la forme g0k avec k ∈ (Z/nZ)× par
l’analyse ci-dessus. On a donc α(g0 ) = ϕk (g0 ), puis α = ϕk car g0 engendre G. 

Terminons ce paragraphe par un rappel sur l’isomorphisme chinois des restes.


Rappelons que si A et B sont deux anneaux, on dispose d’une structure d’anneau
naturelle sur A × B appelé anneau produit : l’addition et la multiplication sont
effectuées coordonnée par coordonnée, et le neutre multiplicatif est (1, 1).
Proposition 3.10. (Isomorphisme chinois) Soient m, n ∈ Z premiers entre eux.
L’application Z → (Z/nZ) × (Z/mZ), k 7→ (k mod n, k mod m) définit par passage

au quotient un isomorphisme d’anneaux Z/mnZ → Z/mZ × Z/nZ.

Démonstration — Si on a k ≡ k 0 mod mn alors k ≡ k 0 mod n et k ≡ k 0 mod m :


donc l’application de l’énoncé passe bien au quotient, et induit une application

f : Z/mnZ → Z/mZ × Z/nZ, k 7→ (k, k) pour tout k ∈ Z. Ce f est trivialement
un morphisme d’anneaux. Si k est dans ker f , on a m|k et n|k, et donc mn|k car m
et n sont premiers entre eux, i.e. k = 0. Ainsi, f est injective, puis bijective car sa
source et son but ont même cardinal mn : c’est un isomorphisme. 

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